| n° 14790 | Fiche technique | 17324 caractères | 17324 2790 Temps de lecture estimé : 12 mn |
31/01/12 corrigé 11/06/21 |
Résumé: La vie érotico-politique d'un village de la France profonde en 2036. Une belle histoire d'amour pas trés hétéro. | ||||
Critères: #sciencefiction ff | ||||
| Auteur : Domi Dupon (Homme encore du bon côté de la soixantaine (le temps passe)) Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : Chroniques de Nordec Chapitre 04 / 04 | FIN de la série |
Résumé : Pas facile, le mieux étant de lire (et de noter) les textes n° 14735, 14752 et 14769.
Pour ceux qui ont la flemme (ou pas l’envie, ou pas le temps) : Chronique érotico-politique d’un village en 2036, alors qu’on retourne aux temps bénis de l’obscurantisme.
Principaux personnages rencontrés :
Marlène Crochet, ingénieur chimiste au chômage, vit chez sa mère-grand.
Yvane Silet-Chovy, maire du village.
Luc-Olivier Mélencenot, son premier adjoint.
Mario Melchin, adjoint au maire, boucher.
Melisse Hingaliers, conseillère municipale, viticultrice, veuve voyeuse.
Gael Bilts, ingénieur informaticien spécialiste Informatik & télécom.
Vendredi 04 octobre 2036 : Une nuit agitée
La vid ronronnait, une antique télé plasma en 2D. Actualité de la nuit : un journaliste gominé commentait d’une voix de fausset un sujet sur la diminution des violences urbaines. Féal de l’U.S.D., il vilipendait les mécréants qui essayaient de répandre le chaos. Heureusement, les forces du bien (comprendre les suppôts de l’U.S.D.), peu à peu, reconquéraient les zones de non-droits. Cette semaine dans la seule ville de Meaux, il y avait eu 1352 conversions. La situation dans le pays ne cessait de s’améliorer. Selon lui, le respect total et accepté de la doctrine de Saint-Ahmed permettait le proche rétablissement d’un monde paisible.
En attendant, Sa Majesté, afin de protéger ses loyaux sujets, avait pris un décret promulguant un couvre-feu dès 22 heures dans les agglomérations de plus de 20 000 habitants. Un général quatre étoiles expliquait que des compagnies de Grognards encadrant des patrouilles de la L.D.E.D. (Ligue de Défense des Enfants de Dieu – bras armé de l’U.S.D.) patrouilleraient dans les zones à risque. Les honnêtes gens n’avaient rien à craindre, l’empire et Saint-Ahmed les protégeait.
Marlène trépignait à l’écoute de ces balivernes. Malgré la censure galopante, tous savaient que la formulation zones à risque ne se référait plus aux quartiers contrôlés par l’U.S.D., à de rares exceptions près. La révolte et l’insécurité s’étaient déplacées vers les secteurs pavillonnaires des grandes villes. Le chômage touchait plus de 15% de la population active, principalement dans ces couches intermédiaires dont les parents avaient pu difficilement devenir propriétaires.
La disparition des minima sociaux, l’absence de couverture sociale avaient transformé ces gens paisibles en révoltés potentiels. En 2024, l’interdiction des syndicats et des associations les avait privés de tout moyen d’actions légales. Les gens n’osaient plus utiliser les réseaux sociaux qui, un temps, les avaient réunis depuis que de nombreux internautes s’étaient retrouvés derrière les barreaux après des text sur touiteur ou fesse-bouc. Leur restait leur colère.
Les charlatans de l’U.S.D. essayaient de transformer cette colère en foi, mais ils se heurtaient à une communauté largement agnostique et rencontraient une forte opposition. Mais cette opposition ne parvenait pas à s’organiser ou plutôt on ne permettait pas à cette opposition de s’organiser. La répression-conversion faisait rage.
Cette violence en ville n’était rien comparée à ce qui se passait hors des murs. Les alentours des villes étaient devenus de véritables coupe-gorge. Plus personne ne s’y aventurait sans protection sauf nécessité vitale. L’armée et les sbires de l’U.S.D. ne s’y rendaient que contraints et forcés.
Durant les années 20, les gangs de toutes sortes avaient profité du chaos généré par la crise pour se surarmer et investir les territoires excentrés, zones industrielles abandonnées, usines en ruine. Depuis ils rayonnaient et s’éloignaient de plus en plus de leurs bases. Nordec, loin des grands axes, sans réel problème de pauvreté, demeurait un havre de paix mais n’était pas pour autant à l’abri de leurs méfaits.
Marlène savait qu’aujourd’hui, il était quasiment impossible d’avoir une information objective. Les chaînes télé ou radio qu’on pouvait capter étaient inféodés au pouvoir. Restait le net. Mais les maîtres avaient compris que trop d’info tue l’info. Ils inondaient la toile d’une multitude d’infos, de nouvelles, de bruits, de rumeurs aussi contradictoires qu’inquiétantes. Devant ce flot ininterrompu, il devenait impossible de démêler le vrai du faux.
Ces manipulations ne pouvaient pourtant cacher l’état de délabrement dans lequel s’enfonçait inexorablement le pays, les incessantes émeutes et les méfaits des gangs. L’U.S.D. proposant la protection de Le Dieu et surtout sa protection armée avait beau jeu pour gagner des fidèles. Mais à quel prix.
Le journaliste gominé avait été remplacé à l’écran par la présentatrice vedette. Nordine Médrano, mémère emmaillotée, panégyriste officielle de l’Empire, qui officiait déjà sous le règne de Nicolas 1er. Elle annonçait les futures impériales agapes : une réception intime de 500 convives en sa cour de Versailles. Marlène éteignit rageusement la télé. Elle jeta un œil à la pendule murale. Minuit. Mélisse n’était pas encore rentrée.
Allongée sur le divan, seulement vêtue d’une robe de chambre ayant appartenu à feu Hingaliers, elle attendait son retour avec impatience. Leur relation avait évolué si vite après leur rendez-vous interrompu…
En rentrant chez sa mère-grand cette nuit-là, elle n’avait guère dormi. En bonne scientifique, elle avait fait un état des lieux. Si elle n’avait pas pu, pas voulu, analyser ses sentiments, elle avait par contre parfaitement cerné ses désirs. Le fait que Mélisse soit une femme, une femme de 55 ans, ne la gênait en rien. Elles se plaisaient, elles étaient bien ensemble : pour elle, il n’y avait aucun problème.
Les quarante-huit heures qui suivirent furent très éprouvantes pour la jeune femme. Aucune nouvelle de la viticultrice. Celle-ci devait regretter cet instant d’égarement, avait honte, craignait le « qu’en-dira-t-on », n’osait pas, quoi d‘autre encore… Elle égrenait toutes les raisons qui pouvaient expliciter cette fuite. Pour elle, l’action avait toujours primé sur la réflexion. Le troisième jour, elle se prit par la main et se rendit chez la veuve, plus précisément à sa cave où elle savait la trouver ce jeudi matin.
Rien ne se passa comme elle l’avait prévu.
Jeudi 18 septembre 2036 : flashback
Mélisse lorsqu’elle la vit, sans un mot, alla fermer à clé la porte de son antre et se jeta dans ses bras ne laissant aucun doute sur ses intentions.
Mélisse ne put terminer sa phrase. Les lèvres de la jeune femme s’étaient collées aux siennes l’empêchant de poursuivre. La viticultrice passa ses bras autour du cou de son amie, plaquant son corps contre le sien. Les tétons durcis de Marlène perforaient ses œufs sur le plat , cognant ses côtes, annihilant sa faible poitrine. De la même manière, un mont de vénus proéminent appuyait fortement contre le sien. Elle avait le sentiment surnaturel que Marlène voulait la fondre en elle.
La jeune femme la câlinait. Ses longs doigts d’intellectuelle modelaient le visage de son amie, se promenant le long des joues, suivant les rides du front, décoiffant des cheveux déjà ébouriffés. Quand elle s’attaqua aux lobes des oreilles, le corps de Mélisse fut parcouru d’un frisson délicieux qui lui fit complètement perdre pied.
Ses mains s’insinuèrent sous le pull, le t-shirt de son amante, les roulèrent vers le haut. D’un geste décidé, elles firent sauter l’agrafe du soutif. Elles empoignèrent les seins offerts à sa convoitise. Marlène, complice, se débarrassa du pull et t-shirt.
Mélisse la repoussa. Elle voulait ces seins. Elle voulait les voir, les toucher, les baiser, les manger, les… Spasme. Tempête dans son ventre. Jouissance. Inondation en sous-sol. Qu’est-ce qui lui arrivait ?
Son immobilité soudaine inquiéta Marlène.
Comme pour prouver son affirmation, sa bouche se posa sur le sein qui lui faisait face. Ses lèvres se refermèrent sur le tétin turgescent. Elle commença à le téter comme un bébé affamé. Tandis que la main gauche jouait avec l’autre téton, la droite s’insinuait dans le jogging, passait sous la culotte et atteignait une fesse.
Marlène se sentait bien. Aucune envie de prendre une quelconque initiative, Un pas en arrière, son dos nu s’appuyait contre le bois froid d’une barrique. Les mains posées sur les épaules de Mélisse, elle caressait doucement l’étoffe rêche de sa salopette. Elle se laissait aller au plaisir. Elle l’écoutait envahir son corps : la cyprine qui tapissait sa vulve, mouillait sa toison ; ses mamelons qui durcissaient à lui faire mal ; un lait imaginaire qui montait dans ses tétons.
Jamais ses relations hétéros ne l’avaient amenée à un tel bien-être. Pas la tension habituelle qui l’habitait quand elle baisait avec Jean-Alex. Une course tout en relâchement disait la sportive en elle. Mélisse délaissait ses seins et, doucement, zigzaguant, descendait sur son ventre. D’innombrables baisers mouillés généraient des picotements agréables dans son temple d’amour. Une langue pointue, curieuse, explorait chaque recoin de son nombril. Deux mains audacieuses, abaissant jogging et culotte, dénudaient son avant-scène. Électrochoc. Lèvres humides sur sa toison. Glissement. Son bouton. Douce succion. Une langue qui s’introduit en catimini. Explosion.
Marlène jouit avec la même intensité que Mélisse quelques instants plus tôt. Une petite sucette et trois coups de langue avaient suffi à l’envoyer très haut dans le ciel du plaisir.
Tendrement, la jeune femme releva Mélisse. Tandis que leurs bouches se joignaient dans un baiser passionné, elle dézippa la salopette de son amante. Celle-ci, après maintes contorsions, sans interrompre le baiser, parvint à la faire tomber à se pieds. Mélisse, sous son vêtement de travail, ne portait qu’une de ses coutumières culotte de grand-mère.
Inconscientes de l’écoulement du temps, leurs corps quasiment dénudés imbriqués, elles passèrent un très long moment à se « mamourer » adossées au grand tonneau. Une idée saugrenue vite envolée traversa Mélisse : un mateur éventuel voyant ces deux femmes, les pantalons au bas des jambes, trouverait-il la situation choquante, érotique ou ridicule ?
La fraîcheur du lieu les ramena à un peu de raison. Elles décidèrent qu’un lit serait plus adapté à leurs envies et bien plus confortables. Lit dans lequel, elles s’aimèrent jusqu’au bout de la nuit.
À la suite de cette folle journée, joignant l’utile à l’agréable, Mélisse l’avait engagée, très officiellement, pour la seconder à la cave. Cet arrangement leur permit de voler de longs moments d’extase. Au bout de quelques jours, cela ne leur avait plus suffi. Elles eurent une longue discussion qui se termina au lit. Elles décidèrent de faire fi des conseils de Saint-Ahmed, Marlène emménagerait chez son amante. Et, à leur grand étonnement dans l’indifférence quasi générale !
Depuis, une passion, qu’elles ne contrôlaient ni l’une, ni l’autre les consumait.
Vendredi 04 octobre 2036 : Une nuit agitée (suite)
À cette évocation, Marlène sentait une douce humidité envahir son entrecuisse. La simple pensée de son amante la mettait dans des états pas possibles. Apparemment, il en était de même pour Mélisse. Elles faisaient l’amour plusieurs fois par jour, presque n’importe où. Elles avaient beaucoup de mal à se contrôler, même en public. Pourtant leur entente n’était pas seulement physique, elle était tout autant spirituelle. Elles en avaient discuté mais n’avaient trouvé aucune explication rationnelle à cet appétit charnel. Ça leur faisait peur. Peur qu’une flamme aussi dévastatrice ne puisse résister au temps.
Le claquement de la porte d’entrée interrompit sa rêverie. Quelques instants plus tard, Mélisse la rejoignait sur le canapé. Entre le hall et le salon, elle s’était débarrassée de la plus grande partie de ses vêtements. La robe de chambre de feu Hingaliers fut à son tour jetée aux orties. Les deux femmes s’enlaçaient tendrement.
Les lèvres se collant aux siennes privèrent Marlène de toute réplique. Mots tendresse, mots douceur, mots frémissants, mots mouillants, mots pour le septième ciel sans ascenseur, seules paroles qu’elles échangèrent dans l’heure qui suivit. Le divan, ring pour un combat pacifique, symbiosant une nouvelle fois ces deux femmes que la vie opposait. L’une sèche, noueuse comme un pied de vigne, endurcie par trente ans d’efforts agricoles. L’autre, aux formes voluptueuses, sculptées par des jours et des mois de pratique sportive.
Où l’on aurait pu attendre le combat heurté de deux femmes d’action, on trouvait un délicat ballet de caresses inachevées, de mains effleurantes, de baisers esquissés. Les cinéphiles nostalgiques du XXème auraient retrouvé la lumière désuète, la lenteur exaspérante d’un film de Bergman. Rien ne semblait avoir d’importance sinon leur bon plaisir qu’elles étiraient inlassablement, se laissant aller au bon vouloir de leurs corps.
Dès la première fois, elles s’étaient écartées, sans l’avoir décidé/choisi, des stéréotypes de la baise. Leurs recherches de félicité les avaient entraînées dans des lieux négligés et dans des rythmes paresseux méprisés du commun. Une main habile au creux du dos, un bisou humide sous l’aisselle, un mot susurré à l’instant T leur procuraient des jouissances inédites. L’une et l’autre découvraient avec ravissement (et elles en redemandaient) l’importance des prémices aux prémices. Leurs étreintes n’en finissaient pas, leur jouissance non plus.
Quand l’excitation devenait trop grande, le désir trop frustrant, presqu’à reculons, elles s’attaquaient aux fondamentaux. Alors soudain tout s’accélérait. Cette nuit, Mélisse chevauchant le visage de sa tendre amie la baisait de deux phalanges raidies tandis que Marlène, cramponnée aux cuisses noueuses de sa copine suçait son clitounet turgescent avec avidité. Le divan tanguait sous l’assaut des deux belligérantes.
Abandonnant la position soixante-neuf, Mélisse, vrai petit mec, couvrit sa jeune maîtresse et commença à s’agiter ente les cuisses ouvertes. Leurs sexes fusionnèrent. Les interfrottements de leurs bourgeons, de leurs lèvres ruisselantes de cyprine leur firent rapidement perdre pied. Une commune jouissance les réunit dans un soupir satisfait. Dans l’ultime ligne droite, elles avaient basculé sur la moquette. Aussi, c’est enlacées, allongées à même le sol qu’elles reprirent leur discussion tout en continuant à se mignarder, à se bécoter.
Mélisse raconta par le menu les événements de la soirée. Récit entrecoupé de câlins, de baisers. Les deux femmes n’étaient jamais sensuellement assouvies.
À ce souvenir, le rouge lui monta aux joues et son ventre se crispa sous une renaissance du désir. Mutine, tendant les mains à son amie, elle déclara :
Pour mes 4 fans, la saison deux est en gestation.