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Temps de lecture estimé : 14 mn
07/05/16
corrigé 06/06/21
Résumé:  De retour de vacances, nos deux libertins font un petit séjour en Bourgogne, chez la maman de Stéphanie.
Critères:  ffh amour
Auteur : Gigi 02            Envoi mini-message

Série : Chronique

Chapitre 06 / 05
Marie-Odile - 1

Nous retrouvons nos deux libertins (« Chronique » épisodes 1 à 5 – voir les liens en fin de récit) pour un court séjour en Bourgogne, chez la maman de Stéphanie.




Marie-Odile – 1



Un peu chouette, la demeure de Marie-Odile, c’est le moins que l’on puisse dire. Sur deux étages, dont un mansardé, à moitié couverte de lierre, elle semble reposer dans un écrin de verdure, au milieu d’une pelouse encore bien verte malgré la canicule, et en tout cas, bien loin de notre jungle à nous. Elle nous accueille, radieuse, sur le perron. Ma parole, on dirait qu’elle a rajeuni depuis notre dernière rencontre, peut-être la joie de nous recevoir chez elle, qui sait, d’autant que c’est la première fois que je viens ici. Notre première rencontre, au Noël dernier, c’était chez Stéphanie, dans l’appart qu’elle occupait alors ; et c’est d’ailleurs, elle, Stéphanie, qui me fait les honneurs de la maison.


Et elle n’est pas peu fière, ma chérie, de me faire découvrir sa chambre de jeune fille, restée telle qu’elle l’a quittée, à dix-huit ans.



Quoique, un lit d’une personne, en se serrant un peu, hein ? Mais bon, on ne va pas démolir le mobilier, surtout si celui-ci est porteur de tant de souvenirs…



Elle éclate de rire.



Elle pose sur mes lèvres qui ne demandent que cela, le plus mimi des baisers coquins



Elle n’insiste pas, ma chérie, contrairement à son habitude, et c’est tant mieux ; mais peut-être est-ce dû, là, tout simplement au fait qu’elle se retrouve plongée au cœur de son passé et de ses souvenirs…


Au repas de ce soir, une quiche, dont il paraît que c’est LA spécialité de belle-maman, et c’est ma foi vrai qu’elle est délicieuse, sa quiche ; ambiance détendue donc, même si, au cours du dîner, Marie-Odile y alla de sa petite question assassine :



Marie-Odile qui voudrait bien être grand-mère, c’est nouveau, ça ! Parce que ce n’est pas vraiment le genre mamie gâteau, la maman de Stéphanie !



Je ne me mêle pas de la discussion, mais par contre, je suis très intrigué par les coups d’œil incessants que me lance Marie-Odile, surtout que certains sont accompagnés d’un petit sourire que je pourrais qualifier d‘enjôleur ; et je ne peux pas m’empêcher de repenser à ce que m’avait dit Stéphanie, quand sa maman était venue nous rendre visite, en juin dernier « Moi je crois que tu lui plais beaucoup, mais elle ne le montre pas, voilà tout », et là, je vais finir par croire qu’elle avait raison, ma chérie. Diable, voilà qui est troublant ! En tout cas, pour la descendance, je suis de l’avis de Stéphanie, même si on y pense, cela n’est pas à l’ordre du jour, et encore moins aujourd’hui, parce qu’elle a ses raglaglaches, ma chérie – c’est comme ça qu’elle appelle ses règles ! – donc période d’abstinence, quelques jours. Après le dîner, point de télévision, non, mais une partie de dominos ! Distraction habituelle, et traditionnelle, paraît-il, de notre hôte ! Pas compliqué, simplement faut s’habituer…


On se retrouve au lit, un peu plus tard, dans une chambre assez austère, aux murs blancs, meublée dans le style campagnard début de siècle - le précédent - avec un lit très haut perché recouvert d’un édredon bordeaux, et une odeur persistante de cire et de renfermé. Mais avec, s’il vous plaît, salle de bain attenante ! Évidemment, car on ne sait jamais, nous dormons légèrement vêtus, ce que nous ne faisons plus depuis une éternité, pyjama pour moi et nuisette noire très courte pour elle - mais cela ne nous empêche pas pour autant d’être collés l’un à l’autre.



Elle éclate de rire.



Froncement de sourcils suspicieux de Stéphanie



Ça la rend perplexe, ma chérie, cette histoire.



Dans une situation comme celle-ci, n’importe qu’elle femme pousserait des grands cris, crierait au scandale et irait demander des explications… Eh bien, non, pas Stéphanie, elle, elle trouve ça excitant !



Elle se fait câline, comme elle sait si bien le faire quand elle veut quelque chose.



Elle réfléchit un instant, sourit.



Elle colle sa bouche tout contre mon oreille, me susurre quelques mots qui me laissent pantois…



Elle sourit, penche la tête avec un air songeur ;



Ses doigts glissent sur mon visage



Elle se serre contre moi en minaudant.



Et puis au bout d’un long silence.



Elle repousse le drap et se jette sur moi



C’est vrai qu’après tout ce que je viens d’entendre, je vais avoir du mal à trouver le sommeil.



Elle plonge la main dans mon pyjama



Elle rit :





*****




À Saulieu, au mois d’août, a lieu la traditionnelle fête du Charolais, sorte de salon de l’agriculture régional, où sont exposés, entre autres, les plus beaux spécimens de bœufs de la région. C’est sans doute très intéressant pour qui s’intéresse à l’élevage et au monde agricole en général, cela l’est déjà beaucoup moins pour le citadin que j’ai toujours été. Promenade ce matin, donc, parmi les bovins et porcins de toutes races. Bien sûr, nous avons un guide en la personne de Marie-Odile, qui nous explique – à moi surtout, puisque Stéphanie, elle, elle connaît – ce qu’il faut savoir sur le Charolais et sa région, tout en serrant des mains et en embrassant des gens sur son passage ; c’est qu‘elle est très connue, ici, la maman de Stéphanie.


Et, comme j‘ai promis, je joue le jeu. Dès que l’occasion se présente, je lui décoche mon plus beau sourire, auquel elle répond aussitôt en l’appuyant d’un regard entendu. Et cela, bien sûr avec la bénédiction de Stéphanie, qui, naturellement, fait semblant de ne pas s’en apercevoir. Mais ça va nous mener où, tout ça ?

Parce qu’elle va bien s’en rendre compte, Marie-Odile, que Stéphanie ferme les yeux… elle n’est pas folle, quand même ! Bon, quoi qu’il en soit, ce midi, elle nous invite au restaurant, pas celui tenu par un chef mondialement connu, non, faut pas exagérer, mais dans un établissement de classe, renommé, lui aussi. Et là, pareil ; sourires et regards charmeurs, ne manquent plus que les appels du pied, et du train où vont les choses, cela ne saurait tarder !




*****




Installés dans nos transats posés sur la pelouse, c’est l’heure de la sieste à l’ombre des parasols, bien méritée après avoir passé la matinée à déambuler dans le musée animalier de la ville. Nous avons installé nos chaises longues côte à côte, et, fait du hasard ou pas, c’est moi qui suis au milieu.


Stéphanie, à ma gauche, est vêtue d’un simple débardeur noir, d‘un short en jean, avec naturellement, sur le nez, ses immenses lunettes de soleil et sur la tête un grand chapeau de paille ; Marie-Odile, donc à ma droite, porte un chemisier rose à manches courtes avec une jupe blanche ; elle aussi cache ses yeux derrière des lunettes solaires, mais moins voyantes que celles de sa fille, et est coiffée du même chapeau. Il fait une chaleur étouffante, orageuse - le mercure refusant obstinément de descendre - et pas un souffle de vent, pas le moindre bruit, on dirait que le temps s’est figé pour l’éternité, d’autant que mes deux compagnes semblent s’être endormies. Semblent seulement, car Marie-Odile vient de bouger ; oh pas beaucoup, juste son bras gauche qu’elle a retiré de sa poitrine pour le laisser pendre négligemment hors du transat.


Et son bras gauche, bien sûr, c’est celui qui est de mon côté ; et il bouge, ce bras, animé qu’il est par le lent mouvement de balancier qu’elle lui imprime. Troublant ! Parce que nos relax sont tellement rapprochés que je n’ai qu’à tendre le bras pour lui toucher la main. Et ce bras qui se balance, ne serait-ce pas une invitation à aller au contact ? Peut-être, après tout qui sait ? Eh bien, le mieux, c’est de s’en assurer d’autant qu‘avec les sourires et les œillades que l’on s’envoie depuis deux jours, je ne pense pas risquer grand-chose… Alors, c‘est dit, je vais tenter un geste audacieux, voire impudent, je vais lui tendre la main…


À mon tour, je laisse glisser mon bras hors du transat, je le tends légèrement et tout de suite, nos mains entrent en contact ; et bien sûr, comme je m’y attendais, elle ne retire pas la sienne, et le lent mouvement de balancier de son bras cesse aussitôt ; et puis, ses doigts cherchent les miens, s’y accrochent, les serrent. Si seulement elle avait eu la bonne idée de retirer ses bagues ! Elle en a une quasiment à chaque doigt ! Et puis, c’est carrément la main qu’elle me prend et qu’elle serre dans la sienne ! Mais c’est qu’elle en veut, la maman de Stéphanie ! Et c’est que ça commence à m’exciter, moi ! Discrètement, je jette un coup d’œil dans sa direction, et c’est rien de dire qu’elle sait parfaitement maîtriser ses émotions, Marie-Odile, nos doigts se tripotent à qui mieux mieux et elle reste là, impassible, pas le moindre mouvement autre que celui de sa main ! En tout cas si j’avais encore des doutes sur ses intentions, me voilà fixé.


Stéphanie a bougé ; elle s’est légèrement redressée et aussitôt Marie-Odile a retiré sa main, si vite que je me demande un instant si je n’ai pas rêvé l’avoir eue dans la mienne.



Ainsi fut fait et je retrouve Stéphanie, seule, quelques instants plus tard. Je lui prends le bras.



Elle en reste bouche bée, ma Stéphanie



Ça ressemble étrangement à la carotte qui fait avancer le baudet, son histoire ! Ah il n’y a pas à dire, elle sait s’y prendre avec moi, ma petite garce !



Elle a un léger haussement d’épaules.



Elle me colle un petit baiser, sur les lèvres



Elle élude en éclatant de rire.



Je me fends d’une petite moue dubitative



Elle tranche, péremptoire





À suivre



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Les épisodes précédents :