| n° 13609 | Fiche technique | 47455 caractères | 47455Temps de lecture estimé : 25 mn | 20/12/09 |
| Résumé: Les vampires atteignent leur but : reprendre possession de leur territoire, la Terre. | ||||
| Critères: fh pénétratio fantastiqu -policier -fantastiq | ||||
| Auteur : Dr Lamb (2010) Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : Les enfants de la nuit 2 Chapitre 07 / 07 | FIN de la série |
Résumé : Ben a retrouvé sa mère, mais celle-ci est devenue l’une d’entre eux. Anita traque la créature issue de la fusion Kleyner-Laurence. Tout s’accélère jusqu’à une fin inévitable…
Pour la compréhension du texte, il est conseillé de lire les sagas « Les enfants de la nuit » et « Les enfants de la nuit 2 ».
***
Il sortit de la torpeur du sommeil en sursaut. La petite veilleuse éclairait toujours la pièce, jetant des ombres inquiétantes dans chaque recoin de la cave, tels des monstres tapis aux aguets.
Il se passa une main sur le visage et jeta un œil à sa compagne, endormie à côté de lui. Ses traits tirés lui donnaient dix ans de plus. De fait, elle n’avait que trente-neuf ans.
L’homme s’assit au pied du lit et contempla sa petite-fille qui dormait à poings fermés, sur le petit matelas à côté d’eux.
Sa grande angoisse était de se réveiller et de ne plus les retrouver. Il n’avait plus qu’elles.
Il chercha le bruit qui l’avait tiré du sommeil. Il avait beau tendre l’oreille, il n’entendait rien.
La cave était silencieuse. Il se rallongea, restant tout de même aux aguets. Il alluma la petite lampe de poche et fit le tour de la pièce, cherchant quelque chose.
Rien.
Il se recoucha et la prit dans ses bras. Elle était gelée.
Lui aussi. Alors, pour la petite, ce que ça devait être difficile ! L’air s’engouffrait par les failles des murs, et par la petite lucarne brisée qui se trouvait à l’autre bout de la pièce.
Elle se colla au plus près de lui, pour mieux profiter de sa chaleur. Il l’entoura de ses bras protecteurs, effleurant son ventre de ses mains.
À force, il ne le sentait même plus. Peut-être était-ce vrai.
Il ne répondit rien, glissa son nez dans ses cheveux avant de remonter ses mains, et de s’emparer de ses seins sous son t-shirt et son pull épais. Elle tourna légèrement la tête et leurs bouches se trouvèrent. Cela les réconfortait de sentir la chaleur de l’autre. Cela prouvait qu’ils étaient bien en vie. C’était peu, mais c’était tout ce qu’il leur restait.
Il prit son visage entre ses mains, le caressa doucement comme si c’était de la porcelaine, comme s’il la voyait pour la première fois. Lorsqu’il plongeait dans ses yeux, il avait l’impression de pouvoir s’y noyer.
Ils s’embrassèrent un long moment, collés l’un à l’autre, perdus dans un de ces rares instants où ils pouvaient se consacrer l’un à l’autre.
Elle se retourna pour mieux lui faire face. Il descendit un peu le long de son corps, remonta ses vêtements pour poser sa bouche sur sa poitrine. Elle gémit, le serrant contre elle.
Il téta ses seins à tour de rôle, effleurant les mamelons dans la pénombre, passant sa langue dessus et les embrassant du bout des lèvres.
Les yeux clos, elle savourait les caresses de son partenaire, la chaleur de sa bouche passionnée et aimante.
Il lui caressait le dos, le ventre, les fesses, les cuisses. Elle entrouvrit ces dernières pour lui laisser un accès à son sexe. Il glissa sa main dans son pantalon en coton, caressant son intimité à travers sa culotte.
Elle se cambra un peu pour lui libérer le passage, et il fit glisser son pantalon et sa culotte le long de ses cuisses. Sans cesser de lui lécher les mamelons, il ouvrit délicatement du bout de ses doigts les plis de sa chair la plus secrète.
Elle ferma les yeux, tentant de se donner complètement, de chasser les visions horribles qu’elle voyait sans cesse dès qu’elle s’endormait.
Il remonta, l’embrassant dans le cou, puis sur les joues, et caressant de sa langue ses lèvres entrouvertes.
Elle glissa sa main entre eux et caressa son sexe durcissant à travers son jean, avant de le déboutonner du mieux qu’elle le put. Il l’aida et libéra son organe durci, puis elle ouvrit les jambes, et il vint frotter son gland au bord de son sexe. Elle gémit, le tenant contre elle, nouant ses jambes autour de la taille de son mari, et poussa un profond soupir lorsqu’il la pénétra.
C’était chaud.
Ce n’était pas vraiment bon, incapables qu’ils étaient de se donner totalement au plaisir, mais cela les aida vraiment. Ils prirent un rythme doux, elle gémissait, lui enfonçant ses ongles dans le dos, les yeux clos, le souffle haletant, rejetant sa tête d’un côté et de l’autre. Lui ne la quittait pas des yeux, l’embrassant amoureusement, la possédant doucement, tendrement. Sans brutalité, au départ, cherchant juste la chaleur et le réconfort ; mais le désir vint se mêler à la fête. Peu à peu, leurs baisers devinrent plus fiévreux, plus passionnés, leurs caresses plus appuyées. Elle le mordit à l’épaule, le suppliant du regard d’intensifier le rythme, ce qu’il fit. Elle gémissait, se mordant les lèvres, alors qu’il accélérait ses coups de bassin, plus violemment, s’enfonçant en elle jusqu’à la garde.
Il sentit sa semence se répandre en elle, enfouissant sa tête dans son épaule. Elle sentit la tension de son corps retomber. Elle n’avait pas joui, mais elle se sentait bien. Elle le garda en elle le plus longtemps possible, savourant son corps écrasant le sien.
Ils restèrent un long moment côte à côte, yeux dans les yeux, s’embrassant parfois, avant de sombrer dans le sommeil, plus ou moins réparateur.
***
Je vis David qui se jetait sur Amel. Sans que j’y comprenne rien. Huang, titubant, s’avançait dans le salon, laissant goutter sur le sol le sang précieux de la vie. Je compris tout de suite à ses yeux injectés de sang. Le vampire l’avait mordu.
Amélie avait saisi son arme.
Ce dernier lui lança un regard curieux, puis porta ses mains à sa gorge.
Il se plia soudain en deux et vomit brutalement un flot de sang épais.
Le vampire lui bondit dessus et ils chutèrent au sol tous les deux. Je restai planté sur place, incapable de faire un mouvement, fixant la scène sans vraiment y croire, puis reportai mon regard sur la « chose » qu’était ma mère, cette momie desséchée et immobile.
Amélie ouvrit le feu. L’impact résonna très violemment dans les murs étroits du petit appartement ; mes oreilles en tintèrent. Surpris, je me jetai au sol. David poussa un cri aigu et tenta de mordre Amel. Celle-ci se débattait comme une furie, rejetant la tête en tous sens. Amélie se dressa devant eux, les surplombant, et pointa son arme sur le crâne du vampire.
Amel détourna la tête pour ne pas être éclaboussée du sang de son ex-amant. La tête du mort fut pulvérisée sous l’impact. Huang s’écroula près d’eux, se tenant le ventre, le visage ravagé par la douleur. Il gueulait comme un veau qu’on égorge.
Le corps sans tête retomba sur Amel. Du sang giclait et aspergeait le parquet. Elle se mit soudain à crier et tenta de s’extirper d’en dessous du cadavre.
Amélie se pencha et l’aida à s’extirper de sous le corps. Épouvantée, elle recula vivement et posa ses yeux sur Huang qui se convulsait sur le sol.
Elle se précipita vers lui ; il avait toujours le visage ravagé par la douleur. Elle tenta de le prendre contre elle, mais Amélie intervint et la fit reculer.
Amel se dégagea de la prise de la jeune femme et rampa jusqu’à l’asiatique. Il ne se convulsait plus, mais tremblait de tous ses membres, suant, bavant presque. Il avait les yeux clos et avait de drôles de hoquets.
Sous le corps de David se formait une flaque épaisse de sang.
Je reportai mon regard sur ma mère et me redressai.
J’approchai une main tremblante de son visage sec et craquelé. Elle ne bougeait pas. Elle était comme morte. Après toutes ces épreuves pour la rechercher, la retrouver… Allais-je abandonner maintenant ? Non. Je savais ce qui devait être fait.
L’idée me traversa l’esprit en un clin d’œil. Je fis un tour sur moi-même. Seuls les deux vampires saignaient. Je n’allais tout de même pas lui donner du sang de ces choses.
Amel prit Huang dans ses bras. Il bavait, et un gémissement sourd montait de ses lèvres bleuies.
Je cherchai du regard quelque chose de coupant et, n’en trouvant pas, je traversai le salon et me rendis dans la petite cuisine mal éclairée où la vaisselle sale s’entassait dans l’évier. Un couteau se trouvait sur le four. Je le pris et m’ouvris légèrement le bras. Le sang coula immédiatement. Hypnotisé, je ne sentais même pas la douleur. Je retournai dans le salon.
Elle se tenait devant Amel et son compagnon. Celui-ci agonisait, sa poitrine se soulevait par saccades rapides.
Les hurlements faisaient presque vibrer les murs. En passant devant eux, et sans qu’ils puissent m’arrêter, je me penchai en avant, saisit l’Asiatique par les cheveux et lui passai la lame de couteau le long de la gorge. Le sang gicla et aspergea le visage d’Amel. Celle-ci poussa un hurlement d’épouvante, alors que je poursuivais mon chemin.
J’étais parvenu à maman et m’apprêtais à verser mon sang dans sa bouche entrouverte lorsque Amel me percuta de plein fouet. Emporté par son poids, je basculai en avant et m’effondrai aux pieds de ma mère. Elle passa ses mains autour de mon cou, cherchant à m’étrangler. Elle m’attrapa par les cheveux et me fracassa le visage sur le parquet. Une épouvantable douleur me traversa le crâne.
Elle recommença. Encore. Encore. Je tentai de la faire basculer, mais n’y parvins pas, bloqué par la douleur.
Enfin, elle me lâcha. Je repris mon souffle, haletant, apercevant plusieurs morceaux de mes dents cassées devant moi.
Je tentai de me remettre debout lorsque Maman sortit soudain de sa torpeur. Elle se jeta en avant et mordit Amel à la main gauche. Celle-ci hurla.
Maman rejeta la tête en arrière, arrachant trois doigts à la jeune femme. Avant qu’elle ne puisse l’attaquer de nouveau, je fis une balayette à Amel et celle-ci s’écroula au sol, hurlant, tenant sa main déchiquetée.
***
Des coups contre la porte. Il sursauta, sortant d’un cauchemar plein de bruit et de sang, de fureur, de créatures ailées monstrueuses qui sautillaient sur leurs pattes au lieu de voler. Il se redressa sur son séant. Elle fit de même, les cheveux en bataille.
Il bondit hors du lit, traversa la cave en courant, et grimpa les marches qui menaient à la maison, alarmé par la voix paniquée qui filtrait à travers la porte.
Sa femme s’empara du revolver sous le matelas et réveilla sa fille endormie. Toujours prête à n’importe quelle éventualité, elle réagit en un quart de seconde.
L’homme ouvrit la porte. Bill se tenait sur le seuil, le visage en sang, arbalète en main.
Ils l’avaient assis dans le canapé, dans le salon aux volets clos.
Il se dirigea vers son homme, ne ressentant rien. Il était foutu, il le savait, et lui aussi. Mordu au bras. Il se contenta de regarder son chef, avec dignité et sans larmes.
Les autres se tenaient autour d’eux et contemplaient la scène sans un mot, songeant que n’importe lequel d’entre eux aurait pu se trouver à la place de Drake. Ce dernier haussa les épaules. Il avait toujours été brave et lucide, et entendait bien ne pas faillir maintenant. Que lui restait-il dans ce monde ? Rien. Il avait tout perdu.
La lueur des bougies lui donnait un teint cadavérique.
Leur chef approuva d’un mouvement de tête. Il s’empara d’un revolver muni d’un silencieux et le tendit à Drake. Il le prit sans un mot, le regarda un moment, puis finalement le rendit à son chef.
Il n’avait pas fini sa phrase que son chef lui plaqua un coussin sur le visage, y appuya le canon et tira cinq fois.
Le corps de Drake retomba sur le canapé dans une mare de sang.
Il redescendit à la cave vingt minutes plus tard. Elle l’attendait, la petite dans les bras. Il lui jeta un regard lourd de signification, et elle ne lui posa aucune question.
Il s’assit sur le matelas et contempla l’enfant endormie. Il repoussa une mèche de cheveux bruns.
Sa femme approuva.
Mais que pouvait-il y faire ? La petite vivait cloîtrée depuis sa naissance. Comment pouvait-elle se trouver un équilibre psychologique dans ces conditions ?
Ils étaient dans une impasse.
Leur fille ne s’éveilla pas. Elle se tourna sur le matelas et resta profondément endormie. Le mari et la femme la regardèrent dormir un long moment.
Elle ravala ses larmes. Il l’entoura de ses bras protecteurs.
Il la comprenait. Lui aussi, parfois, se disait qu’ils avaient fait une folie. Mettre au monde une enfant dans ce monde apocalyptique. Mais c’était trop tard.
Même s’il tentait de le lui dissimuler, il était épuisé. Luttant de toutes ses forces en permanence pour ne pas s’endormir. Ces derniers temps, il se sentait vraiment mal. Il se rallongea et elle vint se blottir contre lui. Son contact, sa chaleur et sa présence l’apaisaient. Elle agissait comme un calmant sur lui. Il lui caressa le visage du bout des doigts. Ils s’endormirent peu avant le lever du jour.
***
Amel ne cessait de hurler, contemplant sa main déchiquetée. Elle tentait de retenir le sang qui s’échappait de ses doigts dévorés. Maman mastiquait goulûment les morceaux de chair et les avala.
Le sang qui coulait des corps de Huang et David s’écoulait sur le parquet. Ils se réunirent en une seule mare de sang compacte.
Je vis Amélie qui se dirigeait vers moi. À la hauteur de maman, elle lui braqua l’arme sur la tempe.
Avant qu’elle ne presse la détente, je bondis sur elle et la fis tomber par terre.
Il y eut soudain un bruit violent qui fit trembler les murs. Quelque chose me percuta au ventre et je me sentis décoller. Je dus traverser la pièce sans doute, et m’effondrai contre le mur.
La détonation résonna encore longtemps dans la pièce, encore plus dans mes tympans.
Cloué contre le sol, le cœur palpitant dans ma poitrine, je portai une main à mon ventre et sentis quelque chose de chaud. Du sang. Amélie m’avait eu.
Je tentai de redresser la tête, mais n’y parvins qu’à moitié. Elle pointa son arme sur le crâne de Maman.
Sans me regarder, elle tira, lui faisant exploser la tête.
Je me relevai, aussi vite que mon ventre en feu me le permettait. C’était comme si la flamme d’un briquet me léchait les intestins.
Elle fit volte-face vers moi et tira une seconde fois. Je sentis la balle me perforer l’épaule droite. Je retombai en arrière, avec l’impression d’avoir été percuté par un boulet de canon.
Derrière elle, le sang des deux vampires achevait de se mélanger. Je regardai la flaque qui semblait vivante. De petites bulles roses se formaient à sa surface ; et éclataient. Que se passait-il donc ? Amélie ne semblait pas l’avoir remarqué. Amel se tordait de douleur sur le sol, les larmes inondant ses joues.
Elle contemplait Maman, le crâne presque arraché par la détonation.
Elle répéta cette phrase encore une bonne dizaine de fois, comme une prière lancinante.
Tout mon buste me faisait mal, comme s’il était compressé par un poids de dix tonnes. Chaque inspiration que je prenais me déclenchait des douleurs inouïes.
J’étais foutu.
Et était-ce vraiment important ? Tout était fini. Maman était morte, Nouria était morte, et…
Derrière Amélie, la flaque de sang semblait prendre de la masse, de la consistance.
Une naissance. C’était une naissance.
Je voulus parler, mais n’émis qu’un croassement.
Amel leva son visage vers moi, rempli de larmes.
Elle se mit à genoux péniblement.
Celle-ci se tourna vers elle et posa enfin ses yeux sur la masse de chair qui émergeait du sang des deux vampires.
Des bulles de sang se formaient et éclataient ici et là, mais la chose prenait vie, elle semblait palpiter, comme un cœur.
Amélie pointa son arme sur la chose et fit feu. Plus de balles.
Elle regarda autour d’elle à la recherche d’une arme.
Je tentai pour ma part de ramper, mais n’y parvins que difficilement, pour rejoindre Amel.
Pas moyen, dans mon état, d’envisager ne serait-ce que de descendre les marches du bâtiment.
Amel se mit debout avec toutes les peines du monde, tenant sa main déchiquetée.
Et tituba vers moi.
Amélie semblait avoir oublié notre présence. Ses yeux étaient rivés sur la chose qui ne cessait de gonfler et de grandir. Et cela puait. La viande morte, la chair en putréfaction restée trop longtemps au soleil.
Parvenue à ma hauteur, elle se pencha et me prit par les bras.
Elle se plaça alors derrière moi et plaça ses mains sous mes aisselles et me tira en arrière. Un gigantesque coup de couteau dans le ventre.
Un grognement sourd monta alors de la masse de chair. Une main venait de se former, une main longue et terminée par d’effroyables ongles acérés.
***
Lorsque Samia rencontra le visage blafard et ensanglanté de Nassera, sa sœur disparue, elle sentit quelque chose claquer en elle, comme une porte de son esprit qui se refermait et se verrouillait pour de bon.
Le flic hurlait, et d’une main tentait de retenir le sang qui giclait hors de sa gorge lacérée, et de l’autre tentait de garder le contrôle du véhicule.
C’était impossible. Neuf ans plus tard…
Mais c’était bien elle, pas de doute.
Il y eut soudain un choc violent et Samia fut projetée en avant, retenue par chance par sa ceinture. Nassera, elle, n’en portait pas. Elle décolla littéralement du siège arrière, poussant un cri aigu, comme une chauve-souris, et traversa le pare-brise. Un éclat de verre vint entailler le visage de sa cadette, mais l’adrénaline aidant, elle ne le sentit pas. Un fracas épouvantable. Et une chaleur inouïe vint inonder l’habitacle de la voiture. Samia poussa un cri.
Et ce fut le noir.
Lorsqu’elle revint à elle, une douleur affreuse lui martelait les tympans. L’impression qu’une mèche de perceuse se frayait un chemin dans sa tête. Et les cris, tout autour d’elle. Les sirènes. Les flashs de lumière, qui tentaient de percer ses paupières closes.
La jeune femme ouvrit les yeux pour plonger dans ceux, éteints, de Herbert. Il la fixait, la gorge tranchée, inondé de sang.
Samia poussa un autre cri. De ses doigts tremblants, elle déboucla sa ceinture de sécurité et ouvrit la portière. Une pluie fine s’était mise à tomber. Combien de temps était-elle restée inconsciente ? Elle n’en savait rien.
Ses jambes tremblantes la trahirent et elle chuta sur le bitume. Cris. Sirènes. Une cacophonie ahurissante.
Mais que se passait-il ?
Nassera ! Cela lui sauta au visage.
Elle fit volte-face, mais ne vit personne. Juste les deux flics morts dans la voiture. Un attroupement de badauds sur le trottoir. Elle jeta un regard dans leur direction, ils avaient tous l’air apeurés.
Elle tituba sur quelques mètres, avec l’impression qu’une perceuse chauffée à blanc tentait de se frayer un chemin entre ses oreilles.
Une femme poussa soudain un cri perçant. Samia leva la tête en sa direction et vit sa sœur, Nassera, si c’était bien elle, se jeter sur la femme en poussant un cri aigu.
Elle était blafarde, semblait plus grande et plus élancée. Mais c’était bien elle ; pour Samia, c’était une évidence. Sa sœur était devenue une sorte de monstre, mais elle était vivante.
Un vampire, chuchota son esprit.
Non, pas possible ! Il faisait jour, et tout le monde sait que…
Mais trop tard, elle avait plaqué la femme à terre et d’un puissant coup de dents, lui avait ouvert la jugulaire, laissant gicler un geyser de sang.
Tout autour d’elle, les gens s’enfuyaient en hurlant. Un peu plus loin résonnaient les sirènes des voitures de police et des pompiers.
Incapable de tenir plus longtemps face à l’image de sa sœur morte, elle tourna les talons et s’enfuit.
Mais les cris la suivirent.
Vivante. Sa sœur disparue était vivante. Elle avait tant espéré, tant attendu…
Et elle fuyait, face à sa propre sœur.
Son instinct de survie la poussait en avant, son esprit hanté par cette image de Nassera transformée en monstre, mais son cœur la sommait de faire demi-tour.
Samia pila sec sur le trottoir et risqua un coup d’œil derrière elle. Des tas de gens s’enfuyaient en courant, dans une pagaille générale. Un homme la heurta de plein fouet et elle tomba sur le trottoir, s’ouvrant la lèvre sur le béton.
Elle ne comprenait plus rien à ce qui arrivait. Peut-être qu’elle cauchemardait, après tout. Charlotte. Charlotte était morte. Nassera était vivante. C’était dingue. Herbert était mort. Mort, mort, mort.
Samia poussa un gémissement et se releva, contemplant tout autour d’elle les gens qui s’enfuyaient en hurlant.
Elle tituba sur le trottoir, sentant soudain quelque chose fondre sur elle dans un cri aigu. Plus ou moins consciente que c’était sa sœur, enfin, la chose qui était sa sœur, qui habitait son corps, qui s’était grimée en sa sœur, elle se laissa tomber au sol, sentant les dents acérées de Nassera lui arracher la gorge dans un flot de sang épais.
Confusément, usant de ses dernières forces, Samia la serra contre elle, songeant avant de mourir qu’elle était malgré tout heureuse de l’avoir retrouvée.
***
Anita enjamba le corps de Harris et se campa devant le poste de télévision qui diffusait d’épouvantables nouvelles. La créature survolait toujours la ville, suivie par un hélicoptère de la police, qui avait tenté de l’abattre une première fois, en vain, au-dessus d’un parking.
Elle serra les poings.
Elle ne sentait presque plus la douleur ; son crâne la tirait, mais c’était tout. Une machine indestructible brûlait en elle. Tant que les deux vampires n’étaient pas morts, elle ne mourait pas. Une volonté inouïe la poussait en avant.
Après avoir augmenté le volume de la télé, elle se mit en quête d’armes. Elle trouva un fusil à pompe et une grenade sous le lit, et un Beretta derrière les wc. Ce Harris se préparait visiblement à tout. Une aubaine pour elle.
Elle ôta ses vêtements trempés de sang et enfila un jean et un t-shirt à lui, peu lui importait que cela ne lui aille pas. Elle passa encore une veste en cuir ; et lorsqu’elle se dirigea vers la porte de l’entrée, celle-ci vola en éclats.
D’instinct, elle fit demi-tour et se précipita dans le salon, au moment même où un homme en uniforme noir déboulait dans l’entrée, automatique en main.
Ils étaient rapides. Anita plongea derrière le canapé au moment où l’intrus ouvrait le feu.
La seconde suivante, les coups de feu pulvérisèrent les fenêtres, se fichèrent dans les murs, firent exploser la télévision. Ils semblaient tirer au hasard. Face au vacarme, Anita se boucha les oreilles, attendant le moment propice pour répliquer. Si elle perdait trop de temps ici, la créature allait lui échapper.
Elle ne savait même pas combien ils étaient. Peu lui importait, elle les aurait un par un. Comme un diable de sa boîte, elle jaillit de derrière le canapé au moment même où les coups de feu cessaient. Un homme devant elle écarquilla les yeux et reçut une balle en pleine gorge avant de comprendre ce qui lui arrivait.
Un second se tenait devant l’entrée du salon, le canon de son Uzi encore fumant. Elle lui tira deux balles en pleine tête. Il retomba en arrière et aspergea le mur de sang.
Le dernier homme se tenait encore dans le couloir près de l’entrée ; il fit feu sur l’Asiatique avec son fusil à pompe. Le coup de feu fit exploser en un millier de plumes le coussin du canapé, et Anita vida son arme sur l’homme, le touchant quasiment à chaque coup, et il chuta en arrière, s’écroulant dans une pluie de sang.
Sans perdre une seconde, elle quitta l’appartement et dévala les marches du bâtiment à toute allure.
Le temps s’était couvert et de gros nuages sombres flottaient dans le ciel. Sortant de l’immeuble, elle prit une grande inspiration qui raviva ses blessures. À la fenêtre d’un bâtiment en face, un homme l’interpella :
Sans l’écouter le moins du monde, Anita se dirigea vers la voiture la plus proche. Un homme se trouvait au volant et s’apprêtait à quitter son stationnement. Elle ouvrit la portière et le saisit par le col de son pull.
Puis il vit les yeux injectés de sang et prit peur. Il sortit de son véhicule sans broncher, se doutant que sa vie était en jeu. Sans tarder, il se précipita dans le magasin le plus proche. Anita s’engouffra dans la voiture, démarra et régla la station de radio pour suivre les nouvelles en conduisant.
Avec un sourire lugubre, l’Asiatique se mit en route. Elle irait au bout de sa promesse. Kleyner et Laurence périraient de ses mains. Elle l’avait juré à son mari et à sa fille.
***
Cela avait commencé, plus tôt que prévu, certes, mais c’était une aubaine.
La créature qui dirigeait l’organisation B sourit et regarda la ville étendue sous ses yeux. Des années qu’il attendait cela. Et maintenant, le signal s’était propagé, et sa race allait de nouveau se baigner dans le sang des Hommes.
Il traversa son bureau de quelques pas ; le soleil y pénétrait à grands rayons, filtré par la vitre spéciale de la fenêtre ; les rayons ne pouvaient atteindre le vampire. Sur une chaîne de télévision chinoise, relayée par d’autres chaînes américaines, il suivait la survolée d’un de ses congénères. La fusion de Kleyner & Laurence. Incroyable. Ces deux-là étaient vraiment inséparables.
Il caqueta de son humour noir, imaginant les visages terrifiés des habitants de Hong-Kong face à cette créature impossible.
Cette incarnation de cauchemar. Leurs cauchemars. Les hommes avaient été abreuvés d’images de vampires, de buveurs de sang romantiques, ou pire, d’espèces de pédales aux habits serrés, aux cheveux hérissés avec du gel, écoutant de la musique techno en saignant leurs proies.
Il avait chuchoté cette phrase sans s’adresser à personne d’autre qu’à l’humanité tout entière. Il s’approcha du bouton rouge situé sous son bureau, relié aux explosifs dissimulés dans l’immeuble. Les siens dormaient en bas, dans les souterrains, mais il les entendait. Il entendait leurs cris, leurs fureurs. Il avait fallu des années à leurs organismes pour s’habituer aux rayons du soleil, qui les faisaient toujours souffrir, mais ne les tuaient plus.
Leur plus grand ennemi vaincu. Cela avait pris des années, mais ils y étaient parvenus. L’heure était à la fête. À la libération. Il était temps de libérer les siens. Il les sentait. Il sentait leur faim.
Presque une centaine d’années depuis que son espèce fuyait les hommes, les hommes devenus trop prétentieux et arrogants, plus imaginatifs et entreprenants, aidés de nouvelles technologies. Ils étaient même arrivés à oublier son espèce pour se concentrer sur leurs ridicules problèmes de guerre, de santé, de religion.
Il se sentait outré d’avoir été relégué au second plan par une espèce inférieure. Mais tout cela était fini.
Il s’assit et tendit le bras. À ce moment précis, on toqua à la porte. Il releva la tête, sentant derrière la porte un de ces hommes, transpirant, apeuré. Comme toujours.
Il pressa le bouton et au moment où l’homme franchit la porte, en un quart de seconde, il fondit sur lui. Il se retrouva de tout son poids sur l’humain qui n’eut même pas le temps de crier. Et tandis qu’il lui arrachait la gorge d’un coup de dents, il entendit les explosions qui commençaient à détruire le bâtiment et libérer ses congénères prisonniers des sous-sols.
Un fracas épouvantable retentit alors que le bâtiment s’écroulait, et ce fracas portait un nom.
Liberté.
***
Elle poussa un profond soupir lorsque la bouche de son mari vint emprisonner l’un de ses mamelons. Elle ferma les yeux et l’attira contre elle, avec tant de force qu’elle voulait presque se fondre en lui. Ne former plus qu’une seule et même personne. Il mordilla le mamelon avec tendresse, le suçant et le léchant avec lenteur. La chaleur se répandait dans son corps.
Tandis que ses mains à elle entretenaient l’érection de son époux, celui-ci la caressait également, du bout des doigts, écartant ses lèvres et venant titiller son clitoris, tandis que sa bouche et sa langue avides suçaient et tétaient les seins offerts. Elle poussa un petit cri et le serra contre elle un peu plus.
Pour lui, plus rien ne comptait. Sa fille dormait profondément, comme toujours. La mort de Drake semblait s’être déroulée dans un rêve, dans un épais brouillard, comme si rien n’était arrivé ; il avait déjà oublié de toute façon. Il ne se concentrait que sur le corps de sa femme, sur la douce saveur de ses seins qu’il suçait passionnément.
Leurs deux corps nus se pressaient avidement l’un contre l’autre, cherchant la chaleur.
Elle gémit lorsqu’une fois placé au-dessus d’elle, il vint frotter son gland à l’entrée humide de son vagin. La petite lampe de la cave jetait sur lui une lumière fantomatique. Elle tendit l’oreille, mais il n’y avait que le silence.
Il la pénétra.
Ils ne cherchaient plus à se combler, à se faire plaisir, ils voulaient juste sentir la vie couler dans leurs veines.
Il s’enfonçait en elle de toute la longueur de son pénis, violemment, s’abattant sur elle avec puissance. Ils furent en sueur très rapidement.
Elle le retenait de ses mains dans le dos, gémissait, l’embrassait dans le cou, plantant ses ongles dans sa chair.
Des grognements rauques de plaisir s’échappaient de sa gorge sans qu’elle en ait vraiment conscience.
L’homme enfouit sa tête dans le creux de l’épaule de sa femme, la martelant littéralement de ses coups de reins, jusqu’à enfin, lorsqu’il fut incapable de se retenir une seconde de plus, éjaculer en elle, frémissant à chaque giclée de sperme qu’il lui offrait.
Un bruit sourd le réveilla.
Il ouvrit les yeux et regarda autour de lui. Sa femme dormait à poings fermés, la bouche entrouverte et bavant légèrement.
Il se redressa, sentant immédiatement une vive douleur se déclencher dans son dos. Grimaçant, il s’assit au bord du lit et vit immédiatement que sa fille n’était pas couchée sur le matelas. Ses sens se mirent en alerte d’un coup. Il se leva d’un bond et s’empara du revolver qu’il gardait caché sous son lit.
Aucun bruit. La cave était silencieuse, mis à part le chuchotement du vent qui s’engouffrait par la petite lucarne brisée. À tâtons, il s’empara de sa lampe de poche et l’alluma, et fit le tour de la pièce. Rien. Sa femme sortit du sommeil.
Elle se passa une main dans ses cheveux ébouriffés et lut alors la panique sur le visage de son époux.
Ces mots suffirent à la faire bondir du lit. Elle enfila un pantalon et un pull, restant pieds nus. L’homme leva les yeux vers les marches et la porte qui donnaient en haut, sur la maison. La porte était ouverte. Sa femme poussa un gémissement sourd, qu’il entendit à peine. Il l’attrapa d’une main pour la garder près de lui et posa l’autre sur la rampe en bois. L’oreille tendue, il ne distinguait aucun bruit.
Il braqua la torche vers le haut des escaliers et constata alors que la porte n’était pas ouverte. La poignée avait été fracturée et arrachée. L’espace d’une seconde, il sentit ses testicules se ratatiner dans son pantalon et il dut faire un effort pour ne pas hurler. Parce que cette porte fracturée, il savait bien ce que cela signifiait.
Il s’autorisa une seconde pour respirer et essayer de mettre de l’ordre dans ses pensées, et arma son revolver. La respiration précipitée de sa femme manquait lui faire céder à la panique également. Il grimpa les premières marches, les yeux plissés, guettant un son quelconque.
Il ne savait déjà que trop bien ce qu’il allait trouver en haut. Une vague de culpabilité le traversa de part en part, mais s’évanouit aussitôt. Il n’avait plus de temps pour ça. Plus d’énergie pour se sentir coupable.
Mais il la fit taire d’une pression de la main, l’intimant au silence le plus absolu. Il parvint en haut, grimpant sur le côté de l’escalier pour ne pas faire grincer les marches fatiguées.
Il jeta un œil dans l’embrasure de la porte et ne vit rien, mis à part le salon silencieux et plongé dans l’obscurité. Grinçant des dents, il poussa la porte le plus lentement possible, s’attendant à une attaque imminente, qui ne vint pas.
Il ne répondit pas et gagna le seuil. La maison était plongée dans l’ombre.
Ses yeux rencontrèrent alors l’un de ses hommes. Mort. Égorgé. Une mare de sang s’était formée sous lui.
Mais la voix d’Amel ne trahissait rien. Ils savaient. Ils avaient dissimulé la blessure de leur fille, mais à quoi bon ? Ils savaient tous les deux à quoi s’en tenir. La main de Ben se crispa sur son arme. La petite se trouvait dans le salon, silhouette indistincte dans l’obscurité. Immobile.
Le couple fit halte.
La petite tituba vers eux. Son petit visage délicat était déformé par une expression ignoble, de faim irrépressible. Son menton et sa bouche étaient souillés de sang séché. Elle les avait tous tués. Ben le savait.
Amel poussa un soupir. La chose devenue Annie poussa un cri perçant et se jeta sur eux.
Son père leva son arme et vida son chargeur. Les détonations semblèrent pareilles à des coups de tonnerre.
***
La voiture monta sur le trottoir et Anita en sortit avant même qu’elle ne soit arrêtée. Le parc était désert, de même que les rues qu’elle avait suivies pour le rejoindre. Ses yeux fouillèrent le ciel pour essayer de trouver la chose. Elle passa l’entrée du parc en se tenant le ventre. La douleur revenait puis s’en allait, chassée par sa soif de vengeance.
Elle ne mourrait pas sans eux. Putain non !
C’était un petit parc aux espaces verts aménagés, avec des toboggans et aires de pique-nique. Aujourd’hui, l’endroit était macabre. Elle distingua deux cadavres du coin de l’œil, déchirés et en pièces.
Il était ici. Elle le sentait.
Elle gagna un petit coin où une table et deux bancs en bois permettaient aux gens de s’installer pour déjeuner les jours de beau temps.
Et il était là.
Occupé à dévorer un cadavre. Anita marqua un temps d’arrêt pour contempler ce qu’étaient devenus Laurence et Kleyner. La chose semblait s’être encore développée : ses ailes étaient plus grandes, parcourues de veines fines. Les pattes arrière étaient terminées par des griffes acérées. Ses bras étaient énormes, et à chaque doigt, une griffe semblable à une lame de rasoir.
La tête chauve et difforme était parcourue de veines, de chairs qui semblaient pulser comme un cœur humain… La mâchoire de la créature débordait de dents effilées. C’était donc ça, un vrai vampire ?
Elle ne perdit pas une seconde de plus. Poussant un hurlement rauque de rage, elle se jeta en avant. Au-dessus d’elle, un hélicoptère de l’armée ouvrit le feu. Le pilote faisait de son mieux pour stabiliser l’engin, et un homme se mit à canarder la créature avec un fusil d’assaut automatique.
Deux balles percutèrent la créature, qui releva la tête de son festin en poussant un cri aigu presque insupportable. Les oreilles d’Anita se mirent à saigner, mais elle ne les sentit pas. Dans sa main, la grenade prise chez Harris.
La créature tourna la tête vers elle. La reconnut-elle ? Reconnut-elle Anita ? Un fragment des esprits conjugués de Laurence et Kleyner eut-il un bref souvenir de cette femme dont ils avaient détruit la vie ? Anita aurait juré que oui, que quelque chose était passé dans les yeux du monstre.
Mais elle s’en fichait. Elle dégoupilla la grenade et se jeta littéralement sur la chose. Elle perçut une odeur de sang, de chair morte, sentit les ailes à la texture râpeuse se refermer autour d’elle, puis soudain, les balles du fusil d’assaut la frappèrent, déchirèrent sa chair, défoncèrent sa cage thoracique et firent exploser ses seins et emportèrent une partie de son visage. Le monstre hurla, cloué au sol par les balles, son sang se mêlant à celui de la femme.
Et Anita vivait toujours, et dans un éclair de conscience, anéantie par une douleur inconnue, elle enfonça sa main dans le ventre en charpie du monstre.
La grenade explosa.
Puis, dans une déflagration et une explosion de chairs, la créature et Anita cessèrent d’exister.
***
Amel et Ben étaient assis dans le canapé. Il triturait son revolver vide. Elle, les yeux morts, contemplait le cadavre de sa fille qui brûlait dans le salon.
Ben ne répondit rien. Il ne savait pas quoi dire. Ce monde n’était plus le leur. C’était à EUX maintenant.
Il se revoyait, des années plus tôt, blessé, soutenu par Amel, fuyant les rues où les vampires chassaient les hommes. Des années de traque. Des années de carnage. Des années où ils s’étaient multipliés comme des cafards. Il revit la monstrueuse chose, fusion obscène de sa mère et de Huang, en train de massacrer Amélie…
Cela n’avait servi à rien. L’humanité avait subi sa plus grande défaite.
Il se revoyait, encore plus jeune, quittant les bras de Nouria pour un footing matinal… Là où tout avait commencé…
Ben ferma les yeux et serra Amel contre lui.
Ils entendirent au bout d’un moment les cris perçants des vampires. Ils entendirent le fracas des portes pulvérisées.
Ils sentirent les créatures sur eux, mais gardèrent les yeux fermés.
Pas un instant il ne lâcha la main de sa femme.
Ils étaient déjà ailleurs.
Merci à tous, et pardon pour le retard.