| n° 23669 | Fiche technique | 13915 caractères | 13915 2469 Temps de lecture estimé : 10 mn |
22/06/26 |
Résumé: Il y a des soirées où l’on franchit une limite. | ||||
Critères: #psychologie #érotisme #volupté #candaulisme #couplea3 #différencedâge #lieudeloisir #travail | ||||
| Auteur : L'artiste (L’artiste) Envoi mini-message | ||||
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Résumé de l’épisode précédent :
Au fil du stage, Noémie et Steph se rapprochent sous le regard de Marc. Ce qui n’était d’abord qu’un jeu de provocation devient plus sérieux lorsque Noémie invite Steph à revenir après la fermeture du club.
On frappe une deuxième fois.
Noémie a la lèvre mordue. Je me passe une main sur la nuque, vais jusqu’à la porte et actionne la poignée. Steph a changé de T-shirt et a troqué son bermuda de plage pour un jean. Effort qui ne plaide pas son innocence.
Il franchit le seuil et l’embarras prend toute la place. Je ferme derrière lui et m’adosse au mur, près des affiches de catamaran.
Steph hoche la tête, sans avoir l’air parfaitement rassuré. Puis il se tourne vers moi ; j’aurais préféré rester décoratif.
Dehors, une drisse claque contre un mât. Noémie avance d’un pas vers lui.
Sa voix se casse un peu sur son prénom. Elle tend la main, il la prend du bout des doigts et leurs lèvres s’accrochent. Je suis là, adossé au mur, les bras inutiles. Steph recule d’un rien et elle me lance un regard mêlé de peur et d’une attente brûlante par-dessus son épaule. Je hoche à peine la tête, ils reviennent l’un à l’autre. La main, qu’il pose d’abord sur sa taille, glisse peu à peu vers sa fesse. Noémie l’attire encore et l’embrasse plus franchement, ses doigts se fermant sur le tissu du T-shirt. Quand leurs bouches se quittent, il descend vers sa joue, puis son cou, qu’elle tend pour le lui offrir en inspirant profondément.
Je me décide enfin à m’approcher d’eux et, derrière elle, je saisis ses hanches. Steph paraît intimidé, mais sa respiration le trahit. La jalousie me mord aussitôt. Le zip d’un jean se fait entendre. Son sexe apparaît, raide, pâle, dans la main brune de ma femme. Je connais bien la douceur de ses doigts ; je les ai un temps crus à moi, et les voir sur lui me laisse sans air.
Elle le caresse avec tendresse, prend soin de lui, et se retourne à demi, son dos contre mon torse. Puis elle s’accroupit, son short remontant sur ses cuisses, et l’embrasse juste au-dessus du pubis. Il inspire brusquement. Amusée, elle tire la peau vers le bas et pose ses lèvres sur son gland, l’absorbe à moitié, y passe la langue, puis l’avale plus profondément. Mes jambes sont molles.
Lorsque Noémie se redresse, elle me caresse la joue. Je voudrais la plaquer contre le mur pour la baiser sauvagement, la marquer. Puis, souriante, elle l’entraîne vers le fond du bureau, là où le vieux clic-clac attend sous une pile de serviettes et de cartons de Passeports Voile. Je les devance et dégage tout d’un geste ; mes bras savent enfin quoi faire. Il s’assoit à peine que Noémie retire son T-shirt et son short. Elle ne porte pas de soutien-gorge, je m’en doutais déjà. En revanche, la culotte noire, fine, bordée de dentelle, n’a rien à voir avec ce qu’elle met d’ordinaire pour aller au club. Celle-là ne sert pas à ranger des gilets. Elle la fait glisser sur ses hanches. Son corps cuivré est magnifique. Steph la dévore des yeux.
Elle vient sur lui, à cheval sur ses genoux. Les lèvres de Steph trouvent sa peau, avec cette hâte qui le rend plus poignant qu’il ne devrait. Quand sa bouche atteint le grain de beauté qu’elle a sous le sein, ma gorge se serre. Il ne sait pas ce qu’il embrasse. Moi, si.
Noémie tourne la tête vers moi alors que Steph sort un préservatif de la poche de son jean et le lui tend. Il a anticipé son passage à la pharmacie. Elle le prend et le déroule sur lui. La protection bien en place, elle s’allonge sur le dos, écarte les cuisses et l’attire à elle. Il s’approche, le sexe de Noémie s’entrouvre sur son gland. Un pli se forme entre ses sourcils et il s’enfonce plus profondément, le salaud.
Il essaie de rester doux, mais le rythme devient plus dur, le vieux clic-clac couine sous leur poids. La main de Noémie trouve la mienne, qu’elle guide d’abord contre sa joue, puis vers sa poitrine. Mes doigts retrouvent son grain de beauté. Je la caresse, elle empoigne mon érection à travers le tissu. Je retiens son poignet.
Le bassin de Steph frappe plus franchement. Noémie reçoit, répond, se cambre. Elle me broie les phalanges, puis son souffle se casse. Lui tente de ralentir, mais trop tard. Il pousse une dernière fois, puis s’effondre en râlant, la tête enfouie contre son cou. La drisse dehors, nos respirations : tout semble s’apaiser, sauf moi. Steph se redresse, je suis près d’eux, le cœur en vrac.
Les cheveux de Noémie sont en bataille, sa peau luit de transpiration, ses yeux sont plus sombres.
Steph se décale aussitôt, Noémie retient son bras.
Je m’assois près d’elle, elle se blottit contre moi. Lui est là, juste à côté, encore mal rhabillé, ou mal déshabillé. Le clic-clac lâche un dernier discret grincement sous nos fesses, je soupire.
Noémie éclate de rire. Tandis qu’elle renfile ses fringues, lui se débat avec le préservatif, cherche une poubelle, puis reboutonne son jean.
Steph se détend à peine.
Mon bermuda est toujours à sa place. Mon érection a perdu de sa superbe, mais reste assez présente pour me rappeler ce que j’ai accepté. Noémie pose sa joue contre mon torse. Sa main cherche mon dos, Steph tourne la tête.
Je prends les clés sur la table.
Il se passe une main sur le visage, puis rit. Un rire cabossé, nerveux, mais probablement sincère.
Il se décompose instantanément. Il vient de prendre ma femme sur un clic-clac, et trois mots le renvoient au collège.
Au resto, le serveur nous accueille avec le sourire fatigué de tous les saisonniers qui portent des assiettes depuis trop longtemps. Il nous accompagne en terrasse. Sans hésiter, il place Noémie et Steph face à face, puis moi en bout de table, et nous tend les menus.
Steph baisse les yeux. Noémie a les épaules secouées par un rire qu’elle tente de contenir.
Alors que le serveur repart, Noémie pose brièvement sa main sur la mienne. Une excuse. Ou une revendication. Steph, lui, fixe sa carte comme s’il espérait y trouver une sortie de secours entre la quatre-fromages et la végétarienne.
Au cours du repas, Steph parle enfin de lui : Toulouse, ses cours, son célibat récent, son tatouage à la cheville, que Noémie demande à revoir en se moquant de lui, son vieux rêve de guitare. Parfois, un silence tombe, et je retourne malgré moi au clic-clac.
En fin de soirée, les tables se vident. Steph remet sa veste.
Il se racle la gorge. Je finis par dire :
Noémie s’avance. Je crois qu’elle va l’embrasser, mais elle se contente de poser ses doigts sur son avant-bras.
Il s’éloigne vers le parking. Noémie se colle à moi, je l’enlace et ferme les yeux. Les images reviennent aussitôt. Steph entre ses cuisses. Je la serre plus fort.
À la maison, je vais dans la cuisine, ouvre le frigo sans rien prendre. Elle esquisse un sourire, puis s’assoit à table.
Elle s’arrête un instant, puis ajoute :
Je l’avais pressenti. L’entendre me soulage, et je me déteste un peu pour ça. Elle cherche ses mots, les perd, recommence.
Dans la chambre, Noémie enfile un de mes vieux T-shirts, je retire mon bermuda. Une fois couchée, elle vient contre moi, genoux pliés, ses pieds nus contre mes cuisses. Je les caresse, les masse doucement. Son souffle ralentit peu à peu. Moi, je ne dors pas tout de suite.
*
Le lendemain, la cuisine a repris son air de cuisine. Paquet de biscottes mal refermé, deux verres dans l’évier, bouteille d’eau oubliée sur la table. Au club, la mer est belle, les planches sont alignées, les voiles sèchent, les pavillons flottent mollement. Rien ne semble savoir ce qui s’est passé hier. Tant mieux.
L’après-midi, les stagiaires se pointent plus tôt que prévu, comme souvent le dernier jour.
Noémie est derrière moi. Elle s’immobilise avant même de le voir.
Je tape dans mes mains.
Franck rit trop fort. Il m’agace, donc tout est OK.
On grée. On règle. On porte les planches à l’eau. Je prends Steph à part au moment où il vérifie la hauteur de son wishbone.
Noémie passe derrière nous.
Steph lui sourit.
Elle poursuit son chemin. Steph la suit des yeux, sans se reprendre, cette fois. Avant, ça m’aurait piqué. Là, moins.
Pendant la nav, le thermique se lève doucement, régulier. Fabien se bat avec une voile trop grande, Franck tombe avec une dignité absente, Lisa et Camille tirent enfin des bords propres. Steph, lui, navigue. Il est moins brutal, choque au bon moment. Il arrive à la bouée, prépare son virement, hésite, manque de partir au tas, se récupère, passe de l’autre côté et revient.
Je lève le bras.
À la pause, tout le monde s’échoue sur le sable. Steph reste près de sa planche. Noémie s’approche de lui avec deux gobelets d’eau. Je les laisse avoir une phrase sans moi.
Pour la dernière heure, je navigue avec eux. J’ai besoin de renouer avec mes fondamentaux.
Je suis à côté de Steph.
Il relève la tête. La voile se cale, la planche accélère. Son visage change. Concentration, surprise, plaisir. C’est bête, mais ça me touche. Il découvre vraiment la glisse. Juste ça : le vent qui prend, l’eau qui file, le corps qui comprend, le cerveau qui s’évade. Puis il rate son retour et tombe. Faut pas non plus pousser.
Tourné vers moi, il s’accroche à son flotteur. Je fais mine de régler mes bouts de harnais. Les autres sont plus loin. La plage aussi, Noémie n’est qu’une silhouette sur le sable.
Le type choisit donc ce moment-là, au milieu du plan d’eau.
Steph sourit faiblement.
Contre toute attente, il réussit. Un virement un peu moche, mais valable. Il arrive près de la plage, saute dans l’eau, les bras en l’air, et les autres l’applaudissent parce que les fins de stage rendent les gens sentimentaux.
Les combinaisons pendent ; les voiles retrouvent leurs housses. Puis les adieux commencent. Les filles promettent de revenir, Sacha veut déjà une planche plus petite, Fabien remercie tout le monde.
Il ne reste plus que Steph. Son sac sur l’épaule.
Il me tend la main.
Sa poigne est chaude, sèche, plus ferme que je ne l’aurais pensé.
Cette fois, c’est Noémie qui rougit. Elle s’approche de lui.
Personne ne répond trop vite. Je conclus :
Après son départ, le club paraît soudain très vide. On ferme plus lentement que nécessaire. Noémie vérifie la caisse, je passe le jet sur le sol. L’eau entraîne du sable, des traces de crème solaire.
On verrouille le bureau. Noémie a l’air crevée. Belle, évidemment, mais fatiguée. Je tends la main, elle la prend, nous marchons jusqu’à la voiture. Les restaurants commencent à s’éclairer. Une odeur de poisson grillé descend la rue. Des touristes consultent un menu.
Je hoche la tête.
Je démarre. Dans le rétroviseur, le club recule peu à peu. Les planches alignées, les voiles roulées, les casiers fermés.
Noémie pose son pied nu sur le bord du siège, un geste routinier intact. Presque.