| n° 23300 | Fiche technique | 19425 caractères | 19425 3290 Temps de lecture estimé : 14 mn |
22/09/25 |
| Présentation: Chapitre 18 : À bientôt ! Chapitre 19 : L’astrolabe. | ||||
Résumé: Après s’être entretenus, il fut décidé d’engager Hélène. Elle devenait une sœur et donc « intouchable » par ses frères. Certains ne le virent pas d’un bon œil : la superstition qu’une femme à bord était synonyme de malheur restait forte parmi les marins, | ||||
Critères: #chronique #nonérotique #aventure #fantastique | ||||
| Auteur : Melle Mélina Envoi mini-message | ||||
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Après s’être entretenus, il fut décidé d’engager Hélène. Elle devenait une sœur et donc « intouchable » par ses frères. Certains ne le virent pas d’un bon œil : la superstition qu’une femme à bord était synonyme de malheur restait forte parmi les marins, cependant, ils acceptèrent sa présence.
Aux côtés de « ses frères », elle approfondit son enseignement et elle occupa tous les postes sur le galion. Lorsque les pirates abordaient un navire, elle se trouvait souvent en première ligne et bientôt, la rumeur qu’une sanguinaire femme pirate aux côtés du célèbre capitaine SilverJones massacrait les honnêtes marchands traversa les mers jusqu’à atteindre Britania.
Elle fut dépeinte comme la catin du Diable, une sorcière, une hérétique ayant vendu son âme et bientôt les journaux qui étaient lus dans les salons de la noblesse britaine lui donnèrent le surnom de Fleur de Tonnerre. À qui devait-elle ce surnom, Hélène ne le sut jamais, mais l’accepta comme un trophée.
Cinq ans plus tard, elle avait été élue second du Providence, cette position lui permit d’exposer sa vision auprès du capitaine. Elle se lamentait que le plus célèbre des pirates se contentât de larcins sans envergure.
Hélène expliqua que pour gagner ce combat, il faudrait tendre un piège. Un deuxième navire déguisé en navire marchand arborant les couleurs de Britania. Un navire en perdition qui aurait besoin d’aide, tandis que le Providence arriverait par-derrière.
Le capitaine s’esclaffa :
Toutefois, Fleur de Tonnerre expliqua son plan, où et comment, et le capitaine se laissa convaincre de la réussite d’une telle entreprise. Le Providence alla jusqu’à Murèna où Hélène put acquérir un brick et se trouva un équipage.
C’est à l’entrée des eaux du grand Océan Banquise que les deux bateaux pirates tendirent le piège qui devait voir le fleuron de la marine britaine tomber. Tout se passa comme l’avait prévu la promue capitaine. Le Kent alla au secours d’un brick marchand qui avait de sérieuses avaries tandis que dans son dos, un gigantesque galion arborant les couleurs du Jolly Roger faisait feu. Le temps que le Kent fasse une manœuvre de retournement, il avait enduré de rudes coups. Une fois la conduite du vaisseau effectuée pour faire face à son adversaire, c’est le brick qui lui assenait des coups de canon.
Pris au piège, le bateau britain ne se rendit pas sans combattre et il fit si bien qu’il envoya un coup qui serait fatal pour le Providence. Les pirates abordèrent de part et d’autre, ne laissant aucune chance aux marins britains. Il n’y eut pas de quartier, aucun prisonnier. Les pertes étaient importantes chez les pirates, mais ils étaient victorieux.
Maître à bord, le capitaine SilverJones s’était ainsi emparé d’un bateau bien plus puissant que celui qui était en train de couler.
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Cinq années étaient passées depuis ce haut fait, cinq années que la pirate Fleur de Tonnerre agaçait les cinq superpuissances. Suite à un énième pillage, le gouverneur Townsend, de la rade de luxe, le plus grand port de Britania dans les eaux chaudes de cette partie de la grande mer intérieure, chargea
le corsaire SousCouff de traquer cette « Fleur de Tonnerre », de l’appréhender et enfin de l’amener devant l’échafaud ! Il imaginait son exécution comme le clou d’une grande fête, de voir cette femme pirate être pendue amuserait sans aucun doute possible son peuple qui avait bien besoin de distraction.
L’expérimenté corsaire n’eut aucune difficulté à retrouver le navire de Hélène, il lui avait suffi d’attendre un peu au large du canal d’AquaPulco. Il reconnut les bannières de cette piratine : une tête de mort tenant une rose entre les dents.
Une course-poursuite s’ensuivit entre les deux navires, celui du corsaire était plus rapide, mais surtout était blindé et pouvait supporter les coups de canon du brick pirate sans subir de réelles avaries, tandis que celui de la pirate flottait par miracle.
Monsieur Pique-Viande, déjà quartier-maître de l’équipage de Fleur de Tonnerre, suggéra une reddition :
La voyant rechigner, il ajouta qu’il n’y avait aucune honte à rendre les armes, bien au contraire, il fallait faire preuve de courage pour accepter une reddition pour le bien de l’équipage. Il avait bien conscience que cette jeune capitaine devait se montrer plus forte que les autres capitaines pirates, du fait de son sexe, du fait de son âge, il avait conscience que rien ne lui serait pardonné, mais il rappela que tous avaient déjà connu la défaite.
Arrivé à hauteur du brick, le corsaire, depuis le pont de sa frégate, entama les pourparlers :
Pour les pirates, on ne pouvait faire confiance aux corsaires, c’étaient des personnes capables de vendre père et mère pour des piastres. Ils n’avaient aucune valeur, aucun honneur, aussi la promesse faite par le capitaine SousCouff ne valait rien.
Elle discuta avec Pique-Viande des options et ils avaient beau tourner la question dans tous les sens, il n’y avait pas de meilleure issue que celle proposée par le corsaire encore fallait-il qu’il s’y tienne !
Puis, s’adressant à son quartier-maître :
Elle le regarda une dernière fois avant de s’embarquer sur la chaloupe ennemie, résignée à affronter la mort. Après tout, les samouraïs préféraient se faire seppuku plutôt que de vivre dans le déshonneur. Aussi perpétuait-elle la tradition. Elle lut sur les lèvres de Monsieur Pique-Viande :
Tout était prêt pour la grande fête, le gouverneur Townsend, entouré de sa femme et de ses deux filles, savourait cette belle journée qui finirait par le spectacle réjouissant d’une pendaison. Il y avait une troupe de théâtre, il y avait un cirque où les dresseurs n’hésitaient pas à mettre leur tête dans les mâchoires grandes ouvertes de tigres ou de lions, des acrobates qui voltigeaient au-dessus de la grande place, des funambules rivalisant d’adresse sur une corde à peine tendue, des cracheurs de feu, des charmeurs de serpents, une foule en liesse, une foule qui se compactait vers la grande place où se tenait l’échafaud.
Lorsque les tambours retentirent, le silence se fit, les musiciens cessèrent leurs interprétations, les couples cessèrent leurs danses. Boum Boum !
Le gouverneur prit place sur l’estrade face de la potence en serrant la main de ses filles :
Boum Boum !
De la porte du fort, sortit le juge sous une acclamation chaleureuse suivie de hourras lorsque le bourreau sortit à son tour, cagoulé, comme le voulait la tradition. Tous se turent.
Boum Boum !
Les gonds de la porte du fort grincèrent, le temps s’arrêta, puis deux soldats en sortirent.
Boum Boum !
Et bientôt un brouhaha emporta tout sous le passage d’Hélène, menottée, escortée par deux autres gardes. La foule lui cracha dessus, lui jeta des tomates, des poireaux, des navets, un p’tit gosse lui lança un gros caillou qui atterrit pile sur le front de Fleur de Tonnerre.
Boum Boum !
Une marche, elle s’arrêta, regarda la foule.
Boum Boum !
Deuxième marche, elle s’arrêta de nouveau. Une pensée lui vint, n’avait-elle pas déjà vu ce guitariste quelque part ?
Boum boum !
Troisième marche, de cette hauteur, elle pouvait voir la mer, une dernière fois.
Boum Boum !
J’ai sûrement mal vu… ce n’est pas possible, mon esprit me joue des tours…
Boum Boum !
Elle faisait face à la corde. À présent, elle en était sûre, il y avait trois bateaux qu’elle connaissait très bien qui mouillaient à distance de coups de canon. Elle vit le musicien, elle reconnut un marin de l’équipage de SilverJones. Elle leva les yeux vers le fort derrière elle, et vit un garde se faire trancher la gorge par un autre équipier du pirate.
Boum Boum !
Le juge réclama le silence. Il se racla la gorge avant d’énumérer tous les faits reprochés à Hélène, reconnue coupable lors de son procès qui avait eu lieu à Britania il y avait maintenant un an en présence d’honorables juges. Elle n’avait pas écouté un traître mot, n’avait regardé personne, tant elle était à analyser la situation. Le juge dut lui demander une deuxième fois si elle voulait se repentir avant l’exécution.
Elle regarda la foule, puis le gouverneur Townsend et enfin arrêta son regard sur ses filles. Ses yeux luisaient de malice et son expression traduisait celle du mépris le plus profond. Elle cracha au sol, puis lança :
Le bourreau voulut lui poser une cagoule sur la tête, mais elle refusa :
Au moment précis où le bourreau faisait tomber la rampe sur laquelle Hélène se tenait debout, en un incroyable fracas, un boulet de canon vint s’abattre sur le fort. Fleur de Tonnerre avait réussi à se libérer les mains sans que quiconque ne le voie, aussi lorsque son corps par l’ouverture de la trappe allait la condamner, elle se saisit de la corde pour atténuer le poids qui lui serrait la gorge. Elle sentait l’étreinte du garrot l’entraver de plus en plus fort, et l’air était de plus en plus difficile à trouver. Tandis qu’elle se balançait, d’autres boulets de canon atterrirent sur la place, faisant un nombre important de victimes. Les spectateurs s’enfuyaient, se bousculaient, s’écrasaient, se marchaient dessus dans une véritable débandade, une panique faite de cris et de pleurs.
Depuis la tourelle du fort, des pirates tiraient sur les soldats qui étaient occupés à se battre contre d’autres flibustiers qui envahissaient les lieux. Les sujets britains étaient débordés, désorganisés et isolés, chacun dans leur coin à ne savoir comment répondre à cette attaque.
SilverJones attendait sagement à l’écart dans une ruelle que le gouverneur passe pour rejoindre ses logements. Ce dernier ne se fit pas attendre, escorté de quatre soldats, le gouverneur Townsend, accompagné de sa femme et de ses deux filles terrorisées, fut pris en embuscade par dix pirates. Ils tuèrent sans merci les gardes, puis s’en allèrent, laissant le capitaine SilverJones seul avec les quatre infortunés.
Il laissa un temps d’arrêt et invita le gouverneur à reprendre :
La surprise étant passée, les militaires britains étaient à présent en ordre d’attaque et la riposte promettait d’être violente. Toutefois, le gouverneur ainsi que sa femme intervinrent entre les deux groupes.
Le capitaine de l’armée britaine allait objecter lorsqu’il vit que les deux filles du représentant de la couronne avaient chacune une lame posée sur la gorge. Il était dégoûté de voir que l’un des deux ruffians qui tenaient les demoiselles avait une main à l’intérieur du jupon et que l’autre l’avait sur un sein en devenir qu’il malaxait.
Libérée, les jambes qui ne la portaient plus, Hélène chercha avant tout de l’air. Sa gorge portait les stigmates qui ne la quitteraient plus. Monsieur Pique-Viande à ses côtés l’aida à se relever et lui remit Metal Hurlant.
Hélène s’en saisit, remercia son quartier-maître d’un simple mouvement de tête, elle n’était pas capable de parler, puis se dirigea vers les deux hommes qui maintenaient les filles. Arrivée à leur niveau, elle donna le coup de poing le plus fort possible sur le visage pour l’un et le plus fort coup de pied possible sur les testicules pour l’autre.
Le capitaine SilverJones éclata de rire bientôt suivi de ses hommes !
Puis, elle reprit la discussion, mais cette fois-ci en direction des Britains :
C’était un instrument de mesure révolutionnaire que venait de mettre au point les plus grands savants de Britania, outre le fait de permettre de se diriger grâce aux astres, ce dernier permettait d’anticiper les changements de météo de façon plus précise qu’un baromètre, il calculait la force des vents et de ceux à venir.
Le capitaine SousCouff sortit de la taverne dans laquelle il buvait tranquillement un Bloody Mary, une pute sur les genoux.
Il ne dit pas d’autre mot que :
Il dégaina son sabre, puis lentement s’avança vers le centre de la place entre les deux armées. Elle l’attendait, Metal Hurlant en main.
Ils se dévisageaient, ils scrutaient le moindre geste, ils analysaient le déplacement de leur adversaire, ils se jaugeaient. Une première feinte afin de savoir comment réagissait le rival, un premier coup d’estoc, les lames se croisèrent, d’abord timidement, puis bientôt plus durement et surtout plus rapidement.
SousCouff frappait fort, mais n’oubliait pas pour autant sa vélocité. Hélène, forte de l’enseignement des maîtres samouraïs, utilisait la force, l’agressivité et l’élan de son adversaire pour les retourner contre lui. On eût dit qu’elle dansait et la nombreuse assistance oubliait le temps de ce combat l’incongruité de la situation.
Se tournant vers les deux pirates que Hélène avait rossés, le capitaine SilverJones leur dit :
Pirates comme soldats respectaient les règles du combat : à savoir de ne pas intervenir pour l’un ou pour l’autre, mais les sujets de la couronne comprirent assez vite que leur champion était dépassé. Quoi qu’il entreprenne, son attaque était contrée et la fatigue aidant, ses coups devenaient de moins en moins précis.
À l’inverse, Hélène qui, jusqu’alors s’était contentée d’esquiver, commençait à envoyer çà et là deux trois piques. L’une fit mouche, le corsaire était blessé à la jambe. La démarche chancelante, il titubait à présent.
Le capitaine SousCouff était toutefois une personne réfléchie, il comprenait que le combat ne jouait pas en sa faveur à cette distance. Il avait pour lui la force brute et c’est bien là la seule qualité qu’il possédait davantage.
Aussi se projeta-t-il sur elle comme l’eût fait un rhinocéros. Il la projeta au sol. Dans le choc, elle perdit son katana, il fondit sur elle, puis la saisit par la gorge et commença à presser.
Hélène frappait de toutes ses forces dans les côtes, le foie, mais l’adrénaline dont il était gorgé l’empêchait de ressentir la douleur. Un voile obscurcissait lentement le regard de Fleur, elle se sentait partir.
Le capitaine SilverJones devint blême. Pour lui, l’issue du combat ne faisait plus aucun doute. Il enrageait intérieurement :
Soudain, contre toute attente, SousCouff lâcha sa prise en hurlant de douleur. Hélène tenait fermement les couilles du corsaire qu’elle pressait le plus fort possible. Alors qu’il se tordait littéralement au sol en tenant sa paire de testicules broyée, elle ramassa son katana, s’approcha, lui trancha les deux mains pour qu’il ne puisse plus se soulager.
Il était sur le dos et la voyait comme on regarde la mort elle-même. Elle posa la lame contre le front et lentement l’enfonça, pourfendit sur toute la longueur du corps pour le découper en deux sections symétriques. Un travail d’orfèvre.
Le gouverneur et son épouse, ainsi que leurs deux filles, les soldats, tout comme les pirates, tous détournèrent les yeux devant l’atrocité dont ils étaient témoins. Elle essuya sa lame, fit les poches de son adversaire, lui prit sa boussole et deux piastres et enfin s’adressa au gouverneur :