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n° 13192Fiche technique14791 caractères14791
Temps de lecture estimé : 9 mn
13/03/09
Résumé:  Ysan, artiste peintre connu, rencontre une jeune comtesse austère et puritaine qui veut organiser une exposition.
Critères:  ffh hplusag couleurs travail collection soubrette exhib lingerie -occasion -bourge
Auteur : Ysan  (Homme agé, l'écriture de textes érotiques m'amuse.)      Envoi mini-message

Série : Mademoiselle de Saint-Hubert

Chapitre 01 / 05
Première rencontre

Préambule



Ysan, c’est moi, artiste peintre au talent reconnu. Quarante ans, dans la force de l’âge, je suis parait-il un très bel homme, c’est en tout cas ce que disent les femmes.


J’habite Paris dans un vaste loft dominant le bois de Boulogne et c’est là que je travaille. Je ne vis pas seul. Il y a auprès de moi Fatima, ma servante depuis plus de dix ans. Fatima est une superbe Ivoirienne de trente ans, beauté sculpturale, profil de médaille, pureté de sa race. C’est elle qui s’occupe de tout dans la maison, mais au fil des ans elle est devenue bien plus qu’une simple servante. Elle est ma confidente et même ma complice et ne se prive pas de donner son avis sur tout : ma peinture, mes relations, mes maîtresses :



Il en est ainsi à longueur de journées, ce qui m’amuse. Un jour elle avait entendu l’une de mes admiratrices assez snob m’appeler « maître ». Impressionnée par ce vocable prétentieux, Fatima avait décidé de l’utiliser elle aussi.


Fatima n’éprouve aucune antipathie envers mes maîtresses, au contraire il lui arrive de participer à nos jeux amoureux et son avis sur mes nouvelles conquêtes est toujours pertinent. Et puis Fatima a une collection d’amants impressionnante, elle aime bien me raconter ses aventures. Tous ses compatriotes de passage à Paris savent qu’elle ne se fera pas prier pour leur offrir ses charmes. Dans l’appartement, elle est généralement nue sous sa blouse de travail, mais lorsqu’elle attend l’un de ses amants, alors elle a des bas rouges et le porte-jarretelles assorti. Souvent je la taquine :



Le studio où elle vit jouxte mon atelier et en travaillant j’ai alors pour fond sonore les ébats amoureux de ma servante, ce qui ajoute au trouble de la jeune femme qui pose nue devant moi.


À une époque où l’art abstrait est à la mode, je pratique une peinture figurative que les critiques ont baptisée « le lyrisme onirique ». Très influencé par Klimt, je peins essentiellement des femmes dénudées dans un foisonnement de décors bucoliques ou néoréalistes, suivant l’humeur du moment. J’expose dans les plus grandes capitales et mes toiles se vendent à prix d’or.


J’ai beaucoup d’admiratrices et même les plus belles, les plus riches, les plus célèbres, sont prêtes à toutes les compromissions pour avoir l’honneur de poser nues dans mon atelier, et là, elles n’hésitent pas à libérer tous leurs fantasmes.


Pour certaines c’est le fantasme de la prostitution. Je les déguise : bas résille, jupes fendues jusqu’à la taille, poitrine offerte, maquillage outrancier. D’imagination je peins un environnement glauque et ténébreux : trottoirs humides éclairés par le néon d’un bar, personnages patibulaires sortant de l’ombre. Pour d’autres, c’est le fantasme de la strip-teaseuse. Sans pudeur elles m’exhibent leurs dessous les plus érotiques : guêpières en dentelles, nuisettes transparentes, strings provocateurs. Juchées sur leurs talons aiguilles elles prennent la pose comme de vraies professionnelles. Il me suffit de compléter ma toile par une foule d’hommes aux regards concupiscents.


Ainsi femmes du monde ou petites bourgeoises peuvent vivre leurs fantasmes sans grands risques quand les séances de pose se terminent dans mon lit. Les plus perverses ne sont pas insensibles au charme équivoque de Fatima qui vient alors se mêler à nos ébats. J’en profite pour prendre un peu de repos et j’assiste en spectateur au spectacle charmant de ces jeunes femmes qui se caressent voluptueusement. Fatima, toujours complice, en profite pour se glisser sous sa partenaire qui, à plat ventre offre sa croupe à toutes mes tentations. C’est le moment où j’interviens et bon nombre de mes maîtresses ont subi là leur première sodomie.


Le soir quand elles rentrent à la maison, en épouses modèles, elles expliquent aux maris qu’elles ont pris le thé chez une amie. Et s’il se montre un peu entreprenant, elles savent le repousser en prétextant une forte migraine.


Telle était ma vie dans l’insouciance de l’aisance et des plaisirs jusqu’au jour où un simple appel téléphonique de mon galeriste a bouleversé mon existence.



Chapitre I - Première rencontre



En fin d’après-midi, satisfait de mon travail de la journée, je sirotais un whisky quand le téléphone a sonné. C’était mon galeriste :



Les propos sibyllins de mon galeriste concernant les « cinglés » demandent quelques explications. Il y avait parmi mes clients un personnage énigmatique qui aimait venir me voir à l’atelier. Un jour, il admirait une toile que je venais de terminer : une jeune femme nue, nonchalamment adossée au poteau qui soutient la charpente au milieu de mon vaste loft. Après bien des hésitations, il m’a demandé si je pouvais modifier mon tableau afin d’enchaîner cette jeune femme au poteau.


L’idée m’a paru étrange et de toutes manières je ne pouvais pas réaliser cette transformation sans l’accord de mon modèle, Florence, jeune et charmante bourgeoise, bon chic bon genre, épouse d’un avocat célèbre qui la délaissait un peu. Comme beaucoup d’autres, elle venait chez moi pour se défouler. Je lui ai téléphoné à une heure où je la savais seule. Sa réponse a été étonnante :



Le lendemain Fatima, toujours efficace, avait trouvé des chaînes chez le quincaillier du quartier et j’ai pu saucissonner Florence autour du poteau. La modification du tableau a été rapide. Très excités tous les deux par cette séance insolite, nous avons fait l’amour avant qu’en épouse modèle elle regagne le domicile conjugal.


Non seulement mon client a acheté la toile, mais il s’est empressé de m’envoyer ses amis qui tous voulaient des esclaves enchaînées. J’ai vite compris qu’ils pratiquaient en groupe les jeux dangereux inventés par le marquis de Sade. Ma jeune maîtresse Florence s’est montrée enthousiaste à l’idée de poser pour eux dans les situations les plus insolites et souvent humiliantes. Elle se voyait livrée à ces pervers, moi j’étais tranquille, par tableau interposé il n’y avait aucun risque. Par contre, j’ai bien profité de ses fantasmes, les séances de pose se terminant toujours par des chevauchées fantastiques sur mon lit. Mon galeriste, lui, appréciait moins mes nouveaux clients, il les appelait « les cinglés ».


Un soir l’un d’entre eux est venu me voir avec des airs de conspirateur. Mandaté par tout le groupe, il avait une question importante à me poser :



Nous avons fixé une date pour la première séance et mon interlocuteur est parti ravi. Il me fallait sans tarder annoncer la nouvelle à Fatima :



La semaine suivante mon nouveau modèle est venu seul à l’heure prévue. C’était effectivement un très bel éphèbe assez efféminé : vêtements moulants, visage glabre, longs cheveux blonds et, détail curieux, il portait à l’épaule un grand sac de sport.


Timide et réservé, parlant peu, il s’est déshabillé sans complexe devant moi et a sorti de son sac tout un harnachement de cuir et de métal qu’il s’est empressé d’endosser avant de prendre la pose devant le poteau. Il devait avoir reçu des instructions de ses mentors.


J’avais à peine commencé à dessiner quand Fatima a fait son entrée dans l’atelier au prétexte de nous apporter des rafraîchissements. Pour la circonstance, elle avait mis son uniforme de séductrice : bas rouges et porte-jarretelles assorti. Sa blouse de travail largement déboutonnée, elle ne cachait pas ses intentions. Pourtant, après avoir déposé son plateau et observé le jeune éphèbe d’un œil inquisiteur, nous l’avons vue se retirer sans un mot.


Elle n’est réapparue qu’en fin de journée après le départ du jeune homme.



J’ai bâclé la toile en trois séances. Mes clients étaient ravis, moi j’appelais cela ma peinture commerciale. Mon galeriste, plus sévère, disait que je me dévalorisais. Cette digression ne m’a pas fait perdre de vue que je lui devais une réponse pour l’exposition envisagée par la comtesse. Je l’ai appelé sans plus tarder :



Rendez-vous fut pris pour la semaine suivante à la galerie. Quand je suis arrivé, la comtesse m’attendait : tailleur gris de mauvaise coupe, jupe trop longue, chaussures à talons plats, cheveux blonds serrés dans un chignon, visage harmonieux mais regard sévère, pas de maquillage, aucun bijou. Bref l’image du puritanisme le plus austère. J’ai voulu la saluer par une formule assez protocolaire :



Sa réponse a été brève et cinglante :



J’étais informé qu’à trente-cinq ans la comtesse était vierge et voulait qu’on le sache.


Heureusement nous avons vite parlé peinture et l’atmosphère s’est détendue. En peu de temps nous étions d’accord en tous points sur l’organisation de l’exposition. Nous voulions en faire l’évènement culturel de la saison parisienne, raison pour laquelle nous avons décidé de l’appeler tout simplement « L’EXPO ».


Dès le lendemain, je prenais l’avion pour un long périple en Europe et aux États-Unis, vers tous les musées et les collectionneurs susceptibles de nous prêter des toiles.



À suivre…