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Temps de lecture estimé : 9 mn
16/07/25
Résumé:  Dans un monde futuriste (mais pas trop), Alhya rencontre un "Spécial".
Critères:  #sciencefiction
Auteur : Myhrisse            Envoi mini-message

Série : Spécial

Chapitre 08
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Résumé des épisodes précédents :

Devenue cuisinière des spéciaux, Alhya participe à leurs sessions de jeu en réalité virtuelle. Ses tactiques non conventionnelles mènent à des victoires inattendues contre les nordistes





Alhya s’installa dans le canapé, observant les parties. Aucun des quatre premières ne lui permit de s’insérer. Ils perdirent à chaque fois. Cinquième : mission d’infiltration discrète.



Les hommes grimacèrent leur assentiment.



Alhya se concentra. Ça serait sa seule partie. La veille lui avait prouvé que deux étaient beaucoup trop. Elle n’acheta rien, estimant que cette carte ne le nécessitait pas. Cela laissa davantage de crédits aux autres qui ne s’en plaignirent pas. Alhya partit de son côté, laissant les hommes avec leur stratégie.


Elle n’eut aucune difficulté à se glisser dans la fissure recherchée, à atteindre les égouts et à les remonter jusqu’à une grille. Elle la souleva, tout en douceur pour éviter qu’elle ne grince. Elle était dans la place !


Elle atteignit le local de service. Elle retira ses vêtements – le faisait-elle aussi dans le monde réel ? Pas le temps de se poser la question – et devint officiellement un bot infirmière de cet univers hospitalier. Elle attrapa un chariot et se fondit dans la masse. Elle passa devant trois spéciaux nordistes sans qu’ils ne réagissent. Le but était de voler un renseignement dans le bureau du directeur. Alhya s’en approchait mais elle ne pouvait y entrer, la porte étant fermée à clef. N’ayant aucune connaissance en crochetage, elle choisit une autre approche.


Elle se rendit dans la réserve la plus proche, délaissa le chariot qu’elle poussait jusque là et grimpa dans la conduite d’aération. Elle rampa en silence jusqu’à arriver au-dessus du bureau du directeur. Elle entra, récupéra les documents puis avisa un pistolet qui se trouvait là. Chaque arme rapportée, chaque munition non utilisée, rapportait des points à l’équipe. Elle plaça l’arme dans la poche de la blouse d’infirmière qu’elle portait puis remonta avant de reprendre le chemin inverse.


Arrivée devant la bouche d’aération de la réserve, elle se figea. Un spécial se trouvait là, fouillant les lieux. N’ayant pas prévu la présence de quelqu’un dans ce lieu où nul n’était censé se trouver puisque aucune infiltration n’avait été repérée, elle n’avait pas jugé utile de refermer le conduit dont la plaque traînait sur un meuble, à côté.


Le spécial, de dos, observait le chariot. Il réfléchissait intensément. Il tourna un peu la tête. Elle sursauta : son sauveur d’otage. L’avait-il reconnue ? Pensait-il que les sudistes avaient encore triché ? Se doutait-il de quelque chose ?


Alhya se sut en situation périlleuse. Le spécial n’avait qu’à se retourner et lever la tête pour la voir. Alhya retira précautionneusement le pistolet de sa poche et visa. Se faisant, elle constata que la sécurité était enclenchée. La retirer ferait du bruit. L’autre réagirait dans la seconde.


Le cœur d’Alhya s’emballa. Elle pointa l’arme sur la tête de son adversaire, prête à retirer la sécurité mais ses doigts refusaient d’agir.



La posture de la joueuse avait dû indiquer ce qu’elle s’apprêtait à faire. Sentant ses hésitations, il choisissait d’intervenir.



Alhya secoua négativement la tête.



Alhya retira la sécurité et pressa la détente. La tête de son adversaire se couvrit de vert et il s’écroula.



Alhya recula un peu dans le conduit et se cala derrière un coude, l’arme contre sa poitrine.



Les spéciaux venaient à elle. Des détonations retentirent. Alhya tremblait, les genoux contre son torse. Une forme jaillit près d’elle. Un cri sortit de sa gorge.



Alhya se trouva incapable de répondre. Choquée, elle tremblait et se balançait d’avant en arrière.



Il prit son arme et plongea les mains dans ses poches d’où il tira les documents. Après quoi il disparut, retournant en arrière. Deux minutes et vingt-deux secondes plus tard, l’écran de victoire se proposait. Alhya se trouva incapable de se réjouir. Le chef retira ses lunettes, réalisa un hochement de tête de fierté puis retourna jouer.



Ils la remercièrent chaleureusement avant de sortir rejoindre leurs appartements.



Dormir avec lui ? Elle secoua négativement la tête. C’était avec 314 qu’elle voulait dormir mais estima que c’était bien trop tôt. Elle avait encore besoin d’y réfléchir. La discussion dans la salle de sport avec le chef, torse nu, lui avait donné du grain à moudre et elle moulinait toujours. Elle avait besoin de temps seule pour se centrer.


Le lendemain après-midi, alors qu’Alhya faisait son sport, la sonnette retentit. Se doutant que le chef venait lui parler, elle bondit jusqu’à la porte pour découvrir 314.


Surprise mais heureuse, elle lui permit d’entrer. Ils avaient tous envie de passer du temps avec elle en privé, semblait-il. Cela ne la dérangeait pas. Elle profita d’être là pour vérifier la cuisson et l’assaisonnement du dîner. Parfait.


Il se colla à elle et déposa un bisou dans son cou. Elle sourit puis le repoussa. Il se recula en soupirant, l’air penaud.



Il hocha la tête, le visage défait.



Il semblait sur le point de fondre en larmes.



Alhya grimaça. Elle ne pouvait nier ne pas avoir accordé beaucoup d’attention à 314 ces derniers temps. Les deux merveilles couleur océan du chef l’ensorcelaient. Sauf qu’il ne s’agissait que de cela : deux beautés indécentes qu’elle admirait, telles des œuvres d’art. Il n’y avait rien de plus derrière.



Il se figea mais resta dos à elle.



Il serra les poings.



Il tourna à demi la tête.



Il se tourna complètement, franchit en trois pas la distance les séparant, lui prit les mains puis sourit.



Il déposa une bise sur son front puis s’écarta pour s’asseoir sur le comptoir.



Il sortit ses lunettes de sa poche et partit s’installer.


Alhya ne se priva pas de le mater, ce qui lui arracha un doux sourire. Il passa un pantalon pour être présentable pour le dîner. Aucun membre de l’escouade ne lui fit la moindre remarque sur sa présence dans l’appartement d’Alhya.


La session de jeu se fit sans elle, qui se contenta de regarder. Ils perdirent. Chacun rejoignit ses pénates sauf le chef qui s’avança pour s’asseoir à côté d’elle dans le canapé.



Alhya n’avait pas l’impression de ne pas aller bien.



Alhya fronça les sourcils. Après tout, que risquait-elle à aller lui parler ?



Le chef se figea puis souffla :



Alhya acquiesça. Elle en restait persuadée. Que ça soit justement celui avec qui elle avait interagi en tant qu’otage ne pouvait pas être une coïncidence.



Le chef lui envoya un petit sourire.



Alhya acquiesça.



Elle acquiesça. Il serra la mâchoire mais n’insista pas. Il sortit, laissant Alhya seule avec ses pensées. Il n’avait pas tort. Un peu d’aide serait la bienvenue.