Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 14120Fiche technique51929 caractères51929
Temps de lecture estimé : 29 mn
22/10/10
Résumé:  Fabien, jeune homme de 20 ans, débarque chez sa sœur et son beau-frère pour ses études. Sans aucune expérience sexuelle, il espère bien y remédier dans cette nouvelle ville, mais sa timidité est un gros handicap pour lui.
Critères:  h fh hh hbi voir exhib hmast -prememois
Auteur : Jon Snow      

Série : Désirs à assouvir

Chapitre 01
Un nouveau départ

Par la fenêtre, Fabien regardait le paysage qui défilait devant ses yeux. Le silence le plus complet régnait dans la voiture qui filait à toute allure sur l’autoroute. Sa mère, derrière le volant, était concentrée sur sa conduite, roulant le plus souvent sur la deuxième file afin de doubler les véhicules qu’elle jugeait avancer trop lentement. Elle dépassait largement la vitesse autorisée mais Fabien savait qu’il ne pouvait pas lui en faire la remarque, elle s’énerverait aussitôt et cela serait encore plus dangereux.


À chaque voiture qu’ils doublaient, Fabien jetait un petit coup d’œil aux passagers qui l’occupaient. En cette fin d’été, la chaleur était au rendez-vous et les décolletés des conductrices laissaient entrevoir de jolies choses. Laissant son esprit dériver sur ces charmes ainsi dévoilés, il sentit son sexe s’ériger inévitablement. Baissant les yeux, il vit qu’une bosse était parfaitement visible à travers son short. Il essaya de la cacher avec la ceinture de sécurité, afin d’éviter que sa mère ne la remarque, mais la pression de la ceinture contre son entrejambe accentua encore son érection. Il fallait absolument qu’il se calme et pense à autre chose, sinon il aurait vraiment l’air con en sortant de la voiture avec cette énorme bosse sous son short…


Il se mit à réfléchir à la nouvelle vie qui l’attendait… Comment allait se passer la cohabitation avec sa sœur et son mari ? Ayant dix ans de plus que lui, il n’avait jamais eu de relation très personnelle avec Mélanie, surtout qu’elle habitait loin de la maison parentale depuis huit ans déjà. Mais l’école de commerce que voulait intégrer Fabien était dans la ville où résidait sa sœur et l’opportunité s’était donc présentée qu’il loge chez eux afin de ne pas avoir de loyer important à payer et donc de pouvoir acquitter les importants frais de scolarité de l’établissement.


Mais Fabien avait peur que cela, en revanche, ne le fasse pas évoluer dans sa vie amoureuse qui s’était résumé à rien du tout jusqu’ici. À 20 ans, il n’avait jamais eu de petite amie. Il avait espéré que les choses changeraient une fois qu’il serait parti de chez ses parents, mais y aurait-il une différence à résider chez sa sœur ? Il ne pourrait pas inviter une fille comme ça sans doute… Et puis, de toute façon, le problème n’était sans doute même pas là : il était incapable d’aborder une fille…


La mère de Fabien s’engagea soudain sur une voie de décélération. Ils quittaient l’autoroute, leur voyage arrivait bientôt à son terme.



*****




Mélanie porta instinctivement son regard vers la pendule du salon, comme si cette dernière allait lui apporter la réponse.



Il était 15 h 30.



Arnaud sortit de la pièce où son épouse lisait une revue féminine et se dirigea vers le bureau à l’étage afin de s’installer devant l’ordinateur. Mais il n’eut pas le temps d’appuyer sur le bouton de démarrage de la machine qu’il entendit une voiture qui s’arrêtait devant la maison. Il se pencha à la fenêtre et vit son jeune beau-frère qui descendait du véhicule. Une légère bosse déformait son short ce qui fit sourire Arnaud. Sa belle-mère apparut ensuite dans son champ de vision : elle était vêtue d’une courte jupe qui lui arrivait au-dessus des genoux et laissait ses jambes nues. Était-ce cela qui avait excité Fabien ? se demanda Arnaud. À 50 ans passés, la mère de Mélanie était, il fallait l’avouer, très bien conservée…


Arnaud sortit de la pièce et retrouva son épouse qui avait déjà ouvert la porte d’entrée et se trouvait sur le perron de la maison afin d’accueillir sa mère et son frère. Ceux-ci déchargeaient du coffre de la voiture les affaires qu’ils avaient apportées pour l’emménagement de Fabien. Arnaud se dirigea directement vers eux afin de les aider, alors que Mélanie se contentait de les regarder.



Une fois que les différents sacs et valises furent déposés à l’intérieur, ils s’installèrent tous les quatre autour de la table de la salle à manger afin de prendre un rafraîchissement.



Son fils se contenta d’hausser les épaules, montrant qu’il ne voulait pas rentrer dans la polémique. Arnaud comprenait son attitude, il ne valait mieux pas trop s’interposer quand la mère et la fille haussaient ainsi le ton.



Sentant déjà venir la suite, Arnaud profita d’un petit moment de silence pour diriger la conversation vers un autre sujet.



On était samedi, il y aurait donc toute la journée de dimanche pour s’organiser.



Ils se levèrent tous de table et la saluèrent avant de la regarder s’en aller.




*****



Fabien regarda autour de lui la pièce qu’on lui avait assignée. Une petite table de nuit, juxtaposant le lit, lui permettrait d’y installer son radioréveil. Il ouvrit les portes coulissantes qui cachaient un grand placard incrusté dans le mur : un coin penderie allait lui permettre de suspendre certains de ses vêtements alors que plusieurs étagères permettraient d’y installer le reste de ses habits ainsi que ses feuilles de cours et ses livres. La pièce contenait également un bureau où il pourrait déposer son ordinateur portable.


Il s’approcha de la fenêtre et écarta les rideaux. Il avait une vue directe sur le petit jardin situé derrière la maison. Comme il était situé à l’étage, il pouvait voir par-dessus la petite haie qui faisait office de séparation avec le terrain des voisins. Profitant du beau soleil de cette fin d’été, une femme, d’une quarantaine d’année environ, bronzait en maillot en bain sur une chaise longue. Fabien laissa ses yeux vagabonder sur les courbes bien formées de la charmante voisine de sa sœur. Son séjour ici serait peut-être plus agréable qu’il ne l’avait pensé…



Fabien sursauta en entendant la voix de sa sœur dans son dos. Il se retourna et son visage se colora inévitablement de rouge.



Mélanie sortit de la chambre. Fabien se sentit bête. Que devait penser sa sœur ? Il était à peine arrivé que déjà il matait la voisine ! En même temps, elle n’était pas censée savoir que celle-ci était en train de prendre un bain de soleil dans son jardin… Non, elle devait juste se dire qu’il admirait la vue qu’il avait de sa chambre…



*****



Leur maison étant située en périphérie de la ville, Arnaud se retrouva rapidement en campagne sur des petites routes tranquilles. Il aimait se détendre ainsi, tout en faisant du sport. Parfois il retrouvait certains collègues afin de rouler à plusieurs, chose qui était encore plus sympathique. Par le passé, Fabien lui avait avoué qu’il aimait pratiquer le vélo lui aussi, ils pourraient donc sans doute faire des sorties ensemble.


La venue du jeune homme n’était pas pour lui déplaire. Certes, ils ne se connaissaient pas beaucoup mais Fabien lui apparaissait intéressant, bien que semblant atteint d’une grande timidité. Mais, en vivant ensemble, cela permettrait certainement d’arranger les choses et le jeune homme se montrerait sans doute de plus en plus loquace au fil du temps. Et puis cela briserait un peu la routine du quotidien qu’il partageait avec Mélanie. Sans enfants – un choix de Mélanie jusqu’ici – les jours défilaient parfois avec monotonie sans qu’il n’ose s’en ouvrir à son épouse. Comment ressentait-elle les choses de son côté ? Il était assez frustré de ne pas le savoir…


Une côte se présenta bientôt à lui. Arnaud la connaissait bien, elle faisait un peu plus d’un kilomètre, il n’était pas possible de la passer en force. Il bascula sur le petit plateau et adopta un rythme adapté à la montée qui s’effectuait en lacets. Montant à une vitesse proche des 20 km/h, Arnaud s’estima satisfait. Il tenait une belle forme !



*****



Alors qu’il terminait de ranger l’ensemble de ses affaires dans sa chambre, Fabien entendit la douche se déclencher dans la salle de bain qui était située juste à côté de la pièce qu’il allait occuper. Était-ce Mélanie ? Et puis il réalisa que ce devait être plutôt son beau-frère qui était de retour de sa sortie en vélo et prenait donc une douche après les efforts consentis.


Fabien regarda autour de lui : tout semblait bien en ordre. Chaque chose avait trouvé sa place et sa chambre était bien rangée. Pris d’un petit doute, il ouvrit les battants de son placard mais les revues pornographiques qu’il avait dissimulées au milieu de ses livres de cours étaient bien cachées et n’étaient pas apparentes. Il avait peut-être été bête de les apporter mais il n’avait pas osé les jeter ni les laisser dans sa chambre chez ses parents. Il ne s’en « servait » pourtant plus pour ainsi dire, Internet permettant d’accéder beaucoup plus facilement à ce genre de… choses… Cela lui fit repenser qu’il devait voir avec sa sœur s’il pouvait avoir accès au Web sur son portable !


Il descendit les escaliers et trouva sa sœur dans le canapé, en train de regarder un jeu à la télévision.



Fabien s’installa sur le canapé à côté de sa sœur.



Fabien ne put s’empêcher de sourire à son tour. Une certaine forme de complicité était en train de se former avec sa sœur. Les choses allaient bien se passer.



*****



Ils dînèrent tous les trois ensemble puis Arnaud et Fabien allèrent dans la chambre de ce dernier pour configurer l’accès à Internet sur son ordinateur portable. Depuis sa douche, Arnaud était resté vêtu d’un peignoir et les pans de ce dernier s’écartèrent légèrement alors qu’il s’asseyait devant le bureau. Fabien ne put empêcher ses joues de rougir car, à travers l’ouverture ainsi créée, le sexe de son beau-frère apparut, dépourvu de toute pilosité. Se rendait-il compte de son exhibition ?



Fabien releva vivement son regard mais son interlocuteur avait eu le temps de se rendre compte de l’objet de sa fixation car il baissa aussitôt les yeux avant de réajuster son peignoir pour cacher sa virilité. Aucun des deux jeunes hommes ne fit de commentaires sur l’incident.



Arnaud inséra le CD d’installation et déroula les différentes étapes s’affichant à l’écran. Fabien se sentait troublé par l’exhibition involontaire de son beau-frère, et malgré lui, il sentit son sexe commencer à s’ériger. Que lui arrivait-il ? Il n’était pas du tout attiré par les hommes, jamais cela ne lui avait traversé l’esprit… Baissant à nouveau les yeux, il vit nettement une bosse au niveau de l’entrejambe d’Arnaud. Lui aussi était en train de raidir !


La situation était de plus en plus perturbante !



*****



Arnaud ne savait pas trop comment réagir. Il ne l’avait pas fait exprès et il se retrouvait maintenant dans une situation inconfortable, l’excitation montant en lui étant incontrôlable.


Il avait surpris son jeune beau-frère en pleine observation de son pénis. Cela voulait-il donc dire qu’il était lui aussi bisexuel ? Ou carrément gay ? Rien ne l’avait jamais laissé supposer mais c’était tout à fait possible après tout… Même si le fait qu’il regarde son sexe ne voulait pas forcément dire grand chose non plus. Mais cette façon de le dévorer des yeux avait quelque chose de très troublant tout de même.


Du coin des yeux, il vit que son jeune beau-frère avait de nouveau baissé son regard. Il pouvait certainement voir la bosse que formait son peignoir… Son érection prit encore de la vigueur.


Depuis son mariage avec Mélanie, Arnaud n’avait plus eu la moindre relation sexuelle avec des hommes. À certains moments, il en ressentait un certain manque. Certes, il avait toujours préféré les femmes mais le plaisir qu’il pouvait prendre dans les bras d’un homme lui apportait quelque chose de différent. Il n’avait jamais avoué sa bisexualité à son épouse, même si cela lui avait traversé l’esprit à certains moments. De nombreuses femmes fantasmaient d’avoir une relation avec deux hommes, cela pourrait donc intéresser Mélanie, mais elle n’était pas forcément très portée sur le fait de pimenter leur vie sexuelle. Il avait parfois essayé des petits jeux coquins sortant de l’ordinaire, comme le fait qu’elle ne porte pas de sous-vêtement sous sa jupe alors qu’ils allaient dîner au restaurant, mais elle n’avait jamais voulu. Il n’était donc pas question d’envisager des choses plus poussées. Et puis, il ne devait pas trop se plaindre non plus, elle savait se montrer tout de même très câline dans l’intimité…


L’installation était terminée et sortit Arnaud de sa rêverie.



Il se tourna vers son beau-frère et vit que ses joues n’avaient pas perdu leur couleur rouge. Il était adorable ainsi, pris entre les feux de son excitation et de sa timidité. Était-il en érection lui aussi ? Arnaud baissa furtivement son regard et ce qu’il vit le conforta dans son opinion. Fabien était très excité lui aussi par la situation ! Mais Arnaud devait se contenir, c’était le petit frère de son épouse, et celui-ci allait résider un long moment chez eux pour ses études, il ne devait pas faire de geste déplacé. Mais comment pourrait-il se retenir si après même pas une journée, il était déjà dans un tel état d’excitation ? Les choses allaient sans doute se tasser au fil du temps, il ne fallait pas s’en faire.


La connexion à Internet fonctionnait correctement et Arnaud quitta donc son beau-frère. Il se rendit directement aux toilettes, il ne pouvait pas descendre voir Mélanie devant la télé avec une telle bosse sous son peignoir ! Elle se poserait des questions – et elle aurait raison !



*****



Une fois Arnaud sortit de la chambre, Fabien ne put s’empêcher de sortir son pénis érigé, à l’étroit dans son slip. Il commença quelques mouvements de va-et-vient pour se soulager, en essayant d’éviter de penser trop au sexe de son beau-frère. Non, il se focalisa sur les charmantes femmes qu’il avait vues sur l’autoroute ou sur la voisine qui bronzait dans son jardin. Voilà, il était en terrain connu sur ce genre de fantasmes ! C’était certainement ces souvenirs de la journée qui lui avaient procuré cette érection, pas autre chose…


Il éjacula sur son bureau avant de nettoyer le tout avec un mouchoir en papier.



*****



Il était plus de 10 heures du matin quand Fabien sortit de son lit. Il alla ouvrir les volets et jeta un petit coup d’œil vers le terrain des voisins mais il n’y avait aucune femme charmante à bronzer cette fois. Il resta tout de même un petit instant, accoudé à sa fenêtre, à contempler la vue s’ouvrant à lui. Il allait devoir s’habituer à ce nouvel environnement.



Il baissa les yeux et vit sa sœur qui sortait dehors. Elle lui adressa un sourire qu’il lui rendit naturellement. C’est vrai qu’ils n’avaient jamais été très proches l’un de l’autre du fait de leur différence d’âge, mais cette cohabitation allait leur permettre d’apprendre à mieux se connaître. Dommage qu’elle ait dix ans de plus que lui, sinon elle aurait peut-être pu lui présenter certaines de ses amies célibataires. Là, ça semblait plus délicat, il était trop jeune ! Même si, de son côté, les femmes plus âgées avaient plutôt tendance à l’attirer…


Il referma sa fenêtre et se dirigea ensuite vers le rez-de-chaussée afin de prendre son petit déjeuner. Il découvrit un bol prévu à son attention sur la table de la cuisine, ainsi qu’une boîte de chocolat en poudre. Il s’empara d’une brique de lait et le mit à chauffer, pendant qu’il se tartina un peu de confiture sur du pain. Il se sentait déjà comme chez lui !


Sa sœur revint dans la maison.



En fait, il était un peu soulagé que le jeune homme soit absent après ce qu’il s’était passé la veille… Mais il était conscient qu’il allait bien falloir qu’ils se revoient de toute façon !



Cherchait-il lui aussi à éviter son beau-frère ?



Le lait était arrivé à ébullition et Mélanie, sans que Fabien ne demande rien, s’empara de la casserole et servit son petit frère, comme lorsqu’ils étaient jeunes !



Fabien n’en était pas aussi sûr. D’un naturel timide, il avait toujours du mal à se lier à d’autres personnes et n’avait jamais eu beaucoup d’amis pendant toute sa scolarité. Ne connaissant absolument personne ici, il avait peur que cela ne soit encore pire. Et pourtant, en son for intérieur, il rêvait d’y découvrir l’amour…



La porte d’entrée s’ouvrit alors, c’était Arnaud qui revenait de sa balade matinale. Fabien resta penché sur son bol de chocolat chaud, de peur de croiser le regard de son beau-frère.



Mélanie grommela quelque chose d’incompréhensible et Fabien ne put se retenir de sourire devant cet échange. Relevant le regard, il vit Arnaud lui adresser un clin d’œil, ce qui lui fit vivement rebaisser les yeux. Mais il était bête, ce clin d’œil n’avait rien à voir avec les événements de la veille, c’était juste en réaction à la scène qui venait de se dérouler, pas de panique !



Sa bouderie avait été de courte durée ! Fabien avait oublié à quel point sa sœur pouvait être loquace en toute circonstance !



*****



Les deux jeunes hommes passèrent la fin de matinée devant Téléfoot tandis que Mélanie s’affairait dehors dans ses parterres de fleur. Arnaud se demandait s’il devait parler avec Fabien de ce qu’il s’était passé la veille. En effet, il sentait son beau-frère distant et il valait peut-être mieux désamorcer la situation avant qu’elle s’envenime. Mais une discussion pouvait aussi avoir l’effet totalement inverse… La situation était compliquée !


L’animateur lança une page de publicité. Le silence, relativement normal pendant l’émission, devenait un peu plus gênant durant les réclames.



À défaut d’autre chose, mieux valait parler de foot !



Arnaud se sentait soulagé, il avait réussi à désamorcer la tension régnant entre eux.



*****



Ils flânèrent tout l’après-midi dans le centre-ville sous un magnifique soleil de fin d’été. Une légère petite brise venait caresser leur visage et leur offrait une fraîcheur des plus agréables. Ils firent le tour des remparts du château qui révélaient quelques jolis points de vue sur l’ensemble de la cité. Telle une flèche s’élevant vers le ciel, la cathédrale surplombait un ensemble de bâtisses qui avaient dû voir passer de nombreux hivers. Ce petit quartier sentait bon le Moyen-âge et les promeneurs, un peu fourbus après la longue marche qu’ils avaient effectuée, décidèrent de s’arrêter à une terrasse de café qui donnait directement sur les douves du château.


Arnaud commanda une bière, Mélanie une limonade et enfin Fabien un verre de Coca-Cola. Tout se déroulait pour le mieux et Fabien était heureux de cette première journée de sa nouvelle vie. Oui, cet éloignement de ses parents constituait pour lui une étape supplémentaire vers son indépendance. Le lendemain, avec le début des cours, ne serait peut-être pas aussi enchanteur… Il fallait donc qu’il profite du moment présent.


Le serveur revint avec leurs consommations et ils trinquèrent à la réussite de Fabien dans une ambiance chaleureuse.


Deux jeunes filles s’installèrent à la table à côté de la leur. Vêtues chacune d’un débardeur au décolleté échancré et d’une petite jupe arrivant à mi-cuisses, Fabien laissa quelque peu traîner son regard dans leur direction, mais celles-ci ne semblèrent pas lui accorder un seul regard. Elles étaient beaucoup trop sexy pour lui. Cela ne l’empêchait pas de pouvoir les admirer. Durant ses sept années de collège et de lycée qu’il avait fait dans le même établissement, il était resté fou amoureux de la même fille, la révérant en secret et la mettant en scène dans tous ses fantasmes les plus fous, mais il n’avait pas dû lui adresser la parole plus de quatre ou cinq fois, et encore, à chaque fois pour des banalités. Il était un observateur avant tout… Ou un couard, on pouvait voir les choses de cette manière aussi.


Une jeune femme, de l’âge de Mélanie environ, s’arrêta alors devant leur table et Fabien resta un moment ébahi devant sa beauté resplendissante. Son visage, aux traits fins et réguliers, irradiait une incroyable douceur et ses yeux bleus étaient de ceux qui vous donnent l’impression d’avoir atteint le paradis. Quant à ses cheveux, d’un blond doré, ils ondulaient avec volupté jusqu’à ses épaules comme une splendide cascade d’or pur.



Sa sœur connaissait donc ce véritable mannequin ? En même temps, si elle s’était arrêtée devant la table, c’était bien parce qu’il y avait une raison, elle n’avait pas juste stationné là pour qu’il ait le plaisir de l’admirer plus longuement !



Cette beauté ambrée répondait donc au doux prénom de Justine, celui-là même que le marquis de Sade avait associé à jamais aux plus grandes perversions.



Fabien se sentit irrémédiablement rougir devant la remarque de la jeune femme. Elle l’avait qualifié de charmant !



Les deux jeunes filles se mirent à rire, elles semblaient vraiment bien se connaître.



Mais Fabien n’avait d’yeux que pour Justine. Il se sentait totalement sous le charme de la jeune fille. Son humour, son dynamisme. Elle respirait tellement la joie de vivre. Une fille aussi extraordinaire existait sur Terre et il ne la connaissait que maintenant !



Fabien prit note de l’information. Cela semblait vouloir dire que la jeune fille n’était pas vraiment casée… Mais bon, il n’avait pas la moindre chance avec elle de toute façon. C’était tout de même agréable d’être assis à la même table qu’elle. Elle était à des années-lumière finalement des deux filles de la table d’à côté, qui apparaissaient bien ternes en comparaison.



*****



Si parfois Mélanie se montrait un peu soûlante, Arnaud savait trop bien que c’était mille fois pire en compagnie de Justine ! Oh, elle était gentille et tout, mais son inlassable débit le fatiguait assez rapidement. Il n’en laissait rien paraître toutefois, de peur de recevoir ensuite les foudres de Mélanie, se plaignant qu’il ne se montre pas aimable avec ses amies.


Justine était une véritable croqueuse d’hommes. Elle changeait de petit ami comme elle changeait de chaussures. Quoiqu’elle semblât même accorder plus d’importance à ses différentes paires d’escarpins qu’aux hommes qui se succédaient entre ses bras… Il s’étonnait même qu’elle puisse être amie avec Mélanie, tant cette dernière au contraire aimait la stabilité, mais les deux jeunes femmes avaient été colocataires pendant leurs études et étaient restées très proches depuis. Comment avait pu se passer leur colocation ? Il imaginait parfaitement une Justine rentrant tous les soirs avec un garçon différent pendant que Mélanie, sagement, restait assise devant la télé en les entendant faire l’amour dans la chambre…



Le jeune homme semblait totalement subjugué par la blonde, ce qui fit sourire Arnaud. Il était attendrissant ainsi, c’était assez craquant… Mais Arnaud était conscient qu’il devait chasser ce genre de pensées de son esprit.



Fabien bafouilla une réponse incompréhensible. Vu la réserve du jeune homme, il ne semblait de toute façon pas du genre à beaucoup sortir le soir, et eux-mêmes n’avaient jamais été de grands fêtards, Justine le savait bien !



Était-elle en train de le draguer ? C’était plus fort qu’elle apparemment, il fallait toujours qu’elle séduise…



Arnaud restait assez abasourdi par la proposition de la jeune femme. Était-ce vraiment innocent comme elle le laissait entendre ? La connaissant, Arnaud avait plutôt tendance à penser que non… Mais Mélanie allait certainement réagir, elle savait très bien comment était son amie elle aussi !



Fabien sembla étonné lui-même, mais absolument ravi… Arnaud préféra se taire.




*****



Allongé sur son lit, Fabien tentait de calmer le rythme de son cœur. Il allait passer la soirée avec la splendide copine de sa sœur, et pire même, il allait dormir chez elle… Il n’en revenait pas, cela semblait tellement irréel. Cette fille était vraiment la perfection incarnée, la gentillesse n’étant donc pas la moindre de ses qualités !


Et puis sa sœur avait accepté sans broncher. C’était incroyable… Il avait cru qu’il n’aurait pas forcément beaucoup de liberté en logeant chez elle et son beau-frère mais il se rendait compte qu’il s’était trompé. Sa vie était donc en train de prendre un véritable tournant.


Mais il ne pouvait calmer le stress montant en lui. Déjà, du fait de sa timidité, il ne s’était jamais senti très à l’aise dans les rares soirées auxquelles il avait participé et angoissait à l’idée d’apparaître complètement nul aux yeux de Justine. Elle allait vite se lasser de lui, se rendre compte qu’il n’était pas un mec cool et drôle…


Mais il se plaisait à imaginer aussi qu’à l’inverse, tout se déroule à la perfection et que, rentrés à son appartement, elle succombe à son charme.


Son sexe durcit devant cette éventualité fantasmée…



*****



Arnaud était jaloux. C’était plus fort que lui. Et il n’était pas envieux de Fabien, du fait qu’il sorte avec Justine, mais bien de la jeune femme… Comment Mélanie avait pu accepter ? Il était clair et net que sa meilleure amie avait envie de se taper son petit frère, il fallait être aveugle pour ne pas voir ça ! À moins que ce ne soit lui qui délire complètement, et que son désir pour Fabien ne lui fasse imaginer certaines choses.


Il se rendit dans la cuisine où Mélanie était en train de préparer le dîner.



Arnaud se retrouva un peu pris de court devant cet argument infaillible. C’était vrai, quel était le problème s’ils avaient envie tous les deux de s’envoyer en l’air ? En fait, c’était simplement sa propre jalousie qui le gênait dans cette affaire…



Arnaud tourna les talons et sortit de la cuisine. Le pire c’était qu’elle avait sans doute raison…



*****



Fabien écarquilla les yeux en voyant Justine sur le perron de la porte. Elle resplendissait encore davantage que l’après-midi même, dans une robe blanche qui mettait en valeur les parfaites courbes de son corps. Sa poitrine, ses hanches, ses fesses, tout semblait parfait chez elle. Et puis, quel sourire !


Il s’installa sur le siège passager de sa voiture et ses yeux se postèrent immédiatement sur les jambes ainsi dévoilées de la jeune femme, sa jupe s’arrêtant à mi-cuisses. Elles avaient l’air d’une telle douceur.



De toute manière, il se rendait bien compte qu’il ne pouvait faire autre chose que d’acquiescer à chacune de ses propositions.



Il se contenta d’hausser les épaules, ne sachant trop quoi répondre. En tout cas, elle lui confirmait bien qu’elle ne vivait pas en couple ni rien.



La conversation devenait de plus en plus gênante pour Fabien. Il savait qu’il mentait toujours très mal mais en même temps il n’avait pas envie de passer pour un naze à ses yeux.



Il n’avait pas dû être très convaincant dans sa réponse précédente. Comment allait-il s’en sortir ? Mais il n’eut pas le temps de répondre que Justine reprit la parole :



Fabien ne savait pas trop s’il devait se joindre à son hilarité ou non.



Il baissa les yeux, tripotant ses mains dans tous les sens.




*****



Arnaud n’avait pas pu résister. Il s’était installé dans le bureau à l’étage et, se connectant sur Internet, il avait lancé un site de vidéos cochonnes. Tout y était classé par catégorie et, chose qu’il n’avait pas faite depuis longtemps, il avait cliqué sur le mot « Gay ». Son désir d’homme était plus que jamais ravivé.


Deux hommes se masturbaient face à face. Comme le sien, leurs sexes étaient dépourvus de toute pilosité. Ils étaient beaux. Arnaud baissa alors la fermeture éclair de son pantalon léger et extirpa son pénis en érection de son slip. Il commença à se masturber.


À l’écran, l’un des deux protagonistes s’était maintenant agenouillé devant l’autre, et d’une main experte, branlait son partenaire. Arnaud rêvait d’être à sa place, cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait touché un autre sexe que le sien… C’était une sensation qu’il avait toujours aimé, tellement différente que de sentir son propre pénis entre ses doigts. Et puis il vit alors l’homme se pencher et passer délicatement sa langue sur le gland. Arnaud en ressenti des frissons. Il essayait de ne pas trop penser à Fabien, mais c’était plus fort que lui, son exhibition de la veille lui revenait inévitablement en mémoire. Le jeune homme aurait-il apprécié lui aussi sentir sa langue sur son sexe ?


Il avait accéléré ses mouvements, son souffle se faisant un peu plus erratique. C’est alors qu’il entendit subitement la porte s’ouvrir dans son dos !


« Merde ! », pensa-t-il. Mélanie regardait normalement le film de TF1 au rez-de-chaussée, il ne s’attendait absolument pas à ce qu’elle vienne le voir… « Merde, merde, merde ! » Il n’eut bien évidement pas le temps de rentrer son sexe dans son pantalon ni de fermer son navigateur à l’écran. Il était pris sur le fait, d’autant plus qu’arrivant derrière lui, Mélanie pouvait forcément voir ce qu’il regardait.



Arnaud s’empara de la souris, ferma la fenêtre du navigateur, puis rentra son sexe dans son slip.



Il se sentait complètement con. Mais il n’eut pas le temps d’ajouter autre chose que sa femme se retourna et sortit de la pièce. Il l’entendit descendre les escaliers. Que devait-il faire ? Il n’était certainement pas le premier mari surpris à regarder des vidéos pornos mais c’était surtout le fait qu’il regardait des ébats entre hommes qui l’inquiétait.


Il venait de se mettre dans un beau merdier !



*****



Fabien n’avait bu qu’un verre, un cocktail que Justine lui avait conseillé, mais la tête commençait déjà à lui tourner. C’était peut-être d’ailleurs davantage l’agitation du bar qui le mettait dans cet état que l’alcool en lui-même.



Ils reprirent donc la voiture de la jeune femme et se rendirent jusqu’à son appartement. Fabien prit dans le coffre son sac à dos qu’il avait préparé avec les affaires dont il aurait besoin et suivit Justine jusqu’à la cage d’ascenseur de la résidence.



Elle s’approcha de lui et il sentit l’excitation monter en lui de la sentir si près. Respirant un grand coup, toute son odeur s’empara de lui et affola ses sens. Il baissa les yeux, ne pouvant soutenir son regard de braise mais la jeune femme se pencha alors vers lui et sa bouche se posa sur la sienne. C’était le premier baiser qu’il échangeait, et cela était magique. Il sentit la langue de sa partenaire aller à la rencontre de la sienne. Il n’aurait pu rêver premier baiser plus langoureux.


La porte de l’ascenseur s’ouvrit alors, ils étaient arrivés. Elle prit sa main et l’entraîna vers la porte de son appartement. Fabien était en totale érection.


Il allait faire l’amour. Enfin.



*****



Après être resté un moment la tête entre les mains, Arnaud se décida à descendre au rez-de-chaussée. Il fallait clarifier les choses, quitte à la perdre… Il la trouva dans la cuisine, un verre d’eau devant elle. Elle semblait perdue dans ses pensées mais se retourna vers lui dès qu’elle l’entendit.



Son ton n’était pas aussi dur qu’il l’avait craint. Non, il transpirait plutôt la tristesse et l’incompréhension.



Arnaud se décida à être le plus honnête possible, il n’y avait que comme ça qu’il pourrait s’en sortir.



Mélanie resta un moment sans voix. Il lui fallait assimiler l’information et des tonnes de questions devaient être en train de se former dans sa tête.



Le ton avait monté d’un niveau…



Bon, Arnaud en était conscient, la conversation était vraiment en train de dégénérer.



Il le savait, il n’y avait pas moyen de discuter avec elle quand elle était dans cet état. Il préféra faire demi-tour et quitter la cuisine.



Arnaud préféra ne rien répondre.



*****




Fabien s’écarta brusquement de Justine sous cette annonce. Qu’était-elle en train de dire ? Qu’elle était un homme déguisé en femme ? Non, ce n’était pas possible !



Comment une fille aussi parfaite qu’elle pouvait être un homme ? Fabien se sentait mal tout à coup… Le rêve virait au cauchemar. Justine se mit alors à rire en voyant la mine de dépit et d’horreur du jeune homme.



Hein ? C’était une blague ?



La jeune femme s’allongea alors sur le lit et écarta les bras.



Passé par toutes les émotions, Fabien se sentait fébrile. Cette splendide créature se livrait donc totalement à lui. C’était tellement incroyable. Il s’approcha du lit, les jambes tremblantes.


La téléphone sonna alors, mais Justine lui fit signe que ce n’était pas grave, elle ne comptait pas répondre, ce qui fit sourire Fabien. C’était comme dans les films quand les deux protagonistes, en plein ébat, ignoraient tout dérangement de l’extérieur. Il n’avait jamais cru que cela lui arriverait vraiment !


Le répondeur se déclencha alors et il reconnut immédiatement la voix de sa sœur.



Justine se redressa aussitôt.



Elle se leva et se rendit dans le salon où se trouvait le téléphone, non sans fermer la porte derrière elle. Fabien resta un moment immobile avant de s’asseoir sur le bord du lit. Il se sentait tout penaud.


Au bout de quelques minutes, Justine revint.



Fabien sentit son petit monde s’écrouler… Les festivités étaient terminées.