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Temps de lecture estimé : 10 mn
08/09/25
Présentation:  Chapitre 4 : Parole donnée.
Résumé:  Deux heures plus tard, les deux bâtiments étaient côte à côte afin que le capitaine Ded puisse « aborder en belle ». Aux côtés de vingt marins de son équipage, il monta à bord de l’Albatros.
Critères:  #chronique #nonérotique #aventure #fantastique
Auteur : Melle Mélina      Envoi mini-message

Série : La pirate des sept mers

Chapitre 03 / 16
Parole donnée

Chapitre 4 : Parole donnée



Deux heures plus tard, les deux bâtiments étaient côte à côte afin que le capitaine Ded puisse « aborder en belle ». Aux côtés de vingt marins de son équipage, il monta à bord de l’Albatros.



Le temps de cette « discussion », le KillerWhale avait armé ses canons et le reste de l’équipage avait chargé leur fusil tandis que les vingt qui étaient à bord, de leurs sabres, menaçaient de trancher les gorges des marins de l’Albatros.



Fleur de Tonnerre fit le tour de la situation en quelques secondes, remarqua qu’une lame était placée sur la gorge de Blanche, chercha du regard l’approbation de Jack, lequel lui fit un signe négatif. Elle déposa les armes.



Les deux capitaines s’installèrent au milieu du pont afin que chacun puisse suivre les négociations.



Un silence s’appesantit et une seconde passa comme une minute. Il reprit :



Elle fit un signe de tête à peine perceptible vers Jack et Blanche avant de s’emparer de « Metal Hurlant », son Katana qui gisait au sol. Les marins de l’Albatros comprirent le message. L’attaque fut si soudaine qu’une dizaine d’hommes du capitaine Ded s’écroulèrent au sol, le ventre ouvert, la gorge tailladée par une lame, le cœur percé par un trou de mousquet ou de pistolet.


Hélène entailla le ventre de son adversaire avant qu’il ne comprenne la situation. Cependant, le Capitaine Ded n’était pas un novice, il était une fine lame. Les deux croisèrent le fer tandis que les hommes restés à bord du KillerWhale envoyaient une salve de leurs mousquets, touchant un nombre important de marins.


Les combats étaient féroces, Jack se trouvait aux prises avec trois adversaires et dut son salut à l’intervention de Blanche qui venait de tuer celui qui avait placé une lame sur sa gorge. Tout le bateau était le théâtre d’affrontements brutaux, depuis la poupe jusqu’à la proue en passant par les échelles de corde.


Oubliée depuis que les deux navires étaient côte à côte, la très agile Dame des Mers, accompagnée de deux autres marins, passaient par les sabords pour aborder le KillerWhale. Les trois se faufilèrent dans la cale à canons, et tuèrent six artilleurs par surprise et le maître canonnier avant de se trouver sur le pont. La bataille faisait rage, lorsque Mary plaça une lame sur la gorge de la Crevette, le second du terrible galion.


Elle hurla ses ordres :



Malgré le tumulte, elle fut entendue et les combats cessèrent promptement.


Le capitaine Ded baissa son sabre et depuis sa position plus basse s’avisa de cette nouvelle donne.

Il gronda :



Ainsi fut-il fait. Lorsque la Crevette monta à bord, il ne put s’empêcher de dire :



Cependant, Crevette n’avait pas tort : la vie promise à l’équipage de l’Albatros Rouge n’était pas envisageable sur du long terme et bientôt, il faudrait à Fleur de Tonnerre envisager une réconciliation, le tout étant d’estimer le prix à payer.


La première chose était d’évaluer les pertes, combien d’hommes avaient péri dans l’échauffourée ? Monsieur Pique-Viande comptabilisait vingt-deux morts dont le cuisinier et surtout le médecin ainsi que dix-huit blessés.


L’équipage de l’Albatros prit le reste de la journée pour préparer les corps afin de les donner à la mer. Les effets personnels des victimes furent partagés et les blessés soignés avec les moyens du bord. Crevette avait quelques notions de médecine et s’occupa avec zèle des patients. Blanche avait écopé d’une belle estafilade sur la joue. Lorsque arriva son tour d’avoir quelques soins prodigués, le beau jeune homme en fut ébahi, il chercha ses mots et ses mains tremblèrent lorsqu’il nettoya la plaie du visage de Blanche. D’instinct, elle sut l’émoi qu’elle provoquait et s’en amusa…


Cependant, toute consciente de son pouvoir, elle-même était loin d’être indifférente au visage doux de l’Hexagon et à sa maladresse.


Ce n’était pas le temps de la grogne mais les visages parlaient pour eux. Le quartier-maître, vieux loup de mer, n’en était pas à sa première ambiance de mécontentements, il savait lire dans le cœur de ses hommes et savait que l’affrontement avec la Capitaine devenait inévitable.

À peine les corps engloutis, Monsieur Pique-Viande prit la parole et conjura les hommes et la capitaine de trouver un terrain d’entente.


Pour l’équipage, la capitaine avait pris une mauvaise décision et les morts étaient de sa faute, elle aurait dû donner les deux femmes au capitaine Ded. À présent, ils étaient condamnés à survivre en parias.


Hélène se ré-expliqua et souligna l’importance d’une parole donnée.



Un silence accompagna l’exhortation juste avant que des hourras n’explosent de l’excitation de l’équipage. Seuls Pique-Viande et Mary ne sautèrent pas de joie.


Arrivées dans la cabine, la Dame des mers apostropha son amie :



Le quartier-maître ne se laissa pas non plus abuser :



La capitaine rappela pourquoi ils avaient navigué au nord de l’île de Saint-Sauveur avant d’essuyer une tempête. Ils avaient abordé un navire marchand ibérique et volé toute la cargaison, les piastres toute leur argenterie et les cartes.



Elle se laissa le temps de structurer sa pensée.



Elle suspendit sa narration afin de jauger ses deux interlocuteurs, puis reprit :



Sur ce, elle lança la pièce dans la main de sa partenaire qui s’empressa de la regarder sur tous les angles…



Hélène expliqua ce qu’elle avait lu dans les manifestes de bord du capitaine ibère. Le trésor avait voyagé à bord du galion « l’Esperanza » lequel avait fait halte sur l’île Araccianta, il devait y mouiller encore un bon mois avant de reprendre la mer et revenir en Ibérie.


Tandis que le quartier-maître, convaincu, sortait de la cabine, Mary continua un peu la discussion :



Les deux piratines allèrent voir les deux invitées et surprirent une nouvelle dispute entre elles. Le sujet restait le même : Betty, éprise de liberté envisageait de ne pas mettre pied à terre pour intégrer l’équipage au grand dam de Madame Sanders. Toutefois lorsque Hélène et Mary entrèrent, elles cessèrent leurs invectives et la mère remercia chaleureusement la capitaine :



Bientôt la vigie hurlait :



Au loin, se dessinaient les falaises de Britania, et se devinaient les vapeurs des gigantesques villes qui la composaient – à moins que ce ne fussent les nombreux nuages qui dominaient ces terres grasses.


Rapidement depuis une baie, trois frégates de combat se dirigèrent vers l’Albatros qui avait hissé une grande voile blanche pour signifier qu’il n’y avait aucune mauvaise intention.



L’Albatros Rouge était à présent ceinturé par les navires de combat britains. À bonne distance, le capitaine de la plus grosse frégate adverse prit son porte-voix pour s’entretenir avec les pirates. Il menaça immédiatement le brick :



Hélène ne se démonta pas pour autant. Elle invita madame la gouverneure à se présenter afin de calmer un peu les échanges.

Il s’ensuivit quelques pourparlers desquels il ressortit que l’Albatros devait jeter l’ancre dans cette rade, loin de la ville côtière ; seuls la capitaine, quatre hommes de son choix ainsi que les parentes du gouverneur Sanders étaient tolérés à bord de la frégate qui les ramènerait à Cantorbéry.


Avant de descendre dans la chaloupe, Hélène interpella son amie :