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Temps de lecture estimé : 21 mn
11/11/10
corrigé 12/06/21
Résumé:  Fabien vit sa première journée de cours dans sa nouvelle école.
Critères:  h fh hagé jeunes couple hotel hmast cunnilingu pénétratio -prememois
Auteur : Jon Snow      

Série : Désirs à assouvir

Chapitre 02
La rentrée des classes

Résumé de l’épisode précédent :


Fabien, jeune homme de 20 ans, s’installe chez sa sœur et son beau-frère afin de poursuivre ses études. Timide, il n’a jamais connu la moindre relation avec une femme, mais voilà que la splendide meilleure amie de sa sœur, Justine, semble avoir jeté son grappin sur lui… Mais, alors que les deux jeunes gens s’apprêtent à consommer leur rencontre, ils reçoivent un appel de Mélanie, la sœur de Fabien, qui ne semble pas aller bien. En effet, au même moment, elle s’est fâchée avec son mari Arnaud, ayant surpris ce dernier en plein visionnage d’une vidéo gay ! Ce qu’il ne lui a pourtant pas dit, c’est que c’est Fabien qui, sans le vouloir, a réveillé en lui ce désir d’homme…




*****




Justine avait eu raison. En dix minutes à pied depuis l’appartement de la jeune femme, Fabien atteignit l’enceinte de STC, l’école de commerce qu’il intégrait en ce jour de rentrée. Une foule d’étudiants occupait l’ensemble de l’immense hall central à l’architecture moderne. Fabien était déjà venu pour passer un entretien, il n’était donc pas trop perdu et connaissait l’emplacement de l’amphithéâtre où il allait devoir se rendre pour l’initialisation de l’année. Cela le rassurait, lui qui avait l’habitude de stresser pour un rien.


En attendant l’heure, il s’installa dans un coin un peu l’écart et s’appuya contre un des immenses piliers soutenant l’édifice. Tout le monde semblait déjà se connaître et une agitation bruyante régnait dans le hall. Les élèves des deuxième et troisième années étaient aussi présents, ce qui expliquait peut-être cette impression d’être un peu le seul à l’écart. Tout du moins, il l’espérait.


Regardant autour de lui, il aperçut une jeune fille qui semblait seule elle aussi. Les cheveux châtains, lui tombant sur les épaules, elle portait un jean et un chemisier. Indéniablement, ce n’était pas un canon de beauté, son visage se révélant sans charme particulier. De plus, elle semblait assez pataude… Mais, percevant son regard sur elle, elle lui adressa un sourire auquel il se sentit obligé de répondre. Il la vit alors s’avancer vers lui, lui faisant aussitôt regretter cette marque de gentillesse. En effet, il préférait à la limite être seul, plutôt que d’être vu en compagnie de cette fille. Il se reprocha cette pensée incorrecte, sans pour autant la dénier…



Il y avait trois classes différentes par année en fonction de la spécialité choisie, chacune comprenant 70 élèves environ. Fabien pria intérieurement pour qu’ils soient dans deux classes différentes, sous peine de voir cette fille collante lui coller au train…



Mince, pensa-t-il intérieurement. Elle, cela semblait réellement la réjouir… Fabien se contenta de lui adresser un sourire de façade.



Elle continua de l’interroger un moment, évoquant leur provenance respective, avant que ne retentisse l’heure du regroupement. Ils se positionnèrent dans la file pour rejoindre l’amphithéâtre. Juste devant lui, Fabien vit une jeune fille aux courbes plus prometteuses que celles de Mathilde. Portant une petite jupe lui arrivant au-dessus des genoux, ses jambes semblaient d’une incroyable douceur. Comme celles de Justine… Fabien avait tellement hâte de rejoindre la jeune femme, et surtout de la voir sans sa sœur… Allaient-ils reprendre où ils s’étaient arrêtés ?


Mathilde s’assit à côté de lui.



*****



Arnaud avait toutes les peines du monde à se concentrer sur ce que lui disait son interlocuteur. Pourtant, conseiller clientèle dans une banque, il se devait d’être à l’écoute de son client afin ensuite de lui proposer la meilleure offre répondant à son besoin. Mais ses pensées dérivaient inévitablement vers sa dispute de la veille avec Mélanie. Comment les choses allaient-elles pouvoir s’arranger ? Elle était carrément partie passer la nuit chez Justine, cela n’augurait rien de bon.



Arnaud resta un petit moment mal à l’aise. Il n’avait rien écouté…



L’homme sembla légèrement agacé mais reprit docilement son discours. Arnaud tenta de se concentrer sérieusement cette fois. Il devait faire abstraction de sa vie privée, il verrait bien comment les choses allaient se passer le soir même. Fabien et Mélanie ne pouvaient pas rester chez Justine, donc il verrait bien à ce moment-là… Mais qu’est-ce que Mélanie avait pu raconter à Fabien ? La vérité sans doute… Et le jeune homme avait peut-être fait alors le rapprochement avec leur soirée de samedi, devant l’ordinateur… Peut-être même en avait-il parlé avec Mélanie, et les choses allaient encore s’envenimer. Mais dans quelle galère s’était-il donc embarqué ?



Son interlocuteur semblait vraiment énervé cette fois. La journée allait être terriblement longue…



*****



Il était 12 heures lorsque prit fin la présentation de l’année dans l’amphithéâtre. Mais les profs ne les relâchèrent qu’après avoir annoncé qu’ils subiraient l’après-midi même, un premier examen permettant d’évaluer leur niveau. Ce n’était pas une perspective très réjouissante, pour un premier jour… Fabien se mit à souffler et croisa alors le regard de Mathilde qui sourit en le voyant faire. Cela l’amusa aussi finalement.


Tout le monde commença à se disperser.



L’école étant située dans une zone de plusieurs établissements, un Restaurant Universitaire avait été construit et se trouvait donc à proximité.



Comme il s’en était douté, Mathilde se révélait assez pot-de-colle. Et Fabien, de par son caractère, était incapable de dire non… Mais bon, il devait voir le bon côté des choses, il n’allait pas déjeuner seul, c’était au moins ça. Et puis Mathilde avait quand même l’air gentil. Moche mais gentille… Après tout, c’était pas grave, il avait Justine de toute façon maintenant !


Ils s’installèrent sur une petite table pour deux personnes. Fabien s’était laissé tenter par un plat de tagliatelles à la carbonara alors que la jeune fille avait opté pour une simple tranche de rôti de veau avec des petits légumes. Peut-être faisait-elle attention à sa ligne… Il était vrai qu’elle avait quelques kilos superflus.



Justine était-elle sa petite amie ? Bon, il exagérait peut-être un peu les choses mais, sans sa sœur, ils auraient fait l’amour la veille, cela voulait dire beaucoup tout de même.



Était-elle déçue de le savoir non libre ?



L’emploi du « chez nous » surprit quelque peu Fabien. Cela signifiait-il que les deux jeunes femmes vivaient en couple ? Non, cela ne voulait absolument rien dire… mais pourquoi pas après tout…


Leur conversation se poursuivit ainsi, sur de petites choses anodines. Elle n’était pas trop soûlante finalement, c’était un bon point pour elle. Mais elle n’arrivait pas à la cheville de Justine dont la beauté et le dynamisme en faisait un être exceptionnel.



*****



Karen sortit rapidement de la boulangerie à 12 h 30. Elle avait de la chance que la boutique ferme le midi, sinon ses possibilités de voir Yann auraient été très réduites. Ils arrivaient ainsi à se retrouver au moins une fois par semaine. Certes, elle aurait préféré beaucoup plus mais en même temps, n’étaient-ce pas la rareté et l’interdit qui intensifiaient son excitation ?


Ils s’étaient donné rendez-vous devant l’Hôtel Mercure. Elle se mit à courir légèrement, tellement elle avait hâte, sa jupe beige se soulevant quelque peu au rythme de ses pas. Elle savait que cette tenue allait lui plaire, elle l’avait acheté le week-end en pensant à lui. Il aimait voir ses jolies jambes répétait-il souvent.


Elle le repéra rapidement, un peu à l’écart de la rue, là où il l’attendait à chaque fois qu’ils se rendaient dans cet hôtel. Il avait peur qu’on le reconnaisse et qu’on le voit avec elle. Cela excitait terriblement Karen de savoir qu’il prenait des risques avec elle, cela prouvait à quel point il avait envie d’elle. Elle était tellement fière de plaire à un homme aussi distingué et respectable.


Certes, Yann avait 53 ans mais l’âge ne semblait pas avoir d’emprise sur lui, et ses cheveux grisonnant ajoutaient encore à son charme. C’était un homme qui prenait soin de lui et cela se voyait. Cadre dans une fabrique de circuits imprimés, il portait le costard-cravate avec une rare élégance. Il était marié, il avait des enfants, mais au moins une heure par semaine, il n’était rien qu’à elle ! Du haut de ses 20 ans, Karen en était comblée.


Elle vit un grand sourire se former sur son visage dès qu’il l’aperçut. Sa nouvelle jupe était à son goût, c’était certain.



Il se pencha et lui adressa un léger baiser sur les lèvres, avant qu’ils ne se dirigent vers l’entrée de l’établissement.



Il l’avait remarqué !



Il réserva une chambre tandis qu’elle était restée un peu à l’écart dans le hall, puis ils se précipitèrent dans la cage d’escalier afin de rejoindre le premier étage. Comme à chaque fois, Karen sentit son cœur s’affoler dans sa poitrine. Elle allait à nouveau atteindre le septième ciel… Elle aimait tellement ça !


Cela faisait maintenant plus de trois mois qu’ils se voyaient. Yann était un client régulier de la boulangerie et, petit à petit, un jeu de séduction s’était installé entre eux. Et puis, un jour où la boutique était déserte, il lui avait proposé de se voir en dehors de ce cadre formel et, bien que connaissant son statut d’homme marié, elle n’avait pas hésité une seconde à accepter sa proposition. Depuis, elle ne regrettait pas ce choix qui avait été impulsif. Elle avait en fait fantasmé sur lui dès le premier jour où elle l’avait vu.


Ils pénétrèrent dans la chambre et leurs bouches s’emparèrent rapidement l’une de l’autre. Ils étaient consumés de désir et Karen sentit rapidement l’érection de son partenaire contre son ventre. Tout en continuant de l’embrasser passionnément, il commença à déboutonner le chemisier blanc de la jeune fille. Il faisait cela avec tellement d’assurance… Tous ses gestes étaient délicats, attentionnés, et cette expérience de l’amour qui transpirait de lui, la ravissait à chaque fois. Il avait dû avoir de nombreuses amantes mais cela ne la gênait absolument pas, au contraire, elle avait même plutôt envie de les remercier de l’avoir rendu aussi habile de son corps !


Son chemisier se retrouva à terre, bientôt rejoint par son soutien-gorge que Yann lui retira d’un geste vif. Il s’écarta légèrement d’elle et contempla ses petits seins dont les tétons dressés trahissaient l’incroyable excitation.



Ses mains douces prirent alors pleine possession de sa poitrine. Karen se sentit frémir de tout son corps à ce contact. Elle se souvenait des caresses maladroites de son premier amant et il n’y avait aucune comparaison possible entre ces premiers attouchements et ce qu’elle vivait maintenant.


Yann se pencha vers elle et sa bouche vint délicatement se poser sur sa peau nue. Sa langue s’agita autour de ses seins, telle une douce vague venant lécher les pieds d’un plagiste assoupi. Du bout des lèvres, il s’empara d’un de ses tétons et elle ne put retenir un petit gémissement de plaisir.


Ils inversèrent bientôt les rôles et Karen déshabilla à son tour son amant. Elle aimait passer sa main sur son torse aussi musclé que celui d’un athlète grec de l’antiquité. Elle se baissa et prit dans sa main sa virilité érigée, avant de commencer quelques mouvements de va-et-vient. Sa bouche ne tarda pas à prendre la suite…


Au comble de l’excitation, Yann les dirigea vers le lit et, alors que la jeune fille avait conservé sa petite jupe beige, il la pénétra.


Karen était au septième ciel.



*****



Mathilde avait toutes les peines du monde à se concentrer sur l’examen initial d’évaluation du niveau de chaque élève. De toute manière, elle se sentait complètement larguée par les questions posées, se rendant compte, avec frayeur, qu’elle n’avait pas forcément toutes les compétences requises. Les autres élèves trouvaient-ils cela facile ? Mais, son esprit était ailleurs car une chose l’obsédait littéralement.


Elle savait que Karen devait rejoindre son amant sur le temps de midi, et celle-ci lui avait promis qu’elle lui parlerait d’elle. Mathilde n’avait pas osé l’appeler pour lui demander comment cela c’était passé mais elle le regrettait maintenant, au moins elle aurait été fixée. Surtout qu’elle avait bien du mal à clarifier ses pensées à propos de cette histoire. Que voulait-elle vraiment ?


Bien sûr, sa virginité lui pesait parfois ; comme tout le monde, elle avait envie de connaître les frissons de l’amour. Elle en avait parlé avec Karen et celle-ci n’avait pas hésité une seconde à lui dire qu’elle était prête à lui prêter son amant ! Mathilde s’était sentie décontenancée mais son amie avait su se montrer convaincante : elle lui avait rappelé que sa première fois ne s’était pas bien passée avec un jeune homme à l’écoute de lui-même seulement, alors que Yann était un homme doux, plein de calme et de sollicitude et qu’il serait l’homme idéal pour une première expérience. Mathilde avait sentie sa colocataire toute excitée à l’idée de convaincre son amant et elle n’avait même pas osé protester.


Il était vrai que l’âge de Yann l’effrayait quelque peu mais son amie avait peut-être raison, mieux valait un homme d’expérience pour une première fois. Mais où était l’amour dans tout ça ? Mathilde se sentait perturbée et ne savait quoi penser de tout ça. De toute manière, aucun homme ne semblait attiré par elle et cela serait identique pour Yann, il n’aurait sans doute pas envie… Ses pensées dérivèrent alors un instant sur Fabien mais elle les chassa rapidement, le jeune homme avait déjà une petite amie de toute manière.


La voix du pion résonnant dans l’amphithéâtre la sortit alors complètement de sa rêverie. Il intimait à un élève, qu’il avait apparemment surpris en train de tricher, de quitter la salle ! Le jeune homme protesta quelque peu mais le ton sévère du surveillant n’incitait pas à la discussion. Cela ne rigolait pas dans cette école.


Mathilde se pencha sur sa feuille d’examen, il fallait qu’elle s’y mette sérieusement.



*****



Fabien n’arrivait à rien. Était-il censé avoir vraiment toutes les connaissances demandées ou était-ce simplement un moyen de faire des groupes de niveau en fonction des acquis de chaque élève ? Il espérait que c’était la deuxième option car sinon il avait toutes les chances d’être complètement largué… Mais, ce qui l’inquiétait le plus, c’était le texte d’au moins 250 mots sur sa vision de la situation économique actuelle, le tout en anglais ! Il avait toujours eu quelques problèmes avec la langue de Shakespeare mais il se rendait compte là, de toutes les difficultés qu’il aurait dans ce domaine en intégrant cette école. Dans quelle galère était-il donc embarqué ?


Une musique se fit alors entendre dans la salle et un flot de personnes pénétra à l’intérieur par les différentes portes d’accès. Tous les élèves se regardèrent, ahuris, et puis la rumeur circula rapidement : cet examen n’était qu’un bizutage de la part de leurs aînés ! Fabien vit l’élève renvoyé quelques minutes plus tôt réintégré à son tour l’amphithéâtre. Tout cela n’était que du cinéma !


Les deuxièmes années se regroupèrent sur le devant de l’amphithéâtre et, coupant le son de la musique, un de ceux-ci prit la parole dans un micro. C’était un de ces jeunes hommes sûrs de soi qui rendait Fabien un peu jaloux et lui donnait l’impression d’être encore plus insignifiant. Il annonça le début des festivités d’intégration de l’après-midi, celles-ci se déroulant par promotion. Les élèves se séparèrent donc en trois groupes par rapport à la spécialité choisie.


Fabien et ses camarades se rendirent dans le parc public situé non loin de l’établissement. Le jeune homme ne se sentait pas très rassuré, qu’allaient-ils leur demander de faire ? Mais, à son grand soulagement, les jeux restèrent bon enfant et il fit la connaissance de son parrain de deuxième année qui semblait plutôt sympa. Il put même sympathiser quelque peu avec certains de ses camarades. Cette première journée s’était vraiment bien déroulée finalement.



*****



Se rendant à l’appartement de Justine comme convenu, Fabien trouva la jeune femme en pleine conversation avec sa sœur. Elles s’arrêtèrent dès qu’elles le virent entrer, elles devaient encore se parler de ce qu’il s’était passé la veille, ce dont Fabien n’avait pas eu mot. En effet, quand sa sœur était arrivée à l’appartement le soir précédent, les deux jeunes femmes s’étaient enfermées directement dans la chambre de Justine et Fabien s’était donc couché dans le convertible sans savoir ce qu’il en était. Est-ce que Arnaud et sa sœur s’étaient fâchés à cause de lui ? Non, il devait y avoir une autre raison.


Mélanie se tourna vers lui et lui dit de prendre ses affaires, ils rentraient. À son grand dépit, il réalisa qu’il n’allait donc pas passer une nouvelle nuit chez Justine. Celle-ci allait-elle intervenir en lui demandant de rester ? Ils ne pouvaient quand même pas en rester là après ce qu’ils avaient amorcé la veille ! Mais la blonde ne fit pas un commentaire et ne lui adressa même pas un regard. Tout était donc foutu ! La folie de l’instant était terminée et Mélanie avait tout gâché. Fabien enragea intérieurement.


Il ramassa ses quelques possessions et monta dans la voiture de sa sœur. Après un moment de silence pesant, il osa prendre la parole :



Elle ne voulait donc toujours pas lui dire ce qu’il en était. Puis elle détourna rapidement la conversation en l’interrogeant sur sa première journée de cours. Elle sembla contente de voir que tout s’était bien passé.


Quand ils arrivèrent à la maison, Arnaud et Mélanie firent comme si de rien n’était. Est-ce que tout cela n’avait été qu’un stratagème afin de l’empêcher qu’il ne couche avec Justine ?



*****



Assise en tailleur sur le canapé, Mathilde attendait fébrilement le retour de sa colocataire. Elle avait un livre ouvert entre les mains mais elle était incapable d’y lire la moindre ligne tant l’attente était insoutenable. Elle essayait de penser à autre chose, à sa première journée de cours, à cet après-midi d’intégration mais rien n’y faisait. Son soulagement fut donc énorme quand elle entendit enfin la porte s’ouvrir, accompagné d’un brusque changement de son rythme cardiaque. Karen lui adressa un grand sourire en la voyant.



Karen se laissa tomber sur le canapé à côté de Mathilde, l’air comblé. Comme si elle planait encore malgré l’après-midi de travail qui s’était déroulée depuis.



Toute la déception du monde pouvait se lire sur le visage de la jeune fille. C’est vrai qu’elle y avait cru mais en même temps c’était sans doute mieux ainsi… Cela la libérait d’un stress inutile. Elle s’apprêtait à dire à Karen que ce n’était pas grave, qu’elle avait réfléchit et qu’il valait mieux laisser tomber toute cette histoire quand sa colocataire reprit la parole :



Mathilde dut prendre quelques secondes pour supporter le choc de cette annonce. Baissant les yeux, elle vit que le livre qu’elle tenait entre les mains tremblait…



Elle n’arrivait plus à maîtriser sa voix.



« Sauf que quand il va me voir, il va déchanter c’est sûr », pensa Mathilde dont la confiance en soi n’était pas le point fort. Il était vrai qu’elle n’avait jamais eu beaucoup de compliments sur son physique au cours de sa vie…



Mais était-ce si formidable de faire l’amour pour la première fois avec une personne qu’elle ne connaissait pas, qui avait plus de trente ans de plus qu’elle et pour lequel elle n’avait aucun sentiment ? Mathilde se sentait perdue entre son désir de sexe et son désir d’amour… Peut-être se posait-elle trop de questions et qu’elle devait au contraire foncer et profiter de la vie comme tout le monde. Cela pourrait l’aider à se libérer.




*****



Installés sur le canapé, Arnaud et Mélanie regardaient la télévision. Le jeune homme se sentait terriblement soulagé. Il avait envoyé un bouquet de fleurs l’après-midi même à son épouse, accompagné d’une carte d’excuses. Il y avait inscrit aussi tout l’amour qu’il lui portait. Mélanie l’avait aussitôt rappelé et ils avaient parlé calmement, décidant de repartir sur de nouvelles bases. Mélanie avait même fini par s’excuser de sa réaction un peu violente de la veille, c’était juste qu’elle s’était un peu sentie trahie de découvrir sa bisexualité après toutes ces années passées ensemble. Mais, après réflexion, elle comprenait que cela avait été forcément difficile pour lui de lui en parler et quant à sa visualisation de vidéos pornos, elle était consciente qu’il n’était pas tellement différent des autres hommes dans ce domaine…


Arnaud était vraiment soulagé de cette compréhension. Après cet incident, il s’était rendu compte à quel point il tenait à Mélanie et qu’il ne pouvait pas envisager sa vie sans elle. Certes, parfois elle pouvait l’énerver ou d’autres fois la routine de leur vie commune lui pesait quelque peu, mais leur complicité était réelle. D’un regard, ils arrivaient à se comprendre et ils pouvaient se mettre à rire sans avoir échangé un seul devant une situation bien précise. Oui, il l’aimait de tout son cœur et de toute son âme.


Ce qu’il aimait moins à l’instant présent, c’était la niaiserie qu’ils regardaient à la télé. Un des ces téléfilms français au scénario vu et revu… Il s’approcha légèrement de sa compagne et, tendrement, déposa un baiser dans son cou. Il s’attendait à ce qu’elle le réprimande de la déranger mais, au lieu de ça, elle se retourna vers lui et lui adressa un sourire incitant à davantage de privautés. Il la connaissait bien et savait interpréter quand elle en avait envie ! De toutes manières, ses paroles suivantes furent plus qu’équivoques :



Il se laissa tomber au pied du canapé et défit le bouton du jean de sa compagne avant d’abaisser la fermeture éclair. Elle se souleva légèrement et il tira sur le pantalon, entraînant par la même le sous-vêtement. Le pubis entièrement épilé de son épouse apparut à ses yeux, surmontant ses jolies lèvres intimes. Il laissa le jean et le shorty baissés au niveau des chevilles et la contempla un instant : elle était terriblement désirable dans cette position. Il fut tenté de lui demander de se caresser ainsi devant lui mais il se souvint que c’était à lui de se faire pardonner et se pencha vers son entrejambe. L’odeur l’enivra rapidement. Sa langue trouva le clitoris de sa partenaire et commença à s’agiter.


Sur l’écran de télévision que plus personne ne regardait, Joséphine ange gardien s’activait à semer le bonheur sur son passage. Arnaud se sentait investit de la même mission envers sa partenaire !



*****



Fabien se masturbait devant son ordinateur, faisant défiler des photos de splendides jeunes filles blondes dénudées. Il s’imaginait que c’était le corps de Justine qu’il n’avait même pas eu la chance de découvrir. Ses seins, aux courbes prometteuses, devaient être aussi jolis que ceux qu’il voyait à l’instant à l’écran : pas trop gros mais incroyablement fermes et doux. Quand elle l’avait embrassé dans l’ascenseur, il les avait sentit contre son torse… Cela restait le moment le plus excitant de toute son existence !


Il ne s’attardait pas sur le visage des modèles féminins défilant sur son écran, elles étaient tellement quelconques en comparaison avec la beauté quasiment divine de Justine. Elle avait le charme d’une Hélène de Troie, capable de déclencher une guerre de dix ans à elle seule ! Fabien allait-il devoir se battre pour pouvoir à nouveau goûter à ses lèvres ?


Sur l’écran d’ordinateur, une jeune fille posait jambes écartées. Elle était vêtue en tout et pour tout d’un simple t-shirt qui était remonté au-dessus de sa poitrine dénudée. Son corps était d’une véritable perfection. Quel plaisir cela devait être d’y passer sa main… ou ses lèvres…!


Fabien accéléra ses mouvements et, se mettant debout, éjacula sur son bureau. Après avoir nettoyé à l’aide d’un mouchoir en papier, il décida de descendre à la cuisine afin de se servir un verre d’eau. Il avait eu un peu chaud !


En passant devant le salon, il entendit quelques gémissements. Intrigué, il jeta un œil par l’ouverture de la porte qui n’était pas entièrement fermée. Son beau-frère était à genoux, le visage enfoui entre les jambes de Mélanie ! Fabien s’écarta, enrageant intérieurement… Décidément, ils ne semblaient absolument pas fâchés. Il était clair maintenant que sa sœur avait simplement joué la comédie pour le chaperonner.



*****



Dans la salle de bains, Mathilde retira tous ses vêtements et se posta devant le miroir surmontant le lavabo. Était-elle un tant soit peu désirable ? Elle ne s’aimait pas, mais peut-être que ses seins, assez volumineux, pouvaient plaire aux hommes. Mais elle se sentait à des années-lumière des filles des magasines… Ses aréoles étaient trop larges. Et puis sa peau était trop blanche en plus. Mais c’était de sa faute, elle n’allait pas bronzer sur les plages en été. Surtout, parce qu’elle avait honte des bourrelets de son ventre…


Elle prit un bout de peau entre son pouce et son index, en dessous de son nombril. Elle se dit qu’une vraie belle femme ne pourrait pas faire cela, son ventre serait lisse et plat. Pourquoi était-elle si moche ? Elle se mit sur la pointe des pieds et la toison de son pubis apparut dans le miroir. Elle l’avait taillée et elle formait un petit ticket de métro, comme elle l’avait vu dans des revues. Les hommes aimaient ça apparemment… Mais personne ne l’avait jamais vu de toute façon…


Car le problème ne devait même pas être son corps en lui-même, son visage était trop commun pour attirer l’attention. Peut-être devrait-elle changer de coiffure… Ou se maquiller davantage même si elle avait l’impression, à chaque fois qu’elle avait essayé, que ça la déguisait plus qu’autre chose.


Qu’allait penser d’elle l’amant de Karen ? Peut-être accepterait-il juste par gentillesse… Mais il s’attendait sans doute à une fille aussi jolie que Karen, voilà pourquoi il avait accepté ! Il allait vite déchanter, pensa-t-elle.



*****



Sur le canapé du salon, Mélanie se retourna et ses fesses se présentèrent aux yeux d’Arnaud. Elle était terriblement excitante, ainsi offerte… Mais, perdant le contrôle, cette chute de rein fit dériver son esprit vers ses anciennes aventures masculines, quand ses partenaires attendaient avec impatience qu’ils les pénètrent.


Il tenta de chasser bien vite cette pensée, cela l’avait amené à faire assez de bêtises comme ça la veille, pour qu’il replonge une nouvelle fois vers ce genre de fantasmes. Il aimait Mélanie et il n’avait pas besoin d’aller voir ailleurs pour trouver du plaisir… Il s’approcha d’elle, le sexe tendu et, se collant à son dos, il la pénétra en levrette. Ils adoraient tous les deux cette position.


En pleine frénésie, Arnaud passa sa main sur le ventre de Mélanie, réalisant qu’il y cherchait, inconsciemment, le pénis érigé de son partenaire… Oui, l’espace d’un instant, il s’était imaginé pénétrer Fabien et non pas Mélanie. La ressemblance entre les deux était d’ailleurs réelle, aussi bien physiquement mais surtout dans certains de leurs gestes ou leur manière de parler. C’était bien cela qui accentuait encore son trouble, car son désir d’homme actuel concernait uniquement son jeune beau-frère. Il avait envie de lui, comme une sorte de complément à Mélanie…


C’était stupide…


Perdu dans ses réflexions, il se rendit bientôt compte que son sexe, niché dans l’intimité de sa partenaire, débandait… Mélanie le remarqua aussi et se tourna légèrement vers lui, comme pour se rendre compte de ce qui se passait. Cela accentua son trouble, voyant encore davantage les traits de Fabien sur le visage de son épouse et cette impression perturbante termina de le faire débander complètement. Son sexe, redevenu flasque, s’échappa du vagin de Mélanie et Arnaud se sentit totalement ridicule. Jamais une telle chose ne lui était arrivée…


L’air inquiet, Mélanie se retourna vers lui.



Décidément, les galères s’enchaînaient pour lui. L’arrivée de Fabien le perturbait, faisant remonter à la surface des désirs qu’il avait enfoui depuis un bon moment… Comment allait-il s’en sortir ? Il n’arrivait même plus à faire l’amour à Mélanie ! C’était terrible…



Arnaud avait envie de croire aux paroles de son épouse, mais au fond de lui, il avait terriblement peur…