| n° 23277 | Fiche technique | 15527 caractères | 15527 2630 Temps de lecture estimé : 11 mn |
11/09/25 |
| Présentation: Chapitre 7 : Touché Coulé. | ||||
Résumé: Ainsi une semaine de navigation paisible passa. L’Albatros se rapprochait de sa destination, il était temps pour la capitaine et sa seconde de réfléchir aux stratégies possibles pour s’emparer du magot. | ||||
Critères: #chronique #nonérotique #aventure #fantastique | ||||
| Auteur : Melle Mélina Envoi mini-message | ||||
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Ainsi une semaine de navigation paisible passa. L’Albatros se rapprochait de sa destination, il était temps pour la capitaine et sa seconde de réfléchir aux stratégies possibles pour s’emparer du magot.
Elles s’entretenaient depuis plus d’une heure à envisager divers scénarios mais dans chacun d’eux, les chances de s’en sortir étaient quasi nulles.
L’Esperanza était la fierté de la flotte ibère, le galion le plus grand et sans doute le mieux armé de tous les bâtiments sur les sept mers. En outre, il était dirigé par un marin d’exception, le terrible commodore Angel Bernal Ruiz, « la Mano de los Mares ». Ce dernier avait une expérience sans commune mesure, il avait essuyé plusieurs attaques et en était ressorti toujours vainqueur.
Dans le secret de la cabine, les deux amies décidèrent du plan à appliquer.
Le premier souci à régler était de devoir atteindre les berges sans être aperçus du fort qui protégeait l’île. L’Albatros fit un grand détour pour accoster loin de la ville, il mouillait à présent dans une crique cachée, une planque idéale.
Une troupe d’une dizaine d’hommes choisis pour leur férocité au combat en plus des trois femmes rejoignaient la ville à pied, une dizaine de kilomètres à parcourir dans une forêt tropicale dense et sauvage avant d’atteindre la première route.
La chaleur plombait les cœurs des aventuriers, les pas devenaient lourds et chaque enjambée une victoire. Fort heureusement, la canopée atténuait l’implacable soleil. Ils avançaient péniblement à coups de machette pour se frayer un chemin au travers de l’abondante frondaison. Ils suivirent un petit cours d’eau duquel ils purent pêcher deux belles truites – ce qui allait bien agrémenter le repas préparé pour leur pérégrination.
Les oiseaux rivalisaient avec les singes dans un concert de piaillement et de cris, les plantes diffusaient leur chlorophylle jusqu’à haut vers les cimes comme pour rappeler aux majestueux arbres leur présence.
Lors d’une halte, dans un endroit un peu plus dégagé, au bord du cours qui par endroit devenait rivière, ils entendirent le sifflement caractéristique d’un serpent. Ils étaient aux aguets à la recherche du reptile qu’ils ne débusquèrent cependant pas.
Soudain, d’une solide branche, un gigantesque anaconda tomba de tout son poids sur le pauvre Bud. Les quatre cents kilos assénés sur sa nuque lui furent fatals. Les autres marins dégainèrent leur sabre pour s’attaquer à la créature géante quand deux autres serpents tout aussi imposants tombèrent, l’un au sol, l’autre sur un compagnon.
Deux coups de mousquets dans la gueule béante de l’un d’eux n’eurent pas raison de l’animal.
Lorsqu’ils se retournèrent, ils se trouvèrent confrontés à trois autres anacondas géants qui les attendaient !
Malgré leur peur, les féroces marins s’engagèrent à corps perdu dans la bataille. Ils taillaient et tailladaient de toute leur force dans les cuirasses d’écailles.
Un constrictor enroulait un marin tandis que son ami tentait en vain de le sauver…
Blanche restait interdite, incapable de tout mouvement, terrorisée. Un serpent s’approchait d’elle, se levait, son visage faisant face à celui de la jeune pirate. Près de la happer, il ouvrit sa gueule quand Mary lui fit avaler une grenade. Elle eut juste le temps d’empoigner sa jeune consœur pour se jeter au sol avant que l’explosion n’éclatât le sinistre reptile.
Finalement, ils trouvèrent une issue en se jetant dans les fougères, et fuirent à toutes jambes sur une bonne centaine de mètres avant de reprendre leur souffle.
Il manquait cinq hommes à l’appel : Bud, Vic, Jean, John et Gordon. Ils entendirent au loin le cri déchirant de l’un d’eux agonisant.
Hélène avait prévu de passer une nuit dans la jungle afin d’arriver frais en ville au petit matin, mais à présent, il n’était plus envisageable de passer plus de temps qu’il en faut. Cependant, si à vol d’oiseau, la civilisation n’était pas si lointaine que ça, marcher dans cette forêt se révélait d’une mission fatigante, se frayer un chemin demandait beaucoup d’efforts et de temps.
Ils redoublèrent d’effort à l’ouvrage, les machettes brisant sans faiblir les branches qui faisaient obstacle. Ils débouchèrent enfin sur une plaine cultivée et ivres de fatigue, ils décidèrent d’y passer la nuit qui ne tarderait pas.
Le maître-canonnier Walter Matthau était le premier de garde mais avant de réveiller Mary pour qu’elle le relaye, il s’endormit à son tour. Heureusement, son sommeil n’eut pas de conséquence pour les pirates. Ils arrivèrent tôt en ville. La consigne était celle de surtout ne pas se faire remarquer, à commencer par se taire, les pirates parlaient britain tandis que cette ville était ibère.
Arrivés sur place, ils se dirigèrent vers le port. À l’abri des regards, ils se préparèrent à entrer dans l’eau. Ils devaient joindre à la nage L’Esperanza, y pénétrer via les sabords tandis que les trois femmes allaient faire diversion.
Le galion ibère comptait à peu près deux cents membres d’équipage, cependant lorsqu’il mouillait dans un port, une trentaine d’hommes restaient consignés à bord. Si les trois piratines arrivaient à attirer une dizaine d’hommes, les cinq pirates à bord pourraient en jouant de surprise et de silence faire beaucoup de dégâts.
À l’instar des hommes qui s’étaient préparés, les femmes laissèrent leurs effets hors de vue, de sorte qu’on ne puisse pas les identifier comme pirates, elles avaient emporté dans leurs sacs des robes dont elles se vêtirent.
Et elle jeta un regard de biche et joua à fermer et ouvrir les paupières.
Blanche était plutôt perplexe et le fit savoir :
Le matelot John-Peter Wallpaper devait, quant à lui, retourner dans la crique où mouillait l’Albatros avec les affaires laissées sur place. Hélène lui rappela quelques consignes :
Les pirates devaient nager le plus souvent sous l’eau afin de n’être pas repérés et la distance était importante. En outre, ils étaient alourdis de leur sabre et de sacs dans lesquels ils espéraient charger l’or. Il était temps pour les belles de se manifester.
Les trois arrivèrent sur le quai et sans trop y faire, elles captèrent le regard de deux occupants du galion. Hélène interpella deux hommes en ibère :
Ils avaient bien envie de répondre favorablement, mais des ordres avaient été donnés…
Le jeu était serré, les matelots étaient tout proche de refuser lorsque d’autres, intrigués par la discussion qu’ils entendaient, vinrent s’y joindre. Après un petit conciliabule, les femmes empruntaient la rampe d’accès.
Les filles furent bientôt entourées par un groupe de onze hommes qui les regardaient comme un lion le ferait d’une gazelle. Leurs yeux brillaient d’envie et les filles jouaient de séduction pour qu’ils fassent tous leurs desiderata. Ils étaient comme hypnotisés et ne pouvaient plus rien leur refuser.
Mary voulait visiter la proue, tandis que Blanche voulait voir la poupe… Hélène quant à elle voulait voir les couchettes de ses braves et loyaux sujets de la reine ibère !
Ils furent cinq à suivre Hélène, sûrs que cette ingénue avait des arrière-pensées qui correspondaient aux leurs. Trois accompagnèrent Blanche et trois autres Mary.
En bas, les marins se pourléchèrent les babines lorsqu’ils virent la belle chercher sous sa robe. Ils pensaient qu’elle allait ôter son vêtement et déjà, deux se tenaient le vit aux travers de leur pantalon…
Hélène fouillait hardiment sous son jupon en grommelant pour elle-même :
Puis s’adressant à l’assistance en rut :
Le premier à qui elle trancha la gorge était celui qui lui faisait face, il avait encore le sourire collé au visage avant de tomber. Puis, elle planta le couteau dans le cou de celui qui était à sa droite, se retourna et en fit de même avec celui qui était de l’autre côté.
Son attaque fut si précise, si rapide que ce n’est qu’une fois le troisième tombé, que les deux autres matelots comprirent le piège. L’un des deux tentait de remettre son pantalon qui tombait inexorablement sur ses chevilles, l’empêchant de s’enfuir, elle s’attaqua donc à l’autre qui pointait son pistolet, mais elle feinta, bougea vers la droite et revint droit sur son adversaire, lequel pointait à présent son arme dans une mauvaise direction, et lui enfonça la lame dans le cœur.
Une fois cela fait, elle s’approcha du matelot qui se battait avec sa culotte-jupe en toile tissée. Il eut juste le temps de l’implorer : Pitié ! qu’il se trouva les tripes à l’air.
De son côté, Mary ne comprenant pas un traître mot d’ibère fut assez vite agacée par la compagnie de ces trois charmeurs et bien alignés, d’un seul revers, les trois gorges furent tranchées sans qu’un seul ne se doutât du sort que la belle leur réservait.
La promptitude et la dextérité de Mary occasionna un obstacle pour Blanche, car depuis la poupe, l’un des trois prétendants de la belle, dans un moment d’égarement, vit le massacre perpétré en proue.
Aussitôt, il sortit son pistolet et Blanche eut juste le temps de se jeter au sol pour éviter la balle. Le coup retentit violemment et fort, de sorte qu’à présent l’alerte avait été donnée. Le temps pour les pirates était compté. Depuis, le sol, Blanche lacéra les chevilles de deux de ses adversaires avant de se relever pour faire face au troisième. Il avait sorti son sabre tandis que la jeune piratine n’avait qu’un couteau. Le combat paraissait inégal, mais Blanche était devenue une véritable maîtresse dans l’art du combat, elle paraît les coups avec concentration mais ne pouvait approcher du corps de son ennemi. Elle reculait et bientôt elle se trouva là où elle le voulait, au niveau du mât d’artimon. Elle semblait bloquée et l’Ibère projeta son sabre avec force. Blanche avait anticipé le coup et s’agenouilla prestement, la lame passa juste cinq centimètres au-dessus de son crâne pour se figer dans le bois du mât. Le coup avait été porté avec tant de force que le marin n’arrivait plus à retirer son arme du bois. Il n’en fallut pas plus pour que Blanche n’enfonce son couteau d’un mouvement de bas vers le haut dans le palais de son assaillant.
Les trois femmes s’emparèrent des sabres et des pistolets de leurs victimes pour faire front chacune à plusieurs Ibères.
Il fallut une bonne dizaine de minutes pour que les pirates grimpent sur la coque et investissent L’Esperanza depuis les sabords. Ce fut Walter Matthau qui le premier entra subrepticement, bientôt suivi d’un complice. Les deux constatèrent qu’à ce niveau du navire, seuls deux soldats, jouant aux cartes sur un tonneau à l’autre bout, étaient présents. Les trois autres hommes de l’Albatros abordèrent également.
Les cinq pirates à bord, les homicides commencèrent. Les deux soldats n’eurent pas le temps d’alerter le reste de l’équipage qu’ils tombaient tête la première contre leur tonneau. Ils s’emparèrent de leurs armes et tandis que trois d’entre eux allaient débusquer d’autres gardes, le maître-canonnier Marc et son complice préparèrent les canons qu’ils dirigèrent vers le fort de la ville.
C’est à ce moment précis qu’un coup de pistolet retentit depuis le pont.
L’alerte venait d’être donnée, il fallait à présent se hâter. Toutefois, le silence n’étant plus de rigueur, cela simplifiait la tâche des deux canonniers qui pouvaient à présent faire leurs manœuvres sans se soucier du bruit que cela occasionnait.
Sur le pont, dans la cale, dans la timonerie ou encore dans la cahute, la bataille faisait rage. Les hommes de L’Esperanza étaient certes un peu plus nombreux mais les pirates étaient plus habiles et plus expérimentés. Bientôt, Hélène et ses hommes furent maîtres du bâtiment.
Elle dispatcha les rôles de tous, un marin devait aider les deux canonniers, les deux autres devaient préparer la chaloupe, Blanche et Mary devaient dénicher le trésor et remplir les sacs prévus à cet effet.
Elle rejoignit la cale et donna l’ordre de tirer sur le fort ! La ville fut réveillée par un assourdissant tintamarre, celui d’un tir de boulet de canon qui alla s’écraser sur les fortifications.
De leur côté, Mary et Blanche trouvèrent comme elles s’en doutaient le trésor dans la cabine du commodore Angel Bernal Ruiz ! Le coffre était trop lourd, elles crochetèrent la serrure puis remplirent les sacs en toute vitesse. Il était rempli de pièces d’or toltèques, ce qui équivalait à peu près à plus de cinq millions de piastres, de quoi se payer toute une île, de quoi vivre toute sa vie dans l’opulence sans jamais avoir à travailler !
Une minute plus tard, Hélène et un des hommes étaient là. Ce dernier mit un certain temps avant de se remettre les idées à l’endroit, il n’avait jamais vu autant d’or de sa vie.
Commencèrent alors, des allers-retours entre la cabine et la chaloupe tandis que les tirs en direction du fort redoublaient.
Puis s’adressant à Mary :
Sur le pont, Hélène sourit en voyant les habitants de la ville sortir de chez eux en paniquant, ils allaient sans le vouloir retarder l’arrivée des troupes de Angel.