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Temps de lecture estimé : 39 mn
22/07/22
Résumé:  Nicolas a drogué Roxane qui se réveille avec les trois autres soumises enfermées. Un escape game sexuel est lancé.
Critères:  #conte #domination grp forêt fsoumise hdomine fist jouet jeu sm attache fouetfesse
Auteur : Myhrisse            Envoi mini-message

Série : Roxane

Chapitre 08 / 15
Roxane (8)

Résumé de l’épisode précédent :

Roxane a fait un premier pas dans l’apprentissage de sa gestion de son besoin maladif d’être au centre de l’attention.









Roxane ouvrit péniblement les yeux. Elle était allongée sur le côté sur quelque chose de dur et de désagréable. Elle se souleva un peu pour découvrir son environnement : un sol de terre, des murs en bois, un toit très haut en tôle. Elle se trouvait clairement dans une vieille grange. Pourquoi se trouvait-elle là ?

Alors qu’elle reprenait doucement ses esprits, elle se rendit compte qu’elle n’était pas seule dans cette pièce. Trois autres femmes se trouvaient là, elles aussi étendues à même le sol. Roxane secoua la tête puis sourit en les reconnaissant. Depuis quand ces messieurs lançaient-ils une séance sans prévenir ?

Roxane se leva tandis que son cerveau reprenait vie. Elle se rendit à la seule porte visible et tenta de l’ouvrir. Elle était fermée et aucune serrure n’était visible. Nul doute qu’une lourde barre de sécurité la maintenait close de l’autre côté. Aucune chance de pouvoir l’ouvrir de l’intérieur.

Un grognement attira son attention. Amber se réveillait. La jolie petite brune se redressa, aussi hagarde que Roxane quelques instants plus tôt.



Roxane s’interrompit en grondant.



La femme aux cheveux noirs ronchonna sous le ton agressif de Roxane.



Les trois femmes s’approchèrent. Roxane constata la présence d’un sablier et d’une note, ainsi que de quatre objets. Amber prit la note et la lut à voix haute :



À peine un cinquième du sable manquait dans la partie supérieure. Elles disposaient d’un temps de réflexion relativement long, trouva Roxane.



C’était celui avec lequel elle avait échoué à faire tomber une canette quelques mois plus tôt.



Les deux barres s’écartèrent.



Olivia reposa l’objet électrique sans fil en grimaçant.



Roxane leva les yeux pour constater qu’Olivia avait raison. La plaque vitrée était ouverte.



Félicie et Olivia hochèrent la tête tandis qu’Amber gémissait de terreur.



Les trois femmes soupirèrent.



Aussitôt dit, aussitôt fait. Les deux femmes portèrent aisément Olivia jusqu’au renfoncement.



Roxane avisa le fouet qu’elle avait reposé sur l’étagère. Elle alla le chercher et le lança à Olivia qui agrippa un bout avant de laisser tomber la longueur telle une corde. Roxane aida Félicie le plus possible. Elle termina le reste à l’aide du fouet. Ce fut le tour de Roxane. Elle avisa les trois autres objets.



Roxane récupéra le bâillon, la magic wand et le god gonflant avant de les lancer à Félicie qui les attrapa aisément.



Olivia ronchonna mais admit la logique du raisonnement. Roxane dut s’y prendre à deux fois mais finalement, elle arriva sur la corniche.



Elle s’accrocha au fouet et les trois femmes n’eurent guère de difficulté à la hisser jusqu’en haut tellement elle était légère. La chute fut agréable pour les quatre évadées.



Les trois femmes secouèrent négativement la tête.



Roxane acquiesça. Pas question de laisser à Nicolas cette possibilité-là une seconde fois. Elle avait acheté discrètement un fouet, sans en parler ni à Nicolas, ni à Albert, et s’entraînait tous les jours en cachette dans une grange isolée.



Les trois femmes observèrent les objets, incapables de se décider.



Félicie et Olivia échangèrent un regard, grognèrent puis Olivia se saisit du mors et Félicie du god gonflant. Ainsi, chaque soumise avait choisi l’objet lié à son maître. Roxane soupira. Tout cela était bien trop prévisible. Les dominants étaient en train de gagner. Tout se passait selon leur volonté. Roxane n’aimait pas ça du tout.



Amber grimaça puis baissa les épaules, vaincue. Roxane grogna. Elle n’avait pas la moindre idée de la meilleure direction à prendre.



Ça ou autre chose, personne ne s’opposa. Félicie prit la tête et le groupe la suivit. Elle pénétra dans les arbres.



Tout le monde suivait Félicie qui avançait avec assurance.



« Donc de manière extrêmement prévisible » en conclut Roxane qui garda sa langue, n’ayant pas mieux à proposer. Il fallait bien sortir du domaine et la ligne droite restait le chemin le plus court pour y parvenir.



Roxane se prit à espérer. Allait-elle enfin gagner contre Du Moulin ? La victoire était-elle enfin à porter de main ? Quatre soumises contre quatre dominants. Oui, ensemble, c’était faisable, à condition de rester soudées.



Roxane constata que la robe d’Amber était en lambeaux là où les habits des autres soumises ne présentaient pas la moindre déchirure. Comment faisait-elle pour rencontrer toutes les ronces ? Elle n’avait de cesse de se plaindre. Elle tombait régulièrement. Elle était d’une maladresse incommensurable. Si une branche se tenait à hauteur de tête, Amber se la prenait. Les autres la soutenaient non sans ronchonner de sa lenteur. Amber était la seule à porter des chaussures à talons et une petite robe légère.



Ses cheveux collaient à son visage sous le coup de sa transpiration.



Si aucune ne portait de pantalon, les robes étaient pratiques et les chaussures plates. Seule Amber proposait une tenue légère pas du tout adaptée à la saison.



Amber rougit de la tête aux pieds.



Les filles se figèrent tandis que Félicie tendait l’oreille.



Félicie et Olivia ricanèrent tandis qu’Amber gémit misérablement.



Amber resta pâle et tremblante. Cela fit sourire Roxane. Qu’Olivia soit investie était normal, c’était son truc les jeux de rôle. Mais que Amber s’y investisse à ce point ! Amber se découvrait-elle une passion pour le théâtre érotique ?



Amber trébucha sur la première souche et s’étala de tout son long en criant. Immédiatement, des bruits de sabot vinrent dans leur direction.



Cette fois, les filles partirent en courant.



Félicie se figea. Le bois s’arrêtait net. Devant, une immense trouée et à une centaine de mètres, de nouveau des arbres. Un cheval apparut à droite, son cavalier dessus.



Charles Stethen longeait l’orée du bois, scrutant l’intérieur avec insistance.



Félicie considéra gravement la question avant de répondre :



L’argument se tenait, vaguement, et Roxane ne put le contrer.



Les trois femmes firent la moue. Elles ne semblaient pas croire Roxane.



Elle l’avait suffisamment vu jouer au polo pour en être certaine.



Roxane réfléchit intensément. À la limite, cela pouvait passer et puis cela donnait la possibilité à Charles de négocier, de discuter, de préciser peut-être les règles du jeu, les permis et les interdits. Roxane n’avait aucune envie de blesser Charles, mentalement ou physiquement et même s’il était habillé, il sentirait bien le coup de fouet s’il devait s’en prendre un. Roxane hocha la tête. Cette solution lui convenait.

Les quatre femmes sortirent du bois juste devant Charles qui stoppa sa monture devant les fuyardes, son visage barré d’un grand sourire.



Charles ricana en retour. Roxane déplia son fouet et le fit claquer à côté de la monture. Comme prévu, la jument fit un petit pas de côté mais son cavalier la contrôla à merveilles.



Charles, tout sourire, planta son regard dans celui de Roxane qui le soutint sans broncher. Le cavalier, tranquillement installé sur sa selle, sortit son téléphone portable de sa poche et le déverrouilla. Roxane se concentra avant d’abattre son fouet. L’appareil électronique vola au loin, faisant sursauter Charles qui se figea, tout sourire évanoui.



Charles lâcha les rênes, leva les mains en signe de paix et lentement, mit pied à terre. Amber s’élança pour attraper les rênes et tirer l’animal vers elle.



Les filles échangèrent des regards dégoûtés mais bon, Amber cesserait au moins de se plaindre et de les ralentir. Finalement, l’idée n’était pas si mauvaise.



Charles se recula, les mains toujours en avant en signe de paix, son regard rivé dans celui de Roxane qui le soutenait en souriant. Le comte Stethen souriait également, preuve qu’il s’amusait au moins autant qu’elle. Cela rassura Roxane. Il ne lui en voulait pas. Dès qu’il fut assez loin, il reprit une pause nonchalante, observant Amber galérer à monter sur le cheval et à s’y maintenir.

Finalement, Félicie ordonna le départ et les quatre femmes traversèrent la plaine à pied, sauf Amber qui s’accrochait à la jument qui avançait docilement. À peine eurent-elles atteint l’orée du bois qu’un sifflement se fit entendre. La jument s’ébroua et partit brusquement en arrière. Olivia lâcha les lanières de cuir et l’animal retourna à son propriétaire en train de téléphoner. Amber, agrippée sur son dos, hurlait.



À l’horizon, trois cavaliers apparaissaient.



Olivia fronça les sourcils.



Félicie ricana.



Roxane sourit puis annonça :



La garde forestière s’élança immédiatement entre les arbres et Roxane fit de même. Olivia jeta un dernier coup d’œil à Amber puis suivit le mouvement, le visage triste. L’avancée fut bien plus rapide sans Amber et cette fois, Roxane se trouva à la traîne. Elle peinait à suivre le rythme imposé par ses deux comparses. Habituée à rester assise dans un fauteuil pendant des heures à choisir le meilleur pion à avancer, elle souffrait dans cette épreuve physique.

Félicie était parfaitement dans son élément, comme en symbiose avec la forêt. Olivia, très sportive, supportait très bien le traitement là où Roxane transpirait, haletait et enchaînait les points de côté.

Une nouvelle trouée apparut devant elles. Les prochains arbres étaient loin et des herbes hautes apparaissaient de ci, de là. Des champs d’orties ponctuaient le tout. Les femmes observèrent l’horizon avec angoisse.



Les femmes s’élancèrent en courant. Il ne fallait surtout pas traîner. Cet endroit était leur élément. Il s’agissait de ne pas trop s’y attarder. Félicie, en tête, courait bien plus vite que ses deux comparses. Ce fut avec terreur que Roxane vit Félicie s’écrouler.



Roxane constata qu’il était prisonnier d’un assemblage de métal. Olivia l’observa.



Olivia hocha la tête.



Elle avait le sourire. Roxane l’enlaça puis se releva et observa son environnement. Olivia partit vers la gauche en courant. Roxane craignait bien trop de tomber sur un piège pour s’éloigner aussi vite. Elle continua tout droit mais en faisant bien attention à chacun de ses pas.

Elle avisa les orties. Les pièges, ils avaient bien fallu les poser. Nul doute que les dominants avaient préféré s’éviter une douleur inutile. Roxane choisit de passer au travers des herbes urticantes. Habillée, elle craignait assez peu leur morsure.

Elle avança prudemment, mesurant chacun de ses pas. Un brin la fit sursauter en caressant sa peau à travers la robe. Elle sentit sa morsure et grimaça. Une tige lui fit peur en remontant brutalement et Roxane fit un pas, celui de trop. Sa cheville se retrouva prisonnière. Elle observa le piège sur son pied et grimaça. Elle se coucha sur le sol, faisant fi de la douleur et de la brûlure entraînée par les orties et attendit silencieusement.

Alors que les sabots des chevaux faisaient trembler la terre, Roxane sentit le piège se débloquer. Elle s’en débarrassa et resta au sol, sans bouger.



Roxane entendit des bruits divers puis des bruits de sabots qui s’éloignaient.



Aucune réponse. Les dominants observaient les alentours, sans aucun doute. Roxane sourit. Obnubilés par Félicie, ils en avaient oublié, comme elle l’avait espéré, de regarder les autres pièges des environs.



Roxane soupira d’aise. Profitant qu’ils furent encore à portée, elle s’élança dans la direction opposée, vers les arbres et retrouva la quiétude du sous-bois, ravie. Elle avança sous la canopée, se sentant brutalement très seule. Amber et Félicie avaient été attrapées. Olivia était pourchassée. Roxane frissonna. Ça serait bientôt son tour, à n’en pas douter. Quels autres pièges avaient-ils mis sur leur route ?

Roxane peinait à avancer. Elle n’en pouvait plus. Depuis combien de temps avait-elle sauté dans cette botte de foin ? Deux heures ? Trois ? Elle s’appuya contre un arbre. Elle avait soif. Elle urina dans les fourrés puis reprit sa marche tout en secouant la tête.

À quoi bon ? Selon Félicie, il y avait fort à parier qu’elle était en train de tourner en rond, de toute façon. De plus, elle ignorait totalement la taille du domaine. Peut-être fallait-il des jours de marche pour atteindre sa limite dans cette direction !

Elle s’arrêta et reprit son souffle. Repartir ? Pourquoi ? Et si elle restait là, il se passerait quoi ? L’envie de moucher Du Moulin lui redonna de l’énergie. Si elle s’évadait, elle gagnerait enfin contre lui. Encore fallait-il atteindre la limite.

Roxane allait reprendre son chemin lorsqu’un bruit attira son attention. Elle descendit doucement au sol en calmant sa respiration rapide. Le son fut plus net : un cheval. Roxane sentit son cœur accélérer. L’animal s’approchait.

Roxane resta parfaitement immobile. La jument passa près d’elle. Albert la montait. Roxane ne broncha pas, se concentrant sur son ouïe. Une sonnerie retentit. À quelques pas d’elle, Albert décrocha son téléphone.



Elle l’entendit ronchonner puis cracher :



Roxane sourit. « Vous », avait-il dit. Ils parlaient à plusieurs personnes. « Moi » indiqua à Roxane que son cher époux était seul. Elle attendit qu’il raccroche puis se releva et constata avec bonheur qu’il était à portée de son fouet.



Albert se tourna vers elle mais ne broncha pas. Roxane fit claquer son fouet.



Albert obtempéra.



Il lui lança un regard noir. Roxane fit claquer son fouet près de lui et avec une moue rageuse, il lança l’objet électronique qui tomba au sol près de Roxane.



Albert sourit puis s’éloigna tranquillement. Roxane attendit qu’il ait parcouru une bonne dizaine de mètres avant de récupérer le téléphone. Elle observa son mari s’éloigner, vérifiant qu’il ne tentait pas de la contourner puis délia la jument et l’emmena avec elle.

Elle la tirait par la bride, ne préférant pas la monter. Elle risquait bien trop de se faire mal ou de risquer la même mésaventure qu’Amber. Roxane déverrouilla le téléphone de son mari dont elle connaissait le schéma puis lança le GPS.

Elle sut ainsi exactement où elle se trouvait. Elle repéra le village le plus proche et demanda à le rejoindre. « Cinq heures de marche », annonça le logiciel. « Super », pensa Roxane. À la première plaine, elle relâcha la jument qui s’éloigna en trottinant.

Roxane avança. Son pied se posa sur un piège qui se ne referma pas, émission sans fil du téléphone oblige. Elle sourit. Elle pourrait avancer sereinement. Elle poursuivit sa route pleine d’énergie, certaine que la victoire était à portée de la main. Quelques heures de marche n’étaient pas un gros prix à payer pour enfin vaincre Du Moulin.

Elle dut faire de nombreuses pauses. Décidément, elle manquait d’entraînement. Ses jambes hurlaient leur douleur. Elle avait soif. Elle avait faim. Elle ne rêvait que d’un bon lit douillet et ce foutu GPS qui indiquait encore quatre heures.

Roxane avançait pourtant en ligne droite, suivant les indications à la lettre, grimpant sur les rochers, traversant d’immenses plaines propices aux chevaux, n’hésitant pas à marcher dans des ruisseaux ou de la boue, à se laisser caresser par des orties. Elle ne contourna qu’un buisson de pyracanthas, vraiment trop dangereux. Ce fut son seul détour.

Elle fit une pause et ce ne fut qu’une fois sa respiration et son cœur un peu calmés qu’elle le perçut : le bruit de sabots, droit devant elle. Elle était en plein milieu d’une plaine. Elle se releva et le vit, à l’horizon, venant droit sur elle. Elle se retourna pour constater qu’elle était cernée. Un autre arrivait par derrière à droite et l’autre derrière à gauche. Tout ça pour rien ! Ils l’avaient retrouvée.

Roxane resta immobile. S’enfuir ? À quoi bon ? Elle était épuisée et leurs montures les porteraient sans difficulté. Elle avait perdu. Elle ne pouvait que l’admettre. Elle attendit sagement qu’ils approchent. Nicolas se plaça devant elle. Elle déposa ostensiblement son fouet au sol puis se mit à genoux, les mains sur la tête. Son regard vers le cavalier était humble et soumis.

Nicolas sourit puis descendit de cheval. Sans un mot, il plaça des entraves en acier autour des poignets de sa soumise. Les chaînes qu’il y fixa furent liées à la selle de sa monture couleur caramel. D’un coup sur la chaîne, il fit se lever Roxane qui suivit docilement le mouvement.



Elle lui tendit son bien dont il se saisit en lui caressant la tête en passant.



Nicolas attrapa le fouet au sol, l’attacha à sa ceinture puis remonta sur sa jument, avant de la faire avancer. Roxane gémit. Encore marcher ! Non ! Ses jambes hurlèrent leur désapprobation.



Roxane n’osa rien répondre. Elle baissa les yeux et se tut. Le duc français l’obligea à avancer à un train d’enfer, bien plus vite qu’elle ne le faisait jusque-là. Pour autant, il ne sortit jamais le fouet, se contentant de menacer dès qu’elle faiblissait.



Il se trouvait sous un immense abri. Le toit couvrait une grande surface. Quelques poteaux maintenaient le tout en place mais aucun mur ne fermait ce lieu extérieur. Amber se tenait assise au sol contre un des poteaux. Elle semblait se reposer. Félicie était attachée debout à un autre par les mains, le cou et les chevilles.



Amber ne daigna même pas ouvrir un œil sur la nouvelle venue. Lui en voulait-elle de n’avoir même pas essayé de la sauver ? Nicolas s’arrêta sous le refuge, attrapa la chaîne liée à la selle et l’enficha dans un crochet avant d’actionner une corde passant dans une poulie. Roxane se retrouva obligée de lever les bras au-dessus d’elle, prisonnière en deux secondes, tellement typique de Nicolas.



Il disparut rapidement, son téléphone collé à son oreille. Les autres lui disaient sûrement où ils se trouvaient. Nicolas offrit de l’eau à Roxane qui accepta volontiers. Félicie se vit offrir le même cadeau et elle le prit également. Nicolas s’installa ensuite et attendit.

Roxane ne comprenait pas. Pourquoi ne profitait-il pas d’elle ? Pourquoi rester aussi neutre et lointain ? Les trois prisonnières portaient toujours leurs vêtements. Il ne cherchait pas à les toucher. Amber n’était même pas attachée.



Nicolas ouvrit un œil et sourit.



Nicolas sourit de plus bel. « Allez Olivia ! Mets-leur-en plein la vue ! » encouragea mentalement Roxane tandis que Nicolas refermait les yeux pour se détendre.



Nicolas haussa les épaules. Roxane observa Amber qui se reposait tranquillement. Pourquoi Nicolas ne craignait-il pas qu’elle s’enfuît ? Roxane tira sur ses liens mais rien ne bougea. Ses épaules la faisaient souffrir.



Nicolas n’ouvrit même pas un œil. Roxane prit son mal en patience et contrôla sa respiration pour ne pas rajouter à sa douleur.

Roxane parvint à se reposer un peu. Une sonnerie la fit revenir à la réalité du moment. Nicolas déverrouilla son téléphone et sourit en lisant l’écran.



« Non ! » s’exclama Roxane en pensées. Et dire qu’elle avait pensé enfin y arriver. Peine perdue. On ne gagnait jamais contre eux. À l’annonce de Nicolas, Amber s’était redressée et avait souri. Toute la journée revint à Roxane et elle comprit.



Amber ne put s’empêcher de sourire à ces mots.



Roxane observa la robe en lambeaux de la frêle brune. Elle ne rencontrait pas de ronces ! Elle déchirait elle-même ses habits.



Roxane secoua la tête de dégoût. En réalité, la situation l’amusait follement et elle comprenait totalement Amber. Si on lui avait proposé à elle de faire le rôle du traître, elle l’aurait accepté sans aucune contrepartie. Faire culpabiliser Amber la faisait rire.



Le god gonflant, le bâillon écarteur, la frustration et le fouet, de quoi donner des ailes à la petite Amber délicate.



Roxane secoua la tête de dépit. Amber avait gagné en beauté. Elle les avait totalement manipulées, les amenant exactement là où elle voulait.

L’attente fut longue mais enfin, les trois cavaliers arrivèrent, traînant derrière eux une Olivia visiblement exténuée. Charles la fit mettre à genoux avant de lui lier les chevilles à l’aide d’une chaîne. Une grosse poutre de bois sur les épaules fut liée à son cou et ses poignets. Le carcan la contraignait correctement.



Roxane fronça les sourcils. De quoi Olivia parlait-elle ?



Roxane se crispa. Que s’était-il passé ? Olivia avait-elle été brutalisée ?



Olivia fit une pause.



Roxane était pétrifiée mais elle constata que tout le monde écoutait son récit avec attention, même les dominants. Ils devaient probablement eux aussi ignorer cette partie, n’étant pas présents.



Olivia leva les yeux sur sa comparse, interloquée.



Roxane hocha la tête.



Combien de temps cela lui prendrait-il pour effacer ces images de sa tête ?



Les soumises grimaçaient tandis que les dominants souriaient pleinement.



« Ronald et son flegme anglais ! » maugréa Roxane en pensées.



Roxane trembla. Félicie vivait elle aussi ce moment à travers le récit d’Olivia. Amber semblait perdue entre compassion et sourire. Elle ne savait pas trop où se situer.



Roxane ouvrit grand les yeux. Ronald, de son côté ? C’était adorable de sa part.



Albert serra les mâchoires en se tortillant. Cela le mettait clairement mal à l’aise.



La victoire s’était jouée à un cheveu, comprit Roxane. La clé du donjon… Voilà ce qui avait convaincu Ronald : son plaisir personnel avec Isabelle. Roxane était dégoûtée.



Les quatre dominants grimacèrent. Visiblement, ils n’étaient pas fiers d’eux-mêmes.



Nicolas sourit mais son regard était narquois. Roxane conserva sa superbe. Elle ne comptait pas s’excuser. Et puis quoi encore ? Si Nicolas pouvait apprendre à tirer à l’arc sans le dire à personne, elle pouvait faire de même avec un fouet. C’était son droit.



Les quatre dominants se tournèrent vers Olivia et Félicie qui se crispèrent en constatant être soudain leur centre d’intérêt. Philibert se dirigea vers Félicie et Charles vers Olivia. Avec douceur et tendresse, les deux dominants entreprirent de déshabiller leur soumise respective. Si la position empêchait un vêtement de tomber, les deux hommes se contentaient de les couper à l’aide d’une paire de ciseaux à bout rond de type Jesco.

Rapidement, les deux femmes se retrouvèrent entièrement nues, à la merci de leurs maîtres. Ces derniers attrapèrent le god gonflant et le bâillon écarteur et entreprirent de les placer à leur soumise. Consciente d’être impuissantes, elles se laissèrent faire, tandis qu’Albert et Nicolas observaient, attendant la permission de leurs amis pour intervenir.

Roxane sentit sa respiration s’accélérer et son cœur battre plus fort. Elle sentait une sueur froide l’envahir. Elle tenta de se calmer, utilisant les leçons de son psy. « Je ne suis pas jalouse », se répéta-t-elle. De ce fait, elle ne l’était pas. Albert et Nicolas ne touchaient même pas les deux femmes et Roxane ne leur en voulait pas spécialement à eux.

Si elle se sentait mal, c’était parce que personne ne s’intéressait à elle. Elle était mise de côté, autant que Amber mais Roxane s’en fichait. Son côté rationnel lui répétait qu’ils viendraient s’occuper d’elle après, que c’était chacun son tour, qu’ils voulaient juste profiter de chacune tranquillement.

Pourtant, Roxane n’y pouvait rien. Félicie, le ventre rempli du god gonflant, cria et supplia son maître d’arrêter de le gonfler mais Philibert ne l’entendait apparemment pas de cette oreille. Les bruits étranglés d’Olivia obligée d’avaler sans moyen de lutter la bite bien dure de son maître emplissaient l’abri.

Roxane tremblait. Son ventre se crispait. Elle retenait ses larmes. Elle ne voulait empêcher personne de prendre du plaisir. Félicie avait beau supplier, elle adorait être ainsi remplie, Roxane le savait. La soumise échangeait de nombreux sourires avec son dominant. Olivia jouait à merveilles la prisonnière utilisée contre son gré mais la balle colorée dans sa main restait sagement à sa place.

Félicie fut détachée et mise à quatre pattes. Tandis que Philibert l’enculait, il caressa son clitoris et Félicie hurla son plaisir. L’orgasme avait l’air fulgurant et profond. La bite de Charles la fit taire tandis que sur un geste de ce dernier, Albert s’avança vers Olivia pour profiter de sa bouche offerte.

Roxane se sentit mal. Elle avait des sueurs froides suivies de bouffées de chaleur. Tout son être hurlait intérieurement. Son âme souffrait. Elle se sentait abandonnée, délaissée, seule, isolée, éloignée. On lui aurait enfoncé un couteau dans le cœur que l’effet aurait été le même.



Nicolas réagit dans la seconde. Il s’éloigna des ébats en cours pour s’approcher de Roxane.



Elle fut heureuse de la présence des mots de sécurité car en cet instant, elle était incapable de dire quoi que ce soit d’autre. Nicolas blêmit et immédiatement, il attrapa la chaine et la fit descendre. Il attrapa Roxane qui lui tomba dans les bras et l’amena à l’écart.

Dès qu’elle fut assise dans ses bras, elle s’autorisa à fondre en larmes. Elle s’en voulait tellement ! La culpabilité la rongeait. La sensation d’échec la foudroyait. Elle avait raté. Elle n’avait pas été capable de le supporter. Ne pas être le centre de l’attention : sa plus grosse difficulté.



Roxane pleura encore plus fort, le serrant contre elle, le tenant comme si sa vie en dépendait. Il la serra tendrement en retour, lui chuchotant des mots rassurants. Non loin, Félicie criait son plaisir, encore, et encore, et encore. Des râles et des grognements indiquaient sans équivoque possible que ces messieurs aussi s’amusaient.

Câlinée, Roxane finit par se calmer mais la culpabilité, elle, ne disparaissait pas, le honte de son échec aussi.



Elle serrait le bras de Nicolas de toutes ses forces. Ses mots la rassuraient mais son ego venait d’en prendre un sacré coup. L’échec était total : contre eux et contre elle-même.

Plus loin, les bruits de bouche avaient cédé la place à des tintements de verre et de mastication. Albert fit son apparition mais Nicolas le fit s’éloigner. Roxane lui en sut gré. Elle voulait rester seule avec son maître du jour. Elle avait trop honte pour supporter le regard de son mari et maître. Après un long câlin, elle s’apaisa.



Roxane se tendit brusquement, d’angoisse mais aussi d’impatience. Elle se releva et Nicolas la ramena sous l’abri. Olivia était toujours maintenue par son carcan, les chevilles liées par une chaîne, mais sa bouche était libre. Félicie avait retrouvé son poteau et son ventre était vide. Elle semblait épuisée mais souriait pleinement.

Les deux femmes se tournèrent vers Roxane et lui lancèrent un regard inquiet et interrogateur. Roxane ne leur rendit pas leur regard. Elle avait bien trop honte et surtout, elle tenait à se trouver avec Nicolas et personne d’autre. Elle constata que Philibert et Albert se trouvaient à côté d’Amber. Charles s’était positionné proche du point d’ancrage de Roxane. Les binômes étaient créés. Charles comptait bien profiter des marques de la masochiste.

Nicolas rattacha Roxane puis demanda :



Il sourit. Puis, il s’avança vers Roxane pour la dévêtir avec tendresse. Les passants sur les épaules furent découpés et Roxane se retrouva intégralement nue. Elle en rougit. Malgré le temps, elle ne s’y faisait pas. Leur regard la pétrifiait toujours autant. Il la regarda intensément puis murmura à son oreille :



Roxane en frissonna de bonheur. Il voulait lui offrir un subspace. Roxane constata qu’il n’était armé que de son fouet, la méthode préférée de la soumise pour grimper. Elle s’en retrouva submergée d’amour mais lorsque son regard se posa sur le sadique et son regard concentré et froid, elle ne ressentit plus qu’une profonde admiration, une soumission absolue pour cet homme qu’elle vénérait, qu’elle adorait, à qui elle s’offrirait sans retenue.

Le premier coup l’atteignit au dos. Roxane hurla sans quitter son tourmenteur du regard. Dans ses yeux, elle se perdit tout en y trouvant la force, le calme, la sérénité. Dès le second coup, elle s’envola. Elle lui était acquise. Nicolas continua en souriant tandis que Roxane n’était plus nulle part, ni ici, ni ailleurs, mais avec lui, sans aucun doute.

Il avait dit qu’elle parlait durant son séjour en subspace. Elle ne s’en rendait absolument pas compte. À ses yeux, elle nageait en plein bonheur et suppliait qu’il continue mais en pensées, pas en mot. Roxane sentit le cracker toucher son dos, ses fesses, son ventre, ses seins, son sexe et chaque impact la maintenait là-haut.

Elle atteignit un plateau où elle resta avec bonheur et soudain, une impact plus violente la prit par surprise. Elle hurla, redescendant brutalement.



Le coup suivant, plus léger, fut plus facile à supporter et Roxane se laissa porter. Elle retrouva le plateau et un coup violent suivit. Cette fois, Roxane ne tenta pas de s’y opposer ou de le rejeter. Elle l’accueillit pleinement et l’envol fut merveilleux. Jamais subspace ne fut aussi haut !

Les coups suivants furent aussi violents que le dernier.



Elle entendit Nicolas rire. Le fouet retentit, résonnant dans l’abri vide. Finalement, Roxane se sentit faible, trop pour poursuivre et les coups cessèrent. Avait-elle indiqué son désir à voix haute ? Elle n’en avait aucune idée. Elle se sentit menée au sol et enveloppée dans une couverture chaude. On lui proposa un verre d’eau qu’elle avala goulûment. Elle resta au sol pendant un moment.

Elle entendait des bruits autour d’elle mais elle ne les interprétait pas. Des paroles étaient prononcées sans qu’elle n’y donne de sens. Elle sentit qu’on passait quelque chose de tiède et d’agréable sur son corps. Elle ronronna de plaisir.

On lui redonna à boire et doucement, elle reprit conscience du monde qui l’entourait. Elle s’assit et Nicolas apparut devant elle. Elle lui sourit. Il le lui rendit et Roxane se sentit submergée par un amour inconditionnel. Elle l’embrassa et il lui offrit un baiser passionné en retour.



Roxane sentit un liquide chaud couler entre ses jambes. Elle venait de se faire dessus mais n’en avait cure. Elle était bien. Elle mangea dans la main de Nicolas, sans jamais le quitter des yeux, dévorant son visage, s’enivrant de ses yeux. Régulièrement, il l’embrassait et Roxane miaulait de plaisir.

Enfin, elle reprit totalement conscience de son environnement. L’abri reparut ainsi que les autres personnes présentes. Les soumises étaient libres et portaient des peignoirs confortables. Si Amber souriait, Félicie et Olivia semblaient davantage concernées. Albert montrait un visage sévère là où Charles rayonnait. Philibert discutait avec Amber qui gloussait.



Le regard de Roxane fut attiré vers sa gauche. Le sac de premier secours était ouvert. Des compresses recouvertes de sang jonchaient le sol.



Nicolas rit en retour.



Ses yeux brillaient de désir, d’amour, de reconnaissance. Il se savait accepté entièrement. Devant elle, il pouvait se dévoiler sans crainte d’être jugé, critiqué ou rejeté.



Cela ramena Roxane à la réalité. Elle se tourna vers Albert et son regard lui fit de la peine. Elle tendit la main vers lui et il s’approcha pour la saisir en se forçant à sourire.



Roxane hocha la tête.



Albert venait d’atteindre une de ses limites. Nicolas et Roxane acquiescèrent. Albert ne serait plus jamais témoin de ça.



Elle s’adressait à Nicolas. Il lui donna l’autorisation de parler.



Nicolas sourit en retour tandis que Félicie et Olivia hochaient frénétiquement la tête.



Amber s’en figea de stupeur.



Félicie se tourna vers Olivia.



Amber maintenait les yeux baissés.



Elle laissa un petit silence puis annonça alors que tous les regards étaient tournés vers elle :