| n° 13807 | Fiche technique | 16672 caractères | 16672Temps de lecture estimé : 10 mn | 10/04/10 |
| Résumé: C'est l'histoire d'une jeune femme libre, qui cherche à améliorer son monde avec ses propres armes. C'est l'histoire d'Isabelle, une femme qui se cherche. Va-t-elle se trouver ? | ||||
| Critères: fh ff fbi travail portrait | ||||
| Auteur : Lucia | ||||
| DEBUT de la série | Série : La nouvelle Isabelle Chapitre 01 | Épisode suivant |
Je marche dans la rue. Je suis grande, élancée, les hommes me regardent, se demandent qui je suis, les femmes aussi… Depuis que je me suis coupé les cheveux les gens s’interrogent, suis-je un homme, suis-je une femme ? Je joue avec mon identité.
Les femmes d’aujourd’hui peuvent tout se permettre et s’habiller comme elles le veulent. Les hommes eux ont-ils le choix ? Moi je n’ai vu des hommes en collant qu’à l’intérieur d’appartements. Aujourd’hui je suis en costume et je m’apprête à rendre visite à mon nouveau meilleur ami. En tant que garçon…
Comment en suis-je arrivé là ? Comment moi, Isabelle, ai-je choisi de me travestir en homme ? Il faut revenir quelques temps en arrière.
***
Les jours sont longs quand on travaille dans une boîte pharmaceutique. Je suis chercheuse, j’adore mon métier. Je cherche de nouveaux médicaments contre les problèmes de thyroïde. Je suis spécialiste des problèmes hormonaux. C’est un métier où prendre son temps est important. Il faut des résultats concluants, des tests, des contre tests.
Les hormones sont un fondement de l’identité sexuelle. J’ai longtemps été affectée sur un projet de développement harmonieux de poitrine par les hormones. Eh oui, j’ai aidé de nombreux hommes à devenir de jolies femmes.
J’ai 31 ans et je m’appelle Isabelle. Hormis mon travail, je suis une grande sportive ; j’adore nager, j’ai été championne de France cadette de papillon. Ce sport a bâti mon corps et m’a rendue longiligne et ferme. J’ai souvent ri à voir mon corps nu devant la glace, avec mes épaules musclées et mes abdos. Au lycée, j’étais plus musclée que la plupart des garçons mais aussi plus plate que certains d’entre eux.
J’ai longtemps été un garçon manqué et la pratique de mon sport ne m’a pas aidée à me découvrir féminine.
Poussée par mes parents, j’ai ensuite délaissé le sport pour réaliser de brillantes études en chimie et j’ai été aussitôt embauchée par la boîte où je suis aujourd’hui.
En dix ans j’ai déjà eu le temps de tourner au sein de ma boîte et en même temps que je changeais de service, je changeais de partenaire. Eh oui, j’aime faire l’amour, j’aime aussi faire partager mon plaisir. Je ne m’attache pas aux personnes, j’ai juste le désir de jouir quand j’en ai envie. Je n’aime pas qu’on m’impose des contraintes. À chaque fois qu’un homme devient romantique avec moi, je le largue. Ne peuvent-ils pas seulement me prendre et me faire plaisir ?
Mes pratiques sportives, la promiscuité dans les vestiaires m’a également amenée à aimer le corps des filles. Je suis une bisexuelle accomplie.
À 15 ans je suis sortie avec ma meilleure amie. Par jalousie au début, je la voulais à moi et je ne supportais pas que les garçons la regardent, s’approchent d’elle, cherchent à l’embrasser. J’ai été son premier amour. Un soir nous étions toutes les deux de corvée pour tirer les lignes. C’était la fin de l’année scolaire, le soleil tombait sur les vitres de la piscine. Elle était devant moi dans un joli maillot vert émeraude. Je comprenais pourquoi elle plaisait aux garçons. Je me suis avancée vers elle, lui ai pris la main et je lui ai dit :
Et sans qu’elle ait le temps de répondre je le fis. À la fin du baiser, elle me sourit et me dit :
Je trouve chez les femmes un repos que je ne trouve ailleurs. Je suis féministe, je crois en nous et notamment dans notre capacité d’améliorer le monde. Petite, je lisais les romans de justicière masquée, j’adorais Jeanne d’Arc. Comment une femme dans une époque aussi obscure pouvait-elle commander une armée d’hommes ? Les anglais l’ont brûlée pour sorcellerie…
En simplifiant à l’extrême, deux types d’hommes se dégagent, les doux et les m’as-tu-vu. Je fais l’amour avec les premiers et j’évite les seconds. C’est ma façon de rendre la justice. Je m’imagine Sainte Louise rendant sa justice sous un chêne !
J’aime surtout donner à ceux qui n‘en profitent pas souvent. Je n’ai jamais compris pourquoi les moches allaient avec les moches et le beaux avec les beaux. Moi je pense différemment. Je vais vers les « pas-de-chance ».
C’est ainsi que je suis sortie avec mon patron.
Timide depuis toujours, il n’adressait même pas la parole à ses collègues féminines. Il me faisait de la peine, pour une fois qu’un homme et patron faisait tourner une boîte de manière très saine, je voulus le remercier.
Un soir, après les résultats concluants d’un nouveau médicament je me retrouve avec lui. C’était la première fois que nous parlions seule à seul. Il est tard et je lui demande s’il n’a pas envie de dîner avec moi.
Très vieille France il me répond qu’il n’a pas l’habitude de se faire inviter par une femme.
Il me suit, il est intimidé. C’était étonnant de la part d’un homme qui professionnellement est brillant et humainement très sociable.
Arrivés chez moi j’essaie de le mettre à l’aise. J’ai envie de lui. J’ai envie de me le faire. Envie de voir mon patron nu en train de lécher mon entrecuisse, poser mes mains sur ses cheveux et lui dire de continuer.
Il sourit, il commence à se sentir bien. Après avoir mangé tout simplement des pâtes – je ne suis pas une bonne cuisinière – et ouvert une deuxième bouteille de vin, il se lâche enfin. Il me parle de sa vie, de ses histoires. Il m’annonce honnêtement qu’il n’a plus eu de copine depuis la faculté. Et encore, qu’il s’agissait d’une boutonneuse comme lui. Il me remercie de l’invitation.
Après le dîner je lui propose de s’asseoir sur le divan. J’ai l’impression de participer au dépucelage d’une jeune fille. Il rougit à chaque effleurement de ma main. Je lui demande alors :
Il ne répond pas. Décidément les temps ont bien changé, il me laisse toute initiative. Je lui prends la main, lui demande de se lever et je l’emmène dans ma chambre.
J’avance mes lèvres vers les siennes. Je l’embrasse. Ce n’est pas super. Je sens que cela ne va pas être une soirée inoubliable… Mais bon il faut bien commencer par là.
Le bisou est moyen, le reste sera du même niveau. Je le déshabille tout en finesse. Je passe mes mains sur le torse. Je caresse doucement son sexe. Il durcit vite, j’aime sentir son érection entre mes mains. J’ai envie de le faire jouir dans mes mains, debout face à lui, lui faire sentir ma domination sur lui. Mais il ne faut pas, c’est un brave type. Je lui demande alors à son tour de me dévêtir… Quelle mauvaise idée, il n’arrive pas à enlever ma jupe avec douceur et arrache le bouton. Ce n’est pas grave, je lui dis :
Je m’assoie sur le lit, il se met à genoux devant moi et entame le pire cunnilingus de ma vie. Au bout de cinq minutes, je le relève et l’invite sur le lit. Je vais le faire simple. Je me mets sur lui et j’imprime mon rythme. C’est déjà mieux. Son sexe est dur, je le sens bien. C’est bon. J’avoue, je ne pense qu’à mon plaisir.
Il jouit quasiment en même temps que moi. C’est un bon signe. Je lui souris. J’attends que son sexe débande pour ensuite faire couler un bain. Dans le bain nous discutons, je ne peux empêcher mes mains de jouer avec son sexe. Je le branle frénétiquement. J’ai toujours rêvé d’avoir un sexe de garçon rien que pour ça.
Après le bain, nous allons nous coucher.
La justice par le sexe, tel est donc mon credo. Je suis une super héros ! Je fais jouir les gentils garçons.
J’aurais pu rompre avec mon chef rapidement, il aurait compris. Vu ma façon de me comporter avec lui durant cette nuit, il sait mon indépendance de goût et d’esprit. Cependant j’ai envie de le rendre un peu heureux.
J’aime les gens simples, les crises de fou rire, les sorties entre copines.
Au travail les journées se passent tranquillement.
Seulement un homme ne me suffit pas. J’ai besoin de diversifier mes loisirs.
Or au sein de mon équipe de recherche, j’ai une première assistante particulièrement intéressante. Une très jolie fille, ingénue, dévouée pour son travail. Pour être honnête, j’ai moi même recruté mon assistante ; son CV très ordonné, sa photo très sage avaient attiré mon attention. De plus elle était mariée, j’ai toujours aimé les femmes hétéros.
C’était drôle, au début elle ne comprenait pas qu’elle me plaisait. À se demander si elle savait si deux femmes pouvaient se retrouver au lit ensemble pour autre chose que pour dormir.
Elle s’appelle Caroline.
Parfois je fais ce que les femmes reprochent aux hommes, je fais tomber mon futur partenaire dans un piège savamment orchestré.
Après quelques semaines de travail ensemble, je propose à Caroline de participer à un séminaire de quatre jours à Paris. J’ai moi-même réalisé les réservations et je me suis arrangée pour que le jour de l’arrivée à notre hôtel, le réceptionniste constate une erreur de programmation, qu’il nous a réservé une grande chambre avec un lit matrimonial et que l’hôtel étant plein, il ne peut plus changer.
Il y avait trois nuits à passer. Le premier soir restaurant en seule à seule mais aucune action directe. Je la laisse venir, je la fais se sentir bien. Je la complimente. Je crée de l’intimité, de la complicité, parfois furtivement je pose ma main sur la sienne.
Elle est heureuse, après quelques années de mariage et deux enfants, elle n’a plus l’habitude d’être un peu choyée. Je fais passer ça pour de la bonne attitude d’un chef envers son adjoint.
La première nuit, alors qu’elle dort, elle a tendance à aller de mon côté et se blottir contre moi.
Au matin elle s’excuse de s’être trop approchée.
Elle rougit et part se doucher dans la salle de bains. Par expérience je sais que c’est dans les moments de flottement comme celui que doit ressentir Caroline où je parviens à mes fins. Mais il s’agit de mon assistante, j’ai envie de faire les choses encore mieux que d’habitude.
Je sais donc qu’aujourd’hui je ne tenterai rien. Tout juste le soir avant d’aller dîner, je m’autorise à me promener avec elle en lui prenant le bras. De temps en temps elle me regarde. Je vois qu’elle s’interroge.
Après le dîner, je l’emmène au cinéma. C’est un remake de « La nuit des rois » de Shakespeare. Elle ne connaissait pas cette histoire où une sœur se travestit en homme pour retrouver son frère.
J’aime l’ambiguïté. Le troisième soir, je me suis habillée de manière androgyne et c’est amusant, mon côté « homme » l’a rassurée. Ce soir-là, nous avons joué au couple modèle. Je lui dis :
Tout en marchant, je lui prends la main. Elle est moite, je sens qu’elle est intimidée, afin qu’elle n’ait pas le temps de tergiverser, je la ramène vite à l’hôtel.
Elle s’assoit sur le lit. Son regard est beau, elle ne dit rien. C’est une jolie autorisation ce regard.
Je pose ma main sur sa nuque et pose mes lèvres sur les siennes. Ma langue entrouvre ses lèvres qui se laissent aller. Je fouille la bouche de Caro et lui mords les lèvres.
Je lui retire son chemisier tout en la dévorant des yeux ; elle ne parle pas, moi non plus, la première fois pas besoin de paroles. Je dois juste l’amener doucement vers un nouveau plaisir.
Elle ne porte pas de soutien-gorge. Je la soupçonne d’avoir préparé son coup.
Du bout de mon ongle, je remonte de la base du sein jusqu’au mamelon. Caroline frisonne. La pointe du sein s’érige et durcit. Je l’attrape et le titille. Mon autre main se glisse entre les cuisses de la jeune femme. Je lui griffe le haut des cuisses avant de poser un doigt sur son sexe humide. Elle dégouline.
Elle me regarde gênée puis rapproche sa bouche de la mienne. On s’embrasse à plusieurs reprises. À chaque fois, l’intensité se fait plus forte.
Mes mains parcourent son corps. Je cherche son sexe directement. J’ouvre son pantalon. Je bute sur un obstacle de soie. Qu’à cela ne tienne, je me faufile par le côté, je découvre du bout de mes doigts une douce fourrure que je caresse longuement, avant de m’infiltrer entre les lèvres jusqu’à la grotte brûlante qui ruisselle de désir. Malgré le pantalon toujours en place, mes doigts agiles vont et viennent du clitoris jusqu’à l’orée de sa chatte, et le bassin de Caroline commence à tanguer sous mes caresses expertes. Répondant à mon invitation muette qui cherche à accéder librement à son sexe, elle soulève légèrement son bassin, et le pantalon ainsi que sa culotte de soie ne sont que de lointains souvenirs. Elle est nue. Elle est à moi.
La vue de ce délicat abricot juteux me fait saliver et je colle instantanément ma bouche sur ce coquillage. Ma bouche s’appose sur son sexe et ma langue vient en elle. Comme une chatte buvant son lait par petits mouvements. Je ruisselle de joie. Je la mange et elle apprécie. Je m’applique autant que je le peux. Mes lèvres enserrent son clito et ma langue le dorlote de subtils mouvements. Je sens la chaleur de son corps. Sa respiration est saccadée, elle pousse de petits cris et une multitude de soupirs qui s’amplifient et commencent à résonner dans l’immense pièce presque vide, ponctuant de quelques coups de reins désordonnés les quelques fois où Caroline tente de reprendre son souffle.
Je me déshabille à mon tour et je colle mon corps au sien. Nous ne faisons qu’un. Je la serre contre moi, je veux qu’elle se sente portée par ma force.
Enlacées toutes les deux, reprenant notre souffle, elle me demande d’une voix timide:
Sur ces mots, elle s’endort dans mes bras.
***
(À suivre)