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Temps de lecture estimé : 26 mn
31/03/23
Résumé:  Une nouvelle partenaire rejoint l’équipe, le jeu va pouvoir commencer. Mais dans ce genre de jeu, l’une perd toujours plus que les autres. Volontaire incertitude du sort !
Critères:  fff fplusag jeunes inconnu vacances fsoumise fdomine soubrette humilié(e) exhib noculotte odeurs ffontaine fmast fdanus uro -lesbos
Auteur : Dyonisia  (Rêves et autofictions… souvenirs et confidences…)      Envoi mini-message

Série : Marie, la copine

Chapitre 06 / 08
Huit femmes

Résumé des épisodes précédents :

Une romance bien avancée, un voyage festif, et un accueil chaleureux, voilà qui est fait. Les présentations accomplies, le séjour entre amies peut commencer.




Le lendemain, ce sont cinq gamines dissipées qui prennent un petit-déjeuner tardif, très tardif, dans le jardin. Le soleil est voilé, aussi ne sommes-nous pas vraiment tout à fait nues. Oh, bien sûr, aucune ne s’encombre d’un quelconque dessous. Les pudeurs d’Anaïs, depuis hier soir, ne sont qu’un souvenir. Non, simplement, c’est une collection de châles colorés qui couvre nos épaules et laisse nos poitrines et nos cuisses à l’écart de tout voile.


Colette est partie très tôt avec Martine ce matin pour la ville. Je ne suis même pas sûre qu’elles aient pris le temps d’une douche. Le train de Bénédicte arrivait de bonne heure, elles ne voulaient pas la faire attendre. Peut-être aussi souhaitaient-elles l’accueillir sans être plus fraîches qu’elle après une nuit en couchette. La conception de l’égalité est particulière entre ces amies de longue date… Elles casseront une petite croûte reconstituante au buffet de la gare avant de revenir.


Janine devise de je ne sais quoi avec Marie et Anaïs serrées l’une contre l’autre. Les dernières heures passées ensemble ont semble-t-il fortement rapproché nos benjamines. Andréa lit une revue dont elle use autant pour s’instruire que pour s’éventer la foufoune. Sa décontraction bon enfant jamais prise en défaut me l’a rendue immédiatement sympathique. Quant à moi, désœuvrée et lasse, je promène un regard distrait sur mes compagnes en me remémorant les récents évènements.


Hier, notre présentation détaillée terminée, Marie et moi n’avions pas eu l’autorisation de nous rhabiller. Colette et ses suivantes nous ont conduites en grande pompe, et à poil, dans la salle bain pour une douche en public. L’obligation de nous laver réciproquement sans omettre aucun recoin, sous la stricte surveillance d'Anaïs déléguée à cet effet, n’a pas été une gêne, mais un nouveau plaisir. Propres et nettes de partout – Martine a vérifié – nous avons reçu chacune la tunique immaculée qui paraît être l’unique vêtement de ce séjour.


Pour gagner la sienne, Anaïs a dû d’abord abandonner tee et short, dont l’absence de culotte sous ce dernier nous a donné la raison de la forte imprégnation. Ces dames l’ont ensuite invitée à faire sa grande et petite toilette dans les mêmes conditions de sincérité que Marie et moi. Toutefois, pour ménager sa gêne juvénile, c’est Colette qui s’est chargée de l’inspection finale. Après quoi, notre mutine hôtesse m’a fourré d’un air innocent le short parfumé sous le nez, en me suggérant d’en prendre soin. Je l’ai gardé.


Le dîner qui a suivi était blanc de vêture et gai d’ambiance. Les légumes farcis préparés par Andréa étaient un délice et le vin servi par Colette leur était un agréable accompagnement. Nous avons beaucoup parlé et approfondi la connaissance, intellectuelle cette fois, les unes des autres. Chacune de nous a raconté succinctement sa vie et les faits les plus importants qui l’avaient marquée. Anaïs et Marie ont été tout particulièrement sollicitées. Je suppose que Colette et ses amies désiraient se faire une idée de leur maturité psychologique. Cet échange sans détour nous a occupées longtemps, l’Eau de Figue de Colette y contribuant aussi. Et puis est venu le moment d’aller dormir.


Je n’ai pas eu à choisir, Colette a décidé pour moi : je coucherai avec elle. Nous sommes remontées à l’étage pour la distribution des lits dans la « chambre d’amies ». Les couettes douillettes de ce printemps avaient disparu. Un simple drap recouvrait les matelas, avec une alèse dessous, en cas de petits débordements comme l’a précisé Colette. Un autre drap était plié en bas, si d’aventure la fin de nuit se faisait un peu fraîche. Une boîte de mouchoirs en papier, un flacon de gel et les ustensiles allant avec étaient posés sur les tablettes, tout prêts à servir, délicate attention de l’hôtesse des lieux…


La répartition des couchages a été vite faite. Janine et Martine partageaient déjà un grand lit. Andréa occupait à son aise l’un des deux singles. Marie et Anaïs se sont vu attribuer ipso facto le second lit à deux places. Inutile en effet de froisser le drap du dernier, réservé en principe pour Bénédicte. Un arrangement à la vérité purement théorique et valable au mieux pour le premier soir. Dans la pratique, chacune serait libre de papillonner d’un lit à l’autre… Marie était certes un peu triste d’être séparée de moi, mais elle commençait à apprécier la compagnie d'Anaïs et, pas plus que celle-ci, n’a osé mettre en cause ces dispositions.


J’ai suivi Colette dans sa chambre tandis que ces dames et jeunes filles s’apprêtaient pour la nuit. Rien de plus simple pour elles en vérité : il leur a suffi d’envoyer par-dessus les moulins leur tenue virginale pour se trouver en tenue de sommeil, ou d’autres occupations, d’ailleurs.



Je me suis livrée à elle totalement, dans un profond sentiment de bien-être enchanteur. Avec sa délicatesse habituelle, elle a respecté ma fatigue. J’étais vannée, vidée au sens propre par les orgasmes du jour. Elle m’a caressée tendrement, doucement, longuement, sans rien demander en échange. C’est moi qui ai éprouvé le besoin absolu de la faire jouir. Pas l’envie, je dis bien le besoin. Le besoin prégnant de la rendre heureuse dans son corps.


Je me suis coulée entre ses cuisses. J’ai frotté sa chatte avec mes seins tout en embrassant les siens et en buvant sa bouche. J’ai cajolé ses tétons, j’ai aspiré ses mamelons, je l’ai tétée avec passion. J’ai léché son ventre, titillé son nombril, farfouillé du nez dans ses poils et humé leur odeur. Que c’était bon d’entendre ses soupirs !


J’ai promené mon menton autour de son sexe. J’ai écarté ses lèvres et je les ai baisées toutes gonflées et tendues. J’ai avalé ses longues nymphes, ses nymphéas que j’adore. Je les ai mâchouillées, mastiquées, étalées, ployées et déployées contre mon palais. Je sentais son pubis tressauter et je me saoulais de ses petits cris étouffés.


J’ai sucé son clitoris. Je me suis appliquée à le rendre encore plus dur qu’il n’était. J’ai pris sa capuche entre mes dents, je l’ai repoussée pour faire saillir le bout nu que je tapotais de ma langue. La mouille coulait et Colette geignait. Je n’avais cure, ni de cyprine ni de plainte. Je ne voulais qu’affoler de désir, conduire au bord du supportable, exciter à hurler.


J’ai dégusté le miel clair de mon amante. J’ai fouillé la source de ce suc. J’ai léché, j’ai lapé, j’ai avalé, j’ai exigé de nouvelles ondées. J’en étais folle, enivrée, enfiévrée, impatiente de me gorger encore et de mouille et d’odeur. Je n’ai pas cessé quand l’orgasme est monté, je suis restée rivée à la fente quand il a explosé. J’étais une ventouse, une goule attachée à sa proie, fixée sur le con qui pleurait. J’ai dû tenir les hanches de ma chérie pour qu’il ne m’échappe pas pendant qu’elle jouissait.


Alors, l’une et l’autre repues, heureuses du plaisir dispensé et reçu, alanguies de bonheur et trempées de l’amour partagé, j’ai rampé sur le corps toujours tremblant de Colette. J’ai approché ma tête de la sienne, et ma figure, barbouillée de son jus de fille, je la lui ai donnée pour qu’elle savoure ses propres sécrétions. Ainsi, nos bouches ont pu se joindre parfumées des mêmes fragrances et se souder jusqu’à ce que l’air nous manque.


La nuit, ensuite, a été calme et tranquille. Se laisser prendre par le sommeil, lovée contre Colette, était un délice. J’ai dormi comme un ange sans m’apercevoir de son départ au matin.




o-o-o-o-o-o-o




Nous entendons le bruit du moteur bien avant que le véhicule ne franchisse le portail. Malgré cela, Anaïs et Marie sont prises au dépourvu et cherchent en hâte de quoi couvrir le bas de leur corps. Leur réflexe brusquement retrouvé, d’anciennes pudeurs nous amusent. Il n’y a rien, bien sûr, pour cacher un minou, sinon un dossier de fauteuil vers lequel elles se précipitent.



Mi-figue, mi-raisin, les filles se laissent pousser par le collet à la rencontre d’une petite bonne femme qui s’extrait de la voiture de Colette. Plutôt rondelette, châtain clair et mine enjouée, elle ne correspond pas vraiment aux canons fantasmés d’une domina. Quoique, à la réflexion, Martine et Colette non plus. Seule Janine ex-Gwladys pourrait y prétendre. Mais j’ai appris à me méfier de la première impression. Mon premier séjour ici m’a vaccinée là-dessus.


Pendant que ses accompagnatrices se débattent avec ses bagages, Bénédicte claque la bise à Marie et Anaïs comme si elle les avait toujours connues. Sans s’embarrasser de leur air ahuri, elle se recule pour les considérer de haut en bas, les sourcils froncés et le regard critique.



Son sourire dément l’agressivité de sa remarque et la fougue du baiser qu’elle échange avec la supposée concurrente achève de dissiper le doute.



Bénédicte m’enveloppe d’un regard impassible. D’accord, je commence à avoir l’habitude d’être examinée. N’empêche, ses yeux bleu acier me font frémir de leur montrer tous mes défauts. Ils me détaillent sans concession, s’attardant sur mes pieds (pas assez soignés…), mes jambes (trop courtes…), mes cuisses (trop grosses…), mes hanches (trop larges…), mon pubis (ah, bien taillé, lui…), mon ventre (trop rond…), ma poitrine (trop lourde…), ma gorge (hum, hum…), ma figure (je dois être affreuse…). C’est fini, elle hoche la tête (Aïe, aïe, aïe…).



Ah bon ! Je dois être encore attirante, après tout : Colette, et Marie, Anaïs aussi, les trois autres amies de Colette… Ah, j’oubliais la gendarme et les deux femmes de la plage. Et maintenant Bénédicte. Je suis si surprise de son verdict à l’opposé de mes craintes que je ne pense pas à lui répondre. Elle me regarde avec un petit sourire narquois.



Elle me presse si fort contre elle que je sens à la fois ses seins qui s’écrasent sur ma poitrine nue et l’humidité de son chemisier sur ma peau. Sa joue est curieusement fraîche contre la mienne. (J’ai dû rougir !) Les senteurs de son cou taquinent mon nez d’acides fragrances de sueur et de douces odeurs d’agrumes. Cette fille sent bon, même après une nuit de voyage en train. Mon frisson n’est plus de honte, mais d’excitation. Je la serre à mon tour, comme si je voulais l’écraser sur moi.


Le tissu aux épaules est mouillé sous mes mains, sur les reins, c’est pire. Je n’ai pas rencontré de signe de soutien-gorge en parcourant son dos. Elle caresse le mien en descendant lentement jusqu’à mes fesses dont elle s’empare et en évalue la plasticité.



Un rire discret suit, qui me rappelle celui de Colette, en moins cristallin cependant, et ajoute à ma confusion. Drôle d’impression que d’être palpée comme une jument à l’encan, mais qui se mue en trouble quand le pan de sa jupe-culotte se pousse entre mes cuisses. Elle n’a pas cherché à prendre ma bouche, elle ne m’impose que cette accolade prolongée. Pourtant, je commence à mouiller. Ma chatte épouse un muscle ferme dont un simple voile la sépare et qui bouge lentement d’avant en arrière. Elle masse mon sexe du genou. Elle me branle, oui !


Je m’enhardis à mon tour. Mes doigts glissent plus bas, s’insinuent sous la ceinture à même la peau, et se posent sur deux melons tièdes. Ils n’ont trouvé ni coton, ni nylon. Uniquement deux rondeurs douces, durcies par le mouvement qui s’amplifie pour l’une et la pose dont frémit l’autre. Encore une adepte des préceptes de Colette, pourquoi m’en étonnerais-je ? Je me prends à imaginer son apprêt pour la nuit, en compartiment couchettes bondé dans cet équipage. Ce n’est pas une pensée qui puisse apaiser mon excitation grandissante…


Le pétrissage dont continuent de bénéficier mes fesses n’y aide pas non plus. Il m’incite au contraire à empaumer plus fermement celles que je tiens et avancer ma propre cuisse entre celles qui lui font face. Le contact est moite, souple, chaud, enveloppant… L’accolade se fait plus étroite. La couture que je pousse dans la fente doit se recharger en sécrétions et en senteurs. Deux pointes dures s’impriment sur ma poitrine. Si j’en juge par les fourmillements qui les tourmentent, mes mamelons ne sont pas en reste.


Les cuisses s’agitent plus vivement contre les fourches qui les enserrent, les mains s’activent plus librement sur les culs qu’elles empoignent, les pouces s’insèrent outrageusement dans les sillons qu’ils écartent, les bassins s’accordent dans un va-et-vient langoureux, les hanches remuent sur un rythme croissant, les bouches enfin se cherchent et se joignent, les langues se goûtent et s’enroulent, les vulves s’ouvrent et s’emplissent. Bref, nous nous baisons debout dans une variante de ciseaux au milieu du jardin.


Les prémices de la jouissance envahissent mon ventre, mes seins me font mal, ma cuisse frotte de plus en plus fort la chatte qu’elle presse, mes hanches accélèrent leurs saccades sur le tissu qui enflamme la mienne. Cuisse, hanches et chatte de ma partenaire me rendent la pareille. Un fluide tiède traverse soudain l’étoffe que presse mon genou, un râle tendre s’étouffe dans ma bouche. L’orgasme fontaine me surprend et entraîne le mien. Ma mouille et mes plaintes de bonheur répondent à celles que j’accueille.


Instant d’ivresse et d’abandon, d’incrédulité aussi. J’ai joui de concert avec une fille que je ne connaissais pas cinq minutes avant, à poil au milieu d’un jardin écrasé de soleil, entourée de copines qui applaudissent à notre acmé. Mon orgueil s’en rengorge et ma raison s’en désole : tout ça parce que mon cul est soi-disant « prometteur » ! Mais peut-on espérer prise de contact plus chaleureuse et propre à briser la glace ?



Ben voyons ! Tout est ma faute, bien sûr. C’est moi qui suis la gourgandine de service ! Heureusement, Bénédicte met fin à notre étreinte en me disculpant.



Ma jambe aussi, merci. Elle brille de la cuisse au genou, des gouttes roulent sur mon tibia. Le soleil va sécher cette manne liquide en moins de deux. Que faire ? Laisser s’évaporer ou laver ? Ou peut-être… ? Une première femme fontaine, autrement qu’en littérature s’entend, il serait dommage de ne pas goûter au cadeau qu’elle m’a offert. Je me dois d’enrichir ma culture générale, ne fût-ce que du bout du doigt.


Curieux ! Je m’attendais à une âcreté mâtinée d’odeur d’urine. Je trouve, certes, de vagues relents marins de moule plus ou moins négligée, mais c’est la même saveur d’agrumes que le parfum du cou de Bénédicte qui domine. Un bouquet délicat que je regrette de n’avoir pas apprécié sans attendre. Aussitôt coulée, la liqueur devait être délicieuse. Une hypothèse qui m’incite à saisir une prochaine occasion.


Spéculant sur son éventualité, je me redresse pour rencontrer les yeux ronds de Marie et Anaïs, absorbées dans la contemplation de mon manège, ou intéressées, qui sait ! Pourquoi ne pas partager ? Nous sommes seules, les autres ont accompagné Bénédicte à l’intérieur. Malgré cela, elles ne souhaitent pas élargir leur champ de connaissance. Tant pis !




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L’heure de la sieste ! Sacrée, en Provence. Pas autant qu’en Corse, mais quand même…


Nous sommes réunies dans la pénombre du petit salon. Réunies, disons plutôt entassées, dans la fraîcheur relative de cette pièce exiguë aux contrevents croisés. Objectivement, la grasse matinée exonérerait la majorité d’entre nous de ce repos postprandial. Pour les deux plus matinales et la voyageuse nocturne, il est nécessaire. La solidarité nous commande de le respecter, et, tant qu’à faire, d’en bénéficier aussi. Si l’assortiment de salades composant le déjeuner n’entraîne pas de somnolence digestive, le rosé qui a agrémenté le repas l’impose.


Il ne nous est pas apparu opportun de passer auparavant nos aubes virginales. Avec l’huile et les sauces variées, une bougnette est trop vite arrivée. Martine et Colette s’en fichaient, leurs tenues de ville ayant la lessive pour avenir proche. Quant à Bénédicte, elle a superbement ignoré de se changer ou de prendre une douche. Je n’allais pas l’offenser en en réclamant une. Il flotte de ce fait, dans l’ombre où se mêlent corps nus et vêtements fanés, une odeur d’humanités féminines mélangée de fragrances de rut et d’effluves de transpirations diverses, pas si désagréable au demeurant.


Colette nous a fait part des modalités qui gouverneront notre promiscuité durant la semaine de séjour : lever à 7 heures pour profiter de l’air matinal ; une demi-heure pour les ablutions contingentes qui seront suivies d’une légère collation ; de 8 heures au plus tard à 10 heures, gymnastique à l’extérieur, puis petit-déjeuner ; ensuite, ménage, cuisine et service pour celles dont le tour viendra, quartier libre pour les autres sous réserve que toute occupation se fasse au vu et au su de chacune. Apéritif et déjeuner concluront à heures variables cette première partie de journée.


Après le repas, sieste obligatoire en commun pour échapper au pic de chaleur, en termes de météo veux-je dire. La suite de l’après-midi sera ouverte à tout type d’activités, sexuelles ou touristiques, voire culturelles, au gré des décisions de la majorité. L’apéritif vespéral prendra la forme d’un cocktail dînatoire servi dans le salon de réception et au cours duquel seront jugés les éventuels manquements au règlement dont les sanctions, sévères, enrichiront les réjouissances du soir dans la chambre d’amies, redevenue donjon pour l’occasion. Aucune limite par contre n’est fixée pour la durée des dites réjouissances. D’où la sieste, je suppose. Quant au mode opératoire du couchage, nous en étions déjà informées.


Colette a ajouté quelques précisions qui nous ont fait sourire. Il nous est ainsi recommandé de privilégier le jet d’eau dans le jardin plutôt que la salle de bain pour la douche. L’usage des toilettes est déconseillé pour les petits besoins ; un carré d’orties est réservé à cet effet, le port de claquettes étant autorisé pour s’y rendre. Enfin, la désignation des préposées aux corvées et du – ou des – modèle destinée aux amusements de la soirée, comme de la Reine de celle-ci, se feront par le biais du jeu de « l’enculette ». Un jeu de cartes local, paraît-il.


Tout n’est que jeu, d’ailleurs, dans ces contraintes, lubriques parfois, mais toujours ludiques. Ce qui ne m’empêche pas de voir certaines similitudes entre ce programme et le quotidien des pensionnaires du Domaine Diotime détaillé par Colette lors de mon premier séjour chez elle. Est-ce que les repas seront égaillés de la même façon ? Elle ne l’a pas précisé. Il serait cependant plaisant que Marie ou Anaïs passe sous la table… Ou moi !


Je pourrais par exemple comparer à mon aise les nymphéas épanouis de Colette et ceux en devenir de Marie… Marie, tiens ! Elle qui n’osait regarder ma poitrine sans rougir en arrivant chez moi, la voilà étroitement incrustée entre Anaïs et Janine, aussi nues qu’elle l’une que l’autre. Depuis hier, ils me semblent loin les complexes qu’elle affichait à propos de ses seins et de sa chatoune. Elle cachait bien son jeu, la coquine !



L’interpellation de Colette me tire de ma somnolence. Je ne suis pas la seule dans ce cas, si j’en juge par quelques discrets bâillements de mes compagnes tandis qu’elle poursuit.



Les anciennes connaissent. Anaïs aussi, bien sûr. Marie pas du tout. Et moi, j’ai de vagues notions de la belote, mais contrée, quésaco ?



Bon, jusque-là, ça va. Si Marie patauge, je l’aiderai. Un bon prétexte pour me serrer contre elle. Je languis de retrouver la douceur de sa peau. Les copines sont bien réveillées à présent et s’exclament à qui mieux mieux.



Un assentiment unanime, plus ou moins sincère pour les moins averties, valide la proposition de notre hôtesse, et quelque peu maîtresse. Voilà comment on se trouve embarquée dans un jeu que l’on maîtrise mal !




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Il fallait s’y attendre ! Je n’ai jamais rien gagné. Tombola, points bonus, quiz, nib de nib, pas le moindre lot. D’ailleurs, je ne joue pas au Loto. Et donc, comme de bien entendu, j’ai perdu dès le premier tour d’enculette. Perdu de perdu. Battue sans rémission pour avoir avancé un nombre totalement inepte de points escomptés. Et, comme prévisible aussi, Colette a gagné. Certes, sur le fil, après un tête-à-tête tendu avec Anaïs. La gamine se débrouille bien, des années de pratique sans doute. J’en suis à me demander si elle ne s’est pas couchée exprès, ou si elle a été finalement déstabilisée par la subtile influence de son adversaire.


Oh, bien sûr, il me restait encore une chance. La gagnante, la Reine magnanime, a remis son titre en jeu, ainsi qu’elle l’avait annoncé. J’ai choisi face, il est tombé pile. Résultat : la jolie tunique de Vestale en lin blanc que j’ai étrennée hier soir est allée recouvrir l’anatomie pulpeuse de Bénédicte. Depuis, je vaque nue aux humbles tâches ancillaires. En cet instant, je trottine, derrière la joyeuse troupe en tenue virginale, parmi les arbustes agressifs d’un bois.


Je porte sur le dos un sac bourré de bouteilles en plastique. La réserve d’eau pour étancher la soif de sept dames guillerettes. Je suis la huitième, l’esclave des maîtresses. Au moins, ai-je des baskets aux pieds sur ce chemin caillouteux bordé d’épines vives. Colette nous conduit vers son « petit Nice », cette magnifique clairière qu’elle m’avait fait découvrir. À l’époque, la saison ne se prêtait pas aux promenades touristicofamiliales. Qu’en est-il aujourd’hui ?


On m’a assurée qu’une rencontre était hautement improbable : l’ouverture de la chasse est encore loin, les gens du coin restent chez eux ou à proximité le dimanche, les « estrangers » ne s’aventurent pas en terrain inconnu sauvagement boisé, et des deux sentiers qui mènent à ce paradis de verdure pour la région, l’un part du terrain de Colette et l’accès à l’autre est pratiquement invisible. Même Anaïs l’a affirmé, mais d’un air pas vraiment convaincu. Que ferai-je si nous rencontrons l’improbable promeneur ? Je n’aurai d’autre ressource que de me jeter à la volée dans les broussailles. Bonjour les égratignures !


Ce qui me console, c’est la perspective de la séance de ce soir. Perdante, je serai le modèle, délicat euphémisme pour victime soumise. Gagnante, Colette sera en toute logique celle qui dirigera la cérémonie, la maîtresse. Ma Maîtresse. Je souris à cette idée, malgré la fatigue et les griffures. J’imagine le spectacle que je vais donner, en présence des amies de ma Maîtresse, des dominas elles aussi… J’imagine les yeux de Marie, et ceux d'Anaïs… J’imagine ma honte et mon excitation… J’imagine les pinces à mes tétons, les pinces à ma chatte… J’imagine le martinet, la cravache… J’imagine… Pire encore peut-être ? J’en frissonne. De plaisir.



Ah ben oui, tiens. Je reconnais le replat d’herbe et de mousse, la voûte des verts de pins d’Alep et de chênes pubescents, la baume de rochers d’où suinte une source. La source ! Pourquoi m’avoir fait porter ces litres d’eau, alors ? Parce qu’elle ne coule pas en été, voilà pourquoi ! Suis-je bête ! C’est moi qui coule, de la peau et… Zut ! De la chatte aussi. À force d’imaginer…


Colette fait les honneurs du lieu et du paysage à ses amies et à Marie. M’en fiche, j’ai déjà vu. Je sue, je souffle, la lassitude me tombe dessus, je m’écroule. Laissez-moi rêver.


On me dépouille de mon sac, on me déleste de mes bouteilles d’eau, on se désaltère, on me fait boire. On est gentille… On rit, on papote, on plaisante, on se moque de moi, un peu… Les mots me parviennent à travers de la ouate, mes paupières sont lourdes, je n’ai pas le cœur à lutter pour contempler les merveilles de la nature. Je les dédaigne, je récupère.


Elles improvisent une danse, elles font la ronde autour de moi. Elles se tiennent par les épaules, elles chantent pour se donner la cadence. Elles tournent comme une roue dont je serais le centre, pauvre petit tas de chair épuisée. Une farandole de sorcières blanches, jeunes et vieilles mélangées et rieuses, qui se resserre et s’élargit, qui se rapproche et s’éloigne de moi, qui me houspille et m’encourage. Je suis mieux, je m’allonge à plat dos. Les visages réjouis se penchent sur moi, les jambes battent l’air au-dessus de moi, les tuniques volent dans un sirtaki désordonné, les minous aux pelages variés m’adressent des regards complices. Je suis bien.


Je suis même très bien, un vol de chattes humides – de sueur – tourbillonne dans mon ciel… Non, là, je rêve encore. Quoique, pas tout à fait… L’une a commencé, les autres ont suivi. Elles ont retroussé le bas de leur tunique sur leur ventre. Mains à la taille, coudes écartés, cuisses nues, elles jouent une bourrée endiablée, sautant et ressautant par-dessus moi.


Leurs rires résonnent, l’air s’emplit de douceur affolante, des gouttes me parcellent. Je ne cherche pas à en déterminer l’origine. Je suis si bien ! Si bien, que je ne sens pas les piqûres des branchettes de thym sur mon dos, je ne retiens que l’odorant moelleux de leurs feuilles. Si bien, que mes jambes se délassent et s’écartent pour aérer leur fourche. Si bien, que mes reins se soulèvent pour que mes fesses profitent du courant d’air. Si bien, que mon sexe appelle ma main. Si bien, que mes doigts en trouvent seuls la fente…


Je me masturbe, je me branle comme une cochonne ! Elles ne m’ont rien demandé. Colette ne m’a rien ordonné. J’avais envie de le faire, j’avais envie de m’offrir, j’avais envie de me faire du bien, j’avais envie de m’humilier. Comme une salope ! Hein ?! C’est la première fois que ce mot vulgaire et dégradant me vient à l’esprit. Le suis-je, salope ? Non, je ne suis qu’une femme libre d’assouvir le besoin de son corps, sans retenue ni fausse pudeur, ou crainte d’être jugée. Tout n’est que jeu et plaisir ici, la domination comme l’humiliation.


Elles ne dansent plus, elles regardent monter l’orgasme, les copines. Copines, amantes, amoureuses, maîtresses, qu’importe ! C’est pour elles que je vais jouir, pour elles autant que pour moi, pour elles qui m’observent autant que pour moi qui m’exhibe. Je fouille mon vagin, je torture mes seins. Mes mains ne chôment pas, que n’en ai-je plusieurs ! Pour pincer mon clito, étirer mes tétons, fourrer mon cul aussi. Oui, je sens que je viens, mais ça irait plus vite ! Je tressaute et gémis, mais de rage impuissante.


Andréa le comprend, et Anaïs aussi. Anaïs ? Elle, je n’aurais jamais cru ! L’une me prend les seins, l’autre prend mon bouton. Elles pincent, elles tordent, oh mon dieu, que c’est bon ! Une main enfin libre, aussi libre que moi, je m’arque en fouinant dans les plis de mon con, je cherche mon anus, le pénètre et l’explore. Je me fouille devant, je m’encule derrière, mon ventre se contracte, je jouis, je jouis ! Je hurle et je crie, et je ris, et je pleure. Mon index dans le cul et mes doigts plein de mouille, je retombe épuisée, frissonnante et heureuse…


Je tremblais, j’avais froid, et maintenant, j’ai chaud. L’ombre des pins m’a fui, la lumière m’aveugle, le soleil me baigne, et moi, je baigne dans mon jus. Andréa me regarde. Ses yeux d’émeraude m’étudient, hésitant entre approbation et doute. Je balance entre honte et fierté. Toujours ces sentiments contradictoires, mais le second l’emporte de plus en plus souvent. Je souris à ma voyeuse, espérant une complicité que je sollicite trop tard. Elle s’est tournée vers Colette.



Hé ! Qu’est-ce qu’elle croit, Andréa ? Que je vais la tenir sur les fonts baptismaux pendant qu’elle arrose les herbes sèches ? Mais non ! Pas besoin d’explications pour comprendre.



Elle est étonnamment souple et agile, malgré sa corpulence. Elle m’enjambe dans la foulée et s’accroupit au-dessus de moi. Sa lourde poitrine ballotte dans le mouvement, son buste m’ombrage, et sa chatte me nargue. J’en avais eu un aperçu, ce matin et tout à l’heure. Mais, là, en gros plan, pas un détail qui échappe à ma vue !


Entre les fortes cuisses, parsemées de taches de rousseur, flamboie une touffe profuse qui, encore que bien taillée, couvre le mont de Vénus, encadre la fente et s’éteint sur le périnée. Ah, l’anus est lisse et rose. Le capuchon du clitoris se perd dans les poils bouclés, mais les grandes lèvres s’en dégagent, longues turgescences d’où s’échappent les petites. Enfin, petites, disons courtes ! Tout est rose aussi, dans des nuances plus ou moins vives, et l’entaille s’ouvre sur un corail rose saumon, miroitant de fluidités abondantes.


Leurs fragrances me seraient agréables si je ne m’inquiétais de ce qui va suivre. Ma seconde douche dorée se précise. Probable, d’ailleurs, que ce soit la deuxième. Je connais, d’accord, mais à deux. Devant Marie et Anaïs, sans parler des autres, c’est différent. Comme situation humiliante, je suis servie ! J’aimerais fermer les paupières pour oublier les visages autour de moi, m’isoler, mais la curiosité perverse qui me taraude me force à les garder ouvertes.


L’impression que tout se passe au ralenti. La fleur qui s’ouvre. Le corail qui palpite. Le méat qui s’arrondit. Le jet qui jaillit… Sensation déjà presque familière et banale d’un liquide tiède qui m’inonde la poitrine. Il coule sur mon cou, il rigole entre mes seins, il dégouline vers mes aisselles, il me couvre le ventre, il se multiplie en ruisselets sur mes hanches et dans mes aines… Il semble inépuisable, rebondissant de saccade en saccade avant de se tarir enfin dans les dernières contractions qui éparpillent des gouttelettes irisées.


Fini ! Andréa se relève. Quelques ultimes gouttes glissent de sa vulve et tombent sur ma figure. Deux ou trois atteignent ma bouche. Réaction instinctive, et curiosité – toujours ! – je passe ma langue sur mes lèvres. Je m’attends à des saveurs fauves sur mes papilles. Pas du tout. C’est à peine salé, vaguement acide. Son pipi est moins corsé que celui de Colette. Il est vrai qu’elle a beaucoup bu. Je n’ose croiser d’autres regards pendant qu’elle se rhabille.


Ah ben non, ce n’était pas fini. Voici Bénédicte qui s’apprête à occuper la place toute chaude. Je la vois vraiment toute nue pour la première fois. Elle est rondelette, mais pas si mal faite. Une paire de nichons ronds aux pointes sombres qui contrastent avec le châtain clair des cheveux. De fins tétons bruns sur des mamelons aigus qui se confondent avec des aréoles sensiblement moins foncées. Une taille plus étroite que je n’aurais parié et qui fait d’autant mieux ressortir des hanches en amphores. Et sous le ventre légèrement bombé, un pubis si lisse que j’en devine une douceur comparable à celle des joues de son joli visage.


Plus haut, les jolis yeux bleus de ce joli visage me considèrent froidement tandis que le joli nez se fronce et que les jolies lèvres de la jolie bouche remuent.



Ma grande ! Tu parles, elle la domine d’une tête ! Mais foin d’étonnement, les genoux de la grande, la vraie, encadrent déjà la mienne, de tête, et les pans de sa tunique m’isolent du monde. Mon horizon limité au charnu de sa vulve, il ne me reste qu’à obéir à son ordre sec.



Elle les attrape, les écarte, assure sa prise et me force à hausser le bassin, à me plier cul en l’air, la fourche largement ouverte pour un bon accès à mes deux trous.



Encore ! Bon, à quoi dois-je m’attendre ? Exploration ou gougnottage ? Les doigts fins qui me saisissent me donnent la réponse. Mes chairs fragiles sont dépliées, étirées, roulées, froissées jusqu’à ce que l’inévitable arrive. Mon vagin exulte de cyprine. Ce n’est pas suffisant, semble-t-il. Des ongles acérés me pincent au plus sensible, mon pauvre clitoris est extirpé de sa cachette, les douleurs m’irradient et affolent mon ventre. Je geins. Trop fort, apparemment.


Une masse molle, humide et goûteuse me bâillonne. Mon nez se niche dans une dépression odorante de musc et de sueur. Souffrance et délectation, tout mon bonheur ! J’abandonne mon con à la torture et je lèche, je lape, je bouffe celui qui se présente.



Je le prends pour moi seule, je m’active. Je m’applique, je redouble du jeu des lèvres et de la langue. Je me trompais, elle s’adressait à Bénédicte aussi, la fouille de ma chatte se poursuit, à trois doigts maintenant. Ils entrent, ils sortent, ils tournent, ils plongent, ils récurent, ils cherchent le point fameux. Je ne peux plus râler, j’ai la bouche occupée et le nez plein de mouille… Si ! Je hurle, je borborygme plutôt, ma jouissance dans le con de Janine quand un pouce me pénètre le cul et tente de rejoindre ses frères au fin fond de moi.



C’est sympa, les deux se sont exclamées en chœur et j’ai cru entendre qu’elles n’étaient pas les seules à constater le fait. Je pourrais en dire autant, même si ma victime à moi n’a pas semblé jouir. Décevant, frustrant, humiliant ! Tant pis, je me fais une raison, au moins c’est terminé… Erreur !



C’est la voix de Bénédicte. J’obéis, je n’ai pas d’autre choix. Je croche dans mes lèvres, je suis résignée. J’écartèle ma vulve à deux mains, désir veule d’exagérer ma soumission.


Du mouvement entre mes jambes, un mollet frôle mon avant-bras. Je frissonne. Le silence m’entoure. Temps suspendu. Inquiétude.


Ouch ! La puissance du jet me surprend, l’endroit où il frappe aussi. Bénédicte pisse dans ma chatte écarquillée, elle use de mon vagin comme d’un Bourdaloue. Ersatz miniature, en plus, qui déborde rapidement. Je suis nettoyée de l’intérieur, la cyprine le cède à l’urine. Ça coule par-derrière, entre mes fesses, sur mon œillet éclos, dans ma rosette ouverte. Ça coule par-devant, sur mon bouton dardé, dans mes poils embrouillés, à rebours vers mes seins. Que dire de ma honte ?


Que sa cause me délivre à la fois du voile et du bâillon ! Avant qu’un flot impur n’ait mouillé sa tunique, Janine s’est levée : je respire et je vois. La mignonne petite chatte de Bénédicte n’expulse plus que de brèves ondées entre ses lèvres nues. Sa miction s’épuise. Encore un crachouillis et les jambes qui dominent ma fourche s’éloignent. Mes mains lâchent ma vulve et mes cuisses retombent. Un surplus du mélange sourd en filet de ma fente.



Je demeure immobile. Debout, mon vagin dégorge son contenu. Incroyable qu’il y en ait tant. Je dois pisser sans m’en apercevoir ! Je suis souillée des yeux aux orteils. Je grelotte malgré la chaleur. Je tremble de me sentir avilie et heureuse. Je n’ai pas le cœur de bouger ni d’affronter les regards des femmes et des gamines. Juste celui de Colette qui m’entraîne.



Le vouvoiement et le compliment me ragaillardissent. La fierté revenue me pousse à crâner.



Le soleil est encore haut, mais le ciel m’est tombé sur la tête.



À suivre