| n° 23308 | Fiche technique | 11861 caractères | 11861 2076 Temps de lecture estimé : 9 mn |
26/09/25 |
| Présentation: Chapitre 23 : Récupérer l’Albatros. | ||||
Résumé: Elle donna les ordres et l’ancre immobilisa le Queen. Ils rejoignirent la berge avec la chaloupe. Mary connaissait très bien son amie et ce qu’elle voyait en elle ne lui plaisait pas du tout. | ||||
Critères: #chronique #drame #nonérotique #aventure #fantastique | ||||
| Auteur : Melle Mélina Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : La pirate des sept mers Chapitre 16 / 16 | FIN de la série |
Elle donna les ordres et l’ancre immobilisa le Queen. Ils rejoignirent la berge avec la chaloupe. Mary connaissait très bien son amie et ce qu’elle voyait en elle ne lui plaisait pas du tout. La mine sombre, le regard perdu et surtout le sourire immuable disparu, tout trahissait chez elle de noires pensées.
Une fois sur le sable, Mary prit à part sa partenaire pour lui dire ce qu’elle craignait.
Hélène se tut.
Mary reprit :
À son tour, Lorelei Lu Rafet posait le pied au sol. Elle compta le nombre de marins présents sur le banc de sable, ils étaient treize, dont trois femmes, puis elle prit la parole :
Elle s’approcha, le sabre en main.
Mary s’adressa à ses hommes :
Les deux femmes, pieds nus, semblaient danser sur le sable, elles virevoltaient et l’acier tintinnabulait, des flammes jaillissaient à chaque fois que les lames se croisaient et se fracassaient l’une sur l’autre.
Les deux duellistes étaient des maîtres dans leur art, l’une portée sur l’attaque, tandis que l’autre excellait en défense. Tour à tour, elles changeaient de rôle et aucune ne prenait le dessus sur l’autre. Mary commençait à douter quelque peu, elle avait eu très facilement l’ascendant lors de leur première confrontation, mais là, c’était comme si elle combattait une autre épéiste.
Leur dernière rencontre datait maintenant d’il y a sept ans. Lorelei avait mûri, elle s’était aguerrie auprès des meilleurs maîtres d’armes des cinq superpuissances, elle avait passé ces années à se battre et à tuer, elle était devenue l’une des meilleures bretteuses.
Cela faisait maintenant près de deux minutes que les coups se succédaient, tous plus rapides les uns que les autres. Lorelei toucha une première fois Mary au niveau de la joue, l’entaille aurait pu être plus profonde si la Dame des mers n’était pas aussi réactive, une belle estafilade se dessinait et le sang coula.
Hélène avait bien examiné les mouvements et la dextérité des deux femmes, elle commençait sérieusement à craindre pour Mary. Quelques signes démontraient une supériorité de l’ancienne esclave. La fatigue aidant, Mary était sensiblement moins rapide, tandis que la jeune négresse gardait toujours un rythme effréné sans reprendre son souffle.
Mary avait plus de force et sabre contre sabre, elle arriva à faire vaciller Lorelei qui posa un genou à terre. Elle appuya de tout son poids sa lame contre celle de la tueuse, mais cette dernière se dégagea en tourneboulant sur le côté. Elle se remit sur pied et constata que l’attaque de la Dame des mers avait été très énergivore, elle était le sabre abaissé à chercher son souffle.
Lorelei fit une pirouette en sa direction pour arriver presque sous elle. Toujours prompte, Mary recula et redressa sa lame. Grand bien lui en prit, car la lame de la tueuse aurait touché le ventre. Mary balança un énorme coup circulaire de haut en bas qui alla s’écraser sur le sabre de Lorelei. Le choc fit lâcher le sabre des mains de la tueuse, la pirate en profita pour prendre l’ascendant, mais, tel un chat, son adversaire esquiva l’ensemble des coups et réussit à récupérer son arme. De frapper dans l’air l’avait véritablement épuisée, à présent, la différence de rapidité entre les deux femmes était plus prégnante, et bientôt la pirate fut de nouveau touchée. La cuisse saignait abondamment, Mary n’avait plus les bons appuis pour répondre avec efficacité.
Hélène ferma les yeux, elle ne voulait plus voir. Elle entendit un cri de douleur : la voix de son amie, et ressentit les hommes perdre espoir. Elle se força à rouvrir les yeux.
Elle vit Mary au sol, sur le dos, du sang coulant depuis les intestins et Lorelei debout, la lame dégoulinante, pointée sur la gorge de la Dame.
Elle fixa Fleur de Tonnerre qui, les larmes aux yeux, regardait sa « chérie ».
La pirate murmura « Pitié », mais la lame s’enfonça doucement, cruellement dans la trachée, centimètre par centimètre comme pour mieux se délecter de la souffrance, de la peur de sa victime et de la voir s’éteindre.
Il fallut bien deux secondes avant qu’elle ne réalise vraiment la mort de Mary, elle restait interdite – juste avant de hurler un déchirant NNNNOOOOOONNNN ! Et elle se jeta sur le corps pour l’enlacer une dernière fois, elle pleurait sans réserve et les marins présents restaient muets et paralysés.
Blanche ne pleurait pas, car une haine incommensurable lui brûlait dans les veines, une rage grondait en elle envers cette femme qui ne respectait pas celle qu’elle venait de tuer. En effet, Lorelei affichait un sourire moqueur, tandis qu’elle essuyait sa lame.
Les larmes aux yeux, Fleur se tourna vers la tueuse et lui hurla :
Puis, de nouveau, elle lova le corps ensanglanté et lui parla :
Puis s’adressant de nouveau à Lorelei, mais sans lever le regard vers elle :
Hélène avait le cœur lourd, si lourd qu’elle ne savait comment continuer à le porter. Le regard vide de son amie était désormais gravé dans sa mémoire, un spectre l’accompagnant à chaque battement.
La culpabilité, telle une ombre insidieuse, s’était immiscée dans chaque recoin de son esprit et la rongeait comme un acide.
Que lui importait de vivre si c’était pour voir les personnes qu’elle aimait partir ? Le monde semblait dépourvu de couleurs, de chaleur, de sens. Elle se sentait comme une coquille vide,
Son équipage l’exhortait à se reprendre, mais elle n’écoutait pas, elle était submergée par le chagrin et le laissait la consumer. Dans sa tête, elle revoyait son maître d’armes Muraji Jinsai lui enseigner le Bushido. Elle l’entendait rouspéter :
Et elle de répondre :
Elle revoyait son amie Mary partager avec elle de nombreux amants, elle entendait son rire, elle entendait ses provocations. Elle était devenue imperméable à ce qui l’entourait. Il n’y avait plus personne sur ce sable doré, ni son équipage, ni cette salope de tueuse.
Elle crut discerner toutefois une phrase :
Elle prit une profonde inspiration, telle une non-morte, elle se leva et tint machinalement Metal Hurlant, mais elle ne voyait rien – tout du moins, rien qui n’appartenait à la réalité, elle voyait autour d’elle, son père, sa mère, le daïmio Yoshii Yabushige, Mariko Sama et elle leur parla :
Enfin, elle vit le capitaine Ded lui dire :
Elle ne sentit pas la lame de Lorelei lui transpercer le ventre, elle sentit juste le froid de l’acier et la chaleur du sang couler. Ses jambes ne la portèrent plus, elle tomba et son katana hurla pour la deuxième fois !
Blanche se saisit de Sabeku Kinzoku « Metal Hurlant » et engagea le combat avec la tueuse. Un voile empêchait Fleur agonisante de voir sa protégée frapper, frapper, frapper pour enfin toucher Lorelei. La tueuse était juste aux côtés des autres corps et Blanche tout en hurlant avec le Katana continuait de frapper, frapper, frapper et toucher.
Il fallut que Crevette intervienne pour que sa fiancée cesse le carnage. Il la prit dans ses bras, la couvrit de baisers et lui murmura sans discontinuer :
Épuisée, elle trouva encore la force de se pencher vers sa capitaine :
À ce mot, une dernière lueur éclaira le visage de Hélène, elle tenta de parler, mais seul du sang s’échappa des lèvres.
L’équipage ne vit pas arriver sur les berges une chaloupe de soldats hexagons tant il était accablé. Le commander Parsifal ne put que constater les dégâts : la piratine qu’il était venu gracier pourvu qu’elle le suive était les yeux grands ouverts, le sourire à jamais dessiné, tenant la main d’une autre femme. À leur côté se tenait une bouillie informe de ce qui avait été un être humain.
Blanche, encore les larmes aux yeux, s’entretint avec le commander. Après lui avoir expliqué ce qui s’était passé, elle obtint la grâce royale pour tous les crimes commis, contre l’assurance qu’Hexagone n’entendrait plus jamais parler de l’équipage de Fleur de Tonnerre.
Une fois les Hexagons partis, à l’unanimité, l’équipage jura fidélité au nouveau capitaine Blanche « Fleur des mers ». Elle échangea ses pensées : pour elle, il était intolérable que l’Albatros Rouge soit aux mains de cette crapule de capitaine Bartholomew Rogers. Enfin, elle voulait élever son enfant à venir sur des terres accueillantes et tourner boucanière.
Aussi, ses premiers mots en tant que capitaine furent les suivants :
Un petit mot :
J’espère que vous avez passé un bon moment en compagnie de ces dames féroces. J’y ai mis tout mon cœur et cet exercice m’a vraiment coûté. Je suis sortie de cette expérience rincée.
J’avais tout mis de côté pour me concentrer uniquement sur cette aventure. Je vais bientôt reprendre le personnage de Maya – personnage que j’apprécie au plus haut point.
Je tenais à remercier le plus chaleureusement possible Pattie et Bullitt qui ont réfléchi avec moi autour d’un découpage en plusieurs chapitres. Tous les titres sont de Bullitt.
Votre aide a été plus précieuse que vous ne le pensez. Merci à vous.
Le chapitre 16, chapitre se déroulant en Nipponie ( « Japon » médiéval) a été supervisé par l’expert qu’est mon ami Slaanesh. Il m’a donné beaucoup d’éléments pour rendre ce passage des plus vivants et également des plus « réalistes » (amusant pour une fantaisie, non ?).
Que j’aime tes Nippons, Japon, ton katana m’a coupée !
Enfin, je remercie Pierre Aaron (qui n’officie pas ici sur Revebebe) pour sa bienveillante relecture.
Pour cette aventure, la principale source d’inspiration est avant tout la série « Black sails », série qui m’a époustouflée.
Le passage sur la Nipponie m’a été inspiré de la série « Shogun ».
Of course !
Et enfin, j’ai découvert récemment l’univers « SteamPunk » (notamment sur des sites spécialisés sur Internet) et j’en suis admirative.
Voilà voili voilou.
Much of love, all of you !
À bientôt pour Maya ?