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Temps de lecture estimé : 61 mn
01/08/25
Présentation:  Suite et fin de la série Les amours de Pénélope Tancrène.
Résumé:  Livre 15 - Les amours de Pénélope. La nouvelle librairie de Lorient avait ouvert ses portes. "Le Pequod" n’avait pourtant rien d’un vieux baroudeur des mers. Le grand magasin dédié aux livres représentait plutôt un immense bateau flambant neuf.
Critères:  #revebebe #exhibitionniste fbi cérébral voir noculotte
Auteur : Juliette G      Envoi mini-message

Série : Les amours de Pénélope Tancrène

Chapitre 09 / 09
Le Pequod

Résumé des épisodes précédents :

Achille Lefort avait donné son tout dernier roman «Le téton de Cléopâtre», à sa maison d’édition. Annabelle Lajoie, elle, était devenue la nouvelle illustratrice de l’auteur à succès. Violette Lafleur et Barnabé Tourniqué, s’ils formaient un couple improbable, s’avéraient être des libertins passionnés de nouvelles découvertes. Depuis le retour de Paris de sa maîtresse, Octave Groseille se débattait comme il le pouvait pour éviter les griffes de madame Lajoie, cette dernière ayant des envies matrimoniales. Depuis les trois derniers mois, Pénélope Tancrène se partageait entre la librairie Moby Dick et le chantier de son projet de Lorient. Une vie quelque peu trépidante qui lui aurait convenu, si elle ne l’éloignait pas aussi souvent de ses amis et surtout, de son cher Achille. Depuis le dernier salon de lecture donné au Moby Dick, la belle libraire était restée très sage. Très sage en ne se donnant qu’à son amant autiste, mais terriblement coquine dans ses plaisirs.



Notes aux lecteurs



Librairie Moby Dick. La première des aventures de Pénélope Tancrène a tout d’abord été publiée sur un autre site. Pour des raisons que je ne donnerai pas, je décidais de m’éloigner de cette plate-forme de lecture et de publier sur RVBB. La série des « Pénélope » a donc été publiée sur RVBB. Et puis, une interruption de deux ans dans ma vie d’écriture. Une série inachevée depuis tout ce temps. Et enfin…




Littérature et culture




Chacun ses goûts. On ne peut se targuer de tout connaître.


Le monde de la littérature est vaste et il est impossible de l’explorer totalement. Il nous faudrait plusieurs vies. C’est un peu comme naviguer sur un océan. On le découvre pas à pas… Ou encablure par encablure.


À ce propos…


Encablure : Ancienne mesure de longueur appliquée aux câbles des ancres et qui servait à estimer les courtes distances. (L’encablure était de 120 brasses [environ 195 m] ; lors de l’adoption du système métrique, on la fixa à 200 m.)


Maquette du baleinier « Le Pequod »


https://fr.wikipedia.org/wiki/Moby-Dick


https://fr.wikipedia.org/wiki/Pequod


Qui n’a jamais entendu parler de Moby Dick ?


Qui ne connaît pas l’histoire du légendaire cachalot blanc ?


J’ai posé ici ces quelques précisions pour deux raisons.


1 – Tout le monde n’a pas forcément lu le roman.

Je vois mal un lecteur commencer par aller fouiller sur le Net pour savoir ce qu’est un « Pequod ». Quoique les plus curieux d’entre vous pourraient le faire avant d’ouvrir ce livre. Évidemment, je sais que nos écrans informatiques n’ont pas le charme de nos chers bouquins. Ce n’est pas vraiment la même chose. Alors gardons au moins des expressions et des mots qui nous plaisent. Moi, je trouve ça rassurant. « Ouvrir un livre ». J’aime beaucoup cette expression. J’éprouve un peu un sentiment de découverte. Quand on ouvre quelque chose, si rien n’est inscrit sur l’objet, ou si l’on ne comprend pas l’inscription, on peut tomber sur une mauvaise surprise.


2 – J’en ai terminé avec la Librairie Moby Dick.

En tout cas pour un bon bout de temps.

Pourquoi ai-je donné ce nom à cette librairie ? Eh bien, Octave Groseille étant un marin de la marine marchande en retraite… Je suis parfois assez tordue pour broder des bizarreries à partir de pas grand-chose.

Le besoin de relire le roman d’Herman Melville s’est donc aussitôt imposé à mon esprit tortueux. C’est ma façon de faire. L’imagination c’est bien, mais quand on parle de quelque chose qui a été créé par un autre (surtout quand il ne s’agit pas du premier venu), il vaut mieux savoir où l’on pose les pieds.


Comme quoi l’écriture mène à la lecture.


Et l’inverse est également possible, pour certains d’entre nous.


Lire Moby Dick. Peut-être que vous en aurez envie, vous aussi.


Un peu grâce à ma Pénélope. Je n’en serais pas peu fière 😇.


Lire et découvrir cette aventure.


Relire et apprécier à nouveau ce petit chef-d’œuvre de Melville.


Ou tout simplement ne pas aimer.


Bonne lecture.


Et bon vent ! 🙂




Le projet



Un local de sept cents mètres carrés. Deux étages de près de trois-cents cinquante mètres carrés chacun. Du bois, et encore du bois. Rouges ou patinés, noirs et précieux. Cinq cents mètres de cordages de première qualité. Quatre cent vingt kilogrammes d’acier. Deux cent cinquante kilogrammes de laiton et de cuivre. Deux petites chaloupes baleinières d’un peu plus de six mètres, rachetées à un collectionneur.

Ces deux petites chaloupes, censées représenter les véritables baleinières d’antan, prenaient certes de la place, mais auraient une utilité réelle. L’une au rez-de-chaussée et l’autre à l’étage, elles serviraient de «nurseries». Le Moby Dick avait une grosse clientèle d’enfants de tous âges. Les petits bateaux qui meublaient Le Pequod seraient emplis de livres pour enfants et de bandes dessinées. Ainsi, les travées entre les colonnes de livres seraient certainement plus calmes.

Le Pequod de Lorient n’était pas un vieux baleinier, mais un véritable géant des mers, flambant neuf. Pénélope Tancrène avait explosé le budget prévu, mais il lui avait été impossible de recréer les décors d’un vieux baleinier. Trop de contraintes à respecter, et de toute façon, le résultat aurait été affreux. Alors, la libraire avait opté pour un résultat mitigé. Les clients s’imagineraient bien à l’intérieur d’un bateau, mais ils n’y verraient pas l’image du baleinier vieillot et couturé de cicatrices.


Des harpons solidement accrochés aux murs et en hauteur, ceci afin que des enfants ne se blessent pas. Des personnages grandeur nature en bois plastifié, effigies d’aspect très réaliste, étaient disséminés dans la librairie. À l’entrée, un vieux marin censé être le capitaine Achab1 accueillait la clientèle d’un air bougon. Plus loin, Ismaël1, Queequeg1 et deux autres marins paraissaient occupés à observer les clients.

D’autres harponneurs peuplaient l’étage supérieur, ainsi que des petits tonneaux, des paquets de cordages et d’autres objets marins, répliques d’une autre époque. Quelques sextants, des longues-vues, des boussoles, et une foule de petites babioles affiliées au monde de la marine d’antan étaient exposées un peu partout dans la librairie. On pouvait également reconnaître d’anciennes lampes à huile fixées aux menuiseries des bibliothèques.

Un antique réverbère accolé à un mur était dédié aux explications sur l’expansion des chasses à la baleine partout dans le monde. Les chasses aux cétacés permettaient au monde entier d’éclairer les nuits des populations, et de permettre à l’industrie mondiale de se développer. Ces pêches intensives donnaient l’image d’un monde difficile pour ceux qui sillonnaient les océans, même si terriblement cruel pour les créatures qui les habitaient.

Aux murs, tableaux, peintures, gravures et aquarelles, tout un échantillonnage graphique qui représentait les aventures marines d’autrefois. On n’y reconnaissait pas uniquement des scènes de chasse ou de pêche, mais toute une époque de bateaux et de voiles.


La librairie Moby Dick avait son salon de lecture dans un petit bâtiment jouxtant l’échoppe. C’était une idée de Pénélope Tancrène et la jeune femme avait créé un endroit bien agencé et très agréable. La lectrice officiait sur une estrade. Elle lisait face à une cinquantaine de places assises permettant à un auditoire de s’installer pour les soirées dédiées de lecture. Pénélope était assise à une table de verre faisant office de bureau, et l’estrade était le point de mire de toutes les attentions. Des poufs et d’épais tapis disséminés un peu partout étaient réunis dans le centre du local, et destinés aux enfants les mercredis après-midi.

Ces lectures, qu’elles soient pour enfants ou érotiques, avaient tout de suite été suivies par la clientèle du Moby Dick. C’était un petit «plus» normalement gratuit mais les clients avaient fini par demander à leur sympathique libraire d’installer une sorte de cagnotte. Ceci fait, l’argent récolté servait à acheter des livres que la librairie offrait aux enfants après les lectures.

Le Pequod avait donc lui aussi son salon de lecture. Cette fois, il ne s’agissait pas d’une pièce rapportée. La libraire avait prévu sa construction et pouvait espérer qu’il remplirait parfaitement son rôle.


C’était dans une partie des combles que Pénélope avait installé son salon. La moitié de cet immense espace vide servait de grenier et de remise et il restait deux cents mètres carrés de libre. Cette surface trouvait donc son utilité. Le salon de lecture du Pequod pouvait accueillir tranquillement une cinquantaine de personnes.

On y accédait par un escalier en colimaçon d’acier tout neuf « déguisé » en vieil escalier de bois. Les peintures des poutres et des boiseries mêlaient les rouges et les gris et là encore on trouvait quelques objets de décoration évoquant la marine à voiles.

La libraire avait déniché de véritables reliques. Une barre de gouvernail à roue en bois, était fixée à la poutre centrale de l’espace dédié aux lectures. À ses côtés, un élégant compas de marine, monté sur un fût d’acajou haut d’un mètre cinquante, était solidement boulonné au parquet. Deux antiquités du XIXe siècle plutôt onéreuses mais qui valaient le coup d’œil. Une décoration authentique qui donnait un certain charme à l’endroit.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Chasse_%C3%A0_la_baleine




Les investissements d’Achille Lefort



Quand elle s’était associée à Octave Groseille, la jeune libraire n’avait pas réfléchi plus avant et s’était lancée avec enthousiasme dans la recherche d’un nouvel appartement. Un bien immobilier dont elle était aujourd’hui propriétaire. Et un petit nid qu’elle devrait vite vendre. Elle n’aimait pas dépendre d’autrui et si dans le moment, elle hébergeait Achille chez elle, il n’était pas question qu’il paye le loyer de sa nouvelle location. Jeannette Tancrène vivait maintenant à Toulon avec sa sœur et ne reviendrait pas. Pénélope lui avait fait une promesse et s’y tenait. Elle allait voir sa mère quatre fois par an. Une visite à chaque saison. Désormais, sa vie serait à Lorient, ce qui faisait un appartement de trop.



La réponse de sa compagne fit se trémousser sur son siège l’auteur autiste et il afficha une petite moue désabusée.



Pénélope Tancrène, la tête légèrement penchée sur l’épaule, observait son compagnon en souriant. La mauvaise humeur qui lui prenait la tête depuis le réveil se dissipait. Ce matin, c’était une réelle déconvenue qu’elle vivait. Elle adorait son appartement brestois et elle ne pourrait pas le garder. Pourtant cette déception s’était envolée comme par magie. Mais Achille Lefort, n’était-il pas un véritable magicien ?



Le sosie de Robert Redford fit une grimace et haussa ses larges épaules.



Si Pénélope souriait gentiment, son homme semblait étudier ses propositions le plus sérieusement du monde.



La jeune femme poussa un soupir et attrapa son paquet de cigarettes.





Nouvelles envies



Achille était surprenant dans bien des domaines. Était-ce dû à sa part d’autisme ? Pénélope n’en savait rien. Et pour être tout à fait honnête, hormis la simple curiosité d’en savoir un peu plus sur la personnalité complexe de l’homme qu’elle s’était choisi, elle s’en fichait un peu. Dans le domaine du sexe, il était difficile d’ignorer les qualités hors normes de son amant. Non content d’être endurant, il pouvait être infatigable. Il arrivait très souvent que son sexe reste dur après ses orgasmes et qu’il continue à satisfaire sa compagne sans avoir besoin de la moindre pause.

Et surtout, Achille possédait cette étrange faculté de deviner, comme de prévenir, les envies et les désirs de ses partenaires. C’était évidemment cette particularité qui était si surprenante. Ce que la jeune femme avait nommé «Impossible» paraissait tout à fait naturel à son amant. Il savait parfaitement qu’il était un amoureux proche de la perfection, sans toutefois être capable de comprendre ce qui le rendait exceptionnel.

Le sujet en question avait été abordé trois jours plus tôt. Achille, après avoir sodomisé et fait jouir sa maîtresse, lui avait simplement posé la question avec son naturel habituel. Depuis longtemps, le jeune homme avait décidé de rejeter tout complexe. Dès lors, assumer son autisme lui était devenu plus facilement gérable.

Pénélope, si elle n’était plus réellement là même femme et avait perdu de sa naïveté, restait franche et naturelle dans sa façon d’appréhender la vie. La belle libraire s’était donc confiée en toute discrétion et avec la plus grande franchise. Non, elle ne savait pas vraiment pourquoi elle aimait tant être sodomisée. C’était un peu comme un amalgame de sentiments divers. Un peu de l’impression d’être soumise, une petite d’envie d’être légèrement humiliée. Le besoin de jouir de manière différente. Elle mouillait en petites giclées chaque fois sans en comprendre la raison, et elle avait trouvé ces manifestations de plaisir très excitantes.





Une proposition inattendue



La veille au matin, la jeune femme avait reçu sa commande à la librairie. Il était 11h30 et elle avait dû patienter pour découvrir son colis. Ce n’était certainement pas le bon endroit pour déballer l’objet qu’elle avait acheté. Ensuite, pour la première fois depuis qu’elle avait ouvert sa librairie, madame Tancrène avait trouvé le temps long.

L’esprit quelque peu occupé à cette nouvelle envie, elle avait toutefois réussi à gérer son après-midi de travail.



Les idées intimes un tantinet érotiques de la jeune femme devaient être contagieuses et elle fut surprise de la réponse posée sous forme d’une autre question, balbutiée timidement par l’une de ses nouvelles clientes.



Certaines des habituées lorientaises du Pequod s’étaient montrées très curieuses et ne s’étaient pas gênées pour lui avoir laissé entendre certaines choses. Elles étaient très pressées d’en apprendre plus sur les fameux salons de lecture du Moby Dick.

Apparemment, ces petites assemblées suivies de débats étaient connues de certaines de ces dames et elles avaient hâte d’écouter Pénélope dans ses œuvres. Très vite, cette dernière avait compris que la demande pour des lectures serait forte, qu’elles soient pour les enfants ou pour les adultes.

Une nouvelle fois, la question se posait à la libraire. Pourquoi étaient-ce les femmes qui s’intéressaient à la lecture érotique ? En y réfléchissant, jamais un homme n’avait discuté d’érotisme avec elle. De plus, les rares clients qui avaient participé à un salon n’étaient jamais revenus une deuxième fois. C’était à croire que les hommes n’aimaient pas ce genre de littérature et n’appréciaient pas ses lectures. Ceci dit, sans associer Octave Groseille à ses pairs.


Après le départ d’Odile Landec, Pénélope Tancrène était restée un long moment à fumer une cigarette. Elle réfléchissait avec comme d’ordinaire la tête légèrement penchée du côté gauche. L’idée de la cliente était véritablement inattendue mais la libraire ferait tout son possible pour qu’elle devienne réalisable. Certes, elle éprouvait une certaine appréhension a se lancer dans ce petit projet mais également beaucoup de curiosité. Et surtout, une intense excitation lui avait pris le ventre depuis qu’elle y réfléchissait.

Évidemment, Pénélope savait qu’elle trouverait l’audace de se jeter à l’eau pour rendre cette idée viable. Ce serait vraiment une énorme cerise sur un gâteau déjà très appétissant.




Nom d’un Franklin, c’est pas Dieu possible



Achille s’était découvert un intérêt nouveau dans l’art culinaire. Tout au moins pour certaines recettes. Il s’était lancé dans l’élaboration de potages, de soupes, et de bouillons, des plus simples aux plus compliqués. Il réussissait parfaitement ses veloutés de tomates champignons et maîtrisait les soupes de poireaux pommes de terre et carottes potirons. C’était d’ailleurs cette dernière recette, suivie d’une tranche de rôti de porc, accompagnée de haricots verts, qui avait été le dîner du couple. Un couple autant improbable que pourtant très heureux et qui se partageait une vie bien remplie.

Achille Lefort écrivait un nouveau roman au titre une nouvelle fois plutôt surprenant. « Une jonque noire sous la lune rouge ».

Pénélope Tancrène, quant à elle, travaillait à son projet d’inauguration qu’elle prévoyait pour le mois suivant. Le début de juin lui paraissait une date parfaite. Le mois précédent les futures vacances d’été était idéal pour une petite fête. En tout cas, elle l’espérait.


Pour l’heure, harnachée de son nouveau jouet reçu le matin même, la jolie blonde prenait son amant qu’elle avait allongé sur le dos. L’olisbos pénétrait doucement ses fesses tandis qu’elle caressait son membre tendu. Sodomiser son homme excitait beaucoup Pénélope pour la simple raison qu’il paraissait beaucoup aimer l’être. Ce n’était pourtant pas le but de cette nouvelle acquisition.

Un peu plus tôt, c’était Achille qui sodomisait sa chérie installée elle aussi sur le dos et les jambes relevées haut. Son homme lui avait d’abord pris les fesses avec une certaine retenue. Quand sa compagne avait commencé à gémir, en se godant le sexe avec l’olisbos débarrassé de sa ceinture, les assauts du jeune auteur à succès prirent une autre tournure. Très vite, Pénélope jouit en gémissant longuement. Sa jolie petite chatte, lisse et douce depuis des mois, était de nouveau habillée dune toison couleur de miel. La jolie blonde gicla sur la queue de silicone en petits jets drus et il n’en fallut pas plus pour qu’Achille imite sa compagne, explosant entre les globes fermes qu’il prenait avec ardeur.



Était-ce les mots prononcés par la jeune femme ? Ou était-ce simplement le hasard ? Son amant poussa un soupir un peu rauque et jouit en longues saccades entre ses doigts tandis qu’elle s’enfonçait une nouvelle fois entre les fesses musclées. Le sosie de Robert Redford, allongé sur le dos, yeux clos, respirait lourdement. Pénélope cessa tout mouvement non sans arrêter de caresser le membre dur.



Le rire de Pénélope résonna dans la chambre. La jeune femme avait utilisé l’expression que son homme lançait quand il ne comprenait pas quelque chose. Depuis un moment, Achille s’était entiché de la série Outlander diffusée par Netflix. L’héroïne utilisait régulièrement cette étrange expression. Le jeune homme, après maintes et maintes recherches, n’avait jamais réussi à en trouver l’explication2.



L’air surpris de Pénélope ne sembla pas troubler outre mesure son amant.



Un peu plus tard, le sexe trempé et les fesses rougies, Pénélope jouissait en gémissant doucement sous les petites claques sèches qui faisaient tressauter son joli cul.




Inauguration



L’inauguration de la librairie avait été un réel succès. Bien heureusement, Odile Landec et quelques autres fidèles clientes avaient beaucoup aidé la patronne des lieux depuis le début de l’organisation de cette journée particulière. Tout un mois dédié aux préparatifs à raison de deux ou trois heures par jour et les samedis du mois de mai.

L’endroit était bondé et accueillait quelque deux cent cinquante personnes. De nombreux clients trouvèrent même le moyen de faire des emplettes, et tout en s’occupant de ses invités, Pénélope devait jouer les libraires pour ces achats.




Petite réception



Un franc succès qui s’était terminé sur le coup de 20h00. Cette petite inauguration s’était muée tranquillement en apéritif dînatoire, et là encore, ce fut un moment très agréable.

Pénélope était très demandée et passait d’un invité à l’autre pour bavarder. Il aurait d’ailleurs été plus juste de dire d’une invitée à une autre. Les hommes se faisaient rares et la petite cinquantaine de clients masculins paraissait moins encline à la discussion. Les clientes les plus assidues se connaissaient un peu et un petit groupe de femmes s’était formé. Il s’agissait également de celles qui avaient mis la main à la pâte en apportant leurs soutiens à la libraire.

Odile Landec était la plus entreprenante et la plus délurée des quatorze clientes intéressées et inscrites pour la séance de lecture. Comme le supposait Pénélope, il en allait au Pequod comme à la librairie Moby Dick. Les hommes se désintéressaient des lectures. Que ces séances évoquent l’érotisme ne semblait pas les motiver plus avant et c’était un peu étonnant pour ce qu’en pensait la jeune femme. Ce désintérêt faisait mentir l’adage que les hommes ne songeaient qu’à la bagatelle.

Pénélope Tancrène s’était approchée des deux femmes qui papotaient en buvant un verre de Chardonnay. Leur conversation tournait autour de la littérature du XVIe siècle et de la philosophie chère à ce bon Michel de Montaigne.

À la question de la libraire, son interlocutrice répondit par un petit sourire.



Le rire grave de l’autre femme, aussi brune que sa voisine était blonde, amena le regard azur de la libraire sur elle.



La femme brune sourit gaiement et posa une longue main sur l’épaule de la libraire.



La jolie blonde, les joues écarlates, regrettait encore sa répartie, aussi franche que déplacée, quand sa voisine colla ses lèvres à son oreille.



Un autre rire grave et Pénélope ne put s’empêcher de sourire à la belle brune.



La femme blonde, la mine boudeuse but une gorgée de son vin puis, après un petit moment, laissa filer un petit rire.



Une tornade à la crinière aussi sombre que celle de l’invitée avec qui la libraire discutait s’était frayé un passage vers les trois femmes, tout en jetant des sourires charmeurs et des excuses alentour.



La libraire posa sa main sur l’épaule de la nouvelle venue.



Pénélope rougit encore quand Annabelle Lajoie la prit par la taille. Cette dernière bouffait littéralement des yeux la charmante Chloé.



Juliette G n’était pas dupe et le comportement d’Annabelle Lajoie envers sa compagne ne lui avait certainement pas échappé. Elle semblait néanmoins ne pas en être jalouse et paraissait même s’en amuser.



Les deux femmes s’étaient accaparé Chloé et discutaient des textes d’EdenPlaisirs. Plusieurs fois déjà, la superbe madame Lajoie s’était débrouillée pour poser une main ou l’autre sur sa compagne. Un comportement que madame G n’appréciait pas particulièrement. Cette femme devait croire que puisque l’on écrivait de l’érotisme, on était forcément libertin. Libertines dans leur cas. Si leur couple était parfois ouvert à certaines découvertes, le libertinage n’avait jamais attiré les deux femmes. Quoi qu’il en soit, si cette madame Lajoie allait trop loin, elle réveillerait le pitbull qui se cachait sous l’apparence d’une bombasse badass des plus sympathiques.

Tout en observant Chloé et Annabelle, Juliette G s’était décidée à un petit jeu très personnel. Hormis le fait qu’elle était totalement folle de sa chérie, il lui était cette fois difficile de choisir et de décider laquelle des deux femmes était la plus jolie. Et c’était extrêmement rare. Assez rare, pour échafauder ce petit jeu. D’ordinaire, personne ne pouvait rivaliser avec sa chérie. À ses yeux tout au moins. Chloé était plus jeune et faisait plus bombasse que la superbe Annabelle Lajoie. Mais pour cette fois, l’autre brune apportait une classe et une distinction naturelle que la bombe Chloé n’avait pas. Non pas qu’elle en soit dépourvue, Juliette étant persuadée que sa compagne adoptait instinctivement un comportement sans grâce féminine, pour tenter d’effacer sa féminité exacerbée de reine de bals. Mais il lui fallait bien s’avouer que cette Annabelle Lajoie soutenait parfaitement la comparaison.

Quant à Pénélope Tancrène, elle aussi était belle. Mais c’était son charme qui la mettait en avant. Ses regards et ses sourires surtout. Cette jeune femme était certes très jolie mais également terriblement attirante. Sa personnalité était un autre atout. Madame Tancrène était très excitante. Tant physiquement que de par sa manière d’être. On le découvrait très vite.

Beaucoup parurent un peu déçus quand la maîtresse d’œuvre prit les formes pour les préparer au départ. Il était encore tôt mais pour certains, la soirée n’était pas terminée.




L’idée d’Odile Landec



L’idée d’Odile Landec avait tout d’abord laissé Pénélope quelque peu perplexe. Inviter Juliette G pour l’inauguration du Pequod et une séance de lecture n’était-il pas un peu ridicule ? Pourquoi une femme qui se fichait totalement d’être reconnue comme auteure accepterait-elle de venir à une petite réception donnée en son honneur ? Si tout au moins l’on pouvait exprimer cette invitation de cette manière. En fait, il s’agissait d’une petite libraire de quartier qui invitait une illustre inconnue à une inauguration dont tout le monde se fichait. Quant au salon de lecture, hormis peut-être quelques clientes friandes d’érotisme, cet événement n’intéressait personne. Et justement, mettre l’accent sur l’érotisme était-il judicieux pour le lancement d’une librairie classique ? Rien n’était moins certain. La présence de cette auteure pourrait même apporter une mauvaise image à son entreprise.

Pourtant, l’idée restait plaisante sous certaines conditions et Pénélope finit par se décider après une seconde sollicitation d’Odile Landec. Ce petit bout de femme était persuadée que son idée plairait.



Une petite quarantaine d’années, un petit cent cinquante-cinq centimètres, blonde aux yeux lavande souvent rieurs et petit nez mutin. Un corps mince comme une liane, et si tout paraissait petit chez cette femme, madame Landec était néanmoins charmante. Elle s’était confiée sans complexes sur sa vie sentimentale il y avait quelque temps et Pénélope s’était étonnée de la savoir éternellement célibataire et heureuse de l’être. Cette femme était à croquer et personne ne semblait décider à la dévorer. C’était un véritable gâchis.



Le rire de la petite blonde fit sourire la libraire.

Nouveau contact

Le mail envoyé par Pénélope Tancrène à Juliette G n’avait qu’un unique but. Demander un échange téléphonique. Ce qu’accepta sans façon l’auteure brestoise, qui d’ailleurs se souvenait parfaitement du premier contact avec la libraire.

Pour le reste, Pénélope avait dû batailler un bon moment pour obtenir ce qu’elle voulait. D’abord, il lui fallut contourner la modestie de l’auteure. Ensuite, elle dit à madame G qu’elle était d’accord avec elle et consciente que l’érotisme ne plaisait pas à tout le monde. Sa présence pouvait nuire à cette inauguration. Énormément de monde lisait de l’érotisme mais peu de ces lecteurs l’avouaient. Pénélope le regrettait mais expliqua patiemment qu’elle était invitée à l’inauguration de la nouvelle librairie, mais ne serait présentée comme auteure qu’en toute fin de soirée. Les présentations se feraient à un petit rendez-vous de lecture avec une quinzaine de clientes qui avaient très envie de vivre une expérience qu’elles ne connaissaient pas. Un cercle restreint certes, mais Pénélope était certaine que les femmes présentes apprécieraient la présence de la créatrice du texte qu’elle lirait. Ses textes avaient toujours plu et la libraire voyait aujourd’hui une simple manière de la remercier de sa gentillesse.

Juliette G ne publiait que sur des plate-formes Internet et uniquement en lecture libre de droits. Cette façon de procéder n’attirait pas vraiment les foules et ne risquait pas d’apporter une grande notoriété aux auteurs qui utilisaient ce moyen de publication. Madame G s’en était d’ailleurs confiée à Pénélope Tancrène quand cette dernière l’avait contactée la première fois. Elle ne recherchait ni gloire ni argent et se contentait de s’amuser à écrire des histoires érotiques, et ce pour son propre plaisir avant tout. Si ces récits plaisaient à quelques lecteurs, elle en était ravie et n’attendait rien de plus.




Le salon de lecture



Une curieuse coïncidence faisait que les trois femmes étaient vêtues pratiquement à l’identique. Pénélope, Chloé et Juliette, portaient des petites robes en lin sans manches. Des tenues toutes simples, légèrement décolletées en rond. Les étoffes s’arrêtaient aux genoux et seules, les couleurs variaient. Blanc cassé pour Chloé, rouge sombre pour Pénélope et noir pour Juliette. Elles étaient toutes trois chaussées d’escarpins à petits talons de couleurs assorties aux vêtements. Il avait fait très chaud toute la journée et là encore, une assemblée sous une toiture risquait fort de ne pas être très agréable, voire difficile à supporter.

À peine arrivées dans la partie des combles transformée en pièce dédiée aux lectures, Pénélope, accompagnée du couple de Brestoises, fut assaillie par une Odile Landec qui paraissait un peu surexcitée. Après une brève présentation, la petite blonde expliqua qu’elle avait accepté six inscriptions supplémentaires durant la réception. Après quoi elle avait oublié de prévenir la libraire.



Odile partie, la libraire s’excusa et expliqua aux deux femmes qu’elle s’absentait un court instant.

Chloé J fronça son joli nez et poussa un petit soupir accompagné d’un sourire narquois.



Le petit air faussement surpris de la brune fit se froncer les sourcils blonds de sa compagne.



Un autre regard innocent totalement hypocrite de Chloé fit sourire sa compagne.





Ecce homo



Décidément, cette femme était superbe. Annabelle Lajoie portait une robe saharienne kaki. Elle aussi était grande et elle n’avait pas de talons à ses souliers blancs. Il était impossible de lui donner un âge précis. Peut-être une petite cinquantaine bien portée. Très bien portée même. Elle était accompagnée d’un homme de haute taille et de stature plutôt imposante. Un personnage au charme indéniable, lui aussi d’un âge indéfinissable.

Un homme mûr, comme se plaisait à les appeler une société qui avait peur de tout et cachait les réalités pour ne pas s’attirer les foudres des populaces. Un noir était un Black ou une personne de couleur. Un balayeur était devenu un technicien des sols. Et un cinquantenaire était un homme mûr. Une ère d’hypocrisie assez amusante pour les plus optimistes et décevante pour les autres. Les imbéciles, eux, n’y voyaient que de la bonne conscience.



Les deux femmes avaient prononcé ces mots en même temps et en souriant. Il ne manquait qu’une petite révérence pour illustrer une scène digne d’une rencontre dans la haute bourgeoisie.



La jolie brune tenait sa compagne par le bras et avait lancé son petit laïus avec l’air le plus sérieux du monde. Le rire d’Annabelle Lajoie fit ricaner le nouveau venu.



Chloé avait l’air de beaucoup s’amuser et Juliette poussa un profond soupir.



La bombe brestoise avait chuchoté assez fort pour être entendue de l’étage inférieur.



L’étonnement des deux femmes fit une nouvelle fois ricaner Octave Groseille. Il venait d’apporter des boissons et avait déposé des verres sur une petite table basse.



Annabelle Lajoie esquissa une petite moue dubitative.





Ecce homo (bis repetita)




Profitant que les regards d’Annabelle et Octave se fixent sur le nouvel arrivant, Chloé avait collé ses lèvres sensuelles contre la joue de sa compagne.



Les nouvelles présentations effectuées, Juliette G fixa attentivement le jeune homme qui les avait rejoints.



L’auteur a succès était la copie conforme de l’acteur américain Robert Redford dans sa jeunesse. Il semblait un peu mal à l’aise et paraissait hésiter à sa réponse.



Le roman en question était sorti il y avait à peine quelques mois. C’était à croire que l’individu se moquait d’elle. Pourtant, madame G sourit sans paraître surprise.



La bombe Chloé était restée sérieuse mais Annabelle et Octave semblaient proches du fou-rire.



La réponse laconique de l’écrivain déclencha les rires du petit groupe mais madame G se contenta d’un sourire.



Il était difficile de savoir si Chloé plaisantait. Il y avait de fortes chances pour qu’elle dise vrai mais elle paraissait néanmoins un peu surprise et comme contrariée. Il était évident qu’elle n’appréciait pas les propos tenus par Achille Lefort.



Pénélope Tancrène, tout sourire, s’approchait du groupe et Annabelle Lajoie s’empressa de lui tendre un verre de Chardonnay.



Le regard appuyé et le sourire de la Brestoise firent hocher doucement la tête de la libraire. La jolie blonde avait paru un peu inquiète l’espace d’un instant et semblait maintenant rassurée.



Le regard d’Achille fixait une Chloé raide comme un piquet. Les yeux noirs brillaient d’un feu sombre.



Juliette avait enlacé la taille de la bombe et cette dernière lâcha ses mots sans regarder sa compagne.





Un peu de psychologie






Sable et sel



Sable et sel était le texte choisi par Pénélope Tancrène pour le premier salon de lecture du Pequod. Un récit écrit par Juliette G, que les habitués de la librairie Moby Dick avaient appris à connaître par l’intermédiaire de leur libraire, mais que cette nouvelle clientèle lorientaise ne connaissait certainement pas.

La jolie libraire avait tout d’abord prévenu son public que la lecture de ce récit lui prendrait une bonne heure. Après quoi, les invitées pourraient poser toutes les questions qu’elles voulaient à l’auteure.

C’est à ce moment que Pénélope présenta Juliette G à la petite assemblée féminine. Elle eut d’ailleurs la délicatesse de préciser que Chloé était également auteure, et assura son petit monde qu’elle lirait très vite ses écrits.

Douze invitées de dernière minute s’étaient présentées et avaient été acceptées. Trente-deux femmes étaient sagement assises et attendaient la lecture. Sur l’estrade centrale, Pénélope Tancrène avait pris place à sa table de bois et de verre. Juliette G, en tant qu’invitée d’honneur était assise à sa droite et Chloé J siégeait à sa gauche. Si le public avait des chaises, les trois femmes sur leur piédestal étaient installées dans des fauteuils bien plus confortables.



Les quelques conversations à voix basses s’interrompirent aussitôt et trente-deux postérieurs féminins se trémoussèrent sur leurs assises, histoire de trouver leurs aises.



Madame J dormait nue le plus souvent, seule ou non, et quelle que soit la saison. Cet été terriblement chaud ne donnait d’ailleurs que peu d’autres choix. Elle avait toujours trouvé agréable de ne rien avoir sur la peau, quand elle se glissait au lit. Parfois, il lui fallait vite se réchauffer un peu, et cela lui plaisait aussi. Seule, elle se recroquevillait en chien de fusil et attendait patiemment que son corps se réchauffe doucement. Mais quand la jolie brune avait de la compagnie dans son lit, elle préférait de beaucoup se coller au corps de l’autre. C’était peut-être cette pensée de l’autre qui l’avait éveillée. Depuis qu’elle avait ouvert les yeux, madame J s’était laissée envahir par une douce excitation…


La voix chaude et un rien voilée de la belle libraire, le texte lu avec un talent certain, la beauté et le charme de la lectrice, tout cela avait de quoi plonger l’auditoire dans une ambiance fleurant bon l’érotisme. C’était à croire que les auditrices présentes s’étaient statufiées, telle la femme de Loth.




Octave Groseille



S’il avait une certaine habitude des lectures de sa chère Pénélope, ces petits exercices lui avaient beaucoup manqué. Et cette fois, la superbe salope que pouvait être cette chère Pénélope avait posé une cerise sur le gâteau. Ou plutôt deux cerises.

Si l’auteure brestoise n’était pas si mal fichue et méritait toutes les attentions, sa chérie était un véritable canon. Ou une bombe. En tout cas, la dame était un bien bel engin qui pouvait provoquer une bien belle explosion. Juliette G avait confié à Pénélope que ces petites histoires étaient souvent fidèles à la réalité, et si elle ne mentait pas, la bombasse brune qui l’accompagnait devait être un véritable cadeau du ciel dans les bras d’un honnête homme. S’il n’était pas un croyant très assidu, il était pourtant prêt à offrir un cierge à cette fille et à mettre le feu à sa petite chapelle.

Octave Groseille se retint d’empoigner son sexe. Moby Dick était à l’étroit dans sa prison. L’idée que la superbe Chloé et sa compagne étaient lesbiennes le fit soupirer de dépit. Il n’allait toutefois pas se plaindre. Il avait maintenant Annabelle Lajoie dans son lit et il aurait certainement l’occasion de baiser sa Pénélope avant de repartir.

Octave entendait les respirations des femmes proches de lui. Il était évident qu’il n’était pas le seul à être excité. S’il était prêt à jeter sa gourme, il était bien certain que certaines des invitées s’empresseraient de la ramasser. Il avait même l’étrange impression que les odeurs des chattes mouillées de ce public féminin emplissaient la pièce.




Annabelle Lajoie



Annabelle s’était installée seule en laissant son cher Octave avec Achille Lefort. Le prétexte étant que le libraire devait améliorer ses rapports avec l’auteur autiste. Si les deux hommes s’entendaient mieux aujourd’hui, l’ancien marin manquait encore de patience avec le jeune auteur.

En réalité, madame Lajoie désirait simplement profiter pleinement de ce moment privilégié. Elle avait choisi de placer sa chaise au dernier rang et un peu à l’écart des autres invitées. Elle avait le feu au ventre depuis plus de deux heures. Tout d’abord littéralement obsédée par la Brestoise brune, elle avait depuis progressé dans ses désirs. Elle avait une furieuse envie de baiser les deux femmes. Et le faire devant Pénélope ajouterait du piment à son fantasme. Ensuite, elle se ferait bouffer la chatte par sa chère Pénélope, qui se branlerait en la léchant. Pour en terminer, Octave et Achille prendraient leurs invitées sous ses yeux.

La robe kaki relevée sur ses fesses superbes maintenant nues sur le bois de sa chaise, les trois derniers boutons de nacre ouverts, la main de la sulfureuse brune s’était glissée entre ses cuisses. La fente de son sexe était baignée de mouille. Annabelle enfonça deux de ses doigts dans son intimité trempée tout en écartant légèrement sa jambe gauche de sa grande sœur. Aussitôt, elle eut l’impression que l’air s’imprégnait des lourds effluves de sa chatte imbibée de plaisir.

Les yeux gris fixés tour à tour sur Juliette ou Chloé, madame Lajoie se doigtait doucement. Parfois, sa main se faufilait un peu plus loin entre ses cuisses et son majeur englué de cyprine pénétrait son plus petit orifice. Il ne lui fallut que quelques instants pour jouir longuement, retenant son souffle déjà lourd et devenu pesant.




Achille Lefort



La voix de Pénélope résonnait dans l’immense pièce et Achille Lefort se dit que sa chérie avait une voix parfaite pour la lecture.

Sa sensibilité, qu’il ne comprenait pas vraiment, lui criait que ce soir, cette voix créait une atmosphère d’un érotisme torride. Tout autour de lui, il sentait les effets de la narration de sa compagne sur un auditoire littéralement sous le charme. La plupart des femmes présentes étaient proches d’envoyer balader aux orties leurs préjugés. Il les sentait prêtes à vouer aux gémonies les bien-pensants de tous poils et autres culs serrés et de retirer leurs culottes séance tenante.

Cette soirée était une nouvelle expérience pour l’auteur. Découvrir que des femmes étaient excitées en écoutant un texte érotique l’étonnait. Cela le confortait également dans son idée de s’essayer à cette littérature qu’il comprenait mal. Achille ne l’avait dit à personne. Ni à son éditeur et pas même à sa Pénélope. Une jonque noire sous la lune rouge serait son premier texte érotique. Il avait déjà écrit quelques lignes. Un petit chapitre qui ne lui plaisait pas vraiment, mais il n’avait pas trouvé mieux jusqu’ici.



Les courants marins de la mer Jaune devenaient plus forts en cette saison. La nuit était tombée et une pluie drue, accompagnée d’un vent fort, bousculaient la lourde embarcation. La jonque noire était ballottée sur les eaux, comme une coquille de noix, un jouet lancé dans un caniveau par un gamin des rues.

Mei-Lin, bousculée par les secousses que le mauvais temps provoquait, avait du mal à sucer les bites des deux pirates qui l’avaient enlevée le matin même.


  • — Suce ma queue petite péronnelle…

Le petit sexe dur du marin en main, la malheureuse captive tenta une nouvelle fois de le prendre en bouche.


  • — Suce-moi donc, jeune catin, s’exclama Tsong-Li, le chef des pirates.
  • — Moi aussi je veux ta bouche. Prends ma bite petite garce ! lança aussitôt Pong-Leï le guerrier fou.
  • — Pitié mes seigneurs… Je vais m’appliquer…
  • — T’as intérêt ou on te jette aux requins !



Après s’être récité à voix basse l’unique passage de son prochain roman, Achille ne put s’empêcher de penser que ce n’était pas vraiment un chef-d’œuvre.



Malgré la pénombre qui donnait une touche d’intimité à l’endroit, Achille remarqua le regard brillant et les joues empourprées de la jeune femme qui s’était retournée vers lui. Il était évident que ce n’était pas son petit récit qui l’avait mise dans cet état. Peut-être qu’il devrait demander conseil à madame G. Il était clair que son récit plaisait. En tout cas, il semblait efficace.

L’idée que la prochaine fois, il ferait bien d’ajouter de la crème fraîche dans sa soupe aux pois cassés lui apparut soudainement comme une bonne idée. Il ne l’oublierait pas.




Chloé J



Chloé n’osait pas bouger. Hormis la voix de la lectrice, elle devinait plus qu’elle n’entendait les respirations un peu lourdes du public. Elle-même était proche de laisser s’échapper des soupirs d’excitation contenue. La pensée qu’elle connaissait le texte lu mais baignait tout de même dans cette excitation intense lui fit songer que les autres femmes devaient vivre un moment fort.

Chloé n’avait jamais assisté à une séance de lecture. Et il fallait bien avouer que celle-ci était très particulière. Ses tétons pointant durement sous le lin et son sexe trempant lentement le coton de sa petite culotte blanche, traduisaient sans équivoque possible son désir ardent. Quant à sa furieuse envie d’écarter les cuisses et de se caresser, elle, démontrait son état d’esprit du moment.

L’envie pressante de s’exhiber devant ces femmes certainement aussi excitées qu’elle l’était devenait pesante. Et bien sûr, la bombe Chloé était certaine qu’elle n’était pas seule à mouiller sa culotte. Il demeurait simplement l’incertitude du nombre d’auditrices prêtes à se laisser aller à jouir sur leurs chaises.

La Brestoise n’osait pas regarder la lectrice. Pénélope Tancrène lui plaisait beaucoup. Sa voix lui plaisait beaucoup. Des images de la libraire dans les bras de sa Juliette. D’autres de la superbe Annabelle. Toutes les quatre nues et offertes aux autres femmes de l’assistance.

La jolie brune se mordit les lèvres. Elle était très proche de jouir et l’envie de le faire devant tout le monde l’excitait terriblement. La bombe Chloé sentait sa culotte trempée de cyprine brûlante coller à sa chatte qu’elle devinait béante. Et puis un mouvement de la libraire lui fit tourner la tête vers elle. Maintenant, Pénélope Tancrène la regardait elle aussi. Elle lui adressa un sourire tout en finissant une phrase qu’elle devait connaître par cœur.

La vague de jouissance était légère mais elle emporta tout de même Chloé dans ses doux rouleaux. Impuissante et sujette à une petite panique, regard sombre plongé dans l’azur des yeux de la libraire, elle serra les lèvres et retint son souffle. Puis, elle jouit sans pouvoir rien n’y faire. L’orgasme lui fit ouvrir la bouche pour aspirer de l’air. Lèvres asséchées, narines pincées, Chloé prit son plaisir en comprenant qu’elle le faisait devant un parterre de femmes excitées et une libraire qui l’observait d’un drôle d’air…




Juliette G



L’auteure de Sable et sel se sentait un peu mieux. La libraire avait éteint les lumières et les combles baignaient dans une douce pénombre. Enfin, elle ne se sentait plus le point de mire de cette satanée réunion. Elle détestait être mise en avant. Que ce soit dans sa vie privée ou professionnelle, elle avait toujours détesté être mise à l’honneur. C’était pour elle une véritable idiotie. Plus jeune, si elle l’avait pu, elle aurait évité les podiums où ses résultats sportifs la cataloguaient championne de Bretagne, de France ou de Pétaouchnok. Elle avait toujours été ainsi, sans qu’elle sache pourquoi elle détestait autant être sortie de l’anonymat.


Évidemment, Juliette connaissait son texte et estimait le temps de lecture restant à une petite demi-heure. Cette séance était sa toute première expérience et si elle avait eu un peu de mal à se retrouver dans l’ambiance, elle avait fini par s’y plonger avec un plaisir certain. Elle n’aurait pas cru cela possible mais il lui paraissait évident que les invitées de la libraire aimaient la lecture de Pénélope. Et par-delà cette lecture, elles appréciaient forcément son texte. Et le mot était faible. Pénélope Tancrène était très douée pour la lecture. Et assez douée pour combattre une excitation que Juliette devinait intense. La jolie libraire faisait lecture sur une corde raide. À tout moment, la jeune femme pouvait succomber à l’orgasme qui couvait au creux de son ventre.

Madame G avait gardé ses lunettes et elle discernait les visages des femmes qui lui faisaient face. Toutes passaient beaucoup de temps à la regarder. Elles ne regardaient pas la lectrice, non, ces femmes se posaient des questions sur l’auteure. Elles étaient au moins aussi curieuses qu’elles étaient excitées. La plupart de ces dames détournaient les yeux quand elle les observait à son tour. Pas toutes cependant…


L’histoire racontée par la jolie libraire était dédiée au personnage de Chloé. Des exhibitions enchaînées de la belle brune et détaillées à sa compagne Juliette, via son téléphone portable. La première question qu’on lui poserait était facile à deviner. Ce récit était-il véridique ou totalement fantasmé ? Si madame G répondait que l’histoire s’était réellement passée, sa Chloé serait certainement le nouveau point de mire de la soirée.

Les pointes de ses seins se frottaient à l’étoffe et son sexe avait trempé le coton du string noir. Juliette était très proche de Pénélope et elle avait l’impression de sentir la chaleur de son corps. Elle avait eu envie de cette femme dès qu’elle avait posé les yeux sur elle. C’était assez rare pour qu’elle y attache une certaine importance. Comme si elle avait deviné les pensées de sa voisine, Pénélope Tancrène lui jeta un regard et sourit.



Un simple murmure de l’une. Un autre sourire de l’autre. Juliette G ne put s’empêcher de murmurer une autre phrase en souriant à son tour à la lectrice.




Pénélope Tancrène



… Chloé défit deux boutons du haut de la chemise sans toutefois découvrir ses seins. Puis, elle fit subir le même sort à deux boutons du bas de son unique vêtement. La bombe, proche d’exploser de plaisir, ouvrit ses cuisses et écarta le lin. Le regard sombre se fixa à son sexe et Chloé se mordit la lèvre inférieure. Son clitoris se dressait insolemment, elle dégoulinait de mouille. Sa chatte était une source d’eau salée. Madame J, le souffle en bataille, bougea lentement et sa main farfouilla dans la toile du sac de sa compagne. Juliette avait toujours des lingettes. Et là, il y avait urgence.


  • — Oh… Ooh…
  • — Eh bien… Il était temps je crois… C’est bon coquine ?
  • — Oui… Oh que c’est bon… J’ai… J’ai… M’mm…

Chloé regardait l’objet qui lui emplissait le ventre. Il était entré d’un coup.


  • — Tu as ?
  • — J’ai… Je me branle doucement…
  • — Tu m’excites, tu sais…
  • — Je… Ooh… Ooh… J’ai… J’ai ton étui à lunettes…
  • — Quoi ? Chloé… Tu as quoi ?

L’objet oblong prenait doucement le sexe trempé de la bombe sexuelle.


  • — Ton étui à lunettes… Dans ma chatte… Oh Jul… Ooh…

Un moment de silence tandis que madame J gémissait sans discontinuer.


  • — Quoi ? Chloé ! Tu… Tu es dingue !
  • — C’est bon Jul… Si tu savais… Ooh…
  • — Il est trop gros ! Chloé ?

Acier aluminium rouge vif, assorti aux montures de lunettes de Juliette de même coloris. Le container d’un peu plus d’une quinzaine de centimètres de longueur allait et venait doucement entre les longues cuisses ouvertes.


  • — Chloé ?

L’olisbos improvisé était large mais la belle brune dégoulinait de mouille. Les quelque cinq centimètres de diamètre emplissaient pleinement le sexe d’une Chloé haletante et proche de la jouissance.


  • — Il est… Il est parfait…
  • — C’est pas possible ça… Quelle salope tu fais !
  • — Oui… Ta salope… Ta salope ma Jul… Ooh… Oh Jul…

Madame J poussa son jouet dans son ventre en gémissant et l’abandonna aussitôt pour bousculer le lin noir et découvrir ses seins. Les doigts impatients pincèrent les gros bourgeons bruns et durs.


  • — Il y a… Deux jeunes types…
  • — Où ?
  • — Pas loin…
  • — Ils te regardent ?
  • — Non… M’mm… J’aimerais…

Les yeux braqués sur les deux surfeurs, Chloé étira ses tétons en les pinçant plus fort. Elle en crevait d’envie depuis des heures. La bombasse badass observait les deux gars assis en tailleur et s’étonna d’apprécier les torses musclés et les cuisses puissantes.


  • — Je vais jouir Jul…



La narratrice n’en pouvait plus. Bien qu’elle connaisse l’histoire après l’avoir lue une bonne dizaine de fois, la jeune femme s’était sentie excitée dès le début de sa lecture. Puis, très vite, elle avait lutté contre la montée d’une jouissance qu’elle devinait puissante. Il n’était toutefois pas question qu’elle se laisse aller. Depuis longtemps, elle avait appris à se maîtriser et elle se contrôlait maintenant parfaitement durant les séances qu’elle donnait. Pourtant, cette soirée lui paraissait maintenant totalement différente.

D’abord, elle officiait devant un nouveau public et c’était particulièrement excitant. Ensuite, la proximité des deux invitées d’honneur la troublait énormément. Elle avait fini par oser regarder vers la superbe brune, et s’était étonnée de l’excitation qui lui avait pris la gorge en constatant que la belle Chloé l’observait déjà. L’espace d’un instant, elle s’imagina que la bombe Chloé jouissait en la regardant. Cette idée saugrenue la troubla aussitôt. Ses tétons s’étaient instantanément durcis et il lui avait semblé que la fente de son sexe s’ouvrait toute seule.

Et surtout, Pénélope sentait la présence de l’auteure du texte qu’elle lisait à ses côtés. Une présence qui la mettait dans tous ses états. Pénélope avait eu envie de Juliette G après son premier regard sur elle. Cette femme lui plaisait beaucoup, bien sûr, mais c’était surtout la forte impression qu’elle exerçait sur elle qui bouleversait la jeune libraire.


Les récits de madame G avaient changé sa vie. Sans même l’avoir jamais vue, elle se sentait très proche de cette femme. C’était grâce à ses lectures qu’elle s’était ouverte à une vie sexuelle riche en découvertes nouvelles. La Juliette des récits lui avait appris à aimer les plaisirs du sexe. Pénélope avait découvert le besoin un brin malsain et si jouissif de s’exhiber. Elle s’était surprise à jouir sans avoir à poser un doigt sur elle, alors qu’elle pensait que les histoires de son auteure préférée étaient très exagérées. Tout comme la Chloé un peu perverse des récits, elle avait découvert la soumission avec une femme. Elle s’était offerte à Annabelle Lajoie et avait été son jouet une nuit entière. Alors, bien évidemment, elle n’avait eu qu’une envie en voyant l’auteure brestoise pour la première fois. Être totalement à elle.

Profitant de la fin d’un dialogue entre les deux personnages, la lectrice se tourna vers Juliette G. L’auteure de Sable et sel la regardait et elle lui adressa un sourire.



Incapable de bouger, son sourire subitement figé, Pénélope sentit distinctement son sexe couler et tremper la petite culotte de coton rouge. C’était venu d’un coup et la montée d’un orgasme qu’elle devinait violent la fit frémir.





Vous l’avez fait exprès !




Quelques gros soupirs de déception, quelques petites râleries, puis un léger brouhaha emplit la salle devenue une étuve. De sa place, Juliette G pouvait remarquer les visages luisants de sueur des femmes assises dans l’immense pièce surchauffée par leurs simples présences.

D’un mouvement souple, Juliette quitta son fauteuil et s’approcha de Pénélope Tancrène. Le micro toujours en main, à demi levée de son siège, la malheureuse lectrice paraissait comme prostrée, ses beaux yeux azur fixés sur elle.



Juliette G reposa le micro qu’elle avait pris des mains de la libraire sur l’épaisse plaque de verre et prit la main de la jeune femme.




Petite pause




Il était près de minuit et Pénélope Tancrène respirait l’air frais de la nuit.



Le corps chaud de la libraire s’était collé à celui de l’auteure et cette dernière comprit que la jolie Pénélope ne s’en était pas même rendu compte.



La jolie blonde regardait vers le petit parc qui faisait face à sa librairie.



La main gauche de Pénélope Tancrène s’était levée pour s’accrocher à l’épaule de sa compagne.





Plaisirs littéraires



Finalement, après une certaine déception, il semblait que la petite assemblée d’auditrices appréciait cette pause imposée par la libraire. Une pause qui avait sauvé Pénélope Tancrène d’un naufrage érotique, qui aurait pourtant fait son petit effet sur son public. Juliette la savait au bord de la jouissance depuis le début de sa lecture, mais la jolie blonde avait failli rendre les armes quand elle lui avait avoué qu’elle la trouvait très excitante.

Juliette avait raconté sa petite aventure à sa femme et Chloé l’avait surprise en lui disant qu’elle-même avait eu un orgasme sur l’estrade. Un peu plus loin, Pénélope et Achille Lefort papotaient tranquillement.



Le rire grave de Juliette attira quelques regards sur leur couple.



Souriante, Annabelle Lajoie avait quitté Octave Groseille et s’était approchée.



C’était dit sans la moindre moquerie et la belle brune paraissait réellement surprise.



Le sourire d’Annabelle s’était élargi comme pour donner plus de sensualité à ses lèvres pleines.



Les grands yeux gris d’Annabelle Lajoie se fixèrent aux yeux sombres de Chloé sans ciller le moins du monde.





Fin de séance



… La voix grave et voilée de sa compagne fit soupirer lourdement Juliette. Son regard azur fixé sur l’objet oblong, elle paraissait comme hypnotisée. La honte d’utiliser son propre étui à lunettes, et le plaisir qu’elle éprouvait d’être possédée par le gros objet, se livraient une bataille épuisante pour les nerfs. Maintenant, l’étui rouge vif était tapissé de cyprine et pénétrait pleinement la chatte d’une madame G incapable de respirer correctement.


  • — M’mm… M’mm… Je vais venir…

Juliette releva les yeux sur sa compagne. Les tétons de Chloé semblaient proches de crever le tissu qui les emprisonnait. La bombe Chloé, debout, une main levée sur la porte du coffre ouvert, gardait l’autre posée sur une hanche. Son regard sombre rivé aux manipulations de sa compagne, elle paraissait être en transe. Le souffle court, elle suait à grosses gouttes.


  • — Tu m’excites, Jul chérie…
  • — Oooh…

Jusqu’ici, Juliette s’était caressée avec lenteur mais sa main tenant l’étui rouge accéléra ses mouvements…



Pénélope Tancrène avait continué de lire un autre quart d’heure et la séance s’achevait. Après quelques applaudissements et des encouragements sincères, Pénélope, Juliette et Chloé étaient restées en place sur l’estrade et avaient répondu aux questions de l’assemblée.

Comme l’avait deviné Juliette, la première de ces questions portait sur la véracité du texte lu par madame Tancrène. L’auteure s’était alors amusée à botter en touche, arguant qu’un magicien n’expliquait jamais les secrets de son art. La grande femme blonde qui avait posé la question était belle à tomber. Elle laissa filer un rire grave et après un moment de silence, porta à nouveau son micro à ses lèvres.



D’autres rires et quelques applaudissements saluèrent le culot d’Astrid Levallois, qui se tourna vers le petit public pour exercer une impeccable révérence. Chloé, la question posée, prit tout son temps et mima une profonde réflexion. Puis, elle afficha un charmant sourire en se mettant debout.



Les rires des invitées étaient accompagnés d’applaudissements et Astrid Levallois applaudit à son tour.

Les questions à suivre étaient plus personnelles. Des questions sur Juliette et sur sa vie d’auteure. Aucune de ces interrogations ne resta sans réponse.

Petite mise au point.

Après en avoir discuté entre couples, il fut convenu que les hommes rentreraient et attendraient le retour des filles chez Pénélope. La soirée dérapant gentiment en petites exhibitions féminines, après un texte évoquant les aventures érotiques d’un couple de lesbiennes, il était préférable de rester entre femmes.

Évidemment, Achille n’avait pas compris un traître mot du petit exposé de sa chérie, mais il acceptait de bonne grâce de la retrouver plus tard. Sa préoccupation première étant de décider ce qu’il préparerait pour accueillir ces dames à un casse-croûte tardif, mais à ses yeux nécessaire. Ce qui fit dire à Chloé qu’elle crevait déjà de faim.

Octave, lui, fit promettre à Annabelle Lajoie qu’il pourrait emmener Juliette et Chloé à la chasse à la baleine. La sulfureuse brune afficha un sourire charmant mais affirma à son homme qu’il y avait peu de chance que les deux femmes soient des harponneuses très douées. Juliette parla de « baleine sous galet » expression pour démontrer une supercherie trop énorme pour être cachée. Pénélope expliqua donc les surnoms donnés au membre viril de l’ancien marin de commerce. Puis, elle évoqua les « dons », si particuliers, de son cher et tendre. Achille lui, se contenta de préciser qu’il ne le faisait pas exprès.




Bacchanale




Le petit discours de Chloé avait fait sourire les trois autres femmes.


Assises sur la dernière des trois marches permettant d’accéder à l’estrade, Pénélope, Annabelle, Chloé et Juliette étaient restées entre elles, occupées à discuter de leur avenir proche. Elles étaient d’accord pour se revoir très vite mais il fallait se décider sur la date et l’organisation de ce projet.



Chloé, visage tourné vers la salle, paraissait comme soudainement hypnotisée.

Entièrement nue, debout, ses longues jambes légèrement écartées, Astrid Levallois dansait sur place tout en se masturbant. Pieds nus, la superbe créature devait frôler les cent quatre-vingt-dix centimètres. La danseuse transpirait abondamment et sa peau cuivrée brillait de sueur. Ses seins étaient de petits obus certainement très lourds et bougeaient à peine dans ses mouvements chargés d’érotisme. Parfois, sa longue main s’éloignait de son sexe et découvrait un pubis totalement glabre.



Annabelle Lajoie, jusqu’ici statufiée, déboutonna sa robe saharienne et cela fait, l’écarta sur son corps. Ses seins fermes et lourds dansèrent dans son mouvement quand la belle brune descendit sa main vers son ventre.

Aucune des quatre femmes n’avait remarqué que quelqu’un avait mis de la musique. Aucune n’avait vu que plusieurs invitées s’étaient entièrement dévêtues et que d’autres étaient quelque peu débraillées.



Chloé, une main sur sa cuisse gauche et l’autre sur le genou de sa compagne, observait les deux femmes qui leur faisait face. Odile Landec, ne portait qu’une grande chemise blanche, ouverte sur une charmante petite poitrine aux tétons durcis. La minuscule Lorientaise avait rejoint la walkyrie blonde et s’était collée à elle, son corps souple et menu épousant les mouvements lascifs de celui d’Astrid Levallois. Les lèvres sur la peau en sueur, Odile se baissa lentement sans cesser d’embrasser le corps sculptural de la danseuse.



Annabelle Lajoie se caressait sans aucun complexe. Sa toison de jais brillait sous ses doigts et sa fente laissait s’échapper un liquide clair à chacune de leur pénétration.



L’orgasme la fit gémir et Annabelle enfonça trois de ces doigts dans son sexe avec une certaine brutalité.

Juliette resta tout d’abord sans réaction puis, bouche grande ouverte, elle aspira de l’air. La main de Chloé avait quitté son genou et après avoir écarté son string trempé, les longs doigts agiles la prenaient avec douceur. Puis, Chloé, certainement excitée de découvrir sa compagne trempée de désir, se montrait moins délicate et fouillait sa chatte avec plus d’audace.

Juliette G ne pouvait plus détacher son regard de la scène qui se déroulait devant elle. Astrid Levallois s’était collée à la mignonne Odile et ondulait des hanches sur la bouche qui la dévorait littéralement. Soudain, la grande blonde s’immobilisa. Le corps arqué, elle rejeta la tête en arrière. Bouche ouverte, son épaisse chevelure couleur de blé lui cachant le reste du visage, elle reprit ses ondulations sur les lèvres collées à son bas-ventre. Quand elle descendit ses mains et que ses doigts s’accrochèrent dans les cheveux de sa partenaire, la voyeuse comprit que la walkyrie jouissait. Ce petit constat bien sympathique la fit s’écarter plus largement.



L’auteure de Sable et sel cuvait encore un orgasme intense quand une autre surprise la fit frissonner. Pénélope s’était lovée à elle et avait posé ses lèvres sensuelles sur les siennes.



Pénélope embrassait avec passion. Leurs baisers excitaient terriblement Juliette qui se sentait proche de jouir à nouveau. D’autant qu’elle sentait bouger la belle libraire contre elle et savait parfaitement que la jolie madame Tancrène se caressait.



Le visage de Pénélope contre le sien, ses lèvres chaudes sur sa joue, Juliette la laissa à ses caresses pour s’occuper de son propre désir. Ses seins nus étaient moulés dans le lin et ses tétons l’élançaient sous l’excitation. Ses doigts remontèrent le bas de sa robe sur son ventre et écartèrent largement le string noir imbibé de liqueur brûlante.

Madame G constatait soudainement que leur étreinte passionnée s’était éternisée assez longtemps pour que la petite fête dérape un peu plus. À première vue, rares étaient les femmes toujours habillées et il était évident qu’elles étaient plusieurs à se donner du plaisir. Des couples et des trios s’étaient même formés.

L’auteure déglutit et se sentit rougir quand elle vit deux femmes s’approcher et s’installer sans façon sur la marche de l’estrade. L’une d’elle, la quarantaine épanouie, portait une robe blanche entièrement ouverte sur son corps. Cheveux courts châtains et plutôt mignonne, elle se doigtait doucement, les yeux fixés aux doigts de Juliette qui caressait lentement la fente ouverte de son ventre. L’autre fille ne devait pas avoir trente ans. Totalement nue, elle s’installa contre Pénélope et sourit. Un petit bout de femme à la tignasse d’un roux très foncé. Le corps un peu trop potelé pour être qualifié de joli, la fille était néanmoins charmante.



Incapable de réagir, Juliette observa la petite rousse. Ses seins pleins et ronds montaient et descendaient sous sa respiration qui s’était brusquement accélérée quand elle avait déculotté la libraire, qui elle, n’avait pas cessé ses caresses. Cette petite rouquine était très excitante et Juliette ne put contenir un gémissement, pas plus qu’une petite giclée de plaisir quand elle sentit les petites mains sur ses cuisses nues.



La jolie rousse avait gardé le string noir de l’auteure dans une main et se masturbait maintenant presque fébrilement de l’autre, son majeur descendant parfois plus bas que son sexe pour prendre son cul. Il était évident que la charmante Luce n’avait aucun complexe. Une petite grimace apportée par un plaisir soudain déforma ses traits et la jeune femme, le corps tendu à se rompre, réussit à lâcher qu’elle allait jouir.

Juliette G regardait Luce se doigter avec frénésie quand les lèvres de Pénélope happaient les siennes.



Leurs robes relevées jusqu’au nombril, leurs cuisses largement écartées, Pénélope Tancrène et Juliette G étaient totalement offertes aux regards. Cette exhibition excitait énormément l’auteure du texte qui avait poussé tout un petit monde à cette orgie. Le plaisir de Luce suivi de la jouissance de la libraire lui fouettèrent les sens et elle lâcha un petit cri de plaisir en enfonçant presque brutalement deux de ses doigts dans son sexe détrempé. L’orgasme la fit se tordre et elle retira vivement ses doigts pour laisser filer une coulée de plaisir. Deux autres giclées éclaboussèrent doucement l’intérieur de ses cuisses et les doigts de Pénélope qui caressèrent sa peau maculée, firent monter une nouvelle vague de désir dans le ventre de l’auteure brestoise.



Ses yeux bleus rivés à ceux de la dame aux cheveux courts, madame G jouit une nouvelle fois, suivie aussitôt par la voyeuse qui avait accompagné Luce jusqu’à l’estrade. Juliette, bousculée par l’excitation du moment, avait totalement oublié cette femme.

Encore doucement ballottée par son orgasme, elle suça la langue de Pénélope qui l’embrassait encore une fois.




Jalousie



Juliette et Pénélope étaient restées un long moment côte à côte et s’étaient mises nues. Leurs robes étaient des épaves et elles étouffaient de chaleur.

Pénélope était partie prendre une douche. Une installation très justement prévue pour ce genre de situation. Évidemment, la libraire était consciente que tout le monde ne pourrait pas profiter de cette opportunité et avait demandé à son auteure préférée de rester discrète après qu’elle se soit débarbouillée à son tour. Pénélope préparerait des serviettes et le nécessaire de toilette pour ses deux invitées. En attendant son retour, Juliette pouvait toujours aller retrouver Chloé.

La bouche brusquement asséchée, la gorge nouée et l’impression qu’une lame chauffée à blanc lui fouillait les entrailles. Madame G n’avait éprouvé ces affreuses sensations que deux fois au cours de sa vie. Par deux fois, elle avait connu les morsures cruelles de la jalousie. Et chaque fois, Chloé était la cause de cet horrible sentiment. Elle ne se supportait pas quand elle se sentait incapable de lutter contre quelque chose. Son intelligence reculait devant la honte d’être aussi bête.



Juliette G s’était contentée de murmurer. Évidemment, elle savait que cette jalousie idiote s’évanouirait très vite. Il lui fallait simplement un moment pour se remettre de cette affreuse surprise. La brusque découverte de sa femme avec une autre lui faisait mal mais le plus difficile à admettre n’était pas qu’elle se soit offerte à Annabelle Lajoie. Non… Malgré la pénombre ambiante, malgré le teint mat de sa peau cuivrée, il était évident que le superbe fessier de sa femme avait été copieusement fessé. C’était cette réalité que Juliette devrait s’efforcer de digérer le plus rapidement possible. Chloé s’était offerte a cette femme en soumise et cet acte n’était pas anodin. Cette Annabelle devait beaucoup lui plaire. Un brusque chagrin lui nouait la gorge. Plusieurs spectatrices s’étaient installées autour du couple. Chloé avait été exhibée et soumise devant plusieurs personnes.

À quatre pattes au-dessus du corps en nage d’Annabelle Lajoie, la joue collée à la peau du ventre plat, Chloé gémissait sans discontinuer. La superbe brune dévorait littéralement la bombe brestoise. La toison de jais de sa femme était trempée et sa chatte béante avait dû déverser son plaisir plusieurs fois sous elle. Le beau visage d’Annabelle était trempé. Ses cheveux noirs dégouttaient de sueur et de la liqueur de Chloé et collaient à son front. Un long cri rauque de Chloé sortit sa compagne de sa transe. Annabelle mordait à pleines dents dans le fruit gorgé de sucs et son pouce venait de s’enfoncer entre les superbes fesses offertes. Madame Lajoie sodomisait sa femme. Son doigt forçait son anus et l’ouvrait par des petits va-et-vient rapides.



L’orgasme de Chloé parut la tirer de la torpeur qui l’avait laissée alanguie sur le ventre de sa maîtresse d’un soir. Le beau visage ravagé par le plaisir glissa sur la peau mouillée et les lèvres pleines se posèrent sur la fente ouverte. La langue de Chloé balaya les poils noirs et Annabelle Lajoie poussa un long soupir quand elle bouscula le clitoris turgescent.



Juliette G, hypnotisée par l’exhibition offerte par deux des plus belles femmes de la soirée, resta immobile et silencieuse un long moment. Elle sursauta quand elle sentit un corps contre le sien.



Astrid Levallois resta un instant sans parler. La walkyrie était très grande et rendait une demi-tête à sa voisine. La Brestoise frissonna quand elle sentit la longue main peser sur la peau nue de son mont de Vénus. Puis, un doigt écrasa délicatement son clitoris devenu curieux, sorti de son abri.



Astrid le doigtait doucement et Juliette contint un soupir.



Le petit sourire dépité de sa voisine en disait long sur sa déception quand Juliette se dégagea doucement de l’étreinte de sa compagne.

Sans un regard en arrière, l’auteure de Sable et sel se dirigea vers l’escalier en colimaçon qui l’amènerait à une douche bienfaitrice.




J’ai une question…




Chloé reposa le téléphone portable sur son socle et coupa l’application GPS.



La brune se trémoussa sur son siège et la blonde laissa filer un petit soupir.



Le ton quelque peu acerbe de Juliette parut agacer sa compagne.



Sans réponse un long moment, Chloé se décida à regarder sa femme. Juliette regardait la route et semblait devenue muette.



La surprise de la blonde était bien réelle et elle resta un moment à fixer sa compagne d’un air incrédule.



C’était la toute première fois que Juliette voyait sa femme sur le point de pleurer pour une histoire de sexe. Juliette avait batifolé avec sa voisine quand Chloé était à l’étranger. Des galipettes connues de cette dernière. Chloé, elle, avait eu une longue aventure avec une jeune Américaine et Juliette était au courant. Depuis, elles étaient restées très sages.



Occupée à sa conduite et rouspétant après les diverses déviations et chantiers engendrés par les travaux des lignes du tramway brestois, Juliette resta un long moment sans parler. Puis, une fois dégagée des embouteillages, elle reprit le fil de leur conversation.



Juliette avait très envie de Pénélope, comme elle supposait avec justesse que Chloé fantasmait sur Annabelle. Elle était évidemment très curieuse de voir Moby Dick, et sa manière de présenter son envie fit sourire Chloé qui apparaissait maintenant comme beaucoup plus détendue. Et bien sûr, la blonde aurait aimé vérifier si les « dons » du bel Achille étaient bien réels, et ce, même si elle n’y croyait pas vraiment.



À leur retour de soirée, Achille Lefort avait tenu sa promesse. Des pizzas attendaient d’être réchauffées. Des pizzas thon/tomates/mozzarella/épinards. Il s’agissait de ses premières créations italiennes et il n’en était pas peu fier. Les pâtes étaient beaucoup trop cuites, le thon beaucoup trop sec et Chloé détestait les épinards qui eux, étaient pratiquement crus.



Le port de commerce défilait sous ses yeux et la bombe Chloé bougea, tirant sur la ceinture de sécurité pour dégager ses seins et se tourner sur son siège pour faire face à la conductrice.



Un temps était passé et le silence régnait en maître dans l’habitacle du Stepway.



Le regard bleu de mer de la conductrice posé sur sa compagne parut s’illuminer l’espace d’un court instant.



Le coup d’œil incrédule de Juliette sur sa femme n’était en rien composé. Elle paraissait réellement surprise du terme employé par la belle brune.

Le rire grave de Chloé résonna un long moment dans la voiture qui traversait tranquillement la ville.



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1. Achab, Ismaël et Queequeg. Personnages du roman Moby-Dick.

2. Nom d’un Franklin c’est pas Dieu possible. Et en plus… c’est vrai que ça m’agace vraiment…