| n° 23287 | Fiche technique | 14705 caractères | 14705 2511 Temps de lecture estimé : 11 mn |
16/09/25 |
| Présentation: Chapitre 12 : Chasse au trésor. | ||||
Résumé: Évidemment, Fleur de Tonnerre fut immédiatement convoquée devant son Hetman :
— Félicitation !
— Arrête tes conneries, ce n’est pas pour ça que je t’ai fait appeler ! grogna-t-il.
— Oh je vois, tu es déjà au courant ? | ||||
Critères: #chronique #nonérotique #aventure #fantastique | ||||
| Auteur : Melle Mélina Envoi mini-message | ||||
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Évidemment, Fleur de Tonnerre fut immédiatement convoquée devant son Hetman :
L’Hetman exerça sa nouvelle autorité et demanda qu’elle s’explique avant de pouvoir bénéficier de la connaissance de l’homme-médecine. Cependant, elle perdit connaissance avant d’avoir fini de se justifier.
Lorsqu’elle se réveilla, un jour était passé, elle se trouvait au lit, des bandages propres et le médecin à ses côtés. Mary, également à son chevet, lui exposa le cours des événements. Le capitaine Jonas Desmond Ded avait volé le trésor des Toltèques et s’était enfui à bord de son KillerWhale. Blanche était de retour, car Crevette avait dû fuir avec son capitaine. Même si ce dernier n’avait rien à voir avec le vol, il était le second du KillerWhale et à ce titre, il allait se faire arrêter et probablement exécuter.
Quant aux hommes de SilverJones, l’incident étant devenu mineur, l’Hetman avait laissé tomber l’idée d’une sanction.
Déjà plusieurs bateaux, dont celui de James Blake, s’étaient mis à sa poursuite. La dernière fois qu’on l’avait vu, il passait par le canal d’AquaPulco pour rejoindre la mer Intérieure. Ne sachant rien des événements survenus à Murèna, le capitaine Bartholomew Roger le laissa passer.
Hélène ne se fit pas prier, elle avait de toute façon l’intention de reprendre la mer. À son tour, l’Albatros Rouge se mit en route, un navire réparé, et même renforcé par des plaques de tôles en acier sur ses flancs.
La capitaine avait une petite idée d’où mener ses investigations, elle l’expliqua à l’ensemble de son équipage. Pour la plupart des pirates, le capitaine Ded devait se trouver un négociant capable de lui racheter son or – ainsi, la large majorité des poursuivants décida de mettre le cap sur le continent occidental et plus exactement vers Hexagone, sûrs qu’il y trouverait acheteur.
Fleur de Tonnerre pensait qu’il serait imprudent pour un pirate reconnu d’aller négocier avec la cargaison en terre d’Hexagone.
Mary lui demanda de continuer à dévoiler le fond de sa pensée :
L’équipage avait besoin de motivation pour entreprendre un voyage que beaucoup estimaient sans retour, mais la verve de leur capitaine relayée par celle du second eut raison de leur accablement. Un homme important manquait à l’appel, il s’agissait de MoonHead, un des canonniers.
Ils voguèrent le long de la partie nord du nouveau continent, la nuit allait tomber et les étoiles commençaient à scintiller lorsque la vigie aperçut l’impénétrable mur de brouillard.
La mer était d’huile, le vent absent, les marins chantèrent ensemble des chansons d’espoir. Blanche se comportait comme un lion en cage, prête à bondir. Elle avait une confiance absolue envers sa capitaine et ne douta pas un seul instant qu’elle avait raison : le KillerWhale était caché derrière ce rideau, elle le sentait dans son cœur, Crevette n’était plus aussi loin que ça. Betty réclamait à boire, mais Hélène avait donné des ordres, elle devait se sevrer et du rhum et des hommes. Ces derniers devaient contenir leurs envies et ne pas sauter sur leur sœur – et ce, même si c’était elle qui réclamait de l’attention.
Il y a dans la vie d’un homme (ou d’une femme) des erreurs qu’on n’est pas près d’oublier et Hélène aurait été fort avisée de réfléchir un peu plus avant d’envoyer Betty au côté du cuisinier. Ce dernier avait les clés de la cambuse !
Il arriva tout paniqué :
En effet, elle était ivre morte, une bouteille de rhum vide à la main.
Hélène réconforta le cuisinier, il n’aurait aucune sanction. Par contre, il fallait montrer l’exemple. Une femme à bord était un marin comme un autre, avec les mêmes devoirs et les mêmes droits. Aussi allait-elle devoir donner cinq coups de « Chat à neuf queues ».
Cependant Monsieur Pique-Viande suggéra de laisser passer l’incident.
Il laissa sa capitaine réfléchir avant de demander sa clémence :
Avant que la nuit ne tombe complètement, alors que tout était silence, un bruit léger, un éclat d’air et de métal se fit entendre. Un bruit qui se rapprochait, une sorte de flop flop ! Comme des ailes d’un oiseau.
Puis, plus rien, de nouveau le silence.
Tous se regardaient cherchant dans le regard de l’autre un début de réponse. Tous se taisaient.
Soudain perçant les oreilles :
Le perroquet du capitaine SilverJones était là, sur le mat. Hélène l’accueillit froidement :
Le reste de la soirée et la nuit se passèrent sans aucun incident. Toutefois, les matelots craignirent cette nuit sans bruit, même la mer sembla ne plus bouger d’une onde et le mysticisme s’invita sur le pont. Pourquoi n’y avait-il aucun oiseau dans le ciel ? N’y avait-il finalement aucune terre au-delà de ces nuages flottants ?
Au beau milieu de la nuit, tous entendirent des voix qui ne semblaient pas humaines chanter dans une langue que personne n’avait jamais ouïe. Mary se leva de sa couche pour rejoindre les hommes de quart :
Au petit matin, avec le jour naissant, Mary put constater que l’Albatros était à présent à environ un demi-mile marin du mur. Elle était pourtant certaine qu’il n’y avait eu aucun souffle d’Éole et qu’il n’y avait aucun courant pouvant expliquer comment le bâtiment avait pu s’approcher à ce point.
Elle regarda la mer et, comme la veille, rien ne bougeait, comme si l’eau était morte. Cependant, inexorablement, L’Albatros s’approchait.
La capitaine était trois-quatre jours par mois en piteux état – ce que beaucoup d’hommes ne pouvaient comprendre. Mary prit le relais et envoya son amie se coucher, se terrer dans le noir et attendre que cela lui passe.
En entendant l’exhortation dirigée contre le vaisseau du Capitaine Ded, Blanche frémit à l’idée que Crevette soit en danger, mais elle ne s’y opposa pas.
ooooOOOOoooo
Le roi squelette était sur son trône fait d’os et de crânes dans son grand palais de sa ville Desdemond. Il s’y tenait un banquet où les princes et princesses liches se nourrissaient de boyaux humains : leur plat favori. La chair humaine était de moins en moins fréquente sur les tables, les quelques imprudents qui osaient entrer dans le royaume des morts-vivants étaient de plus en plus rares.
Et voilà qu’un vaisseau avait franchi sa frontière. Toutes ses troupes étaient parties à la chasse et la proie s’était avérée redoutable. Le bâtiment chassé avait détruit pas moins de cinq des grandes embarcations liches et avait même failli les semer en plongeant sous l’eau.
Cependant, le courant invisible, ce courant qui empêchait toute sortie du territoire des morts-vivants, avait fait son œuvre et bientôt le bateau « KillerWhale », celui que les autochtones traquaient, revint puis refit surface.
Au terme d’une bataille épique, les humains rendirent les armes. Les Liches récupérèrent le « bateau qui va sous l’eau » tandis que les hommes furent amenés devant le roi. Des quatre-vingts humains, quarante furent destinés au banquet et les autres seraient consommés au fil du temps. Les Liches ne parlaient pas le langage humain, mais le roi comprit que le barbu à la jambe de bois était le chef. Aussi se le réservait-il lorsqu’il ne resterait plus que lui.
Un chef militaire entra puis s’adressa à son roi :
Puis le roi s’adressa à tous ses convives :
Et tous de crier :
L’Albatros Rouge avait franchi la frontière et entrait à présent dans une zone grise. Il n’y avait rien d’autre que du gris depuis la mer jusqu’au ciel. Cependant, étrangement, les matelots n’avaient pas besoin d’allumer des torches pour voir correctement.
L’eau stagnante puait des mille enfers, et par-ci, des bulles de soufre éclataient depuis la surface. Aucun son n’était audible, sinon ceux que l’équipage faisait sur le bateau et ces derniers semblaient n’être pas répercutés, comme s’ils étaient étouffés.
Le silence.
Toujours du silence.
Monsieur Aaron ne répondait toujours pas. Mary chargea Blanche de monter. Une minute plus tard, elle était sur le nid-de-pie et demandait à Monsieur Aaron pourquoi il n’avait pas répondu. Ce dernier affirma qu’il n’avait rien entendu. La belle se pencha alors de son promontoire et aboya :
Pas de réponse.
Mais la dame des mers ne répondit pas.
Blanche descendit, et après s’être entretenue avec Mary, elles admirent l’évidence, la liaison n’était plus possible.
Cela faisait une bonne demi-heure que l’Albatros voguait dans cette puanteur, Hélène était en train de vomir ces boyaux et la terreur allait décupler lorsque les matelots entendirent des « Kkkrrricck, kkkrrriiiccckkks » inhumains les entourer.
Soudain, une grande embarcation leur fit face et bientôt se devinèrent trois autres ! La seule qui ne succomba pas à la frayeur et garda un semblant de calme fut la Dame des mers, elle donna des ordres précis, mais les marins restaient tétanisés !
Ce cri réveilla Monsieur Walter Matthau, et enfin l’Albatros Rouge allait rugir. La dextérité des hommes de Fleur de Tonnerre n’était pas une légende, et bientôt ils envoyèrent par le fond deux bâtiments.
En réponse, ils reçurent une volée de boulets, mais seulement deux arrivèrent à destination, faisant des dégâts tout à fait mesurables. La nouvelle coque protégée par des plaques de tôles ne fut pas endommagée. La bataille faisait rage et deux autres embarcations furent laminées par les canons de l’Albatros.
Cependant, les adversaires étaient beaucoup trop nombreux. À terme, le bateau de Fleur de Tonnerre serait submergé. Aussi, Mary prit la décision de fuir par le ciel ! Il fallut une dizaine de minutes pour prendre les airs.
D’en haut, Mary put enfin voir à quels adversaires elle faisait face. Elle compta treize navires, tous plus mal en point que les autres, et, parmi eux, elle reconnut le KillerWhale, une large ouverture sur sa coque. Comment pouvait-il encore rester en surface était un mystère supplémentaire auquel Mary n’avait pas de réponse.
Enfin, elle eut à loisir le temps de regarder les assaillants et ce qu’elle vit la fit frémir comme jamais. En dessous d’elle, des squelettes habillés comme des pirates, des squelettes qui se mouvaient, qui se parlaient, qui s’organisaient !