| n° 22941 | Fiche technique | 45769 caractères | 45769 7942 Temps de lecture estimé : 32 mn |
24/02/25 |
Résumé: Isabelle, sur les conseils de sa psy, noircit les pages de son journal intime. Elle y couche ses maux, sa colère et ses regrets, pour dévoiler une existence que l’on devine chaotique. La plume sera-t-elle son salut ou le début d’une descente aux enfers ? | ||||
Critères: #journal #adultère #différencedâge #enseignant fh fplusag extracon profélève amour dispute caresses fellation cunnilingu | ||||
| Auteur : Rainbow37 Envoi mini-message | ||||
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Résumé des épisodes précédents :
Accablée par les tourments de sa vie et ses dernières décisions désastreuses, Isabelle a perdu pied dans les bras de Vincent. Elle a mis en péril son couple et sa vie de femme rangée.
C’est sans doute le week-end le plus atroce que j’ai passé depuis longtemps. Mes pensées ont tourné en boucle, comme un disque rayé, un cauchemar sans fin dont je n’arrivais pas à me défaire. Les images de cette nuit, les sensations brûlantes, ma trahison, celle de Patrice… Tout s’est mélangé, chevauché, me laissant vidée mentalement comme physiquement. Je redoutais la confrontation avec Patrice, ses mots, ses réactions, cette réalité que j’allais devoir affronter. Je devais, à tout prix, mettre fin au supplice du secret.
Mais nous nous sommes à peine croisés samedi, s’absentant à la moindre occasion, comme s’il m’évitait, alors il restait ce dimanche. Il s’est levé tard, comme à son habitude, déambulant dans la cuisine en caleçon, sa tasse de café à la main, indifférent à ma détresse évidente. Il a fait mine de ne rien remarquer… Ni mes silences, ni le poids de mes non-dits, ni le regard noir qui le fixait, alors que j’étais toujours dans mon pyjama froissé, les cheveux en bataille, le cœur battant à tout rompre. Je voulais tout lui dire, laisser exploser ma colère. J’avais besoin de vider mon sac, de me libérer de ce poids, de cette honte qui me rongeait.
Mais alors que j’ouvrais la bouche, prête à assener ma vérité, la sonnette de la porte d’entrée a retenti, me brisant net dans mon élan. C’était son frère, Laurent, débarquant à l’improviste comme souvent, avec son rire tonitruant et ses histoires sans queue ni tête. Son arrivée a figé mes mots sur le seuil de mes lèvres. Il est resté jusqu’en fin d’après-midi, me forçant à enfiler ce masque de parfaite épouse. Chaque sourire forcé, chaque parole aimable, chaque seconde passée à faire semblant me vidait un peu plus de mes forces. J’assistais aux échanges enjoués des deux frères, j’avais l’impression d’être quantité négligeable aux yeux de l’homme qui partage ma vie depuis tant d’années.
Quand son frère est enfin parti, il était trop tard. Le jour avait cédé sa place à la nuit. Patrice avait retrouvé son air maussade, avec moi, il ne se donnait plus la peine de faire semblant. Harassée par le poids du silence, je n’avais plus la force de deviser sur les échecs de notre couple, alors nous nous sommes couchés dans le silence habituel. J’ai attendu dans le noir, l’espoir fou que pour une fois, il fasse un geste, qu’il me prenne dans ses bras, qu’il me demande avec un peu d’empathie ce qui n’allait pas. Mais rien, absolument rien. Il était déjà loin de moi, loin de mon désespoir. Alors, j’ai pleuré, en silence, les larmes ruisselant sur mon visage, un torrent d’amertume que je ne pouvais plus retenir.
Pourquoi j’ai autant d’états d’âme alors que lui le vit visiblement très bien ?
Les jours passent, et je me sens de plus en plus emprisonnée, captive de moi-même, de mes erreurs. Le poids de ce que j’ai fait avec Vincent m’écrase. J’essaie de compenser, de me racheter à ma façon, d’essayer de remettre un peu de normalité dans mon mariage. J’ai passé l’après-midi à cuisiner, me réfugiant dans la préparation du plat préféré de Patrice. Puis j’ai nettoyé la maison de fond en comble, frotter les sols et les meubles me permettait de m’occuper l’esprit.
Mais une autre pensée s’est mise à grandir en moi, comme un poison lent et insidieux qui se répand dans mes veines : Vincent m’aurait-il manipulée ? Et s’il a tout planifié, cette ordure ? Son attitude, sa fille, cette proximité forcée, cette soi-disant empathie… Tout ça pourrait-il n’être qu’un piège, un scénario machiavélique pour me faire tomber dans ses filets ? Et moi, pauvre idiote, j’y serais tombée tête la première, aveuglée par la colère et le désir. Maintenant, je suis coincée dans cette situation inextricable. J’ai couché avec un élève, chez lui.
Je risque de tout perdre, tout ce que j’ai construit avec acharnement : mon travail, ma réputation, ce peu d’estime que j’avais pour moi et ce mariage avec Patrice, aussi imparfait soit-il. Quel salaud !
Et Patrice ? Comment pourrais-je lui parler maintenant ? Comment lui avouer que j’ai non seulement trahi notre mariage, mais que j’ai aussi mis ma carrière en danger pour un élève qui ne mérite rien d’autre que notre dégoût ?
Je suis coincée, piégée, sans issue. Et je ne sais plus quoi faire.
Aujourd’hui, en plein milieu de mon cours, alors que j’écrivais au tableau, je me suis arrêtée net, comme frappée par la foudre. Un voile s’est abattu sur mon esprit et ma main s’est figée dans les airs. J’ai oublié ce que je faisais, le mot que j’allais écrire. Un blanc total, un gouffre abyssal, comme si ma mémoire venait de me lâcher.
Un silence gêné s’est installé dans la classe. Alors les chuchotements ont commencé, timides au début, puis s’amplifiant, comme une vague malveillante. J’ai entendu des rires discrets et quelqu’un a murmuré : «Eh frère, je crois que la prof est en train de lagger». Je me suis retournée brusquement, feignant une colère que je ne ressentais même pas. «Silence ! », ai-je aboyé, ma voix cassée.
Mais la vérité, c’est que je ne savais plus ce que je faisais là. Je n’étais plus qu’une coquille vide, mon esprit était ailleurs, englué dans cette toile de pensées parasites qui me poursuivent jour et nuit.
Je dois revoir ma psy… Vite.
Hier soir, deux amis de Patrice sont passés le chercher pour aller voir un match. Au début, j’ai ressenti ce doute insidieux : y a-t-il vraiment un match ? Mais j’ai choisi d’écarter cette pensée. Peut-être que je me monte la tête inutilement. Peut-être que je veux voir des signes là où il n’y a que mon imagination, la paranoïa d’une femme qui perd pied.
Quand il est rentré, un peu éméché et la démarche hésitante, rien n’a semblé anormal, pire, une étincelle d’espoir s’est réveillée en moi. Il avait ce sourire détendu qui me rappelait l’homme qu’il était autrefois, avant que tout ne se délite. Alors, j’ai rangé mes soupçons, les pliant comme un vêtement usé, en me convainquant que peut-être que je m’invente des histoires, des monstres pour me distraire de ce que je suis, de ce que je fais et de ce que je deviens. Peut-être que je deviens folle.
Dans le lit, j’ai pris une grande inspiration et me suis glissée contre lui. J’avais besoin de sentir de la chaleur, un contact, même s’il semble qu’il n’y a plus grand-chose entre nous. Ça m’a fait du bien, juste pour un instant, de me dire que je n’étais pas seule.
Mais déjà, mes pensées sont ailleurs. Lundi arrive vite, tel un couperet. Après une semaine d’alternance en entreprise, Vincent sera de retour en classe. Rien que d’y penser, ma gorge se serre, je sais que je ne suis pas prête. Je sais que le sol peut s’écrouler sous mes pieds à chaque instant.
J’ai regardé les heures défiler une bonne partie de la nuit. Et, quand le réveil a sonné, strident, j’ai failli céder, appeler le lycée et me réfugier derrière une pseudo-maladie pour échapper à l’inévitable. Mais à quoi bon ? Ce ne serait que repousser l’échéance.
J’ai passé la matinée en apnée, la boule au ventre. Puis, l’heure fatidique est arrivée, celle de la classe de Vincent. J’ai fait l’appel rapidement, sans relever la tête, ma voix peu assurée malgré mes efforts.
Et il était là, assis au fond au de la classe, comme d’habitude, la tête penchée sur son cahier, comme si de rien n’était. Je n’arrivais pas à le lire. Était-il troublé ou mal à l’aise ? Ou derrière son assurance pensait-il m’avoir domptée ?
Pendant le cours, chaque fois que je posais une question ou passais près de lui, je sentais son regard insistant sur moi. À un moment, il a levé la main pour répondre. Son intervention était parfaite, comme d’habitude et je l’ai félicité du bout des lèvres. Mais derrière mon sourire crispé, je ne pouvais m’empêcher de penser : «Se moque-t-il de moi ? »
À la fin de l’heure, alors que la plupart des élèves avaient déjà quitté la salle, il a traîné, ramassant ses affaires lentement, avec une nonchalance inhabituelle. J’étais convaincue que chaque geste était calculé pour accentuer mon malaise. Il s’est arrêté à la porte, son corps bloquant la sortie. Il a cherché à croiser mon regard, et avec un sourire énigmatique, il m’a lancé d’une voix mélodieuse : «Bonne journée, Madame».
J’ai détourné les yeux, feignant l’indifférence, comme si ce petit jeu, cette mascarade pouvait encore faire illusion. Je suis restée là, figée. Que voulait dire cette attitude ? Une provocation ? Une menace ? Ou peut-être un pas en avant ? Mais dans quel but ? Je ne sais pas.
Patrice est sorti ce soir, encore une de ses soirées avec « ses amis ». Je n’en ai cure, tout ce qui compte, c’est demain.
Le cours d’informatique, en demi-groupe, à peine une dizaine d’élèves, dont Vincent. Je devrais naviguer entre les rangées, m’approcher d’eux, de lui, sentir son parfum flotter autour de moi.
Comment vais-je tenir ?
Je suis assise dans une cafétéria, le bruit des conversations, le cliquetis des couverts, l’odeur de friture flottant dans l’air, une assiette devant moi que je n’arrive pas à toucher. Mon esprit est ailleurs, comme étouffé par l’appréhension. Ce matin en salle informatique, la première heure a été un curieux statu quo.
J’ai soigneusement évité Vincent, comme si l’ignorer pouvait rendre les choses plus simples. Je me suis cachée derrière une fausse nonchalance, mais bien sûr, il a trouvé une manière de m’atteindre. Il m’a appelée pour une question pratique dont il connaissait forcément déjà la réponse. J’ai senti mon souffle se bloquer quand il a prononcé mon nom, j’ai été contrainte de m’approcher de lui. Et là, rien, rien d’autre qu’une relation normale élève-professeur. J’étais presque déçue…
Puis la pause est arrivée, le répit que j’espérais. Tout le monde est sorti prendre l’air, sauf lui. Je suis restée assise à mon bureau, feignant de corriger des copies. Quand j’ai relevé les yeux, il me dévisageait. Le temps s’est figé. J’ai senti cette boule dans ma gorge, la pression était insupportable, et j’ai craqué.
Je me suis dirigé vers lui. « Il faut qu’on parle ». Les mots étaient sortis comme un murmure étranglé. Il m’a regardée un instant, puis il a hoché la tête. « Cet après-midi. Chez moi. Quatorze heures », ses mots énoncés avec assurance m’ont déstabilisée sur le moment et je n’ai même pas pensé à parlementer.
Là. Il est 13 h 30. Je dois ranger ce journal, je dois y aller. Que suis-je en train de faire ? Pourquoi je suis si stupide ? Pourquoi je me jette dans la gueule du loup ?
Je ne sais pas pourquoi j’écris ces mots. Peut-être pour tenter de comprendre ce que je ressens, ou pour simplement essayer d’y voir plus clair.
Hier après-midi, quand je suis arrivée devant l’immeuble de Vincent, j’avais les mains moites et mon cœur tambourinait si fort que j’avais l’impression qu’il allait exploser. Il a ouvert la porte, son visage était détendu, comme s’il n’y avait aucune tension entre nous, aucune histoire.
Lorsque je lui ai demandé, la voix peu assurée, s’il était seul. Il a fait non de la tête, indiquant que sa fille dormait dans sa chambre. Puis, avec une politesse presque déconcertante, il m’a proposé un café ou un thé. J’ai refusé d’un geste rapide. Je n’étais pas là pour ça, je préférais en finir rapidement, ici, tout de suite.
Il a fermé la porte derrière moi, et je me suis tenue là, dans l’entrée, cherchant mes mots, mon souffle. Finalement, j’ai vidé mon sac, sans vraiment réfléchir. Je lui ai dit que je m’excusais pour tout, que je ne voulais plus de cette guerre entre nous, que je me sentais brisée, en mille morceaux, et que je voulais la paix. On devait arrêter de se faire du mal. Oublier le passé et… continuer à vivre chacun de notre côté.
Il m’a regardée longuement. Au début, il semblait un peu surpris par mon aveu. Puis, lentement, il a hoché la tête, comme s’il validait mes paroles, comme s’il se contentait d’entériner ma décision. J’ai senti un poids immense s’échapper de ma poitrine. Un soulagement.
Puis, sa voix grave a retenti, brisant net mon illusion : «Je n’ai jamais pensé à vous faire du tort ou du mal… Et j’accepte votre proposition. Mais à une condition…»
J’ai senti mon estomac se nouer, et j’ai demandé ce qu’il voulait. Il s’est détourné un instant, comme s’il cherchait ses mots. Il a levé le regard pour le plonger dans le mien et, rougissant légèrement, il a prononcé cette phrase qui m’a fait perdre pied : « Je vous veux encore une fois… Juste une dernière fois. »
Je crois que j’ai oublié de respirer, mon corps tout entier tétanisé. J’ai cru mal entendre, ou mal comprendre, que mes oreilles me jouaient des tours, mais c’était limpide et implacable comme une sentence. « Pardon ? » ai-je articulé, presque en suffoquant.
Il n’a pas eu besoin de répéter. Il a juste continué de me fixer, comme s’il connaissait déjà ma réponse. J’aurais dû dire non, évidemment, mais si je voulais que ça s’arrête pour de bon, avais-je vraiment le choix ? Et…
Quelque part, sa proposition avait suscité en moi une envie… Le refaire. Malgré la honte, malgré la culpabilité, malgré tout ce que cela signifiait, ce sentiment montait, incontrôlable.
Je lui ai demandé, ma voix à peine audible, comme un murmure, si après ça il me promettait qu’on vivrait chacun de notre côté en paix, indifférent à l’autre, comme deux étrangers qui se sont croisés par hasard. Il a acquiescé, d’un geste net, précis.
Je ne sais même pas pourquoi je lui ai demandé « Quand ? », me doutant bien de la réponse. Sa réponse a été rapide et claire : « Maintenant ». Je me suis entendu balbutier une réponse, des mots confus et décousus, et avant de comprendre ce que je faisais, je l’ai suivi, tel un automate.
Sa chambre était sombre et modeste. Il s’est tourné vers moi, mais n’a pas bougé. Il attendait. Une attente silencieuse, pesante, une mise à l’épreuve de mon consentement. Alors, d’un mouvement lent et maladroit, j’ai commencé à déboutonner ma chemise, les yeux fixés au sol, me sentant honteuse et vulnérable. Quand je n’ai plus rien eu sur moi, je me suis assise sur le bord du lit, mes bras croisés sur ma poitrine, tel un bouclier dérisoire, comme pour me protéger de lui, mais aussi de moi-même.
Vincent s’est dévêtu puis s’est approché, lentement, sa démarche assurée avant de s’arrêter juste devant moi. Son sexe dressé était à hauteur de mon visage, une présence brute, imposante, presque intimidante. J’ai compris ce qu’il attendait de moi. J’ai hésité un instant, puis j’ai tendu la main. Sa verge était chaude sous mes doigts, dure et tendue. J’ai commencé à le caresser, doucement d’abord, puis avec plus d’assurance. Mais j’ai senti qu’il attendait autre chose. J’ai levé les yeux vers lui et j’ai dit d’une voix fébrile : «Je… je n’ai jamais fait ça. Je n’ai jamais…» La honte me brûlait les joues. «Je ne suis pas ce genre de femme…» ai-je fini par avouer.
Il m’a fixée, le regard assombri par le désir, implacable. «Alors, deviens-le. » Sa réponse a été sèche, une injonction qui ne laissait aucune place à la discussion. J’ai baissé les yeux, incapable de soutenir son regard, et ma respiration est devenue irrégulière. J’ai déplié mes jambes, me sentant à la fois terrifiée et curieuse, puis, d’un geste lent et maladroit, je me suis agenouillée devant lui, mes lèvres frémissant devant cette nouvelle expérience.
C’était la première fois. La première fois que je voyais un sexe d’homme de si près, une présence crue et écrasante. La première fois que j’allais y toucher de cette façon. L’odeur virile, la chaleur et la texture de sa peau… Tout était nouveau, déroutant, excitant.
Sa veine pulsait sous sa peau, me rappelant que j’étais en contact avec la vie, le désir, la passion. J’ai hésité un instant, puis, d’un geste lent, comme attirée par une force invisible, j’ai ouvert la bouche, me laissant envahir par son envie. Contre toute attente, la sensation sur mes lèvres était surprenante, à la fois douce et lisse.
Je n’avais jamais imaginé faire ça un jour, une transgression inconcevable qui m’avait toujours semblé répugnante. Mais une fois entièrement glissé ma bouche, un réflexe nauséeux m’a pris, j’ai failli tousser, vomir pour rejeter ce contact indécent.
Mais j’ai compris que je devais aller jusqu’au bout, boire le calice jusqu’à la lie. J’ai lentement commencé à bouger la tête, sentant sa chair gonfler en moi. Il a poussé un gémissement rauque, qui m’a fait frissonner. J’ai continué, malgré l’appréhension, malgré la honte, la sensation dans ma bouche devenant de plus en plus intense et stimulante, de plus en plus… jouissive.
Mes mains caressaient ses cuisses, je sentais son corps se tendre. Le mien réagissait lui aussi, un écho troublant à la sensation de le sentir grandir en moi. Ma honte s’est dissoute, remplacée par une pulsion primitive que je ne pensais pas avoir. Je me suis surprise à apprécier ce moment coupable, ce moment de plaisir pur. C’était si nouveau, si intense, que j’ai fermé les yeux et je me suis laissé aller. Et puis, j’ai senti qu’il était à bout, que son corps se tendait de plus en plus.
Il m’a doucement repoussée en arrière, une main dans mes cheveux, avec une délicatesse surprenante, pour m’éloigner. J’ai compris qu’il voulait que je me mette sur le lit, je me suis allongée, offerte à son désir. Mais à mon grand étonnement, il a écarté avec délicatesse mes jambes pour me rendre la pareille.
Quitte à faire n’importe quoi, autant se laisser emporter par cette vague de luxure. Cette proposition était grisante et nouvelle, je voulais qu’il me mange à mon tour. Il n’a pas hésité une seule seconde, ses yeux sombres fixés sur les miens, il a plongé la tête entre mes cuisses. Il a déposé un baiser sensuel sur ma fine toison, un contact doux et humide qui me fit frissonner et j’ai senti ses lèvres s’approcher de ma vulve, le souffle chaud de son haleine brûlant ma peau. Sa langue s’est enroulée autour de mon clitoris, comme un feu qui me dévore, puis a séparé mes lèvres humides et gonflées, avec une douceur sauvage qui me fit perdre pied. Plus de quarante ans… C’est ce qu’il m’a fallu pour qu’un homme me dévore ainsi pour qu’un désir aussi intense s’empare de mon corps.
Un geste tabou, une débauche impardonnable. C’était sale. Sale et bon. Si bon. Une sensation si intense qu’elle me prenait aux tripes, et qu’elle me donnait l’envie de me perdre. Si bon, que je n’avais jamais ressenti une telle chose. Il m’a léchée, mordillée, dévorée avec voracité, et je me suis mise à gémir, à me tordre sous ses assauts, perdant toute raison, toute maîtrise de mon être.
Les contractions se sont emparées de moi, puissantes, incontrôlables, et je me suis accrochée aux draps, les doigts crispés, les ongles plantés dans le tissu. Mon orgasme est monté en flèche, violent, explosif et jouissif, une libération intense qui me laissait pantelante et désemparée.
Il s’est couché à mes côtés, et m’a pris la main pour m’amener à chevaucher son corps, à prendre les commandes. Un geste doux, presque tendre, qui m’a troublée sur le moment, ça n’avait rien à voir avec du sexe. Qu’importe, j’ai positionné mes jambes de chaque côté de son bassin, un geste maladroit, et je me suis abaissée lentement, sentant sa chaleur et sa dureté contre mon entrée ! C’était difficile, ma chair était encore sensible et contractée par l’orgasme. J’ai perçu un bref pincement au début, puis il s’est introduit plus profondément. Une fois complètement en moi, j’ai commencé à bouger, suivant mon instinct. Mais je n’étais pas à l’aise. Mon corps de femme mûre était exposé à son regard, et je me sentais jugée.
J’ai arrêté de bouger et j’ai posé ma main sur son épaule, « Je ne suis vraiment pas bien comme ça », ai-je avoué presque timidement. Il a souri légèrement, ça m’a déstabilisée encore plus. « C’est dommage. J’apprécie tellement les courbes de ton corps. » J’ai rougi encore plus fort, touchée par sa remarque, par ce qu’il avait dit de moi. C’était la première fois que quelqu’un me décrivait ainsi, que mes formes semblaient si agréables. Et c’était de la part d’un homme beaucoup plus jeune que moi, même si c’est lui.
Il a posé ses mains sur mes hanches, m’invitant à retrouver mon propre rythme. J’ai commencé à me balancer doucement, une oscillation légère, puis de plus en plus vite. La tension de son corps, ses mains sur mes hanches, fermes et impatientes, son regard qui me suivait à chaque mouvement… Tout cela provoquait une vague de plaisir qui me secouait de l’intérieur, emportant tout sur son passage, faisant exploser mes sens et mes émotions. Je me suis mise à me cambrer un peu plus, sentant mes seins ballotter librement, mon corps se tordant d’extase, mon esprit à la dérive.
Enfin il s’est tendu. J’ai senti ses muscles se contracter, sa chaleur m’envahir. Il a joui en moi, son sperme chaud et épais m’a emplie, faisant trembler mon être. Je me suis écroulée sur lui, le souffle court, les joues brûlantes. J’ai été étonnée de sentir ses mains sur mon cou, mon dos, mes fesses. Ses caresses étaient douces et fermes à la fois, et, malgré moi, ça me faisait du bien. C’était une trahison envers moi-même, et pourtant… c’était si agréable, si bon, que je me sentais perdue, déchirée, dans ce mélange toxique de honte et de plaisir.
Mais malgré l’ivresse du moment, cette sensation intense et puissante qui m’avait emportée, une partie de moi, une conscience lucide et douloureuse, s’est réveillée. Comme une claque qui me rappelait où j’étais et ce que je faisais. J’ai pris appui sur son torse pour me redresser. Mon corps était encore chaud et humide, imprégné de son odeur, de son sperme, mais la flamme du désir s’était éteinte aussi vite qu’elle était apparue. J’ai planté mon regard dans le sien, ma voix redevenue froide, sèche et assurée, pour un avertissement : « Maintenant que tu as eu ce que tu voulais, tu as intérêt à tenir ton engagement », lui ai-je dit. « Si tu mets en péril ce qu’il me reste, mon mariage ou ma carrière, je n’aurai aucune pitié, ni pour toi… ni pour ta fille. » J’ai vu dans ses yeux une résignation mêlée à un soupçon de crainte, une lueur d’incertitude qui me rassura intérieurement. Il a hoché la tête, l’air vaincu.
Je me suis retirée de lui, mon corps encore tremblant, mais mon esprit déterminé. J’ai rassemblé mes vêtements rapidement, les enfilant comme une armure, et j’ai quitté la chambre sans un mot de plus. J’ai quitté l’appartement en vitesse, comme si le diable était à mes trousses. Une fois dehors, le vent frais fouettant mon visage, j’ai presque couru jusqu’à ma voiture. Je me suis assise sur le siège, et me suis écroulée sur le volant, ma tête enfouie dans les mains. Je n’ai pu retenir mes larmes, chaudes et amères. J’avais été ridicule, pathétique, en menaçant sa fille, cela a fait de moi une personne méprisable, la pire des femmes. Mais au moins, cette histoire était finie, pour de bon. C’était tout ce qui comptait, me restait plus qu’à sauver mon mariage.
Aujourd’hui, j’ai pris les devants et proposé à Patrice de sortir dîner dans ce petit restaurant italien où nous allions souvent au début de notre mariage. À ma grande surprise, il a accepté sans hésitation. Nous avons passé une soirée étonnamment agréable, entre rires et souvenirs partagés. Après le repas, nous nous sommes promenés main dans la main, comme un vrai couple. C’était doux, presque irréel, après toutes les épreuves que nous avons traversées, qui semblaient n’être qu’un mauvais rêve qui s’éloignait peu à peu.
Seul bémol, une fois rentrés, alors que j’aurais aimé prolonger cette intimité dans la chambre, il a esquivé mes avances. Peut-être était-il trop fatigué, ou peut-être que cette distance persiste malgré tout. Suis-je encore désirable à ses yeux ?
J’ai vu la psy cet après-midi. Une séance trop tardive finalement, presque inutile. Elle m’a demandé si j’étais prête à lui montrer mon journal, mais j’ai refusé. Pas cette fois, pas encore. C’est trop intime, trop brut. Mais je lui ai simplement dit que je me sentais vraiment mieux ces derniers temps. Elle m’a observée avec son regard perçant, mais elle n’a pas insisté.
Mais j’ai été honnête sur une chose : je me sens mieux. Vraiment mieux. Les jours sombres semblent s’éloigner, petit à petit. Elle a souri en m’écoutant et m’a dit que c’était un bon signe. Ses encouragements m’ont réchauffé le cœur, et m’ont donné l’espoir que peut-être, la paix n’était pas si loin.
Aujourd’hui, en classe, un élève a fait une imitation hilarante d’un autre professeur. J’ai éclaté de rire devant tout le monde, incapable de me retenir. Ça m’a fait du bien. Je me suis sentie moi-même, détendue, naturelle.
Ces moments simples me rappellent pourquoi j’aime enseigner. Je me sens légère, presque libre. Vincent ? Je n’y pense presque plus. L’infidélité ? Joker !
Ce matin, sous la douche, alors que l’eau chaude ruisselait sur ma peau, quelque chose de totalement inattendu s’est produit, un flash venu de mon inconscient qui a fait exploser mes certitudes. Une image, un souvenir, m’est revenu : Vincent, son regard intense planté dans le mien, sa main sur ma hanche, son souffle contre ma peau.
Je ne sais pas pourquoi, comment cela est arrivé, mais cette pensée m’a envahie, le désir m’a emportée. Avant même de m’en rendre compte, ma main, guidée par un désir incontrôlable, était entre mes jambes… Je me suis laissé emporter par cette vague, sans lutte, sans résistance, me donnant à ce plaisir interdit.
Patrice ne m’a jamais inspiré de telles réminiscences auparavant, encore moins quelqu’un d’autre, et surtout pas… lui. C’était déstabilisant, perturbant, mais aussi terriblement exaltant sur le moment.
Après l’extase, quand mon corps est revenu à la normale, je me suis adossée au mur de la douche, l’eau coulant sur mon visage, et j’ai fermé les yeux, cherchant à comprendre. Qu’est-ce qu’il m’arrive, qu’est-ce que je suis en train de devenir ? Pourquoi lui, cet homme qui me devrait me dégoûter, qui me déchire ? Pourquoi maintenant, alors que j’essaie de me reconstruire ? C’est perturbant, et franchement, je ne sais pas quoi en penser à part que j’ai besoin que Patrice me fasse l’amour, ce soir, que je me réfugie dans ses bras.
Patrice et moi nous l’avons fait. J’en avais envie, c’est moi qui ai fait le premier pas. Je me suis approchée de lui, l’ai caressé, lui ai murmuré des mots tendres, mais il n’avait pas l’air très motivé, son corps distant, son regard vide. J’ai insisté, usant de toute ma persuasion. Je ne voulais pas qu’on perde cette intimité, ce lien physique qui nous unit, même si parfois il semble si ténu.
Au début, c’était… normal, routinier, une habitude, un geste répété sans émotion, sans sentiment. Alors, dans un élan désespéré, j’ai voulu tenter quelque chose de nouveau, d’un peu différent. Je lui ai proposé qu’on sorte des habitudes : une fellation, un cunnilingus, un geste plus audacieux, quelque chose pour casser la routine.
Sa réponse m’a refroidie. « Tu es sérieuse ? », a-t-il ricané, son ton dédaigneux. Une remarque désobligeante, comme si ce que je venais de dire était ridicule. J’ai eu envie de tout arrêter là, mais je n’ai rien dit. J’ai continué, parce que je voulais me convaincre que j’avais besoin de ce contact, de ce moment à deux, même si c’était imparfait. Le geste d’une femme désespérée.
C’était dommage, vraiment, cette dernière tentative s’étant soldée par un échec cuisant. Mais malgré ça, malgré ce vide qui persistait, j’étais contente d’avoir tenté quelque chose.
Je n’ai rien écrit lundi, pourtant, c’était le retour en classe avec Vincent. C’est curieux, mais il a fait profil bas tout au long de la journée, au point que je me suis surprise à chercher son regard quelques fois, comme pour m’assurer qu’il était bien là, présent, réel. Aucun mot déplacé, aucun geste provocateur, rien. La situation semble s’être apaisée, comme si tout ce qui nous liait s’était dissous avec notre accord.
Mercredi, en salle informatique, tout était tranquille, presque banal. Les élèves étaient concentrés, les claviers et les souris émettant un léger murmure, une routine rassurante. Juste un moment particulier. Un élève était perdu devant son écran, essayant de s’y retrouver dans un exercice sur les bases de données clients. Avant même que j’aie le temps de me lever, Vincent s’est dirigé vers lui et l’a aidé avec assurance. Une fois son camarade remis sur les rails, il s’est redressé et s’est tourné vers moi.
Son regard… il semblait chercher quelque chose, comme s’il redoutait une remarque de ma part ou attendait un signe d’approbation. Je lui ai souri machinalement et hoché la tête, un geste simple pour lui montrer qu’il avait bien fait. Et là, j’ai vu son expression se détendre, un soulagement discret, mais sincère.
C’était étrange, cette petite interaction, presque anodine. Mais elle m’a touchée d’une manière que je ne saurais expliquer.
Je n’arrive toujours pas à croire ce qui s’est passé ce matin. Patrice était sous la douche, à l’abri derrière le rideau d’eau, quand son portable a sonné. J’ai hésité un instant, ma curiosité l’emportant sur la raison, je l’ai pris pour répondre. Une voix féminine s’est présentée comme réceptionniste d’un club. Elle m’a expliqué, avec une familiarité qui me glaçait le sang, qu’ils avaient retrouvé le portefeuille de Patrice. Elle a ajouté, presque en passant, qu’il pourrait le récupérer à l’accueil lors de la prochaine soirée masquée.
Un club. « Le Paradise. » Je n’avais jamais entendu ce nom auparavant, un secret que Patrice me cachait. Pourquoi Patrice fréquente-t-il un endroit dont je ne sais rien ? Et cette allusion à des soirées masquées… Mon esprit s’emballe.
Quand Patrice est sorti de la douche, une serviette nouée autour de la taille, son air impassible habituel sur le visage, je n’ai rien dit. Pas un mot, aucun reproche, aucune question. Mais je me suis senti sombrer, comme je ne l’ai pas fait depuis des semaines. Et la vérité, c’est qu’au fond de moi, je n’étais pas surprise. J’avais toujours su, je pense, que mes efforts étaient vains.
Patrice n’a jamais été accro du téléphone. Mais alors que nous étions dans la file d’attente à la boulangerie, il s’est faussement indigné au son d’une notification de son portable. Après un rapide coup d’œil, il s’est éloigné de quelques pas et a esquissé ce sourire. Ce sourire que je n’ai plus vu depuis des années… Mais il n’était pas pour moi. Quand je lui ai demandé ce qu’il y avait, il a répondu que ses amis avaient réussi à avoir des super places à la dernière minute pour un match ce week-end à la capitale.
Puis il a lâché l’information comme si de rien n’était : il ne rentrera que le lendemain matin, au mieux.
Je n’ai pas insisté, mais quelque chose dans son ton, dans son visage, m’a peinée. Le « Paradise ». Ce message. Ce prétendu match. Et si tout était lié ?
J’ai mené ma petite enquête, subtilement, sans éveiller ses soupçons. Le meilleur ami de Patrice, celui qu’il prétend toujours voir pendant ses sorties, reste chez lui ce week-end. C’est sûr et confirmé par sa femme. Et le « Paradise » ? Ce n’est rien d’autre qu’un club réputé pour ses soirées sulfureuses.
J’avais voulu me convaincre que tout irait mieux. Que tout finirait par s’apaiser. Mais maintenant, tout s’effondre à nouveau.
Patrice vient de partir. Il m’a embrassée avec une tendresse qui aurait pu me faire chavirer. Il avait l’air si heureux. Quel enfoiré…
Je suis restée un moment dans le salon, un verre de vin à la main, à contempler mon propre désarroi. Quand je suis montée dans la salle de bain, mon reflet dans le miroir m’a donné envie de pleurer. Une femme terne, fatiguée, incapable de retenir son mari. Pas étonnant qu’il ne veuille plus de moi. C’est sans doute pour cela que je n’ai pas eu le courage de le confronter pour sa trahison…
Alors pourquoi je reste là à me morfondre ? Je comprends que je pourrais aussi m’amuser sans lui.
Ce soir, je refuse de rester seule à l’attendre. D’un geste, j’ai vidé mon verre dans le lavabo. Une douche, de l’eau froide sur ma peau, pour me remettre d’aplomb. J’ai ouvert mon armoire. Mes talons. Une paire de bas noirs. Une jupe courte, peut-être un peu trop. Un décolleté audacieux. Mais…
Que faire maintenant ? Où aller… Avec qui ? En écrivant ces mots, je prends conscience que j’ai bien qu’une seule idée en tête… Et puis merde !
Lorsque Vincent a ouvert la porte, sa surprise était évidente. Son visage s’est figé un instant, puis ses yeux se sont agrandis, parcourant ma tenue, la manière dont je m’étais habillée pour lui, une invitation au péché. Mais très vite, son regard s’est éclairé, un sourire a effleuré ses lèvres, et il s’est effacé pour me laisser entrer. La facilité avec laquelle il a cédé m’a troublée, presque enivrée.
J’ai fait quelque pas dans l’entrée en essayant de me donner un minimum de contenance. J’ai fermé la porte à sa place, et j’ai posé mes conditions, d’une voix plus ferme que je ne me sentais : « Je décide quand on baise. Tu n’en parles à personne. Et, surtout, tu ne m’embrasses jamais. C’est clair ? » Il a hoché la tête, cela avait l’air de parfaitement lui convenir. Puis, d’un ton presque taquin, il a ajouté sa propre règle : « Ok, mais à condition que tu enlèves ta jupe et ton haut tout de suite. »
Je savais que j’avais déjà franchi la ligne rouge, je ne pouvais plus m’arrêter maintenant. Mon corps était plus fort que ma raison. Alors, tremblant intérieurement, j’ai mordu ma lèvre, faisant mine de réfléchir et je lui ai dit « Ok je peux bien t’accorder cette friandise ». J’ai fait tomber ma jupe, puis mon haut. Et, en me voyant ainsi, Vincent a eu un instant d’arrêt. J’ai senti qu’il avait du mal à y croire. C’était comme si mon audace l’avait désarçonné. Il semblait à cran, ses yeux remontant le long de mes jambes, mes talons, mon bas noir, ma petite culotte et mon soutien-gorge. Et cela m’a flattée. Ça m’a flattée d’une manière qui m’émoustillait.
Je me suis dirigée vers sa chambre, avec une démarche lascive, sans lui jeter un regard. Il m’a suivie sans un mot. À peine étais-je dans la chambre qu’il s’est empressé de se défaire de ses propres vêtements. Il a jeté son tee-shirt sur le sol, suivi de son pantalon et de son caleçon. Je réalise à cet instant que son corps, exposé dans la pénombre, était magnifique, une promesse de plaisirs à nouveau. Puis, avant même que j’aie le temps de réfléchir, il était contre moi. Ses mains se sont posées sur mes hanches avec une douceur autoritaire, m’attirant contre son corps, et son souffle chaud s’est perdu dans mon cou. Ses lèvres ont suivi, déposant des baisers humides qui ont fait frissonner ma peau, tandis que ses mains parcouraient mon corps, s’arrêtant un instant pour caresser mes seins par dessus le soutien-gorge.
« Tu veux encore me manger ? » La question a glissé de mes lèvres, un murmure à peine audible, et pourtant, si impérieux. Il n’a pas répondu, mais a réagi immédiatement. Il m’a fait monter sur le lit, mes mains agrippées aux draps, mes jambes écartées, à quatre pattes. Vincent a descendu ma culotte jusqu’à mi-cuisses et j’ai cambré le dos, offrant ma croupe à ses convoitises. Il a commencé par explorer mes fesses, ses lèvres et ses mains parcourant ma peau, mes courbes, la plénitude de mes rondeurs.
Puis, sans que je m’y attende, j’ai senti sa langue et ses lèvres explorer mon petit œillet. Un choc de surprise a parcouru mon corps. Je n’avais jamais imaginé qu’on puisse me faire ça. La sensation était étrange, à la fois dégoûtante et terriblement excitante. Sa langue a fait des allers-retours, explorant chaque pli de ma chair. La pression de ses lèvres, la succion… J’ai poussé des petits gémissements de plaisir. Je me suis cambrée un peu plus, lui offrant mes fesses avec une audace nouvelle qui me surprenait moi-même. Ses mains se sont emparées de mes hanches, et il a continué à explorer mon intimité avec sa bouche et sa langue, tandis que son doigt s’était introduit dans mon vagin pour me préparer au plaisir à venir.
Puis, sa langue a trouvé ma vulve, la touchant, la léchant, la dévorant avec une frénésie qui me laissait sans voix. Je me suis mise à gémir plus fort, ma main agrippant le drap. Mes contractions se sont intensifiées, la tension monta, monta, jusqu’à l’explosion. Un orgasme puissant a secoué mon corps. Je me suis effondrée sur le lit, le souffle court, les muscles tendus par la puissance du plaisir. Je n’avais déjà plus aucune force.
J’étais encore dans les nuages, quand j’ai senti ses mains fermes me saisir à nouveau. En une fraction de seconde, il s’est positionné, prêt à me pénétrer. J’ai senti la pointe de son sexe contre mon entrée, chaude et humide après sa langue. Je sentais aussi qu’il se maitrisait, qu’il prenait soin à ne pas me faire mal. Il s’est enfoncé lentement, progressivement, comme pour m’habituer à sa présence. Puis, d’un coup, j’ai senti sa colonne de chair entrer en moi, jusqu’au bout. La sensation était si pleine, si intense, que j’ai failli jouir à nouveau.
Il s’est arrêté pour lâcher quelques mots inaudibles, des murmures de soulagement et de désir, sans doute, avant de me serrer plus fort contre lui, de marquer sa présence, de graver sa possession dans ma chair. Et là, j’ai entendu cette confession à mi-voix : « J’ai attendu ce moment pendant des jours. » Une pause, un silence chargé de sous-entendus, puis : « Ton cul… Je le regardais en cours, je le voulais, avec tant d’envie, une obsession… jour et nuit. »
Ses mots, directs, bestiaux, m’ont fait l’effet d’une décharge. Être désirée ainsi, aussi crûment, aussi sauvagement, était si excitant, si jouissif. Je me délectais de cette confession. Alors, j’ai glissé un regard par dessus mon épaule, relevant mon bassin vers lui, et avec un petit sourire, ma réponse a fusé, coquine et aguicheuse : « Alors, bouge-le, ce cul, mon élève, donne-moi ce que je veux, prends-moi, fais-moi jouir. »
Ses mains ont agrippé mes hanches avec une force nouvelle, et il a recommencé à me prendre, son bassin se heurtant contre mes fesses avec une détermination sauvage. Je voulais qu’il me baise, que son sexe me déchire et me comble, c’est ce qu’il faisait, sans aucune retenue. Les muscles de mes fesses se contractaient et se relâchaient en synchronisation avec ses coups de reins puissants. J’avais du mal à respirer, chaque coup me faisant perdre un peu plus le contrôle, la sensation était à la fois incroyable et épuisante. Je sentais que j’approchais d’une limite que je ne pourrais pas résister plus longtemps. Quand sa jouissance est venue, elle a été si violente que son corps tout entier a vibré. J’ai accueilli sa venue comme une délivrance, un abandon total, pour enfin m’écrouler, vaincue, sur le lit.
Vincent est resté immobile quelques instants, le souffle court, son corps chaud contre le mien. Puis, il a remonté ses mains le long de mes bras, jusqu’à ce que nos doigts s’entrelacent. Ses doigts dans les miens. C’était si doux, si différent, si opposé à la manière sauvage, brutale, impétueuse, dont nous venions de baiser, une contradiction qui me laissait désarmée, désemparée. Je n’aurais pas dû le laisser faire ça. Je n’aurais pas dû laisser nos doigts s’entremêler ainsi, avec autant de douceur, avec autant de tendresse, comme si nous étions un vrai couple. C’était une perte de contrôle. C’était une intimité qui allait au-delà du sexe. Mais j’ai réalisé que j’avais aussi besoin de ça, de cette douceur, de cette tendresse, d’une forme de contact qui dépassait la simple satisfaction physique. Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés ainsi, enchevêtrés l’un dans l’autre, mais il a fini par se relever, doucement, en me disant qu’il allait prendre une douche.
J’ai fermé les yeux, incapable de répondre, en train d’analyser comme d’habitude. Je ne l’avais pas vu venir, pour moi nos rencontres n’étaient qu’un échange charnel, mais je me faisais peut-être fausse route sur ses motivations.
Vincent sous la douche, le bruit de l’eau ronronnait faiblement dans l’appartement. Je fixais le plafond, engourdie, mais un son étrange a attiré mon attention, à peine perceptible, comme des pleurs étouffés. Je me suis redressée, encore nue, et sans réfléchir, j’ai ramassé le tee-shirt abandonné qui se trouvait là. Je l’ai enfilé à la hâte et suis sortie de la pièce. Guidée par ces petits sanglots, je suis arrivée devant une porte entrouverte. Une chambre d’enfant.
J’ai hésité une seconde avant d’appuyer doucement sur la poignée. En entrant, je l’ai vue. Elle était recroquevillée sous ses couvertures, ses petites épaules secouées par des larmes, comme si elle se débattait avec un mauvais rêve. Je ne sais pas pourquoi, mais mes pieds m’ont portée jusqu’à elle. Quand je me suis penchée, elle a entrouvert les yeux, encore embrumés de sommeil, et m’a regardée, avant de tendre ses bras vers moi. Mon cœur a bondi dans ma poitrine, comme un oiseau qui se débat dans sa cage. Sans même réfléchir, je l’ai prise, la serrant contre moi, sa petite tête blottie contre mon cou. « Chut… Ce n’est rien, ma douce… Ce n’était qu’un mauvais rêve », ai-je chuchoté en la berçant doucement.
Ses petits bras se sont crispés contre moi, ses mains agrippées à ma poitrine, avec une force fragile, comme si elle se noyait et que j’étais sa bouée de sauvetage. Sa chaleur, son odeur… Tout m’a frappée d’un coup. Je réalisais que c’était la première fois que je la tenais ainsi, si près de moi, si vulnérable, une petite boule de douceur et d’innocence. Elle s’est calmée peu à peu, ses respirations devenant plus régulières. Je l’ai sentie sombrer à nouveau dans le sommeil, sa petite tête reposant contre mon épaule.
Je n’ai pas entendu Vincent arriver. Quand je me suis retournée, il était là, debout dans l’encadrement de la porte, une serviette nouée autour de la taille, l’air inquiet. Il m’a trouvé là, tenant sa fille dans mes bras, une image inattendue et troublante qui le laissait désarmée. « Qu’est-ce que tu fais ? » a-t-il demandé, sa voix hésitant entre surprise et inquiétude.
J’ai balbutié des explications à voix basse : le bruit, ses pleurs, ma volonté de la réconforter. Puis, plus doucement, je lui ai assuré : « Je ne lui ferai jamais de mal. Ce que je t’ai dit avant… C’était pour te faire peur. C’était idiot, c’était irréfléchi. Je ne le pensais pas, et je te promets que je ne le referais plus jamais. »
Il m’a observée longuement, essayant sans doute de comprendre le pourquoi de cette métamorphose, le sens de ce geste. Finalement, il a hoché la tête, ses traits se détendant légèrement comme si la confiance avait repris ses droits. J’ai reposé sa fille délicatement dans son lit, ajustant ses couvertures, caressant ses cheveux blonds une dernière fois et je suis sortie de la chambre sans un mot de plus.
J’ai récupéré mes vêtements et je me suis habillée en silence. Mon esprit était en ébullition, et je savais que je devais y aller. Quand je suis arrivée à la porte, prête à partir, je me suis retournée pour lui dire au revoir, mais il a attrapé ma main.
« Isabelle… » a-t-il murmuré, son ton plus doux que jamais. « Tu sais… Si c’est ma fille, elle est aussi ta petite-fille. Si, un jour, tu veux passer du temps avec elle, la connaitre, je ne t’en empêcherai pas. »
J’ai senti mes yeux picoter, mais j’ai retenu mes larmes. Je me suis contentée d’un sourire léger et d’un hochement de tête avant de tourner les talons.
Sur le chemin du retour, je ne savais plus que penser. D’un côté, je me détestais pour ce que j’avais fait. Ce n’est pas ainsi que j’ai été élevée. Ce n’était pas la façon dont la société attendait d’une épouse qu’elle se comporte. Que diraient mes parents et mes amis s’ils savaient ? Et Patrice ?
Mais d’un autre côté, je me sentais terriblement vivante. J’avais savouré chaque instant, de la manière dont il me désirait, de la façon dont mon corps répondait à son appel. Ces heures de transgression, de folie pure, étaient comme une bouffée d’oxygène dans ma vie morne et étriquée. J’avais l’impression d’avoir brisé mes chaînes, d’avoir enfin osé vivre pleinement, sans me soucier des convenances. Mais plus encore, en seulement quelques minutes, ce lien qui s’est créé avec cette enfant m’est devenu vital.
Patrice est rentré en fin de matinée, un peu fatigué, mais visiblement content de son escapade. Il a laissé entendre qu’ils avaient « fait la fête » après le match. J’ai hoché la tête, souriante mais absente. Étrangement, je n’éprouvais aucune colère, aucune jalousie, juste détachée de toute émotion. Il aurait pu me dire, avec le même sourire insouciant, qu’il m’avait trompée, qu’il avait couché avec des dizaines de femmes, je n’aurais pas réagi différemment, spectatrice d’une scène qui ne me concernait plus.
Je me sentais… en paix. Je n’étais rongée par aucune culpabilité, aucune honte, aucun remords, même pas un pincement pour ce que j’avais fait cette nuit. Comme si quelque chose de plus important que nos mesquineries, nos tromperies mutuelles, m’habitait à présent.
Tout ce que je pouvais faire, c’était repenser à elle. À cette petite fille. MA petite-fille. Les mots résonnaient dans ma tête encore et encore, comme une berceuse nostalgique qui calmait mes peurs et mes angoisses.
J’aurais voulu retourner la voir, me faufiler dans sa chambre, m’asseoir près de son lit, juste pour la regarder dormir. Son souffle apaisé, la chaleur de ses bras autour de moi… C’était comme si quelque chose, en elle, m’avait offert un refuge, un semblant de rédemption.
Et, à cet instant, tout le reste – Patrice, Vincent, mes tourments – semblaient appartenir à un autre monde.