| n° 23282 | Fiche technique | 13809 caractères | 13809 2380 Temps de lecture estimé : 10 mn |
12/09/25 |
| Présentation: Chapitre 8 : Bataille dans les airs. | ||||
Résumé: Le commodore Angel Bernal-Ruiz venait de se réveiller et partageait à présent un copieux petit-déjeuner auprès du gouverneur de l’île Don Bernado de la Cruz. Il était tôt mais déjà la chaleur promettait d’accabler toute la ville. | ||||
Critères: #chronique #nonérotique #aventure #fantastique | ||||
| Auteur : Melle Mélina Envoi mini-message | ||||
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Le commodore Angel Bernal Ruiz venait de se réveiller et partageait à présent un copieux petit-déjeuner auprès du gouverneur de l’île Don Bernado de la Cruz. Il était tôt mais déjà la chaleur promettait d’accabler toute la ville. Les grands ventilateurs étaient encore en sommeil mais bientôt, ils tourneraient à plein régime.
Le gouverneur Don Bernado de la Cruz n’eut pas le temps de répondre qu’on frappa à la porte. Un soldat y entra, puis au garde-à-vous et après le salut de rigueur annonça :
Il faillit s’étouffer avec sa crème à la vanille avant de se lever de sa chaise, il prit ses armes qui étaient toujours à sa portée et se munit de sa longue vue.
Arrivé à la tourelle, il prit le temps de bien ajuster les lunettes et regarda. Il vit sur le pont de son bateau deux femmes en robe longue se battre à grands coups de sabre contre plusieurs de ses hommes.
Soudain, il hurla à l’endroit de ses hommes gardant le fort :
Un boulet vint s’écraser, dans un formidable fracas, sur les fortifications basses entamant sérieusement la structure. Du choc, des pierres voltigèrent pour venir piétiner plusieurs soldats. Ils n’eurent pas le temps de se remettre de ce premier coup de canon qu’un deuxième explosa une autre partie du mur, entraînant de nouveaux morts.
Voyant que ses soldats se préparaient à une riposte, le commodore leur ordonna de ne rien faire :
Il fallait une dizaine de minutes pour que tout le monde soit présent à l’appel, quelques soldats avaient dormi dans les tavernes en compagnie de filles de joie, d’autres cuvaient leur vin, d’autres encore restaient introuvables.
La mise en route fut enfin donnée et une bonne vingtaine de minutes plus tard, cette armée arrivait au port.
Les voleurs n’étaient plus présents et l’Esperanza coulait doucement mais sûrement. Le commodore Angel Bernal Ruiz, « la Mano de Los Mares », venait d’essuyer son premier revers, et pouvait voir de sa longue-vue la chaloupe occupée par cinq hommes souquant avec énergie et une… deux… trois femmes ?!
Il prit une grande inspiration afin de contenir la colère qui lui brûlait les tripes et réfléchit. Il était trop tard pour les rattraper par voie de mer, le brick « L’Espuma » mouillait au niveau du quai cinq, à plusieurs lieues d’ici, le temps d’y arriver et de le mettre en mouvement, la chaloupe aurait tôt fait de rejoindre leur bâtiment. Par ailleurs, où pouvait se trouver le bateau de ces voleurs ? Se pouvait-il que ces voleurs ne soient pas venus par voie de mer ? C’était fort peu probable, il devait forcément y avoir une embarcation et du coup, où pouvait-elle mouiller ?
Il se souvint alors de la montgolfière prête à l’envol.
Hélène avait imaginé être poursuivie et fut assez surprise de constater qu’ils ne l’étaient pas. Elle ne pensait pas une seule seconde que le commodore Angel abandonnât aussi aisément la partie. Cependant, elle fit comme si leurs vies étaient immédiatement en danger et exhorta ses hommes à ramer avec encore plus de diligence.
Bientôt, elle entrevit une petite baie s’ouvrir sur le littoral.
Ainsi fut fait, ils laissèrent Mary seule pour couvrir leurs traces et continuèrent vers l’Albatros qui les attendaient dans une crique à l’extrême ouest de l’île de Araccianta.
Dans leur course, Blanche interpella sa capitaine :
Lors d’une courte halte pour reprendre leur souffle, sortit des frondaisons Mary, la robe toute déchirée par les ronces.
Soudain, Hélène prit conscience que dans le feu de l’action, elle n’avait pas demandé à son amie, les raisons de son état.
À marche forcée, ils arrivèrent enfin dans la baie accueillant l’Albatros. Lorsqu’ils les virent arriver, les pirates allèrent à leur rencontre pour les étreindre de joie.
Visiblement émoustillés de voir les belles en robe, les hommes ne pouvaient s’empêcher de les regarder avec envie. C’était la première fois pour eux qu’ils envisageaient leurs « Sœurs » comme des femmes et non plus des piratines.
Hélène s’en rendit compte et appela John-Peter Wallpaper arrivé à peine une dizaine de minutes avant.
Puis elle s’enquit auprès de Monsieur Pique-Viande à qui elle avait confié la garde de l’Albatros :
Elle regarda attentivement le quartier-maître, il lui sembla n’être pas à l’aise. Depuis qu’ils naviguaient ensemble, elle avait appris à bien le connaître et elle voyait que quelque chose le contrariait.
Il laissa un temps d’arrêt dans sa narration mais Hélène pouvait déjà anticiper l’histoire.
Le quartier-maître vit les yeux de Fleur devenir rouge écarlate et les traits de son visage se durcir.
Elle serrait les poings jusqu’au sang afin de ravaler un peu sa colère. Le quartier-maître avait raison, une sanction supplémentaire serait comparée à une forme de despotisme. Alors, malgré elle, elle balaya sa frustration de ne pouvoir les corriger plus sévèrement, mais les convoqua dans sa cabine.
Dans la cabine, les deux hommes n’en menaient pas large. Le regard des deux femmes qui leur faisaient face était féroce, il pénétrait leurs âmes plus profondément encore que les coups de fouet avaient marqués leurs chairs.
Monsieur Markal fit amende honorable et en dédommagement de sa tentative de viol, il proposa de donner un dixième de sa future solde. Par contre, Œil Sournois resta arrogant et pour se défendre accusa la jeune Betty d’incitation.
Hélène accusa le coup dignement, mais en son for intérieur, elle s’imaginait planter « Metal Hurlant » dans le cœur vide de cet homme.
Ainsi fut fait.
Restée seule avec Mary, les deux femmes en discutèrent encore un peu.
Elle expliqua au quartier-maître les termes des ordres donnés : Œil sournois était consigné dans la cale et n’avait plus le droit au pont du navire.
Elle lui demanda si Betty pouvait s’acquitter de la tâche de vigie et bientôt la jeune femme se trouva, lunettes fichées aux yeux, tout en haut du grand mât.
L’Albatros avait quitté la baie et longeait maintenant la face ouest de Araccianta en direction du Nord quand soudain, venue du ciel une bombe explosa au niveau de l’écoutille de cargaison tuant trois matelots.
Ébranlés par cette attaque brutale, un branle-bas général s’ensuivit mais avant que quiconque ne puisse entreprendre une riposte, une deuxième bombe meurtrière tomba sur le gaillard avant tuant deux autres hommes.
Au ciel, à bord d’une nacelle de ballon, le commodore Angel Bernal Ruiz accompagné de quatre hommes, jubilait à chaque explosion. Il prenait le temps de bien regarder les dégâts et enjoignait ses hommes à applaudir selon l’ampleur des destructions.
Dans cette position, l’Albatros subirait des avaries qui pourraient lui être fatales, aussi Fleur donna des ordres précis et demanda à son quartier-maître :
Le commodore Angel Bernal Ruiz tomba dans le piège que lui avait réservé la piratine, il jeta deux bombes pour empêcher l’Albatros d’atteindre leur hauteur et, comme l’avait prédit Fleur, l’Albatros bascula et cracha ses boulets sur la montgolfière. Cette dernière fut déchirée, deux hommes tombèrent dans le vide tandis que le ballon chutait inexorablement vers la forêt. Accroché à ce qu’il restait de nacelle, le commodore ne pouvait que constater son échec et hurla à l’endroit des pirates :