| n° 21008 | Fiche technique | 92977 caractères | 92977 15494 Temps de lecture estimé : 62 mn |
18/07/22 |
Résumé: Deux ruptures mentales et Roxane apprend à ne pas être le centre de l’attention. | ||||
Critères: #conte #domination ff ffh fhhh amour fsoumise hsoumis fdomine hdomine ffontaine fellation cunnilingu fgode pénétratio jouet uro sm donjon attache bondage baillon yeuxbandés bougie fouetfesse | ||||
| Auteur : Myhrisse Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : Roxane Chapitre 07 / 15 | Épisode suivant |
Résumé de l’épisode précédent :
Grâce à une thérapie ayant permis à Roxane de se sentir mieux, Albert et elle se sont mariés. Si Roxane se sent mieux, elle reste, selon ses propres dires, une putain d’égoïste égocentrée.
D’une douce pression sur le haut de sa poitrine, Albert fit stopper Roxane. Elle obéit, un peu surprise tout de même. Ils venaient de passer la porte du donjon. Albert l’avait refermée avec soin. Roxane s’attendait à devoir descendre les marches mais son maître venait de lui intimer de s’arrêter.
Albert déshabilla Roxane ici, en haut de l’escalier. Roxane activa sa mémoire. Non, décidément, non, cela ne s’était jamais produit. Il lui ordonnait toujours de se dévêtir en bas ou bien avant. Ce petit palier n’était, jusque-là, qu’un lieu de passage.
Roxane accepta sans broncher, gardant ses réflexions pour elle. Elle se retrouva entièrement nue. Albert enfila une paire de gant en cuir noir puis replaça correctement les cheveux longs de sa soumise derrière ses oreilles. La sensation du cuir était agréable mais surprenante. Albert n’avait jamais mis un tel accessoire, appréciant le contact du peau à peau. Rien n’était normal ce soir.
Sur ses paupières closes, il déposa des objets doux et moelleux, très agréables puis une demi-cagoule enserra le crâne de Roxane, enfonçant légèrement les coussins sur ses yeux, sans douleur. Roxane devint totalement aveugle. Pas la moindre once de lumière ne passait. Il s’agissait du bandeau le plus couvrant qu’elle ait jamais porté. Elle porta les mains à sa tête, tâtant l’objet et Albert la laissa volontiers faire.
Roxane se sentit frissonner. Perdre un sens exacerbait les autres. Sans la vue, quoi qu’Albert ait prévu pour elle ce soir, elle le sentirait deux fois plus fort. Sauf que le duc Mean ne comptait pas s’arrêter là. Roxane sentit deux petites balles molles entrer dans ses oreilles, lentement, doucement, avec tendresse. Roxane frémit mais se laissa faire.
Les sons s’atténuèrent mais Roxane entendait toujours, juste plus faiblement. La pression autour de son crâne et sur ses oreilles prévint Roxane qu’un casque venait d’être placé sur sa tête et ce fut le silence. Elle entendait les battements de son cœur et sa propre respiration mais rien d’autre.
Le tambour accéléra brutalement tandis que la panique saisissait Roxane. Une douce pression de son maître la rassura. Un câlin lui permit de reprendre ses esprits. Deux sens en moins ? Les autres allaient se décupler ! La moindre caresse deviendrait tsunami ! Roxane gémit tandis qu’Albert la faisait avancer.
Devant, elle le savait, se trouvait l’escalier. Prudemment, pas après pas, elle descendit les marches. Pourquoi prendre un tel risque ? Pourquoi ne pas l’avoir harnachée de la sorte en bas ? Pour tester sa confiance, pour lui instiller cette peur, pour l’obliger à lâcher prise et à s’abandonner dès le départ. Les raisons étaient nombreuses. Roxane décida d’arrêter de chercher à comprendre. Elle s’offrit à Albert, corps et âme. Il voulait jouer. Elle serait avec lui, sans restriction.
La plante de ses pieds sentit le changement de température entre l’escalier et le sol. Jamais elle n’en avait autant pris conscience. Elle suivait docilement, en totale confiance. Il lui ferait éviter les éventuels obstacles. Elle ne se blesserait pas. Il prendrait soin d’elle. Dans son monde nu et vide, il était son phare, sa référence, son roc.
Il la lâcha une seconde mais elle ne ressentit aucune crainte. Il était prêt d’elle. Il ne la laisserait jamais seule. Elle ne douta pas une seule seconde de sa proximité. Il devait juste installer la scène. Sa respiration ample, elle attendait, fébrile et impatiente, un petit sourire aux lèvres. Elle remuait la tête de droite à gauche, tentant de percevoir quelque chose, un son, une lumière, mais rien. Pas le moindre souffle ne la touchait non plus. L’odeur était celle du donjon, qu’elle connaissait bien, mélange de cuir et de plastique, de bois et de tissu. Rien à signaler de ce côté-là. Il faisait bon. Le chauffage allumé avait permis à la température d’être idéale. Roxane se sentait bien.
Elle sursauta et cria lorsque son dos lui signala une pression. Cette plume ne lui apporta évidemment aucune douleur mais la surprise venait de la déstabiliser. Il devait bien se moquer d’elle, à hurler ainsi à la simple caresse d’une plume. En une grimace boudeuse, elle reprit une position plus détendue et la plume revint, cette fois sur le ventre, prenant encore Roxane par surprise.
Roxane gémissait, sursautait, sautillait, criait à chaque contact. Elle tremblait de manière incontrôlable. « Pour une simple plume ! » gronda-t-elle intérieurement. « Mais calme-toi, putain ! Ce n’est qu’une plume ! » Elle recula vivement à un contact froid et piquant. La piqûre suivante fut dans son dos. Elle se retourna furieusement, les mains devant elle en protection. Aveugle, elle s’y perdait. La plume vint caresser ses côtes mais elle cria, s’attendant à la piqûre. Elle l’imagina mort de rire. Elle réagissait avec vigueur au moindre souffle et ne parvenait pas à s’en empêcher.
Tout son corps était tendu, crispé, une boule de nerfs prête à exploser. Le contact pouvait venir n’importe quand, de n’importe où, être doux ou mordant, piquant ou délicieux. Combien de temps fut-elle ainsi sa proie, tentant en vain d’échapper à la douce torture ? Elle n’en avait aucune idée.
Son poignet fut saisi fermement, le contact avec le cuir noir la saisissant. Une deuxième main gantée se posa sur sa poitrine. « Calme-toi » comprit-elle. Elle obéit et sa respiration s’allongea. Une main souleva l’écouteur droit du casque et retira la boule Quies. Roxane entendit du jazz. Albert avait mis de la musique, comme il le faisait très souvent lors de séances.
Cette entrée l’avait mise en appétit. Elle adorait lorsqu’il jouait ainsi avec elle. Tout son épiderme venait d’être électrisé. Elle rêvait de caresses douces et profondes la menant au sommet.
Roxane fut curieuse de savoir ce qu’il avait prévu pour elle. Il ne jouait jamais aux professeurs et à l’élève. Ce genre de jeux l’ennuyait profondément. Il ne lui demanderait donc pas de dates historiques ou de numéro de département français. Roxane ouvrit grand sa seule oreille en capacité d’écouter. Elle ne voulait surtout pas être punie. Son corps électrisé supporterait mal la douleur. Plus que tout, échouer lui était insupportable. Son égo lui réclamait de gagner, toujours.
Roxane s’en figea de surprise et d’incompréhension. Qui quoi ? Elle ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, tentant de rassembler ses esprits mais la connexion ne se faisait pas.
Albert rit doucement. Il renifla puis répéta de sa voix sensuelle, en articulant bien chaque syllabe :
Le sourire sur le visage de Roxane disparut d’un coup. Elle n’était pas seule avec Albert. Une panique s’empara d’elle. Depuis des semaines, ils jouaient tous les deux presque tous les soirs, des séances courtes et simples, parfois un peu plus longues. Roxane restait dans sa chambre pour les soirées où les soumises des autres membres du quatuor venaient. Normalement, lorsqu’elle serait utilisée par tous les membres, ils dînaient ensemble avant.
Roxane comprit que ce moment avait été longuement prémédité. Albert l’avait habituée à être seule avec lui. Il avait mis des gants pour qu’elle ne puisse le différencier aisément des autres dominants. Il l’avait aveuglée en haut afin qu’elle ne constate pas la présence des autres joueurs. Ils avaient dû laisser leur voiture à l’extérieur du domaine et venir silencieusement à pied. Elle s’était fait avoir en beauté.
Elle avait du mal à surmonter son mal-être. Pendant toute cette séance, elle avait créé un environnement virtuel dans son esprit et il s’écroulait. Ce n’était pas Albert qui tenait la plume et la chose froide et piquante. Elle se mit à haleter, toute sa représentation mentale s’effondrant, ne laissant plus rien à quoi se raccrocher.
De nouveau privée de l’ouïe en plus de la vue, son toucher était décuplé. Sa peau électrisée sursautait déjà au moindre contact tendre alors une punition ? Une main gantée – qu’elle supposa ne pas être celle d’Albert, mais comment en être certaine ? - l’attrapa par la nuque et la fit se cambrer. Ses mains rencontrèrent le dossier d’un fauteuil. La main passant dans le creux de son dos appuya et Roxane comprit le message. Elle se cambra. Une douce caresse sur la joue accueillit ce mouvement.
La douleur la cloua sur place. Elle reconnut immédiatement une cravache, fortement dosée et très bien appliquée. Nicolas ? Non ! Impossible. S’il avait eu la possibilité de jouer avec elle, il ne se serait pas contenté d’une plume et d’un bidule froid et piquant.
Le deuxième coup la fit hurler mais elle tint la position. Putain, le porteur était doué. Charles adorant les marques avait-il appris à manier cet objet ? Ce n’était pas son genre pourtant.
Au troisième coup ses jambes lâchèrent un instant. Elle parvint à reprendre la position en haletant et le quatrième coup survint instantanément. Le porteur était intransigeant et impitoyable, pas du tout le genre de Philibert, très facile à manipuler. Il suffisait de s’agenouiller et de supplier pour qu’il craque. Il était celui du groupe le plus facile à faire changer d’avis.
Roxane tenait à faire honneur à Albert alors malgré la douleur, elle se redressa et le sixième coup s’abattit. Putain ! Roxane aurait juré que c’était lui pourtant ! Qui d’autre savait aussi bien manier la cravache ?
Le septième coup amena un torrent de larmes à dévaler ses joues. Ce salopard frappait avec force et précision. Après l’avoir excitée de loin, sans la toucher, simplement avec une plume et…
Le huitième coup la coupa dans sa réflexion et elle s’écroula à genoux. Elle reprit son souffle puis se redressa en gémissant avant de reprendre la position en tremblant. Qui que ce fut, le bourreau ignorait tout de la pitié.
Roxane perdit le sourire en comprenant. Au neuvième coup, elle grimaça mais ne cria pas et resta fièrement debout, maintenant la position. Si l’incrédulité et l’incertitude lui coupait les jambes, savoir lui redonnait de l’énergie. Elle se sentait invulnérable.
Le dixième coup lui zébra les fesses avec force. Il fut suivi d’une caresse sur la joue, signe que la punition était terminée.
Aucune caresse n’accueillit cette phrase. Avait-elle raison ou tort ? De toute façon, c’était trop tard. La bonne réponse aurait dû être donnée avant la punition, pas après.
Roxane sentit une laisse être accrochée à son collier et elle suivit jusqu’à un autre endroit du donjon. Elle aurait été incapable de se situer dans la pièce. Elle avait trop tourné sur elle-même durant l’excitation sensorielle.
Une main gantée se posa fermement sur son épaule et appuya. Roxane suivit docilement le mouvement jusqu’à se retrouver à genoux. Des entraves furent placées à ses poignets et à ses chevilles avant d’être liées à l’aide d’un cadenas. Simple et efficace. Roxane ne pouvait plus se redresser. Poignet droit sur cheville droite. Poignet gauche sur cheville gauche. Rapide et facile. Typique de Nicolas. Il détestait les attaches qui prenaient trop de temps. Les cordes n’étaient pas du tout son truc. Il voulait vite aller au but. Ce n’était clairement pas Albert qui, au contraire, adorait prendre son temps.
Roxane grimaça. Ils étaient tous là, les salopards. Elle allait devoir deviner à chaque fois, c’était une évidence. Son tourmenteur passa près d’elle et elle inspira profondément. Non, l’odeur ne lui apporta rien. Pas de parfum. Pas de déodorant. Même pas de gel douche. Rien du tout. S’étaient-ils mis d’accord ? Roxane gronda.
La main gantée toucha doucement son menton et Roxane ouvrit docilement la bouche. Un god en plastique s’y inséra doucement, laissant à Roxane le temps de l’apprivoiser. Il s’arrêta rapidement. Une sangle appuya sur sa nuque et son serrage obligea Roxane à accepter un peu plus du god dans sa bouche, sans que cela ne lui pose toutefois le moindre problème. Elle pourrait en accepter bien davantage.
L’objet reprit tranquillement son avancée dans sa bouche. Roxane ne broncha pas mais bientôt, il arriva à la limite de ses capacités. Elle se tortilla et tenta de reculer la tête pour découvrir que la sangle la privait totalement de cette possibilité. Les mains liées, elle ne pouvait rien contre la position. Impossible de s’en éloigner. Heureusement, le god s’arrêta d’avancer car sinon, il l’aurait étouffée.
Elle était à la limite de l’acceptable. Elle ne suffoquait pas mais ça se jouait à un cheveu. Elle trembla, attendant la suite avec frayeur. Le gant toucha une fois le bout de son nez puis une main ferme derrière sa nuque la força à avancer. Roxane s’y attendait et elle avait l’habitude des gorges profondes alors elle subit cette intrusion avec facilité.
Alors qu’elle ne pouvait plus respirer, son nez toucha quelque chose de froid et la main se retira, lui permettant de reculer elle-même et de reprendre difficilement son souffle, la sangle l’empêchant de se retirer autant qu’elle l’aurait voulu. Une douce caresse sur sa joue la félicita. Elle comprit. Elle devait avaler le god jusqu’à ce que son nez touche la surface froide et ce jusqu’à ce que le salopard en charge considère que cela était suffisant. Avait-il choisi dix, vingt, cinquante, cent gorges profondes ?
Roxane se débattit contre ses liens et la sangle. La main la força de nouveau à avaler et la soumise se détendit brusquement pour laisser le god entrer profondément dans sa gorge. Si elle luttait, elle souffrirait atrocement, elle le savait. Une nouvelle caresse accueillit cette seconde pénétration.
Roxane gémit autant qu’elle le pouvait avant de considérer la situation. Si elle ne faisait pas ce qui était attendue, elle était forcée. Elle préférait autant décider du moment et du rythme. Elle se força à se calmer et réalisa la suivante elle-même. Une caresse la complimenta.
Roxane n’en pouvait plus. Les larmes coulaient en dehors de la cagoule. Elle avait perdu le compte. Plus de dix, plus de vingt. Le tourmenteur s’en donnait à cœur joie. Si Roxane tentait de faire une pause, il la forçait, impitoyable, à continuer. Elle dut prendre sur elle pour ne pas paniquer, ce dont Albert aurait été peiné. Elle sentait son sexe dégouliner. Elle adorait être utilisée de la sorte, simple poupée à la merci de son tourmenteur. Elle avait terriblement envie de jouir mais ne pouvait se donner le plaisir tant désiré. Elle bouillonnait intérieurement.
Enfin, la sangle lui fut retirée et Roxane put respirer librement. L’écouteur droit fut retiré et la boule Quies disparut.
Roxane perçut quelques rires étouffés. Ce n’était certainement pas Nicolas. Pas son genre du tout. Philibert aimait la chatte. Ce truc ne lui ressemblait pas. Charles adorait les fellations. Ça aurait pu convenir sauf que justement, il aimait trop se faire sucer lui pour offrir un bout de plastique à une chose en sa possession. Ce serait du gâchis. Et puis, il y avait quelque chose de profondément sadique dans cette épreuve, comme un relent de vengeance personnelle, quelque chose de profond, une revanche prise. Roxane sourit.
Cette phrase fut accueillie par une explosion de rires bruyants et le « Hé merde » de Louis.
Roxane se retrouva sourde et la bouche de Louis s’empara de la sienne pour un baiser passionné tandis que ses mains empoignaient sa poitrine.
Les mains s’éloignèrent. Il l’imagina aisément ronchonner. Il avait cru pouvoir la dominer ? À son tour maintenant ! Louis savait donner du plaisir à une femme. Il n’arrivait pas à la cheville de Philibert mais cela restait très convenable. Avec ses doigts et sa langue, il mena Roxane jusqu’à un orgasme puissant et complet, avant d’ouvrir les cadenas.
À peine Roxane fut-elle libre de ses mouvements qu’un bras puissant la saisit à la gorge pour la traîner un peu plus loin, geste typique de Du Moulin. Les entraves placées par Louis furent très rapidement liées à des anneaux dans le sol. Trop rapidement. Elle effleura les attaches et reconnut des mousquetons. Vraiment très Nicolas comme manœuvre, tout en rapidité. Aucune manière, aucune classe. Il veut, il obtient.
Pourtant, Roxane eut un gros doute. C’était un peu trop « Nicolas ». Cherchait-on à l’induire en erreur en copiant les manières d’un autre ? Lorsqu’une goutte de cire chaude tomba sur son ventre, la faisant crier tant elle l’a pris par surprise, Roxane sut avec certitude qui jouait avec elle.
Son tourmenteur s’en donna à cœur joie, savourant chacun de ses tressautements, de ses sursauts, de ses cris, de ses halètements. Il s’amusait à faire tomber les gouttes avec une certaine fréquence avant de s’arrêter, riant de la voir se crisper alors que rien ne se passait. Il n’hésita pas à se saisir de deux bougies pour démultiplier les zones et Roxane, l’épiderme en feu, s’abandonna à la douce torture.
Cette fois, les écouteurs ne furent pas touchés. Une main gantée navigua sur sa gorge. Roxane comprit qu’elle devait annoncer son pronostic. Toujours sourde, elle annonça, sa voix résonnant dans son crâne :
Elle imagina aisément les rires enflammer la salle et Albert ronchonner. Une douce caresse accueillit sa réponse. Albert retira la cire du corps de sa soumise par de douces caresses, en profitant pour masser ses seins et s’amuser avec son clitoris. Lorsqu’elle fut sur le point de jouir, elle supplia :
Roxane se vit détachée. Dès qu’elle fut libre, elle se jeta sur son maître et leur baiser dura. Albert s’allongea sur le sol. À tâtons, Roxane déboutonna le pantalon de son maître, le descendit pour découvrir le sexe déjà très dur de son mari. Elle ne perdit pas de temps. Sa chatte avala le membre puissant et tandis qu’Albert s’occupait de ses seins, Roxane réalisait des allers et retours tout en caressant son clitoris. Dès qu’elle s’approchait de la jouissance, elle se calmait pour attendre. Enfin, elle sentit la verge se tendre et tressauter. Elle se permit de jouir et sentit le sperme chaud de son maître la remplir. Elle se sentait bien, comblée, plus amoureuse que jamais.
Un dernier baiser et Roxane se retira, un peu chancelante après tant d’efforts. Une main gantée lui proposa un verre d’eau qu’elle avala tout entier ainsi que son petit frère. Elle en profita pour rassembler ses pensées. Il restait Charles, Philibert et Nicolas. Fellation, chatte et souffrance, que de possibilités en perspective.
Son tourmenteur la mena ailleurs dans le donjon. Roxane était totalement perdue. Heureusement que la question n’était pas : « Te trouves-tu à droite ou à gauche du canapé en cuir noir ? » car elle l’ignorait totalement.
Le chargé d’autorité lui prit la main droite et l’avança un peu. Roxane tâta ce qu’elle reconnut comme étant un god de belle taille. Il tenait tout seul à la verticale, enfiché dans ce qui ressemblait à une poutre mais Roxane n’en était pas certaine.
La main gantée caressa sa gorge, remontant jusqu’à sa bouche.
Une douce caresse sur la joue accueillit cette phrase. Au moins s’étaient-ils mis d’accord sur les règles de communication. Cela aidait énormément.
Une caresse accueillit cette phrase. L’objet suivant ne posa pas de problème non plus.
Le maître d’œuvre lui souffla au visage. Roxane réfléchit une seconde puis annonça, incertaine :
La caresse confirma qu’elle avait compris. Elle sentit son collier être manipulé avant de s’alléger brutalement. Il avait été fixé au plafond, comprit-elle, l’obligeant à rester debout. Il y eut un petit temps de vide puis la main gantée fit avancer la sienne devant elle et Roxane sentit la chaleur. Les bougies venaient d’être allumées. Rapidement, ses mains furent liées à son collier.
Roxane ne pouvait donc pas souffler les bougies, ne pouvant descendre la tête. Elle ne pouvait pas non plus user de ses mains pour y parvenir, celles-ci étant désormais inutilisables. Elle savait ce qu’il voulait. Elle était censée s’enficher sur les gods et éteindre les bougies avec son sexe. Elle savait cela possible sans se brûler, à condition d’aller très vite, ce qui l’obligeait à se remplir avec brutalité.
L’identité du dominant à l’œuvre ne fit aucun doute pour Roxane. Une chatte se faisant remplir, c’était signé. La bougie entraînait une douleur, certes, mais jamais Nicolas n’aurait eu la patience et la compétence pour créer cet assemblage, clairement fait main. Le duc français payait pour que des ouvriers viennent changer une ampoule. Il ne faisait jamais ces basses besognes lui-même. Aucune chance qu’il ait passé une minute à construire cette chose. Avec lui, ça devait être simple. Il utiliserait le mobilier à disposition, posé et ancré par des gens payés pour ça.
Après tout, elles avaient une durée de vie limitée. Quelques minutes, une heure tout au plus. Roxane ne serait pas contre un peu de repos. Un coup de cravache la fit hurler. C’était sa réponse. Avance ou subis la douleur de la cravache et Philibert savait visiblement lui aussi manier cet instrument.
En grognant, Roxane s’avança vers le premier god. Elle venait de jouir sur Albert. Le coup de cravache venait de la refroidir. L’introduction ne fut pas aisée si bien que Roxane dut se retirer sans éteindre la bougie et un coup de cravache plus fort accueillit cet état de fait. Roxane hurla sans demander grâce.
Elle vaincrait sa stupide épreuve. Elle gagnerait. Elle serait la championne. Pas eux, non, elle. Ils se croyaient les maîtres ? Elle prendrait le contrôle et Philibert serait obligé de lui donner du plaisir. Il serait à elle comme Louis et Albert avant lui. Méline l’avait eue par surprise. Les autres plieraient devant elle. Elle les aurait, tous. Elle frémit en pensant à Nicolas. Lui aussi courberait l’échine. Ce jeu, elle l’appréciait au plus haut point. Vaincre une épreuve débile, voilà tout ce que cela demandait pour gagner le droit de voir un dominant s’abaisser à lui donner du plaisir ? Fort bien !
Roxane inspira profondément puis éteignit les bougies, les unes après les autres, se mordant les lèvres à chaque brûlure. En allant vite, elle évitait que les bougies ne fondent, n’augmentant de trop la quantité du god qu’elle devait enfiler. Philibert avait semé des god de tailles et de formes diverses et variées, certains même avec des nervures, des picots ou des petits poils, d’autres recouverts de piment ou autres produits irritants. Roxane ne se laissa pas impressionner et elle finit tremblante mais hilare.
À peine eut-elle terminé la rangée de god que les doigts experts de Philibert entrèrent en elle.
Elle s’abandonna totalement. Il savait tellement bien y faire. Comment parvenait-il à l’amener à un tel plaisir avec seulement des doigts et une langue ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Lui seul y arrivait avec une telle facilité. C’était fantastique. Cet orgasme fut, et de loin, le meilleur qu’elle connut depuis le début de la soirée. Elle fut détachée et tomba à genoux, épuisée.
Pourtant, la laisse attachée à son collier la força à se rendre ailleurs. Elle gémit mais le nouveau chef ne la laissa pas se reposer. Elle se retrouva sur un tapis tendre et moelleux, très confortable. Elle ronronna de plaisir. La main gantée lui prit une main et l’amena jusqu’à une petite table basse devant elle. Roxane découvrit son contenu à tâtons.
Elle rencontra rapidement un verre. Elle le soupesa. Il n’était pas vide mais pas beaucoup rempli non plus. La main gantée lui gratta gentiment le nez. Roxane sentit le contenu du verre qu’elle identifia aussitôt. La main sur sa gorge lui demanda de verbaliser.
Une caresse sur la joue confirma la bonne réponse. La main gantée obligea avec douceur Roxane à reposer le verre puis la déplaça un peu à droite, jusqu’à rencontrer un autre contenant. Roxane l’attrapa, peu certaine quant à ce qu’elle devait en faire. Pour le moment, elle ne comprenait rien du tout à cette épreuve.
De nouveau, la main lui grattouilla le nez. Roxane porta ce nouveau verre à son nez et indiqua :
Pas de caresse cette fois. Roxane fronça les sourcils. Elle ne pigeait pas. Pourquoi cette réponse ne convenait-elle pas ? La main gantée lui fit poser le verre avant de la déplacer quatre fois vers la droite à la rencontre de quatre autres contenants.
Six verres au total, tous contenant… Non ! Ils n’avaient pas osé !
Devoir retrouver quel sperme appartient à qui ? Ça, c’était signé.
Roxane se saisit d’un verre au hasard et le sentit. Elle en prit plusieurs de suite en haussant les épaules. C’était du sperme. Rien de plus banal que du sperme. Oui, elle en consommait régulièrement mais n’en faisait pas une expérience culinaire non plus ! Elle n’avait jamais cherché à en apprécier le goût ou…
Une caresse accueillit cette question. Roxane respira pour se calmer. Il y avait six verres. En jouant au hasard, cela lui laissait combien de possibilités ? Elle tenta de compter mais cessa, se rendant compte que ça faisait tout de même beaucoup.
Le néant lui répondit.
Elle les imagina aisément morts de rire et impatients qu’elle donne sa première supputation. Probablement que les noms des propriétaires étaient simplement écrits sur les contenants mais Roxane, aveugle, ne pouvait les lire.
Cependant, Roxane était aveugle et sourde, exacerbant ses autres sens dont l’odorat et le goût. Après tout, ça n’était peut-être pas aussi impossible que ça. Retrouver lequel allait avec qui ? D’accord, elle relevait le défi et allait les moucher, ces dominants prétentieux.
Elle renifla chaque verre, cherchant le seul différent des autres. Elle le mit de côté et annonça :
Une caresse accueillit la proposition. Facile. La cyprine et le sperme n’avaient clairement pas la même odeur. Ensuite, Roxane allait devoir trier. Elle plongea dans sa mémoire. Nicolas, Charles et Albert, elle les consommait très souvent. Philibert, en revanche, préférait nettement l’enculer. De ce fait, elle ne le connaissait que fort peu. Quant à Louis, elle n’avait jamais eu son sperme dans la bouche.
Elle renifla les verres mais rapidement, les odeurs se mêlèrent. Elle tenta de goûter mais là encore, ses papilles s’emmêlèrent. Elle devait donner une bien jolie image, nue sur sa peau de bête, à goûter du sperme avec ses doigts.
Roxane attendit un peu et ses mains furent menées vers une carafe et un verre vide. Roxane se servit en mettant un doigt dans le verre afin de savoir quand le contenant était plein puis recommença avec application, réinitialisant ses papilles avec l’eau et son nez avec l’odeur de Méline.
Roxane jubila. Sa mémoire lui permettait effectivement de faire deux tas. Sur les cinq, il y en avait deux qui ne lui disait presque rien. Les trois autres lui étaient, d’une manière étrange et difficilement explicables, familiers.
En revanche, elle eut beau sentir les deux inconnus, impossible d’en faire ressortir un plus que l’autre.
La main gantée frappa le sein gauche, puis le droit, à peine, une tape simple, pas franchement douloureuse. Roxane ne comprenait pas et soudain, la décharge la percuta. Électricité, reconnut-elle. Charles venait de lui coller des électrodes et d’activer la machine à pleine puissance. Roxane s’en plia en deux de douleur et peina à reprendre son souffle. Il n’y était pas allé de main morte et la surprise avait démultiplié la sensation.
Deux douces caresses accueillirent cette assertion. Roxane les mit de côté, rejoignant celui de Méline et elle se redressa. Trois verres pour trois personnes, cela ne faisait que six possibilités soit cinq erreurs maximum. Cinq risques de se prendre un nouveau choc. Hors de question de leur donner ce plaisir. Cela faisait trop mal mais plus que tout, elle voulait les moucher, ces nobles arrogants.
Elle prit son temps, plongeant dans sa mémoire, profitant du silence total pour entrer en elle et finalement, elle disposa les trois verres devant elle et annonça :
Trois caresses accueillirent sa phrase. Elle imagina très aisément leur déception et leur agacement. Roxane explosa de rire tandis que Charles retirait les électrodes sur ses seins.
Albert la contentait sexuellement tous les soirs depuis plus d’un mois. Elle venait de recevoir trois beaux orgasmes. Elle se sentait bien.
Moins de deux secondes plus tard, la bite de Charles touchait ses lèvres, indiquant la réponse du dominant. Roxane, bien que sourde, entendit nettement – en pensées - les huées des autres maîtres le traitant de faible et de tricheur. Roxane ne douta pas que Charles n’en aurait cure. Une bonne fellation ne se refusait pas !
Roxane était ravie. Elle avait gagné et Charles joua le jeu jusqu’au bout, la laissant guider la fellation, n’imposant jamais ni le rythme, ni la profondeur. Roxane en profita pleinement, ravie de pouvoir manipuler le comte, le sentir vibrer sous sa langue, tressauter, se contracter. N’ayant pas accès au son, elle se concentra énormément sur les mouvements et se trouva plutôt bonne. Charles jouit rapidement et son goût confirma le choix précédent.
Dès la semence avalée, elle fut menée vers un autre lieu. Le sol chaud et doux du tapis céda la place à du carrelage froid et dur. Roxane gémit et cria lorsqu’un liquide chaud et odorant la percuta. On lui pissait dessus. Roxane réfléchit à toute vitesse. Qui appréciait l’uro ? Il ne restait pourtant que Nicolas ! Elle l’ignorait totalement porté sur la chose. Albert utilisait ces méthodes. Pouvait-il s’agir encore de lui ? Avaient-ils décidé de brouiller les cartes en en faisant passer un deux fois ?
Un jet d’eau tiède tomba sur son corps et elle fut lavée par des mains gantées de latex avec douceur et gentillesse. Roxane se laissa faire, s’offrant pour un lavage plus aisé. Finalement, la main gantée l’amena à sortir et la sécha avec tendresse. Se pouvait-il qu’Albert, en maître de cérémonie, se soit offert le luxe de jouer deux fois ?
Une main gantée de cuir lui attrapa le poignet et l’amena un peu plus loin. Elle eut la joie de recevoir un verre de son jus de fruits préféré et quelques cerises qu’elle avala, ravie. À tâtons, elle reconnut une table avec des coussins. Au départ, son esprit pervers imagina une table gynécologique mais le trou lui indiqua qu’elle se trompait : il s’agissait une table de massage. Roxane n’en avait jamais vu dans le donjon. Il devait s’agir d’un ajout récent ou temporaire juste pour cette séance.
D’un geste tendre, l’officiant l’invita à s’allonger sur le ventre sur la table, son visage reposant dans le trou. Une main chaude et glissante d’huile se posa sur son épaule, bientôt rejointe par sa sœur et un formidable massage commença. Un pur délice ! Roxane en miaula de contentement. Son corps éreinté recevait le cadeau avec une délectation non dissimulée. C’était merveilleux et cela dura. Roxane nagea en pleine félicité.
Cependant, toutes les bonnes choses ayant une fin, Roxane fut priée de s’asseoir et la main sur sa gorge indiqua qu’elle devait faire son choix. Elle rebrancha son cerveau endormi par le massage.
Roxane réfléchit encore.
Elle fit de nouveau une pause pour réfléchir.
Roxane pensa intensément. Elle se sentait merveilleusement bien. Son esprit moulinait à toute vitesse.
Roxane était perdue. Elle n’avait aucun moyen de désigner à coup sûr le masseur de génie. Elle secoua la tête puis annonça :
Roxane sourit. Elle le tenait.
Une douce caresse sur la joue accueillit cette déclaration et Roxane sourit pleinement. Elle imaginait sans peine les exclamations agacées des dominants, dégoûtés de s’être fait découvrir.
Charles lui caressa doucement la joue, accédant ainsi à sa demande.
Il ne restait plus que lui. Ils ne joueraient plus au « Elle ne pensera jamais qu’on mettra le même deux fois de suite. » Non, Nicolas l’impatient voudrait son heure de gloire. Il avait déjà accepté de passer en dernier pour brouiller les cartes. Il ne pourrait supporter d’attendre davantage, elle en était certaine.
Elle eut la surprise de sentir ses écouteurs disparaître. Elle entendit quelques vagues exclamations qui s’éclaircirent alors que les boules Quies disparaissaient.
Il attrapa sa veste posée sur un fauteuil et la posa sur les épaules de Roxane avant de l’amener vers les escaliers. Le reste du groupe suivit sans comprendre.
Roxane monta les marches à la suite de Nicolas qui, avisa-t-elle, tenait un sac opaque dans sa main droite, non gantée – à quoi bon maintenant ? Le duc français mena tout le groupe dehors sous la lune haute et dans la nuit noire et fraîche. L’herbe coupée chatouilla les pieds de Roxane. Où Nicolas l’emmenait-elle ? La veste lui permettait de ne pas trop souffrir du froid qui mordait tout de même ses jambes.
La chaleur remonta dans la grange où tout le monde suivit Nicolas. Il s’agissait d’un vieux bâtiment aujourd’hui inutilisé. Il pourrait offrir de beaux endroits avec des travaux mais les Mean s’occupaient avant tout du château. Plus tard les dépendances.
Nicolas reprit sa veste qu’il jeta sur un tas de foin avant de sortir de son sac une canette de bière vide qu’il posa sur un muret de pierre, un ancien abreuvoir, remarqua Roxane. Ensuite, le duc Du Moulin avisa une tige en fer qu’il posa au sol en observant la canette.
Tout le monde l’observait, ahuri. Mais que faisait-il ? Les regards interloqués se croisaient. Nul ne trouva le soutien chez son voisin. Roxane fut rassurée de ne pas être la seule à ne pas comprendre. Nicolas mena Roxane jusqu’à ce que ses pieds jouxtent la tige en fer devant elle. Du sac, il sortit un fouet de type Bullwhip et en plaça le manche dans sa main droite.
À ces mots, tous les participants se reculèrent précipitamment de Roxane. La soumise trouva cela très peu encourageant de leur part. Ils se placèrent à très bonne distance, comme s’ils craignaient qu’elle ne les attaque. Elle trouva cela ridicule. Nicolas se recula également pour aller s’installer, un peu en hauteur, sur une ancienne charrette.
Roxane regarda l’arme dans ses mains. Il était sacrément long et se terminait par un cracker blanc. Cette partie-là faisait le plus mal. Elle pouvait dépasser le mur du son, entraînant le claquement caractéristique. Roxane savait cela mais de manière théorique. Il s’agissait, de fait, de la première fois qu’elle maniait cet instrument, dont elle avait l’habitude d’être la victime et non l’utilisatrice.
Les spectateurs chuchotaient à voix basse, empêchant Roxane de saisir leurs mots. Nicolas la transperçait du regard en souriant. Roxane leva les yeux sur lui. Son regard était doux mais son sourire conquérant. Il se croyait vainqueur. Roxane allait lui faire ravaler sa fierté. Comme les autres, il ploierait et admettrait sa défaite.
Il voulait qu’elle manie le fouet ? Fort bien. Elle le déplia, le soupesa, regarda la canette qu’elle trouva sacrément loin et sacrément petite. Elle riva son regard sur elle. Elle tomberait. Elle ne la narguerait pas longtemps, ça non !
Roxane leva son bras et l’agita, tentant de reproduire le mouvement d’un dompteur au cirque ou d’Indiana Jones. Lorsque son bras s’abattit, Roxane hurla, tant de douleur que de surprise, tandis que Nicolas explosait de rire et l’assemblée frémissait et grimaçait.
Comment le cracker avait-il pu la frapper elle dans le dos ? Roxane avait pourtant lancer le fouet vers l’avant ! Roxane caressa la blessure bien réelle.
Roxane lui envoya un regard noir en retour tandis que les spectateurs ne riaient pas. Ils s’imaginaient à sa place et souffraient visiblement pour elle. Roxane relança le fouet qui blessa son bras droit. Le troisième coup s’abattit sur la main, la faisant lâcher le manche de douleur.
Elle relança l’arme et le cracker touchant sa jambe droite la fit tomber à genoux. Jamais un fouet ne lui avait fait aussi mal.
Roxane se releva, la jambe droite tremblante, la marque zébrait sa peau. Il avait raison : toute trace des orgasmes et du massage avait disparu. Roxane se sentait tendue et crispée. La douleur la touchait mais l’idée de perdre la rendait folle de rage. Ce putain de fouet allait livrer ses secrets. Ça ne devait pas être si difficile que ça, tout de même ? Beaucoup de gens savaient s’en servir sans se blesser.
Roxane prit sur elle. Elle reprit le fouet en main, constatant que cette dernière tremblait sur le manche, respira amplement pour reprendre contenance et enchaîna les tentatives, le corps s’emplissant de marques mais bientôt, le fouet ne la mordit plus.
Roxane avait saisi le coup de poignet nécessaire. Son fouet partait vers l’avant dans un geste qu’elle trouva plutôt beau. Cependant, elle ne maîtrisait absolument pas le point d’arrivée. Le cracker tombait loin, au-dessus, au-dessous, à droite ou à gauche. Le petit objet ne risquait pas grand-chose pour le moment.
Roxane lança un regard noir à Nicolas. Elle ne le croyait pas une seule seconde. Il aurait cru qu’elle abandonnerait plus tôt et venait d’inventer de toute pièce cette gentille introduction à l’exercice réel. Roxane blêmit en voyant le duc français sortit un second fouet de son sac. Non, apparemment, il avait réellement prévu cette seconde phase.
Maintenant qu’elle maîtrisait son geste, il ne risquait plus de prendre une lanière perdue. Il pouvait s’approcher. Roxane se tourna vers la canette qui lui résistait. Putain ! Mais comment faire pour viser avec ce machin ? Le geste fut beau. Le coup de fouet de monsieur Du Moulin en réponse la fit tomber à genoux.
Roxane se releva en soufflant. Elle reprit son fouet en tremblant. Elle parvint à rester debout malgré la souffrance.
Roxane s’écroula sous la douleur. Elle se releva après un long moment, et effectua sa tentative. Son échec n’amena aucun coup de fouet, Nicolas lui en ayant donné deux de suite. Roxane refusait de laisser tomber. Hors de question de lui offrir cette joie. Elle comptait bien arracher la victoire à ce noble arrogant.
Les spectateurs observaient le duel en silence. Louis tremblait et semblait peiné. Albert détournait le regard, les marques zébrant le corps de sa femme le dérangeant énormément. Charles fixait le corps de Roxane, les yeux brillants de désir. Philibert grimaçait. Il semblait la prendre en pitié. Méline souriait pleinement, clairement ravie.
Roxane se concentra et son fouet claqua. La canette vibra, trembla puis se stabilisa, sans tomber. Roxane en eut les larmes aux yeux tandis qu’un soupir de soulagement prenait l’assemblée. Le fouet de Nicolas craqua et le hurlement de Roxane envahit la grange.
Elle resserra le poing sur le manche et recommença. Le cracker tomba très loin de la canette. Du Moulin répondit à l’échec. Roxane, le visage couvert de larmes, la main tremblante, les jambes la portant avec peine, le cœur battant à pleine vitesse, fut bien forcée de le reconnaître.
Elle lâcha le fouet qui tomba dans un bruit sourd sur le sol. L’esprit révulsé, elle se tourna lentement vers Du Moulin, s’avança vers lui, s’agenouilla et lança humblement :
Nicolas sourit.
Il caressa tendrement Roxane sur la joue, essuyant plusieurs de ses larmes au passage et annonça :
Roxane fondit en larmes, à fois de honte et de joie. Elle se sentait bien, à sa place, comprise, en sécurité, domptée, possédée, vaincue. Nicolas s’éloigna, sans lui accorder de câlin ou de réconfort. Elle avait cherché à le battre. À elle d’en assumer les conséquences. Elle aurait pu abandonner bien plus tôt mais elle s’était crue supérieure au maître. Elle s’en mordait maintenant les doigts.
Nicolas leva le bras et sans prendre le temps de se concentrer, fit vibrer son fouet. La canette s’envola dans la grange. Charles siffla d’admiration tandis que Roxane serrait les dents de rage.
Les deux amoureux étaient en tête à tête. Ronald, le majordome, attendait sur le côté qu’on ait besoin de lui. Il connaissait les préférences sexuelles de ses patrons. Roxane pouvait parler librement devant lui. Il restait toujours sobre et stoïque. Parfois, très rarement, il se permettait un petit sourire qui disparaissait bien vite.
Roxane portait un débardeur sans manche et une jupe courte, pas du tout de saison, laissant visibles une bonne partie des marques sur les bras et les jambes.
Roxane lança un regard noir à Ronald qui souriait également.
Le majordome haussa les épaules sans perdre son sourire. La situation l’amusait lui aussi et il ne comptait pas le cacher. Pouvoir regarder la maîtresse de maison couverte de marques se promener dans la maison toute la journée semblait lui plaire au plus haut point.
Roxane lui envoya un regard amusé.
Albert grimaça.
Roxane ricana. Elle était ravie de faire partie d’un club. Désormais, elle serait soutenue moralement lors de ses luttes contre monsieur Du Moulin. De quoi lui donner de la force, du courage et de l’énergie.
Elle venait d’être prise la main dans le sac.
Roxane gronda. Elle ne saurait jamais. Elle était tellement agacée de le voir gagner. Elle voulait le battre, rien qu’une fois !
Roxane plaignit le pauvre infirmier tout en le jalousant. Elle frémit de s’imaginer à sa place. Elle fantasmerait dessus tout en espérant que cela ne se produirait jamais. C’était à la fois attirant et angoissant.
À la fin du petit-déjeuner, Albert fit signe à Roxane de le suivre dehors dans le petit salon.
Roxane grimaça. Ne pas être le centre de l’attention, son plus gros défi.
Albert laissa le silence suivre sa déclaration. Roxane cligna plusieurs fois des yeux, tentant de saisir ce qu’il entendait par là.
Roxane resta silencieuse. Elle n’en revenait pas.
Roxane y réfléchit sérieusement. Cela l’aiderait-il à accepter de céder le premier rôle si elle écrivait la pièce de théâtre ? Elle devait admettre que l’idée était à creuser. Cependant, elle n’avait aucune idée de comment créer une scène de ce genre. Elle n’y avait jamais vraiment réfléchi. Écrire les lignes des uns et des autres ? Contrôler les actes des dominants ? Inimaginable pour Roxane.
Elle avait besoin de la surprise, de la découverte. Si elle connaissait tout à l’avance, elle s’ennuierait et elle avait besoin d’apprécier ce moment. Elle transperça son maître des yeux, son cerveau tournant à toute vitesse découpant tranquillement des pièces qui bientôt, s’assemblerait en un puzzle merveilleux.
Roxane sourit.
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Roxane et Louis hochèrent la tête.
Louis et Roxane se regardèrent et se sourirent. Cela allait être drôle de s’appeler ainsi.
Roxane grimaça. Cet ordre-là serait difficile à suivre, à n’en pas douter.
Roxane ricana.
Louis lança un regard interrogateur à la soumise.
Méline semblait vraiment avoir pris en compte cette difficulté.
Roxane lui lança un regard surpris.
Roxane hocha la tête. Méline lui fit signe d’y aller. Roxane sortit tandis que Louis et Méline montaient les marches. Roxane frissonna. Il faisait frais dehors et le ciel crachotait un peu.
Lorsqu’elle arriva à la grille, Roxane constata la présence de la femme un peu plus jeune qu’elle, brune aux yeux marrons, qu’elle avait déjà vu il y a bien longtemps, alors qu’elle avait passé une soirée dans une cage à apprendre à savoir ce qu’elle voulait. Il lui sembla qu’une éternité s’était passée depuis.
La soumise d’Albert portait une jolie robe courte et grelottait. Elle resta muette et figée en voyant apparaître Roxane. Cette dernière avait eu le temps, sur le trajet, de se composer un visage neutre, froid et impersonnel. Copier Ronald l’amusait beaucoup. Tiendrait-elle longtemps à ce rythme ? Elle n’en savait rien. Elle essayait au moins.
Amber obtempéra, troublée. Elle fut heureuse de rencontrer la chaleur de l’intérieur. Elle suivit sans broncher Roxane jusqu’à la chambre verte à l’étage.
Amber se tendit à cette question.
Amber cligna rapidement des yeux et fronça les sourcils. Elle regarda autour d’elle, semblant chercher de l’aide dans son environnement sans y parvenir. Finalement, elle remit sa chaussure et hocha la tête.
Roxane s’avança doucement, s’agenouilla, retira les chaussures. Elle se releva, ôta la robe pour dévoiler un corps entièrement nu. Elle ne portait aucun sous-vêtement. Elle avait une peau fine sans marque. Quelques grains de beauté parsemaient son dos. Sa petite poitrine ferme se tenait droite. Les tétons étaient dressés mais Roxane supposa que c’était davantage dû au froid qu’à l’excitation. Elle constata qu’Amber était déjà épilée des jambes et des aisselles. En revanche, son sexe proposait un ticket de métro.
Amber regarda entre ses jambes en ouvrant grand les yeux.
Roxane lui désigna de la main la porte de la salle de bain. Amber s’y rendit. Roxane lui emboîta le pas.
Amber recula de terreur en découvrant le corps nu de la soumise venue l’accueillir. Roxane était en effet couverte de marques de fouet et de cane, reste d’une séance masochiste avec monsieur Du Moulin quatre jours auparavant. Roxane sourit imperceptiblement avant de saisir le pommeau de douche.
Amber se rembrunit.
Amber sourit pleinement et ricana avec Roxane. Les quatre cavaliers de l’apocalypse. Pour des joueurs de polo, la référence était pourtant évidente !
Roxane lava consciencieusement la jeune femme, la rasa de près puis la sécha. Amber observait les marques sur le corps de celle s’occupant d’elle, incapable d’en détacher ses yeux. Enfin, elle correspondit aux volontés de madame la duchesse.
Elle regardait autour d’elle avec appréhension.
Roxane se saisit de son téléphone portable laissé avec sa robe et envoya un message à Albert :
« Elle refuse de me suivre jusqu’au donjon. Elle vous réclame ».
Amber regarda l’arrière du téléphone en plissant les yeux. La réponse ne tarda pas :
« Laisse-la dans la chambre et viens au donjon. Tu reviendras vers elle avec de quoi la convaincre de te suivre. »
La soumise d’Albert hocha doucement la tête. Roxane sortit et entendit la serrure s’enclencher. Amber devait vraiment être terrorisée. Roxane descendit les marches du donjon. Il ressemblait à ce qu’il était d’habitude. Méline se trouvait avec Louis. Elle désigna à Roxane un fauteuil dans un coin. La soumise s’y rendit et une main apparaissant sur la droite lui tendit une carte de visite. Roxane s’en saisit et la main disparut. Rien ne laissait supposer que quelqu’un se trouvait là. C’était remarquable de discrétion.
Roxane remonta les marches et se permit de lire ce qui était écrit. La carte de visite était au nom du duc Albert Mean. À la main, des lignes tracées indiquaient « Suis-la » et de l’autre côté « Ne me déçois pas ».
Roxane rejoignit la chambre verte et frappa à la porte.
Amber entrebâilla doucement avec appréhension. Roxane lui tendit la carte par la petite ouverture. Amber la lut, la retourna et frémit. Enfin, elle leva les yeux sur Roxane et demanda :
Roxane aurait été bien en peine d’affirmer que c’était bien Albert sur le fauteuil. Elle n’avait vu qu’une main droite et un bout de chemise, le tout dans une demi-pénombre. Honnêtement, cela aurait pu être n’importe quel homme. Quand les membres du quatuor infernal entraient au donjon, ils retiraient leurs chevalières et leurs gourmettes si bien que les identifier de cette manière relevait de l’impossible. Roxane choisit de ne pas répondre à la question de Amber, se contentant de la transpercer du regard. Amber se tortilla de malaise.
Amber sourit en hochant la tête.
Amber grimaça puis ouvrit la porte en grand. Elle regarda à droite et à gauche, constata que le couloir était vide, puis hocha la tête. Elle accepta de passer la porte du donjon et la regarda se fermer avec appréhension. Elle soupira de soulagement en constatant que Roxane n’en tirait pas le loquet, existant pourtant avant tout pour empêcher quiconque d’entrer plutôt que de sortir.
Roxane descendit les marches en premier, Amber à sa suite. La soumise d’Albert stoppa en découvrant les personnes présentes. Méline se tenait sur une chaise haute de bar. Elle portait un ensemble en cuir noir avec corset et bottes hautes masquant presque tout son corps. Cependant, les habits près du corps très moulants rendaient le tout plus érotique que si elle fut nue. Une cravache pendait à sa ceinture. Louis, entièrement nu en dehors d’un collier relié à sa maîtresse par une laisse, attendait sagement à genoux un peu sur sa gauche.
Amber embrassa la salle du regard. De l’entrée, elle ne pouvait pas voir le fauteuil retourné dans l’angle de la pièce. Elle s’attarda sur le paravent en bois masquant une bonne moitié du donjon, élément inhabituel. Elle revint vers les protagonistes et plissa les yeux.
Roxane lui proposa d’avancer d’un geste et elle suivit, un peu hagarde, la tête tournant de tous côtés, cherchant vainement un réconfort. Roxane lui proposa de se placer devant la duchesse. Roxane s’agenouilla de la même manière que Louis, mais un peu à droite. Elle ouvrit et ferma la main rapidement deux fois, signe convenu pour dire « J’ai quelque chose à dire ». Roxane capta le regard de Méline qui choisit, pour le moment, de ne pas le prendre en compte.
Amber frémit de la tête aux pieds avant de regarder autour d’elle avec appréhension. Roxane se doutait de ce qui traversait son esprit. Elle pensait que Méline était elle. Après tout, elle savait qu’Albert était duc et qu’il s’était marié. En se présentant ainsi, Méline faisait volontairement planer le doute. De plus, Méline avait un accent français très prononcé et Amber connaissait l’origine de la femme d’Albert. Tout l’amenait donc à penser que la femme en cuir noir était l’épouse de son maître.
Amber regarda autour d’elle, eut un regard vers Louis et Roxane puis les imita, visiblement déconcertée.
Roxane grimaça. Avant le début de la séance, Méline avait eu une conversation seule à seule avec Roxane. Elle lui avait expliqué que durant la soirée, il y aurait deux sortes de manquement de la part de Roxane, amenant deux sortes de punitions bien distinctes.
Tout d’abord, Roxane pouvait, volontairement ou involontairement, chercher à devenir le centre de l’attention, désobéissant ainsi à un ordre direct de son maître. La punition serait rude et violente.
Ensuite, Roxane pouvait désobéir à un ordre de Méline. Dans ce cas, la punition serait plus douce.
Dans les deux cas, Méline ne pouvait prendre le temps de s’occuper de Roxane car cela serait la mettre au centre de l’attention le temps de la punir. Ainsi, dans le premier cas, Roxane devait passer derrière le paravent et accepter ce qui lui serait imposé dans le plus grand silence. Dans le second cas, elle rejoindrait elle-même une zone à l’écart du donjon et ferait ce que Méline lui avait expliqué.
Roxane s’éloigna donc de quelques pas, attrapa les électrodes collantes et les plaça sur ses seins. Puis, elle attrapa deux pinces crocodiles et les accrocha à ses petites lèvres. Enfin, elle régla la machine sur la puissance de dix et un temps de dix minutes. En tremblant, Roxane appuya sur le bouton marche.
La douleur la fit haleter. Elle détestait l’électricité mais le pire, dans ce cas, était surtout de devoir se faire subir cela elle-même tout en étant exclue le temps de la punition. Cette mise à l’écart la blessait plus que le courant traversant son corps.
De là où elle était, elle pouvait voir ce qui se passait et Amber ne lui accordait aucune attention, écoutant la voix envoûtante de Méline.
Méline rassurait Amber, lui expliquant qu’elle était la reine de la soirée, que ce moment serait le sien. La brune ne semblait pas y croire. Elle regardait Méline avec surprise, mais aucune angoisse. Elle semblait juste ne pas comprendre, sans peur pour autant. Cet endroit, elle le connaissait. Enfin un environnement rassurant.
Méline hocha la tête, satisfaite.
Il resta de marbre, regardant droit devant lui, immobile. Amber le détailla. Aucune marque sur son corps. Elle sembla soulagée. Il sembla à Roxane que le regard de la jeune femme s’arrêta un instant sur le sexe à moitié dur de Louis, mais sans certitude. Roxane, assaillie par la douleur des électrons, se concentrait avant tout pour ne pas faire de bruit, au risque de voir sa peine doublée.
Il s’éloigna puis revint. Il tendit un verre à sa maîtresse. Elle le regarda, le prit, lui jeta le contenu à la figure puis attrapa le second verre qu’elle donna à Amber. La jeune personne resta figée, son verre à la main.
Amber hocha la tête avant de boire tandis que Louis, imperturbable malgré la boisson qui ruisselait sur son corps, se remettait à genoux en position d’attente, le verre vide de sa maîtresse à la main. Amber but sans le quitter des yeux, admirant visiblement sa soumission.
Roxane savait qu’Amber n’avait jamais joué avec d’autres soumis. Elle était toujours seule avec les membres du quatuor infernal, tous ou une partie. C’était une première pour elle. Elle découvrait doucement.
Roxane regardait le chronomètre. Putain mais ça n’en finirait jamais ! Dix minutes à puissance dix ! Méline avait tapé fort dès le départ. Roxane n’en pouvait déjà plus. Elle se tortillait, cherchant à apaiser, en vain, la douleur. La machine impitoyable fonctionnait à plein régime, se fichant de la souffrance de sa victime.
Amber regarda Louis reprendre la laisse en bouche, reposer les verres un peu plus loin, revenir, se remettre à genoux et rendre la laisse à sa maîtresse, le tout dans le plus grand silence. Roxane vit Amber sourire. Venait-elle de penser, comme elle, que décidément, ils aimaient bien le silence ?
La dernière fois que Roxane avait vu Amber, les circonstances lui étaient très désagréables. Maintenant qu’elle la voyait ainsi, elle découvrait une femme charmante et agréable, avec qui elle pourrait bien s’entendre.
Amber devint aussi rouge qu’une tomate. Elle bafouilla, chercha du soutien chez Louis qui resta complètement de marbre puis se tourna vers Roxane pour la trouver à genoux, pliée en deux de douleur.
Roxane prit sur elle et se remit dans une belle position à genoux en tremblant. Amber la fixa, incrédule. Elle voyait les fils mais ne semblait pas comprendre. Probablement n’avait-elle jamais connu l’électrostimulation, Roxane l’ignorait. Cela ne faisait pas partie des questions qu’elle avait posé en amont à Albert concernant sa soumise.
Amber se retourna vers Méline, fronça les sourcils puis rougit en se souvenant de la question posée. Roxane se permit de retomber en haletant, la douleur la transperçant toujours.
« Hé merde » pensa Roxane. « Elle m’a vue. Putain, je ne me pensais pas dans son champ de vision. »
Elle aurait tenu une minute de plus, elle aurait échappé à cela. Elle s’en voulait tellement.
Amber jeta presque sa main entre ses jambes, un regard désolé vers Roxane.
La machine s’arrêta et Roxane se redressa. Elle retira les pinces et les électrodes puis se leva. Elle prit soin de passer derrière Amber et Louis afin de ne pas être visible de la jeune femme en train de se masturber sous le regard doux et bienveillant de Méline.
Sans surprise, Nicolas se tenait derrière le paravent. Il souriait pleinement. Il lui fit signe d’approcher. Il lui ouvrit la bouche puis y plaça un bout de tissu accompagné d’un bâillon boule, étouffant de manière certaine n’importe quel son sortant de la gorge de Roxane.
Il se pencha à son oreille et murmura :
Roxane frémit et baissa les yeux, pleinement consciente de ce qui allait suivre. Bien sûr, elle pouvait mettre fin à la séance à n’importe quel moment. Elle ne comptait pas le faire. Elle voulait se prouver à elle-même qu’elle pouvait le faire.
Nicolas plaça Roxane sur une table gynécologique et la sangla rapidement. En moins de deux minutes, Roxane fut totalement immobilisée les jambes grandes écartées. Avec un sourire sadique, Nicolas dégaina une cane en bambou et caressa avec l’intérieur des cuisses de Roxane.
« Non, non ! » pensa Roxane. « Pas ça, pas… » Le premier coup cingla. Roxane tenta de s’évader. Rien ne bougeait. Les hurlements restaient coincés. Nicolas frappa une deuxième fois et Roxane en eut les larmes aux yeux.
Roxane le remercia d’un regard.
Roxane baissa les yeux en tremblant. Nicolas la détacha. Roxane sortit de derrière le paravent et se mit à sa place, à genoux, devant à droite de Méline. Elle resta en position sans un mot tandis qu’Amber se caressait toujours. La soumise en train de masturber sembla prendre sur elle pour ne pas accorder d’attention à Roxane afin de lui épargner une autre punition. Roxane lui en sut gré.
Amber se tourna vers Louis qui offrait maintenant la vision d’un membre dur et droit. Elle se plaça devant lui et le prit en bouche.
La main droite d’Amber repartit à l’assaut de son clitoris. Louis se tendit, se crispa mais il conserva la position.
Amber cessa de le sucer, jetant un regard d’appréhension vers la duchesse puis vers Louis.
Amber regarda Louis qui ne lui rendit pas son regard. Les yeux dans le vide, il se concentrait sur ses émotions, toute sa concentration tournée vers l’obéissance aux volontés de sa maîtresse.
Amber rougit intensément. Roxane sourit. À la place d’Amber, elle aurait repris sa fellation avec force juste pour faire chier Louis. Force était de reconnaître qu’un peu d’empathie faisait du bien.
Se disant, Méline écarta les cuisses, dévoilant un sexe blond aux poils ras. Son pantalon était ouvert à l’entrejambe.
Amber sursauta et s’approcha, un peu terrifiée. Elle lécha Méline avec timidité. D’un geste, Méline ordonna à Roxane de venir prendre soin d’Amber. Roxane sourit et se déplaça avant de placer sa main droite sur le dos de la soumise. Elle sursauta puis se calma. Elle était très tendue. Roxane descendit doucement sa main vers les fesses qu’elle caressa avec douceur. Amber restait très crispée.
Roxane posa une deuxième main sur les fesses. La première descendit le long du sillon avant de remonter vers la fente et d’entrer avec tendresse dans le vagin humide et serré d’Amber. L’autre main, en harmonie, contourna les hanches pour atteindre le bouton dressé.
Amber gémit sur le sexe de Méline mais ne se plaignit pas ni ne tenta de repousser Roxane de ses mains. Au contraire, son bassin remuait, cherchant à obtenir davantage. Roxane fit entrer un deuxième doigt et trouva une première zone sensible chez Amber. La brune sursauta et se cabra en criant.
Cette fois, Amber osa mettre un doigt dans la chatte de la domina et Méline en ronronna de plaisir. Roxane décida de changer de position. Elle se plaça sous Amber afin de pouvoir utiliser sa langue et ses lèvres sur le sexe de la brune.
Amber s’en tortilla de surprise mais rapidement, elle appuya son bassin sur la bouche de Roxane qui venait de trouver une deuxième zone sensible.
Louis s’approcha et commença à jouer avec l’anus d’Amber. Roxane, occupée en dessous, n’avait pas vu le geste de madame la duchesse mais elle ne doutait pas qu’il avait bien eu lieu.
Roxane sentait, amusée, Amber tenter d’imiter ses propres mouvements en elle sur madame la duchesse. Ainsi, Roxane avait l’impression d’être une marionnettiste. Chacun de ses gestes était reproduit à l’identique. Cela la fit sourire. Elle continua ses œuvres tandis que Louis enfilait son sexe dans le cul d’Amber qui cria et il était clair que ce n’était pas de douleur. Non, elle adorait ça.
Louis se retira, faisant gémir Amber de frustration. Louis vint se placer près de sa maîtresse et Amber sursauta lorsque le premier coup de cravache s’abattit avec force sur le gland du sexe du soumis qui, pourtant, ne cria pas. Un deuxième coup rendit le travail de Roxane compliqué. Amber, pleine d’empathie, perdait son envie en voyant la scène à côté d’elle. Le troisième coup acheva le travail de Roxane.
Louis se remit en position derrière Amber qui fut enfin de nouveau réactive aux caresses de Roxane. Au moment où Louis l’encula, Roxane caressa avec application la deuxième zone sensible tout en suçotant son clitoris. Amber explosa. Une gerbe de liquide arrosa Roxane alors qu’Amber criait et se tordait, s’accrochant aux pieds de la chaise haute de Méline, hurlait encore, tremblait, se vidait par jets puissants, son vagin se contractant sur la main de Roxane qui continuait, consciente du profond plaisir consumant la soumise sous ses doigts.
Roxane ne cessa que lorsque Amber se tut et cessa de se répandre. Roxane était trempée des sécrétions d’Amber. Louis lui lança un petit regard narquois mais tint sa langue. Roxane s’essuya avec sa main avant de reprendre sa position à genoux.
Amber se tourna vers Louis qui la regarda avec avidité. Amber se recula.
Un sifflement retentit. Roxane vit la main reparaître de derrière le fauteuil. Roxane se leva, récupéra la carte et l’apporta à Amber.
« Le soumis et la soumise sont là pour te combler. Profite. »
Amber regarda en direction du fauteuil et sourit. Puis, elle se tourna vers Louis et haussa les épaules.
Les deux se rapprochèrent, s’embrassèrent sur la bouche puis leurs corps s’entremêlèrent. D’un geste, Méline ordonna à Roxane de venir s’occuper d’elle et la soumise obéit volontiers.
Roxane sourit. Elle voulait que ça aille vite ? Fort bien ! Roxane prit le contrôle de la duchesse qui réagit presque instantanément. Roxane la connaissait par cœur. Trop facile. Elle jouit deux fois avant que Louis, pourtant très excité, ne se répande dans Amber. Il s’était retenu afin de permettre à leur orgasme d’être simultané.
Louis et Roxane reprirent leur place tandis que Amber se plaçait entre eux. Méline croisa les jambes puis lança :
Méline rit tandis que Louis et Roxane se retenaient, restant de marbre, comme il était requis d’eux.
Roxane hocha la tête. Elle venait de lui interdire de papoter avec Amber en post séance. Méline indiqua d’un geste que ses désirs devaient être exécutés. Roxane se leva et proposa d’un mouvement de la main à Amber de la suivre. Elle le fit en tremblant alors Roxane l’aida en souriant. Amber ne lui adressa pas la parole, désireuse de la soutenir dans son silence obligé.
Roxane attendit patiemment dans la chambre tandis qu’Amber se délassait tranquillement. Cette soirée s’était bien passée. Roxane n’avait pas cherché à tirer la couverture à elle et ne ressentait aucune animosité envers Amber qui avait reçu tous les honneurs. Elle se sentait calme et apaisée. Le premier pas était une réussite. Elle en rayonnait de joie.
Amber entra dans le petit salon près d’une demi-heure après la fin de la séance dans le donjon.
Roxane baissa humblement les yeux lorsque la duchesse apparut.
À ces mots, Méline entra dans le petit salon et ferma la porte derrière elle. Roxane se dépêcha, rejoignit sa chambre où elle put enfin éliminer les sécrétions d’Amber de son corps et de ses cheveux. Elle se sécha en deux temps trois mouvements et enfila une robe légère. Elle arriva devant la porte close et attendit.
Elle s’ouvrit une trentaine de secondes après son arrivée. Louis se tenait là. Il eut un sourire narquois. Apparemment, il aurait aimé qu’elle ne soit pas là juste pour qu’elle se fasse punir. Il lui fit un clin d’œil et Roxane lui sourit volontiers en retour. Il referma la porte derrière elle et alla se placer à genoux près de Méline. Roxane fit de même.
Amber était assise dans un fauteuil. Méline avait choisi de rester debout près de la table basse sur laquelle avaient été déposés des verres et des petits-fours.
Amber confirma d’un geste.
Louis et Roxane hochèrent la tête.
Amber confirma d’un geste.
Louis et Roxane prirent place dans les fauteuils derrière eux. Nul ne parla, sentant que Méline n’avait pas terminé et contrôlait toujours malgré tout ce moment.
Roxane leva les yeux sur Méline.
Roxane hocha la tête.
À ces mots, une porte s’ouvrit dans le dos de Roxane qui sentit son cœur se serrer. Elle ferma les yeux et serra la mâchoire, la respiration immédiatement difficile.
Albert, lui, passa à gauche pour rejoindre Amber qui s’écria : « Maître » d’une petite voix ravie et enjouée. Roxane en gémit de douleur et tout son ventre trembla. Mon dieu que c’était difficile !
Roxane usa des méthodes de respiration enseignées par son psy pour reprendre contenance. Sa main droite tremblait toujours et elle ne pouvait se résoudre à regarder Albert mais au moins son cœur ne battait-il plus à deux mille à l’heure.
Albert avait sa main droite posée sur l’épaule de sa soumise. Roxane parvint à ne pas en prendre ombrage. Il était normal que Amber puisse un peu profiter de son maître.
Amber gloussa joliment avant de répondre :
Elle était tellement mignonne ! Comment lui résister ? On ne pouvait que fondre de tendresse face à elle.
Méline laissa volontairement un petit silence planer puis prononça distinctement :
Roxane reconnut les signes de sa propre rupture mentale, lorsqu’Albert lui avait dit « perdu » alors qu’elle avait répondu que c’était lui qui avait joué avec une plume sur son corps. Tout son univers intérieur s’était écroulé et en revenir prenait quelques instants.
Albert avait indiqué que Amber connaissait le prénom de sa femme. Cela expliquait pourquoi aucun prénom n’avait été utilisé de toute la soirée.
Amber bafouillait et tremblait, cherchant à reconstruire toute sa soirée avec ces nouvelles informations. Tout le monde resta silencieux, laissant à Amber le temps de faire les bons liens, de modifier son assemblage interne, d’harmoniser ses pensées. Après un long moment, elle leva les yeux sur Albert et, les yeux brillants, souffla :
Roxane se mordit les lèvres tandis qu’Amber s’écartait un peu, terrifiée à l’idée que Roxane se prenne une punition à cause d’elle.
Roxane rougit en souriant tandis que Amber la serrait de nouveau dans ses bras.
Amber réfléchit un instant.
Amber haussa les épaules, indiquant à tout le monde qu’il s’agissait de sa première fois.
Les deux femmes rirent tandis que l’assemblée plissait les yeux.
Albert, Nicolas, Méline et Louis rirent à cette annonce.
Tout le monde rit.