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Temps de lecture estimé : 9 mn
05/06/23
Présentation:  Du virtuel au réel... De l’utopie à la réalité de la vie... Deux amants se découvrent à la lueur de leurs points communs et leurs différences, car il n’y a pas d’âge pour changer de vie, il n’y en a pas non plus pour de nouvelles expériences...
Résumé:  Moïse et Katherine se rencontrent et se découvrent dans "La caravane" posée près de la ferme dans laquelle Moïse est ouvrier agricole.
Critères:  fh hplusag campagne caresses pénétratio -occasion
Auteur : Lestat de Lioncourt      Envoi mini-message

Série : La caravane

Chapitre 01 / 04
Un moment particulier

La rencontre



Je m’appelle Moïse, j’ai quarante-six ans et je suis pour ainsi dire un néo-décroissant… J’ai tout plaqué pour vivre comme je le souhaite : libre ! Tout plaqué, tout vendu, renoncé à mon confort de vie d’avant pour me recentrer sur l’essentiel : La vie au plus près de la nature. Mes seules possessions aujourd’hui sont ma voiture et ma maison roulante, un vieux Renault Espace et une TABBERT classique de 2016 que j’ai achetée d’occasion à un gitan et entièrement réaménagée.


Le seul objet symbole de notre monde moderne, duquel je ne pourrais jamais me séparer, est mon smartphone. Il m’assure un lien avec le monde extérieur et me permet de rester informé de la vie autour de moi. Car même si toute cette agitation ne me convient plus, je vis dans ce monde et je ne dois pas m’en couper totalement au risque de me marginaliser totalement. De plus, le smartphone me tient informé de l’actualité culturelle, me permet de découvrir de nouveaux lieux, de nouvelles choses…


C’est un peu grâce à lui que j’ai rencontré Katherine. Elle est étudiante en littérature et nous nous sommes croisés sur un forum de discussion culturel de la ville près de laquelle je me suis installé dernièrement. Elle a vingt ans, mais sa culture, sa curiosité et son grand intérêt pour la nature humaine lui confèrent la maturité d’une femme d’au moins dix ans de plus.

Nos discussions d’abord purement culturelles ont peu à peu dérivé vers des sujets plus intimes jusqu’à parler ouvertement de nos expériences amoureuses respectives, de nos plus beaux souvenirs, mais également de nos tristesses et bien sûr de nos désirs.

La fraîcheur et la spontanéité de Katherine m’ont rendu quelques années de jeunesse et j’avoue avoir passé quelques nuits blanches à discuter avec elle, à nous exciter, à nous faire plaisir à distance…


Ces escapades virtuelles nocturnes m’ont souvent coûté cher le lendemain, car je travaille dans une ferme. Le deal avec le paysan qui m’emploie et ses deux fils est qu’ils me donnent la permission de poser ma caravane sur leur terrain, près d’un bosquet à environ cinquante mètres de la ferme. Ils me fournissent une connexion à l’eau courante et à l’électricité en échange de mon aide en tant qu’ouvrier agricole. Ils me rémunèrent soit en nature avec des produits frais de la ferme, soit par de petites gratifications financières qui m’aident pour mes achats du quotidien. Étant également musicien, je fais régulièrement la manche sur les marchés du coin et, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ça paye plutôt bien !


Cet après-midi, Katherine a participé à un loto avec quelques membres de sa famille et croyez-le ou pas, nous nous sommes mutuellement excités en imaginant des scénarios coquins… Katherine y est allée vêtue d’un beau chemisier couleur champagne partiellement déboutonné en haut et maquillée d’un rouge à lèvres bien pétard… Je lui ai demandé de me raconter en live les regards sur elle des hommes alentours, ses envies à elle, ses désirs… Elle m’a simplement répondu que les regards de convoitise et les attributs des hommes alentour ne l’intéressaient pas et que c’est sur le mien d’attribut qu’elle souhaitait déposer au plus vite les traces de son rouge à lèvres écarlate… Je vous épargne l’intégralité de nos échanges, mais sachez que cette discussion nous a terriblement émoustillés, au point que nous avons décidé de franchir un cap, nous rencontrer. Je n’aurais jamais imaginé une telle confiance de sa part en un homme qu’elle ne connaît finalement pas en réalité… Cela m’a presque fait peur, car je me suis dit qu’elle aurait pu tomber sur un être malveillant, il y en a tellement qui rôdent sur les réseaux sociaux…


Ce soir je termine à vingt heures et à ma grande surprise je vois de loin que la lumière de la caravane est allumée. Elle est déjà là… Mon retour du travail est un grand moment d’émotion, car je la reconnais immédiatement, si belle et si rayonnante dans cet ensemble qu’elle a su si bien me décrire, mettant en valeur ses belles formes. Nos regards se croisent pour ne plus se quitter, la profondeur de ses yeux m’en faisant oublier la plus élémentaire des règles de politesse : lui dire bonsoir…


Ma gorge nouée ne me permet que de déglutir le peu de salive présente dans ma bouche… Elle fait le premier pas en me disant que je suis exactement tel qu’elle m’a imaginé et qu’elle a le sentiment que nous nous connaissons depuis toujours… Puis elle s’avance pour déposer sur mes lèvres un doux baiser dévoilant à mes sens gustatifs et olfactifs le délicieux parfum de ses désirs.


Nos mains baladeuses s’égarent progressivement sur puis sous le tissu de nos vêtements avant que nous prenions place sur le confortable canapé d’angle faisant face au feu. Ses lèvres délicieuses s’ouvrent afin que nos langues se rencontrent et s’entrelacent puis se détachent à nouveau de manière à ce que les siennes honorent son désir avoué dans l’après-midi, après s’être symboliquement et si sensuellement remaquillé les lèvres…


Quel moment extatique ! Comme suspendu dans le temps et l’espace, simplement entrecoupé par l’effeuillage progressif de nos corps désireux de s’exhiber nus à la lueur du feu… Si belle et désirable, Katherine comprend rapidement mon envie de la déguster à mon tour et s’allonge sur le dos, les bras derrière la tête afin de relever sa poitrine généreuse aux tétons rosés et pointant sous les caresses de mes doigts. Ma gorge jusqu’ici sèche comme un désert aride se réhydrate peu à peu du délicieux nectar s’écoulant de son intimité…


Puis c’est l’état de grâce quand Katherine me supplie de la prendre amoureusement… Nos corps ne faisant plus qu’un, les va-et-vient incessants de mon sexe en elle nous ouvrent progressivement les portes du plaisir et c’est dans une harmonie parfaite que nous nous sommes mutuellement figés l’un dans l’autre pour jouir de ce moment tant attendu…


Impossible pour nous ce soir d’envisager de nous séparer… Mon lit n’est pas très grand, mais suffisamment pour que nous nous y lovions l’un contre l’autre en sombrant progressivement dans les bras de Morphée jusqu’au lendemain matin…




Un moment particulier



Il est des jours où se lever est difficile, mais j’y suis habitué. Vivre dans une caravane c’est affronter au lever le froid de la nuit, l‘humidité, en attendant que la réactivation du feu réchauffe l’atmosphère. Ce matin pourtant une petite bouillotte douce comme un doudou sommeille à mes côtés et c’est un vrai supplice de m’en séparer tellement sa seule présence réveille en moi des désirs trop longtemps laissés de côté. Si belle encore, plongée dans sa rêverie… Est-ce que j’en fais partie ? Je l’espère, car le petit rictus qui orne ses lèvres me donne à penser qu’elle y vit des moments forts plaisants… Pourtant, une petite voix à l’intérieur de ma tête semble vouloir me mettre en garde, comme s’il était moralement douteux pour un homme mûr comme moi de s’amouracher si vite d’une jeune femme qui, à son âge, pourrait être ma fille…


Recouvrant son épaule nue de peur qu’une brise matinale vienne trop tôt l’arracher des bras de Morphée, je chasse ces doutes de mon esprit. Après avoir avalé un grand verre d’eau et alors que la nuit est encore noire, je m’habille et rejoins la ferme où Jérémy et Maxime m’attendent pour déjeuner.


Leur père doit partir ce matin livrer du bois, mais les deux frères restent toujours sur l’exploitation pour s’occuper du cheptel de trois cents brebis qu’il faut nourrir très tôt.

Jeremy a vingt-cinq ans et est l’aîné de la fratrie. Il ressemble beaucoup à son père : froid et plutôt autoritaire, bourru comme un ours ! Il n’a pas été facile de briser la glace avec lui, mais au bout d’un certain temps il a su me faire confiance et maintenant me considère comme un ouvrier essentiel à l’exploitation.


Maxime est de quatre ans son cadet. Visiblement très affecté par le départ de leur mère il y a dix ans avec un ancien ouvrier agricole de passage comme moi sur la ferme, il est très introverti et semble avoir développé une grande sensibilité au contraire de son frère que la vie a endurci. Nous ne discutons pas énormément, mais j’apprécie beaucoup Maxime, nos vingt-cinq ans d’écart d’âge me confèrent auprès de lui un rôle presque paternel, car ses rapports avec son propre père ne sont pas faciles. Effectivement, François n’a jamais compris cette hypersensibilité de son fils qui ne répond pas selon lui aux critères d’une masculinité virile devant rester la norme chez eux. Maxime a donc trouvé en moi une oreille attentive et des conseils avisés, même si pour lui se confier reste encore compliqué.


Ce matin, après la traite et alors que le soleil baigne l’exploitation d’une lumière vive dispersant progressivement la brume matinale, nous remontons tous les trois vers le bosquet pour faire le tour du grand pré jouxtant la ferme et en vérifier l’état de la clôture. Alors que nous passons devant ma caravane, Katherine est là, assise sur l’une des deux chaises composant avec une petite table mon humble mobilier de jardin. Recouverte de mon vieux poncho péruvien et les cheveux encore en bataille, elle boit son thé fumant en réchauffant ses mains sur la tasse chaude.


Les jeunes sont tous les deux surpris de la présence de cette belle jeune femme de leur âge chez moi. Alors que Maxime semble ne pas oser la regarder, Jérémy au contraire n’arrive pas à la lâcher du regard. Katherine nous salue d’une voix matinale encore un peu éraillée lui donnant un charme fou…

Une fois à la tâche et après plusieurs longues minutes de silence, Jérémy se décide enfin à me poser la question qui lui brûle les lèvres : « Qui est-elle ? ». Pensant dans un premier temps qu’elle est peut-être ma fille, je lui réponds simplement que vu nos âges cette hypothèse pourrait être vraie, mais que ce n’est pas le cas…

Jérémy se montrant toujours avare en explications quand il s’agit de m’en fournir sur certains de mes questionnements au quotidien, j’ai plaisir à lui rendre la monnaie de sa pièce et à le laisser à ses interrogations, se doutant bien qu’il s’agit de ma compagne sans en avoir la confirmation officielle de ma bouche…


Vers dix heures il est de coutume que nous arrêtions le travail pour retourner à la ferme et manger un morceau. Aujourd’hui les deux frères redescendent seuls en comprenant que pour ma part je m’arrête à la caravane pour y retrouver Katherine.

Le poêle donnant à plein régime, la chaleur intérieure offre un large contraste avec la fraîcheur extérieure. Katherine est là, semi-allongée sur le canapé, enroulée dans la couette et lisant mon livre de chevet actuel : Malevil de Robert Merle, un roman post apocalyptique où une petite communauté de survivants à une catastrophe certainement nucléaire s’organise pour sa survie…

Absorbée par sa lecture, elle n’en sort qu’au contact de mes lèvres dans le creux de son cou en inclinant la tête pour me permettre de m’y engouffrer plus profondément. Mes mains saisissent le haut de la couette pour lui découvrir les épaules et constater qu’elle est nue en dessous…


À première vue excitée par la situation, Katherine tourne la tête vers moi et m’invite à déposer mes lèvres sur les siennes, nous engageant ainsi dans un long et tendre baiser… Toujours derrière elle, mes mains s’aventurent sous la couette en la faisant glisser jusqu’à sa taille pour découvrir ainsi sa belle et opulente poitrine. En caresser les tétons du bout de mes doigts est un délice sans nom, mes mains fraîches électrisant sa peau et soutirant à ma belle un délicieux feulement. Je ne peux m’empêcher de laisser mes mains glisser le long de sa peau si douce et chaude pour en explorer les contours girons tels ceux d’une muse inspiratrice de Maillol. Le contact de mes doigts sur son entrecuisse la fait immédiatement se cambrer entraînant la couette vers le sol et découvrant ainsi ses jambes nues. Sentant son souffle s’accélérer et de petits soupirs d’excitation exprimer son désir d’en avoir plus, je comprends rapidement que nous allons bientôt franchir le point de non-retour et reprends dans mes mains la chaude couette pour l’en recouvrir en lui signifiant que je dois malheureusement repartir travailler…


Après un dernier baiser, je relève la tête et mes yeux tombent dans ceux de Maxime se tenant face à nous de l’autre côté de la fenêtre. Visiblement paniqué d’avoir été surpris, il en quitte l’encadrement de façon précipitée et moi, ne désirant pas rompre le charme de ce délicieux moment partagé avec Katherine, je me tais…


Pour le moins troublé par cette intrusion dans notre intimité, je tâche pour l’heure de ne rien laisser paraître afin que Katherine puisse reprendre le cours de sa matinée et moi repartir au travail comme si de rien n’était. Mais je ne suis pas simplement troublé en fait, je suis mal à l’aise… J’ai l’impression de la trahir en ne lui disant rien, mais je crois qu’il faut d’abord que je parle à Maxime. C’est un moment particulier que je n’aurais jamais souhaité avoir à vivre…