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Temps de lecture estimé : 15 mn
06/06/25
Présentation:  Troisième et dernier acte pour Sérène ! Ce récit était plus sombre que le précédent, mais j’espère que vous y avez tout de même trouvé quelque chose pour vous... N’hésitez pas à me dire ce que vous en aurez pensé !
Résumé:  Dernier épisode des aventures de Sérène, la vampire punk, qui va devoir affronter l’héritage le plus sombre de son passé...
Critères:  #horreur #vengeance #enfamille #masturbation fh fplusag ascendant grosseins groscul bizarre chantage contrainte
Auteur : Plastica            Envoi mini-message

Série : Héritage de sang

Chapitre 03 / 03
Partie 3 : Retrouvailles sanglantes

Résumé des épisodes précédents :

Désormais, Sérène, la vampire punk désabusée, sait de quoi il en retourne : si les démons sont après elle, c’est parce que son fils, né du viol qu’elle a vécu cent ans plus tôt des mains d’un loup-garou, est toujours en vie… Il est temps pour elle de le rencontrer.




Chapitre 14

Armes



Le loft est plongé dans une lumière tamisée, les ombres dansant sur les murs alors que Sérène et Josh se préparent en silence.

L’intimité qu’ils ont partagée il y a quelques heures semble déjà loin, remplacée par une tension palpable, un mélange d’adrénaline et de peur contenue. Sérène est debout près d’une table encombrée, ses gestes précis et méthodiques. Elle porte un débardeur noir et un pantalon en latex, ses bottes cloutées déjà lacées, prêtes pour le combat. La mèche devant l’œil, elle s’équipe avec une efficacité froide : son épée runique, celle qui a tranché la tête d’Osgoth, est attachée dans son dos ; elle glisse deux dagues dans des étuis à ses cuisses, et vérifie le chargeur d’un revolver avant de le ranger dans un holster à sa hanche.

Josh, assis sur le canapé, l’observe avec une admiration mêlée d’inquiétude. Ses doigts tremblent légèrement alors qu’il lace ses baskets. Il sait qu’il n’est pas de taille face à Kael et ses sbires, mais il refuse de laisser Sérène y aller seule. Pas après tout ce qu’elle a traversé, pas après ce qu’Osgoth lui a révélé. Il se lève pour approcher de la table. Sérène lui tend un pistolet, un modèle compact mais chargé de balles en argent, et un couteau de chasse avec une lame en acier trempé, qu’il glisse à sa ceinture.



Josh hoche la tête, essayant de masquer sa nervosité.



Sérène le fixe un instant, ses yeux dorés scrutant son visage comme si elle cherchait une trace de doute. Puis elle soupire, ses épaules s’affaissant légèrement, et une ombre passe sur ses traits.



Le mot semble lui brûler les lèvres, et elle détourne le regard, ses doigts se crispant sur un poignard. Josh pose une main hésitante sur son bras, caressant ses tatouages en forme de crânes. Il sent la froideur de sa peau.



Elle tourne la tête vers lui, ses yeux brillant d’une émotion qu’elle ne peut cacher – un mélange de détermination et de peur. Elle se demande ce qu’elle ressentira en voyant cet enfant qu’elle a abandonné, cet être contre nature qui est probablement devenu un monstre… Mais elle repousse ces pensées, secouant la tête comme pour chasser ses doutes.



Josh esquisse un sourire, un peu tremblant, mais sincère, et pose une main sur la joue de Sérène, qui le laisse faire.



Sérène ferme les yeux un instant, comme pour savourer ce contact, puis elle se lève et l’embrasse, un baiser bref, mais intense, ses lèvres froides pressées contre les siennes, ses seins frottant le torse du jeune homme. Elle recule, vérifie une dernière fois son équipement, et attrape son blouson en cuir, qu’elle enfile d’un mouvement fluide.



Josh hoche la tête, serrant le pistolet dans sa main, et la suit.

Prêt à affronter l’enfer pour la femme qu’il aime.




Chapitre 15

Crimson Abyss



Le Crimson Abyss pulse d’une énergie malsaine, ses murs noirs luisant comme s’ils étaient vivants, baignés dans une lumière rougeoyante qui donne l’impression d’être à l’intérieur d’un cœur battant. La musique industrielle résonne, un grondement sourd ponctué de basses qui fait vibrer le sol, et l’air est chargé d’une odeur de soufre et de sueur. La foule est dense – des démons aux yeux luisants, des succubes aux sourires carnassiers, des créatures hybrides aux membres difformes – tous dansent, boivent, ou s’adonnent à des plaisirs plus sombres dans les coins de la salle.

Sérène et Josh se frayent un chemin à travers la masse, leurs visages tendus, leurs armes prêtes. Sérène ouvre la marche, son épée runique dans une main, son revolver dans l’autre, ses yeux dorés scrutant la foule à la recherche de Kael. Josh suit de près, son pistolet serré dans sa main. Il reste derrière elle, comme promis, mais son regard est alerte, prêt à agir.

Ils repèrent Kael près du bar, entouré d’une dizaine de démons mineurs – des brutes écailleuses aux griffes acérées, leurs yeux jaune luisant de malveillance. Kael sirote un verre de liquide noir, un sourire sur les lèvres. Il les voit arriver, et son expression s’élargit, dévoilant des crocs acérés.



Sérène ne répond pas avec des mots. D’un mouvement fluide, elle lève son revolver et tire, une balle en argent filant droit vers Kael – mais un démon s’interpose, prenant le projectile en pleine poitrine. La créature hurle un son strident, puis s’effondre. La foule s’écarte, paniquée, et les démons restants se ruent sur Sérène, leurs griffes et leurs crocs prêts à déchirer.

La vampire, sans ciller, se transforme en tornade de mort, son épée runique traçant des arcs argentés dans l’air, chaque coup tranchant chair, os, et écailles avec une précision mortelle, tandis que ses seins énormes se balancent, au rythme de ses mouvements, sous son débardeur. Un démon tente de l’attraper par-derrière, mais elle pivote, lui enfonçant une dague dans l’œil avant de lui trancher la gorge d’un revers d’épée. Le sang gicle, éclaboussant son visage, coulant sur sa peau pâle, contrastant avec ses yeux dorés brûlant de rage.

Un autre démon, plus massif, charge avec un rugissement, mais Sérène bondit, plantant ses deux dagues dans ses épaules avant de lui tirer une balle en argent en plein front. La créature s’effondre, et Sérène atterrit sur son corps, arrachant ses lames dans un jaillissement de sang noir.

Josh, à couvert derrière un pilier, essaie de se rendre utile. Il vise avec soin, ses balles en argent touchant leurs cibles avec précision – un démon qui s’approchait de Sérène par le flanc prend une balle dans la tempe et s’effondre ; un autre, qui tentait de l’attaquer par-dessus une table, reçoit une balle dans le cœur et s’écroule en hurlant. Le jeune homme reste à distance, comme Sérène le lui a demandé, mais il refuse d’être un poids pour elle.

En quelques minutes, les démons mineurs sont anéantis, et la foule du Crimson Abyss s’est dispersée, les survivants fuyant vers les sorties ou se cachant dans les ombres. Sérène, couverte de sang, le souffle court, s’avance vers Kael, qui n’a pas bougé de sa place près du bar. Il est blessé : une balle en argent a frôlé son bras, et un coup de dague a brisé l’une de ses cornes, laissant un moignon irrégulier d’où coule un filet de sang noir. Mais il sourit toujours, ses yeux luisant d’une lueur malsaine.

Sérène le plaque contre le bar, son épée pressée contre sa gorge, la lame runique scintillant dangereusement. Josh approche, son pistolet toujours levé, prêt à tirer.



Kael ricane, moqueur malgré la lame qui entaille légèrement sa peau grise.



Toujours sous la menace de la lame, il guide Sérène et Josh jusqu’au sous-sol du club… Et, surtout, jusqu’au portail qui s’y trouve.

Un vortex de ténèbres et de glace.

L’air se charge d’une froideur surnaturelle et des murmures indistincts s’élèvent, comme des voix d’outre-tombe. Kael, toujours souriant, s’écarte, et la vampire baisse son épée, ses yeux dorés fixant le portail. Josh hésite, jetant un regard à Sérène, mais elle hoche la tête, déterminée.



Elle avance, Josh sur ses talons.

Ils traversent le portail, et l’univers bascule.

La dimension qui les accueille est un cauchemar de glace et de désolation : une plaine gelée s’étend à perte de vue, parsemée de corps figés dans la glace, leurs visages tordus dans des expressions d’horreur. L’air est si froid qu’il brûle les poumons, et une lumière bleutée, irréelle, éclaire la silhouette presque frêle qui se tient au centre de la plaine.

Une créature humanoïde, malgré sa peau noire comme la nuit, et les deux cornes aiguisées qui percent son front.

Ses épaules, dévoilées par une simple tunique blanche, sont marquées de cicatrices, et ses yeux rouges luisent comme des braises, tandis que des griffes acérées dépassent de ses doigts. Une aura de puissance malsaine, perverse, émane de lui.

Il fixe Sérène, un sourire tordu étirant ses lèvres, dévoilant des crocs acérés. Sa voix juvénile brise le silence glacial.





Chapitre 16

Enfance



Lacan se tient immobile, sa silhouette fragile dominant la plaine gelée, ses yeux rouge luisant comme des flammes dans la lumière bleutée de cette dimension carcérale.

Sérène, face à lui, est figée, ses yeux dorés écarquillés, son souffle court formant des volutes blanches dans l’air glacial et soulevant ses seins à un rythme affolé. Josh, à ses côtés, resserre sa prise sur son pistolet ; il sent que quelque chose de terrible est sur le point de se produire.

Lacan avance d’un pas, et tend une main vers Sérène. Les griffes du fils effleurent presque le visage de la mère, mais il s’arrête, son sourire s’élargissant. Puis, d’un geste lent, presque tendre, il pose un doigt sur le front de Sérène, figée par ces retrouvailles, cent ans trop tard.

À l’instant où sa griffe touche la peau de sa mère, un éclair de lumière rouge traverse les yeux de Sérène, et elle vacille, ses jambes se dérobant sous elle. Josh tente de la rattraper, mais une force invisible le repousse, le projetant à plusieurs mètres. Sérène, seule, s’effondre à genoux, ses mains agrippant sa tête alors que des visions l’engloutissent. Un flot d’images et de sons qui la submergent comme une tempête.


Des visions brutales, fragmentées, saturées de couleurs – noir, rouge, bleu glacial.

Sérène voit un cachot, celui où elle a accouché de Lacan, il y a un siècle. Un bébé hurle, ses petites griffes s’agitant dans l’air. Mais des ombres surgissent – des démons aux formes indistinctes, leurs yeux luisants, leurs rires gutturaux résonnant dans la pièce. Ils massacrent la meute d’Osgoth, déchiquetant les loups-garous avec une sauvagerie implacable, leurs corps démembrés s’effondrant dans des mares de sang. Le patriarche, rugissant de rage, tente de protéger l’enfant, mais un démon lui ouvre le torse, et le vieux loup-garou s’enfuit, au bord de la mort.

Les démons s’emparent du bébé et disparaissent dans un portail de feu, leurs rires s’évanouissant dans les ténèbres.


L’image change, et Sérène se retrouve en enfer, un royaume de flammes et de cendres, où l’air est si brûlant qu’il semble consumer l’âme. Lacan, encore enfant, est enchaîné à un autel de pierre noire, ses cris de douleur résonnant alors que des rituels démoniaques s’abattent sur lui. Une présence domine la scène : Lucifer lui-même, ombre colossale, silhouette indistincte faite de ténèbres et de flammes.

Lucifer ne parle pas, mais sa volonté est claire : il veut faire de Lacan un démon majeur, persuadé que cet hybride contre nature d’une vampire et d’un loup-garou servira ses desseins. Sur le front de Lacan, deux cornes droites percent sa peau, grandissant à chaque incantation, dans des hurlements de douleur, et ses yeux deviennent des braises rouges, brûlant de puissance et de souffrance. Le processus est long, insoutenable, et les cris de Lacan, enfant puis adolescent, déchirent le cœur de Sérène, qui assiste à tout, impuissante.

Les visions s’accélèrent. Lacan grandit, sa puissance devenant incontrôlable. Il brise ses chaînes, massacrant ses geôliers démoniaques avec une rage qui dépasse tout ce que Sérène a vu. Il devient un démon majeur, sa peau comme de l’obsidienne, ses cornes comme des lances.

Mais les oracles infernaux, des créatures voilées aux voix sifflantes, l’abreuvent de visions de sa mère, pour rediriger sa colère : Sérène, une vampire belle et féroce, aux seins massifs à peine couverts par une robe déchirée… Les oracles lui montrent ses fesses, ses cuisses, ses lèvres. Elles lui montrent le sexe d’où il est sorti. Elles murmurent des prophéties, disant que Sérène est la clé de son destin, qu’elle est la seule à pouvoir le compléter. Lacan, privé d’amour maternel, développe une obsession malsaine, un mélange d’amour et de haine. Il veut la posséder, la violer, lui faire aimer ça – une manière de reprendre le contrôle sur celle qui l’a abandonné.


Une autre vision surgit. Lacan, désormais adulte, affronte des forces angéliques : des guerriers ailés aux armures dorées, leurs lances flamboyantes transperçant ses serviteurs démoniaques. Ils le battent, non pas pour le tuer, mais pour l’emprisonner, le scellant dans cette dimension de glace. Mais même enfermé, son obsession pour Sérène grandit, nourrie par des années de solitude et de visions incessantes. Il murmure dans l’obscurité, sa voix résonnant dans l’esprit de Sérène à travers les visions : « Tu m’as abandonné, mère… Mais moi, je te garderai… Pour toujours. Avec moi. »

Les visions s’arrêtent brutalement, et Sérène revient à la réalité, toujours à genoux dans la plaine gelée. Des larmes coulent sur ses joues, traçant des sillons dans le sang séché qui macule son visage. Elle tremble, ses mains serrées contre sa poitrine, submergée par la culpabilité et l’horreur de ce qu’elle a vu – la souffrance de Lacan, sa transformation en monstre, et cette obsession malsaine qui le consume. Elle lève les yeux vers lui, ses lèvres frémissant alors qu’elle murmure, la voix brisée :



Lacan la fixe, ses yeux rouge brillant d’une lueur possessive, et il avance, ses orteils griffus raclant le sol gelé. Sans un mot, il se penche, et ses lèvres, froides et dures, minérales, se pressent contre celles de Sérène dans un baiser forcé, ses crocs effleurant sa peau.

Sa mère, encore hébétée par le choc des visions, ne résiste pas, tétanisée, prostrée. Ses larmes coulent simplement plus fort, et son corps tremble tandis qu’elle accepte sa culpabilité, et ce que son fils lui propose en guise de pénitence.

À hauteur de son visage, l’érection de Lacan commence à gonfler, soulevant sa toge blanche. D’une main, il malaxe l’un des seins de Sérène qui, en pleurant plus fort, laisse la langue de son fils glisser entre ses lèvres. La salive de son fils a un goût de pierre, de tristesse, et de haine.




Chapitre 17

Sacrifice



Le silence est lourd comme un tombeau, brisé uniquement par le souffle court de Sérène et les soupirs de Lacan.

Josh, repoussé à quelques mètres par la force invisible qui l’a projeté plus tôt, se redresse lentement, son pistolet toujours serré dans sa main. Il observe la scène, le cœur battant à tout rompre, une boule d’angoisse nouant son estomac.

Sérène est à genoux devant son fils, les joues brillantes de larmes, le corps tremblant sous le poids de la culpabilité et l’effet d’une tétanie que Josh comprend n’avoir rien de naturelle. Lacan, sa silhouette frêle dominant celle, pourtant plus impressionnante, de sa mère, continue à embrasser celle-ci de force, ses lèvres noires pressées contre les siennes. Ses mains griffues, avides, parcourent le corps de la vampire, palpant ses courbes avec une possessivité malsaine, perverse, ses doigts s’attardant sur ses seins massifs, pressant son débardeur comme s’il voulait le déchirer.

Josh voit tout cela, voit les larmes de celle qu’il aime, et une horreur viscérale l’envahit. Il n’a pas partagé les visions qui ont submergé Sérène, mais il devine son trouble dans la manière dont ses épaules s’affaissent, dans la façon dont ses mains, qui devraient repousser Lacan, restent immobiles, ballantes.

Pire encore : il voit le sexe du fils impie se dresser désormais hors de la toge, à quelques millimètres du visage de sa mère… Josh a écrit assez de scènes érotiques tordues pour savoir où celle-ci mène.

Il comprend, avec une clarté douloureuse, que Sérène est en train d’abandonner, de s’abandonner, à la culpabilité, à la manipulation de ce fils malade, à l’horreur incestueuse qu’il veut lui imposer… Elle est sur le point de se perdre, de commettre un acte qui la damnerait à jamais.

Dans l’ombre, à quelques mètres du jeune homme, Kael observe lui aussi la scène, ses yeux luisant d’une impatience malsaine. Sa peau cendreuse est encore tachée de sang, et sa corne brisée goutte doucement sur le sol gelé. Il s’avance d’un pas, sa voix doucereuse brisant le silence oppressant. Les obsessions de ce gamin amoureux de sa môman commencent à le fatiguer ; il est temps de passer aux choses sérieuses.



Lacan s’immobilise, son baiser interrompu par l’intervention de Kael. Une lueur de colère traverse ses yeux rouges, et il se redresse pour tourner la tête vers le démon. Face au visage de Sérène, son sexe est désormais totalement droit, prêt à se soulager d’un siècle d’obsessions démentes.



Il n’a pas le temps de finir sa phrase.

Josh, profitant de cet instant de distraction, agit par instinct. Il lève son pistolet, le canon pointé droit sur Lacan, et presse la détente.

Une balle en argent file dans l’air, éclat scintillant dans la pénombre glaciale, et frappe Lacan entre ses cornes, en plein centre de son front. Le crâne du démon explose dans une gerbe de sang noir et de fragments d’os, tandis que la détonation roule sur la plaine gelée.

Le corps de Lacan vacille, ses yeux rouges s’éteignant comme des braises soufflées par le vent, et il s’effondre lourdement sur le sol, mort, un filet de sang noir coulant de ce qu’il reste de sa tête.

Sérène pousse un hurlement silencieux, ses yeux dorés écarquillés d’horreur.

À genoux près du corps de Lacan, ses mains tremblantes effleurent la tunique blanche de son fils, désormais tachée de sang. Des larmes coulent sur ses joues, mais elle reste muette, son regard fixé sur son enfant, mort pour la seconde fois.

Kael, dans l’ombre, fixe la scène avec un mélange de rage et de frustration, les poings serrés. Il comprend immédiatement que Lucifer risque d’être très, très énervé… Il est l’heure pour lui de trouver un endroit où se cacher. Il jette un dernier regard furieux à Josh, puis s’enfuit dans les ténèbres, disparaissant à travers un portail qu’il ouvre à la hâte.


Josh baisse son arme, ses mains tremblant violemment, le pistolet glissant de ses doigts pour tomber sur le sol gelé avec un bruit sourd.

Il sait ce qu’il vient de faire. Il sait que Sérène ne le pardonnera jamais.

Il n’a pas agi par jalousie, ni par colère de voir celle qu’il aime en embrasser un autre – il l’a fait pour la sauver, pour l’empêcher de s’abandonner à une damnation dont elle ne se serait jamais remise.

Mais cette vérité n’atténue pas la douleur qui lui déchire le cœur. Ni la certitude qu’il vient de perdre Sérène pour toujours.

Il s’avance d’un pas, sa voix brisée s’élevant dans le silence glacial.



Puis il passe le portail, laissant la vampire seule avec sa douleur. Il sait qu’il l’a sauvée. Et qu’il ne la reverra jamais plus.




Chapitre 18

Sérène



Le loft de Sérène est plongé dans une pénombre familière, les ombres dansant sur les murs de béton brut sous la lumière chaude des néons industriels. Dehors, la pluie bat contre les grandes fenêtres, un rideau d’eau trouble qui brouille les lumières de la ville, transformant celle-ci en une masse indistincte et grise. Sur la platine vinyle, Unknown Pleasures de Joy Division tourne, les notes lancinantes de Disorder emplissant l’espace, leurs basses résonnant comme un écho de la douleur qui habite Sérène. Une cigarette se consume entre ses doigts, la fumée s’élevant en volutes paresseuses vers le plafond, et l’odeur âcre du tabac danse avec sa tristesse.

Sérène est assise sur le canapé, vêtue d’un simple débardeur et d’un jean usé. Une mèche masque partiellement son regard, et ses yeux dorés fixent un point invisible, perdus dans le vide. Elle tire une longue bouffée sur sa cigarette, la braise rougeoyant dans la pénombre, et exhale lentement, un soupir qui semble porter tout le poids du monde.


Deux mois se sont écoulés depuis la mort de Lacan, et pourtant, chaque jour, elle ressent le vide qu’il a laissé – son fils, cet enfant qu’elle n’a jamais pu connaître, aimer ou protéger.

Et puis il y a Josh, l’homme qui l’a aimée, et qui l’a sauvée d’elle-même en tuant Lacan.

L’homme qu’elle ne peut plus regarder en face.

Elle sait qu’il a fait ce qu’il fallait, mais la douleur est trop grande.

Alors Sérène reste seule.

Elle fume.


À des kilomètres de là, dans un petit appartement en désordre au cœur de la ville, Josh est assis à son bureau, entouré de piles de carnets, de crayons éparpillés, et de canettes de soda vides. Une lumière jaunâtre, provenant d’une lampe de bureau bon marché, éclaire son visage fatigué, creusant les cernes sous ses yeux. Devant lui, sur une planche à dessin, une couverture de BD prend vie sous ses doigts tremblants, se reflétant dans les verres de ses lunettes.

Il trace les derniers traits d’une vampire en cuir noir, une héroïne féroce avec une mèche devant l’œil et des seins massifs mis en valeur par son débardeur moulant.

Josh pose son crayon, et ses yeux s’embuent de larmes alors qu’il contemple son œuvre. En haut de la couverture, il a écrit le titre en lettres stylisées. Un mot qui résume tout ce qu’il a vécu, tout ce qu’il a perdu : Sérène.

Son œuvre est terminée.