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Temps de lecture estimé : 16 mn
29/09/15
Résumé:  Chronique amoureuse d'un couple libertin.
Critères:  fh couple revede
Auteur : Gigi 02  (GIGI02)            Envoi mini-message

Série : Chronique

Chapitre 01 / 05
Chronique - Partie 1

Premier épisode



Un an de vie commune, ça mérite bien une petite fête ; deux ou trois collègues de bureau sympas et quelques amis réunis autour du barbecue, un peu de musique pour danser sur la terrasse, boissons à gogo, alcoolisées ou non selon les goûts de chacun, la tiédeur de la nuit d’un mois de mai déjà très chaud, il n’en faut pas davantage pour passer une bonne soirée ; et ce soir, pour elle comme pour moi, c’est un grand moment de bonheur…


Elle, c’est Stéphanie, trente-six ans, grande, les cheveux châtains, divorcée sans enfants, elle est avocate dans un cabinet d’affaires. Moi, c’est Bertrand, trente-cinq ans, ex-célibataire endurci, cadre commercial dans une importante société nationale.


Et c’est d’ailleurs à l’occasion d’une affaire litigieuse dans le cadre de mon job que nous nous sommes rencontrés. Coup de foudre réciproque, amour passionné et fusionnel, depuis, nous ne nous sommes plus quittés, même si pendant quelques mois nous avons continué de vivre chacun de notre côté ; jusqu’au soir où, après mûre réflexion et quelques coupes de champagne, nous avons décidé de profiter de notre amour à plein temps et de vivre ensemble, pour de vrai.


Exit nos apparts trop petits, la ville et son tumulte ; direction la campagne, mais pas trop loin de la grande cité quand même ; et nous avons acheté, en commun, cher, mais il paraît que c‘était l‘occasion unique à ne pas rater, une vieille bâtisse à retaper.


Planchers vermoulus, tuiles qui s‘envolent, portail tout rouillé qui grince dès que l’on y touche et des toiles d’araignées partout, rien ne manquait au tableau ! Même les vieilles dépendances, aux murs tellement branlants que l’on s’attendait à les voir s’écrouler au moindre coup de vent ; mais il y avait aussi, et surtout, le « parc » ; une véritable jungle bien touffue avec des ronces partout certes, mais avec des arbres quasi centenaires qui donnaient un petit côté cossu à l’ensemble, genre petit manoir ; et c’est vrai que pour nous, quand nous avons signé, c’était le plus beau des châteaux.


Ça l’est toujours. Bien sûr, depuis, des travaux ont été réalisés ; le salon a été aménagé, avec sa cheminée de pierre, deux chambres ont été agencées à l‘étage, ainsi qu’une salle de bain – maintenant, on peut recevoir – et le parc a reçu, lui aussi, un commencement d’aménagement, mais il reste encore beaucoup, beaucoup à faire !


Mais pour l’ heure, c’est la fête, ou plutôt, c’était la fête, puisqu’à cette heure avancée de la nuit, nos invités commencent à regagner leurs pénates, seuls ou en couples, légitimes ou pas ; les derniers partis, Stéphanie se laisse tomber sur le canapé.



Elle a une petite moue.



Alors, là, petite explication ; son idée, c’est tout simplement d’organiser une soirée coquine, genre partie fine, avec des amis ou des relations bien choisis, mais pas avertis du tout du but de la soirée, et voir jusqu’où on peut aller, dans ce genre de « réunion » un peu improvisée. Car Stéphanie, sous son apparence de jeune femme sérieuse, bon chic bon genre, est une fille assez… chaude, très portée sur le sexe, en fait, et je la soupçonne même parfois d’être à la limite de la nymphomanie.


Je ne m’en plains pas, bien au contraire, d’autant qu’elle est douée, la chérie, et j’essaie de la satisfaire de mon mieux, de céder à tous ses désirs. Mais, là, je dois bien avouer que l’amour au pluriel, c’est pas vraiment mon truc, je suis plutôt du genre exclusif, moi, pas exhibitionniste ni partageur pour deux sous. Surtout que je fais un complexe à cause de la petite taille de mon pénis, alors me montrer en public, j’ai pas trop envie ! Même si, je le sais, son fantasme à elle serait de me voir faire l’amour avec une autre…

Et quand elle a une idée derrière la tête, elle y tient, alors, comme toutes les femmes, elle insiste :



Elle a raison, mais je tique quand même.



Elle balaie l’objection d’un sourire.



Avec des arguments comme ça, évidemment, on peut se laisser tenter. Je m’assieds à côté d’elle en soupirant.



De joie, elle m’en fait un baiser… sur la joue.



Petite moue de ma bien-aimée ; parce que notre petite fête de ce soir avait aussi pour elle un autre but… celui de lui permettre de déterminer les possibles, ou non, pour sa soirée coquine…



J‘aime pas trop ce genre de question assez gênante, en fait…



Elle rit.



Elle me prend par le cou.





*****





C’est un rêveur, Nicolas, il est célibataire, rouquin, un peu timoré et myope comme c’est pas possible, mais il est sympa et drôle, c’est ce qui fait son charme ! Malheureusement, pour lui cela ne marche pas trop bien avec les femmes, même pas du tout. Mais c’est peut-être tout simplement parce qu’il est incapable de leur parler d’autre chose que du moteur de la dernière Alfa Romeo, ou du vainqueur du dernier grand prix de formule 1 ! L’auto, c’est sa passion, sous toutes ses formes, à un point qu’il en est parfois soûlant, lui qui malgré sa myopie roule dans une vieille guimbarde héritée de son oncle !



Il m’a regardé avec un air résigné et il a soupiré.



Inutile de lui dire que Stéphanie le trouve à son goût, faut pas exagérer, quand même ! Donc, avec lui pas de problème, il ne sera pas forcément à son aise dans une soirée un peu coquine, mais on ne sait jamais… Mais en tout cas, si on l’invite, je ne le perds pas de vue !




*****





Stéphanie en train de tracer les plans de notre futur jardin ! Et avec ses bottes vertes et son coupe-vent jaune, on dirait une pro !



Elle dégrafe son pantalon, le baisse en même temps que sa culotte et s’accroupit.



Je la regarde s‘épancher, elle me sourit, pas gênée le moins du monde ; rarement, vision ne m’aura été à la fois aussi agréable et excitante ! D’ailleurs, cela me fait bander !

Elle se redresse, se rajuste.



Elle pose ses bras autour de mon cou et son front contre le mien.



Elle rit.





*****




Stéphanie pose son magazine au pied du lit et se tourne vers moi



Décidément, elle y tient à sa soirée !



Je souris.



Elle se couche sur moi pour me prendre par le cou.



Petite moue de ma chérie.



Sa langue caresse mes lèvres.



Elle éclate de rire, je la débarrasse de son pyjama ; elle se laisse faire. « Dieu qu’elle est belle et désirable, mon avocate, dans sa totale nudité ! Avocate du diable, oui ! Je la veux ! Et tout de suite ! D’ailleurs, elle ne demande que cela… Ah bon sang, tu vas voir comment je vais t’aimer, ma petite garce adorée, côté pile et côté face ! Et je crois que tu vas t’en souvenir, parce que je suis particulièrement en forme, ce soir ! Ah, tu vas pouvoir l’appeler, ta maman ! Allez ! En piste, ma chérie… »




*****




En ce début d’été, beaucoup de déplacements professionnels à mon agenda ; tantôt seul, tantôt accompagné ; comme c’est le cas aujourd’hui ; malheureusement, ce n’est pas une pin-up qui me tient compagnie pour ce court voyage à Lille ; non, c’est Madame Rouchon, surnommée « Ronchon » dans tous les services, tant cette femme est triste et mal-aimable ; vieille fille, la cinquantaine, mince avec un visage émacié que n’arrange pas une paire de lunettes d’un autre âge, elle semble traîner derrière elle une sempiternelle odeur de tisane ou de médicament, je n’ai jamais su au juste ; et pas question de lui parler d’autre chose que ce pourquoi elle m’accompagne, elle ne le supporterait pas ; et dire qu’il va falloir que je me la coltine au restaurant ! Il y a parfois des galères dont on se passerait bien, mais bon, c’est comme ça !


Après cette sortie un peu tristounette, le retour au « château » me fut d’autant plus agréable qu’une jolie surprise m’y attendait.


J’ai d’abord remarqué la voiture ; une grosse berline de marque nationale, garée devant la maison ; un chauffeur assis à son volant. Étonnant, parce que cette voiture, ce n’est pas un taxi, cela ressemble plutôt un véhicule officiel, vraiment curieux ! Et c’est en entrant dans la maison que je comprends, en voyant Stéphanie en grande conversation avec une belle jeune femme brune, à cheveux courts, vêtue d‘un élégant tailleur-jupe anthracite sur un chemisier rouge ; et cette jeune femme, je la connais, du moins de vue, pour avoir souvent croisé son portrait un peu partout sur les murs de la ville ; c’est madame Beaulieu, la députée !


Sous le coup de la surprise, je reste un instant sans voix, et puis je parviens à bredouiller quelque chose qui ressemble à un banal « Bonjour, Madame ». Et cela les amuse, toutes les deux, et puis, devant mon air incrédule et embarrassé, Stéphanie vient à ma rescousse.



Resté seul avec la visiteuse, je ne sais pas trop comment engager la conversation, tandis qu’elle, confortablement installée dans le canapé, les jambes croisées, me regarde en souriant, encore amusée de ma surprise. J’essaie de prendre un air décontracté.



Son sourire s’accentue.



Elle se lève et vient se placer devant moi.



Diable, elle va me faire rougir, madame la députée.



Elle sort son étui à cigarettes, en prend une qu’elle porte à ses lèvres.



Je ne fume pas, mais il y a un gros briquet sur la table de salon ; un clic et je lui allume sa cigarette. Elle tire une brève goulée et renvoie la fumée dans ma direction, en me fixant, droit dans les yeux… « Tiens tiens ! Je me souviens avoir lu quelque part que ce geste, s’il était voulu, avait une signification un peu particulière, quelque chose comme une provocation, ou un désir amoureux, je ne sais plus trop, et là, à la façon dont elle me regarde, je suis sûr que ce n’est pas un geste fortuit ! Bon, eh bien alors, je vais y aller de mon compliment, moi aussi, après tout… »



Elle se rapproche un peu plus.



J’ai l’impression qu’un certain trouble est en train de s’installer, et puis je trouve quand même étonnant que deux femmes qui ne se sont pas vues depuis des années en viennent à parler sexualité dès qu’elles se retrouvent… Fort heureusement, le retour de ma bien-aimée fait diversion.



Étonnement de madame Beaulieu.



Là, je me fends d’un large sourire.



Elle me fixe un instant, sourit.



Un peu plus tard, je retrouve Stéphanie, seule.



Éclat de rire de ma chérie.



Ça, qu’elle ait changé, c’est bien mon avis, ou alors, elle est bi ! Ou bien j’ai rien compris !



Elle passe ses bras autour de mon cou.



Ah je comprends mieux, la voilà donc, l’explication !



Elle la connaît, à force de lui en parler… c’est même devenu un sujet de plaisanteries entre nous.



Mais ça, je sais que c’est une éventualité qui ne lui déplaît pas, au contraire, d’ailleurs, elle s’y voit déjà.



Elle colle ses lèvres sur les miennes.



Évidemment, vu comme ça, c’est une proposition assez séduisante qui ne qui ne se refuse pas…



À suivre