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Temps de lecture estimé : 35 mn
23/09/24
Résumé:  Eloïse et Roméo se revoient, de même que Flora et Juliette. Pour blesser sa compagne, cette dernière tente même de séduire Yannick et Alizée.
Critères:  fh ff ffh copains hotel vengeance dispute cunnilingu pénétratio -théâtre humour
Auteur : Gufti Shank  (Waiting for the golden teapot)      Envoi mini-message

Série : Roméo et Juliette - Incartades

Chapitre 07 / 07
Redistribution

Roméo et Juliette

Incartades

Acte VII




Les personnages principaux :


Juliette – Une somptueuse jeune femme

Cassandra – La meilleure amie de Juliette


Roméo – Un beau jeune homme, l’ex-compagnon de Juliette

Siriac – Le meilleur ami de Roméo, et le compagnon de Cassandra


Eloïse – Une magnifique jeune femme, qui vit avec Juliette


Flora – Une superbe jeune femme, troublante collègue de travail de Roméo avec qui il vit désormais

Daphné – Une belle jeune femme, la sœur de Flora



Les personnages secondaires :


Yannick – Le frère d’Eloïse

Alizée – La compagne de Yannick

Nelly – La mère d’Eloïse et Yannick


Alberto, Magnus, Yul – Des collègues de travail de Flora et Roméo

Mylena, Chris, Javier, Slobodan – Des collègues de travail de Juliette

Akim, Luna – Des collègues de travail d’Eloïse


Fabien – Une connaissance de Daphné

Nadia, Francesco – Un couple


Christian – Le gérant d’une salle de sport

Milia, Lesly, Timothée, Kevin, Tom, Arthur, Bruce, Pietro, David, Moussa, Gregor, Julien, Emilio – Des clients de cette salle de sport


Des jeunes hommes, clients de la salle de sport

Des serveurs et des clients d’un hôtel, de restaurants, d’un bar

Une infirmière

Un vieillard




***




Résumé de l’acte I : Flora et Roméo vivent ensemble depuis un mois et demi et filent le parfait amour; en particulier, Flora est fidèle à Roméo, et ce concept est nouveau pour elle. La rupture avec Juliette et Eloïse a été difficile pour les deux jeunes femmes, qui en veulent terriblement à Roméo et à Flora, mais elles sont plus proches l’une de l’autre et plus complices que jamais. En revanche, le couple de Cassandra et Siriac semble battre de l’aile : en cachette, ils enchaînent les infidélités, elle avec Eloïse et Juliette, et lui avec Flora, Roméo et Daphné, prétendant l’un à l’autre se retrouver pour des entraînements de sport. Le mensonge devenant trop gros, ils imaginent pouvoir se donner un peu de crédibilité en s’inscrivant réellement à une salle de sport, et en proposant à leurs amants de s’y rendre avec eux tour à tour.


Résumé de l’acte II : Un samedi matin, Siriac convainc Roméo, Flora et Daphné de se rendre avec Cassandra et lui dans cette nouvelle salle de sport le soir même. De son côté, Cassandra tente de persuader Juliette et Eloïse d’y venir avec eux le lendemain après-midi, mais débarque chez les deux jeunes femmes en pleine partouze avec un couple qu’elles avaient invité pour le week-end. Un repas avec la famille d’Eloïse est organisé le samedi midi; Juliette, toujours sous les effets d’une ingestion massive de pilules aphrodisiaques la veille au soir, tombe sous le charme d’Alizée et réussit à coucher avec elle dans le dos d’Eloïse et de Yannick. Le samedi en fin de journée, Flora impressionne sérieusement les clients et le gérant de la salle de sport et se voit offrir quatre abonnements à condition qu’elle accepte de venir s’y entraîner trois fois par semaine.


Résumé de l’acte III : Le plan du gérant de la salle de sport fonctionne : la présence de Flora augmente significativement le nombre de clients (mâles). À tel point qu’en apercevant Juliette venir s’entraîner avec Cassandra, Siriac, et Eloïse, il lui propose la même chose : des abonnements gratuits en échange d’entraînements trois autres soirs de la semaine. Flora vient à la salle de sport le dimanche, le mardi et le jeudi; Juliette le lundi, le mercredi et le samedi. De plus en plus de clients viennent les voir s’entraîner, et les jeunes femmes repartent régulièrement avec un ou plusieurs amants pour finir la soirée.


Résumé de l’acte IV : Daphné passe beaucoup de temps avec Timothée, un garçon qu’elle a rencontré à la salle de sport, au grand dam de Siriac, encore souvent fourré chez (et dans) Flora. Cassandra continue de retrouver régulièrement Juliette et Eloïse pour des soirées chaudes. La salle de sport ne désemplit pas, le nombre de clients augmente chaque jour, ceux-ci venant voir alternativement Juliette et Flora. Mais cette dernière, à cause d’une réunion programmée un mardi soir, déroge au calendrier des entraînements fixé par le gérant de la salle de sport, et vient s’entraîner un lundi soir en même temps que Juliette. Lorsqu’elles s’aperçoivent dans la salle, elles en viennent rapidement aux mains et se battent un moment, mais épuisées et secrètement attirées, finissent par s’abandonner l’une à l’autre sous les yeux désespérés d’Eloïse.



Résumé de l’acte V : Cassandra essaie de consoler Eloïse, mais cette dernière se tourne vers Roméo, réalisant que si même Juliette n’a pas su résister à Flora, c’est difficile de continuer à lui en vouloir. Juliette regrette amèrement d’avoir trompé Eloïse et cédé à son désir pour Flora, et sur les conseils de Cassandra, elle tente de se racheter en se montrant très présente, tendre, et dévouée à l’égard de sa compagne. Eloïse n’est pas dupe, mais est heureuse des attentions de Juliette; elle continue néanmoins de fréquenter Roméo. Flora l’apprend par Daphné, qui les a aperçus ensemble en quittant une chambre d’hôtel avec Siriac, et se le voit confirmer avec dépit par la lecture d’un texto. Mais Juliette l’ignore encore, et organise pour la fin de semaine un repas au restaurant avec les proches d’Eloïse.



Résumé de l’acte VI : Juliette est toujours aux petits soins d’Eloïse, tandis que Roméo et Flora se disputent à son sujet. Ils se réconcilient « sur l’oreiller » et Flora convainc Roméo de continuer de l’accompagner à la salle de sport. Celui-ci passe cependant de plus en plus de temps avec Eloïse. Daphné et Siriac ne se quittent plus et, avec Timothée, rejoignent Flora et Roméo pour une soirée chaude, tandis que Cassandra la passe elle en compagnie de Juliette et Eloïse et de clients de la salle de sport qu’elles ont invités. Le lendemain, Yannick et Alizée rejoignent les trois jeunes femmes et Siriac au restaurant pour le déjeuner organisé par Juliette en l’honneur d’Eloïse; mais le début du repas est gâché par un appel de Roméo sur le téléphone de la jeune femme, à cause duquel Juliette réalise avec stupeur et colère que sa compagne fréquente de nouveau son ex. Eloïse prévient ses amis que la réaction de Juliette pourrait être démesurée.



***





Acte VII, scène 1

Samedi 12, 18 h 30

L’appartement de Juliette et Eloïse

(Juliette, Eloïse)


(Eloïse est assise devant un puzzle à moitié fait dont de nombreuses pièces sont étalées sur la grande table de repas. Juliette apparaît seulement vêtue d’une culotte, provenant de la chambre, une bouteille d’eau à la main. En portant son autre main à la bouche, puis en buvant à la bouteille, elle s’approche d’Eloïse.)



Juliette (reposant sa bouteille d’eau) : Alors, tu y arrives?


(Elle se penche devant Eloïse pour attraper une pièce du puzzle, lui collant son sein gauche contre le visage.)


Eloïse : Tout va bien?


(Elle lui pince les fesses; Juliette sursaute.)


Juliette : Je me change, je vais à la salle de sport.

Eloïse (étonnée) : Ah bon?

Juliette : Oui, besoin de faire un peu d’activité après cet excellent repas.


(Un silence. Juliette réussit à placer sa pièce.)


Juliette : Et puis j’ai reçu un sms de Flora…


(Eloïse se crispe dans une mimique d’agacement.)


Juliette : Apparemment, le patron de la salle de sport s’inquiète à mon sujet…

Eloïse (se levant) : Oui, après tout, bonne idée. Je viens avec toi.

Juliette (cynique) : Ce n’est pas la peine, Flora n’y sera pas aujourd’hui.

Eloïse (luttant pour rester sardonique aussi) : Non, mais peut-être qu’il y aura Roméo.


(Elles se défient un moment du regard.)


Eloïse : Je te connais, tu vas essayer de me faire du mal pour me faire regretter d’avoir repris contact avec Roméo. Mais je n’ai rien fait avec lui, on s’est juste vu pour boire un café en ville. Alors que toi, avec Flora…

Juliette (sèchement) : Je t’ai déjà dit que j’étais désolée, c’est un accident, une faiblesse, un égarement… tandis que toi, quand tu revois Roméo, c’est calculé.

Eloïse : Et maintenant, quand tu échanges des sms avec elle, c’est pas calculé?

Juliette : Arrête de revoir Roméo et j’arrêterai de te provoquer!

Eloïse : Et ton « incartade » avec Flora te fait pas plutôt réfléchir à le revoir, Roméo?

Juliette : Certainement pas!

Eloïse : Eh ben tu devrais peut-être y penser! En tout cas, je n’ai pas l’intention…


(Elle est interrompue par la sonnerie de son téléphone portable. Les deux jeunes femmes jettent un œil sur l’écran. Juliette soupire en s’éloignant; Eloïse se saisit du téléphone en se mordant la lèvre, et glisse rapidement un doigt sur l’écran.)


Juliette : Eh bien visiblement tu lui manques, en tout cas…






Acte VII, scène 2

Dimanche 13, 10 h 30

Le salon de Flora

(Flora, Daphné, Roméo, Timothée)



(Roméo et Timothée sont assis en caleçon dans le canapé, absorbés par l’écran d’une télévision qui diffuse bruyamment un jeu de voitures d’une console dont ils tiennent chacun une manette. Flora et Daphné, en culotte et tee-shirt, discutent debout près d’une table haute où sont posées deux tasses fumantes.)



Roméo (à la télé, se penchant d’un côté du canapé) : Mais double! Double!

Timothée (à la télé, se penchant sur l’autre côté) : Alleeeeez, tourne, bordel!

Flora (tendant son téléphone à Daphné avec un sourire) : Tiens, regarde.

Daphné (consternée) : Un sms de Juliette?!?

Flora (baissant le téléphone en désignant Roméo) : Chhhut!

Daphné : Bah, ils entendent rien, la console les a dévorés.

Flora : Tu crois? (Un court silence. Elle poursuit sans changer de ton.) Les gars, qui accepte de me sodomiser pendant qu’on se lèche avec ma sœur?


(Un silence.)


Roméo : Tiens! Prends-toi ça!

Timothée : Tu l’as éjecté?

Roméo : Ouais! Et je suis deuxième, maintenant!

Timothée : Oui mais je suis juste derrière toi, je vais t’éjecter aussi…


(Un silence.)


Flora : Bon, rien à craindre, en effet…

Daphné : Et donc? Qu’est-ce qu’elle dit exactement, j’ai pas eu le temps de lire?


(Flora relève le téléphone devant le visage de Daphné.)


Daphné : Dans une heure à la salle toutes les deux? Et tu as envie d’y aller?

Flora (souriant) : Oui.

Daphné : Ça t’excite?

Flora : Oui, je crois… Tu pourras retenir les garçons un moment?

Daphné (souriant) : Ça devrait pouvoir se faire…


(Flora s’avance vers le canapé, le contourne et se fige entre les jeunes hommes et la télévision. Instantanément, ils s’écartent sur l’assise pour voir de nouveau l’écran.)


Flora : Les garçons, je vais faire une course en ville, besoin de rien?

Timothée (sans la regarder) : Euh, non, non, c’est bon…

Roméo (sans la regarder) : Attends, on a presque fini la course…

Flora : De toute façon, Daphné reste là. Vous voudrez bien vous occuper d’elle lorsque vous aurez terminé votre course?


(Ils rigolent grassement.)






Acte VII, scène 3

Lundi 14, 10h30

L’appartement de Juliette et Eloïse

(Juliette)



(Juliette se lève et sort vers la cuisine. On entend le son d’une machine à café. Elle revient, un téléphone contre son oreille.)


Juliette (au téléphone) : Allô Yannick? … C’est Juliette. … Oui, tout va bien, et toi? … Non, rien de spécial, mais je suis en télétravail aujourd’hui, et… (Elle adopte une voix suave.) …et je me disais que tu pourrais venir déjeuner avec moi ce midi… (Un silence. Elle reprend d’une voix encore plus provocante.) Non, non, rien que toi et moi… (Un silence.) Super! Vers 12h30, ça ira? (Un silence.) Non, non, ne t’en fais pas, n’apporte rien. À tout à l’heure!


(Elle raccroche, puis fouille dans un sac posé sur une chaise, en sort une plaquette de comprimés, en détache un et le porte à sa bouche.)





Acte VII, scène 4

Lundi 14, 13 h 40

L’appartement de Juliette et Eloïse

(Juliette, Yannick)



(Yannick est allongé nu sur le canapé, et Juliette, également nue, est couchée tête-bêche par-dessus lui; la main droite sur ses fesses et l’autre sur son sein gauche, il la lèche avec application, tandis qu’elle le suce profondément. Tous les deux gémissent.)



Juliette (se redressant) : Hmmmm! Tu te débrouilles très bien…


(Yannick ne répond rien et continue de la lécher consciencieusement.)


Juliette : Ce doit être un truc de famille…


(Elle s’extirpe de l’étreinte du jeune homme, puis l’enjambe pour venir s’empaler sur son sexe dans un long gémissement. Il referme ses mains sur ses fesses et entreprend de la défoncer vivement.)






Acte VII, scène 5

Mardi 15, 13 h 40

Le lieu de travail de Flora et Roméo

(Flora)



(Flora est installée à un bureau et tapote sur le clavier d’un ordinateur. La sonnerie de messagerie d’un téléphone posé sur le bureau retentit. Elle le regarde machinalement, puis s’interrompt, se saisit du téléphone et recule son siège pour se plonger complètement dans la consultation du téléphone.)



Flora (écarquillant les yeux) : Eh ben si je m’attendais à ça…


(Roméo entre, son téléphone à la main.)


Roméo (hésitant) : Dis, ma puce… euh… cet aprèm je ne serai pas là, il faut que… il faut que j’aille faire un entretien sur site, je ne sais pas trop à quelle heure je vais revenir.


(Flora le regarde intensément, puis elle baisse de nouveau les yeux vers son téléphone.)


Flora : Ben moi je viens d’apprendre que j’avais… euh… une réunion demain à 14h.


(À son tour, Roméo la regarde intensément quelques secondes.)


Roméo : Bon, je dois filer, à tout à l’heure.

Flora : Ça marche, à tout’!


(Ils s’embrassent, puis Roméo sort, et Flora se penche de nouveau sur son téléphone et tapote un message.)





Acte VII, scène 6

Mardi 15, 15 h 20

Une chambre d’hôtel

(Eloïse)



(Eloïse est étendue nue sur le grand lit, les bras écartés et les cuisses légèrement relevées; elle arbore un sourire comblé.)



Eloïse : Ouaaaah! Trop bon!


(Elle pousse un long soupir de satisfaction.)


Eloïse : Ça faisait si longtemps… Tu m’as vraiment manqué.


(Roméo entre, également nu, provenant de la salle de bains voisine.)


Roméo (lui souriant) : Ouais, trop bon…


(Il vient l’embrasser puis s’étend près d’elle sur le lit, allongé sur le côté, un bras replié et la tête appuyée sur sa main. De l’autre main, il caresse doucement le ventre d’Eloïse.)


Roméo : Toi aussi, tu m’as manqué.





Acte VII, scène 7

Mardi 15, 15 h 45

Le hall de l’Hôtel du Parc

(Des clients, des employés)



(Sur la gauche de la scène se trouve la réception de l’hôtel où des clients vont et viennent devant des réceptionnistes; au fond de la scène, on devine un escalier d’accès aux chambres de l’hôtel; sur la droite de la scène se trouve le bar de l’hôtel.)


Un réceptionniste (à un client) : Voilà, monsieur. Le petit-déjeuner est à partir de six heures trente.

Le client : Merci.


(Il s’éloigne. Siriac et Daphné entrent, se tenant la main. Ils se dirigent vers la réception. Presque au même moment, Eloïse et Roméo descendent par l’escalier.)


Siriac (à Daphné, les apercevant) : Vite, viens!


(Il fait soudainement demi-tour en tirant Daphné par le bras, et tous deux se dirigent en hâte vers le bar, tournant le dos à Eloïse et Roméo qui traversent la scène et sortent sans apparemment les avoir remarqués.)


Siriac : Les pauvres, quand même, ils ont pas de bol : ça fait deux fois qu’on les a gaulés…

Daphné (pensive) : Mais la première fois, ils buvaient seulement un café…

Siriac : Oui, là c’est le niveau deux, apparemment…

Daphné : J’en connais une qui ne va pas être contente…

Siriac : Au moins une, oui… La deuxième, je ne sais pas s’il faut lui dire…


(Un silence; tous les deux semblent songeurs.)


Siriac : Bon, on y va?

Daphné (lui souriant) : On y va.


(Ils s’avancent vers la réception.)


Le réceptionniste (en les apercevant) : Ah bonjour! La chambre habituelle?






Acte VII, scène 8

Mardi 15, 18 h 30

Le salon de Flora

(Flora, Roméo)



(Roméo est assis dans un fauteuil et regarde Flora traverser la pièce en culotte avec à la main un short et une brassière de sport.)



Roméo : Mais tu veux pas laisser tomber cette salle de sport une fois pour toutes?

Flora : Ben non, pourquoi? C’est un super endroit, on y fait plein de rencontres…


(Elle se penche pour enfiler son short de sport et l’ajuste en se dandinant et en secouant les fesses, faisant aussi se balancer sa poitrine, le tout en lançant à Roméo un sourire libidineux. Le jeune homme soupire.)


Flora : Je ne t’excite pas?

Roméo : Si. Mais ce n’est pas…

Flora (l’interrompant avec aigreur) : Ah mais c’est sans doute parce que tu as eu ce qu’il faut cet aprèm!

Roméo (blêmissant) : De quoi?!?

Flora : Ta pouffiasse d’Eloïse t’a bien sucé comme il faut?

Roméo : Mais…


(Un silence. Flora enfile sa brassière.)


Roméo : Mais j’hallucine! Tu me fais suivre, ou quoi?

Flora : Non, mais je devrais peut-être…


(Un silence. Roméo semble réfléchir.)


Flora (amère) : Tu vois, tu étais le premier à me faire de belles leçons de fidélité, à me dire qu’on allait y arriver… et finalement, tu me trompes sans vergogne…


(Roméo soupire.)


Flora : Pourtant on peut pas dire que tu manques de cul…

Roméo : Mais c’est presque ça le problème! On ne fait que de baiser, tu ne penses qu’au cul, on a aucun autre projet que d’organiser la prochaine partouze…

Flora : Je t’avais prévenu quand on s’est mis ensemble… Et j’avais plutôt l’impression que tu y trouvais ton compte…

Roméo : Mais c’est clair que ça me plaît, toutes nos baises sont hallucinantes, mais tu crois pas que c’est un peu juste de construire notre relation uniquement là-dessus?


(Flora soupire en détournant les yeux.)


Flora : Bon, je vais à la salle de sport, tu viens?

Roméo : Non.

Flora : Okay, comme tu veux…


(Elle sort.)






Acte VII, scène 9

Mercredi 16, 15 h 30

Une chambre d’hôtel

(Flora)



(Flora est allongée sur nue à l’envers sur le grand lit, les jambes vers les oreillers et la tête ébouriffée débordant renversée vers le pied du lit.)



Flora (d’une voix éraillée) : Aucun doute, tu sais y faire…


(Juliette entre, provenant de la salle de bains, également nue. Elle lui sourit.)


Juliette (d’une voix également cassée) : Tu te débrouilles pas mal non plus…


(Flora la contemple un instant.)


Flora : Tu vas à la salle de sport, ce soir?

Juliette : Oui, tiens, pourquoi pas… Tu viens avec moi?

Flora (souriant) : On va y mettre un peu le feu…






Acte VII, scène 10

Jeudi 17, 8h20

Un arrêt de bus

(Arthur, Kevin, plusieurs autres personnes)



(Tous attendent le bus; Arthur et Kevin arrivent en même temps, chacun d’un côté de l’arrêt.)



Kevin (à Arthur) : Ah, tiens, salut!

Arthur : Salut. Ça va? On t’a pas vu, à la salle, ces derniers jours…

Kevin : Non, j’étais en déplacement professionnel. Je suis vert. Alors, qu’est-ce que j’ai loupé?

Arthur : Ben encore des trucs de fou!

Kevin : Vas-y, raconte!


(Arthur regarde autour de lui pour s’assurer que personne ne l’écoute et entraîne Kevin quelque peu à l’écart.)


Arthur : C’était quand la dernière fois que tu y étais?

Kevin : Dimanche.

Arthur (réfléchissant) : Dimanche, c’était…

Kevin : Dimanche matin elles sont venues toutes les deux.

Arthur : Ah oui! Elles ont juste fait du sport, cette fois-ci, mais c’était trop beau de les voir courir côte à côte.

Kevin : Ben je suis pas sûr qu’elles aient fait que du sport. T’as pas vu, en partant, elles ont dit qu’elles allaient finir la séance dans les vestiaires des filles…

Arthur : Bah si, on a tous voulu y aller, mais le gars de la salle a verrouillé.

Kevin : Pourtant pour une fois que Flora était venue sans son mec…

Arthur : Eh en fait, si j’ai bien compris ce qu’a raconté Slobodan, tu sais, le nouveau de la salle, le copain de Moussa, eh ben ce mec, avant d’être celui de Flora, c’était le mec de l’autre, de Juliette.

Kevin : Ah ouais? Carrément?

Arthur : Et qu’en plus, ils faisaient ménage à trois avec une autre nana, la petite brune magnifique qui vient des fois à la salle avec Juliette.

Kevin : Sérieusement? Putain…

Arthur : Ouais…


(Tous les deux sont pensifs un moment.)


Kevin : Bon, et alors? lundi?

Arthur : Lundi soir, y avait personne, on est tous venus pour rien.

Kevin : Le type de la salle devait faire la gueule…

Arthur : Ouais, un peu. Mais mardi, c’était Flora, et là, mon gars, c’était la folie! Elle a dit un truc genre qu’elle avait carte blanche pour la soirée, qu’elle était pas obligée d’être fidèle… T’imagines ce que ça a déclenché? Elle a dit qu’elle allait faire un peu de rameur pendant vingt minutes, que ça laissait le temps à ceux qui voulaient d’aller prendre une douche, puis qu’elle nous rejoindrait dans les vestiaires… Le patron de la salle a bien essayé de nous retenir, mais ça a fini en putain de gangbang, un truc de malade! (Il sort son téléphone et en tapote rapidement l’écran.) Tiens, regarde.


(Kevin scrute le téléphone avec attention.)


Kevin : Oh putain!

Arthur : Et je te jure, mon gars, elle se forçait pas! C’est clair qu’elle y prenait du plaisir!

Kevin : Mais vous étiez combien, là?

Arthur (souriant) : J’sais pas, j’ai pas compté… Et puis y en a qui sortaient, y en a qui rentraient…

Kevin (fixant toujours l’écran) : Eh ben…

Arthur : Après ça, on se disait que hier soir il se passerait rien, mais encore un truc de taré : elles sont venues les deux, elles se sont chauffées à mort dans la salle, debout sur un tapis à l’arrêt : Juliette caressait Flora en nous regardant jusqu’à ce qu’elle jouisse, puis elles inversaient, puis elles recommençaient… Et sans se déshabiller. La provoc ultime! Tiens, regarde…


(Il rappuie plusieurs fois sur l’écran de son téléphone. Kevin observe consciencieusement.)


Kevin : Oh putain!

Arthur (regardant au loin) : Ah, attends, v’là le bus!


(Il range son téléphone.)


Kevin : Tu pourras me filer les vidéos, à l’occasion?

Arthur (souriant) : T’inquiète, je les ai sauvegardées précieusement, et je les regarde au moins dix fois par jour…






Acte VII, scène 11

Jeudi 17, 18 h 10

L’appartement de Juliette et Eloïse

(Juliette)



(Juliette, vêtue d’une courte jupe et d’un chemisier très échancré, détache un comprimé d’une plaquette et l’avale en buvant un grand verre d’eau. Elle repose le verre puis va s’asseoir dans le canapé et se plonge dans la lecture de son smartphone un instant. On entend sonner. Elle range son téléphone, se lève et va ouvrir. Alizée et Yannick entrent.)



Juliette : Salut, entrez.

Alizée et Yannick : Salut.


(Ils se font une bise.)


Juliette : Merci d’être venus.

Yannick : Tu disais qu’il fallait que nous parlions d’Eloïse?

Juliette : Euh… oui, installez-vous.


(Elle prend leurs manteaux et les dépose sur une chaise, puis guide les jeunes gens jusqu’au canapé.)


Juliette : Je vous offre un truc à boire?

Yannick (faussement intéressé par la déco) : C’est sympa, chez toi?

Alizée (faisant aussi mine de découvrir les lieux) : Oui, c’est vrai, c’est sympa.


(Juliette sourit en les regardant avec insistance.)


Juliette : C’est curieux, j’étais persuadée que vous étiez déjà venus…


(Simultanément, Alizée et Yannick lui retournent des yeux suppliants.)


Alizée : Non, non, c’est la première fois.

Yannick : Oui, c’est la première fois.


(Ils se regardent comme s’ils essayaient de s’en convaincre mutuellement.)


Juliette (amusée) : Pourtant, Alizée, tu n’étais pas venue récupérer ton foulard, une fois?

Alizée (embrouillée) : Ah si, oui, peut-être… Mais c’était en coup de vent, et tu vois, je ne m’en souviens pas vraiment…

Juliette (s’approchant d’elle en la fixant avec provocation) : Ah oui?


(Alizée recule d’un pas et semble encore plus embarrassée. Yannick la regarde curieusement.)


Juliette : Et toi, Yannick, tu n’étais pas venu boire un café, une fois, un après-midi?

Yannick : Ah si, peut-être, oui…

Alizée (levant des yeux inquiets vers lui) : Ah bon?

Yannick : Mais comme Eloïse n’était pas là, j’étais parti assez vite…

Juliette (troublante, s’approchant de lui) : Ah oui, voyez-vous ça…


(Un silence. Elle les contourne pour venir derrière eux se placer entre les deux.)


Juliette : Je m’étais imaginé devoir tenter des trésors d’ingéniosité pour vous séduire, mais…


(Elle leur caresse doucement la hanche.)


Juliette : …j’ai presque l’impression de vous avoir sur un plateau…

Alizée (se dégageant doucement) : Comment ça?


(Juliette la retient par la taille, l’attire contre elle et l’embrasse dans le cou.)


Juliette (lascive) : Alors comme ça vous ne vous souvenez pas de ce qu’on a fait ensemble?


(Elle embrasse Alizée sur la bouche; la jeune femme se laisse faire en regardant Yannick qui écarquille les yeux. Puis Juliette l’embrasse lui aussi sur la bouche.)


Juliette : Vous aurez peut-être des choses à vous raconter, mais pour le moment…


(Elle passe ses mains derrière leurs têtes et les rapproche pour qu’ils viennent s’embrasser.)


Juliette : …je crois que j’ai très envie de vous deux!


(Elle brise leur étreinte en les tirant doucement par les cheveux et les embrasse l’un après l’autre à pleine bouche.)


Yannick : Mais… Eloïse?

Juliette : On a le temps, elle ne rentre que dans une bonne heure…






Acte VII, scène 12

Jeudi 17, 18 h 40

L’appartement de Juliette et Eloïse

(Juliette, Alizée, Yannick)



(Tous les trois sont nus sur le canapé; Juliette est agenouillée sur l’assise et penchée en avant, la tête et une main enfouies entre les cuisses écartées d’Alizée; celle-ci est couchée, les yeux fermés et la tête appuyée sur un accoudoir, et se déhanche en agitant le bassin au rythme des caresses de Juliette. Et Yannick, agenouillé derrière cette dernière, lui tient fermement les hanches et la défonce avec bestialité. Une musique assez forte couvre leurs gémissements.)



Alizée (se mettant à se dandiner plus vite par saccades) : Aaah! … Aaaaah! … Aaaaaaah! … Aaaaaaaaaah!


(Très faiblement à cause des cris et de la musique, on entend s’ouvrir puis se fermer la porte de l’appartement. Eloïse entre et se fige tétanisée en découvrant la scène. Yannick s’immobilise instantanément en lui dardant des yeux écarquillés. Alizée, emportée et ne l’ayant pas vue, se cambre par spasmes en agrippant les cheveux de Juliette de ses deux mains et jouit dans un hurlement d’extase, qui se change soudain en cri d’effroi lorsqu’elle aperçoit finalement Eloïse.)


Eloïse (vociférant) : Mais j’hallucine complètement!


(Dans un réflexe, Alizée tente de se cacher en se blottissant dans le coin du canapé, les jambes repliées, les genoux contre ses seins et les bras passées autour. Juliette se redresse pour regarder Eloïse, mais sans s’éloigner de Yannick qui reste immobile, planté en elle.)


Eloïse : Mais vous vous foutez vraiment de ma gueule!


(Alizée baisse les yeux.)


Yannick (à Juliette) : Euh… t’avais pas dit qu’elle rentrait vers sept heures et demie?

Juliette (souriant avec provocation) : J’ai dû me tromper…


(Elle continue de se redresser pour s’agenouiller face au dossier, faisant s’extirper d’elle Yannick, dont le sexe faiblissant oscille mollement.)


Eloïse (à Juliette, rugissant) : T’es vraiment qu’une enculée de grosse salope!

Juliette (amusée) : Non, pas enculée…

Eloïse (considérant alternativement Yannick et Alizée) : Et vous, ça valait bien le coup que je vous demande de faire attention!


(Elle s’avance jusqu’à la table pour se saisir du téléphone dont émane la musique, et en baisse le son jusqu’à le couper, puis, sous les yeux intrigués de Juliette et ceux dépités d’Alizée et Yannick, elle sort de la poche de sa veste son propre téléphone, appuie plusieurs fois sur l’écran et le porte à son oreille.)


Eloïse (au téléphone, larmoyante) : Roméo? … Non, ça ne va pas! Je craque, j’en peux plus! Tu peux venir me chercher? … Oui, tout de suite, s’te plaît. … Merci, je t’attends en bas.


(Elle raccroche et range son téléphone.)


Juliette (acerbe, se levant du canapé) : C’est ça, cours te réfugier chez ton amant!

Eloïse (hors d’elle) : Mais putain t’es complètement tarée! T’es qu’une putain de grosse salope! Tu veux me faire du mal, c’est ça? Eh ben c’est gagné! Mais tu vois, j’en ai plus rien à foutre de tes conneries! J’me tire et c’est tout!

Juliette (hors d’elle également) : Mais tu crois que ça me fait du bien quand je découvre que tu revois ce salopard?

Eloïse (s’éloignant pour sortir vers la chambre) : Ouais c’est bon, allez, continue à te tringler tout mon entourage, j’t’ai dit, j’me casse!

Juliette (criant encore plus fort) : Mais tu ne comprends pas que si je fais tout ça, c’est pour t…


(Elle ne finit pas sa phrase et s’effondre, tombant évanouie sur le sol dans un bruit sourd. Eloïse se retourne en l’entendant chuter.)


Eloïse (se précipitant vers elle, anxieuse) : Juliette?


(Alizée et Yannick se lèvent et s’approchent d’elle aussi.)


Eloïse (la tâtant) : Juliette? … Juliette!


(Tous les trois l’examinent un court instant, essayant de la ranimer.)


Alizée (inquiète) : Il faut l’étendre sur le côté.

Eloïse (tournant la tête) : Yannick, appelle le 15, vite!


(Il fouille dans ses affaires posées sur le sol, soulevant son pantalon.)


Eloïse : Tu te rhabilleras plus tard, appelle, vite!

Yannick : Mon téléphone est dans mon jean.


(Il le trouve et compose rapidement le numéro d’urgence. Eloïse et Alizée tournent doucement le corps de Juliette.)


Yannick (au téléphone) : Bonjour, je suis avec une jeune femme qui vient de s’évanouir. … Oui, elle respire. … Non, ça n’a pas l’air. … Un peu moins de deux minutes, je pense. … … Pas à ma connaissance. … … Oui, nous sommes trois, là, avec elle. … … Euh non, c’est… c’est ma belle-sœur. … … Ce qu’elle faisait avant de s’évanouir? Euh… elle se disputait avec sa… enfin, avec…

Eloïse (se levant vivement) : Roooh, donne-moi ce téléphone!


(Elle le lui saisit des mains.)


Eloïse (au téléphone) : Bonjour, je suis la compagne de la femme évanouie. Nous nous disputions, elle criait, et elle est tombée en plein milieu d’une phrase. … … Non… Ah si, juste avant, elle a eu une relation sexuelle. … … Eh bien pas avec moi, justement, et c’était là le sujet de la dispute, mais je ne suis pas sûre que ça vous regarde, en fait… … Oui, okay. Merci. … Douze place de la liberté, appartement huit. L’un de nous attendra en bas. … Oui, on garde ce téléphone pas loin. … Merci.


(Elle raccroche et tend le téléphone à Yannick.)


Eloïse (à Yannick) : Bon, tu veux bien ranger ta bite et aller attendre l’ambulance?

Yannick (se cachant dans un réflexe) : Euh… ouais…


(La sonnette de l’appartement retentit.)


Eloïse (étonnée) : Eh ben putain, ils sont vraiment rapides!


(Elle s’éloigne et sort vers l’entrée. Yannick et Alizée se précipitent sur leurs vêtements. On entend s’ouvrir la porte de l’appartement.)


La voix d’Eloïse : Ah, c’est toi… Salut, je t’avais presque oublié.

La voix de Roméo : Eh ben super! ça fait plaisir…

La voix d’Eloïse : Juliette est évanouie, on vient d’appeler le 15.

La voix de Roméo : On? Qui ça, on?


(Ils entrent. Roméo découvre Yannick et Alizée encore à moitié nus en train d’essayer de se rhabiller rapidement.)


Roméo : Ah ouais? Vous baisez carrément en famille, maintenant?

Eloïse : Eh, oh! Tu te tapes bien Flora et Daphné en même temps, toi, non?

Roméo (amusé, à Yannick et Alizée) : Salut.

Yannick et Alizée (pas très amusés) : Salut.

Roméo (avisant Juliette) : Qu’est-ce qui lui arrive?

Eloïse : On était en train de s’engueuler parce que justement… (Elle lance un regard méchant à Yannick.) …non, on ne baise pas en famille! et elle est tombée en plein milieu d’une phrase…


(Alizée, rhabillée, se penche de nouveau auprès de Juliette et l’examine encore.)


Alizée : Elle respire, mais elle est brûlante.

Eloïse (à Roméo, larmoyante) : Tu te rends compte de ce qu’elle m’a fait? Et toute la semaine a été comme ça…


(Il la serre dans ses bras; elle lève la tête vers lui, ils s’embrassent.)


Yannick (rhabillé) : Euh, bon, je descends, je vais attendre les secours.

Alizée : Euh… je vais peut-être aller avec lui, c’est mieux.

Eloïse (acerbe) : Oui, c’est ça, c’est mieux…


(Ils sortent.)


Roméo : C’est la nana de ton frère, c’est ça?

Eloïse : Oui. Elle-même qui m’a passé amicalement la main sur l’épaule il y a trois jours au restau quand je leur ai dit de faire gaffe au comportement de Juliette. Et au moment où je suis entré, elle était en train de jouir!

Roméo : Et ton frère?

Eloïse (souriant) : Bah il a pas joui, apparemment…

Roméo (souriant aussi) : C’était pas ma question, mais je crois que ça y répond… En gros si je comprends bien tu les as surpris en train de baiser tous les trois?

Eloïse : Oui, c’est ça. Tu comprends pourquoi j’ai pété les plombs.

Roméo : C’est vrai que pour le coup, c’est maxi provoc de sa part…

Eloïse : Donc c’est pour ça que je t’ai appelé. Je sais pas trop où je voulais aller, mais je voulais me tirer d’ici, m’éloigner de tout le mal qu’elle pourrait me faire… (Elle hésite.) Et tant qu’à faire, je voulais y aller avec toi.


(Ils s’embrassent.)


Roméo (hésitant) : Je… Je ne sais pas trop non plus où nous pourrions aller… Je ne suis pas sûr que tu sois la bienvenue là où je vis actuellement, mais on peut sans doute aller quelques jours dans un hôtel, le temps de trouver quelque chose…


(Eloïse tourne la tête vers Juliette.)


Eloïse (hésitante) : Ce qu’il y a, c’est que…


(Un silence.)


Roméo : Oui, je comprends…


(La sonnette retentit et on tambourine à la porte. Roméo s’y précipite. Suivant Yannick et Alizée, deux ambulanciers entrent; ils écarquillent les yeux en découvrant le corps de Juliette.)







Acte VII, scène 13

Jeudi 17, 22 h 10

Une chambre d’hôpital

(Juliette, Eloïse, Roméo, Cassandra, Siriac, Alizée, Yannick, un vieillard)



(Juliette, éveillée, est allongée sur un lit, nue mais recouverte d’un drap. Autour du lit, près de Juliette, se tiennent Eloïse et Cassandra, et un peu plus loin, près des pieds du lit, Roméo, Siriac, Yannick et Alizée. Tous regardent amicalement Juliette. Sur un autre lit, plus loin dans la pièce, un vieillard est allongé endormi et perfusé, le bas du corps recouvert d’un drap; il ronfle doucement.)



Cassandra (à Juliette) : Eh ben tu nous as fait peur!


(Elle lui prend la main.)


Juliette : Qu’est-ce qui m’est arrivé?

Eloïse (à Juliette, tendre) : De quoi te souviens-tu?

Juliette (d’une voix éraillée) : Je me souviens que je t’ai fait du mal.


(Elle lui sourit. Eloïse lui prend aussi la main.)


Juliette : Excuse-moi.


(On entend un long bruit, semblable à une interminable flatulence. Tous tournent la tête vers le lit du vieillard, puis se regardent dubitatifs.)


Eloïse : C’est comme ça depuis qu’on est là…

Siriac : Et encore, je lui ai déjà mis un drap dessus quand on est arrivé, au début y avait rien…


(Yannick va jusqu’aux fenêtres déjà entrouvertes, et essaie de les ouvrir l’une après l’autre davantage.)


Cassandra : J’ai déjà essayé, elles sont bloquées.


(Il revient.)


Eloïse : Bon, Juliette, le médecin a dit qu’ils avaient…


(Flora entre.)


Flora : Salut.

Eloïse (agressive) : Qu’est-ce tu viens foutre là, toi?


(Un long pet sonore retentit encore dans le fond de la pièce.)


Flora : Eh ben, quel accueil!


(Elle contemple Juliette, ignorant Eloïse.)


Flora : Daphné vient de me prévenir. Comment vas-tu?


(Pendant ce temps, Yannick ouvre une armoire, y trouve un autre drap qu’il déplie pour l’étendre par-dessus le premier sur le ventre et les jambes du vieillard.)


Eloïse : Daphné? Et comment elle l’a su, celle-là?


(Elle se tourne vers Siriac; celui-ci baisse les yeux; Cassandra soupire en baissant aussi la tête.)


Juliette (souriant à Flora) : Ça va, rien de grave, plus de peur que de mal… Eloïse disait que…

Eloïse (l’interrompant) : Eloïse disait qu’ils avaient trouvé une grande quantité de je ne sais quel produit à la con dans ton organisme, et que c’était sûrement ça qui t’avait détraquée. Et Eloïse a fouillé dans ton sac, et elle a trouvé ça…


(Elle sort de sa poche une plaquette de comprimés à demi entamée qu’elle agite devant Juliette. Celle-ci soupire.)


Eloïse : C’est quoi, cette merde? C’est tes aphrodisiaques à la con?


(Un silence. Juliette soupire de nouveau.)


Juliette : Oui… Au début j’ai pris ça pour le fun, une fois de temps en temps, avant une soirée cul, sur les conseils de… (Elle hésite.) …d’un copain.


(Siriac, crispé, baisse de nouveau la tête.)


Juliette : …et c’est vrai que c’était fun, j’avais l’impression d’être plus libre, d’avoir des envies exacerbées… Mais peu à peu, j’ai eu aussi l’impression que ça m’aidait à mieux tenir le coup au quotidien, à être plus zen, et aussi plus efficace au boulot. Alors j’ai continué d’en prendre. Et depuis samedi, je crois que j’en ai pris encore plus. Et apparemment j’aurais pas dû…

Eloïse : Non, t’aurais pas dû!

Juliette : Excuse-moi.


(Eloïse l’observe silencieusement.)


Juliette : Excusez-moi, tous.

Eloïse (soupirant) : T’inquiète, y en a au moins trois qui sont ravis que t’aies pris cette merde. (Elle regarde avec insistance Flora, Alizée, puis Yannick.) Sans compter tous les plans culs qu’on a ramenés d’ici ou là.

Flora : Ah bon? T’étais sous aphros tout ce temps-là? (À Eloïse) : Fais voir, cette boîte?

Eloïse : Pas touche! C’est pas pour toi! Toi t’es tombée dedans quand t’étais petite…


(Siriac et Roméo pouffent. Juliette et Flora sourient. Le vieillard pète encore amplement. Alizée, Yannick et Cassandra ont du mal à se retenir de rire aussi.)


Eloïse : Bah marrez-vous si vous voulez, mais moi ça me fait pas rire, tout ça.

Yannick (à voix basse, à Alizée) : On a du bol que ça sente pas trop…

Eloïse (poursuivant) : Tu m’as fait du mal, Juliette, comme t’imagines même pas.


(Juliette passe du sourire aux larmes et s’essuie les yeux.)


Eloïse : Je t’aime toujours, Juliette. Mais je n’en peux plus de tout ça. Je retourne vivre avec Roméo.


(Juliette ferme les yeux et pleure pour de bon. Cassandra lui serre la main amicalement.)


Cassandra (à Eloïse) : C’était obligé, ça? Maintenant?

Flora (avisant Roméo) : Ah bon? C’est décidé?

Eloïse (à Cassandra) : Tu n’as aucune idée de ce que j’ai vécu cette semaine…

Roméo (à Flora) : Ben écoute, après notre engueulade de l’autre soir et le gangbang géant que t’as fait ensuite, je pensais que c’était acté…


(Un nouveau pet abondant retentit dans la pièce.)


Cassandra : Oh putain, c’est insupportable! On va demander à le changer de chambre…

Flora (à Roméo) : Ah, t’es au courant pour ça?

Roméo : Y avait Magnus, de la boîte, dans le lot…

Flora (souriant) : C’est vrai?

Roméo : J’hallucine, tu t’en es même pas rendu compte?


(Flora hausse les épaules. Eloïse vient se blottir contre Roméo et l’embrasse. Flora soupire.)


Flora (s’efforçant visiblement de reprendre un rôle de composition) : Très bien… Alors on se voit demain matin au bureau, Roméo, comme d’habitude? (Elle lui effleure les fesses.) J’espère que tu seras en forme…

Roméo (fixant Flora) : J’ai donné ma lettre de démission cet aprèm. J’ai postulé dans trois autres boîtes, et j’ai un entretien lundi matin.


(Tous le regardent avec stupéfaction, sauf Eloïse qui sourit gaiement.)


Flora : Tu es sérieux?

Roméo : On ne peut plus sérieux.

Eloïse (à Juliette) : Tu vois, les choses changent. Je retourne avec Roméo, et… (Elle marque un court silence.) …et tu es la bienvenue.


(Juliette s’essuie les yeux et fixe un moment Eloïse, puis Roméo. Tous attendent nerveusement sa réponse. Mais le vieillard pète encore une fois profusément.)


Alizée (à voix basse, en se rapprochant du lit de Juliette) : C’est vrai que c’est un peu agaçant…

Juliette (froidement) : Je suis désolée, mais je ne suis pas prête pour ça.


(Eloïse ferme les yeux et soupire.)


Flora (à Juliette) : Viens vivre avec moi, si tu veux.


(Tous la regardent avec ébahissement, sauf Cassandra, qui sourit gaiement.)


Cassandra (à Flora) : Franchement, tu y crois?

Juliette (à Flora) : Tu es sérieuse?

Flora : On ne peut plus sérieuse…


(Un silence. Juliette semble réfléchir. Cassandra ne sourit plus du tout.)


Cassandra (à Juliette) : Non mais tu ne vas quand même pas faire ça?!?

Flora (à Eloïse) : Tu vois, les choses changent…


(Eloïse lui lance un regard noir et glacial.)


Flora (amusée) : Mais tu seras la bienvenue…


(Eloïse grogne et fait mine de se jeter sur elle, mais Roméo la retient. Flora recule d’un pas.)


Juliette : Je vais sans doute rester un moment toute seule, mais… (Elle regarde intensément Flora.) …je passerai te voir de temps en temps…


(Eloïse soupire une fois de plus de dépit.)


Eloïse (à Roméo) : Allez, viens, on y va…

Cassandra : Attendez, tant qu’on est dans les déclarations…


(Tous la regardent avec attention. Elle respire profondément. Siriac baisse les yeux. Le vieillard pète par salves.)


Cassandra (soupirant) : Oh, merde, à la fin! (Elle regarde Eloïse.) Y a vraiment rien à faire?


(Eloïse hausse les épaules et va presser un interrupteur d’appel. Tous scrutent encore Cassandra, attendant qu’elle fasse son annonce.)


Cassandra : Euh… eh bien… Siriac et moi, on se sépare aussi.

Juliette, Eloïse, Roméo (ensemble, gravement) : Ah bon?


(Tous regardent alternativement Siriac et Cassandra.)


Cassandra (larmoyante) : Ça fait un moment que… que… que ça n’allait plus très bien. Et Siriac a rencontré quelqu’un, et moi aussi.


(Un silence. Tout le monde meurt d’envie de demander de qui il s’agit, mais pendant quelques secondes, personne n’ose. Une infirmière entre; elle s’étonne de voir autant de monde. Tous la saluent vaguement.)


L’infirmière : Bonsoir. (À Juliette) : Quelque chose ne va pas?

Juliette : Euh… c’est…

Cassandra : Vous n’auriez pas une autre chambre de libre, à tout hasard, parce que le voisin, là…


(L’infirmière lève les yeux vers Cassandra sans bien comprendre.)


Roméo (à l’infirmière) : Bah il arrête pas de pedzouiller, c’est fort et ça pue…

L’infirmière : Je suis désolée, mais vous savez ce que…


(Elle est interrompue par une puissante flatulence qui retentit comme un coup de grisou et agite les draps au-dessus du vieillard.)


L’infirmière (décontenancée) : Euh… bon… attendez, je vais voir ce que je peux faire… Je crois qu’on a une chambre qui s’est libérée dans la soirée.


(Elle s’avance jusqu’au lit du vieillard, l’observe un instant, déclipse les cales des roues, vérifie l’attache de la perfusion au bord du lit, puis entreprend de le conduire hors de la chambre.)


Siriac : Vous voulez qu’on vous aide?

Yannick : Oui, on peut vous aider?

L’infirmière : Non, je vous remercie, ça va aller.


(Tous s’écartent tandis qu’elle pousse le lit en direction de la porte.)


Juliette (à l’infirmière) : Merci.

Eloïse : Oui, merci… ça devenait pénible…


(Elle jette machinalement un regard au vieillard lorsque le lit passe près d’elle.)


Eloïse (surprise) : Oh mais je l’avais pas reconnu! C’est le petit vieux qui vient deux fois par jour dans le magasin où je bosse! Le monde est petit… (À l’infirmière) : Soignez-le bien, il m’est précieux…


(Tous la regardent avec consternation.)


Eloïse (haussant les épaules) : Il me file cent balles de pourboire par mois…


(L’infirmière sort en poussant le lit et en soupirant.)


Cassandra : Bon, on va pouvoir respirer un peu et surtout tu devrais mieux te reposer, maintenant.


(Un silence.)


Juliette (à Cassandra, curieuse) : Bon, c’est qui, alors? Je le connais?

Cassandra : On l’a vu, une fois ou deux, à la salle de sport. Il s’appelle Timothée.


(Flora éclate de rire. Eloïse et Cassandra la regardent méchamment.)


Flora (entre deux ricanements) : C’est celui qui tournait autour de ma sœur? Décidément, ma pauvre, le monde est petit, en effet… Trop petit pour Daphné et toi, en tout cas! Mais bon, tu verras, il a pas une très grosse bite, mais il baise plutôt bien…


(Tout le monde est consterné. Cassandra, hargneuse, grogne et fait mine de se précipiter les poings levés sur Flora, mais Siriac l’intercepte et la retient. Flora recule encore d’un pas, ricanant toujours.)


Roméo (à Flora, soupirant) : C’est peut-être mieux que tu t’en ailles, tu ne crois pas?

Eloïse : Ouais, tire-toi, grosse salope! T’as fait assez de mal comme ça!


(Flora s’éloigne, mais avant de sortir, se retourne et observe Juliette.)


Flora (à Juliette) : Tu sais où me trouver, n’hésite pas. Bon rétablissement! Mais un conseil, laisse tomber ces cachetons. Je t’en donnerai des mieux.


(Elle lui mime un bisou et tourne les talons puis sort. Juliette sourit.)


Cassandra (à Juliette) : Et ça te fait rire?

Juliette : Ben je vais pas pleurer, j’ai d’autres occasions, je crois…


(Eloïse fixe alternativement Siriac, puis Yannick, puis Alizée.)


Eloïse : Bon, quelqu’un d’autre a quelque chose à dire?


(Un court silence.)


Yannick (souriant) : Euh, non, nous on reste ensemble…

Eloïse : C’est ça, et vous pouvez aller vous taper ensemble qui vous voulez…


(Elle regarde durement Juliette.)


Eloïse : Celle de cet aprèm est libre…


(Juliette s’essuie les yeux en reniflant une larme.)


Eloïse (à Yannick) : Et puis cette fois, tu pourras peut-être aller au bout…


(Le jeune homme soupire.)


Eloïse : D’ailleurs, en parlant de petite bite, je t’imaginais avec une plus grosse…

Yannick (éclatant) : Bon t’as fini? ça y est? T’es calmée, là?

Eloïse (l’ignorant, à Alizée) : Dès qu’on aura trouvé où loger, Roméo et moi, passez nous voir et je te prêterai le gode que j’ai eu pour mon anniversaire, tu verras, ça va te changer…


(Juliette réprime un nouveau sanglot.)


Cassandra (à Eloïse) : T’es obligée de faire ça maintenant? de régler tes comptes avec tout le monde?

Eloïse : Bah si ça dégénère, autant faire ça tant qu’on est à l’hôpital…


(Siriac s’avance vers la tête du lit jusqu’à Juliette.)


Siriac (à Juliette) : Bon, je vais filer, moi. Bon rétablissement, Juliette! Je suis désolé pour tout ça. On se verra sans doute moins souvent ces prochains temps, mais si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à m’appeler.


(Elle lui sourit et lui prend la main amicalement; il se penche et lui dépose un baiser sur le front. Puis il se tourne vers Cassandra.)


Siriac (à Cassandra, difficilement) : À plus tard, Cass… Je suis désolé pour tout.


(Elle s’effondre en larmes.)


Siriac (à Eloïse et Roméo) : Salut les amis. À la prochaine…

Eloïse : Salut Siriac.


(Roméo le serre dans ses bras quelques secondes.)


Siriac (à Yannick et Alizée) : À plus.

Alizée et Yannick (ensemble) : Salut.


(Siriac sort.)


Alizée : Euh… on va peut-être y aller aussi, nous…

Yannick : Oui, on va vous laisser.

Eloïse (fraîchement) : On ne vous retient pas…


(Roméo sourit.)


Juliette (à Yannick et Alizée) : Merci d’être restés ce soir et d’avoir veillé sur moi. Je suis désolée pour tout ça.

Alizée : Euh… non… c’est nous qui… qui…

Yannick : Oui… c’est nous qui sommes désolés…

Juliette (souriant) : On se refera ça à l’occase quand j’irai mieux…

Eloïse (à Juliette) : Eh mais c’est fini, oui! T’as encore des restes de cachetons dans le corps, toi!

Juliette : Eh faudrait savoir! Tu me quittes ou tu me quittes pas?

Eloïse : Non!

Juliette : Quoi non?

Eloïse : Ni l’un ni l’autre. On fait un break le temps de ta désintox, et on verra après.


(Un silence; elles se défient un moment des yeux.)


Yannick : Euh, bon… tout ça a l’air assez compliqué, on va filer, hein…

Alizée (à Eloïse) : Excuse-moi, Eloïse, excuse-nous.


(Eloïse baisse les yeux en soupirant.)


Yannick : Allez, on file, bonne soirée à tous, et bon rétablissement, Juliette!


(Alizée mime l’envoi d’un bisou à Juliette, puis ils sortent tous les deux.)


Juliette (à Eloïse, tentant de sourire) : Elle est mimi, la petite fleur…

Eloïse (avec un demi-sourire) : C’est pas une petite fleur, c’est un courant d’air…


(Cassandra et Roméo les observent sans comprendre.)


Roméo (à Cassandra) : Ça va? Pas trop dur?

Cassandra : Ça va… ça fait un moment que ça couvait.

Roméo : Oui, c’est ce que j’ai cru comprendre…

Eloïse (à Cassandra) : C’est toi qui gardes l’appart?

Cassandra : Je sais pas trop encore…

Juliette (à Cassandra) : Viens habiter avec moi, si tu veux.


(Un silence. Eloïse et Cassandra la regardent avec perplexité.)


Juliette (souriant) : En tout bien tout honneur!

Eloïse : Pour le côté tout bien tout honneur, tu repasseras : y a qu’une chambre, chez toi…

Juliette : Oui mais elle est grande, on pourrait mettre un deuxième lit. Et puis le canapé est convertible.

Eloïse : N’importe quoi!

Juliette : Eh, faudrait savoir!

Cassandra : Stop! Je vais attendre de voir comment ça se passe avec Timothée.

Roméo : Il est sympa, en tout cas.


(Elle l’observe avec incertitude.)


Cassandra : Je préfère ne pas savoir comment tu le connais, mais merci pour l’info…


(Un silence. Eloïse se serre de nouveau contre Roméo.)


Cassandra : Euh… bon… je vais y aller aussi, moi.


(Elle se penche vers Juliette.)


Cassandra (à Juliette) : Prends bien soin de toi, repose-toi, remets-toi bien, et arrête ces conneries! (Elle chuchote à son oreille.) Et regarde, ils t’aiment, ils t’attendent. (Elle lui fait une bise et se redresse, puis reprend à haute voix.) Appelle-moi si tu as envie. Je passe te voir demain soir de toute façon.


(Juliette lui sourit affectueusement. Elle s’éloigne vers Eloïse et Roméo.)


Cassandra : Prenez bien soin d’elle. Et prenez bien soin de vous. (À Roméo) : T’as bien fait d’envoyer chier l’autre grosse truie. Et t’as raison de changer de boulot. (Elle leur sourit.) C’est un nouveau beau départ. À bientôt, j’espère.


(Elle se retourne pour mimer l’envoi d’un bisou à Juliette, puis sort. Un silence. Roméo observe Juliette; celle-ci baisse les yeux.)


Roméo : Euh… je vais filer aussi, je vais t’attendre dehors, Eloïse.


(Il s’avance vers Juliette.)


Roméo (à Juliette) : Prends soin de toi, ma belle, Cassandra a raison.


(Il lui caresse l’épaule. Elle sourit.)


Roméo (hésitant) : Et… euh… je… enfin… Eloïse a raison aussi : tu es la bienvenue…


(Juliette a une moue de gratitude et sourit de nouveau.)


Juliette : Merci. Au revoir, Roméo.


(Il se penche et lui dépose un baiser sur le front, puis s’éloigne et sort.)


Eloïse : Euh… je…

Juliette (l’interrompant) : Viens!


(Elle lui tend ses bras. Eloïse s’avance vers elle et se penche au-dessus du lit pour se blottir dans ses bras. Les deux jeunes femmes ont les yeux en larmes. Elles se serrent un long moment.)


Eloïse (se redressant) : Ils te gardent demain en observation. Je passerai te voir après le boulot. J’ai appelé à ton bureau, il n’y avait personne mais j’ai laissé un message.

Juliette : Merci. (Un silence.) Pour tout.

Eloïse : Je passe prendre quelques affaires chez toi et je te ramène la clé demain.

Juliette : Garde la clé. Passe quand tu veux.

Eloïse : Allez, essaie de dormir et de te reposer comme il faut. Tu en as besoin.


(Elle se penche de nouveau pour lui déposer un bisou sur les lèvres, puis borde les draps du lit autour d’elle.)


Eloïse (se redressant) : À demain!


(Elles se sourient. Eloïse se retourne, puis sort. Juliette soupire, essuie encore une larme, puis ferme les yeux et s’endort.)





FIN











Acte VII, scène bonus

Dimanche 20, 21 h 40

Une salle de sport

(Christian, de très nombreux jeunes hommes)



(Il y a un monde fou, tous les agrès sont pris, et plusieurs jeunes hommes attendent qu’une machine se libère. Christian va et vient dans le fond de la salle en regardant sa montre.)



Christian (à part, agité) : Mais qu’est-ce qu’elles peuvent bien foutre! Ça fait trois jours qu’aucune des deux n’est venue, et qu’elles ne répondent pas aux messages, c’est pas normal, ça…


(Le ton monte entre deux jeunes hommes qui veulent s’entraîner sur le même tapis de course, et ils en viennent rapidement aux mains.)


Christian : Et la tension est palpable…


(La porte s’ouvre. Flora entre. Un mouvement de liesse et une clameur enthousiaste parcourent la salle. Puis Juliette entre.)


Plusieurs jeunes hommes : Yeeeeehhhaaaaa!


(Une ola se déclenche dans la salle.)