| n° 20405 | Fiche technique | 29586 caractères | 29586Temps de lecture estimé : 17 mn | 02/08/21 |
| Résumé: Eve découvre l’amour et les relations longue distance. Elle n’a pas l’intention d’écouter les mises en garde des ses nouvelles amies. | ||||
| Critères: fh jeunes extracon telnet amour fmast fellation préservati pénétratio fdanus coprolalie jouet | ||||
| Auteur : Ellian Envoi mini-message | ||||
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Résumé de l’épisode précédent :
Ève est entrée en première année à l’école du plaisir, une école qui porte bien son nom. Elle y a rencontré Estelle qui partage sa chambre ; Sophie, sa copine blonde un peu délurée ; Amarylis, une dominatrice ambitieuse ; Marie, une deuxième année protectrice qui lui a présenté son petit ami, Marc.
Je me suis souvent demandé comment on le savait. Je veux dire, comment on pouvait vraiment savoir quand on était amoureux. Je le sais maintenant, c’est quand on ne peut empêcher la B.O. de Love Actually de tourner en boucle dans sa tête. Je ne dis pas que je n’ai jamais aimé, mais différemment. Je me souviens quand même de Martin, en maternelle. C’était plus simple à l’époque, je ne me demandais pas si ça allait être un bon coup ou s’il savait cuisiner. Il était un des seuls à ne pas relever les jupes des filles et ça avait suffi à me charmer.
Roméo s’est montré beaucoup moins réticent à me la relever, ma jupe. Nous nous sommes rencontrés pendant les vacances de Pâques. J’ai eu envie de sortir un peu de l’école et de reprendre contact avec mon ancienne vie. J’avais prévu de passer une semaine chez la partenaire de débauche que j’avais rencontrée pendant mon année en fac de psycho. Elle avait organisé une soirée et c’est là que je l’ai rencontré. Un regard, quelques mots, et plus personne n’existait autour de nous. Il est un peu plus grand que moi, brun, des yeux marron qui tirent sur le vert. Il est étudiant en sociologie et travaille le soir bénévolement pour une association caritative dont il est trésorier. Il ira aider à rénover une école en Afrique cet été. Je pourrais peut-être aller avec lui ? Il fait beaucoup de sport, ne boit pas une goutte d’alcool.
Mon amie était furieuse, au lieu de passer la semaine chez elle, je l’ai passée chez lui. Impossible de le quitter. Lui, son corps, ses muscles, sa bouche, son sexe. Impossible de croiser nos regards sans être envahis d’une fureur sexuelle frénétique. Quand il sortait de la douche, quand il me préparait mon petit-déj, quand il essayait de réviser ses cours… Dans la rue il nous a fallu trouver un coin plus sombre. J’ai baissé ma culotte, il m’a relevé la jupe et m’a pénétrée d’un coup, de toute la longueur de son sexe. J’ai joui en quelques aller-retour. La position n’était pas très confortable, je l’ai fait exploser dans ma bouche, nos regards en fusion. J’aime tout chez lui : sa queue, son cul, son corps, son charisme… Je n’ai jamais désiré quelqu’un comme ça. Nous pourrions discuter ensemble pendant des heures, sur nos vies, nos envies, nos parcours… si j’arrivais à me retenir de lui sauter dessus. Je ne le force pas, il en redemande. La nuit, entre deux somnolences, ma main s’aventurait vers cette queue presque encore vigoureuse, qui repartait au frôlement de mes doigts. Je voulais vérifier qu’il m’appartenait toujours. Lui, son membre, son foutre, pour moi, pour ma gorge, pour le creux de mes reins. Rien qu’à moi. Je ne voulais et ne veux rien d’autre que de le posséder, et qu’il me possède, partout. Je le voulais dans mon cul, j’aurais dû lui demander, il n’a peut-être pas osé. J’aurais été à lui, et lui à moi.
Il a bien fallu partir. Il faut bien rentrer. L’année n’est pas finie. Dans le bus qui me ramène vers l’école, ma drogue me manque. Je me sens nerveuse, agacée. Je voudrais être seule pour me caresser, l’appeler, lui dire ce que je veux lui faire. Comme ces six semaines vont être longues… Je dois finir l’année, passer mes examens. L’année prochaine, je me rapprocherai de lui. On pourra prendre un appart ensemble, je reprendrai les cours à la fac.
Depuis quelques jours, elle me saoule, Sophie. Elle pige rien, sérieux.
Tout ne va pas si bien. Les autres filles sont tout autant à côté de la plaque. Finalement, je serai bien contente de la quitter, cette école. Dès qu’on parle d’amour, de sentiments, d’âme sœur, il n’y a plus personne. Je passe de plus en plus de temps seule dans ma chambre. Ça tombe bien, les examens de fin d’année approchent, j’ai pris du retard en maths expérimentales, je devais les bosser pendant les vacances et j’ai toute une pile de livres érotiques à lire d’ici juin.
J’ai trop envie de l’appeler. Avec lui, tout est si naturel. Je n’ai rien à expliquer. Il sait ce que je ressens, ce que je veux.
Pendant qu’il parle, ma main hypnotisée par sa voix descend le long de mon ventre et se love entre mes cuisses. Ma petite fente est trempée, mon bouton tout dur. Mon index s’humidifie à la caresse des petites lèvres ouvertes et s’amuse de la sensibilité de mon clitoris bandé.
J’ai mis le téléphone sur haut-parleur, posé à côté de moi sur le lit. Mes doigts rentrent, ressortent, me baisent, excitent, agacent, violentent mon petit bouton devenu si gros. Mon autre main passe fébrilement sur mes seins, empoigne fermement l’un, puis l’autre, étire les tétons jusqu’à la douleur. Je ne peux retenir un gémissement.
Mes doigts glissent le long de ma chatte, et tout en l’investissant régulièrement pour soulager leur faim dévorante, ils se rapprochent et s’aventurent vers mon petit trou vierge.
Mon index effleure cette partie de chair à la fois douce et dure. Il l’apprivoise tendrement, lui fait goutter la liqueur, conséquence des délices qu’il a prodiguées à un autre orifice. Mon muscle se laisse séduire et accepte de goûter une phalange. La boîte de Sodome est ouverte. Profitant de l’instant de plaisir provoqué par son entrée, mon doigt fait mine de se retirer avant de pousser un peu plus loin sa conquête. Mon cul est envahi, il se délecte d’avoir perdu la bataille, et subit avec bonheur les assauts répétés de mon index conquérant. Mon minou en manque d’action crie famine, et demande le renfort de mon autre main qui abandonne sans remords mes seins endoloris et mes pointes rougies.
Mes doigts s’enfoncent en rythme, dans les profondeurs de mes entrailles. Mon majeur a pris la relève de mon index, trop petit, trop court. Je me défonce les deux trous. Ma langue s’approche du téléphone, espérant laper une queue qu’elle a tellement aimé caresser. Roméo grogne, râle. La vision de son foutre arrosant toute la pièce, giclant comme une fontaine intarissable m’emmène au bord du précipice.
Le porte s’ouvre, Estelle rentre dans la chambre.
Je redescends violemment.
Je coupe la communication et tente de reprendre une position à peu près digne.
Je rougis comme une tomate bio en plein mois d’août.
Elle se retourne et sort du tiroir de sa table de nuit un petit objet brillant qu’elle me tend.
L’objet semble en métal, un peu conique, avec une petite barre et une surface plane sertie d’une pierre précieuse rose.
Je revois Roméo dans une semaine. Un week-end prolongé. J’irai chez lui. Je suis comme une pile électrique. On continue à s’appeler presque tous les soirs, parfois on peut s’amuser un peu… d’autre fois, non. J’ai de plus en plus de mal à me concentrer. Je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à tout ce que je veux faire de ce week-end. Toutes les pires cochonneries sont passées en revue, les pires positions, les pires gestes, les pires paroles, les pires endroits. J’imagine que rien ne se passera comme je l’avais prévu, mais je sais que ce sera encore mieux. Je vais le posséder, l’accueillir, le recevoir partout, je serai sa chose sexuelle et il sera ma queue.
Deux heures que je suis devant mon écran. Un samedi soir, je pourrais avoir autre chose à faire un samedi soir. Je pourrais être avec lui. Je vais l’appeler. Mais avant, je vais l’essayer le Rosebud. Peut-être que je lui dirai. Peut-être pas. Je lui garderai la surprise pour le week-end prochain.
Je le suce un peu, c’est vrai que c’est froid. C’est de l’acier ? C’est très doux, parfaitement lisse. Je me mets à quatre pattes sur le lit. Je pose la pointe sur mon entrée. Je me contracte, c’est encore un petit peu froid. J’insiste un peu, je me détends, je m’écarte légèrement. Il entre d’un coup. Je ne pensais pas le mettre en place si facilement. Je sens bien sa présence. J’appuie un peu pour voir s’il ne va pas rentrer davantage. Non, il ne bougera plus. Une fois debout, son poids se fait sentir, je me sens possédée. Dans la glace, légèrement penchée en avant, je l’admire. Si on m’avait dit que j’aurais un jour un diamant entre les fesses… C’est coquin, mais c’est avant tout très joli. Ça m’a excitée. Ça m’excite de faire des choses nouvelles, de les faire pour lui… imaginer l’effet que ça lui fera, et ce que je ferai de cet… effet. Je tombe sur son répondeur, je me suis allumée pour rien. Tant pis, je le rappellerai plus tard. Retour aux maths. Assis aussi, c’est agréable : le Rosebud appuie sur mon anus comme s’il pensait pouvoir rentrer davantage.
J’ai une invitation sur la messagerie instantanée : « ecoleduplaisir » souhaite démarrer une conversation vidéo avec vous. J’hésite à accepter, mais c’est peut-être la directrice. Que me voudrait-elle à cette heure, un samedi soir ? Je suis précautionneuse, j’accepte, mais pas sans avoir débranché ma cam. L’image apparaît. Le bord d’une petite table, le bord d’un lit, des murs blancs. Rien de transcendant, ça m’a tout l’air d’une chambre d’hôtel. La lumière est légèrement tamisée. Cette image désespérément fixe et vide m’intrigue. J’aperçois une ombre, elle se déplace. Tout devient subitement noir. La caméra semble avoir toutes les peines du monde à se dépatouiller entre la mise au point et la correction de l’obscurité.
Un décolleté presque aussi profond qu’indécent envahit la totalité de l’écran. La caméra est réorientée pour afficher les deux tiers du lit. Deux gros seins lourds sont magnifiquement rehaussés par une nuisette semi-transparente baby-doll rose bonbon aux motifs très floraux. Un tout petit string assorti révèle plus qu’il ne masque les reliefs des lèvres qu’il recouvre. La poupée sexuelle réajuste innocemment l’étoffe qui caresse sa poitrine pour dévoiler, en contraste de sa peau laiteuse, les deux demi-cercles sombres de ses aréoles. Elle s’installe sur le bord du lit, les cuisses écartées, le buste dressé, présentée en offrande à celui ou celle qui aura faim ce soir. Ainsi de profil, la démesure de ses seins me paraît encore plus irréelle. Je ne peux apercevoir son visage, mais les extrémités de deux petites couettes brunes sautillent dans les airs. Sa tenue provoque un effet push-up dont elle n’a aucun besoin.
Une deuxième ombre s’agite sur les murs de la chambre. La poupée docile glisse une main caressante entre ses cuisses pour dévoiler le peu qui peut encore l’être. Une tête plonge vers son autel pour se délecter de sa source sacrée. De ses deux mains, elle maintient fermement l’assoiffé par les cheveux comme pour le noyer dans ses effluves. Son bassin tremble à peine, mais l’amplitude croissante de sa respiration rehausse l’impudeur de sa poitrine jusqu’à laisser échapper ses deux gros tétons dressés. Elle se lève, parvenant tant bien que mal à désaimanter le servant de son sexe. J’aperçois des parcelles de son corps, nu. Son membre, tendu, cherchant le soulagement contre sa cuisse, à elle, et dévoilant par intermittence son gland turgescent d’une douloureuse envie. Elle ne le laisse pas longtemps se confesser entre ses seins. Elle gardera le secret des perversions qu’il leur aura infligé. Elle le pousse vers le lit. L’espace d’un instant, j’ai la crainte que l’essentiel soit hors champ, mais par bonheur la queue dressée reste bien visible proche du bord de l’écran, elle semble secouée de spasmes quand la déesse de luxure dévoile sa complète nudité.
C’est lorsqu’elle plonge pour exaucer le chibre que je la reconnais. Amarylis lèche, pompe, bouffe, gobe, et submerge son homme de plaisir sous un déluge de salive, des couilles à la queue. C’est en trop pour le croisé qui demande l’extrême-onction. Amarylis enserre fermement d’une main la base de la verge qui miraculeusement ne laisse échapper qu’une petite goutte de foutre. Amarylis s’empresse de faire disparaître les preuves en quelques petits coups de langue sur la cuisse et la toute pointe du gland du bienheureux. La vigueur et l’honneur de la bite restés intacts, Amarylis avale le sabre sur presque toute sa longueur. Et c’est comme par magie que la queue réapparaît aux yeux du public presque entièrement recouverte d’un capuchon en latex. Saisissant à nouveau l’objet de ses convoitises, elle le fait pénétrer entre ses cuisses, entre ses lèvres. Son cul s’agite, s’excite, se branle. Certaines le font contre un mur ou dans l’air, pour vendre leur musique, Amarylis le fait contre un mâle et semble y prendre du plaisir.
Depuis tout à l’heure je n’entends rien. J’aurais pu allumer les enceintes. Voilà. Ses soupirs s’envolent en une symphonie. L’ode à la jouissance sera son acte final. Je pourrais me caresser, je pourrais jouir avec elle, avec eux, mais je reste paralysée par son corps, sa luxure sans limites, son abandon complet et son contrôle total. Elle se fait jouir sur ce gode de chair sans relâcher un instant la pression sexuelle qu’elle lui impose. Sa main remplace sans délai son fourreau satisfait, elle ôte le préservatif et astique le volcan au bord de l’explosion tout en l’amenant au bord du lit. Elle, à genoux par terre, lui, assis. Lui ! Au moment même où la connexion neuronale s’établit entre les aires de la vision et de la mémoire de mon cerveau, les éruptions blanchâtres souillent les reliefs d’Amarylis. Mon cœur est à l’arrêt. Mes yeux passent avec frénésie de ce visage angélique que j’aime de toute mon âme, à ces seins, cette bouche, ces joues diaboliques dégoulinants de foutre qui viennent de la briser, cette âme. L’image devient noire. L’écran, la chambre, un vertige, une douleur, tout s’éteint.
Je n’ai pas encore l’image, mais le son revient. Lointain, sourd. Je n’ai pas envie de la suivre. Plus je l’écoute, plus j’ai mal. Je ne sais pas où, mais j’ai mal. Peut-être à la tête. Oui, mais pas seulement. « Ève, Ève, ça va ? Ève ! » Elle ne semble pas décidée à me foutre la paix. Mes yeux s’entrouvrent et dans ce flou insupportablement éblouissant, distinguent un visage qui s’agite.
C’était donc un rêve. C’est l’heure de se lever pour aller en cours. Oui, tout ira bien.
Estelle me prend dans ses bras.
Elle presse le côté de mon crâne avec un gant de toilette humide et froid.
Je me redresse. Le mal au crâne s’intensifie brutalement, je sens ma conscience s’échapper à nouveau.
Estelle me soutient et m’assoit sur la chaise de bureau. De la souris, je réveille l’écran, il faut que je sache, tout de suite. La messagerie est restée ouverte sur la conversation avec « ecoleduplaisir ». Tout est vrai et pourtant si irréel.
Je ferme précipitamment la fenêtre de conversation, elle ne doit pas savoir, personne ne doit savoir.
En d’autres circonstances, l’idée aurait provoqué en moi des sentiments divers, de l’excitation à la gêne, mais je suis complètement anesthésiée. J’ai l’impression de léviter dans une autre dimension. Je ne me rends pas compte qu’Estelle me déshabille, seule la chaleur de l’eau me ramène un peu à moi.
Je ne sais même pas de quoi elle me parle, jusqu’à ce que je ressente ce mouvement entre mes fesses. Je l’avais oublié celui-là. La sensation est bien moins agréable qu’à son entrée. Mon cul et mon cœur ne sont plus à la fête. Estelle me sèche et me couche dans mon lit. Elle dépose un baiser sur mon front.
Mes yeux se ferment. Réapparaît alors la scène, en boucle. Le visage et le corps d’Amarylis toujours plus submergés, le sourire de Roméo toujours plus béat, presque sadique. Ils me regardent tous les deux. Amarylis branle sans fin, les jets ne s’arrêtent pas. Elle les boit, les lèche, les étale sur son corps comme une crème hydratante, s’attardant sur ses seins qui semblent grossir à vue d’œil, lubrifiant son sexe de ce liquide intarissable. Puis exhibant son dos et sa croupe, laissant son petit trou se faire inonder à son tour, elle y enfonce un doigt puis bientôt deux. La rose est épanouie, nul besoin qu’ils la maltraitent, ils la pénètrent avec lenteur et délicatesse. Laissant sagement leur place pourtant bien agréable, ils se retirent pour qu’un énorme Rosebud argenté, serti d’une pierre rose se fraye sans difficulté un chemin dans ce sentier pourtant étroit.
Je me réveille en sursaut. Je ne veux plus jamais me rendormir.
La nuit fut la pire de ma vie. La matinée sera sans doute très longue. Que dire ? Que répondre ? Comment pourrais-je suivre un cours sur l’orgasme dans mon état ? Elles avaient raison, je me suis emballée. Non, c’est elle. Tout est sa faute. Elle lui a joué un tour, utilisé sa magie séductrice et destructrice. Peut-être l’a-t-elle mis dans un état second avec une potion alcoolisée, ou bien drogué ? Il ne pouvait pas… il n’aurait pas…
Je pose d’un geste automatique la main sur la bosse que j’avais presque oubliée. Sophie est en pleine forme.
J’ai pas été cool. Mais là tout de suite je m’en fous. J’ai juste envie de chialer dans mon coin, loin d’ici, loin de cette école. J’ai peur de croiser Amarylis. Peur de ce que je ressentirai, peur de ma réaction aussi. Je file en cours : moins de temps je passerai dans les couloirs, plus le risque sera faible.
Madame Sabre encore, l’air encore plus strict qu’à son habitude, nous détaille l’évolution de la compréhension de l’orgasme au fil des siècles et sa description dans la littérature de chaque époque. Impossible d’accrocher. La fin du cours est une délivrance, je peux me réfugier dans ma chambre pendant que les autres vont au self. Seule, je laisse le flot de larmes inonder mon visage. Je sens mes pleurs emporter la rage, l’écœurement, la déception et la haine qui s’étaient installés au plus profond de mon être. Je n’ai pas entendu la porte s’ouvrir.
Estelle, Sophie et Marie s’approchent de moi et me serrent tour à tour dans leurs bras.
Son sourire empreint de compassion et totalement dépourvu de pitié me fait du bien.
Marie est définitivement une fille sérieuse, coquine, mais sérieuse. Mon téléphone sonne. La terreur m’envahit. Estelle le saisit, regarde l’écran. À sa moue, je sais qui m’appelle. Je lui fais signe de la tête, elle renvoie l’appel.
Même si Amarylis a tout manigancé, est-ce que celui que j’ai vu est celui que j’ai aimé ? Le rideau du rêve se fissure, la réalité se dévoile.
C’est fini.
La vie à l’école reprend son cours. Plus de tension avec qui que ce soit. Mon appétit revient, mes envies aussi. J’ai aperçu Amarylis, de loin. Mon cœur s’est emballé un court instant puis, plus rien. Elle m’a ignorée ou fait comme si. Je ne suis pas allée lui parler. Qu’aurais-je pu lui dire ? Lui montrer ma détresse ? ma souffrance ? ma colère ? Non, pas question de lui faire ce plaisir.
Les derniers cours de l’année sont beaucoup plus axés sur la théorie que sur la pratique. Contrairement à ce que je pensais jusque-là, et à ce qu’on me laissait penser d’ailleurs, nous ne passons pas un examen par matière. C’est une seule épreuve devant jury qui validera notre passage en seconde année. J’ai interrogé Estelle sur le sujet, mais elle est restée muette. Mes copines de classe n’en ont pas appris davantage. Je tente ma chance avec Marie.
Elle balance ça avec un naturel déconcertant, et un sourire d’actrice de film X devant la caméra d’un… en fait devant n’importe quelle caméra.
Bon tant pis, je vais faire comme pour le diplôme de maths et réviser tout le programme.