| n° 23278 | Fiche technique | 35165 caractères | 35165 6314 Temps de lecture estimé : 26 mn |
11/09/25 |
| Présentation: La suite d’une histoire datée du milieu des années 70. | ||||
Résumé: Le retour à la maison a été assez silencieux. J’espère que le scénario imaginé sera assez naturel pour que nous n’ayons pas de souci. | ||||
Critères: #psychologie #drame #confession | ||||
| Auteur : Patrik Envoi mini-message | ||||
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Résumé des épisodes précédents :
Cf texte
La suite d’une histoire datée du milieu des années 70. Bonne lecture :)
Solange (ma femme) et Sylviane se ressemblent comme deux gouttes d’eau. J’ai découvert l’existence de Sylviane (alias Sybille) par l’intermédiaire de Didier quand celui-ci m’a fait découvrir une revue danoise olé-olé dans laquelle elle s’exhibait.
Grâce à Georges (un de mes amis), j’ai pu contacter le double de ma femme. En rusant un peu, je me suis arrangé pour que les deux femmes se rencontrent. Elles ont immédiatement sympathisé. Bien qu’elles se soient amusées à permuter leur rôle, ma fille de quinze mois n’a aucun problème pour les distinguer.
Malheureusement, lors d’une soirée, Solange est décédée de mort naturelle. Sautant sur l’occasion, Sylviane m’a carrément supplié de lui laisser prendre sa place afin d’échapper à sa vie pourrie (dixit). J’ai finalement accepté.
Le retour à la maison a été assez silencieux. J’espère que le scénario du décès de Sylviane (en réalité ma femme) sera assez naturel pour que nous n’ayons pas de souci.
La route défile sous les phares de la voiture. Ma passagère me dit timidement :
Nous arrivons à mi-chemin :
J’aborde un rond-point :
Elle grimace. Avec le coup de l’amnésie, on peut réussir. Il n’est pas rare que le comportement et le caractère de la personne changent. Je pense qu’on peut miser là-dessus.
Quand nous rentrons à la maison, la première chose que je fais est de vérifier si tout va bien pour Gwenaelle. Elle dort paisiblement. Je redescends, Solange-Sylviane m’attend dans le salon. Elle s’approche de moi :
Nous nous regardons longuement. Elle rompt le silence :
Je la capture dans mes bras pour la presser contre moi :
Nous restons ainsi un long moment, puis nous montons dans la chambre conjugale. Il est presque minuit.
Solange-Sylviane contemple le lit à deux places :
J’évite de répondre à cette question. À la place, je dis :
Elle esquisse un sourire :
Sans complexe, ma nouvelle compagne commence à ôter ses vêtements, comme si nous étions déjà intimes depuis longtemps. Contrairement à la vraie Solange qui était restée fort pudique. C’est un premier gros changement. De ce fait, j’enlève moi-aussi mes habits.
C’est regrettable à dire, mais j’ai sous les yeux un double amélioré de ma défunte épouse, surtout du côté de la poitrine, avec ses seins fermes en forme de poire, très appétissants. Elle répond :
Je secoue la tête :
Complètement nue, elle s’approche de moi, puis elle vient carrément se coller contre moi :
Je referme instinctivement mes bras sur elle.
Je sens la chaleur de son corps contre le mien. Je me sens bien, peut-être trop bien car mon cinquième membre se manifeste. Elle se met à rire :
Peut après, nous nous endormons dans les bras l’un de l’autre, sans avoir osé faire quoique ce soit. Il est sans doute trop tôt.
Dire que j’ai génialement bien dormi serait mentir, et vue la tête de ma voisine de lit, elle est dans le même cas que moi. Un peu embarrassés, nous nous habillons prestement en remettant les mêmes vêtements que la veille.
J’ai assez mal dormi. Je me demande si je n’ai pas fait diverses erreurs, comme embrasser Solange sur le front, ou l’éventuelle marque de sa bague que j’ai ôtée, sans parler des empreintes digitales, Solange et Sylviane n’ayant pas les mêmes. Pourvu qu’ils n’approfondissent rien !
De plus, je me pose la question si je n’ai pas fait la plus grosse connerie de ma vie avec cette histoire d’échange ! Sans oublier la mort subite de ma vraie femme, elle ne méritait pas de partir si vite !
Chassant ces idées, je vais dans la chambre de Gwen, elle est réveillée. Je la prends à bras. Quand j’arrive dans la cuisine où m’attend Solange-Sylviane, ma fille a une réaction un peu curieuse, elle dévisage celle qui est devenue sa mère de la même façon qu’elle regardait Sylviane.
Tentant le tout pour le tout, le double de ma femme prend Gwen sur ses genoux :
Ma fille la regarde fixement, puis elle affiche un petit sourire.
Le reste de la matinée est consacré à expliquer la maison à Sylviane, ce qui amuse beaucoup Gwen qui trottine partout avec nous. Ma nouvelle-ancienne femme a plein de choses à mémoriser. Je la rassure :
Pour le repas du midi, Sylviane a décidé de s’en occuper. Elle ne s’en tire pas mal. J’ai l’impression que ma fille est plus proche de sa « mère » que d’habitude. C’est peut-être une impression afin que je me déculpabilise. Mais je suppose qu’il est nettement préférable d’offrir à une jeune enfant une maman de substitution plutôt qu’aucune.
Un peu plus tard, Gwen est en train de faire la sieste là-haut. Nous sommes tous les deux dans le salon sur le canapé, en train de consulter l’album de famille, afin de retracer un minimum de chronologie, même si Sylviane est sensée être amnésique.
L’album refermé et posé sur la table basse, je passe carrément à autre chose :
Elle obéit sans bien comprendre. Je sors l’alliance en or que j’avais conservé au fond de la poche de mon pantalon. Elle ouvre de grands yeux :
Je marque une petite pause, je ne peux pas glisser cet anneau comme ça au doigt de Sylviane, il manque quelque chose. Je deviens plus formel :
Puis elle désigne mon alliance restée à mon doigt :
J’enlève mon anneau que je lui remets. Elle le prend en tremblant un peu :
Elle remet à sa place mon alliance. Spontanément, nous nous faisons un petit bisou sur les lèvres. Sylviane est toute rouge, et moi, je suis assez troublé. Je finis par prendre la parole :
Elle pose son front sur ma poitrine :
Une fois de plus, spontanément mon corps agit plus vite que mon cerveau : je l’enlace pour la serrer dans mes bras, mais sans aller plus loin.
Lundi matin, après avoir téléphoné à la mairie que je ne viendrai pas en expliquant le cas de ma femme, j’informe ensuite la clinique que Solange est indisponible pour plusieurs jours, car amnésique. Je dépose néanmoins ma fille à la crèche. À ma grande surprise, une heure plus tard, je reçois la visite de deux médecins. Ils s’annoncent comme étant connus de ma femme.
Quand ils sont en face d’elle, Solange ne les reconnaît pas, et pour cause ! Quelques instants après, l’un des hommes dit :
Celui qui vient de parler se tourne vers moi :
Alors que nous sommes momentanément isolés dans la cuisine, Solange me dit à voix basse :
Effectivement, trois bonnes heures plus tard, après avoir fait deux essais en salle de chirurgie, et qu’elle ait été examinée par divers spécialistes, la clinique est obligée de reconnaître que son infirmière de bloc n’est plus opérationnelle.
Résultat, un premier arrêt d’une semaine.
Je pose la question au médecin qui vient de signer ce papier :
C’est un diagnostic qui me convient très bien !
Tout de suite, j’ai informé mon boulot que je prenais toute ma semaine, à cause du problème survenu à ma femme. J’ai su plus tard par Didier que la RH avait téléphoné à la clinique pour vérifier mes dires. Là, elle a appris que le cas de mon épouse était sérieux, très sérieux, et que c’était bien dommage car c’est une bonne infirmière de bloc et qu’ils manquent de personnel au bloc.
Il n’y a pas à dire, la confiance règne !
L’épreuve suivante est ma famille, autant battre le fer pendant qu’il est chaud. Donc ce lundi soir, après avoir expliqué la situation au téléphone dans l’après-midi, nous allons tous les trois (avec ma fille) chez mes parents où viendront aussi mon frère et ma sœur.
Assez fébrile, Sylviane tique :
À peine le pied posé chez mes parents, Solange a tout de suite l’impression d’être une martyre chrétienne parachutée au milieu d’un océan de lions et de tigres qui n’ont pas mangé depuis longtemps. Mais une fois de plus, elle ne triche pas, elle ne (re) connaît personne. Les membres de ma famille sont bien obligés de constater que ma femme les a oubliés.
Pour l’instant, tout va bien.
Désirant me parler à part, ma mère s’isole avec moi dans la cuisine :
Ma chère maman a toujours une solution à proposer :
Je précise :
Ma mère s’emporte contre ces bons à rien qui croient tout savoir mais qui ne savent rien (son habituel credo) :
Elle regarde vers le salon où sont les autres membres de la famille :
Le reste de la visite chez mes parents se déroule très bien, même si Solange-Sylviane est submergée par des « tu te souviens que » et des « tu te rappelles que ».
Un peu plus tard, après avoir dîné en famille, nous repartons chez nous, Gwen est déjà en train de sommeiller sur son siège à l’arrière. Je m’adresse à ma passagère :
Elle pousse un gros soupir :
Elle s’exclame :
Elle devient mutine :
Je parle franchement :
Elle résume à sa façon :
Ma réponse arrive aussitôt :
Mais il y a toujours la vraie Solange entre nous, comme un mur invisible…
Plus tard, nous nous sommes endormis comme hier, elle contre moi, sans plus…
Plusieurs jours s’écoulent durant lesquels nous peaufinons l’illusion. À prime vue, tout se déroule bien, personne n’a mis en doute l’amnésie soudaine de ma femme. J’ai même fait rapidement visiter mon lieu de travail à Sylviane, sous prétexte que ça éveillerait peut-être quelque chose en elle.
Ma fille passe un peu plus de temps dans les bras de Sylviane qu’auparavant que dans ceux de Solange. Peut-être parce que sa nouvelle maman est plus disponible, les enfants doivent sentir d’instinct ce genre de chose.
Nous dormons toujours dans le même lit. Souvent, elle s’endort contre moi, mais nous ne faisons rien de plus. Il y a toujours une ombre qui plane… Je n’avais pas prévu cette difficulté quand j’ai dit (un peu rapidement) « oui » à l’échange.
En parlant de celui-ci, il y a deux jours, j’ai farfouillé différents journaux locaux à la recherche d’informations. Soudain, au détour d’une page, j’ai découvert un court article qui parlait d’une conductrice belge décédée au volant, mais qui avait réussi à se stationner sur une aire d’autoroute. La date et le lieu correspondaient, j’ai continué ma lecture. Il était ensuite indiqué qu’une autopsie sera réalisée pour déterminer la cause exacte de la mort qui semblait naturelle à prime vue.
J’ai préféré ne pas en parler à Solange, elle avait d’autres chats à fouetter…
Le samedi suivant, nous avons préféré dîner à l’extérieur. Je n’avais pas envie de rester dans la même pièce une semaine plus tard après le dramatique événement. C’est idiot, mais c’est comme ça. Sylviane était du même avis que moi. En tout cas, la petite a apprécié sa sortie, c’est déjà une bonne chose !
Aujourd’hui, dans un journal belge, je découvre avec quelques jours de retard un autre article indiquant le décès au volant en France d’une Monsoise. L’autopsie a permis de conclure à un anévrisme. Les obsèques auront lieu mardi.
Mardi, c’était hier…
Je montre les deux articles à Solange-Sylviane. Ses yeux s’embuent :
Elle me regarde, je sais ce qu’elle souhaite, alors je la serre dans mes bras. Aussitôt contre moi, elle commence à sangloter, se libérant sans doute d’une trop forte pression. Je la comprends, ce n’est pas facile pour elle. Les méchantes langues diront qu’elle n’avait pas à vouloir prendre la place de ma femme. Même si ce n’est pas du tout moral, c’était finalement la meilleure solution pour nous trois : une mère plus présente pour Gwen, la fin d’une vie pourrie pour Sylviane, et une nouvelle femme plus libérée pour moi.
Même ma famille préfère la nouvelle version. Les seuls vraiment lésés, ce sont les gens de son ancienne clinique, car jamais elle ne pourra reprendre son poste, mais ça, ils ne le savent pas encore. À ce propos, elle a obtenu quinze jours supplémentaires à la suite d’une visite médicale. D’après ce que j’ai compris, on peut faire durer l’arrêt encore quelques semaines.
Quelques instants plus tard, elle lève vers moi son visage tout mouillé. Je ne résiste pas, je l’embrasse avec ferveur, elle répond à mon baiser de la même façon. Nous venons de sceller à notre façon notre pacte.
Inutile de se voiler la face : quand nous avons scellé notre pacte, il s’est longuement poursuivi dans le nouveau lit conjugal installé en fin de semaine dernière. Honnêtement, je ne sais pas exactement à qui j’ai fait l’amour : à Sylviane ou à Sybille ? Sans doute aux deux à la fois. Mais je savais et je sais toujours que ce n’est pas à Solange.
En tout cas, j’en avais envie et Sylviane aussi. Je reconnais que nous nous sommes déchaînés, c’est ce que j’espérais, mais c’est finalement plus fort que je ne l’aurais imaginé. Je ne vais pas me plaindre, mais comme la barre est placée assez haut, à moi de ne pas la décevoir et de me décevoir.
Un peu plus tard, un poste d’infirmière s’est libéré à la mairie, Solange a postulé, mettant fin aux espoirs de la clinique. Nous avons acheté divers ouvrages médicaux pour qu’elle approfondisse ce qu’elle connaît. Nous ne sommes pas toujours dans le même bâtiment, ce qui n’est pas plus mal. Ce nouveau boulot plaît à ma femme. Doucement, tout se met en place autrement.
Les années se sont écoulées, personne n’a jamais soupçonné quoique ce fut. Tout le monde a accepté qu’une chute dans les escaliers puissent modifier le comportement d’une femme ainsi que ses souvenirs, d’autant que la nouvelle version de Solange est plus conviviale.
Depuis l’échange, nous évitons d’aller du côté de Mons, ce n’est pas prudent d’y mettre les pieds. Pour couper court, Sylviane a changé de look, de coiffure, elle est devenue plus pimpante, quasiment une autre femme. Ça s’est fait doucement, lentement, pour ne pas éveiller les soupçons. Ça réduit d’autant plus la probabilité de tomber sur quelqu’un qui aurait connu l’ancienne Sylviane.
Avec le recul, je songe que si ce genre d’aventure était survenue plus tard, jamais Sylviane n’aurait pu prendre ainsi la place de Solange, notre société évoluant vers plus de flicage, sans parler des empreintes digitales et des tests ADN. J’espère que nous n’aurons jamais à faire ce genre de test entre Gwen et Solange ! La seule explication serait un échange à la maternité, mais dans ce cas, comment expliquer que ma fille ressemble de plus en plus à sa « mère » ?
Je n’ai pas creusé son arbre généalogique par peur d’éveiller des suspicions. Je pense que les deux femmes avaient un ancêtre commun, cette hypothèse me semble la meilleure.
Sylviane n’a plus jamais posé pour un magazine ou tourné de vidéo X. Exception faite pour moi. J’aime la faire poser devant mon objectif, et plus rarement en Super-8. Comme elle sait que ce n’est rien que pour moi, ma femme n’y voit aucun inconvénient, elle se dévergonde même beaucoup ! Pour éviter les fuites, je développe moi-même les photos. Je me constitue ainsi des petits romans-photos, ce qui fait sourire mon modèle. Parfois, nous nous offrons des défis qui mettent du piment dans nos vies.
En dehors de ces extras, nous menons la vie d’un couple soudé. Malheureusement, à la suite de ses deux avortements qui n’ont pas été une franche réussite, Sylviane a dû faire une croix sur la maternité. Dommage mais c’est la vie.
On ne peut pas tout avoir, mais je m’estime largement comblé par l’échange réalisé un certain samedi soir, il y a quelques années.
Durant tout ce temps écoulé, par deux fois, j’ai eu des sueurs froides, l’une avec Didier et l’autre avec Georges.
Commençons par Didier :
Explication médicale puis conjugale :
Par deux ou trois fois, il m’a balancé en rigolant que je zieutais (voire pire) toujours une photocopie de la revue qu’il m’avait prêtée. Il ignore que j’ai acheté la même. Et surtout, il ne sait pas que j’ai le modèle original à la maison !
Enchaînons avec Georges :
Réponse un peu moqueuse de Georges :
Léger mensonge :
Bonne explication à retenir…
Est-ce que Georges a des soupçons, car c’est finalement lui qui a la plupart des éléments en main ? Pour l’instant, il ignore que Sylviane-Sybille est officiellement décédée. Tout ce qu’il sait, c’est qu’elle s’est retirée du circuit (c’est lui qui m’en a parlé ultérieurement), et qu’elle n’avait plus rien fait depuis deux-trois mois avant que je ne la rencontre.
De plus, pour Georges, j’ai rencontré une seule fois Sylviane, rien que pour lui montrer des photos de ma femme qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eau.
Toujours est-il qu’il possède des photos et des vidéos compromettantes. Il a réussi à mettre la main sur tout ce qu’elle avait pu faire dans le circuit. Une carrière assez courte, avec six vidéos et une dizaine de séances de pose.
Dont je possède des copies et que je consulte de temps à autre avec « Sybille ».
Si je pouvais, j’essayerais bien de les récupérer, mais ça éveillerait ses soupçons, et je ne vais quand même pas me transformer en assassin pour les faire disparaître ! Au pire, je lui expliquerai la situation.
Tandis que Solange est partie se faire une beauté chez la coiffeuse, assez embêtée, ma fille (qui est devenu une pré-ado) souhaite me parler de sa mère :
Elle s’assied, posant ses coudes sur la table de la cuisine :
Assis à angle droit de ma fille, je m’inquiète un peu, mais j’attends la suite pour savoir de quoi il en retourne exactement. Ennuyée, Gwenaelle se tord les doigts :
Rassurant, je pose ma main sur celle de ma fille :
Pensive, Gwenaelle lève les yeux au plafond :
Je fournis une explication :
Curieuse de nature, elle me questionne :
Je relate ce qui est la vérité, du moins pour la première partie :
Je lui souris :
Je tapote sur sa main :
Donc, ma fille conserve un très vague souvenir de cette fameuse soirée et peut-être de la braderie… Je pense avoir écarté le danger avec mes explications. Solange-Sylviane aime Gwen comme sa propre fille qui le lui rend bien. Je n’ose pas imaginer le traumatisme pour ma gamine si elle venait à apprendre la vérité !
Rassurée, ma fille va dans sa chambre. Je ne pensais pas qu’un souci de ce genre pouvait venir de Gwen. Est-ce que je dois en parler à ma femme ? J’aviserai… mais je pense que mon éclaircissement a été convaincant. J’espère que ma fille ne rêvera plus de ça, maintenant qu’elle a une explication qui tient très bien la route.
Ce soir, dans le lit conjugal, comme presque toujours, Solange est blottie toute nue contre moi. Nous discutons souvent ainsi. Elle me confie :
Vient alors une question que je connais bien :
Je capture son menton entre mes doigts pour orienter son visage vers le mien :
Elle me lance un large sourire :
« C’est tout simple avec moi », je me rappelle encore cette phrase prononcée lors de cette fameuse soirée. Il m’arrive ci et là d’avoir des remords d’avoir si vite remplacé Solange par Sylviane. J’aurais pu refuser l’échange, mais aider Sylviane à rembourser ses dettes puis éventuellement me remarier avec elle. C’aurait été plus classique, mais Didier et Georges auraient su pour ma nouvelle femme, et c’aurait été peut-être gênant, avec un risque de chantage.
Sans oublier les soupçons concernant le décès pourtant naturel de Solange.
Parfois dans certains de mes délires, j’imagine que Sylviane n’a pas tenté de secourir Solange, et qu’elle l’a aidée à passer de vie à trépas. Je n’y crois pas, ce n’est pas du tout le genre de ma femme, mais ce « et si » flotte parfois dans l’air.
Je comprends les scrupules de mon épouse, je comprends mes propres scrupules. Moi aussi, j’aimerais parfois être amnésique pour oublier cette culpabilité.
La meilleure façon de ne pas penser à tout ça est de faire maintenant l’amour à ma femme. Qui sera-t-elle ce soir ? Sylviane ? Sybille ? Je vais le savoir dans très peu de temps !