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16/06/22
Résumé:  Roxane va assister à la séance pour Olivia puis son tour viendra…
Critères:  #conte #domination fh fhhh hplusag couplus extracon vacances jardin amour fsoumise hdomine voir exhib fellation cunnilingu fgode fdanus jouet jeu sm donjon attache baillon glaçon fouetfesse
Auteur : Myhrisse            Envoi mini-message

Série : Roxane

Chapitre 03 / 15
Roxane (3)

Résumé de l’épisode précédent :

Roxane retourne en Écosse sous l’impulsion de son amie Méline. Albert et elle s’amusent lors de jeux érotiques, mais Roxane, incapable de dire ce qu’elle veut, met mal à l’aise Albert qui fait tout pour l’amener à se trouver. Elle se découvre masochiste. Tandis que Méline demande – et obtient – la main de Nicolas Du Moulin, Roxane accepte de jouer la servante le temps d’une soirée consacrée à Olivia, la soumise de Charles.








Roxane, Albert, Nicolas et Philibert se trouvaient dans le jardin du domaine du duc écossais. Charles était resté à la grille, attendant Olivia. Le brunch chez monsieur Du Moulin s’était terminé quelques heures plus tôt.



Roxane indiqua d’un geste qu’elle avait compris.



Roxane rit doucement.



Elle partit en cuisine. Ronald avait préparé les plateaux. La jeune femme n’avait plus qu’à les prendre dans le bon ordre. Les boissons étaient également sorties. Roxane amena d’abord les bouteilles et les verres, les remplissant en fonction des demandes des trois hommes qui indiquèrent la volonté de Charles, toujours en attente devant la grille.


Lorsqu’elle revint avec le plateau de nourriture, Charles était là, sa soumise près de lui. Roxane la reconnut. Elle l’avait observée, depuis le haut de l’escalier, six mois auparavant, alors qu’elle regardait encore par le petit trou de la serrure. Olivia sursauta. Roxane l’ignora et servit les petits-fours.



Roxane fit de son mieux pour ne pas porter son regard vers elle et lui éviter cet inconfort. Elle avait cependant du mal à ne pas sourire. La situation l’amusait et même l’excitait, elle devait bien l’admettre.



Olivia tendit les bras et Charles lui passa des sortes de longs gants noirs terminés de ce que Roxane identifia comme des gants de boxe, mais qui n’en étaient probablement pas. Les poings serrés de la sorte, la pauvre Olivia ne pouvait plus se servir de ses mains.


Charles plaça ensuite des protège-genoux à sa soumise puis claqua des doigts en désignant le sol. Olivia se mit à genoux.



Charles plaça un plug poursuivi d’une fausse queue dans le cul de sa soumise qui ne prononça pas un seul son, se laissant complètement manipuler. Enfin, Charles plaça un collier – que Roxane aurait volontiers mis à un animal, mais certainement pas à une femme – autour du cou de sa soumise.


Pour finir, il s’assit sur une chaise et les hommes trinquèrent. Olivia se métamorphosa. Sa façon de bouger la tête, de se déplacer… on aurait vraiment dit un chien. Elle vint poser sa tête sur la cuisse de son maître et gémit, exactement comme un chien l’aurait fait pour réclamer l’attention de son propriétaire. Roxane dut admettre qu’Olivia était douée. En réponse, Charles lui caressa tendrement la tête tout en discutant avec ses amis.



La soumise se recula en gémissant, la tête penchée, les oreilles rabattues, enfin en tout cas, c’était l’impression qu’elle donnait. Roxane en fut davantage amusée qu’excitée.



Charles lança un petit os en plastique que Roxane connaissait déjà et Olivia partit en courant à quatre pattes le récupérer. Les hommes la regardaient, mais discutaient et mangeaient en même temps. On aurait réellement pu penser que Charles jouait avec un vrai chien et que les invités l’observaient, indifférents.


Olivia revint pour déposer sa prise dans la main de son maître. Charles la félicita d’une caresse sur la tête puis relança l’objet. Olivia partit joyeusement la chercher et ce manège dura pendant tout l’apéritif.



Il lui tendit une gamelle argentée, vide. Roxane s’en saisit, la remplit au robinet puis la posa au pied de Charles. Ceci rappela soudainement à Olivia la présence de Roxane qui rougit de la tête aux pieds. Elle s’approcha pour laper tandis que Roxane reprenait sa place un peu en arrière, invisible, prête à servir au moindre besoin.



Olivia vint se coller à Roxane et se frotta contre sa jambe en gémissant. Roxane lui caressa doucement la tête, flottant entre la gêne et l’amusement.



Olivia aboya gaiement. Elle s’y prenait très bien.



Charles dut lutter un peu pour attacher sa laisse et la promenade commença. Albert, d’un geste, proposa à Roxane de les suivre. Ils marchèrent autour du château, profitant des extérieurs. Charles tenait sa chienne à rênes courtes, l’obligeant à marcher très proche de lui, sans s’écarter d’un pouce.


Un papillon passa près d’Olivia. Elle saisit l’occasion pour tenter de le poursuivre, mais Charles ne lâcha pas la laisse et Olivia gémit.



Roxane n’en revenait pas. Olivia jouait le jeu à fond. La vue d’un écureuil la rendit folle. Elle tira fort sur la laisse, obligeant Charles à lâcher, et Olivia disparut derrière un fourré.



Olivia aboyait. Le petit groupe dut sortir du sentier pour la retrouver au pied d’un arbre, observant en l’air, grognant. Charles retira son collier à Olivia pour lui en passer un autre, auquel il attacha la laisse. Puis, sans ménagement, il tira en grognant :



Olivia gémit. Le collier enserrait son cou, enfichant dedans des piques en métal. Roxane en frémit d’horreur. Cela devait faire atrocement mal. La réaction d’Olivia prit complètement Roxane par surprise, mais visiblement pas Charles qui réagit à la perfection.


Olivia se jeta sur Charles et ouvrit la bouche, clairement pour le mordre. Avec un sourire, il l’attrapa par les cheveux pour l’empêcher de le blesser, puis décrocha un objet de sa ceinture pour le passer autour de la tête de sa soumise. Lorsqu’il s’éloigna, Roxane constata qu’Olivia était muselée. Impossible pour elle d’ouvrir la bouche, même un peu. Les sangles serrées comprimaient sa mâchoire. Elle gémit, mais Charles, sans pitié, tira sur la laisse et Olivia, le regard baissé, enfin docile, suivit.


Roxane dut admettre que cette scène avait quelque chose de choquant. Elle espérait vraiment qu’Olivia était d’accord pour subir cela. Heureusement qu’elle connaissait les quatre hommes, car sinon, elle aurait probablement appelé la police. Olivia jouait excellemment bien la comédie.



Roxane lui envoya un regard surpris.



Olivia eut un regard vers Roxane et gémit en secouant négativement la tête.



Olivia gémit de plus belle. Charles tendit la main vers Nicolas qui lui tendit une cravache.



Roxane fit la moue.



Albert en sourit de plaisir. Olivia gémit sous le premier coup. La muselière l’empêchait de crier, et le collier-étrangleur d’échapper à la morsure de la cravache.



Albert allait lui répondre, mais Roxane le prit de vitesse.



La promenade reprit. Olivia se rebellait régulièrement et Charles ne relâchait pas sa vigilance. De retour au château, Olivia suivait sagement Charles sans plus lutter. Il l’avait matée.


Les hommes prirent place autour de la table sur la terrasse, dont le couvert avait déjà été mis par Ronald. Roxane commença à faire le service et constata qu’Olivia, dont Charles avait lâché la laisse pour l’enfiler autour de sa chaise, poussait vers son maître une gamelle vide.



Olivia se mit dans la position demandée en gémissant. Durant tout le repas, Olivia resta ainsi lovée en boule aux pieds de son maître en silence. À aucun moment Charles n’offrit à sa soumise d’amnistie. Roxane le trouva sacrément intransigeant.


Le dessert avalé, Charles se leva pour revenir avec un sachet à la main. Il prit la gamelle de sa chienne, ouvrit le sachet et y déversa son contenu avant de se tourner vers elle.



Olivia hocha la tête en gémissant. Charles retira la muselière et Olivia lui lécha la main en remerciement. Pas un mot. Pas une supplique. Pas une insulte. Au contraire. Ses yeux brillaient de contentement. Charles lui sourit et lui caressa tendrement le visage. Roxane trouva cela magnifique. Ces deux-là se comprenaient à merveille.



Olivia observa le sachet sur lequel un chien était dessiné puis sa gamelle et sa pâtée. Roxane crut qu’elle allait s’opposer et refuser. Visiblement, elle ne s’attendait pas à ce qu’ils aillent aussi loin. Aucune ligne rouge ne fut franchie, car Olivia plongea son nez dans la gamelle et avala la mixture sans se plaindre.


Au milieu du repas, Charles retira sa gamelle à sa chienne pour la mettre sur la table. Olivia ne broncha pas. Un chien aurait-il réagi différemment ? Roxane n’en fut pas certaine. Charles continua à parler sans interagir avec la gamelle. Olivia finit par gémir pour attirer l’attention de son maître en train de boire son digestif.



Olivia baissa humblement les yeux puis vint silencieusement poser sa tête sur la cuisse de son maître qui la caressa jusqu’à ce que les hommes décident que, la fraîcheur tombant, il était temps de passer à l’intérieur.



Charles tira sur la laisse. Le collier se resserra et Olivia, pleine de déception, suivit son maître loin de son dîner.



Roxane sourit. C’était bien le genre de duc de faire ça.



Roxane rit doucement. Elle-même subissait sauvagement ses effets. Son sexe réclamait son dû. Il n’en pouvait plus. Demain, avait-il promis ! Demain, ils s’occuperaient d’elle et cette fois, elle saurait ce qu’elle voulait. Ses cartes étaient remplies !



Albert s’éloigna pour rejoindre ses amis qui venaient d’entrer. Roxane avisa des plateaux et les utilisa pour tout ramener en cuisine. Curieuse, elle sentit la nourriture dans la gamelle d’Olivia. L’odeur était délicieuse. Elle goûta et fut surprise : c’était bon. Elle observa le paquet pour constater qu’il s’agissait d’une blanquette de veau vendue comme de la nourriture pour chien. Ainsi, des gens vendaient des repas normaux dans de faux sachets pour animaux. Il y avait un marché pour ça. Roxane n’en revint pas. Elle s’y était laissé prendre. Elle comprit aussi que la déception d’Olivia de ne pouvoir finir sa gamelle n’était en réalité pas feinte.


La table fut rapidement débarrassée et Roxane picora dans les différents restes debout sur la terrasse. Elle profita des derniers rayons du soleil pour réfléchir. Dans quelle case mettre l’animalisation ? Et puis, accepterait-elle d’être une chienne ? Cela passerait-il mieux si elle était une chatte ? Ou une pouliche ? Elle décida de placer « animalisation » sur la seconde page, du « Je ne connais pas, mais je veux bien essayer ». Elle verrait bien le jour où ça se produirait si elle aimait ou pas. En tout cas, cela n’était clairement pas une limite infranchissable.


Alors qu’elle avait avalé la moitié de l’assiette qu’elle s’était préparée, un mouvement dans le jardin attira l’attention de Roxane. Avec stupéfaction, elle reconnut Méline. Elle se dirigea vers elle tandis que Méline, qui ne l’avait apparemment pas vue, s’avançait à pas de loups vers la maison. Roxane posa son assiette sur la table puis marcha vers son amie, pour l’atteindre alors qu’elle jetait un œil par la fenêtre du rez-de-chaussée.



Méline sursauta en étouffant son cri, prouvant définitivement que, trop occupée à son affaire, elle n’avait pas constaté la présence de son amie. Méline la déshabilla de la tête aux pieds avant de se retourner vers la fenêtre et dire :



Roxane se pencha pour regarder puis se redressa et lança :



Méline lui envoya un regard noir.



Méline observa les hommes derrière la vitre puis Roxane puis grogna :



Méline semblait sur le point d’exploser de colère et en même temps prête à fondre en larmes.



Qu’ils furent en train de faire du sexe était une évidence, mais Roxane n’aurait tout de même pas appelé ça « baiser ». Méline fronça les sourcils en grognant, ne comprenant pas la question.



Méline se figea un instant puis se reprit.



Après tout, elle portait des gants.



Roxane regarda sa montre et répondit :



Méline secoua la tête. Il était évident qu’elle ne la croyait pas.



Méline hocha la tête en grimaçant.



Méline confirma.



Roxane se leva et alla chercher son bloc-notes pour revenir vers Méline qui avait mangé une partie de la nourriture de Roxane.



Elle était d’accord avec son amie. Sur la première page du bloc-notes, elle réalisa les cinq cases d’une carte puis commença :



Roxane écrivit « relation homosexuelle » dans la case « neutre ».



Méline soupira puis hocha la tête.



Méline plissa les paupières puis annonça :



Méline confirma d’un geste.



Méline fronça les sourcils. Elle réfléchissait à la proposition. Roxane eut l’impression de se voir découvrir qu’elle était masochiste : difficile à nier, mais tellement dur à admettre.



Méline acquiesça.



Méline dut se rendre compte de l’incohérence, car elle resta muette, le regard vide.



Ils formaient un couple très harmonieux, finalement.



Putain de couple de sadiques !



Méline hocha la tête. Elle attrapa le papier, relut la phrase écrite par Roxane puis lui tendit avant de demander :



Roxane considéra le bout de papier puis hocha la tête en soupirant. Elle n’aimait pas ça, mais après tout, pourquoi pas ? Méline la remercia puis s’en alla. Roxane vérifia qu’elle passait bien la grille puis se rendit au salon. Les quatre hommes jouaient aux dés. Olivia était lovée aux pieds de Charles. Elle semblait dormir. Elle releva la tête au bruit des pas de Roxane, fit un « Hu ? » très canin qui fit sourire Roxane tant il était convaincant, puis sortit la langue pour haleter.



Roxane sourit tendrement à la soumise qui lui envoya un clin d’œil en retour.

Elle avait compris que Roxane n’était pas une adversaire et appréciait maintenant sa présence.



Roxane répondit par une moue mi-figue mi-raisin. « Le début sympa. La fin un peu moins. » Albert plissa les yeux, mais n’insista pas. Charles se leva et ouvrit une mallette sous les yeux de sa soumise. À l’intérieur se trouvaient quatre gros godees .



Il désigna le premier godee et annonça « Chien-loup ». Puis, il montra le deuxième et indiqua « Doberman ». Le troisième reçut la mention « Golden retriever » et le dernier « Saint-Bernard ».



Olivia observa les godees puis chacun des hommes, un par un, réfléchissant intensément, désirant assez peu insulter l’un de ses hôtes. La soumise prit son temps, puis, finalement, attrapa le chien-loup dans sa bouche pour l’apporter à son maître. Charles le prit en souriant. Olivia désigna Nicolas comme Doberman, Philibert en Golden retriever et enfin Albert en Saint-Bernard.


Charles posa son godee sur une petite table à côté de lui, déboutonna son pantalon, sortit son sexe et dit :



Olivia obéit sans attendre, un immense sourire sur le visage. Roxane comprenait. Après des heures à attendre, on lui donnait enfin ce pour quoi elle était venue : de la bite. Elle lécha avec application, agrémentant ses coups de langue de petits gémissements doux.



Olivia s’exécuta. Charles fit un signe discret à Nicolas qui se leva et enfila un harnais noir par-dessus ses vêtements. Il accrocha son godee de Doberman dessus.



Elle entreprit de pomper son Maître avec application et bonheur.



Un « Hu ? » sortit de la gorge d’Olivia qui, plongée entre les jambes de son Maître, n’avait pas vu Nicolas agir. Du Moulin se plaça derrière Olivia et, avec assurance, enfourna d’un coup le godee Doberman dans l’antre chaud, humide et trempé d’Olivia.


La soumise sursauta et gémit. Charles, qui avait prévu le coup, maintint sa tête sur sa queue pour l’obliger à continuer de sucer tandis que Nicolas effectuait des allers et retours plutôt brutaux.



Toujours pas de bite dans une chatte, pensa Roxane. Méline serait satisfaite… ou pas. Roxane n’avait aucune idée de ce que son amie aurait pensé de cette situation. Nicolas était-il dans les clous ? Roxane n’eut pas l’occasion d’explorer davantage cette pensée, car Du Moulin se mit à griffer le dos, les cuisses, le ventre, les seins et enfin le sexe d’Olivia.



Olivia gémit, se tortilla, et Nicolas finit par arrêter de bouger en désignant Olivia à Charles. Il prononça un mot sans un seul son. Charles dut lire sur ses lèvres, car il cingla :



Olivia gémit. Charles se saisit d’une cravache et l’abattit sans pitié sur une cuisse d’Olivia. Elle sursauta, mais ne put reculer sa tête, maintenue en place de son autre main par Charles. Il frappa de nouveau et la position s’améliora, mais à peine Nicolas reprit-il ses coups de reins qu’Olivia tenta de s’enfuir à nouveau.


Charles tendit la cravache à Nicolas qui se recula et frappa avec force et précision sur les fesses d’Olivia, dix coups au total, compta Roxane. Quand il se rapprocha, Olivia ne broncha pas. Il la griffa sans qu’elle ne tente à nouveau de lui échapper. Elle supporta la douleur tout en suçant son maître avec application, et ce jusqu’à ce qu’il jouisse et que Nicolas se retire.


Olivia était en larmes et tremblait. Nicolas enleva son harnais qu’il passa à Albert et s’installa dans le fauteuil de Charles.



Olivia secoua négativement la tête en fermant la bouche.



Olivia refusa de la même manière.



C’était la première fois qu’elle parlait. Jusque-là, animalisée, elle n’avait pas le droit de s’exprimer verbalement. Roxane comprit qu’ils venaient d’utiliser des mots de sécurité. Olivia jouait tellement bien que Charles avait été incertain et venait de demander confirmation à Olivia que le jeu lui convenait. Tout le monde sourit un instant avant de reprendre le cours du jeu et Olivia referma la mâchoire en lançant un regard noir à Nicolas.


Roxane aurait eu peur à la place de Nicolas. Olivia semblait vraiment prête à le mordre. Roxane n’aurait jamais mis un membre aussi précieux près de la bouche de cette femme. Pourtant, il affichait un calme et une sérénité totale.



Roxane s’y serait laissée prendre. Si elle ne venait pas juste d’être témoin du test de sécurité, elle aurait immédiatement appelé la police avant d’aider cette pauvre femme en détresse. C’était époustouflant.


Charles rattacha la laisse au collier-étrangleur et se plaça derrière Olivia et tira d’un coup sec en arrière. La chienne ouvrit la bouche pour chercher de l’air et Charles en profita pour y placer un anneau en métal qu’il fixa autour de la tête d’Olivia. Elle fut contrainte de garder la bouche grande ouverte.



Olivia fixa la main de Nicolas tenant la laisse et trembla de tout son corps. Du Moulin attrapa la chaîne et la tira juste assez pour que la laisse se tende sans étrangler.



Olivia, qui commençait à baver, échangea un regard profond avec Du Moulin puis, les yeux baissés, s’avança. Nicolas suivit ses moindres avancées en tirant la laisse, qui resta tendue en permanence. Finalement, Olivia se retrouva avec le sexe de Nicolas dans la bouche. La main du duc sur sa nuque l’empêchait de se retirer. Du Moulin imprima le mouvement et Olivia ne pouvait que subir.



Olivia se redressa, offrant son cul de manière totalement impudique. Albert ne se fit pas prier. Il enfourna le godee du gros chien dans le sexe de la soumise et imprima de profonds mouvements. Charles attrapa une magic-wand et l’appliqua sur le clitoris d’Olivia.


Roxane entendit ses gémissements étouffés par le membre dur de Nicolas qui n’hésitait pas à l’obliger à des gorges profondes. Il sembla à Roxane qu’Olivia jouit une fois, peut-être deux, mais elle n’en fut pas certaine.


Tout cessa soudain. Nicolas venait-il d’éjaculer dans la bouche d’Olivia ? Roxane n’en avait aucune idée. Elle avait du mal à tout suivre en même temps et pourtant, un des participants se contentait de regarder. Mais comment faisaient-ils ?


Nicolas se mit de côté, devenant spectateur. Albert s’installa dans le fauteuil et caressa tendrement la joue d’Olivia.



Olivia hocha frénétiquement la tête en gémissant. Elle bavait. Grand seigneur, le duc Mean détacha l’anneau et Olivia aboya ce qui fut évidemment pour Roxane un « Merci ». Olivia entreprit de sucer Albert, le cul bien levé pour accueillir le Golden retriever.


Pas besoin de magic-wand, car Philibert limait Olivia tout en la caressant et visiblement, il savait y faire, car Olivia cria plusieurs fois, sans toutefois oublier de sucer Albert qui finit par jouir dans un râle de contentement.


Philibert prit la place d’Albert tandis que Charles, harnaché du chien-loup, de loin le plus gros godee, se mettait en place. Olivia sourit à son maître et remua des hanches pour lui montrer son contentement. Elle ne fut pas déçue. Il la pénétra avec brutalité et la mordit dans le cou, sur les épaules et les bras, n’épargnant pas un millimètre de peau que ses dents atteignaient.


Philibert mit pas mal de temps à jouir. Roxane mit cela sur le fait qu’Olivia, sous la douleur infligée par son maître, avait du mal à sucer correctement, ce qu’elle imaginait aisément. Toutefois, il finit par jouir et Charles enveloppa Olivia dans une couverture, lui retira son plug-queue, puis ses genouillères et enfin lui rendit ses mains.


Ils disparurent à l’étage, enlacés, un sourire radieux sur leurs deux visages. Roxane trouva cet instant merveilleux. Albert s’avança :



Roxane hocha la tête.



Roxane disparut en cuisine, prépara un plateau et revint quelques instants plus tard. Nicolas et Philibert jouaient aux dames. Roxane fit signe à Albert de venir la rejoindre un peu à l’écart.



Albert sourit, touché par le compliment.



Elle choisit d’aider Nicolas. Philibert perdit.



Nicolas se leva pour céder sa place à Albert.



Albert et Philibert levèrent un œil inquisiteur sur Nicolas qui acceptait. Roxane emmena Nicolas dehors.



Roxane lui tendit un bout de papier. Il la déplia en demandant :



Il lut rapidement le texte puis demanda :



Roxane hocha la tête.



Roxane haussa les épaules. Elle ne demandait rien en échange.



Nicolas sourit doucement.



Roxane confirma d’un geste.



Nicolas prit le papier et le déplia. Il le lut puis demanda :



Roxane la lui donna volontiers. Il constata que la seule différence tenait en l’échange de deux phrases. « Plaisir masochiste » se trouvait dans « J’aime » sur la carte générale et « Plaisir sexuel » dans « J’ai besoin ». Pour Nicolas, c’était l’inverse.


Le visage de Du Moulin se fit grave. Il leva les yeux sur Roxane puis annonça :



Roxane sourit et suivit Nicolas à l’intérieur. Philibert et Albert levèrent un regard curieux sur les deux entrants.



Les deux hommes remercièrent chaleureusement Roxane puis les trois hommes discutèrent. Roxane commença à se sentir lasse. Il était 22 h passées. La journée avait été longue. Heureusement, Olivia et Charles réapparurent, car sinon, Roxane se serait endormie dans son fauteuil.


Les quatre hommes s’écartèrent pour discuter et nul doute que Méline fut le sujet principal de cet échange animé.



Tant du point de vue de la soumise que des dominants. Elle comprenait mieux pourquoi une soumise, pas claire sur ses volontés, pouvait être impossible à gérer.



Quelques minutes plus tard, chacun fut rentré chez soi et Roxane se retrouva seule avec Albert.



Il venait de la tutoyer. Roxane frémit. Ils montèrent les escaliers, Roxane en premier, permettant à Albert de la mater tandis qu’elle grimpait les marches.



Roxane rougit intensément.



Roxane explosa de rire. Des amies, elle n’en avait pas tant que ça. Méline comptait beaucoup pour elle. Elle espéra que tout ça ne les éloignerait pas trop.



Roxane fronça les sourcils. Elle ne comprenait pas totalement le sous-entendu, mais était à peu près sûre de ne pas aimer.



Roxane rougit intensément et se mordilla les lèvres, honteuse et dégoûtée.



Roxane s’exécuta tandis que le duc ouvrait le tiroir de la table de chevet, que Roxane n’avait jamais tiré, n’en ayant pas ressenti le besoin. Il en sortit des entraves. Il fixa une première boucle au montant du lit à baldaquin, prit fermement le poignet droit de Roxane et l’y attacha.



Il lia de la même manière son poignet gauche.



Roxane le laissa lier ses chevilles, se retrouvant attachée, vulnérable et sans défense. Le duc s’assit sur le lit et caressa nonchalamment le sexe de Roxane. Il titillait son clitoris et réalisait de tendres allers et retours dans son vagin offert.



Albert déposa un objet électronique sur la table de chevet.



Roxane hocha la tête.



Salop ! pensa Roxane. Elle tira sur les liens, mais ces entraves étaient réelles, pas des jouets de sex-shop à deux balles. Non ! Celles-ci ne bougeraient pas. Roxane allait devoir se plier à la volonté de son maître.


Avait-il franchi la ligne rouge ? Non. Roxane aimait-elle être traitée de la sorte ? Sans aucun doute. Quelques heures à attendre. Ce n’était rien. Elle refoula sa colère et sa rage, ignora les soubresauts de son bas-ventre en feu et se concentra sur le silence ambiant, et finalement harassée par cette longue journée, s’endormit.


Roxane découvrit la torpeur de s’éveiller attachée, impression étrange et surtout, elle fut immédiatement excitée. Elle devait attendre qu’Albert se décide à venir la voir. Sa vessie réclamait d’être vidée. Roxane tira sur ses liens qui, évidemment, ne bougèrent pas.


Elle soupira et resta tranquille pour se plonger dans ses pensées, n’ayant pas grand-chose d’autre à faire. Qu’avait-il prévu pour elle ? Elle en frémit d’avance, tant d’angoisse que de plaisir. Ces gars-là avaient une expérience et une imagination hors du commun. Ils se montraient totalement imprévisibles. Quoi que Roxane prévoie, elle aurait tort, elle le pressentait.


Pourtant, elle ne put empêcher son imagination de s’enflammer si bien que lorsque Albert entra, il ne put que constater l’évidence :



Il caressa doucement son sexe et Roxane gémit. Ses gestes étaient doux et précis. Il savait exactement ce qu’il faisait.



Albert dut cesser ses attouchements pour aller les chercher. Il compulsa rapidement la générale. L’ayant déjà eu la veille entre les mains, il n’avait pas besoin de temps pour l’intégrer. La suivante était la sienne. Dans la case « J’ai besoin », il découvrit « Avoir du plaisir sexuel complet tous les trois jours au moins ». Pour lui, elle avait rajouté un délai, précaution essentielle face à ce maître du temps.



Albert relut la feuille et lui concéda ce point.



Son visage s’assombrit en compulsant la carte de Nicolas.



Albert ne trouva pas de mot.



Roxane sourit tandis qu’Albert la détachait.



Albert accepta d’un geste. Il la suivit dans la salle de bain, mais, plongé dans ses pensées, ne la détailla pas spécialement, permettant à Roxane d’uriner sans se sentir trop observée. Sa vessie vidée, Roxane suivit Albert dans le couloir. En haut de l’escalier, elle lança :



Le duc voulait vraiment lui consacrer toute sa journée et pas seulement la soirée. Elle allait devoir subir pour n’être peut-être libérée que le soir. Elle grogna, mais Albert ne le releva pas. Il souriait, satisfait de son petit effet.


Roxane suivit le duc jusqu’à la cuisine.



Il tourna Roxane pour qu’elle lui fasse face, sortit un petit objet de sa poche et écarta les grandes lèvres de sa soumise. Roxane hurla de douleur.



La veille, il avait dit : « La vaisselle et le rangement seront faits demain ». Roxane avait supposé que Ronald s’en chargerait. Le salopard avait tout prévu depuis longtemps. Pourquoi cela étonnait-il Roxane ?


En grimaçant, elle se lança à l’assaut des assiettes et des verres sales, sous le regard rieur d’Albert qui n’en perdait pas une miette. Il ne retira la pince qu’une fois l’endroit brillant et ne laissa rien passer.


Roxane sentait son sexe vibrer et battre en même temps que son cœur. Elle était affamée de sexe et il ne comptait nourrir que son estomac. Il lui ordonna de se mettre à genoux les mains dans le dos contre un mur tandis qu’il cuisinait.


Roxane l’observa travailler. Il semblait plutôt doué. Il réalisa des galettes de pomme de terre, du bacon et des œufs au plat, qu’il agrémenta d’une tomate et d’un thé.



Roxane se leva et réalisa la tâche demandée. Elle se plaça à genoux à côté de lui et il la nourrit dans la main. C’était délicieux. Il était doué derrière un fourneau, à n’en pas douter, une compétence inattendue pour un duc servi par un majordome, dut admettre Roxane.



Elle n’en dit cependant rien et accepta la contrainte sans moufeter. Une fois le tout propre, il retira la pince et annonça :



Dans l’entrée l’attendaient une robe et une paire de chaussures, le tout simple, classique, mais joli et parfaitement à la taille de Roxane. Elle monta dans la voiture, curieuse du lieu d’arrivée. Il se gara en pleine ville et Roxane se retrouva dans un hôtel de luxe. Elle suivit Albert jusqu’à un salon privé.



Il portait de nombreux bijoux masculins aussi clinquants et rutilants les uns que les autres. Nul doute qu’il souhaitait que tout le monde soit au courant qu’il fut riche. De nombreuses personnes, hommes et femmes, se trouvaient dans la pièce, observant attentivement. Roxane reconnut là la cour de cet homme, où chacun cherchait à se faire voir positivement.



Un silence de plomb tomba sur la salle.



Sous le regard de la trentaine de personnes présentes dans le salon privé, Roxane prit place devant le parvenu. Il la déshabilla des yeux puis un sourire carnassier parcourut son visage. Une femme sublime à la robe peu couvrante déposa un damier sur la table avant de disposer des pions noirs et blancs dessus.



Roxane n’en revenait pas. Il osait l’utiliser de cette manière. Elle ne l’agonirait pas d’injures ici, en public, mais une fois seuls, elle ne se priverait pas.


Le hasard lui désigna les blancs et la partie commença. Roxane comprit rapidement que son adversaire était tout juste moyen. Elle gagnerait aisément.



Cela importait peu. Elle gagnerait aisément. Elle bougeait rapidement ses pièces tandis que son adversaire réfléchissait intensément pendant un très long moment. Sans surprise, elle remporta la première manche et le hasard, cette fois, lui donna les noirs. Lorsqu’elle remporta le deuxième point, son adversaire lança :



Albert sourit, mais ne répondit rien. Roxane remporta aisément le troisième point. Son adversaire l’aurait volontiers fusillée des yeux. Il sortit une mallette et la tendit à Albert qui s’en saisit en souriant.



La langue utilisée fit sursauter tout le monde.



Roxane explosa de rire.



Roxane arrêta de marcher et Albert stoppa lui aussi pour lui sourire.



Le duc sourit de plus belle.



Il rit.



Roxane s’en trouva flattée. Elle ne s’était jamais imposée. En réalité, elle leur avait tapé dans l’œil, la petite Française venue récolter des informations pour sa thèse dans les lacs d’eau douce d’altitude, et ils avaient fait en sorte de l’attirer dans leur filet. Elle se fit l’effet d’une mouche prise dans une toile d’araignée. Ils étaient doués, à n’en pas douter. Elle ne parvint pas à leur en vouloir. Ils entrèrent dans la voiture d’Albert.



Elle se renfrogna, bougonne.



Roxane se figea.



Roxane sourit tandis qu’Albert reprenait le chemin de sa demeure.



Elle venait de remporter quatre millions d’euros en trois parties de dames.



Roxane hocha la tête. Elle n’en revenait toujours pas. Décidément, Albert avait le don de la surprendre encore et toujours.



Roxane lui envoya un regard noir.



La jeune femme grimaça puis lui concéda qu’il n’avait pas complètement tort.



Roxane grimaça de nouveau. Il lui proposa ses bras pour un tendre câlin et Roxane accepta volontiers.



Roxane hocha la tête. Elle ne comptait certainement pas laisser passer cette occasion. Elle ferma les yeux, inspira puis expira, chassant de cette manière ses mauvais sentiments. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle était prête.


Albert la mena directement dans le jardin. Roxane y découvrit, stupéfaite, que Nicolas, Charles et Philibert s’y trouvaient. Où avaient-ils garé leurs voitures ? Derrière, sans aucun doute, afin qu’elle ne les voie pas.



Les trois hommes se tournèrent vers leur ami qui ouvrit la mallette devant eux, dévoilant, comme dans les films de gangsters, des billets bien rangés et alignés. Roxane n’avait jamais vu ces billets. Elle supposa qu’il s’agissait de grosses coupures de Livres sterling. Albert avait réalisé lui-même la conversion pour Roxane qui apprécia énormément.



Roxane s’arrêta un instant sur la cravache qu’il portait à sa ceinture. Elle ne l’avait jamais vu ainsi armé. D’habitude, les instruments étaient posés sur des meubles ou accrochés aux murs du donjon. Là, il semblait qu’il portait un revolver. Les deux autres hommes ne portaient rien d’autre que leurs vêtements classiques de tous les jours.



Roxane soupira en secouant la tête. Voilà qu’elle allait maintenant être récompensée pour avoir été manipulée par Albert.



Roxane retira sa robe, mais choisit, vu la présence en extérieur, de garder ses chaussures.



Il semblait qu’aucune partie de son corps ne lui échappait. Roxane rougit intensément.



Sous les yeux de ces quatre hommes, difficile de ne pas se sentir mal. Ils donnaient l’impression d’être prêts à la dévorer et pourtant, elle le savait, ils se tiendraient et elle devrait attendre. Ils avaient toute la journée. Nul doute qu’ils en profiteraient.



Roxane acquiesça. Ils passaient leur temps à se comparer aux dames, aux dés, aux cartes, au polo et chaque activité leur permettait de se classer amicalement.



Roxane enregistra l’information donnée.



Un cerceau jaune criard était posé sur la pelouse. Un seau contenant de jolis cailloux blancs attendait qu’on l’utilise.



Albert lui tendit son téléphone. Sur l’écran, les quatre prénoms des participants étaient écrits dans de gros boutons. Le tout remplissait entièrement l’écran.



Roxane mélangea les prénoms puis regarda le jeu et les concurrents. Elle n’avait aucune idée duquel allait gagner à ce jeu débile. Elle choisit, complètement au hasard, Albert, puis posa le téléphone.


Les hommes, sans s’intéresser davantage à elle – mais maintenant Roxane avait l’habitude –, se mirent en position. Le téléphone de Nicolas détermina aléatoirement le premier candidat. Charles se lança. Roxane estima son score moyen. Nicolas passa en deuxième. Dire qu’il fut mauvais serait gentil. Un seul caillou entra dans le cerceau et presque au bord. Ses amis ne se privèrent pas de le chambrer et Nicolas n’en prit nullement ombrage. Philibert se montra d’une précision redoutable. Il toucha le centre du cerceau à son deuxième lancer et ne fit donc même pas le troisième. Albert fut juste derrière Charles.



Albert souleva le téléphone, regarda la personne choisie et lança :



Puis, il montra l’écran indiquant son prénom à tout le monde. Roxane ne comprit pas bien cette remarque. Si elle avait choisi la bonne personne, celle-ci aurait perdu ?



Celui qui gagnait prenait la main sur la soumise. Voilà qui leur donnerait sans aucun doute des ailes dans les jeux.



D’un sac au pied de sa chaise – dont Roxane n’avait pas remarqué la présence jusque là – il sortit un gode de très belle taille, entièrement noir et très ressemblant à un sexe masculin. Il le tendit à Roxane qui s’en empara. Il posa également un flacon de lubrifiant.



Roxane constata que les quatre hommes lui lançaient des regards amusés et souriants. Visiblement, ce que Philibert avait prévu en cas de victoire leur plaisait beaucoup. Roxane, le gode dans une main et le lubrifiant dans l’autre, regarda autour d’elle. « de manière impudique », avait-il précisé. Pas question de s’accroupir ou de tenter de se camoufler derrière un buisson. Non ! Il voulait qu’elle se montre.


Elle choisit de se mettre sur la grande table de la terrasse, les pieds sur la table, les genoux pliés. Les quatre hommes se mirent debout devant elle, prêts à assister au spectacle. Roxane était gênée, terriblement, mais elle se plia de bonne grâce à la demande de Philibert. Le jeu lui plaisait.


Roxane posa le lubrifiant qu’elle estima inutile et fit entrer doucement le gode dans son ventre. Il était bien plus gros qu’un sexe classique d’homme, si bien qu’elle se sentit remplie.



Roxane le sortit puis dit « Un » avant de le ramener vers elle.



Elle obtempéra de bonne grâce.



Roxane en rougit de honte. Ils savaient très bien où appuyer pour l’humilier de manière excitante. Roxane remit le gode à l’intérieur et les hommes continuèrent à décrire la scène, ne lui épargnant rien. À dix, comme voulu, elle articula « Je suis une salope », ce à quoi Philibert répondit :



Roxane s’affaira. Dès l’objet disparu dans le sac, Albert reprit la parole.



Elle observa les quatre hommes. Le vainqueur aurait autorité sur elle. Mais si elle choisissait correctement, il perdrait. Qu’est-ce que cela signifiait ? Un peu perdue, elle choisit Nicolas. Elle se dit qu’après une défaite au premier jeu, il chercherait à prouver à ses amis qu’il n’était pas aussi mauvais que ça.


Son score fut désespérant. Aucun de ses cerceaux ne s’accrocha à une tige. Seul Albert avait lui aussi un anneau au sol. Philibert remporta haut la main l’épreuve. Albert confirma, après avoir montré à tout le monde l’écran de son portable, la victoire de Philibert. Il ressortit le gode, le tendit à Roxane et indiqua :



Elle commençait à comprendre le principe. Ils furent aussi pétillants et descriptifs que la première fois, peut-être même davantage, après quoi Albert présenta le troisième jeu. Il s’agissait de lancer des sacs de sable colorés dans un trou en haut d’un plan incliné. Chaque joueur en avait cinq. En cas d’égalité, on recommençait jusqu’à ce qu’un vainqueur se dégage.


Philibert ne pouvait pas encore gagner ! Les autres allaient faire en sorte de lui retirer son titre. Nicolas semblait réellement mauvais. Mieux valait ne pas parier sur lui. Roxane choisit Charles, l’éternel second, qui enrageait de voir la victoire lui filer sous le nez. Cette fois, il allait réussir, Roxane y croyait.


Philibert et Charles mirent tous les deux quatre sacs dans le trou et ils durent se battre en duel, prenant les sacs de leurs amis. Finalement, Philibert en mit neuf et Charles huit. Philibert sortit le gode.



Roxane en fut rassurée. Il ne doublait pas. Il rajoutait une dizaine. Tant mieux. Ainsi, cela avancerait moins vite. Après tout, Roxane n’avait pas la moindre idée du nombre de jeux prévus par Albert.


Ils insistèrent encore davantage durant cette session, s’en donnant à cœur joie. Roxane commençait à être sérieusement excitée. Elle voulait plus, beaucoup plus, mais le quatuor prenait son temps.



Nicolas perdait à chaque fois. Philibert avait remporté les trois premiers. Il semblait très doué dans ces jeux débiles. Charles rêvait d’une victoire. Albert semblait indifférent. Roxane choisit Philibert. Il ferait tout pour rester au sommet, Roxane n’en douta pas. Il rayonnait et se vantait sans cesse de sa réussite devant ses amis. Charles enrageait. Albert le prenait avec philosophie. Difficile de mettre une émotion sur Nicolas qui arborait un visage complètement neutre.



Philibert perdit tout sourire et devint blême alors que Charles ricanait. Albert et Nicolas sourirent doucement.



Ça lui faisait une belle jambe !



Nicolas faisait-il exprès de perdre pour troubler les cartes ? Ce jeu était-il aussi simple qu’il en avait l’air ? Roxane commença à en douter. Nicolas semblait manipuler les résultats volontairement. La question était : pourquoi ? Philibert s’avança devant Roxane, fit une grimace dégoûtée, puis lança :



Roxane s’en figea de stupeur. Quoi ? Que venait-il de dire ? Il… Non ! C’était ! Oh la vache ! Si elle gagnait, elle prenait le contrôle du vainqueur ! Elle regarda Nicolas. Voilà pourquoi il perdait. Il ne voulait pas prendre le risque de se retrouver dans la situation de Philibert. Roxane fixa Du Moulin, mais il resta neutre. Il ne comptait pas dévoiler son jeu. Il jouait avec au moins trois coups d’avance sur elle et elle détesta immédiatement cela.


Roxane se recentra sur Philibert qui attendait patiemment qu’elle lui réponde. Que voulait-elle qu’il fasse ?



Elle vit dans leurs yeux une immense admiration. Elle venait de gagner des points auprès d’eux.



Les quatre hommes rirent doucement.



Ils confirmèrent.



Roxane le comprenait aisément.



Roxane enregistra les informations, puis réfléchit et annonça :



Philibert la transperça du regard. Il n’appréciait visiblement pas ce renversement de situation. Il avait sûrement accepté les règles du jeu proposées par Albert, mais devoir obéir à Roxane lui coûtait tout de même.



Il adorait très clairement le choix de la jeune femme. Avec élégance, il s’agenouilla devant elle. Si on avait dit à Roxane au réveil que quelques heures plus tard, l’un des membres du quatuor infernal serait à ses pieds, elle ne l’aurait jamais cru.


Philibert lécha, aspira, embrassa, mordilla, et Roxane jouit très vite. Elle était surexcitée et le comte de Malt très doué avec sa langue. Après des jours de frustration, elle avait enfin sa dose. Tout son corps se détendit et elle se sentit portée sur du coton. C’était tellement agréable !



Roxane se saisit du téléphone et regarda les quatre hommes. Si elle parvenait à déterminer le gagnant, il devenait son jouet, devant obéir à ses ordres. Si elle devinait mal, il prenait le contrôle. Roxane observa Philibert. Il venait de perdre parce qu’il gagnait trop. Nul doute qu’il allait se diminuer lui-même, comme Nicolas le faisait. Cela serait maintenant à celui qui raterait le plus. À moins que, prévoyant cette réflexion chez Roxane, ils ne maintiennent leurs défis et leur volonté réelle de battre leurs amis.


Jusqu’où se portait leur stratégie ? Là était la question. Étaient-ils à un cran en avance, deux, trois, davantage ? Roxane sourit, mélangea les noms puis cliqua. Elle se fichait du gagnant. Elle voulait juste posséder l’un d’eux. Le reste ne comptait pas. Seule méthode pour être certaine de l’avoir : ne choisir que lui, tout le temps. Il finirait par gagner !


Charles remporta l’épreuve. Albert fut second. Philibert troisième, et Nicolas, qui avait malencontreusement ripé, dernier. Sa mauvaise foi n’échappa à personne, pas plus que les actes volontairement diminués de Philibert. Albert montra à tous l’écran indiquant « Nicolas » et Charles laissa sa joie éclater.


Alors qu’il allait chercher son sac, Roxane observa Nicolas, mais celui-ci resta parfaitement neutre et illisible. Il avait l’habitude des réceptions mondaines. Mentir était sa seconde nature. Il aurait fait un excellent joueur de poker. Ses regards sur Roxane étaient dénués de toute expression. Il se contenait à merveille. Qu’il ait été choisi alors qu’il perdait ne semblait pas le toucher.


Charles ordonna à Roxane de s’agenouiller le dos contre un arbre. Il lui lia les chevilles et les mains derrière le tronc puis plaça dans sa bouche un bâillon composé de deux tiges métalliques qui s’écartaient grâce à un ressort. Les sangles furent liées non pas à la tête de Roxane, mais au tronc, lui interdisant tout mouvement. Elle se trouva totalement immobilisée, la bouche ouverte. Charles mit dans sa main une balle colorée.



Charles sortit son sexe et se masturba afin de le faire durcir puis l’enfourna dans la bouche de Roxane qui ne put rien contre la pénétration profonde imposée. Elle bavait abondamment. Charles effectua de nombreux va-et-vient avant de s’éloigner sans avoir éjaculé.



Roxane luttait maintenant contre ses liens. La position était difficile à supporter et ils ne lui épargnaient rien. Cependant, elle garda la balle dans sa main. C’était dur, mais pas insurmontable.



Il fut intraitable et Roxane, trop heureuse de recevoir un peu de son attention, serra fort la balle de peur de la lâcher par mégarde. Les quatre hommes l’ayant utilisée – sans jamais jouir – Charles détacha Roxane. Il lui donna le bâillon à laver.



Elle le fit volontiers et revint un peu plus présentable. Albert présenta le jeu suivant : simple jeu de dés. Il lançait tous cinq dés et le score le plus haut gagnait. Roxane se tourna vers Nicolas. Comment allait-il faire pour s’assurer de perdre à un jeu de hasard ? Sans hésiter, elle le choisit.



Nicolas resta complètement neutre en découvrant son nom pour la deuxième fois, et ce alors qu’il venait de frôler la catastrophe. Charles et Philibert sourirent. Albert s’éloigna pour aller chercher des objets dans le cabanon.


Il revint et présenta ses actions à Roxane qui attendait avec angoisse ce que le maître du temps et de la frustration avait prévu pour elle. Il posa une magic-wand sans fil et un bac contenant des glaçons sur une souche.



Elle en compta cinq. Elle allait devoir affleurer l’orgasme et se le refuser cinq fois de suite. Philibert avait réussi à bien réduire sa tension grâce à son cunnilingus d’excellente qualité. Albert allait faire en sorte de renouveler la frustration de la jeune femme. Les quatre hommes se complétaient à merveille. Roxane, prise au piège, ne pouvait que subir le chaud et le froid.


Elle s’installa dans un transat, emmenant avec elle la magic-wand et la boîte de glaçons. Les hommes la suivirent et prirent place eux aussi, s’installant confortablement sur des chaises, spectateurs ravis.


Elle alluma l’appareil et le posa sur son sexe. La sensation agréable l’envahit et monta doucement. Elle venait de recevoir sa dose de Philibert et n’était donc pas spécialement en manque. Au bout de quelques minutes toutefois, elle commença à haleter et le plaisir monta.



Elle retira la machine et attrapa un glaçon. Elle gémit et serra les dents à son contact qui éloigna immédiatement le plaisir tant désiré.



Roxane obéit et le froid la pénétra profondément, refoulant toutes ses envies.



Roxane attrapa sans regarder la magic-wand et la remit en position. Le plaisir remonta immédiatement et très fort. Elle dut la retirer presque instantanément.



Cette torture lui fut difficilement supportable. Lorsque son ventre avala le dernier glaçon, elle était encore plus frustrée que le matin. Albert avait, sans aucun doute, gagné cette bataille.


Roxane partit laver la magic-wand et constata à son retour que les hommes n’avaient pas installé le jeu suivant.



Le vouvoiement marquait clairement la fin de la séance… pour le moment. Nul doute que cela reprendrait après. Roxane prit une douche qui la délassa, sous le regard attentif d’Albert qui vérifiait probablement qu’elle n’en profitait pas pour éteindre elle-même le feu grondant dans son ventre.



Il la coiffa et la maquilla, avant de l’aider à passer une robe et des chaussures fines à talons. Dans le miroir, elle se trouva sublime. Décidément, Albert avait de nombreux talents cachés. Lorsqu’elle arriva en haut des marches, les trois hommes en bas sifflèrent d’admiration, la faisant rougir.


Philibert et Charles prirent une voiture tandis qu’Albert faisait monter son ami à l’avant, laissant Roxane se détendre à l’arrière. Le voyage les conduisit en ville. Le parking sobre ne dévoila rien du restaurant. Albert partit devant tandis que Nicolas ouvrait galamment la porte de la voiture. Roxane en rougit de plaisir.



Car s’il ne gagnait jamais, après tout, il ne la posséderait jamais. Il avait donc aussi à perdre en refusant de gagner.



Roxane vit, un peu plus loin, Charles et Philibert désigner Nicolas et parler entre eux. Ils semblaient mécontents. Nicolas venait-il de faire quelque chose d’interdit en lui adressant la parole ?


En tout cas, il lui avait donné de quoi réfléchir. Après tout, lorsqu’Albert lui avait demandé si le pire pour elle était de ne pas être touchée ou de ne pas pouvoir toucher, la réponse était clairement la première option. Aurait-elle plus de peine si elle ne parvenait pas à le posséder ou s’il ne la possédait pas ? Elle dut admettre que la seconde la peinerait bien davantage. Or, pour qu’il accepte de gagner, il fallait qu’elle montre ne pas vouloir le posséder. Elle devait donc renverser sa stratégie et arrêter de le choisir, lui ouvrant la voie royale.


Lorsqu’elle entra dans le bâtiment, Roxane comprit qu’il s’agissait d’un restaurant de luxe.



Roxane céda en soupirant. Ils s’installèrent et l’apéritif arriva immédiatement, alors que personne n’avait rien commandé. Les discussions allaient bon train entre les amis et Roxane ne s’y incrusta pas. Elle réfléchissait. Elle détestait la frustration imposée par Albert. Quant à Philibert, elle préférait très largement ses cunnilingus à devoir dire « Je suis une salope » toutes les dix pénétrations de ce gode. En revanche, devoir subir une fellation forcée des quatre hommes lui plaisait énormément.


Sa stratégie se précisa : elle ne choisirait jamais Nicolas pour qu’il accepte enfin de gagner. Elle ne choisirait jamais Charles, car ses conditions de victoire lui convenaient. Elle désignerait donc systématiquement Philibert ou Albert, augmentant ainsi largement ses chances d’obtenir un résultat satisfaisant. Roxane apprécia ce jeu a priori simple, mais en réalité plein de stratégies.


Nicolas lui demanda si elle voulait bien leur raconter ses trois parties de dames contre le champion écossais et ce fut avait plaisir qu’elle le fit. Albert la lança ensuite sur sa thèse. Les conversations furent très agréables.


Étrangement, il n’y eut aucun temps mort pendant tout le repas. Les serveurs apportaient les plats en cadence, sans attente, et sans jamais requérir l’avis des clients. Albert avait tout préparé à l’avance. Roxane l’admirait pour cela. Il arrivait fort bien à tout maîtriser.


La nourriture était excellente, et Roxane termina le repas, reposée et débordante d’énergie. Ils reprirent la route du château du duc Mean. Roxane dut retirer sa robe et ses chaussures pour mettre les plates à la place dès sa sortie de la voiture.



Il fallait faire tomber des quilles en bois portant des nombres avec des balles en mousse. Trois balles par personne. Le plus grand score remportait la partie. Roxane choisit Albert, car Philibert semblait absolument vouloir perdre. Charles gagna contre Albert, mais certainement pas contre Philibert et Nicolas, qui avaient lancé leur balle en mousse à plus d’un mètre à droite des quilles, prouvant ainsi qu’ils ne jouaient pas.


Roxane se retrouva attachée à son arbre, le bâillon l’obligeant à garder la bouche ouverte. Charles l’utilisa – toujours sans éjaculer – puis proposa à Albert de prendre la suite. Roxane vit un léger sursaut de surprise s’emparer des trois hommes. Charles et Philibert étaient amis. Tout le monde s’attendait à ce qu’il lui propose, à lui, d’être deuxième.


Albert ne refusa pas puis Charles désigna Nicolas comme utilisateur suivant. Lorsque Nicolas s’éloigna, Charles détacha Roxane, ne l’offrant ainsi pas à son meilleur ami. Le visage de Philibert ne cachait rien de sa colère, mais il se garda de faire une scène devant la soumise.



Quelque chose clochait entre les deux amis et cela mettait le quatuor mal à l’aise. Albert échangeait de nombreux regards avec Nicolas et cela ne semblait pas le rassurer.


Albert et Nicolas installèrent un chamboule-tout, très fête foraine. Chacun disposait de trois essais pour faire tomber un maximum de boîtes de conserve vides. Roxane choisit Albert. Nicolas, Charles et Philibert ne touchèrent pas une seule boîte. Albert lança vers les boîtes sans même regarder, lui permettant de remporter la victoire, une bien amère cependant. Avant qu’Albert ne puisse regarder l’écran du téléphone, Roxane proposa :



Albert se tourna vers Roxane.



Roxane baissa les yeux, admettant ainsi sa défaite.



Les trois hommes sourirent. Cet échange allégeait un peu l’atmosphère. Albert retourna le téléphone et se figea en voyant le choix de Roxane.



Une semaine de frustration et ses glaçons lui avaient offert tout ce dont il pouvait rêver.



Ainsi, elle l’obligeait à contrer ses envies à lui. Il allait devoir lui retirer cette frustration qu’il s’acharnait à lui faire subir. Juste retour des choses.



Il fut parfait. Roxane en ronronna de plaisir et il la gratifia d’un affectueux clin d’œil. Il l’avait fait jouir sans jamais s’offrir le même plaisir. Apparemment, ils se contenaient tous.



Cela revenait à un jeu de hasard avec des participants néophytes. Les hommes installèrent la scène tandis que Roxane choisissait Philibert, ayant choisi Albert la fois précédente. Puis, elle se ravisa et choisit Albert, se disant qu’en alternant, elle serait bien trop prévisible.


Albert s’y frotta en premier. Une de ses flèches toucha la cible, mais complètement sur le bord, lui rapportant un point. Charles suivit. Il semblait réellement intéressé par le fait d’essayer cette pratique inconnue. Malgré toute sa concentration, il ne parvint pas à toucher la cible.


Philibert attrapa l’arc et se tourna vers Roxane. Elle venait de choisir Albert. Il y avait fort à parier qu’elle changerait de candidat. Roxane demeura totalement neutre. Il lui sembla qu’elle parvint à masquer son choix. Philibert n’essaya pas de toucher la cible. Le risque était trop grand. Ses trois flèches se plantèrent dans l’herbe. Charles lui envoya un regard incendiaire.


Nicolas s’avança et attrapa l’arc. À la manière dont il le manipula, Roxane sut immédiatement que lui, contrairement aux autres, connaissait son maniement. Il attrapa la flèche du bout des doigts, banda l’arc dans une position idéale et tira, atteignant le centre. Tout le monde se figea de stupeur.



Albert se saisit du téléphone et montra le résultat le désignant, lui, vainqueur. Philibert fit la moue tandis que Charles ne décolérait pas. Nicolas s’approcha de Roxane. La jeune femme était ravie. Il la possédait ! Enfin !



Il se pencha à son oreille et murmura :



Puis il se tourna vers Albert et lança d’un ton guilleret :



Les trois hommes ouvrirent de grands yeux ahuris. La cravache n’était là que pour le décorum. Il avait fait la chose la plus sadique qu’on puisse faire une masochiste : rien. S’il n’avait pas participé à ce jeu, Albert aurait gagné et de ce fait, Roxane aussi. Elle aurait reçu du plaisir. Au lieu de cela, il avait pris la main pour lui offrir le néant. Roxane eut l’impression qu’un poignard lui traversait le cœur. Elle se sentit mal et une larme dévala sa joue.


Nicolas s’en rendit compte et immédiatement, il prit Roxane dans ses bras et lui caressa tendrement le visage. Roxane hurla sa douleur et tomba à genoux, sanglotant misérablement. Nicolas la suivit jusqu’au sol, lui prit le visage dans les mains et murmura :



La jeune femme, profondément blessée, tremblait de tout son corps.



Roxane pleura de plus belle.



Roxane leva les yeux vers Nicolas. Il souffrait de la voir mal. Il ne voulait pas la blesser, mais la faire plier, la posséder. C’était son droit de ne rien lui faire immédiatement.



Roxane ravala ses larmes. Elle respirait fortement, reprenant difficilement ses esprits après un tel ascenseur émotionnel.



Il l’aida à se relever et l’accompagna jusqu’au robinet. À genoux devant lui, elle but dans ses mains l’eau claire du robinet.



Elle se releva et ils retrouvèrent les autres candidats.



Il offrit un peignoir doux et chaud à Roxane qui le passa en ronronnant. Malgré la chaleur de ce mois d’été, elle apprécia le vêtement. Elle se sentait harassée. Elle s’installa dans un transat et Albert lui apporta une boisson sucrée qui la rafraîchit puis il lui dit :



Roxane s’endormit quelques secondes plus tard en plein soleil.


Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle bâilla, s’étira puis regarda autour d’elle. Albert et Nicolas se tenaient assis près d’elle, mais nulle trace de Charles et de Philibert. Au soleil, Roxane estima qu’elle avait dormi une paire d’heures.



Albert sourit.



Il ne répondit rien, prenant le compliment avec modestie.



Nicolas leva un sourcil interrogateur.



Le seigneur du château le lui concéda volontiers.



Nicolas sourit, ravi d’avoir été compris.



Il lui sourit tendrement et Roxane se sentit bien. Elle ne lui en voulait plus. Elle était rassurée. Il serait là pour elle. Il la ferait ramper et elle aimerait. Avec Nicolas, ça serait simple. Il suffirait d’obéir. Il se chargerait du reste.



Charles, Philibert et Nicolas apparaissant au bout du jardin, Albert lança :



Elle se dévêtit et le jeu suivant commença. Elle se sentait sereine et apaisée.



Albert expliqua les consignes de sécurité. Chaque concurrent disposait de six cartouches. La cible en papier proposait différentes zones agrémentées de points. Roxane ayant très envie d’un cunni, elle choisit Philibert comme vainqueur.


Nicolas se proposa pour tirer en premier. Il sembla essayer réellement et obtint un faible score. Autant il maîtrisait l’arc, autant les armes à feu le dépassaient. Charles joua en second et il maîtrisa bien mieux. Philibert battit son ami. Albert les dépassa tous.


En fixant Roxane dans les yeux, le duc Mean retourna le téléphone. À son attitude rageuse, il s’attendait visiblement à voir son nom apparaître. Il ricana de plaisir en découvrant le choix de Roxane.



Il sortit le matériel, plaça cinq glaçons dans la boîte puis, un à un, en rajouta jusqu’à un total de huit. Roxane ressortit de ce moment totalement frustrée sous le regard ravi d’un Albert aux anges.


Le jeu suivant demandait, avec une carabine à plomb, d’exploser des ballons, jeu d’autant plus difficile en extérieur avec un peu de vent. Roxane put se reposer un peu le temps que les hommes installent le jeu. Elle devait choisir entre Albert et Philibert. Albert ayant prouvé sa maîtrise des armes à feu au jeu précédent, elle le choisit, ayant peu envie de devoir de nouveau subir la frustration et les glaçons.


Ils jouèrent tous avec acharnement, cherchant réellement à se mesurer les uns aux autres, ignorant totalement la femme nue près d’eux. C’était à celui qui pisserait le plus loin et peu importait le risque de gagner et d’être désigné.


Les ballons refusaient d’éclater. Les hommes mirent un long moment avant qu’un vainqueur puisse enfin être déclaré et Roxane se retrouva attachée à son arbre, la balle colorée dans la main, la bouche maintenue ouverte par le bâillon.



Il lui offrait la primauté. Une façon pour lui de s’excuser. Les deux amis étaient réconciliés. Roxane en aurait souri si son bâillon le lui avait permis. Philibert accepta avec entrain. Charles se servit en deuxième puis proposa à Albert, après quoi il détacha Roxane sans offrir la possibilité à Nicolas de profiter de la belle offerte.


Lorsqu’elle fut debout, Charles se tourna vers Nicolas et lança d’un ton chargé d’ironie :



Roxane lui envoya un regard noir en retour, consciente qu’il avait totalement raison. Elle était dégoûtée de ne pas avoir eu la possibilité de voir Du Moulin s’occuper d’elle.


Le jeu suivant nécessitait de l’habileté. Il s’agissait de faire glisser une bille dans un labyrinthe sans la faire tomber dans des trous placés aux pires endroits. Tous les candidats disposaient du même parcours. Le premier amenant sa bille à l’arrivée gagnait.


Roxane n’avait pas la moindre idée duquel de ces messieurs parviendrait à la fin en premier. Ils râlaient contre Albert et son choix. Avec circonspection, elle choisit Philibert. Dès qu’elle retourna le téléphone, les hommes s’éloignèrent les uns des autres. Albert s’assit sur une chaise là où Nicolas se déplaçait continuellement. Charles et Philibert s’observaient l’un l’autre et se chambraient gentiment tout en se soutenant et partageant leurs astuces. De ce fait, Philibert parvient le premier à amener sa bille à l’arrivée, suivit de près par Charles. Albert et Nicolas étaient totalement à la ramasse.



La punition n’était tout de même pas si terrible. Grâce au comte, finie la frustration imposée par Albert. Roxane était aux anges et ne cessait d’envoyer des regards victorieux au maître des lieux qui lui souriait en retour.



Roxane trouva la remarque déplacée. Albert en avait mis plein la vue à tout le monde.



Nicolas jeta un coup d’œil à sa montre.



Le comte Stethen se tourna vers Roxane qui grimaça en retour et il sourit, ravi.



Charles, Philibert et Nicolas se mirent à tout ranger tandis que Roxane prenait sa douche, Albert dans la chambre, loin d’elle, preuve que la fois précédente, il n’était là que pour vérifier ses faits et gestes, chose inutile maintenant qu’elle était comblée.


À nouveau, il la coiffa, la maquilla et l’aida à passer une nouvelle robe hors de prix, les sous-vêtements et les chaussures qui allaient avec. Il fut plus rapide que la fois précédente et moins précautionneux, mais le temps manquait, Roxane le comprenait.


Ils rejoignirent rapidement la voiture, Nicolas, Charles et Philibert étant partis depuis plusieurs minutes. Roxane constata rapidement que le dîner se déroulerait lui aussi dans un restaurant à haut standing.



Il entra et lui tint la porte.



Les deux amies s’enlacèrent tendrement.



Roxane secoua négativement la tête.



Si seulement elle savait à quel point ! Tout le monde s’installa à table, Méline et Roxane l’une à côté de l’autre, Nicolas de l’autre côté de Méline. Albert se plaça à côté de Roxane, permettant à Charles et Philibert de se rapprocher.


Un serveur s’approcha et cette fois, chacun put choisir. Roxane reçut un menu sans prix. Elle s’en fichait. Elle n’avait pas l’impression de profiter de son voisin à qui elle avait offert une grosse valise pleine de billets.



Roxane lui sourit tendrement en retour.



Albert sourit malicieusement.



Roxane constata que Nicolas et Méline se tenaient par la main, se câlinant tendrement.



Roxane ricana.



Elle n’y avait même pas songé.



Méline ronronna puis embrassa Nicolas, un baiser passionné d’amoureux.



Tout le repas fut empli d’échanges, de rires, de bons moments. Rien ne vint l’entacher. Le dessert terminé, Charles et Philibert prirent congé, non sans saluer chaleureusement Roxane et la remercier pour les merveilleux moments en sa compagnie.



Roxane se tourna vers Nicolas, le ventre noué. Ainsi, ils avaient prévu un tête-à-tête.



Mean s’inclina puis sortit. Roxane se tourna vers Nicolas. Elle était à la fois terrifiée et surexcitée. Elle suivit le couple d’amoureux dehors puis grimpa à l’arrière de leur voiture. Roxane constata que Du Moulin prenait le chemin du château d’Albert, sans faire un crochet en ville pour déposer Méline. Ainsi, il avait finalement décidé de la faire observer. Roxane sentit l’appréhension monter. Le trajet fut difficile et elle arriva, les jambes tremblantes.


Nicolas se gara devant la grande porte d’entrée puis fit le tour de la voiture. Il ouvrit la porte à sa fiancée qui, ayant bien appris sa leçon, n’avait pas daigné sortir elle-même. Roxane, elle, était déjà dehors.



Nicolas parvenait à punir sa petite-amie pourtant vanille. Il savait y faire, à n’en pas douter. Roxane ne put s’empêcher de rire tout en admirant le savoir-faire du duc français.



Nicolas sourit sous le regard ahuri de Méline. Du Moulin monta les marches, sa main dans celle de sa petite-amie, Roxane suivant derrière. Ils montèrent les marches, droit sur le donjon. Arrivé à la porte, Nicolas sortit la clef et l’ouvrit, mais ne la franchit pas.



Méline se tourna vers Roxane.



Il descendit en premier, Méline sur ses talons, Roxane fermant la marche. Méline découvrit le donjon et s’y promena, observant chaque objet avec curiosité, son visage montrant énormément d’expressions dégoûtées, mais beaucoup d’incompréhension également.



Il réalisa le déshabillage avec l’habileté de quelqu’un qui a l’habitude de ce type de vêtement, ce qui n’était pas le cas de Roxane. Nicolas amena ensuite tendrement Roxane vers un mur nu.



Nicolas sourit. Il respira plusieurs fois, puis expliqua :



Roxane, qui n’avait pas remarqué la présence des marquages, se mit en position.



Il avait choisi une pose sans attache, probablement pour que Méline soit certaine du consentement de Roxane. Ainsi, elle était libre de s’en aller si besoin.


Roxane entendit Nicolas s’éloigner et ne tenta pas de savoir ce qu’il faisait en tournant la tête. Elle était plongée au plus profond d’elle-même, terrorisée à l’idée que la fois précédente ne soit qu’une exception. Et si elle n’était pas masochiste ? Et si cette fois-ci, la douleur ne se transformait pas en plaisir ?


Nicolas lui caressa doucement les hanches.



Roxane hocha la tête. Elle ne désirait rien d’autre. Le premier coup de martinet tomba. Roxane entendit le cri étouffé de Méline, mais n’y accorda aucune attention. Elle attendait ce moment depuis tellement de temps. Elle tenait à en profiter pleinement.


Les suivants ressemblèrent au premier, doux, lents, répartis sur le dos, les jambes, les bras, le ventre, blessant le sexe en passant sous les jambes écartées, les ronds au sol étant assez éloignés l’un de l’autre.


Doucement, sensiblement, l’intensité monta et les coups se firent plus appuyés, plus sourds, plus marqués, et Roxane commença à avoir chaud.


Il y eut une pause et le coup qui suivit prit Roxane par surprise. Cet autre martinet offrait une touche plus mordante et piquante. Elle cria en levant la jambe à la cuisse meurtrie. Le coup suivant mit du temps à arriver et pour cause, le fouet mordit atrocement le dos.



Roxane remit son pied en place en baissant humblement la tête.



Le martinet brûlant reprit son chemin. Roxane grimaçait et se crispait un peu plus à chaque coup. La main de Nicolas remplaça la morsure et Roxane en ronronna de plaisir.



Roxane écouta avec attention et agit comme demandé. Les coups reprirent et elle dut admettre qu’elle les supportait bien mieux. Quelque chose se passait, elle en était certaine. Son corps se détendait en profondeur, quelque chose d’incontrôlable, de complet, de total.


Bientôt, Roxane le sentait, elle ne serait plus physiquement en mesure de tenir la position et craquerait. Nicolas choisit ce moment pour lui permettre de quitter les cercles pour se tenir debout.



Il ferma une paire de menottes similaire à celle des policiers. Puis il l’attrapa sans ménagement, s’assit sur un fauteuil et la bascula sur ses genoux, avant de la fesser de ses mains sans ménagement.


C’était une première pour Roxane et cette douleur, peau contre peau, la ravit. Il la touchait ! Quel bonheur ! Elle pouvait sentir son odeur, profiter de sa présence. Parfois, il caressait ses fesses avant de reprendre les claques.


Sa main gauche sur sa nuque l’empêchant de se redresser faisait ronronner Roxane de plaisir. Les coups changèrent lorsqu’il se saisit d’un paddle. Le son se modifia, résonnant dans le donjon, le cri de Roxane faisant écho au claquement sur la peau.



Roxane lâcha prise et accepta de devenir complètement vulnérable. Elle fondit en larmes, ce qui n’empêcha absolument pas Nicolas de continuer. Roxane pleurait et criait de douleur, sans jamais demander grâce. Au contraire, elle voulait qu’il poursuive.


Il finit par la poser et ce fut à genoux devant lui qu’elle dégusta un verre de jus de fruits qui lui éclaircit l’esprit et lui rendit des forces. Roxane sourit. Elle se sentait bien, calme, détendue, en toute confiance. Elle était nue, physiquement et mentalement, sans ressentir la moindre peur. Il prenait soin d’elle.


Il la remit debout puis la mena au centre de la pièce, retira les menottes à l’aide d’une clé. Il leva son bras droit. Une entrave en cuir entoura le poignet. Son jumeau reçut le même traitement. La cheville droite s’écarta vers un anneau au sol. La gauche fit de même et Roxane se retrouva écartelée, dans l’impossibilité de bouger, offerte, impuissante.


Loin d’avoir peur, elle se sentait bien, sereine, entre de bonnes mains et le ballet des lanières sur la peau reprit. Nicolas profita de la position plus offerte pour s’en donner à cœur joie. Les martinets frappèrent sans répit le dos, les fesses, les cuisses, le ventre, les seins et le sexe. Chaque coup entraînait Roxane un peu plus loin. Elle supposa qu’elle criait, mais n’en était pas totalement sûre.


Le premier coup de fouet lui cingla le dos et Roxane se sentit partir. Les liens la retinrent, l’empêchant de tomber, et Roxane se laissa porter. Le deuxième coup frappa au ventre. Roxane hurla, le son emplissant l’espace. Le troisième toucha le sexe et seul le silence répondit au claquement du fouet.


Roxane flottait sur un nuage de coton doux. Le plaisir ne venait pas du ventre comme lors d’un orgasme, non ! Il coulait depuis le cerveau, descendant par la moelle épinière, envahissant tout son corps telle de la lave dévorant tout sur son passage.


Pitié, faites qu’il ne s’arrête pas ! Encore ! Le coup suivant tomba sur le sexe et une nouvelle explosion se produisit. Le volcan cracha, explosa, fuma, et Roxane espéra en avoir encore. Elle ne voulait surtout pas qu’il s’arrête. Le plaisir la submergeait. Elle se noyait dans du nectar soyeux. Son âme buvait de l’ambroisie à la source des dieux.


Il y eut une pause et Roxane craignit qu’il ne s’arrête ! Non ! Encore ! Elle en voulait encore ! C’était trop bon ! Le fouet repartit à l’assaut et Roxane sourit béatement, en apesanteur, en dehors du temps.


Roxane sentit un froid intense s’emparer d’elle. Une couverture chaude l’enveloppa et elle eut envie de pleurer.



Roxane laissa les larmes couler abondamment. Elle ne sanglotait pas, ne gémissait pas. Elle resta totalement silencieuse, trempant la chemise du duc Du Moulin d’eau salée, avant de s’endormir, harassée, dans ses bras.


Le soleil filtrant à travers les rideaux l’éveilla. Elle était dans sa chambre, nue sous une chaude couverture. Elle avait mal partout. Elle constata la présence du baby-phone allumé sur sa table de chevet. Nicolas avait sans aucun doute confié la surveillance nocturne à son ami. Quelle heure était-il ?


Elle se redressa en gémissant. La couverture glissant dévoila son corps, lardé de marques, zébré de griffures rouges profondes. Aucun millimètre de peau n’avait été épargné. Roxane caressa les marques douloureuses en souriant. Elle se sentait bien.


On frappa à la porte.



Mean referma la porte derrière lui puis détailla Roxane. Son visage dévoila une gêne, une angoisse, une anxiété, une inquiétude peut-être.



Albert se détendit, rassuré. Visiblement, même pour lui, c’était difficilement supportable. La baronne n’était pas une vraie masochiste. Elle demandait des coups pour expier ses soi-disant fautes, pour éloigner sa dépression et sa tristesse. Elle ne ressentait pas de plaisir physique à se faire frapper. La joie était davantage spirituelle. Face à une vraie masochiste, Nicolas le sadique s’était lâché.


Albert découvrait l’étendue des envies de son ami à travers le résultat. Il en frémissait de malaise. La vue le dérangeait clairement. Voir Roxane dans cet état lui était difficilement supportable. Il prit sur lui et lui proposa galamment sa main.


Elle se releva et il l’aida à s’habiller, ayant du mal à réaliser elle-même les mouvements nécessaires. Une robe à manche longue tombant jusqu’au sol masqua aisément les marques. Roxane ayant froid, être ainsi couverte lui convenait totalement.


Elle petit-déjeuna avec appétit devant un Ronald n’ayant de cesse de lui répéter qu’il ne l’avait pas assez vue et qu’elle était priée de revenir vite. Vu comme le duc s’en tortillait de malaise, il était clair que le majordome disait cela de sa propre initiative.


L’excellent petit-déjeuner terminé, Roxane salua sobrement Ronald pour lui dire au revoir et celui-ci fit de même, fidèle à son flegme permanent. Albert conduisit Roxane à l’aéroport et seul le son sortant de l’autoradio envahit la voiture. Roxane laissait ses pensées dériver. Elle ne voulait pas partir. Elle désirait tant rester. Ce n’était pas possible. La France l’attendait, sa thèse, son doctorat.


Albert ne prononça pas un seul mot non plus. Peut-être le choc des marques l’avait-il atteint trop profondément. Il digérait mal la vision.


Ils arrivèrent un peu en avance à l’aéroport. L’enregistrement de la valise se fit sans difficulté. Roxane devait maintenant rejoindre la salle d’attente réservée aux propriétaires d’un billet. Ils étaient en avance. Albert lui fit signe de le suivre et il l’emmena un peu à l’écart.



Albert s’éloigna, offrant un peu d’intimité à ces deux-là.



Roxane rit avant de s’asseoir à côté de Nicolas qui souriait franchement.



Il lui envoya un regard ravi.



Roxane ricana doucement.



Roxane en ronronna de plaisir. Elle adorait lorsqu’il parlait de cette façon.



Roxane sourit.



Roxane rit.



Roxane fronça les sourcils. Ah bon ? Elle avait fait quoi ?



Nicolas hocha la tête, les yeux brillants de plaisir à ce souvenir.



Roxane miaula de plaisir.



Roxane sentit une douce chaleur l’envahir. Sa meilleure amie comprenait. Elle en était tellement heureuse.



Voilà qui lui interdisait de le refuser. Roxane grimaça. Nicolas sortit un téléphone portable de sa poche et le lui tendit. Roxane le prit sans comprendre.



Roxane serra le téléphone. Un lien avec lui. Son cœur explosa de joie.



Roxane eut envie de l’embrasser. Elle n’en fit rien, resta sobre, retenant ses larmes qui, pourtant, hurlaient leur envie de couler.



Il déverrouilla le téléphone lentement devant Roxane afin qu’elle voie bien le numéro puis sélectionna une application de jeu de dames.



Roxane hocha la tête. Nicolas déposa un chaste baiser sur son front puis s’éloigna. Albert le remplaça.



Roxane sourit sans s’opposer à Albert, et ce bien qu’elle ne le trouva pas spécialement vieux. Il lui tendit un objet emballé dans un joli papier cadeau. Elle l’ouvrit pour découvrir un livre sur le jeu de dames, de très haut niveau.



Roxane acquiesça. Le moment était venu. Elle allait devoir partir. Un appel retentit dans les haut-parleurs. Roxane, la bouche légèrement entrouverte, n’attendait qu’une seule chose : un baiser. S’il l’embrassait, elle resterait, pour lui. L’échange de regards dura et le temps suspendit son vol.


Albert, au lieu de s’avancer, se recula et lança :



Son cœur pris dans un étau, elle se leva, enfourna le livre dans son sac et s’éloigna sans un mot, le téléphone portable serré dans sa main, les phalanges blanches. Il l’avait repoussée. Ce fut en larmes qu’elle présenta son billet à la réceptionniste qui ne lui fit aucune remarque. Elle devait avoir l’habitude des amoureuses éplorées au moment de la séparation.


Elle ne chercha pas à essuyer son visage. Elle n’avait pas honte de sa tristesse.



  • — Qu’il est con, mais qu’il est con ! s’exclama Nicolas. Un baiser ! C’est tout ce que ça te demandait. Tu l’embrassais et elle ne montait pas dans cet avion !
  • — Facile à dire pour toi ! Méline et toi n’avez que sept ans d’écart. Moi, c’est presque vingt ! Je pourrais presque être son père !

Nicolas secoua la tête de dépit.


  • — Et puis, nous ne sommes pas compatibles, compléta Albert.
  • — Sexuellement tu veux dire ? s’étrangla Nicolas. Parce que je suis compatible avec ma fiancée résolument vanille ? Parce que Charles et Philibert sont compatibles avec leur femme ? Roxane connaît tes besoins et les respecte. Avec elle, tu n’aurais jamais eu à te cacher. Tu aurais pu vivre librement et elle t’y aurait encouragé. Elle est ta partenaire idéale !

Albert baissa les yeux.


  • — Je ne lui ferai pas ça. Elle est jeune. Elle doit vivre, pas s’enfermer avec un vieux croûton comme moi.
  • — Albert, je te dis ça en toute amitié…

Le duc Mean leva les yeux sur son ami.


  • — Tu es con, cingla Nicolas.



  • — Elle a décliné l’invitation, dit Méline. Elle ne viendra pas à notre mariage.

Nicolas s’y attendait. Albert n’avait jamais appelé Roxane. La Française n’avait jamais repris contact avec le duc écossais. Elle se montrait très sobre et distante avec lui-même lors de leurs rares contacts téléphoniques. Seule restait Méline qui papotait tous les jours avec elle, mais Nicolas ne douta pas que seule sa femme parlait. Il sut par ce biais que Roxane avait décroché son diplôme de docteur en biologie. Il lui transmit ses félicitations auxquelles elle répondit froidement.




Arrêtez de me contacter, s’il vous plaît.


Nicolas se prit le SMS de plein fouet. Roxane rompait le lien. Il accepta sa décision, se contentant des nouvelles transmises via Méline.




Nicolas avançait dans le couloir de l’hôtel. Avait-il raison d’aller au-devant d’elle alors même qu’elle avait demandé à ne plus le voir ? Quelque chose clochait, il le sentait, mais quoi ?


Il ne ratait pas une seule de ses compétitions, se rendant sur place avec Méline et Albert à chaque fois qu’elles se tenaient en présentiel, les suivant par écran interposé lorsqu’elles se vivaient en ligne.


Roxane gagnait, encore et encore. Elle perdait peu, occasionnellement, de manière rare et jamais dans de grandes compétitions. Ses gains augmentaient significativement. Il ne faisait aucun doute que sa fortune dépassait désormais la sienne.


Pourtant, quelque chose n’allait pas. Roxane appliquait les conseils d’Albert et jouait frustrée à chaque compétition réelle, mettant mal à l’aise les joueurs masculins, se donnant une chance supplémentaire de réussite. Elle rayonnait de puissance. Pourquoi Nicolas avait-il ce sentiment de malaise ?


Il arriva devant la porte de la chambre 403, que le standardiste avait bien voulu lui indiquer comme étant celle de Roxane contre un gros tas de billets. La porte était ouverte. Nicolas fronça les sourcils. Il entendit une voix masculine :


  • — Roxane ! Pose ce rasoir ! Tu vas avoir ta dose ! Tu n’as pas besoin de ça !

Nicolas frémit. Que se passait-il ? Il entra dans la chambre avec prudence, cherchant la source de la voix.


  • — Roxane ! Je t’en prie ! On va baiser, je te le promets. Pose cette lame de rasoir. Pose-la !

La voix masculine était suppliante, déchirante. Nicolas sentit son cœur se taillader.


La voix venait de la salle de bain. Il découvrit Roxane, nue, à genoux dans la douche, une lame de rasoir à la main, prête à s’ouvrir le bras. Ce ne fut pas cela qui choqua le plus Nicolas, mais le corps de Roxane. Pas une blessure, pas une cicatrice, non, mais une maigreur. Depuis quand était-elle anorexique ? Comment avait-il pu ne pas s’en rendre compte ? Bien sûr, son visage s’était aminci, mais jamais il n’aurait imaginé une telle perte de poids ! Elle devait choisir ses vêtements avec soin.


  • — Pose-le, Roxane. Je t’en prie, supplia encore l’homme.

Habillé d’un jean et d’un tee-shirt, il portait une barbe bien taillée. Il ressemblait à n’importe qui. Il montrait un regard affligé et fatigué. Nicolas comprit qu’il n’arriverait à rien. Roxane ne l’écoutait pas. Il décida d’intervenir. De sa voix la plus cinglante, ferme et autoritaire qu’il put faire malgré son état de nerf, il ordonna :


  • — Roxane, lâche cette lame de rasoir.

La Française obéit instantanément. Le bruit du métal sur la faïence résonna longtemps dans la salle de bain. L’homme se tourna vers Nicolas. Il ne fut pas en colère de sa présence dans la pièce bien au contraire, il semblait reconnaissant.


Nicolas s’avança vers Roxane et l’homme ne l’en empêcha pas. Il attrapa la jeune femme par les cheveux et la força à le suivre dans la chambre. Elle suivit sans se rebeller. Mon Dieu qu’elle était légère ! Où étaient passées ses hanches, ses seins et ses fesses ?


Il s’assit sur le lit, la coucha sur ses genoux et la fessa. Roxane pleura sans jamais demander grâce. L’homme observa la scène, incrédule, paralysé. Nicolas jugeant que cela suffisait, il assit Roxane sur le lit et la jeune femme ne réagit pas. Elle semblait absente.


  • — Vous n’obtiendrez rien d’elle tant qu’elle n’aura pas eu sa dose, dit l’homme.
  • — Vous êtes ? demanda Nicolas.
  • — Son assistant de vie. Roxane ne peut pas vivre seule.
  • — Pourquoi ? s’étonna Nicolas.
  • — L’année dernière, elle a tenté de se suicider.
  • — Quoi ? s’étrangla Nicolas, pris de vertiges.
  • — Il s’en est fallu de peu. La femme de ménage de l’hôtel l’a trouvée dans la baignoire, l’eau rouge de son sang, le corps couvert de marques.

Nicolas se tourna vers Roxane qui ne réagissait pas à ces mots.


  • — Tu n’as pas cherché à te suicider, n’est-ce pas ? Tu cherches à atteindre le subspace.

Roxane réagit enfin. Elle hurla, un cri profond, entier, violent, et elle fut secouée de spasmes et de sanglots.


  • — Elle cherche à atteindre quoi ? demanda l’homme.
  • — Roxane, tu ne peux pas y arriver seule, indiqua Nicolas et il fut empli d’un profond sentiment de culpabilité.

C’était sa faute. Si seulement il ne l’avait pas laissée partir. Il aurait dû insister davantage auprès d’Albert. Au lieu de cela, il s’était enfoui la tête dans le sable, préférant ignorer le drame se jouant. Il s’en voulait tellement !


  • — Écoutez mon vieux, je ne sais pas qui vous êtes. Je vous suis reconnaissant de l’avoir fait sortir de la douche, mais est-ce que vous pourriez partir maintenant ? Je vais lui donner sa dose et ça ira mieux après.
  • — Sa dose de quoi ? demanda Nicolas.
  • — De sexe, répondit l’homme sans détour. Il n’y a que cela qui la calme. Au début, je l’ai cru nymphomane, mais non, elle est juste hypersexuelle. Les médecins l’assommaient de drogues, refusant d’entendre son besoin, de ne serait-ce que de le considérer. J’étais infirmier. J’ai démissionné et je l’ai fait sortir de là.

Nicolas trouva admirable le dévouement de cet homme.


  • — Depuis, je la suis dans ses déplacements et je la soutiens de mon mieux durant les crises.
  • — Elle en fait souvent ? s’enquit Nicolas, au bord des larmes.
  • — À chaque fois qu’elle gagne.

Elle ne perdait que rarement, se souvint Nicolas. Il serra les mains de la Française dans les siennes, retenant de plus en plus difficilement ses propres sanglots.


  • — S’il vous plaît, insista l’infirmier, sortez que je puisse lui donner ce dont elle a besoin.

Nicolas sortit son téléphone, se rendit dans les messages, sélectionna « Albert Mean » puis écrivit :


  • — Viens, chambre 403, maintenant !

Il rangea son téléphone et resta devant Roxane.


  • — Elle se met à trembler, dit l’infirmier. Elle ne va pas tarder à craquer. S’il vous plaît, monsieur, sortez !
  • — Calme-toi, murmura-t-il à Roxane. Je suis là, tout va bien.

Les tremblements cessèrent.


  • — Putain ! Mais vous êtes qui ? gronda l’infirmier, à la fois agacé et ravi.
  • — Je suis la cause de sa douleur, maugréa Nicolas.

L’infirmier fronça les sourcils, mais resta silencieux. Albert apparut dans le dos de Roxane. Nicolas lâcha les mains de la jeune femme, se leva, attrapa l’infirmier pour qu’il sorte avec lui. En passant devant son ami, il lui dit d’un ton cinglant :


  • — T’as pas intérêt à foirer cette fois sinon, ami ou pas, je te le ferai payer, crois-moi !

Nicolas sortit de la pièce et referma la porte derrière lui. L’infirmier dans le couloir ne pipa mot. Il devait sentir que le moment était grave. Nicolas se permit enfin de fondre en larmes.




Elle hallucinait de nouveau. Ce n’était pas la première fois qu’elle voyait Albert. Cela se produisait souvent. Elle savait qu’il n’était pas réel… simple construction de son esprit brisé.



Tiens, ses mots n’étaient pas ceux de d’habitude. Le rêve se modifiait.



Ses mots l’atteignirent à travers le brouillard. Que venait-il de dire ? Roxane leva la main droite et s’avança vers l’illusion. Elle rencontra la chemise, et dessous, la chair. Était-ce possible ? Était-il réel ?



Il l’embrassa et ce baiser la consuma. Elle le lui rendit avec fougue et passion. Elle l’attendait depuis tellement longtemps ! Elle brûlait pour lui. Sans attendre, elle déboutonna la chemise d’Albert et le duc l’aida en retirant lui-même son pantalon et son caleçon.


Lorsque son sexe pénétra son intimité, Roxane fondit en larmes et hurla de plaisir en même temps. Elle l’avait tant espéré, tant voulu, tant recherché ! Albert malaxa ses seins, caressa son corps offert, la lécha, la mordilla, l’embrassa partout avant de la retourner, lui attrapa les bras qu’il maintint fermement dans son dos et la baisa avec brutalité tout en titillant son clitoris. Roxane jouit avec force et puissance, son cri de plaisir emplissant la chambre d’hôtel.


Elle se retrouva lovée dans ses bras, ronronnant de plaisir, enfin comblée et satisfaite. Elle sortait d’un long cauchemar. La porte s’ouvrit, dévoilant Nicolas. Roxane, terrorisée, se rapprocha d’Albert, comme pour chercher sa protection. Nicolas se contenta de lui prendre gentiment la main.



Roxane hocha la tête et embrassa tendrement son amant. Nicolas, d’une pression sur la main, l’obligea à recentrer son attention sur lui.



Roxane comprenait très bien ce qu’il sous-entendait. Elle n’avait plus le droit de se faire du mal. Seul lui le pouvait.



Les deux hommes ne la contredirent pas. Ils rirent doucement.



Roxane ronronna de plaisir. Elle était comblée.