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n° 17162Fiche technique22085 caractères22085
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Temps de lecture estimé : 15 mn
05/12/15
Résumé:  Marion, en accord de son mari, se livre à la galanterie. Son "employeur" lui demande son aide pour raisonner sa fille. La vie à la cour de Canfre.
Critères:  #historique #initiation fh extracon vengeance fellation cunnilingu pénétratio
Auteur : Bernard Nadette      Envoi mini-message

Série : Conflits

Chapitre 05 / 33
Espoir de promotion - Croisée des chemins - À la cour du Roi

Résumé des épisodes précédents :


« Origines : attaque et prisonniers »

« La vie reprend : il faut s’adapter »

« La vie reprend : la curiosité peut révéler des choses »

« La vie reprend : espoir de promotion »

« La vie reprend : Ennemis jusqu’où ? »


À la suite d’un raid tanibrinque sur le port de Dorbauxe dans le royaume de Canfre, des prisonniers – hommes, femmes, enfants – sont emmenés en captivité. Ils ont été séparés en plusieurs groupes. Les militaires sont retenus sur un ponton, sauf leur commandant qui est assigné dans une caserne. Six jeunes filles ont été discrètement vendues à une maison close. Une d’entre elles parvient à s’évader. Quatre autres, d’un certain statut social, ont été conduites dans une institution d’éducation pour jeunes nobles tanibrinques, où la directrice, faute d’instructions précises, choisit de s’en servir comme domestiques. Les deux cent cinquante autres sont emprisonnés dans un ancien couvent où ils doivent travailler… La vie de ces exilés s’organise. Avec l’accord de son mari, Marion se livre à la galanterie en vue d’une vie meilleure de retour au pays.



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Les jours suivants Marion est encore appelée à la maison Custer. Les tarifs ne sont plus les mêmes. Les pièces d’or ont disparu, remplacées par celles d’argent. Une fois, le métal jaune refait son apparition quand elle sert d’agrément à un déjeuner où cinq convives ont été invités. Elle arrondit les rentrées grâce aux domestiques, non seulement ceux de John, mais aussi ceux des maisons alentours, qui passent pour la rencontrer par la porte arrière du parc. Le sixième jour avant qu’elle ne s’en retourne, John se met à parler avec elle, de la pluie, du beau temps. Elle est un peu surprise, car ce n’est pas dans ses habitudes de lui faire la conversation. Finalement il se décide et lui dit que sa fille Jennifer, celle qui vient de se marier, se conduit comme une dinde. Marion est étonnée du tour de la discussion, elle demande :



Marion ne voit pas trop où John veut en venir, aussi se tait-elle. Après un moment de silence, il reprend :



Marion est ébahie de la proposition. Le père inquiet ajoute que pour la circonstance une gratification de trois pièces d’or sera consentie. De retour à l’abbaye, elle fait part à son mari de l’entretien. Celui-ci, entendant parler de pièces d’or, n’hésite pas une seconde. Il accepte.


Le lendemain, ils sont emmenés tous les deux. C’est l’intendant qui les accueille, John ne tenant pas spécialement à se trouver en présence du mari. Ils ne sont pas conduits dans le pavillon du parc, mais dans la maison principale. Ils attendent pendant une heure dans un boudoir, puis Marion est introduite dans une chambre où se tient une jeune femme. Elle doit être un peu plus jeune et un peu plus petite qu’elle. Ses cheveux sont aussi noirs que les siens sont blonds, ses yeux sont de même. Elle accueille la nouvelle venue avec beaucoup de réserve, presque de la froideur. Marion met du temps à dégeler l’atmosphère. Jennifer finit par lui confier que son père, pour se rapprocher de la noblesse, l’a jetée dans les bras d’un comte aussi arrogant et méprisant que désargenté, avec en prime une coquette dot pour que ce godelureau condescende à l’épouser en lui faisant bien sentir l’honneur qu’il lui faisait.


Elle aurait préféré un honnête bourgeois. Marion lui raconte qu’elle aussi avait été mariée sans que l’on lui demande son avis, alors que c’était après un autre garçon que son cœur soupirait, mais il était hors de question qu’elle épouse un manouvrier. Elle lui explique qu’elle a fait contre mauvaise fortune bon cœur et qu’avec son mari, ils ont appris à se connaître et les choses vont au mieux.


À partir de là, elle fait glisser la discussion sur ce qui concerne la partie sexuelle du mariage. Jennifer est aussi très remontée contre son butor de mari. Celui-ci lui ayant fait comprendre que c’est un grand honneur qu’il lui fait en la mettant dans son lit, qu’elle devrait se sentir honorée. Cela l’avait irritée au plus haut point et aussi s’était-elle montrée peu coopérative, d’autant que cet animal n’avait pas fait preuve de beaucoup de délicatesse. Marion lui explique qu’il faut mieux en profiter que se buter, la chose pouvant être des plus agréables, sans compter que cela arrondirait les angles avec son mari.


De fil en aiguille elle l’amène à accepter d’en avoir la démonstration. Elle fait alors venir Joseph, qui depuis deux heures que sa femme était entrée dans la chambre, commençait à trouver le temps long. Pendant plus d’une heure le couple fait une démonstration de l’art d’aimer, avec fellation, cunnilingus, 69, levrette, missionnaire. Jennifer est intéressée, mais pas convaincue, elle explique que quand son mari la prend elle ne ressent rien. Marion réplique qu’elle doit se détendre et ne pas hésiter à demander des caresses avant de se faire baiser, qu’elle a des endroits sensibles. Marion commence par lui parler des seins en se les caressant, mais la nouvelle mariée, l’arrête en lui disant que cela est fort bien, mais que c’est sur elle-même que doivent être faites les démonstrations et sans plus attendre se déshabille.


Interloquée, Marion reste un moment sans voix, avant de reprendre. Quand elle va pour toucher Jennifer, celle-ci l’arrête de nouveau en exprimant son désir que ce soit un homme et non une femme qui œuvre, puisque c‘est avec un homme qu’elle est mariée. Joseph ne se fait pas prier pour se transformer en professeur. L’élève se montre très attentive et réceptive. Elle assimile pleinement le plaisir qu’il y à se faire caresser. Sur sa lancée elle n’hésite pas à rendre ce que l’on donne et prouve qu’elle a parfaitement retenu comment procéder à une pipe. Ne voulant pas s’arrêter à ces préliminaires, elle attire Joseph vers le lit où elle se laisse choir en écartant les cuisses en une invite peu équivoque. Il la comprend parfaitement et la pénètre. Elle participe avec beaucoup d’entrain à l’opération y prenant visiblement beaucoup de plaisir. Elle attend qu’il tire son coup pour se rhabiller en déclarant :



Sur ces paroles elle les remercie, leur glisse sa bourse contenant quelques pièces d’argent et se retire. Après son départ, les époux se regardent et Marion résume ce qu’ils pensent tous les deux :



Trois jours plus tard, John dit à Marion qu’il vient d’avoir la visite de sa fille et de son mari, avant qu’ils ne partent pour la capitale et son gendre s’était déclaré enchanté par son épouse depuis la visite qu’elle lui avait faite. Son attitude avait radicalement changé et elle montrait un allant au lit qui le ravissait. Marion se garde bien de faire une remarque quelconque quant aux dispositions d’esprit de Jennifer. Il lui annonce aussi qu’il va partir pour un voyage d’affaires d’une durée indéterminée.


Marion s’y résout aisément, elle n’est pas mécontente de refermer cette parenthèse de sa vie. Une nouvelle pourra commencer quand ils pourront rentrer au pays où grâce au petit magot amassé Joseph pourra devenir maître tisserand. Ils auront des enfants qui ne connaîtront pas les mêmes difficultés qu’eux. Jouer les putains n’était pas sa vocation. Elle a tenu le compte de ses « clients » : John - 1, son fils Peter - 2, l’ami de ce dernier - 3, Malcolm et les deux autres invités du premier repas - 6, les cinq du second - 11, l’intendant et domestiques de la maison six - 17 et les domestiques d’autres maisons 9 soit un total 26. Elle trouve chiffre bien assez élevé. Si son mari ne l’avait pas poussée, elle se serait arrêtée à John et éventuellement son fils. Elle ne pensait pas aller aussi loin dans la galanterie.

Quand elle annonce la nouvelle à Joseph, celui-ci ne voit pas les choses du même œil. Elle lui dit :



Marion est médusée. Son mari est prêt à l’envoyer distraire les gardes ou pour parler franc, se faire sauter par des dizaines et des dizaines de soldats pour quelques piécettes chacun. Elle avait constaté que son mari changeait, que l’argent devenait presque une obsession, mais elle ne se doutait pas que ce soit à ce point-là. Peu lui chaut que sa femme se fasse baiser par toute la garnison dès l’instant que ça rapporte. En définitive, il a pris une mentalité de maquereau, comptant sur les charmes de son épouse pour rapporter de l’argent. Il insiste, elle refuse. L’échange dure, il se met en colère et pour la première fois, lève la main sur elle.



À la cour du Roi


Plus de cinq mois se sont écoulés depuis la prise de Dorbauxe. C’est long, très long avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Il a fallu rappeler la flotte du Ponant, attendre que des renseignements fiables arrivent, élaborer un plan, réunir discrètement le corps expéditionnaire, il était impossible de faire partir le flotte sans la réapprovisionner. Il était irréalisable d’agir plus vite malgré l’impatience de Sa Majesté qui s’inquiète quotidiennement de l’avancement des préparatifs. Quand tout est prêt, c’est le mois de décembre. Lancer une flotte de cette importance en mer avec des points de ralliement, attendre les retardataires, s’approcher des côtes en cette saison est chose trop risquée. La flotte pourrait être perdue sans même rencontrer l’ennemi du fait du mauvais temps. Il y a eu des précédents d’armadas mises à mal par la tempête et elles sont fréquentes en cette saison. Le plus difficile a été de refréner le Roi qui voulait ne pas patienter davantage. Contrairement à son petit-fils, il ne connaît que peu les choses de la mer. Une infiltration d’un faible contingent est envisagée, puis abandonnée, étant encore plus aléatoire et risquant en cas d’échec de faire se poser des questions inopportunes à l’ennemi. Il est donc décidé d’attendre le retour de périodes plus clémentes.


Cette période d’attente ne laisse que peu de loisirs au vice-amiral Charles de Sombreuil. Il a été appelé à siéger au Grand Conseil de Guerre et à tous les conseils restreints concernant la marine, la défense des côtes et même le commerce. De plus la marquise Anaïs de Pierrenoire, une des plus belles femmes de la cour, est devenue sa maîtresse. À dire vrai il ne songeait nullement à la séduire, la dame étant connue pour son dédain affiché envers ceux qui la courtisent et ils sont nombreux et une pudeur jusque-là jamais démentie. Il se murmure même que feu le Dauphin s’y serait cassé les dents. Au hasard de rencontres, elle avait volontiers parlé avec lui, badinant même. Tout s’était précipité un soir au sortir d’un conseil en présence de Sa Majesté. Il avait décidé de marcher un peu pour se détendre. Ses pas l’avaient mené vers les bosquets. Il s’était assis sur un banc, pour profiter de cette belle fin d’après-midi automnale. Peu après la belle marquise, au milieu d’un groupe de dames et de gentilshommes devisant, arrivait vers lui. Anaïs l’avait apostrophé :



Ils poursuivirent la conversation avec animation. Anaïs le taquinant sur l’utilité de la marine, alors que la guerre semblait se gagner par les victoires terrestres et les villes prises. Lui, défendait son arme par maints exemples. La vivacité de la discussion leur fit ignorer qu’ils s’éloignaient du reste du groupe, tant et si bien que le jour déclinant les trouva isolés dans un bosquet touffu bien loin des parterres ordonnés entourant le château. La marquise s’en montra inquiète. Il lui revenait à l’esprit que parfois quelques ruffians téméraires se risquaient dans ces parties sauvages du parc, malgré la garde, dans l’espoir de juteux butins.


Elle s’accrocha au bras de son cavalier, se serrant de plus en plus à lui comme l’ombre épaississait. Charles se garda bien de rejoindre trop rapidement l’une des larges allées menant au château. Profitant de son solide sens de l’orientation, il tourna, vira, fit marche et contremarche. La nuit était tombée et la lune levée quand ils arrivèrent dans une petite clairière aménagée autour d’une statue de satyre. Le vicomte enlaça la marquise et l’embrassa. Celle-ci ne se déroba point et répondit au baiser. Lorsqu’il se montra plus pressant, elle ne s’en offusqua point et elle se retrouva bientôt seins à l’air, appréciant visiblement les caresses prodiguées. De même, nulle résistance ne fut opposée quand une main se glissa sous sa robe et ôta ses dessous avant de lutiner son intimité.


In fine, il l’adossa au socle de la statue et la pénétra, alternant douceur et brutalité, lenteur et rapidité. Puis voulant varier les plaisirs, il la fit mettre à quatre pattes, troussée, ses fesses resplendissant à la clarté de la lune. Après avoir contemplé un moment ce ravissant spectacle, il se précipita dans la chatte offerte. Il besogna vigoureusement la marquise qui, abondamment secouée, dut pour ne pas être renversée s’arc-bouter une main au sol, l’autre sur le socle de la statue. Elle prit plaisir à la chose. De ce moment, elle continue à le fréquenter quasi quotidiennement. Elle y trouve son compte. Outre le plaisir qu’elle a à se faire baiser, elle apprend du vice-amiral moult choses que son correspondant au service de sa gracieuse Majesté Guillaume lui paie en bon or.


La dernière chose qu’elle a apprise devrait lui en rapporter beaucoup. Rien de moins que les projets de l’amiral de Villerutay, approuvé par le Roi. Des frégates rapides vont faire la chasse aux bateaux de pêche dans l’espoir que l’Amirauté ennemie détache des bâtiments pour les protéger. Les frégates doivent alors les entraîner vers des escadres devant lesquelles ces navires d’escorte ne pèseront guère. Si l’opération se répète un nombre suffisant de fois, il y bon espoir qu’une partie de la flotte soit dépêchée pour débusquer ces escadres en embuscade. Alors, laissant quelques vaisseaux pour donner le change, la Flotte du Ponant, renforcée d’éléments de la Flotte du Levant récemment transférés, lancerait une attaque avec force brûlots contre les navires devant assurer le passage des renforts vers le continent. La flotte ennemie amputée d’une bonne partie de son effectif soit engage quand même la bataille en infériorité numérique, risquant de se faire étriller, soit évite l’affrontement et tente de rallier les navires partis à la chasse, mais laisse les transports vulnérables.


En recevant ces renseignements, confirmés par d’autres sources, l’amirauté tanibrinque prend la chose au sérieux, mais décide d’attendre pour voir. Bientôt des appels au secours viennent des ports de pêche. Les vaisseaux envoyés pour protéger les pêcheurs sont bien attirés vers des escadres en embuscades. Une discussion vive s’engage entre les partisans de faire sortir ostensiblement une partie de la flotte en faisant croire aux Canfrais que leur plan fonctionne et de surprendre leur flotte du Ponant aventurée prise entre les deux moitiés de leur propre flotte et ceux qui ceux qui préconisent de n’en rien faire de crainte que les deux parties de la flotte ne livrent bataille séparément et se fassent battre en détail, compromettant ainsi le passage des renforts vers le continent, entraînant de nouvelles pertes territoriales.


C’est le Roi lui-même qui arbitre. Il donne raison aux seconds, jugeant le renforcement de l’armée sur le continent indispensable. Pour éviter que les flottilles de pêche ne soient décimées, ordre leur est donné de rester provisoirement au port ou tout au moins en vue. Le passage terminé, la flotte viendra chasser les vaisseaux en maraude et l’on verra alors si les Canfrais prennent le risque de faire sortir leur flotte pour engager la bataille.


C’est donc sur une mer désertée que croisent les frégates de Monsieur de Villerutay. Quand les rapports le signalant lui parviennent, l’amiral se frotte les mains et envoie une note à Sa Majesté. Il est convoqué avec le vice-amiral pour un conseil restreint. Outre Louis XIV et les deux marins y participent, Monsieur le Ministre de la Maison du Roi, Jérôme comte de Pontchartrain et le Monsieur Lieutenant-général de police Gabriel de La Reynie. Le roi les accueille avec le sourire :



Sur ces paroles le Roi se retire, respectueusement salué par les quatre hommes présents. Sur le pas de la porte il se retourne :



Le Roi et son ministre partis, le Lieutenant-général se tourne vers le vicomte :



Charles se tourne vers son supérieur qui hoche la tête, navré, et confirme :



Ils discutent ensuite des informations qu’il doit laisser filtrer auprès de la marquise, puis se dispersent.

Monsieur de La Reynie rejoint Charles qui s’éloigne dépité :



Malicieux, Monsieur de La Reynie réplique :



Monsieur de La Reynie s’éloigne d’un pas vif laissant Charles songeur. À son tour il quitte la pièce perdu dans ses pensées, ressassant ce qu’il vient d’apprendre.