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Temps de lecture estimé : 12 mn
27/06/24
Résumé:  Dominique poursuit l’initiation sensorielle de Carla. Après la vue, l’ouïe et le goût, il s’agit maintenant de s’essayer au toucher.
Critères:  fh hplusag fsoumise
Auteur : Carla.moore et Mathou810  (A la suite du texte)      

Série : Dominique et Carla, à 4 mains

Chapitre 04 / 05
S'essayer au toucher

Résumé des épisodes précédents :

Dominique poursuit l’initiation au sensoriel de Carla.




Elle passe un jean et un t-shirt et file à la supérette du coin. Elle trouve ce qu’elle cherche. Elle rentre pour appliquer la crème dépilatoire. Elle est chauve et son pubis complètement lisse. Elle apprécie ce look particulier, elle a hâte de voir la réaction de son aimant. C’est dimanche matin ! Elle lui laisse jusqu’à midi pour prendre des nouvelles, elle n’attendra pas plus de quelques heures pour le revoir. Alors elle se le promet : elle retourne chez lui et ne le lâche plus jusqu’à lundi matin. En attendant, elle prépare des affaires dans un petit sac.


Téléphone :



Elle raccroche sans dire un mot. La minute suivante, elle sonne à sa porte.




S’essayer au toucher



Dominique est encore nu quand il entend la sonnerie. Il pense d’abord à se vêtir, puis se dirige silencieusement vers l’œillet pour découvrir qui peut s’intéresser à lui en ce dimanche. C’est elle, le crâne complètement rasé. Le changement est surprenant, mais il lui va très bien. Il lit les marques de l’impatience sur son front et dans ses yeux. Elle pourrait voir la satisfaction dans les siens.


Elle appuie à nouveau sur la sonnette. Pas de réponse, serait-il sorti ? Que se passe-t-il ? Est-il fâché qu’elle soit partie ? Il aperçoit maintenant un trait d’inquiétude dans ses pupilles. Ce crâne tout lisse lui rappelle un autre jeu qu’il s’était promis de lui faire découvrir. Mais comment l’organiser ? Il lui faut un peu de temps et qu’elle ne soit pas là, à l’attendre sur le palier. À pas de loup, il s’éloigne de la porte et attend qu’elle s’en aille. Elle sonne à nouveau. Silence. Elle abandonne, dépitée. Il finit par entendre l’ascenseur qui arrive… qui s’ouvre… qui démarre… qui s’arrête : elle a atteint le rez-de-chaussée. Il peut enfin mettre son idée à exécution ; ça ne lui prendra qu’une quinzaine de minutes. Lorsqu’il est prêt, il téléphone :



Tout à la joie de l’attente de Dominique, elle ne réalise pas que son excuse de « venir à sa rencontre » ne tient pas la route. Quand elle se trouve sur son palier, pour la deuxième fois, la porte est entrouverte : elle entre. Le salon est vide. Au milieu de la pièce, une chaise, avec un ensemble en nylon qui semble être destiné à l’intégralité du corps, soigneusement plié, ainsi qu’une carte posée en évidence.


Ma très chère, je suis fou de désir, mais je n’oublie pas ma promesse d’une expérience nouvelle à chacune de tes visites. Aujourd’hui, j’aimerais que tu te mettes nue, que tu enfiles ces collants, ce justaucorps à manches longues et ces gants. Pour finir, tu passeras cette cagoule sans orifice. Tu n’auras aucun mal à voir et à respirer à travers, son tissu bien qu’opaque est conçu pour. Quand tu seras prête, tu me rejoindras dans ma chambre. Je t’attends avec impatience. Domi


Carla est rassurée : il n’est pas fâché. Il a encore inventé quelque chose. Décidément, elle est tombée sur un homme plein de surprises. Avec enthousiasme, elle met cette « deuxième peau » synthétique qui la moule parfaitement. Elle regrette de ne pas avoir de miroir à sa disposition. Elle passe ses mains sur ses seins, sur son bas-ventre. Elle se sent désirable, à la fois vulnérable et protégée. Elle revient sur sa poitrine dont elle pince les tétons ! Mmmm. Elle s’avance plus impatiente que jamais. Au moment d’ouvrir la porte, elle hésite. Qu’a-t-il prévu pour elle ?


Il l’a entendue entrer et fermer délicatement la porte de l’appartement. Il imagine ses réactions à la lecture de son mot, ses gestes pour se vêtir. Dans sa chambre, il est debout, respirant à peine, dans la même tenue qu’elle, d’une couleur un peu plus claire. Pas un centimètre de sa peau n’est accessible. Il attend qu’elle entre. Il espère qu’elle accepte son jeu.


Lorsque la porte s’ouvre enfin, deux corps anonymes se font face. Si on distingue leur genre à la poitrine de l’une au pénis de l’autre, ils n’ont pas vraiment de visage. Leur souffle chaud a déjà mouillé le textile au niveau de la bouche. Découvrant la forme du collant sur les lèvres intimes de Carla, Dominique comprend qu’elle est épilée là aussi. Il imagine le spectacle qu’il rate. Une réaction ne se fait pas attendre au niveau de son propre bas-ventre. Il s’approche et l’enlace. Elle se colle à lui, l’entoure de ses bras. On entend seulement le frottement des tissus. Leurs mains se joignent sans vraiment se rencontrer. Le mince tissu tient les épidermes à une infime distance qui se fait cruellement ressentir. Elle appuie sur les fesses de son vis-à-vis pour que les ventres entrent mieux en contact, en vain : le tissu est là ! Ils s’embrassent à pleine bouche sans parvenir à se mélanger l’un dans l’autre. Les langues se cherchent à travers la paroi. La finesse du nylon permet bien quelques points de contact, mais frustre l’étreinte. Ventre contre ventre, chacun empoigne le corps de l’autre, sans vraiment le saisir. Sexe contre sexe, poitrine contre poitrine, ils s’enroulent l’un dans l’autre en s’allongeant sur le lit. Cette mince barrière artificielle réveille en eux une intense pulsion lubrique. Dominique glisse sa jambe entre celles de Carla. Son sexe tendu est écrasé contre le ventre mais toujours séparé par le collant. Il en est réduit à pousser son bassin contre la cuisse de sa maîtresse pour lui faire sentir combien il la veut. Il utilise son genou pour la masturber. Le nylon s’échauffe alors que la rotule se frotte au clitoris de Carla. Elle a un plaisir manifeste à cette caresse pression, un plaisir amplifié par la frustration concomitante. Ils ont chaud, ils transpirent et des auréoles se forment sous leurs bras ainsi qu’autour de la raie de leurs fesses qui suintent abondamment. La bouche de Dominique cherche des seins, une gorge. Il entreprend de la lécher sans succès, alors qu’elle s’offre de façon obscène. Désireux lui aussi d’être exploré, il la chevauche maintenant tête-bêche, ses fesses et ses testicules à la portée de son visage.


Jamais, ils n’ont tant désiré être l’un dans l’autre.


Jamais, ils n’ont été « cérébralement » si proches.


Jamais, ils n’ont été corporellement si séparés en présence.


Ils cherchent désespérément un point de rencontre. Les voilà en ciseaux, s’accrochant chacun à la jambe de l’autre pour rapprocher leurs intimités. La cuisse de l’un collée au sexe de l’autre. Les hanches ondulent furieusement, se caressant mutuellement.


Les souffles se font courts.


Besoin d’air.


Obligés de ralentir pour ne pas suffoquer, ils tentent de se calmer alors que leurs sens sont en feu. Ils se séparent enfin pour reprendre haleine. Cela s’est fait naturellement, d’un commun accord tacite. Allongés face à face, ils prennent le temps de se redécouvrir. Dominique admire le corps entièrement épilé de Carla. Merveilleusement dessinée par la combinaison, elle est magnifique de sensualité.


N’y tenant plus, Dominique s’empare de la paire de ciseaux qu’il avait préparée et découpe précautionneusement une ouverture au niveau de la bouche de Carla qui l’a ouverte au maximum afin de tendre le tissu trempé. Dès qu’il peut y glisser un doigt, il déchire le nylon dévoilant les lèvres de son amante en un craquement libérateur. Il lui tend la paire de ciseaux tout en lui glissant à l’oreille :



Carla n’hésite pas une seconde : elle délivre les yeux de Dominique. Elle aime que son regard se pose sur elle ! C’est ainsi que tout a commencé. Elle a aimé qu’il l’observe de loin, qu’il la photographie, qu’il la dessine. Elle dépose un baiser sur chacune de ses paupières. Elle se colle à lui et chuchote :



Elle se met debout et entreprend de découper le justaucorps autour de ses seins, pose les ciseaux pour pouvoir les malaxer, jouer avec les pointes tendues. Elle le laisse se redresser, tendre les mains pour qu’elles remplacent les siennes. Elle prend plaisir à être touchée par ces doigts gantés. Puis elle le repousse tendrement, récupère les ciseaux et entaille sa seconde peau, là où, hier encore, se trouvait une jolie pilosité entretenue ; là, où elle avait taillé ses poils en forme de papillon.


Dominique est en ébullition. Une fois de plus, Carla l’a surpris avec son choix. Elle le frustre et le ravit à la fois. Il s’est redressé pour mieux la contempler. Les pointes de ses seins qui s’érigent sous ses caresses sont envoûtantes. Il ne peut qu’imaginer les tétons emprisonnés dans sa bouche. Cette façon qu’ils ont de se contracter alors qu’il les excite le fait saliver d’envie. Il enregistre le spectacle qu’elle lui offre. Cette scène va très certainement hanter son imaginaire érotique pendant de longues années. Ses doigts semblent aimantés et viennent se coller à ces deux petites bosses de chair.


Lorsqu’elle découvre sa fente lisse et gonflée de désir, il ne peut s’empêcher de se saisir de son appareil photo.



Il tourne autour du lit sur lequel Carla, debout, ondule lascivement. Étrange créature dont seuls la bouche, les seins et le sexe apparaissent distinctement. Il la mitraille sous tous les angles. Parfois en plans très rapprochés où on distingue un téton émergeant du nylon déchiré, où on découvre l’intérieur rouge et humide de lèvres ouvertes sur un clitoris tendu. Mais aussi en plans plus larges ; ce corps bleu-gris se détache dans le rayon de lumière qui vient de la fenêtre. Carla danse emportée par un rythme qui n’appartient qu’à elle. Dominique est fasciné. Il y a tant d’animalité en elle ! Il a l’impression d’être embarqué dans un reportage.



Le tissu tendu par le fessier cambré se déchire le long de la couture, au niveau de la raie culière. Cette position pourrait paraître obscène mais elle est simplement d’un érotisme fou.



Il pose son appareil. Il s’approche. Il aimerait tellement poser ses lèvres sur cette chair découverte, sur son sexe luisant.



Il donne les ordres, mais il a conscience que c’est lui qui est soumis au charme, à la libido de Carla, même si elle obtempère.


Il se contente de frotter doucement la base de son sexe avec l’arête de son nez. Elle gémit. Il finit par réaliser qu’il doit probablement l’échauffer avec le nylon. Puisque ses yeux sont libres, il va la caresser avec ses cils. Il tire sur le haut de ses lèvres, pour faire saillir le clitoris. Approche ses yeux jusqu’à la frôler, puis bat des paupières. Il imagine que ses cils sont les ailes d’un papillon. Papillon attiré par le nectar d’une fleur d’été, il s’en délecte sans parvenir à se poser. Aujourd’hui, le papillon pris dans le filet du désir, c’est lui. Il déchire son masque au niveau de la bouche. Il peut embrasser ce sexe qui le nargue. Quand il la sent enfin se liquéfier dans sa bouche, il est pris d’une intense envie de la pénétrer. Un nouveau craquement se fait entendre. Dominique couvre Carla alors qu’il la pénètre enfin. Les deux s’embrassent à pleine bouche, férocement. L’orgasme n’est pas long à venir, au milieu des gémissements et grognements. Il se répand sur son ventre et ses seins alors qu’elle se fait venir à la main. Ils crient tous les deux leur plaisir. Dominique s’écarte et contemple Carla qui s’expose sans retenue. Il reprend son appareil. Il capture la jouissance et l’abandon de cette femme dont il se sent tomber éperdument amoureux.


Carla regarde les clichés pris. Elle les trouve d’une indécence rare. Certains sont vulgaires, voire pornographiques. Pourtant, elle ne les déteste pas.


Toute une série montre son visage déformé par la jouissance. Sur une autre photo, elle est en boule, trempée de sueur, de cyprine et de sperme, des lambeaux de justaucorps la recouvrent partiellement ; ses fesses luisent au premier plan. Elle fait penser à un animal sauvage capturé dans un filet après une course poursuite dans la jungle.


Dominique est enthousiaste :



Elle parle de leur intimité, lui parle de l’image. Carla refuse.



Dominique sent son projet d’exposition tourner vinaigre. Respectueux, il s’incline. Il redevient la personne froide que Carla connaît bien.



Il pose son appareil. Il aime cette jeune femme. Carla s’en veut de lui avoir refusé quelque chose mais elle serait morte de honte que d’autres la voient dans une telle posture. Elle l’embrasse, leurs langues se caressent tout en tendresse.



Elle se précipite pour récupérer son smartphone sur la chaise du salon. Quand elle revient, elle lui montre le petit papillon de poils noirs qu’il a raté au moment du repas japonais. L’attention était si bonne ! Décidément, il aime cette fille. Cette fois, c’est lui qui prend l’initiative du baiser. Leurs langues se mêlent avec fougue.



Ce n’est pas une question mais plutôt un ordre. Carla ne s’en formalise pas, elle saute de joie, elle n’en espérait pas tant. Dominique a un plan dans sa tête, il a de la suite dans les idées et ce qu’elle lui a montré l’a revigoré.



Depuis sa tendre enfance, personne ne l’avait lavée. Carla n’avait jamais fait la toilette de quelqu’un non plus. Ils font l’amour, debout, sous le jet chaud. Il lui souffle des mots doux.


Après le repas, ils se promènent en ville, main dans la main. Le hasard les mène. C’est ce qu’elle croit, lui sait où il va. Ils se retrouvent devant la galerie.



Annie est une petite bonne femme qui a du charisme.



Les regards de la galeriste en disent long sur son attirance.


Dominique explique à son amie ce qu’il voudrait faire. Il a besoin d’un tatoueur éphémère. Il parle de Carla sans l’inviter à la conversation. Elle est devenue objet.



Dès qu’elle raccroche, ils poursuivent leur conversation. Carla s’éloigne, s’approche de la photo de son omoplate tatouée. Elle observe les réactions du public, leurs commentaires éventuels. Elle en tire une satisfaction particulière, troublante. Elle apprécie que l’on contemple son corps ainsi. Elle voudrait dire à ce jeune couple admiratif : « C’est mon dos, vous voulez que je vous montre ? ».


Une dizaine de minutes plus tard, entre un homme. C’est le fameux tatoueur. Annie appelle Carla, lui présente Gaël et fait un rapide résumé du projet. Gaël est un grand gars aux épaules épaisses, avec une grande barbe. Il est très intimidant, mais on sent, à travers ses yeux très clairs, une vraie sensibilité. Il discute un moment avec Dominique pendant que Carla les observe. Ils se ressemblent si peu. Gaël s’est spécialisé dans le tatouage animalier. Les deux hommes ont donc le même champ de prédilection, même si le tatoueur aime par-dessus tout les animaux de la mer, notamment les oiseaux. Dominique et lui se montrent leur travail respectif et se trouvent des points d’accroche. L’idée de Dominique est de travailler sur des scènes de chasse. Le combat des bêtes pour leur survie se déroulerait sur un corps de femme qui incarnerait la scène par des postures ; elle représenterait tantôt le prédateur tantôt la proie. Ils demandent à Carla de prendre quelques poses. Elle le fait mais se sent utilisée et très humiliée. Enflammés par le projet, les deux hommes discutent des difficultés techniques. Hors de question de tatouages permanents, même temporaires car ceux-ci mettent quelques semaines avant de disparaître. Il est décidé qu’on utilisera le body painting, le public devra croire à des tatouages. Anna intervient de temps en temps dans cette discussion. Elle apporte notamment l’idée de deux photos juxtaposées par scène : le corps dans son entièreté et un gros plan sur le tatouage. Elle observe aussi que s’arrêter aux animaux marins limiterait les positions corporelles et l’intérêt.


Carla se sent comme un pantin qu’on manipule, dont on dispose. Ça réveille en elle le souvenir de la première rencontre avec Dominique.


Quand les « artistes » s’accordent sur une possible séance de travail, elle a les lèvres serrées et le teint pâle. Elle semble ailleurs. Alors que Dominique l’entraîne pour prendre congé, elle s’éloigne en courant.




A suivre : L’expo (dernier épisode)