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Temps de lecture estimé : 31 mn
22/09/24
Résumé:  Juliette est toujours aux petits soins d’Eloïse, tandis que Roméo et Flora se disputent à son sujet.
Critères:  fh fff fhhh couplus copains jalousie voir fmast fellation pénétratio double -théâtre humour
Auteur : Gufti Shank  (From Overlook Hotel)      Envoi mini-message

Série : Roméo et Juliette - Incartades

Chapitre 06 / 07
Festins en tous genres

Roméo et Juliette

Incartades

Acte VI




Les personnages principaux :


Juliette – Une somptueuse jeune femme

Cassandra – La meilleure amie de Juliette


Roméo – Un beau jeune homme, l’ex-compagnon de Juliette

Siriac – Le meilleur ami de Roméo, et le compagnon de Cassandra


Eloïse – Une magnifique jeune femme, qui vit avec Juliette


Flora – Une superbe jeune femme, troublante collègue de travail de Roméo avec qui il vit désormais

Daphné – Une belle jeune femme, la sœur de Flora



Les personnages secondaires :


Yannick – Le frère d’Eloïse

Alizée – La compagne de Yannick

Nelly – La mère d’Eloïse et Yannick


Alberto, Magnus, Yul – Des collègues de travail de Flora et Roméo

Mylena, Chris, Javier, Slobodan – Des collègues de travail de Juliette

Akim, Luna – Des collègues de travail d’Eloïse


Fabien – Une connaissance de Daphné

Nadia, Francesco – Un couple


Christian – Le gérant d’une salle de sport

Milia, Lesly, Timothée, Kevin, Tom, Arthur, Bruce, Pietro, David, Moussa, Gregor, Julien, Emilio – Des clients de cette salle de sport


Des jeunes hommes, clients de la salle de sport

Des serveurs et des clients d’un hôtel, de restaurants, d’un bar

Une infirmière

Un vieillard




***




Résumé de l’acte I : Flora et Roméo vivent ensemble depuis un mois et demi et filent le parfait amour; en particulier, Flora est fidèle à Roméo, et ce concept est nouveau pour elle. La rupture avec Juliette et Eloïse a été difficile pour les deux jeunes femmes, qui en veulent terriblement à Roméo et à Flora, mais elles sont plus proches l’une de l’autre et plus complices que jamais. En revanche, le couple de Cassandra et Siriac semble battre de l’aile : en cachette, ils enchaînent les infidélités, elle avec Eloïse et Juliette, et lui avec Flora, Roméo et Daphné, prétendant l’un à l’autre se retrouver pour des entraînements de sport. Le mensonge devenant trop gros, ils imaginent pouvoir se donner un peu de crédibilité en s’inscrivant réellement à une salle de sport, et en proposant à leurs amants de s’y rendre avec eux tour à tour.


Résumé de l’acte II : Un samedi matin, Siriac convainc Roméo, Flora et Daphné de se rendre avec Cassandra et lui dans cette nouvelle salle de sport le soir même. De son côté, Cassandra tente de persuader Juliette et Eloïse d’y venir avec eux le lendemain après-midi, mais débarque chez les deux jeunes femmes en pleine partouze avec un couple qu’elles avaient invité pour le week-end. Un repas avec la famille d’Eloïse est organisé le samedi midi; Juliette, toujours sous les effets d’une ingestion massive de pilules aphrodisiaques la veille au soir, tombe sous le charme d’Alizée et réussit à coucher avec elle dans le dos d’Eloïse et de Yannick. Le samedi en fin de journée, Flora impressionne sérieusement les clients et le gérant de la salle de sport et se voit offrir quatre abonnements à condition qu’elle accepte de venir s’y entraîner trois fois par semaine.


Résumé de l’acte III : Le plan du gérant de la salle de sport fonctionne : la présence de Flora augmente significativement le nombre de clients (mâles). À tel point qu’en apercevant Juliette venir s’entraîner avec Cassandra, Siriac, et Eloïse, il lui propose la même chose : des abonnements gratuits en échange d’entraînements trois autres soirs de la semaine. Flora vient à la salle de sport le dimanche, le mardi et le jeudi; Juliette le lundi, le mercredi et le samedi. De plus en plus de clients viennent les voir s’entraîner, et les jeunes femmes repartent régulièrement avec un ou plusieurs amants pour finir la soirée.


Résumé de l’acte IV : Daphné passe beaucoup de temps avec Timothée, un garçon qu’elle a rencontré à la salle de sport, au grand dam de Siriac, encore souvent fourré chez (et dans) Flora. Cassandra continue de retrouver régulièrement Juliette et Eloïse pour des soirées chaudes. La salle de sport ne désemplit pas, le nombre de clients augmente chaque jour, ceux-ci venant voir alternativement Juliette et Flora. Mais cette dernière, à cause d’une réunion programmée un mardi soir, déroge au calendrier des entraînements fixé par le gérant de la salle de sport, et vient s’entraîner un lundi soir en même temps que Juliette. Lorsqu’elles s’aperçoivent dans la salle, elles en viennent rapidement aux mains et se battent un moment, mais épuisées et secrètement attirées, finissent par s’abandonner l’une à l’autre sous les yeux désespérés d’Eloïse.



Résumé de l’acte V : Cassandra essaie de consoler Eloïse, mais cette dernière se tourne vers Roméo, réalisant que si même Juliette n’a pas su résister à Flora, c’est difficile de continuer à lui en vouloir. Juliette regrette amèrement d’avoir trompé Eloïse et cédé à son désir pour Flora, et sur les conseils de Cassandra, elle tente de se racheter en se montrant très présente, tendre, et dévouée à l’égard de sa compagne. Eloïse n’est pas dupe, mais est heureuse des attentions de Juliette; elle continue néanmoins de fréquenter Roméo. Flora l’apprend par Daphné, qui les a aperçus ensemble en quittant une chambre d’hôtel avec Siriac, et se le voit confirmer avec dépit par la lecture d’un texto. Mais Juliette l’ignore encore, et organise pour la fin de semaine un repas au restaurant avec les proches d’Eloïse.




***





Acte VI, scène 1

Jeudi 10, 17h45

L’appartement de Juliette et Eloïse

(Juliette)



(Juliette est au téléphone, assise sur le canapé.)



Juliette (au téléphone) : Et comme elle est pas au top, en ce moment, je me disais que ça pourrait être sympa qu’on se fasse un petit restau avec elle, samedi midi. Et je pense que ça lui ferait plaisir que vous soyez là tous les deux. … … Okay. Super. … … Oui, je pensais à l’hôtel restau un peu chic près du parc. … … Ben si, c’est un peu cher, mais c’est un peu classe. … … Ok, nickel. … … Je sais pas, elle bosse le matin, donc vers 13h, par exemple? … … Impec! … … Ça marche. … … Non, pas d’idée de cadeau, mais déjà, si vous êtes là, elle sera contente, je pense.


(On entend s’ouvrir la porte d’entrée.)


Juliette (au téléphone, à voix basse) : Je dois vous laisser, merci pour tout ça, bonne fin de journée!


(Elle raccroche. Eloïse entre.)


Eloïse : Salut.


(Juliette se lève et vient l’embrasser.)


Juliette : Salut ma puce!

Eloïse : Tu étais au téléphone?

Juliette : Oui, un truc que j’ai pas fini au boulot. Ta journée s’est bien passée?

Eloïse : Ça va…

Juliette : Ton petit vieux est revenu te draguer?

Eloïse (souriant) : Tu sais qu’il vient deux fois par jour et qu’il laisse à chaque fois un ou deux euros de pourboire…

Juliette (comptant) : Ça fait… pas loin de cent balles par mois, c’est cool!

Eloïse : Ouais… malheureusement, faut se les partager…


(Juliette débarrasse Eloïse de son sac et de sa veste.)


Juliette : Il fait grand beau, ça te dirait qu’on aille marcher un peu toutes les deux?

Eloïse : Pourquoi pas… Où ça?

Juliette : Près du parc, ou bien autour du lac?

Eloïse (souriant) : Okay.


(Elles s’embrassent.)


Juliette : Eh ben tiens, tu peux remettre ta veste…

Eloïse (souriant) : Non, attends, je vais me mettre un peu plus cool.


(Elle retire ses chaussures puis déboutonne son chemisier. Juliette la contemple avec langueur.)


Juliette (passant derrière elle) : Attends, je vais t’aider…


(Elle l’embrasse dans le cou, puis passe une main sous son chemisier et l’autre vers le bas de son ventre.)


Juliette (soufflant à l’oreille d’Eloïse) : On a bien cinq minutes, avant d’aller se promener…

Eloïse : Hmmm… okay…


(Elle se déhanche en savourant les caresses de Juliette. Celle-ci descend sa main entre les cuisses d’Eloïse, à l’intérieur de son pantalon.)


Juliette : Je t’ai préparé une surprise pour samedi midi.


(Eloïse ne répond rien, mais gémit en se cambrant.)


Juliette : Et j’attendais ton avis pour organiser la soirée de demain. Ça te tente que je rinvite Nadia et Francesco?

Eloïse (entre deux gémissements) : Hmmm… pourquoi pas…

Juliette : Ou Milia et Lesly, les deux filles de la salle?

Eloïse : Mmmmnon… J’ai plutôt envie d’un mec…

Juliette : Ou deux, si tu veux? Les mecs de l’autre soir, Arthur et Pietro?

Eloïse : Non, va pour la première option…






Acte VI, scène 2

Jeudi 10, 18 h 30

Le salon de Flora

(Flora, Roméo)



(Tous les deux se font face, appuyés sur une chaise de part et d’autre d’une grande table. Le ton de la discussion est véhément.)



Roméo : Bon, ça y est, t’es contente? Tu t’es fait sauter par qui tu voulais?

Flora : Je me suis encore fait sauter par personne, si tu veux tout savoir! Mais c’est pas l’envie qui m’en manque…

Roméo : Et le patron?

Flora : Le patron m’a pas sautée, je l’ai juste sucé.

Roméo : Super! Et donc, je dois être content de ça?

Flora (souriant) : Ça me faisait vraiment chier que la prime aille à cette petite pétasse de la restauration.

Roméo : J’hallucine!


(Il soupire en lui tournant le dos.)


Roméo : Et tu t’es pavanée toute la journée dans la boîte en roulant du cul devant tous les mecs que tu croisais. T’es en manque à ce point-là?

Flora : Oui, je suis en manque de bites, tu le sais très bien! Y a deux mois, j’en avais quinze par semaine, si je voulais, et maintenant je me contente de la tienne.

Roméo : Ouais, de la mienne et de celles qu’on ramène régulièrement de la salle de sport… Et donc ça, ça te suffit pas?

Flora : Ça m’irait peut-être si toi aussi tu jouais le jeu. Mais il suffit que ton Eloïse pointe le bout de son cul, et hop!

Roméo : C’est encore ça que tu me fais payer? Alors qu’y a rien eu du tout! On a juste pris un verre ensemble.

Flora : C’est ça, et ce matin… (D’une voix de crécelle) : Oh, mon Roméo, merci beaucoup pour cette chaaaarmante soirée qu’on a passée tous les deux, ça m’a fait un bien fouuuu!

Roméo : N’importe quoi! Tu ne peux pas être sympa deux secondes et imaginer qu’elle va pas bien?

Flora : Déjà j’en ai rien à foutre, mais en plus elle a qu’à aller se réconforter dans les bras de quelqu’un d’autre!


(Roméo soupire.)


Flora (avec un sourire, se retournant) : C’est pas de ma faute si elle vit avec une grosse salope…


(Roméo sourit malgré lui.)


Flora : Bon, tu m’emmènes à la salle de sport?

Roméo : Maintenant?

Flora : Oui. Je vais me changer.


(Elle retire son chemisier sous les yeux vaincus de Roméo; puis elle s’avance vers lui en se cambrant outrancièrement.)


Flora : Aide-moi à retirer mon soutien-gorge, je vais mettre ma brassière.


(Elle se retourne juste devant lui; il dégrafe l’attache dans son dos et baisse le sous-vêtement. Elle se recule pour se coller contre lui et oscille des fesses contre son bassin. Il referme ses mains sur ses seins.)


Flora : Et ce soir, je veux quatre mecs…


(Roméo se déhanche pour mimer une pénétration.)


Flora : … en plus de toi!


(Il descend ses mains le long du corps de la jeune femme et ouvre puis baisse son pantalon.)


Roméo : C’est toi, la grosse salope!

Flora : Et tu n’aimes pas?


(Elle oscille du bassin pour se défaire du pantalon, puis se retourne et s’agenouille aux pieds du jeune homme; elle déboutonne son jean et en extrait son sexe gonflé qu’elle engloutit profondément en lui dardant des yeux de braise.)






Acte VI, scène 3

Jeudi 10, 19 h 30

Une salle de sport

(Christian, Arthur, Gregor, Bruce, David, Emilien, Kevin, Moussa, Pietro, des dizaines de jeunes hommes)



(De très nombreux jeunes hommes s’activent plus ou moins sur différents agrès. Christian va et vient, regardant convulsivement son téléphone.)



Kevin (à Arthur) : À mon avis, elle viendra pas.

Arthur : Putain, hier, déjà, aucune des deux n’est venue!

David : Depuis mardi, de toute façon, c’est bizarre…

Moussa : Depuis qu’elles ont sorti le grand jeu lundi soir…

Gregor : Comment c’était un truc de fou, n’empêche!

Bruce : C’est clair! Je me repasse la vidéo dix fois par jour depuis!

Kevin, Arthur, David, Moussa, Gregor (ensemble) : Ouais, moi aussi…


(La porte de la salle s’ouvre; tous tournent la tête pour regarder qui arrive; Slobodan entre. Tous les jeunes hommes poussent un soupir de déception. Slobodan écarquille les yeux puis parcourt la pièce du regard. Il reconnaît Moussa et s’approche de lui.)


Slobodan (à Moussa) : Salut. Eh ben… y a du monde!

Moussa : Salut. Oui, et puis j’ai peur que tu sois venu pour rien.

Slobodan : Parce que? Elles sont pas là ce soir?

Moussa : On attend. On espère l’une ou l’autre.

Arthur (à Moussa) : C’est un copain à toi?

Moussa : Ouais, il s’appelle Slob. Et vous savez quoi? C’est un collègue de celle du lundi.

Kevin (rêvassant) : Le bienheureux…

Gregor (à Slobodon) : Ils recrutent pas, à ton taf?


(La porte de la salle s’ouvre de nouveau; tous tournent la tête; Flora entre, déclenchant un long murmure d’approbation générale; Roméo entre, déclenchant des chuchotements hostiles. Christian s’approche de Flora et Roméo.)


Christian (sévère) : Ah, enfin, vous voilà!


(Flora l’ignore et parcourt des yeux la salle avec satisfaction. Roméo soutient le regard sévère de Christian d’un air malveillant.)


Christian : Il y a eu un problème avec l’autre jeune femme, celle d’hier. Et elle ne répond pas à mes appels.

Roméo : Mais qu’est-ce que voulez qu’on en ait à f…

Christian (à Flora, l’interrompant) : Vous aviez l’air assez proches, lundi, vous ne voudriez pas lui dire de me recontacter au plus vite?

Flora (sans se retourner) : Hmmm… oui, je verrai ce que je peux faire…

Roméo (à Flora, vivement) : Mais non, tu verras rien du tout avec elle!

Flora (retirant sa veste de sport) : Roméo, mon amour, tu veux bien demander à ces garçons de me libérer un tapis de course?


(Une grande agitation parcourt le centre de la scène; six jeunes hommes libèrent leurs agrès et s’écartent, laissant apparaître un vaste espace sans personne autour de six tapis de course.)


Flora (s’avançant) : Merci les garçons, vous êtes adorables…


(En marchant vers les appareils libérés, elle roule exagérément des fesses et ajuste avec affectation sa brassière de sport.)


Slobodan (à Moussa) : Ah ouais, quand même! C’est elle, l’autre, donc? Ben putain…


(Flora monte sur le tapis, presse quelques touches sur l’écran puis commence à courir doucement. Presque tous les jeunes hommes sortent leur téléphone et en tournent l’écran vers elle. Roméo soupire.)






Acte VI, scène 4

Vendredi 11, 12 h 40

Le restaurant de l’Hôtel du Parc

(Roméo, Eloïse, des clients, des employés)



(Eloïse et Roméo déjeunent face à face; de nombreuses autres tables sont occupées; des serveurs vont et viennent entre elles. L’un d’eux s’approche de la table d’Eloïse et de Roméo, et dépose deux assiettes fumantes.)



Eloïse et Roméo : Merci.

Le serveur : Faites bien attention, les plats sont très chauds.


(Il s’éloigne.)


Eloïse (à Roméo) : Ils vont finir par bien nous connaître, ici…


(Roméo sourit.)


Eloïse : Pourquoi cet endroit, d’ailleurs?

Roméo : Je me suis dit qu’on n’y allait jamais, ni nous ni personne de notre entourage, et donc qu’il y avait peu de chances que qui que ce soit nous y reconnaisse ou nous voie ensemble ici.

Eloïse (pensive) : Oui…

Roméo : Tu prends à quelle heure, cet aprèm?

Eloïse : Quatorze heures. Et toi?

Roméo : Dès que possible… Mais ça attendra bien quatorze heures, oui.

Eloïse (souriant) : Flora t’a laissé sortir?

Roméo (souriant malgré lui) : Elle est en réunion RH toute la journée à l’autre bout de la ville.


(Un silence.)


Eloïse et Roméo (en même temps, avec la même hésitation) : Et… euh…


(Ils s’interrompent.)


Roméo : Vas-y.

Eloïse : Non, vas-y, toi.

Roméo (hésitant) : Ben… je me demandais… comment ça allait avec Juliette…

Eloïse (souriant) : Moi j’allais te demander comment ça allait avec Flora…


(Roméo sourit.)


Roméo : Et donc?

Eloïse : Eh ben vas-y, toi, réponds d’abord.

Roméo : Non non non, j’ai posé la question en premier…


(Eloïse prend une grande inspiration avant de répondre.)


Eloïse : Ça allait très bien, vraiment très bien, même, jusqu’à lundi soir… Jusqu’à cette… cette « incartade », pour être polie, avec ta putain de grosse salope!


(Les clients des tables voisines tournent les yeux vers Eloïse; ni elle ni Roméo ne semblent s’en apercevoir, et ils continuent à parler normalement.)


Roméo : Et depuis?

Eloïse : Depuis c’est bizarre… Elle est à mes petits soins, elle m’aime, elle m’adore, elle s’en veut grave… Mais j’ai du mal à faire comme si rien ne s’était passé…

Roméo : Bah, j’imagine que tu la laisses bien baiser avec Cassandra, ou avec d’autres filles, même…


(Les clients des tables voisines ont cessé de parler et écoutent leur discussion avec vigilance.)


Eloïse : Oui mais ça n’a rien à voir, quand on baise avec d’autres filles, ou avec d’autres mecs d’ailleurs, on l’a décidé ensemble et on le fait ensemble.


(Roméo réalise que tout le monde autour d’eux, serveuses et serveurs y compris, les écoute religieusement, et il fait signe à Eloïse de baisser de volume.)


Eloïse (l’ignorant et poursuivant fort et avec colère) : Là elle a sauté devant moi sur ta putain de grosse salope comme si j’étais pas là!

Roméo : Chhhut… moins fort…


(Eloïse écarquille les yeux et place ses mains devant dans sa bouche dans une mimique de confusion amusée.)


Eloïse (à voix plus basse) : Bah, comme tu disais, personne ne nous connaît, ici…

Roméo : Faut espérer, tout du moins…

Eloïse : Bon, et toi?

Roméo : Quoi moi?

Eloïse : Avec Flora?

Roméo : Très bien, on s’entend super, on a plein de centres d’intérêt en commun, et surtout totale éclate niveau cul!


(Eloïse soupire en baissant les yeux.)


Roméo : Euh… désolé… Mais…


(Il prend une longue inspiration.)


Roméo : En fait, un peu comme toi… J’ai l’impression que lundi, quelque chose s’est brisé…


(Elle relève vers lui des yeux intrigués.)







Acte VI, scène 5

Vendredi 11, 19 h 45

Le salon de Flora

(Flora, Daphné, Siriac, Timothée)



(Siriac, Daphné et Timothée sont installés dans le canapé, Flora dans un fauteuil face à eux; ils discutent en buvant un apéritif.)



La voix de Roméo (de la cuisine) : Je mets les pizzas.


(Il entre et s’avance jusqu’à un fauteuil libre à côté de Flora.)


Roméo (regardant Siriac) : Mais j’en ai que trois…

Siriac (souriant) : Pas de problème, je ne mange pas beaucoup…

Daphné (à Siriac, minaudant) : Alors, tu passes la soirée avec nous?


(Elle pose une main sur l’entrejambe du jeune homme et le masse doucement.)


Siriac : Euh… ça doit pouvoir s’arranger…


(Daphné dépose sur la table le verre qu’elle tenait toujours de l’autre main, puis entreprend de masser aussi l’entrejambe de Timothée.)


Daphné (à Roméo) : Combien de temps, pour les pizzas?

Roméo : Dix minutes les deux premières.

Daphné (à Flora) : Tu pourras les tenir au chaud?

Flora (souriant) : Les garçons ou les pizzas?


(Daphné ouvre le pantalon de Siriac, puis celui de Timothée; elle en extrait leurs sexes durcissants et les masturbe doucement en cadence en fixant Roméo d’un regard embrasé.)


Flora (à Roméo) : Vas-y, ça a l’air urgent… Je m’occupe des pizzas.


(Roméo sourit et se lève, contourne le canapé et vient se placer derrière Daphné, qui penche la tête pour continuer de le provoquer des yeux en masturbant toujours ses deux voisins. Il se penche en avant pour ouvrir la chemise de la jeune femme, et pelote doucement sa poitrine tout en l’embrassant dans le cou.)


Siriac (se tortillant pour sortir son téléphone de sa poche) : Attendez, doucement, faisons les choses dans l’ordre…


(Tous les regardent avec étonnement. Il tapote un peu l’écran de son smartphone.)


Siriac : Chhhut, ne faites plus de bruit…


(Il porte le téléphone à son oreille.)


Siriac : Ah messagerie… Bah tant pis, ça ira… (Au téléphone) : Allô ma puce? Dis, je suis avec Roméo, là, il a pas trop le moral et il a deux affaires compliquées à régler, je vais sans doute passer la soirée avec lui pour l’aider un peu. Bisous, à tout à l’heure!


(Il raccroche en ricanant.)


Flora (se levant) : Ben c’est du joli…


(Elle sort vers la cuisine.)


Daphné : C’est nous les deux affaires?


(Elle lâche les deux garçons et se lève pour achever de se déshabiller entièrement. Roméo se déshabille également. Daphné s’agenouille sur le canapé face à lui et se penche par-dessus le dossier pour sucer Roméo. Siriac et Timothée caressent le corps nu de Daphné, sa poitrine, ses fesses, son sexe. Elle gémit sous leurs caresses.)


Timothée : Hmmm, t’es trop bandante!


Flora revient de la cuisine avec un petit flacon.)


Flora (lançant le flacon à Siriac) : Tiens!


(Le jeune homme l’attrape de justesse et le contemple d’un air curieux.)


Siriac : Du lubrifiant? T’as ça dans ta cuisine?

Flora : Traînez pas… dans cinq minutes, les premières pizzas sont cuites.

Roméo : S’il le faut, je pense pouvoir me faire sucer en mangeant…


(Daphné lève vers lui des yeux contrariés; Flora sourit et se rassoit face au quatuor.)


Flora : Et dans vingt minutes, c’est de moi qu’il faudra vous occuper…

Daphné (retirant de sa bouche le sexe de Roméo) : Eh oh! T’as eu ce qu’il faut hier, toi, laisse-moi en profiter un peu!


(Elle enjambe les cuisses de Timothée et s’empale dans un gémissement sur son sexe tendu; Roméo se décale d’un ou deux pas sur le côté; la jeune femme referme ses lèvres sur son gland et reprend sa fellation.)


Siriac (se levant) : Bon… je crois que j’ai compris ce qu’il me reste à faire…


(Il se déshabille rapidement entièrement, puis, la verge gonflée à bloc, s’approche derrière Daphné, que Timothée a commencé à défoncer vivement et qui gémit en continuant de sucer Roméo. Siriac ouvre le flacon de lubrifiant, en verse une bonne rasade entre les fesses de la jeune femme, et une autre sur son gland. Puis il referme le flacon et se retourne à demi vers Flora.)


Siriac (relançant le flacon) : Merci!


(Mais il le lance n’importe comment et le flacon tombe à deux mètres de Flora; il ne se casse pas, mais rebondit et va rouler à l’autre bout de la pièce.)


Flora : Eh ben… J’espère que tu vas mieux viser avec ma sœur…


(Siriac sourit et reporte son attention sur le derrière de Daphné, enfonçant un puis deux doigts entre ses fesses.)


Roméo (à Siriac) : Bah, pas grave si tu te trompes, deux dans la chatte, elle aime bien aussi…


(Les yeux de Siriac s’illuminent soudain.)


Siriac : Mais c’est une idée, ça… On va commencer par ça… Ne bougeons plus un instant…


(Daphné ralentit ses déhanchements; Siriac s’approche encore d’elle, passe ses jambes entre celles de Timothée et de Daphné, et presse son gland contre la vulve de la jeune femme et la verge de Timothée. Elle pousse une longue plainte tandis qu’il s’enfonce doucement en elle.)


Flora (levant son téléphone) : Faites un beau sourire pour la photo souvenir…


(Siriac et Timothée se mettent à défoncer Daphné ensemble profondément. Elle couine à chacun de leurs déhanchements mais continue de sucer prestement Roméo. Flora repose son téléphone, puis ouvre son pantalon et glisse une main entre ses cuisses.)


Roméo (la regardant faire) : N’oublie quand même pas les pizzas…

Flora (exaltée, se caressant) : Juste un petit orgasme vite fait avant de manger…


(Roméo se retire d’entre les lèvres de Daphné, qui se met à crier franchement, et s’avance sexe tendu vers Flora qui se trémousse doucement en se masturbant sur le fauteuil. Arrivé devant elle, il se penche pour lui retirer son pantalon d’un geste en le tirant par le bas, puis se ravance pour poser ses genoux sur l’assise du fauteuil contre les cuisses relevées de la jeune femme, écarte sa culotte, et se penche vers elle pour la pénétrer d’un seul coup, lui arrachant une longue plainte d’extase.)


Siriac (tournant la tête vers Roméo) : Lâcheur!

Roméo : T’inquiète, je reviens vite…


(Il pilonne très vivement Flora quelques secondes tandis qu’elle se caresse le clitoris de plus en plus vite, et en moins d’une minute, elle se crispe en hurlant et en se déhanchant par à-coups dans un orgasme fulgurant. Après sa jouissance, elle prend les mains de Roméo, savoure encore un peu ses assauts, puis, tirant sur ses bras, se relève en même temps qu’il s’extrait de son corps.)


Flora : Merci!


(Elle l’embrasse en réajustant sa culotte, puis s’éloigne vers la cuisine. Roméo contemple ses fesses tandis qu’elle sort, puis, le sexe toujours tendu, retourne prendre sa place derrière le canapé; Daphné se précipite sur son gland dès qu’il est à sa portée.)


La voix de Flora (de la cuisine) : Premières pizzas!

Siriac : Bon, dans ce cas, passons à la deuxième phase…


(En continuant de pénétrer Daphné de concert avec Timothée, il lui enfonce deux doigts dans l’anus.)


Siriac (appréciant) : Hmm… toujours prête, à ce que je vois.


(Il tourne la tête vers la cuisine.)


Siriac (fort, d’un ton expert) : Il est bien, Flora, ton lubrifiant! Il tient bien sur la durée.


(Flora revient de la cuisine, pieds nus et en culotte, mais toujours vêtue de son chemisier très professionnel, et portant deux cartons de pizzas qu’elle vient déposer sur la table de repas.)


Flora : Allez, à table!


(Siriac se retire du vagin de Daphné, se frotte deux ou trois fois entre ses globes fessiers, puis, guidant fermement son sexe, la sodomise peu à peu. Elle gémit différemment lorsqu’il reprend ses déhanchements; Timothée la pénètre toujours, et de plus en plus vite.)


Flora (s’approchant du quatuor) : Bon, si je ne vous aide pas, ça va refroidir…


(Elle vient s’agenouiller à côté de Daphné sur le canapé, face à elle, et glisse une main entre le corps de Timothée et celui de la jeune femme, jusqu’entre ses cuisses. Elle caresse alors vivement le clitoris de Daphné, dont les gémissements vont croissant en intensité et en fréquence jusqu’à ce qu’elle se crispe en poussant une plainte étouffée par le sexe de Roméo.)


Roméo (hurlant en se reculant) : Aaaaïe! Putain, tu m’as mordu!


(Une fois sa bouche libérée, Daphné hurle par saccades en se cambrant à mesure que les flots de son orgasme la secouent et tandis que Timothée et Siriac la défoncent encore à toute allure. Elle finit par s’effondrer, immobile, par-dessus Timothée.)


Flora (retirant difficilement sa main) : Attention, tu m’écrases… Bon, allez, à table!


(Elle se lève. Siriac et Timothée continuent de balancer de grands coups de bassin en ahanant de plus en plus, et presque en même temps, ils se crispent dans une mimique d’extase en éjaculant dans le corps de Daphné qui se trémousse encore vaguement.)


Flora : Voilà, impec. Allez, hop! Les pizzas vont refroidir et la prochaine est en train de cuire.

Roméo (à Flora) : Ben et moi?

Flora : Tu peux venir manger comme ça, c’est fun…


(Daphné s’extrait de l’étreinte de ses deux partenaires et se relève péniblement. Timothée et Siriac se lèvent et se rhabillent.)


Daphné : Je passe me laver un peu et j’arrive.


Elle ramasse ses vêtements et sort. Flora, Siriac et Timothée regardent Roméo dont le sexe est toujours raide comme un i.)


Flora : Remarque, je pense que je n’ai jamais baisé en mangeant.


(Elle paraît réfléchir un instant.)


Flora : Ou plutôt mangé en baisant.


(Timothée et Siriac la regardent, pantois.)


Flora (à Roméo) : Bon, bref… allez, viens!


(Elle prend une part de pizza puis retire sa culotte.)






Acte VI, scène 6

Vendredi 11, 19 h 45

L’appartement de Juliette et Eloïse

(Eloïse, Cassandra)



(Eloïse et Cassandra sont installées sur le canapé; en face d’elles, un fauteuil est libre. Elles discutent en buvant un apéritif. Un troisième verre est posé sur la table basse face au fauteuil.)



La voix de Juliette (de la cuisine) : Je mets les pizzas.


(Elle entre et s’avance jusqu’au fauteuil, prend son verre sur la table et boit une gorgée.)


Juliette (regardant Cassandra) : Mais j’en ai que deux…

Cassandra : Bah, deux pour trois, ça va aller.


(Juliette contourne la table basse et vient finalement s’asseoir sur le canapé entre Eloïse et Cassandra.)


Juliette (à Cassandra) : Alors, tu passes la soirée avec nous?


(Elle pose une main sur la cuisse de la jeune femme et la caresse doucement en remontant peu à peu vers son entrejambe.)


Cassandra (souriant) : Ça peut sans doute se négocier… Mais ça dépend… c’est quoi, le programme?


(Juliette dépose sur la table le verre qu’elle tenait toujours de l’autre main, puis entreprend de caresser aussi la cuisse d’Eloïse.)


Juliette : J’ai invité deux charmants garçons pour vingt heures trente…

Eloïse : Ah bon? Tu m’avais pas parlé d’un couple?

Juliette : Ben ils étaient pas disponibles… Du coup, j’ai reproposé à Pietro et Arthur. Ça t’ennuie?

Eloïse (haussant les épaules) : Non… Deux pour trois, ça va aller…


(Juliette et Cassandra sourient.)


Eloïse (à Juliette, ôtant son tee-shirt) : Combien de temps, pour les pizzas?

Juliette (ricanant) : Dix minutes.

Eloïse (se levant pour retirer son pantalon) : Hmmm… c’est short… Il faudra les tenir au chaud.

Cassandra (regardant le corps d’Eloïse) : On ne sera jamais prêtes à vingt heures trente.

Eloïse : Eh bien les garçons aussi, il faudra les tenir au chaud…


(Un silence. Juliette dévore Eloïse des yeux.)


Juliette (à Eloïse, se levant) : Je te préfère quand tu es comme ça…


(Elle l’embrasse. Eloïse la presse contre son corps et se frotte à elle avec suggestion.)


Cassandra (à Juliette, se levant) : Vas-y, ça a l’air urgent… Je m’occupe des pizzas.


(Eloïse s’écarte de Juliette et attire Cassandra contre elle.)


Eloïse : Non, j’ai envie de vous deux.


(Elle l’embrasse à pleine bouche et se serre contre son corps. Juliette retire rapidement son chemisier et son soutien-gorge et vient se placer derrière Eloïse, refermant ses mains sur ses hanches.)


Cassandra (sortant son téléphone de sa poche arrière) : Attendez, doucement, faisons les choses dans l’ordre…


(Eloïse et Juliette la regardent avec étonnement. Elle tapote un peu l’écran de son smartphone.)


Cassandra (posant son doigt sur sa bouche) : Chhhut…


(Elle porte le téléphone à son oreille.)


Cassandra : Messagerie… Bah tant pis, ça ira… (Au téléphone) : Allô mon minou…

Eloïse (ricanant) : Miaou!


(Cassandra place une main devant son téléphone en intimant de grands gestes de silence à Eloïse.)


Cassandra (au téléphone) : Dis, je suis chez Juliette et Eloïse, là; les filles ont une soirée un peu compliquée avec deux trois trucs dont il faut qu’elles s’occupent, je vais sans doute rester avec elles pour les aider un peu. Bisous, à tout à l’heure!


(Elle raccroche en souriant.)


Eloïse : Ben c’est du joli…

Juliette : A priori, on n’a que deux trucs à régler, malheureusement. Mais si tu veux, je dois pouvoir en trouver un troisième…

Cassandra (retirant son tee-shirt) : Bon, reprenons… où en étions-nous?







Acte VI, scène 7

Samedi 12, 13 h 05

Le restaurant de l’Hôtel du Parc

(Juliette, Eloïse, Cassandra, Siriac, Yannick, Alizée, des clients, des serveurs)



(Une serveuse conduit Juliette et les cinq autres jeunes gens jusqu’à une table ronde où elle leur fait signe de s’installer.)



Juliette (à la serveuse) : Merci.


(La serveuse salue chacun poliment à son passage devant elle pour rejoindre la table, mais son regard s’illumine plus visiblement lorsqu’elle voit Eloïse.)


La serveuse (à Eloïse, très souriante) : Ah tiens, bonjour!

Juliette (l’ayant remarquée, à Eloïse) : Tu la connais?

Eloïse (à voix basse, abracadabrante) : Euh… oui… c’est une cliente de mon magasin.


(La serveuse s’éloigne. Tous s’installent autour de la table : Cassandra, Siriac, Alizée, Yannick, Eloïse, puis Juliette.)


Eloïse (enjouée) : Merci à tous! Chouette surprise! Je ne m’y attendais vraiment pas, et je suis super contente qu’on se retrouve là tous ensemble.


(Tous lui sourient. Juliette l’embrasse.)


Yannick (à Eloïse) : Alors, tu nous fais les présentations?

Eloïse (en regardant tour à tour Yannick et Alizée) : Eh bien… vous connaissez déjà Juliette, bien sûr…


(Alizée baisse les yeux.)


Eloïse : …et voici Cassandra, une amie, et Siriac, son compagnon. (Elle poursuit en se tournant vers eux.) Et donc, là, c’est Yannick, mon frère, et Alizée, sa compagne.


(Elle ôte sa veste et l’accroche à sa chaise.)


Eloïse (à Juliette) : Ah je suis trop contente! Et en plus, tu m’as cueillie direct après le boulot… c’est cool!

Juliette : Ça me fait super plaisir aussi de te voir heureuse!


(Elles s’embrassent de nouveau.)


Siriac (prenant une carte) : Bon, allez, c’est fini, les roucoulades? On va plutôt commander un truc à boire!

Yannick : Tout à fait d’accord! (Il désigne Siriac en regardant Eloïse.) Je sens qu’on va bien s’entendre…

Eloïse : C’est bien possible, en effet…

Siriac (soupçonneux) : Qu’est-ce que ça veut dire, ça?

Eloïse : Rien, t’inquiète pas…


(Elle recule sa chaise et se lève.)


Eloïse : Je vais passer aux toilettes et me laver les mains avant de manger.


(Elle se lève et s’éloigne en contournant plusieurs tables, puis sort.)


Juliette : Bon, je suis contente, ça a l’air de lui faire vraiment plaisir.

Yannick : Et pourquoi ce repas surprise, alors? Qu’est-ce qu’on fête?


(Juliette soupire.)


Juliette (hésitante) : Eh bien… j’ai été un peu… j’ai fait du mal à Eloïse il y a quelques jours, et…


(De nouveau, Alizée baisse les yeux.)


Juliette : …et je voulais surtout lui montrer que je l’aime. Et… enfin… et lui montrer que…


(Elle est interrompue par une sonnerie de téléphone portable. Tous semblent un instant chercher d’où ça provient.)


Juliette (tirant la veste d’Eloïse pour fouiller dans sa veste) : C’est à Eloïse, elle a oublié de le mettre en silencieux.


(Cassandra, Siriac, Yannick et Alizée sortent leur téléphone pour vérifier qu’il est en mode silencieux. En lançant autour d’elle des mimiques désolées, Juliette extirpe le téléphone qui continue de sonner. Dans un réflexe, elle regarde machinalement l’écran avant de l’éteindre.)


Juliette (s’écriant) : Roméo?!?


(Elle refuse l’appel, puis, tétanisée, observe fixement le téléphone. Cassandra et Siriac se lancent discrètement un regard assombri.)


Yannick : Elle le voit encore?

Juliette (péniblement) : Ben tu vois… faut croire…


(Un lourd silence.)


Juliette (brouillée) : Euh… excusez-moi… je suis désolée… je ne devrais pas vous…


(Elle est interrompue par la sonnerie d’un sms.)


Juliette (lisant à voix haute avec une stupéfaction croissante) : Salut, c’était chouette de te voir hier, merci pour…


(Sous les yeux dépités des autres, elle essaie frénétiquement de déverrouiller l’écran pour découvrir la suite du message, mais sans succès.)


Alizée (regardant au bout de la salle derrière Juliette) : Attention, la revoilà.


(Eloïse revient. Elle contourne de nouveau les tables et retourne s’asseoir, pimpante et souriante, entre Juliette et Yannick.)


Eloïse (étonnée) : Eh ben vous faites de drôles de têtes… Y a un problème?

Juliette (reculant nerveusement sa chaise et jetant devant elle le téléphone d’Eloïse) : Tiens, y a ton téléphone qu’a sonné! Je vais aux toilettes aussi.


(Elle se lève et sort en emportant son sac à main dans la même direction qu’Eloïse un instant plus tôt; celle-ci la regarde s’éloigner sans comprendre.)


Cassandra (désignant le téléphone) : C’est Roméo qui t’a appelé…


(Eloïse écarquille les yeux et crispe sa bouche dans une moue d’affliction tout en se saisissant en hâte du téléphone. Elle en tapote l’écran à plusieurs reprises quelques secondes.)


Siriac : Ah, ce Roméo… Même quand il est pas là, il en rate pas une…


(Yannick sourit. Eloïse leur lance un regard mécontent.)


Eloïse (à Cassandra, inquiète) : Elle… elle l’a lu?


(Cassandra acquiesce.)


Siriac : Enfin, seulement le début, elle n’a pas réussi à déverrouiller ton écran. C’est quoi ton code?


(Yannick sourit de nouveau. Eloïse les fusille du regard l’un après l’autre.)


Eloïse : Et… qu’est-ce qu’elle a dit?

Cassandra : Rien. Elle a juste pas eu l’air enchantée…

Siriac : N’empêche, voilà… tout ça parce que t’as pas pensé à foutre ton tel en silencieux…


(Yannick sourit une fois de plus. Eloïse les atomise tous les deux du regard.)


Siriac : En même temps, fallait bien qu’elle découvre un jour ou l’autre que vous vous revoyez, Roméo et toi…


(Eloïse le désintègre du regard.)


Yannick (ne souriant plus du tout) : Ah bon? Tu le revois?

Eloïse (à Siriac) : Comment tu le sais?

Siriac : Je vous ai vus.

Eloïse : Où ça?

Siriac : Ici.

Eloïse : Ici?

Cassandra (acerbe) : Oui… il allait chez son cousin Esteban, paraît-il…

Siriac (l’ignorant) : Bon, et puis vu la tête que t’a tirée la serveuse, je me dis que t’y es pas venue qu’une fois…


(Un silence. Eloïse soupire.)


Siriac (d’un air inquisiteur) : Alors? Qu’as-tu à dire pour ta défense?

Yannick (adoptant le même ton) : Oui, tu veux bien t’expliquer?

Eloïse (froidement) : Mais je vous emmerde, les deux petits pères, là! Je fais ce que je veux de ma vie! Et si j’ai envie de revoir Roméo, ça ne vous regarde pas!


(Cassandra et Alizée sourient.)


Cassandra : Bien dit! (Elle hésite un instant.) Mais ça regarde quand même un peu Juliette… Tu vas lui dire?

Eloïse (après un soupir) : Je ne sais pas…

Cassandra : Ce serait peut-être bien, non? Peut-être que…

Siriac (regardant vers le fond de la salle derrière Eloïse) : Attention, elle revient.


(Juliette rentre. Elle a les yeux rouges et s’est visiblement passé de l’eau sur le visage. Elle rejoint leur table d’une démarche fière, vient jusqu’à sa chaise et se penche vers Eloïse.)


Juliette (à Eloïse, douce) : Excuse-moi, mon amour.


(Elle l’embrasse à pleine bouche. Leur baiser dure. Leurs langues s’entremêlent longuement sous les regards gênés des quatre jeunes gens, et de plusieurs autres clients, serveuses et serveurs.)


Cassandra : Euh…

Yannick (toussotant) : Hum!

Siriac : Mesdames?


(Juliette se redresse et caresse la joue d’Eloïse en lui dardant un regard dominateur, puis se rassoit à côté d’elle.)


Juliette (ravançant sa chaise) : Désolée. Bon, qu’est-ce qu’on boit, alors?


(Tout le monde consulte la carte des boissons et les menus. Un serveur s’approche, derrière Eloïse et Juliette.)


Le serveur : Bonjour. Est-ce que vous prendrez un apéritif?


(Il regarde tour à tour Alizée, Yannick, Siriac.)


Le serveur (reconnaissant visiblement Siriac) : Ah, tiens, bonjour!

Siriac (distant) : Bonjour.

Cassandra : Vous vous connaissez?

Siriac (éludant) : Je vais prendre un gin tonic, s’il vous plaît.

Le serveur (écrivant sur un calepin) : C’est noté.


(Il observe Cassandra, qui soutient un moment son regard puis se replonge dans la carte. Juliette se cambre franchement, lève des yeux suppliants vers le serveur, et repousse une mèche de cheveux. Le serveur la remarque alors et la dévore des yeux.)


Juliette (d’une voix suave, et battant des cils) : Vous pourriez me préparer une Bloody Mary, s’il vous plaît?


(Le serveur acquiesce, et écrit en tremblant sur son calepin.)


Juliette (se penchant vers Eloïse) : Tu voudras bien conduire au retour, ma puce?


(Elle l’embrasse au coin des lèvres. Le serveur déglutit en les observant.)


Eloïse (levant la tête vers le serveur) : Whisky-coca, s’il vous plaît.


(Il note. Elle se penche à son tour vers Juliette et lui adresse une mimique cynique.)


Eloïse (à Juliette, souriant) : On rentrera en bus, au pire…


(Juliette lui retourne un regard frais.)


Yannick : Tiens, oui… Bloody Mary aussi, s’il vous plaît.


(Juliette et lui se fixent un moment des yeux.)


Alizée : Un virgin mojito, s’il vous plaît.

Cassandra : Eh ben un deuxième.

Le serveur (s’éloignant) : Ça marche, je vous apporte ça.

Juliette (au serveur, éplorée) : Attendez, s’il vous plaît…


(Il s’arrête, se retourne, et fixe alternativement Juliette, qui s’est tournée un peu sur sa chaise, et la poitrine de Juliette.)


Juliette : Je voudrais beaucoup de glace dans mon cocktail, il fait si chaud, ici…


(Elle déboutonne le haut de son chemisier; le serveur, Siriac et Yannick y plongent des regards abondants. Eloïse soupire.)


Eloïse (fixant Juliette avec cynisme) : Et une carafe d’eau glacée, s’il vous plaît…

Alizée : Ça me rappelle quelque chose, cette histoire…


(Juliette lance des yeux insolents à Eloïse. Celle-ci soutient son regard.)


Eloïse (à Juliette, fraîchement) : Dis donc ça t’a pas suffi, deux mecs et deux nanas hier soir? Il faut encore que t’en rajoutes?

Juliette (du tac au tac, tout aussi fraîchement) : Ben visiblement tout ce qu’on fait ne te suffit pas non plus, puisque tu revois tes ex dans mon dos.


(Un grand silence s’est de nouveau fait dans le restaurant tout autour d’eux.)


Siriac : Comment ça, deux mecs et deux nanas hier soir?


(Il se tourne vers Cassandra dans une attitude d’animosité.)


Siriac (à Cassandra, fraîchement) : C’était ça, vos deux trois trucs dont il fallait s’occuper, hier soir?

Cassandra (tout aussi fraîchement) : Eh oh! Tu veux qu’on creuse l’histoire de ton cousin Esteban? Et je ne te demande pas non plus ce que tu as fait toute la soirée d’hier chez l’autre salope…


(Abasourdis, Alizée et Yannick observent Eloïse et Juliette.)


Yannick (incrédule) : Vous avez fait une partouze avec deux couples hier soir?

Juliette (pédagogue) : Non, non, tu n’y es pas du tout, c’était juste que pour faire plaisir à Eloïse, j’avais invité deux mecs pour la soirée…

Eloïse (levant et tournant les yeux) : Ben je ne sais pas qui en a le plus profité…


(Siriac fixe Cassandra avec hostilité. Celle-ci soutient son regard sans broncher.)


Yannick (à Alizée) : Dis, ma puce, ça ne te dit pas qu’on fasse des trucs comme ça, nous aussi?

Alizée : Euh… ça te vexe si je dis non?


(Eloïse et Cassandra sourient.)


Juliette (à Alizée) : C’est parce que tu es jeune…


(Siriac sourit.)


Juliette (fixant Alizée du regard) : Mais si vous voulez, venez passer une soirée à la maison, à l’occasion… Je suis sûre qu’on pourra vous montrer plein de choses…


(Elle passe ostensiblement sa langue sur ses lèvres. Alizée blêmit.)


Eloïse (se retournant, fort) : Bon, alors? Elle vient cette carafe d’eau, ça devient urgent…







Acte VI, scène 8

Samedi 12, 15 h 10

Le restaurant de l’Hôtel du Parc

(Juliette, Eloïse, Cassandra, Siriac, Yannick, Alizée, des serveurs)



(Tous les six sont attablés comme dans la scène précédente et rient gaiement. Les autres tables sont vides. Des serveurs vont et viennent pour les débarrasser ou les redresser.)



Cassandra (observant autour d’eux) : Je crois qu’on est les derniers.

Juliette (jetant un regard derrière elle) : Oui, je vais aller payer.


(Elle se lève et s’éloigne.)


Cassandra : Attends, je vais avec toi, on va payer les boissons. Les apéros et le vin.


(Eloïse lui fait signe d’attendre. Alizée et Yannick se regardent un instant.)


Yannick : Et nous on va payer les desserts?


(Alizée acquiesce. Eloïse se retourne pour vérifier que Juliette est hors de portée de voix. Celle-ci sort. Ils parlent à voix basse.)


Eloïse : Okay pour tout ça. Mais avant que vous y alliez, je veux juste vous dire un truc. Je suis vraiment désolée de cette scène de ménage au début du repas…

Siriac : Honnêtement, après ça, je m’attendais à ce que le repas ne soit pas très amusant, mais finalement…

Alizée : Oui, j’étais inquiète aussi, mais c’était super, tout compte fait.

Eloïse : Oui, Juliette s’est calmée après les apéros. Mais je la connais bien, et je sais que ça cache quelque chose. À mon avis, je vais passer une mauvaise semaine…

Yannick : Comment ça?

Cassandra : Je la connais bien aussi, et c’est clair que son revirement m’a semblé un peu rapide.

Eloïse : Je pense qu’elle a l’impression que je lui ai fait du mal en revoyant Roméo…

Cassandra : Oui, et elle va essayer de te faire du mal de la même façon…

Eloïse : Voilà. Et c’est ça que je voulais vous dire : il est possible qu’elle essaie de vous utiliser pour me faire du mal. Mais je ne lui céderai pas, bien au contraire. Alors, s’il vous plaît… (Elle les regarde l’un après l’autre intensément.) …soyez prudents, et pensez à moi!


(Yannick et Alizée écarquillent les yeux.)


Siriac (se levant) : Aucun danger de mon côté, elle a tendance à me fuir depuis qu’elle est plus avec Roméo.

Eloïse : Oui, mais justement…

Siriac : Non, à mon avis, rien à craindre me concernant. Je vais payer.


(Cassandra soupire en le regardant s’éloigner.)


Alizée (reculant sa chaise) : J’y vais aussi.


(Elle se lève et contourne la table du côté d’Eloïse; en passant derrière elle, elle lui serre l’épaule dans un geste amical de soutien, puis elle s’éloigne à son tour, suivant Siriac et sortant vers la caisse.)


Eloïse (à Yannick) : Toi, en particulier, Yannick. S’te plaît, fais attention.

Yannick : T’inquiète pas, je crois que tu vois le mal partout, là, non?

Cassandra (écarquillant grand les yeux) : Non, non, je confirme…

Eloïse (à Yannick) : Ben puis j’ai vu comment tu la regardais pendant tout le repas.

Yannick (feignant l’innocence) : Moi?

Eloïse : Et elle aussi, elle l’a vu…

Cassandra (souriant) : D’ailleurs, Alizée aussi, l’a vu…


(Yannick lui lance des yeux inquiets.)


Eloïse : Ouais, ceci dit, j’ai aussi vu comment Alizée la regardait…

Yannick (déconcerté) : Tu crois?

Eloïse : Et aucun doute : Juliette aussi l’a vu…


(Un silence. Ils rassemblent leurs affaires et se lèvent.)


Siriac (revenant, fort) : Trop tard, Juliette a tout payé…


(Il se rapproche de leur table.)


Siriac (regardant Yannick) : Par contre, c’est peut-être pas trop tard pour la retenir de sauter sur ta copine…

Yannick : Hein?

Eloïse : Et voilà, c’est parti…


(Elle sort en hâte, suivie de Yannick.)


Cassandra (à Siriac) : C’est vrai?

Siriac (haussant les épaules) : Je ne sais pas trop. (Il hésite.) Mais avec ce que vient de dire Eloïse… Tu crois que Juliette pourrait être aussi tordue?

Cassandra : Ça pourrait bien, oui…


(Ils sortent.)






À suivre…