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14/04/19
Résumé:  C'est plus fort qu'elle, Mylène ne cesse de penser à François. Elle est loin de se douter que ce dernier a été victime d'une agression.
Critères:  f fh couple extracon amour
Auteur : Clovis

Série : Renaissance.

Chapitre 03 / 05
Consolation

Résumé des épisodes précédents : « Compartiment couchettes » et « Retrouvailles »


Suite à une première rencontre dans un train de nuit, Mylène reçoit François en consultation dans son cabinet médical. La prise de température n’y est pas très académique. En se séparant sur le trottoir, ni l’un ni l’autre n’aperçurent le mari de Mylène qui patientait à l’intérieur de la brasserie la plus proche.




Le rose marquait les joues de Mylène lors de son retour à domicile. Sa journée de travail, faite de consultations à la chaîne, avait été éreintante. Mais elle s’était conclue joliment. Elle avait soulagé son dernier client, lui avait rendu le moral de la plus belle des manières, se doutant que lui aussi était rentré tout guilleret. Elle souhaitait pourtant ne plus revoir François. Il avait du charme, de la prestance, elle prenait plaisir à se souvenir de ses caresses et de ses baisers discrets et sensuels dans le train de nuit qu’ils avaient partagés en direction du Sud-ouest, mais elle n’avait aucune envie de s’engager dans une relation durable avec un inconnu, tout élégant et attentionné qu’il était.


Accaparée par son travail, elle avait par ailleurs épousé un homme dont elle était convaincue qu’il ne l’avait jamais trompée et, de fait, lui devait un respect de principe. En bref, si Mylène ne regrettait rien, ni de la consolation offerte par François dans un moment délicat de sa vie, ni du traitement médical qui avait été le sien en réparation des coups de « griffes » qu’elle lui avait donnés, elle n’entendait ne plus transiger avec la sacro-sainte règle du « les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance ». Sitôt séparés, elle avait effacé son numéro de téléphone de son répertoire.


Elle rangeait son appareil lorsque son mari rentra à son tour. Pierre posa sa sacoche de travail, retira sa veste, l’accrocha à la patère, fila se laver les mains dans la salle de bains, puis rejoignit le côté gauche du canapé du salon, son coin favori, après avoir allumé le téléviseur.



Pierre enseignait l’histoire de la Révolution à l’université de Nanterre.



Le regard de Pierre était fixé ou sur les seins opulents et bronzés qui débordaient du soutien-gorge d’une midinette, ou sur son tatouage en forme de pieuvre dont l’un des tentacules se perdait sous le tissu minimaliste qui lui servait de string.



Elle ne finit pas sa phrase. Peur de le vexer, sans doute.



Ils mangèrent en tête à tête et en silence. Comme d’habitude. Elle rangea la table, il fila dans son bureau, ils ne se retrouvèrent que deux heures plus tard, dans la chambre à coucher, alors que Mylène lisait un roman policier. Il se dévêtit, elle finit son chapitre puis se tourna vers sa lampe de chevet qu’elle éteignit. Couchée en chien de fusil, elle sentit une main sur sa hanche.



Elle ferma les yeux tandis que la main de son mari tentait de se frayer un chemin en direction de son sein.



Elle ne répondit pas, ne bougea pas, n’empêcha pas les doigts de Pierre de se saisir et de malaxer le bourgeon de son sein. Ses pensées étaient ailleurs, sur une table d’auscultation, dans un autre quartier, à l’endroit où elle avait caressé et masturbé son dernier client. Elle sentit Pierre se coller dans son dos. Il abandonna son téton dardé, fit remonter la nuisette, lui baissa le slip. Il se frotta contre ses fesses puis s’écarta pour laisser place à sa main.



Il retira deux doigts de sa chatte, tenta de les glisser dans la bouche de Mylène qui les refusa. Elle était trempée, oui, depuis plusieurs heures déjà. Depuis qu’elle avait maltraité François. Pierre glissa à nouveau les doigts dans sa fente, elle se cala sur le ventre puis écarta le compas de ses jambes. Il la lustrait bien, en profondeur, elle se mordit la lèvre. Il sortit de nouveau les doigts, les glissa derrière à la recherche de son œillet.



Il obéit, se glissa sur elle, la pénétra et s’enfonça en elle.



Elle obtempéra. Pierre s’agita de plus belle, ahana dans son dos, le sexe au chaud dans son fourreau. Fiché au fond d’elle, il éjacula sans prévenir.

Mylène n’avait pas joui. Il resta en position. Elle sentit le sexe de son mari refluer, elle l’aurait souhaité plus vigoureux, plus endurant. Plus gros aussi. Elle ne dit rien, se releva pour se diriger vers la salle de bains dès qu’il la libéra. Il dormait déjà lorsqu’elle revint. Dos au lit, les yeux ouverts, elle patienta de longues minutes. Il ronflait à vingt centimètres d’elle lorsqu’elle replia les jambes et fila vers la délivrance en s’attaquant à son clitoris.


Mylène avait effacé de son répertoire le numéro de François. Elle le regrettait, ne cessait de regarder son portable dans l’espoir d’un signe. Jusqu’au jour où elle égara son téléphone. Elle ne se résigna pas pour autant. Plus les jours filaient, plus elle pensait à lui, à ces instants suspendus, intemporels, ces moments où ils s’étaient offerts l’un à l’autre, sans ambages, sans limites. À défaut de son numéro de téléphone, elle se mit en quête de sa carte de visite. Où l’avait-elle rangée ? Elle chercha partout, dans son sac à main, au cabinet, impossible de mettre la main dessus. Elle enrageait, convaincue de ne pas s’en être débarrassée. Un matin, après une nuit sans sommeil, elle contacta la fédération française de rugby, tenta de gagner la confiance de plusieurs interlocuteurs. Aucun d’eux ne daigna lui communiquer le moindre élément, à l’exception d’une secrétaire qui, avec des trémolos dans la voix, l’invita à lire les pages du Midi Olympique.


Sur le coup, Mylène ne comprit pas. Mais, en page 4, un entrefilet mentionnait que l’arbitre était hospitalisé après avoir été victime d’une agression à l’issue d’un match opposant le Stade français à Toulon. En tant que pédiatre, elle n’eut aucun mal à identifier le lieu d’hospitalisation. Elle précipita ses consultations et, le cœur palpitant, s’y rendit au plus vite. Le crâne enrubanné, François était alité lorsqu’elle pénétra dans sa chambre. Mais deux enquêteurs de police, qui se trouvaient à son chevet, la refoulèrent dans le couloir avant que l’un d’eux la rejoigne.



Mylène fronça les sourcils.



La discussion prit fin. La tête basse, pensive, Mylène décampa. Pouvait-il y avoir une autre Mylène ? Ou François avait-il été victime d’un coup monté ? Pierre ! cria-t-elle au beau milieu de la rue. Les jambes de Mylène ne la portaient plus. Elle s’assit un long moment sous un arrêt de bus, perdue, angoissée à l’idée de vivre sous le même toit qu’un agresseur, un homme jaloux et violent.


Elle fonça chez elle, se précipita dans le bureau de son mari. Tout était ordonné, trié, classé. Délicatement, elle passa en revue les documents, prenant soin de ne pas créer de désordre. Rien, pas un indice. Jusqu’à ce qu’elle plonge le regard dans la poubelle où elle aperçut les miettes d’une carte de visite qui n’avait rien à faire là. Abasourdie, elle finit par s’asseoir. Plus par réflexe que par curiosité, elle releva le capot de l’ordinateur portable qui trônait sur le bureau. Elle cliqua sur quelques dossiers, des cours magistraux, des livres numériques, finit par ouvrir l’historique de connexion. Il avait récemment consulté des sites sur le monde du rugby français et son pool d’arbitres. Son cœur battait à rompre. Elle finit par s’effondrer lorsqu’elle découvrit des liens de sites voyeuristes. La bouche bée, Mylène cliqua sur le plus récent d’entre eux, il s’ouvrit sur une galerie de scènes d’intérieur où les occupants, seuls, à deux ou plus, se donnaient du plaisir devant les caméras. En bas à gauche, une femme s’aidait à jouir à l’aide d’un godemiché, à l’opposé de l’écran deux Latinos doigtaient et caressaient lascivement une femme tatouée de la tête aux pieds. Mylène en avait assez vu, elle rabaissa le clapet, attrapa une valise qu’elle bourra de vêtements.


Installée dans un hôtel à proximité du lieu d’hospitalisation de François, il ne fut pas un jour sans qu’elle ne lui rende visite. Il récupéra très vite, rentra à son domicile, l’invita à dîner à plusieurs reprises et avait toute sa tête le jour où il lui proposa d’emménager chez lui. Ils se connaissaient à peine, mais François aimait la douceur et la gentillesse qu’elle dégageait.



Allongés sur le canapé de salon, leurs nez se touchaient.



Elle passa son doigt sur la commissure de ses lèvres, l’arête de son nez, les paupières, le front. François sourit. Ses lèvres humides se laissèrent guider, contournèrent les yeux, glissèrent sur les tempes, descendirent le long du cou, embrassèrent ses joues, le lobe des oreilles, la nuque. Mylène appréciait, ronronnait, vivait un moment de bonheur intense. Elle mordilla le menton de son amant, lécha sa pomme d’Adam, le goûta jusqu’à la base du cou. Leurs lèvres se trouvèrent, enfin. Elles se pincèrent, s’avalèrent, s’aspirèrent tour à tour. Leurs langues se mirent à se défier, s’enlacer, se découvrir, à danser le tango, la valse ou le rock’n roll. Les baisers langoureux laissèrent place aux caresses. Lents, patients, ils se redécouvraient pour la première fois, cette fois-ci apaisés, libérés, en pleine lumière, sans limites, sans crainte, sans honte.


En silence, ils se dévêtirent chacun de leur côté. Mylène fit apparaître de menues rondeurs que François s’empressa de couvrir de baisers, elle n’avait pas assez des deux mains pour couvrir sa poitrine imberbe. De bonheur, ils gloussaient comme deux adolescents qui découvraient l’amour, ils se cajolaient, se réchauffaient. Ils se précipitèrent dans le lit, retirèrent les draps, reprirent leur sarabande. Le sexe de François, dur et long, butait contre la cuisse de Mylène. La bouche collée contre un téton, elle l’observa, refoula l’idée de le dévorer. Du bout des doigts, elle s’en saisit, le protégea alors qu’elle lui grimpait dessus. Ils s’embrassèrent de nouveau, se câlinèrent, le morceau de chair faisant obstacle entre leurs deux corps. Essoufflée, à court d’air, elle écarta son visage du sien, lui sourit, écarta le compas de ses jambes, se rehaussa jusqu’à sentir le sexe de François buter contre sa rosace. Les mains et les lèvres jointes, ils jouaient à se provoquer, la fleur de Mylène présentant tous ses charmes à une tête chercheuse résistant au goût du nectar. Ils cédèrent en même temps, les yeux dans les yeux, heureux de se souder un peu plus.


Fichés l’un dans l’autre, ils s’immobilisèrent. Leurs jambes étaient liées, leurs ventres scellés, leurs bouches unies, ils ne faisaient qu’un. Elle s’agita la première, il s’agrippa à ses fesses. Elles étaient à la fois douces et fermes, à l’image de son sexe butinant son offrande, patient et adroit, glissant le long de pétales qui s’écartaient de désir. Elle se figea, se redressa à l’équerre, glissa ses mains sur ses flancs, se mit à le chevaucher. Ce fut d’abord un trot, petits pas, grands pas. Il se transforma en un galop, les seins nus de la cavalière bougeant en cadence. François les agrippa, il ne voyait qu’eux, leur beauté sauvage, et la gorge palpitante et fragile, et un visage qui traduisait le plaisir. Elle gémit, son corps fondait, son bas-ventre picotait. Sa langue passa sur ses lèvres, elle avait chaud, elle accéléra le rythme, le galop devenait endiablé, la monture accompagnait au mieux les mouvements. Ils transpiraient, putain que c’est bon lâcha-t-elle, continue, oui, je vais jouir répondit-il, ils avaient la fièvre, ils étaient seuls au monde, plus rien n’importait, elle fut saisie la première d’un orgasme dévastateur, il se libéra en elle dans la foulée, les jets saccadés de l’un se confondant avec le pouls de l’autre.


Les visages accolés, ils rirent. Puis, un peu plus tard, ils s’embrassèrent de nouveau. Elle finit par se lever, fila se doucher. Elle revint dans la chambre, vêtue d’une simple nuisette. Elle n’en avait pas fini, avait un cadeau à lui offrir. François s’était endormi sur les draps, nu comme un ver. Un voile de déception traversa son visage. Qu’importe, elle plaça un trépied devant le lit, y fixa son appareil photo qu’elle mit en mode vidéo. Elle s’assit à califourchon aux côtés de son amant, veilla sur son sommeil pendant plusieurs heures. Fatiguée d’attendre, elle se releva, brancha la vidéo, puis se décida à plonger sa bouche en direction d’un sexe qu’elle entendait faire durcir à coup de langue.



À suivre…