| n° 15032 | Fiche technique | 26188 caractères | 26188 4696 Temps de lecture estimé : 19 mn |
15/06/12 corrigé 11/06/21 |
Résumé: Alors que Cédric et Émile sont sur le point de récupérer l'argent de leur casse, une femme entre, sans qu'ils s'en aperçoivent, dans LA Poste et les menace avec son arme... | ||||
Critères: #policier #fantastique fh handicap cérébral voir hmast fellation cunnilingu pénétratio | ||||
| Auteur : Rain Envoi mini-message | ||||
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Résumé de l’épisode 1 :
Cédric, le narrateur, raconte sa vie de délinquant qu’il s’est choisie par nécessité. Il devient donc dealer de cannabis pour subvenir aux besoins de sa famille mais finit derrière les barreaux. Sa femme le quitte et part en Argentine avec leur fils pendant qu’il purge sa peine.
À sa sortie de prison, il retourne faire les quatre cents coups pour engranger dix mille euros qui lui permettront de traquer son fils en Argentine avec l’aide d’un détective privé du coin. Contraint de quitter l’Ariège suite à un cambriolage où la police a failli lui mettre la main dessus, il se rend dans l’Aveyron où il croise la route d’Émile, adulte déficient d’une quarantaine d’années dont Cédric tue les parents alors qu’il les surprend en train de rouer de coups leur propre enfant. Ne désirant pas abandonner Émile à son triste sort, Cédric lui propose de le suivre dans ses aventures.
Ils attaquent la Poste d’Olemps (bled de l’Aveyron) quand une femme les surprend et les braque. Émile jette un coup d’œil par-dessus son épaule et annonce à Cédric que c’est Kim Basinger (une actrice qu’il aime bien) qui les menace !
Kim Basinger ! Il n’en a pas marre de débiter des conneries ? Pourquoi pas Ursula Andres tant qu’il y est !
Celle qui nous braque de son arme reprend la parole :
Nous voilà à reculer vers la sortie de la poste tandis que la femme en jogging et le type derrière le guichet nous fixent de leurs yeux écarquillés. Émile crève d’envie de me parler, je le vois à l’agitation qui s’empare de ses doigts, mais le regard sombre que je lui lance lui ferme le clapet.
À l’extérieur, la garce reste dans notre dos et nous ordonne d’avancer, les bras toujours au-dessus de nos têtes, sans oublier de nous remémorer qu’elle n’hésitera pas à nous dessouder si nous nous retournons ou tentons quoi que ce soit. Elle nous conduit dans la rue où j’ai garé notre 205. C’est à croire qu’elle nous suit depuis déjà pas mal de temps, ce que je trouve très inquiétant. On va finir derrière les barreaux, cela ne va pas faire un pli !
Arrivés devant la caisse, elle exige que nous nous installions devant : Émile à la place du mort et moi au volant. Elle s’assied sur la banquette arrière et appuie l’embout du canon contre mon crâne. Quand je vois dans le rétroviseur le flingue, j’en chie presque dans mon futal. On dirait le Magnum 44 de l’inspecteur Harry ! Je jette un nouveau coup d’œil dans le rétro pour détailler celle qui me menace et, là, mon sang se fige, mon ventre se creuse. Cette femme est splendide ! Troublante ! Et aussi inquiétante ! Émile a raison…
C’est hallucinant ! J’ai du mal à le croire mais c’est le sosie de Kim Basinger dans Neuf semaines 1/2, cheveux légèrement ondulés qui retombent au niveau des épaules, même lèvres sensuelles, yeux bleus identiques à l’originale, traits fins et délicats du visage, un charme indéniable. Je brûle d’envie de lui en faire la remarque. De la complimenter sur son physique, mais elle me coupe dans mon élan :
Sans répondre, j’allume le moteur et roule dans la direction qu’elle m’indique. Nous croisons une fourgonnette de la gendarmerie dont les hurlements assourdissants des gyrophares nous vrillent les tympans.
Avec Émile, nous gardons le silence. De temps à autre, il ne peut s’empêcher de se tourner vers elle et de rire bêtement, les yeux animés d’une lueur qu’une rock star doit percevoir chez ses groupies qui ont la chance d’accéder aux coulisses. Elle lui rend ses sourires tandis que je suis fusillé par son regard dès que j’essaie de contempler son joli minois dans le rétro. Et, au cas où je n’aurais pas saisi toutes les significations de ce regard, le canon de son gun effleure à chaque fois ma nuque.
oo00oo
Depuis un bon quart d’heure, nous longeons une route bordée de prés où paissent quelques rares troupeaux quand elle me demande d’emprunter un petit chemin de terre qui s’enfonce dans un bois de pins s’étirant sur tout le flanc d’une colline.
Nous roulons cinq minutes sur une route cahoteuse dont les nids de poule ont failli bousiller le bas de caisse. Des deux côtés du sentier, des sapins plongent le bois dans la pénombre et, lorsque le chemin débouche sur une clairière au centre de laquelle se dresse une habitation de fortune, à la toiture en zinc et à la structure générale en bois, aussi effrayante que le chalet d’Evil Dead, je suis envahi de sentiments de très mauvais augure.
Nous pénétrons dans la cabane. Des remugles de moisissure et une forte odeur de renfermé agressent nos narines. Une cuisine crasseuse nous accueille avec sa table en bois et ses quatre chaises, son réchaud à côté duquel s’entasse une dizaine de boîtes de conserve vides et son poêle, allumé il y a déjà un bon moment vu la chaleur qui règne dans la pièce.
D’un signe de la tête, elle désigne les chaises pour que nous prenions place. Elle s’installe en vis-à-vis, le gros calibre dans la main droite.
Nous demeurons muets une éternité et je crois que c’est Émile qui rompt le premier le silence :
J’essaie d’intervenir, mais, avant d’avoir le temps d’ouvrir la bouche, elle m’interrompt d’un de ses regards assassins et se tournant vers Émile, elle s’enquiert d’une voix douce et chaleureuse :
Je ne peux réprimer un ricanement qui cesse dès que ses magnifiques yeux bleus me transpercent de leur mépris. Je décèle aussi dans son regard une folie meurtrière qui semble m’être destinée. Je me lève, sans raison, mais les éclairs qui jaillissent de ses prunelles me font reposer le cul illico sur la chaise. Cette femme est bandante à mort ! Pourtant, elle me fait horriblement peur ! J’ai l’effroyable sentiment qu’elle n’hésiterait pas à me trouer la peau avec son colt si je pète de travers.
Résigné, je décide de la boucler ! Je ne vais plus rien dire et me mettre à réfléchir à la situation. Je cherche d’abord à comprendre les raisons qui motivent le clone de Basinger. J’ai beau me creuser la tête, je n’arrive pas à émettre d’hypothèse. Pourquoi nous a-t-elle pris en otage ? Que nous veut-elle ? Et pourquoi nous ? Comment savait-elle où se trouvait la voiture que nous avions volée à ce couple de jeunes ? Et pourquoi ressemble-t-elle comme deux gouttes d’eau à cette actrice américaine, idole d’Émile ?
Le silence dans la cuisine finit rapidement par devenir pesant.
Le visage d’Émile ne cesse d’afficher des sourires béats qui ont le don de me mettre les nerfs en pelote. Et puis l’autre qui le regarde comme si c’était le petit enfant Jésus. Mes yeux vont du sosie à mon pote et je ne parviens pas à respecter le silence que je m’étais imposé, poussé par un trop grand nombre de questions qui naissent dans mon cerveau torturé et ne demandent qu’à être posées :
Aucune réponse, aucune attention, même pas un bref regard dans ma direction. Je réitère donc ma question sur un ton plus agressif :
Je suis stupéfait. Je crois avoir compris. Elle m’a vu buter les parents d’Émile. Depuis ce temps, elle nous colle aux basques. Mais pourquoi nous suit-elle ? Pourquoi n’a-t-elle pas prévenu les flics ? Si elle me balance, je vais passer le restant de ma vie en taule ! Peut-être qu’elle connaissait la famille d’Émile bien qu’il m’ait certifié que ses parents ne fréquentaient jamais personne. Je déglutis tout en m’interrogeant sur la bonne tactique à adopter. Je pourrais peut-être renverser la situation en lui sautant dessus. Elle n’est pas bien épaisse notre Kim ! Cependant, elle possède une arme qui stopperait net un mammouth. Mon cerveau choisit la prudence et je me contente de m’adresser à Émile :
Pendant que le sosie lui donne la définition de ce terme, je décide de m’enfermer dans un mutisme autistique. Mes yeux se portent bientôt sur les couteaux de cuisine plantés dans un socle en bois sur le plan de travail couvert de crasse.
Après ce mot mal prononcé s’ensuit une très, très longue conversation entre Émile et Kim au cours de laquelle il fait le tour de la filmographie complète de son actrice fétiche, louant ses performances dans tel ou tel long métrage. Elle se prête au jeu et lui répond comme si elle était réellement la starlette qu’il adule.
Ce manège me débecte et, irrité par le comportement manipulateur de notre Kim, je romps une fois de plus mon choix de garder le silence et gueule :
Telle la méduse, notre ravissante ravisseuse me pétrifie du regard. Elle bondit de sa chaise et vlan. Sa main, ouverte, vient de percuter mon visage. Le coup est si violent que je valdingue de ma chaise. Immédiatement, Émile me tend la main pour m’aider à me relever. Ma joue me cuit. Je suis humilié et étonné de la force de cette salope. Si je m’écoutais, je lui sauterais à la gorge. Comme si elle lisait mes pensées, le canon du Magnum se dirige vers moi. Toutefois, je ne peux retenir le connasse qui me brûle les lèvres.
Rebelote ! Elle n’apprécie pas les insultes ! Elle m’aligne une nouvelle baffe, sur l’oreille, et je me retrouve encore le cul par terre, avec un tympan fêlé et probablement des acouphènes pour les prochains jours. Vautré sur le sol, humilié, assoiffé de vengeance, je me hisse sur les coudes et rampe sous la table. Je vais la plaquer et la renverser.
Je parcours à peine la moitié de la distance qui me sépare d’elle quand le talon de sa botte heurte mon pif.
Je recule, vexé et aussi terriblement apeuré, et me rassieds sur ma chaise comme si rien ne s’était passé, prenant un air digne, malgré mon nez qui pisse le sang et les cinq doigts de l’autre poufiasse imprimés sur ma joue. Intérieurement, je bous, j’ai des envies de meurtres, je désire qu’Émile me prête main-forte. Je l’imagine se levant, saisissant de ses grosses paluches la tête de la harpie et tirant sur celle-ci jusqu’à ce qu’elle se désolidarise du reste de son corps. Des geysers de sang éclaboussent la pièce. Toujours accrochée au cou, frétille la colonne vertébrale du sosie de Kim. Ces visions m’emplissent de joie et d’espoir. Cela doit se lire sur mon visage, car elle me lance un regard glacial en déclarant :
Je ne réponds rien, je ne désire pas en prendre une autre.
Émile et Kim discutent encore cinéma une bonne heure avant qu’elle se lève et nous annonce qu’il est temps de prendre le repas.
Kim me fixe. Qu’est-ce qu’elle me veut encore ? Je ne bouge pas et la défie en soutenant son regard. Cela ne dure pas longtemps ! Lorsqu’elle se penche pour m’en coller une troisième, je me suis déjà précipité vers le plan de travail et demande, en arborant mon plus amical sourire, ce que tout le monde aimerait manger.
oo00oo
Le repas est excellent ! Je suis étonné et éprouve même une certaine fierté à avoir réussi à cuisiner des mets aussi fins. Il est vrai qu’elle a été très directive et, pour être honnête, sans elle, le plat n’aurait pas eu la même saveur. Émile me fait l’immense plaisir de se servir quatre fois.
Mon pote et la garce ont discuté seuls au cours du repas. Je me suis contenté de faire turbiner mes méninges. Il faut que je trouve un moyen de nous tirer de cette situation. Pour le moment, je ne vois pas comment je pourrais nous sortir de cette impasse, Kim ne cesse de m’observer, même lorsqu’elle est en grande conversation passionnée avec Émile, je vois bien qu’elle m’a à l’œil. Je devrais probablement attendre la nuit pour essayer quelque chose.
Alors qu’ils sont en train de parler de Mickey Rourke dans le film dans lequel tous les hommes auraient aimé prendre sa place, j’ose demander – avec une extrême courtoisie – s’il me serait possible de dormir, prétextant l’envie de faire la sieste. Elle me fixe un instant et déclare :
Sur le coup, j’ai envie de lui dire d’aller se faire mettre, mais me ravise sachant que cela engendrerait immanquablement une autre tourte dans ma petite tronche déjà pas mal endolorie.
Je lave les assiettes, les couverts, les verres, les plats et, une fois que j’ai mis tous ces ustensiles dans l’égouttoir, je réitère ma requête.
Elle commence réellement à me les briser menu. Pourtant, je prends le torchon et essuie la vaisselle, tout en revoyant la scène où Émile lui arrache la tête défiler en boucle sous mon crâne.
Mes tâches domestiques accomplies, je cherche une nouvelle fois à obtenir l’autorisation d’aller me reposer. Ce coup-ci la diablesse finit magnanimement par me l’accorder.
oo00oo
Elle déplie une échelle escamotable qui mène à une trappe au plafond. Je vais dormir dans le grenier ! Dans la putain de cabane d’Evil Dead ! Cela ne me plaît guère, mais j’essaie tant bien que mal de dissimuler mes angoisses.
Je grimpe et pousse la trappe qui s’ouvre sur une pièce poussiéreuse en partie vide. Seul un amas de cartons s’entasse dans un coin. Pas de lit ni le moindre matelas ! Pas de fenêtres non plus ! Il va falloir que je dorme à même le sol sur ce plancher qui m’a l’air très inconfortable.
Tout en imaginant une solution pour échapper à notre geôlière, je farfouille parmi les cartons à la recherche de quelque chose qui puisse m’être utile. Je ne trouve que du vieux linge à moitié rongé par les mites.
Dans le dernier carton, je découvre des Playboy dont le premier de la pile affiche en couverture une Kim Basinger dont la tête repose sur un lit. Dans sa main, elle tient une montre à gousset (en or ?). Ses cheveux bouclés et dorés débordent du lit. Il date de février 83 et est en langue anglaise. La couverture promet :
Je m’empresse de feuilleter le magazine et tombe sur les clichés de la belle Kim, la plupart pris en bord de mer où elle exhibe sa plastique de rêve. À voir l’épaisse toison noire qui recouvre son intimité, ses seins hauts perchés, ses lèvres charnues, ses yeux magnifiques que le photographe du journal de charme n’a pas oublié de mettre en valeur, un souvenir me revient à l’esprit. Je me rappelle que j’avais enregistré Neuf semaines 1/2 à la suite d’un film sur une VHS. Pendant une période, Mickey et Kim m’avaient servi de support visuel à mes masturbations. Je réussis à voir défiler dans ma tête, avec une clarté étonnante, la scène avec les glaçons qui ravive d’agréables souvenirs.
Je reste un long moment à feuilleter le Playboy et passe pas mal de temps à zieuter les autres puisque le carton ne contient que ce journal. Las de mes lectures, ou plutôt de mon matage de culs, je récupère le vieux linge et l’étale au sol pour me faire un lit, harassé de fatigue.
Je retourne encore et encore la situation dans tous les sens, allongé sur mon matelas improvisé. Je ne vois pas ce que je pourrais faire pour nous sortir de ce traquenard. Je me demande enfin ce qu’elle voulait dire quand elle me préconisait de faire une introspection. Qu’ai-je bien pu faire qui me vaut d’être traité de la sorte ? Le meurtre des parents d’Émile, voilà ce que j’ai à me reprocher, mais en même temps ces gens-là étaient de la vermine qui tabassait leur gamin handicapé. J’ai braqué une poste ? La belle affaire ! Je n’ai fait de mal à personne et je n’attaque pas les banques par plaisir.
Dès que j’aurai l’argent nécessaire à mon voyage pour l’Argentine, j’arrêterai ma carrière de délinquant. Qui plus est, Émile a aussi participé au braquage avorté de La Poste. Mais c’est moi qui suis dans le collimateur de la jumelle de Kim. Pourquoi ? Je sonde mon for intérieur, essaie d’appréhender mes actions, de les décortiquer afin d’entrevoir où j’ai bien pu fauter.
En bas, j’entends Émile qui rigole avec l’autre. Je me force à analyser la situation sous toutes les coutures et lutte contre la fatigue qui me tiraille. Mais le sommeil a le dernier mot et je glisse dans les bras de Morphée.
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Mon sommeil est agité. Je suis poursuivi par une meute de chiens qui veut m’arracher un morceau de fesse. Je cours comme un dératé, une dizaine de cabots à mes basques et réussis à entrer dans un bâtiment en en refermant la porte de justesse sur des mâchoires aux dents acérées. Les chiens aboient, grognent, griffent la porte. Puis leur haine à mon égard se mue étrangement en gémissements qui me tirent de mon songe.
Il me faut un moment pour réaliser que je ne suis plus poursuivi par les clebs, que cela n’était qu’un cauchemar. Néanmoins, j’entends toujours des gémissements. Il est 4 h 13 à ma montre. Cela fait douze heures que je ronque ! Un rai de lumière filtre entre deux lattes du plancher. Ils ne sont pas encore couchés ! Mais que peuvent-ils bien foutre ? Je m’approche de l’interstice qui laisse passer la lumière et, en me couchant sur le ventre, je colle mon œil dans la fente et observe.
Je suis paralysé une bonne minute, je pense. Les gémissements proviennent de la cuisine. Le sosie de Basinger est assis sur la table où nous avons pris le repas de midi. Elle est intégralement à poil ! De ma place de voyeur, je contemple un instant sa poitrine, ses tétons durs couleur cerise. La ressemblance est frappante, j’ai l’impression de revoir les seins de Basinger dans le Playboy. Ses jambes sont grandes ouvertes. Entre elles, la tête d’Émile s’affaire. Son nez est enfoncé dans l’épaisse toison brune que notre Kim semble entretenir comme la vraie du magazine de 83. Le tarin de mon pote a disparu dans les poils. Bien que je n’aperçoive pas sa langue, je sais qu’il est en train de lui lécher la vulve. L’autre se pâme, appuie sur la tête de son partenaire, l’écrase avec ses cuisses. L’énorme caboche de mon compagnon demeure à cet endroit jusqu’à ce que la fausse Kim atteigne le septième ciel en haletant exagérément comme une vulgaire actrice de film de boules ou bien est-ce Émile, qui est réellement doué ?
Dans mon futal, Popaul est au garde-à-vous. Elle descend de la table et déshabille Émile. J’aperçois sa brioche et son torse velu.
Mon excitation faiblit.
Elle défait la ceinture, déboutonne le pantalon, et extirpe la queue bandée du balèze. Je m’attendais à voir une bite colossale. Il n’en est rien. Émile possède un sexe dans la norme. Elle le prend en main et commence à le masturber lentement en se collant à lui. Émile reste les bras ballants alors qu’il a, à portée de main, des tétons tendus qui ne demandent qu’à être agacés. Elle fait coulisser un moment ses doigts sur la hampe avant de couler sa main sous ses bourses qu’elle soupèse. Émile a toujours les bras le long du corps et n’utilise pas ses mains alors qu’il a une bombe à oilp qui le chauffe. Elle se laisse glisser le long du corps de l’armoire à glace en ondulant du train arrière. Son cul vaut bien un poème ! J’imagine ma langue qui en parcourt ses collines quand je lorgne la bouche de notre Kim qui s’ouvre pour gober le petit oiseau d’Émile. De temps à autre, j’aperçois la langue qui s’enroule autour du gland, descend le long du frein sur lequel elle s’attarde avant d’enfourner le tout dans sa bouche pour le pomper en profondeur.
Ma queue n’est plus à son aise. Une irrépressible envie de branlette me prend. En essayant de faire le moins de bruit possible, je libère ma verge qu’immédiatement ma main enserre et branle. Kim est retournée sur la table et s’est installée à quatre pattes, offrant son cul à Émile. Moi je me contente malheureusement du spectacle.
Positionnée de cette manière le vit d’Émile est à la bonne hauteur pour la pénétrer. Il s’avance vers elle et lui attrape les hanches. À cet instant, je dois avouer que je crève d’envie d’être à sa place. Émile s’immisce lentement, s’immobilise, et pousse un cri aigu, presque enfantin, dont on ne s’attend pas à ce qu’il puisse sortir d’une telle carcasse.
Le con vient de jouir ! Je le comprends lorsque je remarque son visage virer au cramoisi. Elle tourne la tête vers lui et d’une voix douce lui annonce que ce n’est pas grave, que c’est normal la première fois. On dirait une maman qui parle à un marmot de trois ans ! La salope vient de réduire à néant mes espoirs de jouissance. Ce qui est en train de se dérouler sous mes yeux brise mon excitation. Mon sexe se ramollit, se racornit.
Ils se font un câlin et Émile va éteindre la lumière avant de retourner au plumard avec cette beauté.
Je me couche dépité et trouve difficilement le sommeil.
oo00oo
Le lendemain, quand je me réveille, le jour s’est déjà levé. J’ai le dos en compote après avoir dormi pratiquement à même le sol, mais l’odeur du café réussit à me tirer du lit. Je descends l’échelle et découvre Émile à table qui savoure une boisson chaude, probablement du chocolat au lait. Son visage se fend d’un sourire lorsqu’il m’aperçoit.
Kim n’est pas dans la cuisine ! Je prends place à la table et après avoir lancé un bonjour à mon ami, je cherche à savoir où elle se trouve.
Je me dirige vers la porte. Émile bondit de sa chaise et me barre le passage :
Il ne bouge pas et demeure planté devant la porte, son imposant corps obstruant le passage. Je tente de le contourner, mais il me repousse de la main comme il aurait balayé un puceron.
La discussion ne menant à rien et la force physique n’étant d’aucune utilité contre un gars qui fait le double de votre poids et qui n’est pas loin de vous flanquer son poing dans la trogne, je me suis rassis. Puis, je me suis relevé pour aller me servir un café.
Derrière la cafetière, mon regard est attiré par un vieux poste radio. Je déplie l’antenne, allume la radio et commence à chercher une station au hasard. Apparemment, ici on ne capte pas grand-chose. Mon pouce fait tourner la molette et j’entends :
(voix d’homme) — Hier matin, en début de matinée, deux individus cagoulés ont tenté de dévaliser La Poste d’Olemps qui, fort heureusement au moment des faits, n’accueillait qu’une seule cliente. Cette dernière nous a accordé une interview en fin d’après-midi au cours de laquelle elle a exprimé son incompréhension face à la réaction inattendue des malfrats.
(voix de femme) : — Ils étaient deux, un gros et un petit, une sorte de Laurel et Hardy si vous préférez. Le petit tenait un fusil et criait. Le gros costaud avait l’air plus discret et ne disait plus rien après avoir été rabroué plusieurs fois par son camarade. M. Daray, le guichetier, était en train de remplir un sac plastique de billets quand les deux voyous ont lâché leur arme et levé les bras. Puis, ils sont sortis de La Poste en faisant marche arrière les mains toujours au-dessus de leur tête. Avec Bip on s’est regardés en se demandant s’ils n’avaient pas subitement perdu la raison. Puis on ne les a plus vus. Je me souviens juste du gros qui avant de partir à reculons a dit au maigre :
« C’est Kim Basinger. Avec M. Bip on n’a pas tout compris et il a finalement appelé la police »
(voix d’homme)— La police recherche toujours ces deux individus qui devraient être facilement identifiables puisqu’un des deux mesure près de deux mètres, voire un peu plus, et pèse, d’après les témoins, entre cent trente et cent cinquante kilos. En fin d’après-midi, un automobiliste a contacté la police. Il aurait peut-être croisé en voiture le couple de malfaiteurs qui roulaient en direction de Millau dans une 205 GTI. Si vous avez des informations à leur sujet, vous pouvez con…
Je coupe la radio, le cœur galopant dans ma poitrine. Je dois être pâle comme un linceul. Émile boit son chocolat, comme s’il n’avait rien entendu ou rien écouté.
À suivre.