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Temps de lecture estimé : 11 mn
14/07/25
Résumé:  Dans un monde futuriste (mais pas trop), Alhya rencontre un "Spécial".
Critères:  #sciencefiction
Auteur : Myhrisse            Envoi mini-message

Série : Spécial

Chapitre 06
Contournement

Résumé des épisodes précédents :

Alhya ouvre un restaurant qui attire les spéciaux. Prise en otage par la pègre, elle se libère grâce aux entraînements et aux encouragements de 314. Le chef la drogue afin de l’endormir.



Alhya s’éveilla sous une lumière aveuglante. Ses yeux s’habituant, elle découvrit se trouver sur un canapé. La baie vitrée devant elle exposait la ville à son regard. Elle observa son environnement. Salon, salle à manger, cuisine, l’appartement était disposé de la même manière mais proposait un ameublement différent, des couleurs de murs et de sols plus clairs.


Assoiffée, Alhya se leva. Elle tangua, patienta que l’équilibre lui revienne puis se rendit dans la cuisine. Elle se rua sous le robinet pour boire avidement. Elle s’essuya le menton puis se rua aux toilettes pour vider sa vessie pleine. Se sentant mieux, elle traversa de nouveau la chambre bien rangée puis retourna dans le salon. L’appartement semblait vide.


Un « clac » léger dans son dos indiqua que la porte s’ouvrait. Alhya se retourna pour voir entrer un spécial. La porte se referma derrière lui tandis qu’il s’approchait. Sa démarche, sa posture, son style : le chef de l’escouade, sans aucun doute.


Alhya le suivit des yeux jusqu’à ce qu’il vienne se placer devant elle. Il avait compris. En bon enquêteur, il savait. Elle allait mourir, sans aucun doute, alors autant mourir heureuse.



Le chef se crispa et recula d’un pas. Elle l’aurait giflé qu’il n’aurait pas agi différemment.



Le chef tiqua puis lança la main vers son masque qu’il retira. Elle n’en revint pas. Son audace avait payé. Il rabattit sa capuche et leva son regard pour lui proposer ses yeux d’un bleu océan. Alhya ne put s’empêcher de sourire bêtement.



Qu’ils étaient beaux ! Voilà un regard dans lequel elle ne se lasserait jamais de se noyer.



S’était-elle trompée ? N’avait-il pas compris ? Venait-elle de s’enfoncer elle-même ? Elle s’en fichait. Le cadeau valait son prix.



Alhya ne confirma ni n’infirma. Était-elle son esclave ? Elle l’avait été, sans aucun doute, mais elle douta de l’être encore aujourd’hui.



Alhya haussa les épaules. Les mensonges de son spécial ne la concernaient pas.



Il l’emmena dans le couloir de l’étage. 308, annonçait sa porte. Il s’arrêta devant le numéro 305 dont la porte s’ouvrit devant lui. Elle le suivit à l’intérieur, dévoilant un appartement identique à tous les autres.



Alhya lui lança un regard de braise.



Alhya sentit les larmes lui monter.



Le chef grogna. Alhya ricana avant de regarder autour d’elle.



Il acquiesça d’un geste.



Alhya lui envoya un regard narquois.



Il rit, satisfait.



Le chef la transperça des yeux.



Alhya bouda telle une gamine prise en faute.



Alhya lui envoya un regard terrifié.



Alhya recula d’un pas en tremblant. Elle n’avait aucune envie de subir ça, ni qu’il subisse cette horreur.



Alhya dut admettre que les propos se tenaient.



Il acquiesça, ravi.



Alhya en ronronna de plaisir.



Alhya pleura intérieurement la disparition des merveilles.



Le chef ricana puis précisa :



Elle s’ouvrit, se permettant de découvrir son nouveau lieu de vie. L’appartement ressemblait aux autres, tant en agencement qu’en sobriété. Elle dut reconnaître n’avoir pas spécialement envie de le décorer. Elle passa ses lunettes, régla l’interface afin qu’elle lui soit agréable, puis monta sur la machine de course. Elle avait besoin de se défouler. Trop d’émotions contenues, d’événements arrivés trop vite, trop nombreux. Dire que le matin-même, elle ouvrait son restaurant comme tous les jours.


Elle stoppa la session en plein milieu et demanda :



La sonnette de son appartement retentit. Alhya descendit de son tapis de course pour aller ouvrir.



Le commando au complet était là.



Il gronda puis plaça une main dans le bas de son dos pour la pousser gentiment vers l’ascenseur. Se retrouver dehors la fit frissonner. Il s’agissait probablement de la dernière fois qu’elle respirait l’air pollué de la ville.


Le restaurant apparut, les vitres ravagées. L’arrivée du commando fit s’envoler une nuée de moineaux. Les fouineurs s’égaillèrent. Dans la salle principale, il manquait déjà des tables et des chaises. Heureusement, la cuisine se dévoila presque intacte. Ils avaient commencé à essayer de dégager les éléments les plus chers, sans arriver au bout.


Dans sa chambre, petite pièce dont la porte était cachée derrière un meuble, Alhya retrouva toutes ses possessions. Alhya remplit une caisse en carton de quelques vêtements et bricoles. Pas grand-chose. Sous une latte de plancher, elle retira deux boîtes en fer qu’elle tendit à 314. Il les ouvrit. L’un était vide. L’autre à moitié rempli.



Il ricana en retour.



Il haussa les épaules puis les garda. Celui qui portait le carton la scrutait.



Alhya explosa de rire avant de sortir de la chambre. Il suffisait de bien observer, c’était tout. Elle avait eu accès à des heures de visionnage. Voilà pourquoi elle y arrivait. N’importe qui pourrait en faire autant.


Les spéciaux emmenèrent tout ce qu’Alhya désirait et tout le monde retourna à l’immeuble.



Alhya sourit. Elle rentra chez elle, se prit une douche puis se coucha, éreintée par cette interminable journée.


Le lendemain, elle commença par se faire livrer un petit-déjeuner. Le livreur, le même qu’avant, n’afficha aucune surprise de la trouver dans un autre appartement. Il la déshabilla des yeux en soupirant, visiblement déçu de sa tenue sobre constituée d’un pantalon ample et d’un chemisier ne laissant rien apparaître.


Elle dégusta en ronronnant son croissant et son jus d’orange. Lors de sa commande, elle avait découvert posséder un certain nombre de « points ». L’ordinateur lui avait indiqué qu’elle en gagnait un peu chaque jour, dont elle pouvait faire ce qu’elle voulait. Le petit-déjeuner lui avait coûté environ un dixième de ses gains. Pas grave. Elle n’avait pas beaucoup de dépenses, vu qu’elle mangerait au restaurant.


Elle s’y rendit pour découvrir les ouvriers en plein travaux de démolition.



Ses lunettes posèrent le futur restaurant par-dessus la réalité, permettant à Alhya de voir les deux en même temps.



Elle passa ses commandes de nourriture et en attendant qu’elle soit livrée, elle monta virtuellement son futur restaurant. Elle prépara sa salle à manger afin qu’elle soit en mesure d’accueillir les cinq clients. À midi, tout était prêt. Le repas mais également la table et les plans de la future auberge du commando de spéciaux du district sud.


Les cinq hommes arrivèrent. Aucun ne s’intéressa à elle. Ils s’assirent, ôtèrent masque et capuche puis dégustèrent avec plaisir le copieux repas tandis qu’Alhya remplissait leurs verres en dévorant les yeux bleus du chef du regard dès qu’elle en avait la possibilité.



Il se tortilla sur sa chaise de malaise.



Ils grommelèrent leur assentiment. Le repas se termina sans anicroche. Les hommes repartirent après lui avoir adressé de sobres remerciements. Alhya se retrouva seule mais heureuse. Ils venaient de passer un bon moment. Cela seul suffisait à gonfler son cœur.


Elle commanda le dîner, prépara ce qui pouvait l’être en avance puis fit son sport. Lorsque le repas fut terminé, Alhya annonça :



Ils échangèrent des regards puis tous convergèrent vers le chef.



Ils repartirent chercher leurs lunettes puis revinrent. Alhya sentit son cœur bondir de joie. Elle avait l’impression de permettre à l’unité de cette escouade de revenir. Peut-être gagneraient-ils enfin contre les nordistes ?