| n° 20143 | Fiche technique | 35711 caractères | 35711 6098 Temps de lecture estimé : 25 mn |
20/03/21 |
Résumé: En vacances à Venise, après le premier confinement, je découvre sur les marches de la gare une jeune beauté brune abandonnée, esseulée et bafouée par son petit copain qui lui a préféré un garçon. | ||||
Critères: #humour #aventure #rencontre fh hplusag vacances amour vengeance caresses fellation cunnilingu pénétratio | ||||
| Auteur : JeffTrois Envoi mini-message | ||||
| DEBUT de la série | Série : La fille qui attendait sur les escaliers... Chapitre 01 / 08 | Épisode suivant |
Enfin libre ! Après plusieurs mois de confinement, nous sommes libres de voyager, d’aller où bon nous semble, enfin presque… Et aux premiers rayons d’un soleil estival, je me précipite sur la première destination accessible pour me retrouver à… Venise.
Seul… mais à Venise !
Bon, ce n’est ni la première fois ni, je l’espère, la dernière fois que je viens ici… À peine sorti de la gare, me voilà enveloppé par le doux soleil de la Lagune, les cris des gondoliers, des mouettes et des goélands, l’odeur persistante de la vase, des échappements des bateaux et les piaillements de la foule bigarrée des touristes.
D’abord respirer, absorber le plus d’air et d’odeurs possible, mais aussi emmagasiner des sons et des images… Pensez donc, après ces quelques mois d’isolement et de sagesse forcée, il faut réhabituer le corps, le cerveau et les sens à retrouver le chemin des souvenirs, des sensations, mais surtout de l’Autre, des autres et des bruits étrangers. Bref, réapprendre à se fabriquer des souvenirs tout en mobilisant ceux déjà acquis.
Alors l’esprit aux aguets, tous mes sens en éveil, je porte enfin un regard de plus en plus aiguisé sur ce qui m’entoure. Eh mon dieu, qu’est-ce qu’il y a comme scènes, saynètes de couples, d’esseulés et des en groupes à observer, photographier, enregistrer, emmagasiner dans ma boîte à mémoires…
Mon gros sac de cuir bien calé entre mes pieds, j’ai failli ne pas la voir… Une mignonne petite brunette, en short, les genoux sous le menton, la basket éculée, une besace à son épaule. C’est qu’elle est assise sur des marches plus ou moins crasseuses, environnée de jambes. Pourtant, elle est à moins de deux pas de moi. La bouche pulpeuse, mais boudeuse, de grosses lunettes de soleil qui cachent la moitié de son visage… Je l’observe un moment. Elle ne bouge pas.
Mathilde s’est laissé choir là où elle se trouvait. Les yeux encore embués de larmes. Pestant et rageant contre la race des mecs, enfin plutôt son mec. « Putain ! Mais quel connard ! » et ajoute aussitôt, in petto « Quelle conne je suis ! Mais quelle conne ! Mais putain, mais quel connard ! »
Il faut dire à sa décharge qu’elle espérait tellement de ce voyage à Venise… Un an ! Cela fait un an qu’ils en parlent, ensemble, qu’elle économise, sou par sou, pour eux deux et boucler un budget à la mesure de leur rêve. Et puis, il y a six mois, cette opportunité, le stage de ce « connard de Damien » – qui à cette époque n’était pas encore classé dans cette catégorie. Un stage avec logement à Venise, durant six mois… C’était vraiment l’occase à ne pas rater… Alors Mathilde avait redoublé ses efforts pour continuer à économiser, même s’il n’était plus question de louer un logement… Et voilà…
Enfin les vacances ! Après les derniers examens de la fac, Mathilde avait même dû refuser un job d’été pour pouvoir passer cette semaine avec Damien à Venise ! Une semaine dans la cité de l’amour, même si lui travaille toute la journée. Cela ne peut pas se refuser… Quitter Dunkerque, sa chambre d’étudiante – dont elle a largement fait le tour pendant le confinement – prendre le soleil d’Italie, visiter la cité lacustre, main dans la main avec son amoureux.
Tout a été checké avec lui, avec son accord et son assentiment. La veille au soir, elle a pris un train de nuit, a suivi les indications de Damien. Arrivée, ce matin en gare de Venise… D’abord un vaporetto jusqu’à l’Arsenal… Ensuite une petite trotte le long des quais… ne pas rater la venelle… ne pas dépasser le numéro 5… pousser la vieille porte… fort, car les gonds sont rouillés et vieux… monter la volée d’escaliers… quatre étages… toquer à la porte du studio où Damien l’attend.
Elle a tout fait… elle a tout fait comment ils avaient prévu, discuté, entendu, repéré…
La voilà hissant son sac dans l’escalier étroit et tordu, jusqu’au quatrième étage… En soufflant, en tirant le sac, elle arrive enfin à la porte du paradis…
Elle frappe… Pas de réponse. Pourtant, il y a des bruits, derrière la porte… Elle en est sûre… « Curieux qu’il n’entende pas ! » Elle sait. Elle sent. Il est là. Damien l’attend. Elle est impatiente de le serrer dans ses bras, voilà bientôt trois mois qu’il est ici ! Trois mois de privation de son corps, de sa queue, de son amour physique… Elle a hâte de le sentir s’enfoncer en elle, de le sentir au plus profond d’elle…
Elle retoque… et machinalement pousse la porte… qui s’ouvre ! Gloups… fait sa glotte… Damien est là ! Mais putain… à quoi il joue ? Il est derrière un mec, en train de… Non !… Mais si… Elle n’a pas la berlue ! Elle reste figée, sidérée.
Là, devant elle, sur un matelas jeté à même le sol, draps et couvertures en vrac, deux mecs, en levrette, sans capote… son Damien, oui, Son Damien encule un autre type !
Elle n’y croit pas ! Les yeux écarquillés, sa main a lâché la bride du sac, l’autre main s’est crispée en forme de poing pour obstruer une partie de la bouche, empêchant son hurlement et sa bordée d’injures d’en sortir et d’ameuter tout le quartier…
Sans dégripper ses mains des hanches de son amant, sans un regard pour elle, Damien, en pleine action qui continue sa besogne en marmonnant…
C’était trop ! Et quand c’est trop, c’est trop !
Ni une, ni deux, elle a ramassé son sac, claqué la porte et repris le chemin qu’elle venait d’emprunter… Les sanglots étouffant sa respiration… Les larmes brouillant sa vue… La rage lui tordant le ventre…
Elle ne sait même pas comment elle s’est retrouvée là, sur les marches de la gare, à son point de départ ! Peut-être dans l’espoir – ou le désespoir – de trouver une place dans un train, n’importe quel train pourvu qu’elle quitte cette putain de ville… Rentrer à Dunkerque ! Jamais elle n’a été aussi humiliée ! Jamais un mec ne l’a traitée comme ça… comme de la… de la merde… Elle se l’avoue, se le serine, s’en repaît… Voilà, c’est exactement ce qu’elle ressent… Oui, en ce moment, elle se sent comme une vraie merde… Les larmes l’empêchent de voir autour d’elle… Elle renifle, elle nifle, elle se mouche… Autour, des Italiens, dont elle ne comprend rien de ce qu’ils disent… des Américains qui ont d’autres choses en tête qu’elle…
Bref, elle se sent seule… un peu beaucoup trop seule…
Alors, en attendant un hypothétique départ de train, elle s’est affaissée là, sur les marches… Les coudes sur ses genoux, son sac sous ses pieds, les lunettes sur le nez et elle cherche à retrouver son calme, reprendre sa respiration, faire baisser sa tension et sa colère contre cet enculé de Damien… Euh, non… cet enculeur de Damien !
Elle ne sait plus…
Mathilde en profite aussi pour faire un rapide tour d’horizon de sa vie amoureuse… qui lui semble être un complet désastre…
Pourtant elle pourrait dire « je suis une belle plante ». C’est en tout cas ce que plusieurs mecs lui ont déjà dit, mais ils sont où tous ces cons ? Et puis, à vingt-quatre ans, on a encore et toujours des doutes. Et des doutes, là, elle en a à revendre. Avec son mètre soixante-dix, sa crinière brune, certains disent même « noir corbeau », son regard gris qui peut si vite virer au gris acier, et sa frimousse régulière, Mathilde ne manque ni de charmes ni de prétendants. Elle n’aime pas toujours son corps, même si elle adore qu’on joue avec.
Elle trouve qu’elle a des seins moyens et même en dessous de la moyenne… Ses fesses ? Comme c’est la mode des « fesses à twerker » elle trouve les siennes plates. Ses jambes ? Interminables ! Son ventre ? Ah ! Parlons-en de son ventre… Là, tout de suite, elle commence à avoir faim et soif… Elle a toujours eu un appétit d’ogresse, ce qui fait peur aux mecs… Mais le pire, c’est quand ils finissent par lui mettre la main sur son entrejambe… Entre ceux qui ont peur de lui faire mal, ceux qui connaissent rien – de vrais bourrins – et ceux qui baisent pour eux… Elle n’a franchement pas eu beaucoup de chance, jusqu’à maintenant !
Bien sûr, elle s’est habituée à son sexe… son minou… sa chatte… sa foufoune… Elle vit avec… Alors, oui, il est charnu, super charnu même, au point que ses petites lèvres disparaissent sous le dodu des grandes lèvres qui en ferment l’entrée comme si rien ni aucun intrus n’avait jamais pointé quoi que ce soit entre ses nymphes. Son clitoris, minuscule tête d’épingle sort à peine au bout d’une longue tige fine, et reste un peu trop bien encapuchonnée… Mais putain, il est sensible et même ultrasensible sur toute sa longueur pour ceux qui savent le flatter, le caresser, le faire rouler voir même le sucer ! Et en y repensant, là, sur les escaliers, elle se dit que ce connard de Damien, finalement ce n’était pas un si bon coup, car jamais il n’avait su lui donner du plaisir comme elle s’en donne depuis qu’elle est seule, dans sa chambre au CROUS…
Mathilde, perdue dans sa mémoire, continue à divaguer, réfléchir, faire un rapide bilan de sa putain de vie… Dans quelques jours, cela fera dix ans, qu’elle a perdu son pucelage et même si elle est fidèle en amour, un amour à la fois, car après c’est trop compliqué à gérer, elle a souvent changé de partenaires. Pourquoi ? Pour expérimenter, à moins que ce ne soit pour vérifier ce que sa mère dit souvent ? « Les hommes, c’est comme les melons, il faut en tâter beaucoup pour en trouver un de bon ! »… À quoi sa grand-mère lui répond invariablement en écho : « Et quand tu en as trouvé un, c’est comme la neige, tu ne sais jamais combien de centimètres il y aura ni combien de temps elle va tenir ! ». Et toutes les deux de s’esclaffer… avant de conclure : « Alors, Mathilde, profite ! »…
Donc, elle profite.
Et là, c’est même juré, craché… on verra ce qu’on verra, mais elle va pro-fi-ter !
Autour de Mathilde, il n’y a que du bruit, des jambes, des pas… Ça va, ça vient, ça bute dans ses reins et ça ne s’excuse même pas… Ça parle, ça crie, dans toutes les langues, ça s’interpelle, ça rit, ça se chamaille, c’est volubile… C’est épuisant… Y a même un mec qui vient s’asseoir à côté d’elle…
Intérieurement, je continue à regarder sans voir, à voir sans regarder et toujours mes yeux reviennent vers cette fille, dans sa posture immuable… Enfin, après que mon esprit et mon cerveau se sont gavés de sons, de bruits, d’images, d’odeurs, je décide de bouger… Et machinalement, c’est vers elle que mes pas m’entraînent…
Pas de réponse… Pas un mouvement… Même pas un regard… Est-elle sourde ? Muette ? Certainement une touriste… attendant un rendez-vous qui tarde à venir…
Au lieu de réitérer mon apostrophe, qu’elle n’a peut-être pas entendue, je prends place, à sa hauteur et sans chichis, je m’assois à ses côtés…
Enfin, elle semble sortir de sa torpeur, de cet état extatique dans lequel elle était plongée…
Sa voix est fluette, marquée par une sorte de plainte, avec des trémolos dans la fin des mots. Alors que j’ai baragouiné en anglais, elle vient de me répondre en français… Ma chance !
Elle me toise, derrière ses lunettes noires… Et soudain, elle ouvre la bouche, laissant voir une dentition parfaite, un petit bout d’une langue pointue, rose pâle et elle se met à me déverser, à toute allure un flot presque intarissable de paroles…
Venue à Venise pour y rejoindre son copain du moment, elle l’a trouvé en bonne compagnie, non pas d’une jolie blonde ou brune, mais d’un beau mec. Mais, tous les deux avaient levé le doute sur cette toute nouvelle relation. Mathilde, c’est son prénom, effondrée, abasourdie, n’a eu comme échappatoire que de prendre la fuite pour se réfugier à la gare et reprendre un train pour rentrer en France, à Dunkerque où elle est étudiante en master de littérature. En attendant, elle s’est installée sur les marches. Désespérée, refoulant bravement larmes et sanglots, le cœur gros, elle s’épanche avec soudaineté et volubilité sur mon épaule. Dans cet univers qu’elle doit concevoir comme hostile, je deviens son roc, sa bouée de secours.
En geste de consolation, d’empathie, j’entoure ses épaules avec mon bras et sens les fragrances qui émanent de ses cheveux. Elle se laisse faire et cale même sa tête contre mon épaule. Enfin, son flux de paroles se tarit et le brouhaha qui nous enveloppait jusque-là, mais avait été repoussé hors de notre bulle spatio-temporelle créée par le récit de Mathilde, reprend sa place.
Intérieurement, plusieurs questions viennent se bousculer sur mes lèvres tout en ayant du mal à sortir… Puis, avec une grande respiration et tout à trac, sans chercher midi à quatorze heures, je l’invite à partager ma semaine de vacances dans cette cité mythique, bien décidé à ne pas lui laisser un mauvais souvenir de ces lieux que j’adore et qui respirent le romantisme, l’amour et les amoureux… Elle hésite, quelques minutes, quelques longues et interminables minutes avant de laisser échapper un pâle sourire et d’acquiescer. Dès lors j’endosse la responsabilité de transformer le cauchemar qu’elle commençait à vivre, en féerie…
Voyageur impénitent, principalement pour le travail, j’ai toujours avec moi mon gros carnet d’adresses, bourré de cartes de visite, de notes, de bouts de papier de rien et d’autres vitaux. Toujours, assis sur nos marches, à la limite de nous faire piétiner par la foule qui entre et sort de la gare, je compose sur mon cellulaire un numéro… Quelques minutes plus tard, je me lève et tends une main secourable à Mathilde. Ensemble, nous nous dirigeons vers l’un des embarcadères de vaporetto, gondoles et autres bateaux-taxis. Là, justement, un bateau-taxi me fait de grands signes pour se signaler et en fendant la foule qui se presse fortement nous embarquons.
Mathilde relève ses lunettes et je découvre deux grands yeux gris-bleu, largement cernés par la fatigue et l’épreuve qu’elle traverse. Des yeux secs qui s’écarquillent au fil de l’eau…
À petite vitesse, nous voguons sur le Canal Grande en direction du fameux hôtel Danieli. Un long trajet qui permet de traverser tout Venise, en passant sous le pont du Rialto, puis d’admirer les magnifiques vieilles façades des palais avant de longer le bout de la place San Marco et son campanile, le palais des Doges, d’apercevoir le pont des Soupirs et en face la basilique de San Giorgio Maggiore… Enfin, après cette longue navigation, nous arrivons au débarcadère de l’hôtel.
Un groom s’empare avec autorité de nos maigres bagages et nous guide vers la réception où j’ai retenu une chambre depuis quelques semaines, officiellement pour une seule personne, même si elle peut en abriter deux… on ne sait jamais ce que peut réserver un voyage… La preuve !
Et comme ce n’est pas mon premier séjour dans la capitale des Doges ni au Danieli, c’est avec un certain empressement et de chaudes et amicales paroles que nous sommes accueillis par le concierge.
Mathilde est admirative des lieux. Déjà, en grimpant dans le bateau-taxi, puis en découvrant au ras de l’eau les architectures des nombreux palais, elle m’a semblé avoir oublié son chagrin et l’entrée dans le hall du Danieli l’impressionne beaucoup sans compter, pour elle, savoir que Goethe, Georges Sand et Alfred de Musset, Balzac ou Zola ont fréquenté ces lieux, mais peut-être plus encore Angelina Jolie, Johnny Depp, Léonardo Di Caprio… et tant d’autres célèbres personnages… tout cela la laisse sans voix… Elle n’en revient pas… Peut-être n’a-t-elle jamais imaginé entrer et encore moins être cliente d’un truc aussi ouf… même pas ouf… « Carrément oufissime »… selon sa propre expression.
Tandis que nous montons dans l’ascenseur et que nous nous y serons comme des sardines dans leur boîte, je lui glisse à l’oreille :
Je pars dans un grand éclat de rire avant de hoqueter ma réponse, somme toute banale…
Mathilde me dévisage tout en me coulant un œil bleu acier…
Contre moi, je sens que Mathilde se décontracte, respire mieux, car depuis notre rencontre sur les marches de la gare, je la trouve tendue, un peu sur la défensive, enthousiaste, certes, mais toute en retenue. Après tout, c’est bien là une attitude normale, logique, car nous ne nous connaissons pas. Nous avons une très nette différence d’âge. Bien sûr, je ne ressemble pas à un de ces pervers dont la presse regorge, avec leurs histoires sulfureuses. Et même si je n’ai pas eu le temps de tout expliquer à Mathilde, à mon propos, je lui ai dit qu’étant données les circonstances, nous allions devoir partager la chambre, la salle de bain et surtout le lit… Or en entendant cette dernière information, assortie de la sempiternelle phrase « oui, mais en tout bien tout honneur » avec un sourire de circonstance, Mathilde s’est un peu plus blottie contre moi. Et je repasse mon bras derrière ses épaules… C’est ainsi que nous avons débarqué au Danieli.
Enfin la chambre !
Bon, c’est vrai, pour ceux qui n’ont jamais eu la chance de pousser une porte de chambre de ce palace bicentenaire, c’est un choc. Je ne parle pas de la déco, limite rococo flamboyant, ni de l’or ou des tentures rouge cramoisi, des lustres et luminaires en verre de Venise, des tables couvertes d’objets précieux, ni des vases de fleurs fraîches, sans compter l’imposant lit taille matrimonio, tout cela relève de la féerie. Ajoutez-y la hauteur phénoménale de la pièce et vous avez de quoi vous extasier durant des heures, voire des jours… Et c’est sans compter la vue… car la chambre dispose de trois grandes baies vitrées donnant sur un balcon dominant le quai puis le Canal Grande et de l’autre côté, San Giorgio Maggiore… Une vue exceptionnelle qui finit par asphyxier Mathilde qui est prise de vertige devant ces découvertes dépassant largement les clichés qu’elle avait de Venise…
Au seuil de la chambre, Mathilde a marqué un temps, fait un pas, tourné la tête de tous les côtés avant de s’exclamer très naturellement :
Quelques larmes viennent border les yeux de Mathilde. Larmes de plaisir, de joie, de bonheur ? Je reste muet et me contente de la contempler… Enfin, je peux la découvrir…
Elle est élancée, presque – à vue de nez – un mètre soixante-dix, fine, la poitrine honnête sans être volumineuse. Son visage est très symétrique, un peu ovale et une mignonne fossette sur le menton et deux autres se creusent sur ses joues quand elle sourit. Ses cheveux noir corbeau sont sagement séparés en deux masses équilibrées, sur le sommet de son crâne par une raie qui démarre loin sur le haut du front. Cheveux qu’elle porte lâches et qui lui descendent jusque sous les seins encadrant sa figure et lui donnant un air de Madone. Son nez droit, avec de toutes petites narines, attire le regard et donne envie d’y déposer son doigt pour en suivre l’arête droite et de tendres baisers. Ses mains très fines, aux ongles polis avec un simple anneau qui orne son annulaire. Pas de piercings, du moins apparents, peut-être pas non plus de tatouages… mais une peau laiteuse au grain serré et qui aimante mes doigts…
Mathilde respire la simplicité, le naturel.
Elle en est touchante, émouvante et belle.
Après ces quelques longues minutes de prise de possession de la vaste chambre, je lui propose d’aller se rafraîchir dans la salle de bain en lui indiquant que durant ce laps de temps je l’attends au bar, en haut, sur le toit…
C’est que, soudainement, mais volontairement, je ne suis plus seul… Et si j’ai promis de m’occuper de Mathilde, il faut que je lui offre une semaine inoubliable… J’ai donc quelques coups de téléphone à passer pour organiser la suite et l’éblouir…
J’ai agi sur une impulsion, avec Mathilde, sans même en mesurer les conséquences, imaginer la suite ou dresser le moindre plan ni de drague ni de quoi que ce soit… Je me suis laissé porter par mon instinct de « chevalier servant ».
La voilà, justement, qui arrive à ma table, en bordure du toit-terrasse, juste abrité du grand soleil par un velum très chic. Habitué des lieux, le barman m’a servi un Gin Tonic sans que j’aie à le commander et je lui ai demandé de tenir prêt un mojito pour Mathilde, sans savoir si elle appartient à un programme antialcoolique ou si elle aime ce genre de boisson.
Mathilde, elle, continue de s’extasier, sur la vue, les lieux, le service… Et, alors qu’elle est à peine assise, le barman pose devant elle son verre. Elle me regarde, incrédule…
Je souris, un peu benoîtement. Tandis que nous sirotons notre verre tout en bavardant, voilà qu’une hôtesse s’approche de notre table… et dans un français impeccable invite Mathilde à la suivre…
Mathilde, surprise, me regarde en cherchant une explication, une interrogation…
Et tandis que les deux femmes disparaissent, je termine d’organiser notre semaine de vacances-découvertes de Venise pour jeune étudiante française…
Une bonne heure plus tard, toujours escortée par la jeune hôtesse, Mathilde se réinstalle à table, tout émoustillée…
Et tandis que négligemment je signe la note qui m’est présentée, Mathilde se trémousse sur son siège…
Un peu interloquée, toujours sous le coup de l’émotion, Mathilde finit par s’éclaircir la voix…
Je lui répète ma dernière phrase et ajoute :
Mathilde reste pensive, un peu boudeuse encore, digérant toutes les informations…
Enfin, nous redescendons dans la chambre, dans notre chambre… Et tandis que je prends une douche rapide, j’entends Mathilde qui ouvre et farfouille les placards puis, alors que je n’ai qu’une serviette de bain autour des reins, elle se cale dans l’embrasure de la porte et m’apostrophe…
Je termine de me raser et Mathilde avance vers moi…
Et pendant cette longue phrase, Mathilde continue à se rapprocher de moi, tendant ses doigts vers mon buste et y pose délicatement la main, promenant ses longs doigts fins dans la toison de ma poitrine, puis s’approche encore plus et vient souder ses lèvres aux miennes, clôturant ainsi ses remarques en m’embrassant fougueusement.
Sous l’effet de la surprise, je n’ai que l’instinct de reculer, poussé par l’impulsion de Mathilde et je me retrouve assis sur le rebord de la grande baignoire. Mathilde ne lâche pas ma bouche et darde une langue fraîche, pointue et fouineuse, m’explorant avec délectation. Une main coinçant ma nuque, l’autre toujours sur ma poitrine, elle s’évertue à trouver mon téton qu’elle triture, rendant ma serviette totalement inutile en tant que cache-sexe… Et sans se décoller de mes lèvres, la main de Mathilde descend à la vitesse de l’éclair vers mon sexe, en semi-érection pour s’emparer de ma tige de chair et entame une vraie branlette.
Reprenant son souffle, et moi le mien, Mathilde me complimente :
Et avant que j’ouvre la bouche, celle de Mathilde s’empare de mon sexe.
À petits coups de langue, avec une connaissance assez précise de la manière de faire, Mathilde avale ma queue. Ô mon dieu ! Quelle fraîcheur, quelle douceur… Quel plaisir de se retrouver pris entre un palais ensalivé et une langue douce et ferme. Et Mathilde me distille des longueurs qu’elle alterne avec de brusques sorties, usant de sa bouche, de ses lèvres comme d’un sexe. Elle accélère puis ralentit… Elle joue avec mon frein, au sens propre comme au sens figuré. Elle finit par réaliser une gorge profonde, m’avalant jusqu’à perdre son nez dans mes poils pubiens attendant avec une certaine patience que je m’épanche dans sa gorge… ce que je fais, non sans avoir lâché un immense râle de jouissance…
Sans attendre, Mathilde entreprend de nettoyer les dégâts qu’elle vient sciemment de provoquer et tandis que je tente de reprendre mes esprits, elle recolle ses lèvres aux miennes et me souffle :
Mes jambes flageolent, mes mains cramponnées au rebord émaillé, j’ai le souffle court, encore sous le coup de cette jouissance inattendue et tellement « waouh ! » … Et comme elle est entrée dans la salle de bain, avec un petit rire de gorge, Mathilde ressort, presque légère, telle une sale gosse qui vient de faire un coup pendable à une copine…
Il ne me reste plus qu’à crier à la cantonade :
Quelques minutes plus tard, nous embarquons dans un bateau-taxi pour un restaurant très chic de Venise dont on m’a vanté l’accueil, la cuisine et la vue…
Depuis une terrasse aux éclairages discrets et étudiés pour mettre en beauté les femmes, dans une ambiance très romantique, nous y dégustons des vins sublimes et des plats locaux frais et succulents pour terminer sur un café à la douceur incomparable. Avec empressement, toujours en bateau-taxi, nous rentrons au Danieli pour notre première nuit dans la cité des Doges.
Mathilde, a goûté à tous les plats, bu avec raison, tout en sachant apprécier les vins, et dans la pénombre du bateau-taxi, m’a collé sur la bouche un long baiser, prémices à des réjouissances encore plus païennes que nos agapes.
À peine la porte refermée, Mathilde se précipite dans la salle de bain… Je lui laisse le temps de se préparer pour la nuit et en profite pour vérifier que dans le minibar, mis à disposition des clients, il y ait bien une bouteille de Champagne à bonne température.
En me redressant, je la vois ! Elle est dans l’embrasure de la porte de la salle de bain, nonchalamment appuyée contre le chambranle, nue… me souriant… Et avec un regard malicieux, elle ajoute :
Que Mathilde est belle et appétissante.
Je ne sais plus quoi dire… où regarder… quoi regarder… Ses seins magnifiques, moyens, se terminent par deux mamelons ocre à la pointe brune… Son ventre plat avec son nombril un peu oblong… Ses cuisses qui n’en finissent plus, charnues à souhait, sans excès… Son pubis et son sexe, glabres, pas rasé, mais réellement glabre aux lèvres charnues, renflées et qui cachent, bien serrées entre elles, un trésor que je meurs d’envie de découvrir. Et quand avec impudeur elle grimpe sur le lit, elle m’offre une vision idyllique de ses fesses rondes, je peux entrapercevoir son sexe aux lèvres closes, avec juste un fin friselis de chairs qui marque l’entrée de son intimité… Mon sexe ne fait qu’un bond vers elle… La nuit s’annonce caliente !
Je m’avance vers elle et sans protocole je me perds dans ses chairs… Si je n’ai pas su où regarder, ici et maintenant, je ne sais plus où donner de la langue, des lèvres… Sa douceur, son odeur, son grain de peau sont un appel à toutes les dépravations possibles et imaginables… Je voudrais, à ce moment-là, avoir deux, non, trois, non sept bouches et plus encore… pour sa langue, pour ses lèvres, pour ses seins, pour son cou, pour son ventre, pour ses pieds, pour son menton, pour ses reins, pour ses fesses, pour son petit trou et encore une autre pour son sexe… Ses mains emprisonnent ma tête et me guident, me retiennent ou m’écrasent le nez, la bouche, la langue là où je me trouve… Elle est chaude, sensuelle, réceptive aux caresses… Elle n’a aucun poil sur le corps, pas le moindre duvet, et ma langue, mes lèvres, mes doigts font surgir des vagues de chair de poule, rendent sa peau électrique…
Sous la pression de mes mains, ses seins gonflent et s’alourdissent. De pointus, ils se transforment en deux hémisphères aux bouts cylindriques, durs et violacés. Le ventre, sous la poussée de ma langue dans son intimité, se creuse jusqu’à se contracter et expulser des coulures laiteuses de plaisir. Ses cuisses et ses fesses se tétanisent sous l’attouchement de son clitoris, petit bouton presque inexistant, mais d’une ultra sensibilité. Mathilde s’alanguit en travers de l’immense lit, l’oreiller coincé dans sa bouche pour assourdir ses montées orgasmiques, les mains serrant les draps et les couvertures. Arcboutée sur ses talons, elle m’impose une gymnastique de contorsionniste en pensant échapper à l’assaut suivant, mais ma bouche, ma langue et mes doigts restent aimantés à son corps… Enfin, elle crie grâce et demande à reprendre son souffle…
Les bulles acceptées et à peine bues, Mathilde se prélasse sur le ventre, une jambe allongée, l’autre à moitié repliée, elle me présente la surface de son dos, de ses fesses et de ses cuisses et tente ma main qui volette au-dessus d’elle. Mes doigts se font plus lourds, plus insistants, je longe la raie de ses fesses, parfaites, pour aller titiller cette sombre zone triangulaire qui marque l’entrée de son sillon culier avant d’explorer, plus bas et du bout des doigts son intimité profonde.
Mathilde frissonne, les frissons de plaisirs reviennent, sa respiration est plus saccadée. Et dans un mouvement gracile, elle se positionne en levrette en m’invitant à venir en elle. Sans demander mon reste ou être plus insistant, je me présente à l’entrée de sa grotte d’amour qui baille pour entamer de longs et lents va-et-vient en mordant l’intérieur de ma joue pour éviter de me répandre en elle trop vite. Je veux prolonger ce plaisir, ce merveilleux contact, cet indicible moment aussi longtemps que possible.
Doucement d’abord, puis de plus en plus fortement, j’entre dans une zone chaude, humide, soyeuse. Les deux mains sur les hanches de Mathilde, je la perçois monter dans son plaisir et après une première jouissance de sa part, j’accélère ma cadence et me relâche fougueusement jusqu’à éclater en elle, en même temps qu’elle, avant de m’écrouler sur son dos, humide de nos sueurs.
Nous restons, collés ainsi l’un à l’autre durant un très grand moment… Ni l’un ni l’autre n’osons bouger, parler, à peine respire-t-on de peur de rompre ces moments enchanteurs que nous vivons…
Au matin, dans les premiers rayons du soleil, nous nous réveillons, emboîtés l’un dans l’autre, repus de notre amour…
Après l’avoir tendrement embrassée, et pour éviter de replonger immédiatement dans la luxure et le libertinage, d’un commun accord nous nous levons puisque je lui ai promis un super petit-déjeuner romantique au Café Florian.
À suivre