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23/09/25
Présentation:  Chapitre 20 : Course poursuite.
Résumé:  Plus tard, alors que les vivres, le rhum et les pièces d’or étaient en partance pour les trois bateaux pirates qui mouillaient au large, Monsieur Pique-Viande vint à la rencontre de sa capitaine : — Pourquoi ?
Critères:  #chronique #nonérotique #aventure #fantastique
Auteur : Melle Mélina      Envoi mini-message

Série : La pirate des sept mers

Chapitre 14 / 16
Course poursuite

20. Course poursuite



Plus tard, alors que les vivres, le rhum et les pièces d’or étaient en partance pour les trois bateaux pirates qui mouillaient au large, Monsieur Pique-Viande vint à la rencontre de sa capitaine :



Elle parla longuement avec Monsieur Pique-Viande et se contraria des capacités de son brick, elle avait été à la merci du corsaire avec beaucoup trop de facilité et n’avait eu aucun moyen de se défendre et de protéger son équipage.


Pour répondre à ces problématiques, il fallait qu’elle engrange plus de richesse, cela impliquait donc de sillonner les mers pour piller un maximum de navires. Elle demanda au quartier-maître d’embaucher des bras supplémentaires.


Il y a encore pas si longtemps de cela, les aspirants étaient peu nombreux à vouloir travailler sous les ordres d’une femme et créer le premier équipage de Fleur de Tonnerre n’avait pas été sans mal. Sa réputation grandissante avait fini par convaincre et lorsque la campagne de recrutement fut ouverte, Monsieur Pique-Viande eut l’embarras du choix.


Un soir, peu avant de partir pour l’expédition, le quartier-maître alla voir sa capitaine :



Hélène le suivit sans trop poser de questions. Pourquoi aller dans cet établissement ? Peut-être avait-il une requête particulière à demander et le faire autour d’une bonne bière facilitait les choses.

Ils arrivèrent dans la grande salle du Gosier relativement vide à cette heure, l’heure où la chaleur était si écrasante que la plupart des gens faisaient la sieste.


C’était une grande salle très lumineuse, peinte de couleurs pastel – ce qui dénotait des autres établissements de ce genre. Les chambres à l’étage auraient pu assombrir quelque peu les lieux, mais une verrière laissait passer le soleil sans le filtrer.



C’était une femme avec de longs cheveux gris-rose et quelques mèches bleues. Sur la table était posé un tricorne sur lequel se distinguait une tête de mort surmontant deux os croisés. Elle avait un bandeau sur son œil droit et, lorsque Hélène et Monsieur Pique-Viande se dirigèrent vers elle, elle releva son bandeau pour dévoiler un œil valide comme celui qu’elle ne cachait pas.




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La campagne fut fructueuse – et sanglante. L’équipage de Fleur de Tonnerre s’attaqua à de nombreux marchands qui arboraient les couleurs de la Lusitanie, de l’Ibérie et surtout les couleurs de la Britania. Elle se faisait un malin plaisir de piller ces derniers.


Bientôt suffisamment riche, Hélène chercha un nouveau bateau dans tous les ports connus des pirates. Devenues inséparables, les deux femmes dénichèrent leur perle dans le nord de la Batavie, dans la ville de Groningue, la vieille ville au cœur jeune.

Il était en cale sèche et n’attendait plus que de riches négociants puissent l’acquérir. L’Albatros Rouge promettait, en plus d’une vitesse rarement atteinte par les bricks, la possibilité d’échapper à divers dangers de la mer par sa capacité à s’élever dans les airs.


Elle procéda à quelques réajustements, l’arma un peu plus avant de prendre la direction de Murèna. Il n’y eut aucun déboire lors de son séjour en Batavie, le hasard avait fait qu’elle n’avait jusqu’alors jamais attaqué de navires de cette nation, sa réputation n’avait pas encore traversé ces frontières.


Elle y laissa toutes ses économies, mais elle était à présent capitaine d’un bateau exceptionnel.



oooo0000oooo



Tandis que la nation pirate se faisait massacrer, Fleur de Tonnerre et le Queen Ann’s Revenge faisaient un grand détour pour rejoindre la Nipponie. Les marins culpabilisaient de n’être pas au côté de leurs frères à se battre pour la liberté, mais Hélène leur avait parlé et expliqué qu’il y avait d’autres moyens de gagner des batailles, la première victoire étant celle de rester en vie.



À bord, Blanche batifolait avec son amoureux Crevette, mais l’ordre leur avait été donné de rester discrets. Ils avaient néanmoins trouvé dans les cales un endroit où leurs corps pouvaient se retrouver. Betty était toujours surveillée par Monsieur Pique-Viande, elle semblait apaisée avec ses démons, mais mieux valait ne pas faire circuler une bouteille devant ses yeux. La néo-pirate, étant plutôt médiocre dans les tâches inhérentes sur la vie à bord, avait été confiée à l’apprentissage de Monsieur Pic-Flouze, l’argentier de l’équipage.


Mary s’entretenait avec son amie :




oooo0000oooo



Cela faisait plus de six mois qu’une grande dame de Britania l’avait missionnée pour récupérer sa fille Betty et pour tuer deux piratines : Fleur de tonnerre et la Dame des Mers.


Mme Sanders avait tout d’abord demandé à la marine de la couronne britaine, mais le haut commandant, l’amiral Bets lui avait expliqué que les sujets de Sa majesté ne devaient en aucun cas servir des intérêts privés et ne devaient pas non plus entrer dans une quelconque vendetta.

L’amiral Bets, grand ami du défunt M. Sanders, lui suggéra d’employer la mercenaire la plus efficace qu’il ait jamais croisée, une négresse du nom de Lorelei « Kiy Fayyu », une impitoyable tueuse, capable de terrasser un corps de légion à elle seule.


Lorelei accepta avec une joie féroce cette nouvelle mission. La prime que lui donnait la grande dame était faramineuse, mais n’était rien comparée à celle qu’elle recevrait la mission accomplie.


Elle commença ses investigations sur l’île de Saint-Sauveur où elle comptait remonter sa piste. Elle arriva dans une ville fantôme, les rues étaient désertes, les maisons fermées. Les grands ventilateurs tournaient à plein régime, et il n’y avait plus trace de l’épidémie qui avait décimé une grande partie de la population insulaire.

Il y avait toujours quelques soldats en faction – combien étaient-ils ? Une vingtaine en tout et pour tout ? Le seul endroit qui restait vivant était la taverne « L’espoir ». Lorelei était sûre qu’elle y croiserait de vieux loups de mer ayant quelques nouvelles à donner. Arrivée sur place, elle constata une grande salle quasi vide, seuls quatre clients, quatre épaves l’occupaient. Contre deux bonnes bouteilles de rhum, elle apprit qu’on avait aperçu l’Albatros Rouge sur l’île Araccianta.



La bouteille posée sur la table, Lorelei reprit son interrogatoire :



Lorelei restait tout ouïe, mais serrait les poings à s’en blesser pour ne pas exploser de rage.



Le lendemain, le cuisinier du No Hubo Suerte, dessaoulé, lui racontait la même histoire contre une bonne bouteille et ajoutait avoir entendu la capitaine dire « Trésor de Toutankhamon ».



Juste avant de partir, elle fit un clin d’œil à un homme qu’elle avait aperçu la veille et qui semblait écouter attentivement les discussions. Elle en était sûre, c’était un espion pirate et il irait bientôt faire son rapport.

Elle ne le savait pas, mais c’était un homme du Grand Argentier de Murèna.


Ayant été dévastée, l’île de Saint-Sauveur ne permit pas à la tueuse d’avoir suffisamment de vivres pour entreprendre le voyage jusqu’à Araccianta, une halte sur une île voisine paraissait indispensable, mais si la tueuse était en bons termes avec les Britains, elle ne l’était pas avec les Bataves – or, l’île Curaçao était la plus proche et la seule envisageable pour se réapprovisionner correctement.


Lorsqu’elle accosta dans le port, après s’être acquittée des frais de douane, on lui demanda son identité et le but de sa présence. Lorelei ne savait pas mentir, sa religion le lui interdisait et elle craignait par-dessus de tout finir en enfer. Cependant, elle parlait un batave très approximatif et l’officier ne comprit pas un traître mot de ce qu’elle avait baragouiné.


Ses armes laissées à bord du sloop, elle semblait ainsi bien inoffensive. Dissimulés dans sa jupe fendue, un coutelas qu’elle espérait ne pas avoir à utiliser et sa bourse encore pleine. Sur les quais, elle trouva tout ce dont elle avait besoin pour rejoindre sa destination, du bœuf, du mouton, du lard, de la morue, du hareng séchés dans des barils, conservés dans du sel, des féculents, des fèves, des pois, du fromage, du beurre et des biscuits. Lorelei ne buvait pas d’alcool sinon un petit verre de vin, elle avait déjà été grisée et n’avait pas supporté de perdre le contrôle.


Une femme seule achetant sans compter des denrées n’était pas passée inaperçue pour trois hommes, connus à Curaçao pour être trois brigands. Ils virent en cette négresse une occasion rêvée de voler une bourse aisément, ils n’avaient qu’à attendre le moment le plus propice. Il arriva tantôt lorsqu’elle s’engouffra dans une ruelle à l’abri des regards.


Ils la rattrapèrent :



Il n’eut pas le temps de continuer sa phrase qui se voulait courtoise qu’il se prit un coup de poing en pleine gueule, lui explosant les deux derniers chicots qu’il lui restait. Il s’écrasa dans des détritus que deux chiens fouillaient.

Les deux autres n’eurent pas le temps de réagir que l’un d’entre eux trouvait une lame sous la gorge.



Une bonne heure plus tard, les malfrats revenaient en bande et plus lourdement armés. Kiy Fayyu ne pouvant faire face à tant de monde n’eut d’autre choix que celui de fuir. Fort heureusement, le sloop avait été apprêté et lorsqu’elle quitta les darses, elle n’oublia pas de saluer les voleurs d’un joli doigt d’honneur.