| n° 10869 | Fiche technique | 8975 caractères | 8975Temps de lecture estimé : 6 mn | 10/10/06 |
| Résumé: Avignon, plein mois de juillet. Ils se retrouvent enfin. | ||||
| Critères: fh extracon forêt amour cérébral fellation | ||||
| Auteur : Rosa Thurner Envoi mini-message | ||||
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Résumé : Ils s’étaient retrouvés par le biais d’un site internet. Ils ne s’étaient pas revus depuis leurs vingt ans, depuis que leurs chemins avaient bifurqué, que la vie matérielle et bourgeoise leur avait fait oublier leurs frasques d’étudiants, leurs engagements, leur passion mutuelle. C’est lui qui un soir d’été avait mis fin à leur relation. Elle était demeurée inconsolable, puis avait soigné le mal par les mâles. Mais rien n’arrivait à l’effacer. Et puis ce fameux hasard les avait à nouveau rassemblés. Ils s’étaient envoyés des messages d’abord amicaux et puis comme tous les amants qui se sont aimés, ils avaient repris le fil de leurs divagations intimistes. Elle lui avait fait part de ses fantasmes. Il en fut ému, lui proposa de la rencontrer à mi-chemin de leur lieu respectif d’habitation. Ils se retrouvèrent à Avignon. Leurs sentiments n’avaient pas pris une ride. La chaleur du mois de juillet les incita à se baigner.
S’enfoncer ce jour-là avec lui, par cet été torride, dans ce bois en bordure de route, fut de ces instants qui illuminent la vie dans ses heures les plus noires. Ils avaient voulu, bien entendu, se rafraîchir dans les eaux peu profondes de la Cèze. Ils s’étaient alors déshabillés. L’attrait de leur nudité mutuelle fit voler en éclat les bonnes résolutions prises avant le voyage. Ils s’étaient enlacés, embrassés mais les regards noircis de concupiscences outragées des autres baigneurs avaient suffisamment refroidi leurs ardeurs pour préférer, malgré la chaleur étouffante du lieu, la discrétion des arbustes et la sévérité des ronces.
Ils décidèrent de partir vers la forêt, dans les hauteurs. La route sinueuse était déserte à l’heure de la sieste. La canicule avait dissuadé tout promeneur d’emprunter les chemins rocailleux en bordure de route. Il lui prit la main et l’amena loin de la voiture garée en contrebas. Elle ne voulait pas hésiter. Ils avaient si peu de temps, son train partant deux heures plus tard, et une envie si longtemps contenue qu’ils se précipitèrent dans les bras l’un de l’autre sûrs cette fois de ne pas être vus. Elle lui déboutonna la chemise, il la savait nue sous sa jupe, il s’empressa de la lui soulever. Ce geste lui fit comprendre à quel point il la désirait, ce qui aiguisa son appétit. Elle déboutonna son pantalon et fit glisser son slip. Elle put contempler sa splendide vigueur, pour un instant seulement, car il la prit dans ses bras tout contre lui en la soulevant du sol. Elle avait oublié combien il était fort et puissant et se remémora en l’espace d’un éclair le plaisir qu’il lui avait donné autrefois dans cette position. S’il avait su comme elle le vénérait à ce moment-là…
Mais ils s’étaient dit qu’aller plus loin dans leur relation les engagerait trop sur le lourd chemin de la culpabilité et ils n’étaient pas prêts à en supporter le poids. Et puis elle lui avait fait une promesse… elle aurait pourtant voulu le caresser plus longuement, faire courir ses lèvres sur le pourtour de son oreille, baiser la pulpe de ses doigts, puis les lui suçoter un à un… ils n’avaient véritablement pas le temps pour tous ces « petits à-côtés » qu’elle affectionnait particulièrement.
Alors elle fit ce que devant son écran, lors de leurs tchats, elle avait tant désiré lui faire… descendre doucement de la base de son cou avec la pointe de la langue jusqu’à ses poils pubiens et remonter sur la hampe de son pénis. Enfant, elle avait adoré gober les œufs bien frais… Était-elle en train de justifier son plaisir de la fellation par ce souvenir d’enfance jubilatoire ? Elle en avait une telle envie qu’elle ne pensa plus aux conventions. À cet instant, elle aima emplir sa bouche de son sexe tendu si hésitant pourtant, timide peut-être ou trop à sa merci ? La situation l’excita terriblement. Elle sentit couler entre ses cuisses la preuve de son propre plaisir ; lui, comprenant son excitation, caressa ses fesses dénudées puis son entrecuisse s’apercevant de l’humidité de l’endroit. Il enfonça ses doigts plus profondément, il fut fixé sur son désir. Elle le sentit plus entreprenant dans sa bouche et perçut les prémisses des vagues de plaisir parcourir son sexe à lui et se transmettre telles une onde électrique à son système nerveux le long de son épine dorsale à elle pour enflammer ses reins et sillonner plus bas encore.
Avec sa main gauche, elle se mit à caresser de bas en haut son pénis qui ondulait prestement dans sa bouche. Il l’incita à placer sa main droite sous ses bourses bombées comme des fruits mûrs pour qu’elle lui prodigue une double caresse. Elle aima qu’il la guide dans son plaisir. C’était pour elle une grande marque de complicité. Elle sentit alors la sève monter. Elle eut envie d’accélérer la succion pour ne rien perdre de sa jouissance. Elle le sentait fondre en elle. Elle eut envie de gémir tant son vagin se contractait au rythme frénétique que l’orgasme qu’il semblait éprouver en sa bouche lui imposait. Elle reçut le jet liquide si savoureux dans son palais. Elle voulut le lécher encore mais il semblait épuisé. Peut-être eût-il préféré à ce moment-là pouvoir se reposer un peu ? Casser la cadence infernale que tous les deux s’étaient imposée depuis le matin afin de profiter de chaque moment ? Elle savait qu’il serait déçu de ne pas avoir eu le temps de lui procurer à son tour l’orgasme tant recherché par toute cette terre grouillante d’êtres humains, mais elle, elle était satisfaite de l’avoir enfin retrouvé lui, tel qu’elle l’avait laissé quinze ans plus tôt, heureuse de constater que cette connivence entre eux qu’elle n’avait jamais pu retrouver ailleurs n’avait pas vieilli. Et qu’ils devaient certainement vibrer sur une même fréquence de plaisir.
Ils reprirent la voiture et roulèrent sans parler. Il leur fallait reprendre la route vers leurs foyers respectifs et ne rien laisser paraître de ce qu’ils avaient vécu dans ce lieu aride.
Elle fut attristée de cette conversation. Il était donc devenu si moraliste que ça ? Non en fait ce n’était pas cela qu’elle trouvait déplaisant, c’était qu’il se préoccupât d’elle en sa présence alors que de son côté, elle avait repoussé toute pensée coupable afin de profiter au maximum des moments passés ensemble, si rares et pourtant si intenses. Il lui caressa la joue, puis fit descendre sa main un peu plus bas pour se poser sur sa cuisse.
Ils se regardèrent amusés. Ils auraient pu continuer leur conversation taquine mais ils arrivèrent à la gare d’Avignon TGV. Elle trouva que les séparations étaient toujours aussi éprouvantes, lui le prit comme un reproche bien féminin mais il ne releva pas. Ils devaient se quitter pleins de bons souvenirs.