| n° 23653 | Fiche technique | 15061 caractères | 15061 2552 Temps de lecture estimé : 11 mn |
02/06/26 |
Résumé: Bien qu’hésitante, Norma poussa, ce jour-là, la porte de la librairie et tomba, par hasard, sur ce livre esseulé. Il suffit parfois d’un libraire consciencieux pour découvrir avec délectation un nouvel univers. | ||||
Critères: #volupté fh cunnilingu pénétratio fdanus fsodo | ||||
| Auteur : Tristan B Envoi mini-message | ||||
| DEBUT de la série | Série : La librairie Chapitre 01 / 02 | Épisode suivant |
Norma poussa la porte de la petite librairie. La clochette tinta deux fois. C’était une vraie clochette. Rien d’électrique. Rien d’électronique. Une petite clochette ancienne et métallique qui s’anima à l’ouverture de la porte puis à la fermeture. Et le silence retomba sur les rayonnages et le parquet de bois.
Elle resta immobile quelques instants. Elle respira l’endroit comme à son habitude. S’imprégner avant de découvrir. L’odeur, les sons ou leur absence, la vie que l’on devine à travers les objets. Norma fit ses premiers pas. Le sol craqua un peu. De sa main, elle caressa le dos des livres rangés côte-à-côte à hauteur de ses yeux. L’un d’eux dépassait légèrement. Qui l’avait laissé ainsi, mal rangé, différent ? Elle imagina une jeune femme, hissée sur la pointe des pieds, le visage tourné pour lire les titres inscrits sur les dos alignés. Elle l’imagina glissant son doigt pour tirer le livre à elle puis redescendre sur ses talons et lire la quatrième de couverture. Puis, réfléchir, tourner le livre dans ses mains et finalement le reposer, incomplètement.
Norma s’apprêtait à le repousser lorsque le plancher craqua juste derrière elle.
Norma le dévisagea. Grisonnant, l’œil malicieux et le charme énervant. Lui aussi la regarda. Intensément. Avec un petit sourire au coin des lèvres.
Norma baissa un peu les yeux.
La tristesse voila furtivement le visage de Norma.
Le libraire fronça les sourcils et garda un peu le silence. Il retira « Le blason » de son rayon et le tendit à Norma.
Le libraire observa avec tendresse la main de Norma caressant la couverture du livre.
Norma leva les yeux en lui souriant.
La petite clochette de l’entrée tinta ses deux fois habituelles. Un couple, bras dessus, bras dessous, entra en pouffant de rire.
Le libraire tourna les talons en s’excusant auprès de Norma et fit un pas vers eux.
La jeune femme du couple lui sourit en chuchotant.
Le libraire sourit à son tour. Et ils allèrent tous trois d’un pas joyeux vers le rayonnage portant le joli nom de « fantaisies amoureuses et érotiques ».
Il les laissa bientôt à leurs joyeuses recherches et s’en revint vers Norma. Il lui tendit la main.
Elle saisit la main qui n’attendait que ça.
La façon dont le libraire la détaillait à présent évoquait plus le regard affûté d’un peintre ou d’un sculpteur que celui d’un libraire. Leurs deux mains refusaient encore de se séparer. Norma trouva cela charmant. Troublant, à vrai dire.
Ils restèrent silencieux. Conscients qu’il se passait là quelque chose d’étrange. Ce fut elle qui osa briser le court silence.
Il finit par lui lâcher la main.
Comme elle fronçait les sourcils pour chercher à comprendre, il sourit et forma un petit triangle avec ses doigts. Ce signe bien connu des adeptes du yoga que l’on nomme « Yoni Mudra ».
Norma, connaissant visiblement cette symbolique, s’ouvrit d’un joli sourire. Il rajouta :
Norma s’en voulut d’avoir laissé se deviner cet instant de tristesse. Elle avait préféré ce soupçon de gourmandise que son corps avait fait naître chez cet homme si bienveillant. Sans narcissisme aucun, Norma aimait bien ce corps et il le lui rendait bien. Le roux flamboyant de sa chevelure avait attiré les railleries lorsqu’elle était enfant. À présent, le regard des hommes, et de quelques femmes aussi, lui parlaient d’autre chose. Et quand ses petites fesses constellées de petites tâches de rousseur dansaient dans son miroir, elle aimait ce qu’elle était devenue. Cette femme de bientôt cinquante ans ni allumeuse ni farouche. Simplement vivante. Et celui qui l’avait sinon maltraitée du moins négligée était loin maintenant. Il restait dans sa mémoire pourtant cette retenue, ce manque de confiance en l’autre. Ce manque de confiance qui la mettait trop en retrait des avances des hommes et de quelques femmes aussi.
Balthazar retourna bientôt à ses occupations de libraire tandis que Norma s’attardait dans la boutique. Passant de rayons en rayons, elle visitait les quatrièmes de couverture. Retardant autant qu’elle le pouvait le moment de quitter la librairie.
Ce fut lui qui, ayant fermé sa caisse et saisi son trousseau de clés, indiqua le moment tant redouté.
Ils étaient dehors maintenant et le rideau métallique grinça plaintivement jusqu’à toucher le sol pour la nuit à venir.
Ce fut vers le dessert, alors qu’ils avaient échangé leurs plats et leurs histoires, que « Le Blason » revint dans la conversation.
Il frotta sa courte barbe que le temps s’amusait à colorer de sel depuis quelques années.
Norma posa sa main sur celle de Balthazar visiblement gêné.
Elle se leva. Se pencha par dessus la table, lui saisit le visage et l’embrassa tendrement sur les lèvres. Elle lui sourit et se rassit.
Ils étaient sortis du restaurant et, en cette douce nuit d’été, avaient choisi de s’installer sur un petit banc dans un coin sombre entre deux réverbères.
Il était assis. Elle hésita un peu puis s’allongea et posa la tête sur ses cuisses. Il ne sembla pas surpris. Il commença.
La respiration de Norma s’était insensiblement approfondie. Son ventre s’était imperceptiblement éveillé à une chaleur qu’elle connaissait bien. Cet homme qu’elle ne connaissait pas se jouait d’elle avec délicatesse. Une sorte d’impatience la saisit soudain. Elle se redressa sur ses coudes.
Et ce fut ainsi qu’ils retournèrent à la librairie. Ce fut ainsi qu’ils échangèrent un long baiser sur le pas de la porte. Ce fut ainsi qu’elle s’allongea le plus naturellement du monde sur la table de lecture de l’arrière-boutique. Une confortable couverture, moelleuse à souhait glissée sous son dos. Il l’avait lentement dévêtue non sans avoir tout d’abord gagné son assentiment. Elle avait ouvert ses jambes et, dans le plus simple appareil, avait demandé à Balthazar de continuer son récit au plus près de son propre blason.
Balthazar glissa deux doigts dans la fine toison rousse qu’il jouait à décrire. Puis, il approcha son visage et huma.
Norma haletait à présent car le visage de Balthazar s’insinuait entre ses cuisses légèrement tremblantes. Le souffle chaud des paroles du libraire glissait sous la toison au plus près de la jolie fente.
Disant ces mots, le libraire effleurait la chair fragile de la pulpe de ses doigts. Les attouchements, pourtant légers, affolaient la respiration de Norma qui laissait échapper quelques soupirs mal retenus. Son corps ondulait à présent.
La langue de Balthazar accompagnait son propos maintenant quelque peu essoufflé. La table de lecture grinçait sous les lentes ondulations de Norma.
Norma, sur ces mots, s’ouvrit sur les doigts tendres et inquisiteurs de Balthazar qui ainsi la pénétra. Non sans cesser de récolter de sa langue le jus d’amour qu’elle laissait à présent s’échapper. Le plat du pouce sur l’épicentre du plaisir. Deux doigts en crochet glissés délicatement à l’intérieur. Et le son indécent de l’onctueux onguent inondant la main inquisitrice. La voix de Balthazar se gonflait maintenant de désir.
Sur ces mots, Norma se releva et prit appui sur ses coudes. Elle feula plus qu’elle ne parla tandis qu’elle saisissait Balthazar par les cheveux et plaquait son visage tout contre son entrejambe tremblant du plaisir à venir.
Balthazar se releva et prit le temps de se mettre à nu. Norma avait glissé deux doigts en elle et les mouvait avec délicatesse. Elle gémit d’impatience à la vue du libraire prenait son désir en main et le caressant lentement. Mais il n’en usa pas et s’accroupit à nouveau. Rien ne pressait. Il emboucha littéralement le sexe de Norma et s’abreuva à la source. La danse des deux bouches chantait l’humidité indécente des aspirations du libraire. Il lécha, il étira, il aspira tant et si bien que le ventre de son amante gicla sa jouissance et l’abreuva plus encore.
Soudain, tout s’accéléra. Balthazar se leva d’un bond, saisit les cuisses de Norma et les tira à lui. Les fesses au bord de la table de lecture, la jeune femme laissa tomber sa tête en arrière. Elle savait. Alors, Balthazar la pénétra d’un coup de bassin impatient. Et il la pilonna, rageur, déterminé et généreux. Les chairs claquaient d’humidité et leurs cris se mêlaient.
Il la retourna bientôt et lui écarta les jambes sans ménagement. Et il se ficha à nouveau en elle en grognant de plaisir.
L’assaut dura longtemps et Norma ne fut pas surprise de sentir un doigt se glisser rapidement entre ses fesses trempées et l’investir sans hésitation aucune. Le doigt dans son cul et le vit dans son vagin, les deux membres dansèrent un long moment, lui arrachant des soupirs et des cris que rien ne pouvait retenir.
Enfin, ce fut elle qui, d’un regard par dessus son épaule, l’invita à aller plus loin. Alors, il sortit d’elle et se présenta à l’entrée étroite des plaisirs à venir. Il poussa et elle s’ouvrit. Leurs sensations se firent nouvelles. Lui dans ce conduit étroit. Elle remplie différemment. Et leurs cris s’épousèrent à merveille.
Il finit par s’épancher en elle tandis qu’elle frottait son blason d’une main impatiente. Son cri à lui fut silencieux. Son râle à elle animal.
Quelque part, dans une petite librairie, un livre attend toujours que quelqu’un vienne enfin parcourir ses pages. Le libraire avait raison. Après tout, le livre se suffit à lui-même. Il a déjà fait le bonheur de celui qui l’a écrit. Qu’il soit lu ou non n’a pas vraiment d’importance.