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Temps de lecture estimé : 10 mn
03/04/08
Résumé:  Jean surprend sa voisine à la fenêtre.
Critères:  h fplusag inconnu voir strip -exhib
Auteur : Cidoup            Envoi mini-message

Série : La femme à la fenêtre

Chapitre 02 / 06
Geneviève

LA FEMME A LA FENETRE -2-


GENEVIEVE



Jean repose ses polycopiés. Assez travaillé pour ce soir, il est temps d’observer ce qui se passe chez les Clément. Pour ne pas être surpris en flagrant délit d’espionnage, il a mis au point une petite mise en scène. Il place contre la fenêtre de sa chambre, la table sur laquelle il repose les coudes. Pour plus de précautions, il laisse une lampe allumée dans le salon pour faire croire qu’il s’y trouve.


Les fenêtres illuminent la terrasse. Jean sort les jumelles de leur étui, s’installe à son poste d’observation et scrute la façade. Étant en retrait par rapport à la fenêtre, il espère ainsi éviter que l’on aperçoive des reflets sur l’objectif. De l’avoir souvent observée, il connaît bien la bâtisse. Là, au rez-de-chaussée, c’est le grand salon qui donne sur le parc par trois portes vitrées. À côté, la pièce où vit le propriétaire, vieillard impotent que l’on promène en fauteuil roulant. Au premier, la chambre de Madame Clément avec ses deux balcons en fer forgé. Au bout du bâtiment la chambre de la jeune fille. Jean aperçoit rarement cette dernière qui ferme les volets dès la nuit tombée. Par contre, madame Clément, ignorant l’inspection dont elle fait l’objet, laisse souvent les rideaux ouverts. Jean l’a baptisée la femme à la fenêtre. Il l’a déjà surprise déambulant en petite tenue. Ce sont ces moments qu’il recherche et espère.


La façade s’assombrit. Plus de lumière, juste un filet sous les volets fermés de la jeune fille. La chambre de madame Clément s’éclaire. La voilà ! Elle entre dans la pièce. Au moment de déboutonner son chemisier, elle suspend son geste et tourne la tête dans sa direction. Jean ne fait plus un mouvement. L’a-t-elle remarqué ? Il en oublie de respirer. La jeune femme revient à son chemisier. Il pousse un soupir de soulagement. Elle se déshabille lentement jusqu’à n’être qu’en slip et soutien-gorge. Ses mouvements sont gracieux, presque théâtraux. Debout, face à la porte-fenêtre, elle comprime vers le haut sa poitrine, faisant saillir les globes hors des bonnets. L’éclairage latéral permet au garçon de ne rien perdre du spectacle. Les mains dans le dos elle dégrafe le vêtement, du moins il le suppose. Elle croise les bras sur la poitrine pour empêcher le soutien-gorge de tomber. D’une main et de l’autre elle fait glisser les bretelles sur ses épaules.


Jean retient son souffle. Il ajuste les jumelles à ses yeux. Zut ! Au moment crucial, elle quitte le champ de vision pour reparaître la minute suivante en nuisette à l’autre porte-fenêtre. Madame Clément se penche devant une lampe de chevet. Il ravale sa déception car elle l’allume. Son corps devient visible à travers le tissu léger. Elle pirouette avec grâce comme si elle s’examinait dans une glace située hors de la vue du garçon. Lui admire les formes qui dessinent des ombres chinoises devant la lampe. Il peut constater qu’elle n’a pas de ventre et que sa poitrine se passe de soutien-gorge.


Jean réprime un sursaut. Madame Clément s’arrête de tourner. Ses mains attrapent l’ourlet de la nuisette et la soulèvent peu à peu. Elle pivote tout en faisant passer le vêtement par-dessus tête et offre au garçon ravi, la vue sur le dos, les hanches pleines, les fesses rondes et les cuisses fuselées. Elle s’éloigne de la fenêtre, empoigne sur une chaise un déshabillé vaporeux qu’elle enfile. Elle se penche sur la lampe de chevet. Jean déglutit. Il lui semble apercevoir l’ombre de poils follets entre les cuisses de la jeune femme. Elle éteint la petite lumière, la vision s’évanouit. La jeune femme quitte la pièce, son déshabillé flottant derrière elle.


Jean reste un bon moment immobile sous le charme. Tous les mouvements de sa propriétaire étaient empreints de grâce. Il se dit qu’il devait y avoir dans la chambre une tierce personne pour laquelle Madame Clément dansait. Car il s’agissait d’une danse, une danse érotique même. Sa sortie, l’extinction de la lampe de chevet, les pans du déshabillé qui flottent, tout cela est trop théâtral pour n’être pas voulu. À la réflexion, il doit se rendre à l’évidence. Un témoin se serait manifesté, Jean l’aurait aperçu, car il faut passer devant une fenêtre pour atteindre la porte ou la salle de bain. Non, madame Clément était seule. Pour qui offrait-elle ce spectacle ? Pour son miroir ? Tout à coup, le rouge de la honte couvre son front. Madame Clément a surpris son manège ! Malgré les précautions, elle sait qu’il l’observe. Avec rage, il repose les jumelles. Fini le spectacle, pourvu qu’elle ne dise rien à sa mère ! Sur cette perspective désolante, il se déshabille et se couche.


Le sommeil est long à venir. Le joli corps de madame Clément le hante. Il le voit encore, ombre chinoise, tourner devant la lampe. La lampe… la lampe… Puisqu’elle savait qu’il l’observait, (plus il y pense, plus il en est sûr) elle ne pouvait ignorer qu’en l’allumant, elle permettrait à Jean de la détailler presque aussi bien que nue. Si elle avait voulu s’amuser à ses dépens et lui donner une petite leçon de savoir-vivre, elle n’aurait pas dansé entre la lampe et la fenêtre. Pourquoi avoir enfilé une nuisette pour la quitter quelques minutes après et lui offrir la vision de sa nudité ? Non, elle y a pris plaisir ! Peut-être autant que lui. Sur cette pensée réconfortante, Jean s’endort.


Au réveil, il est moins sûr de son raisonnement. Même si elle y a pris plaisir sur le moment, qu’est-ce qui l’empêchera de se plaindre de sa conduite ? Jean désolé se voit errant dans la ville à la recherche d’un toit ! Il y repense toute la journée.



Jean se retourne vers Gérard en sortant de l’amphi.



Gérard, inquiet tend ses affaires à Jean.



Il plante là son copain. Il a besoin de réfléchir. Seul.


Après avoir tant bien que mal recopié les notes de Gérard complétées des rares précisions dont il se souvienne, il repense à madame Clément, la femme à la fenêtre. Madame Clément… Il ne va pas continuer à la nommer madame Clément dans ses rêves ! Quel est son prénom ? Geneviève ? Oui, il a entendu Laure Berger l’appeler Geneviève. Va-t-elle le dénoncer, exiger son départ ? Il ne peut rester dans l’incertitude. Ce soir, il ne prendra aucune précaution. Si elle recommence le spectacle, il veut que sa présence soit avérée. Tant pis s’il joue avec le feu ! Il faut qu’il sache. Tant pis si elle s’offusque, elle n’aura qu’à le mettre à la rue. Tant pis, tant pis… Il se débrouillera !


En attendant, il se remémore son corps splendide, un corps de jeune fille. Pourtant Geneviève est de la génération de sa mère, peut-être un peu plus jeune. Un tel corps doit beaucoup aux soins et à la gymnastique ! Est-ce que Laure Berger en possède-t-elle un semblable ? S’il en juge d’après la silhouette, la réponse est affirmative. L’esprit de Jean quitte Geneviève pour se fixer sur Laure. Il ressent le frisson du regret qui l’étreint à chaque réminiscence et il reconstruit en rêve pour la énième fois ce qui aurait dû se produire s’il ne s’était bêtement enfui de la bibliothèque maternelle…



oooOOOooo



La nuit tombée, il patiente jusqu’à ce que seule la chambre de madame Clément, pardon, de Geneviève, soit éclairée. Il distingue la silhouette habillée qui passe d’une porte-fenêtre à l’autre. C’est le moment. Il éteint la lumière dans le salon. Dans sa chambre, il allume une petite lampe veilleuse qui laisse la pièce dans la pénombre mais permet à sa voisine de déceler sa présence. Un dernier coup d’œil à ses préparatifs, puis il extrait les jumelles de leur étui et se met en place, le cœur battant.


La réaction ne se fait pas attendre. Geneviève d’un geste vif referme les rideaux. Une chape de plomb étreint la poitrine de Jean. Fini le bel appartement, finies les révisions au calme, l’espoir de visites féminines ! Quel mauvais génie l’a poussé à espionner ses propriétaires ? Une dernière fois, il dirige le regard vers la chambre de Geneviève. Surprise ! Les rideaux ont disparu. La jeune femme se promène dans la pièce. Elle lui pardonne et accepte de jouer le jeu ! Fébrilement, Jean reprend les jumelles et se met en place.


Geneviève ne se presse pas. Elle sort des affaires de l’armoire, déplace une chaise, dégage une aire d’évolution, en un mot, il la voit installer une scène de spectacle. Un regard circulaire autour d’elle, elle se plante au milieu face à la fenêtre, porte les mains à son corsage et… disparaît ! Jean soupire de déception. Que lui arrive-t-il ? Aurait-elle des remords ? Au bout de quelques instants, elle reprend place. Il respire. Il devine qu’elle a mis de la musique pour accompagner ses évolutions et regrette que l’éloignement et les fenêtres fermées le privent de la mélodie.


Geneviève le gratifie du plus troublant strip-tease auquel il lui a été donné d’assister. Elle évolue, danse plutôt, en véritable professionnelle qu’elle était peut-être avant d’épouser le vieillard à la chaise roulante. Une fois nue, elle se contorsionne avec grâce, spectacle charmant, presque chaste, en rien provocant ni pornographique. À la fin la jeune femme se laisse tomber sur une chaise et enfile un déshabillé vaporeux. Après quelques secondes de repos, elle se relève. L’intensité lumineuse baisse. Jean ne distingue plus bien les détails. Geneviève allume la lampe de chevet. À nouveau, elle lui offre un ballet, en ombre chinoise celui-là. Les voiles du déshabillé qui enveloppent la danseuse de leur brume légère accentuent l’ambiance fantomatique de la scène… Longtemps, longtemps après que la jeune femme a disparu dans sa salle de bain, Jean émerge du ravissement où l’a plongé le spectacle. Comment la remercier ? Il s’endort sans trouver de réponse, avec devant les yeux les seins fermes et hauts placés, ainsi que les poils qui obscurcissent le sommet des cuisses qu’elle a longues et fuselées.


Le lendemain soir, une surprise désagréable attend le jeune homme. Les rideaux sont tirés. Il doit se contenter de deviner aux ombres portées, les évolutions de Geneviève dans sa chambre. En déshabillé, elle entrouvre un rideau, virevolte quelques tours devant la lampe de chevet allumée et s’arrête debout, face à lui. Jean comprend que la fête n’aura pas lieu tous les soirs. Il lui faut attendre le bon vouloir de la jeune femme. Il pose ses jumelles d’un geste théâtral qu’il espère visible d’en face et éteint la veilleuse. Comprendra-t-elle qu’il accepte ses conditions ?


Toutes les nuits, Jean est fidèle au poste. Geneviève est moins régulière. Il lui arrive de rester plusieurs jours sans se manifester. Quand elle accepte de danser, elle l’avertit en ouvrant grands les rideaux à son entrée dans la chambre. Le spectacle commence invariablement par un strip-tease, la suite change au gré de l’humeur de la jeune femme. Certains soirs elle coupe court, d’autres soirs, plus en verve, elle exécute de véritables ballets, nue ou érotiquement déshabillée, qui laissent le garçon subjugué. Après le spectacle, Jean se saoule de caresses mêlant dans son fantasme Laure à Geneviève. Ses camarades ne comprennent pas pourquoi il les délaisse et ne sort plus en boîte, ni pourquoi il ne tente plus d’inviter les filles.



oooOOOooo



Après les examens semestriels, le nouvel emploi du temps lui laisse plusieurs après-midi libres pour réviser en compagnie de Gérard et Sylvain. Ils le pressent de question mais Jean ne leur dévoile rien de ses occupations nocturnes. Aujourd’hui, ils l’ont laissé tomber pour une réunion des locataires de la cité. Il le regrette. Seul, il bute sur les fonctions complexes, qui méritent bien leur nom. Le soleil de cette fin d’hiver tiédit l’atmosphère. Jean ouvre la fenêtre malgré l’air vif. Le chant des oiseaux rythme sa réflexion.


Une ombre fugace derrière la vitre de Geneviève attire son attention. Deux silhouettes s’enlacent. Intrigué, il va chercher les jumelles dans sa chambre et observe. Il reconnaît la jeune femme accompagnée d’un homme. Celui-ci ne lui est pas étranger, il l’a déjà aperçu mais ne sait qui il est. Jean dirige ses regards vers la chambre du mari impotent au rez-de-chaussée. Il croit le deviner dans sa chaise, près de la fenêtre. Il sourit, Geneviève s’apprête à prendre du bon temps au-dessus de lui ! Il la comprend, elle est jeune et son mari bien handicapé. Il va retourner à son bureau quand Geneviève se place debout les bras levés, arque boutée à la fenêtre. L’homme par derrière, pose les mains sur la poitrine de la jeune femme et l’embrasse dans le cou.


Jean n’ose plus faire de mouvement. Ils ne l’ont pas vu. S’il bouge, Geneviève le remarquera. Qui sait ? Peut-être lui en voudra-t-elle d’être le témoin de son infidélité sous le toit conjugal, et par la même occasion supprimer les séances de danses érotiques. Il décide de rester immobile. Les yeux vissés aux jumelles, il ne perd rien du spectacle. D’un côté, il est gêné. Il a l’impression de violer, non, plus que l’impression ! Il viole l’intimité du couple. De l’autre, les caresses de l’homme sur le corps de la jeune femme sont terriblement excitantes. Il s’imagine à sa place. Sa verge gonfle, mais coincée dans son slip, ne peut se déployer. Faire un geste pour se soulager serait se trahir. Jean endure son supplice. Là bas, l’homme fourrage dans les reins de la jeune femme toujours appuyée contre la fenêtre. Jean devine qu’il remonte la jupe, découvrant le fessier qu’il connaît bien…


Le couple est en pleine action. Chaque poussée, chaque coup de rein de l’homme soulève Geneviève. Elle garde les yeux fermés (heureusement pour moi, pense Jean), et ouvre la bouche sur un rictus de plaisir. Son partenaire donne des coups de boutoir avec la régularité d’un métronome. Il semble infatigable, un vrai étalon. Le sexe de Jean lui fait mal d’être comprimé et le froid extérieur l’envahit, mais il n’ose toujours pas se retirer et dévoiler ainsi sa présence. Le couple accélère la cadence. Jean souhaite que cela annonce la fin de la joute. Il ne se trompe pas et quelques coups de reins plus tard, l’homme s’affaisse, la figure dans les cheveux de Geneviève. Celle-ci laisse glisser lentement les bras contre la vitre.


Jean espère que fatigués par l’amour, ils ne le remarqueront pas. Avec des gestes coulés, sans heurts, il s’éloigne de la croisée et pose les jumelles. Il peut enfin libérer la hampe de son sexe et arranger son slip. Un dernier coup d’œil en face. Le couple est encore là, toujours soudé, Geneviève le regard fixé dans sa direction. Il attend qu’elle disparaisse pour refermer la porte-fenêtre du salon. L’a-t-elle vu ? Sait-elle qu’il a assisté à leurs ébats ? Malgré lui, se défend-il avec un zeste d’hypocrisie.


Le soir, la réponse lui parvient. Jean rejoint son poste d’observation. Le rideau n’est pas tiré, tout va bien. Il respire mieux ! Satisfait, il porte les jumelles à ses yeux dans l’attente du spectacle annoncé. Geneviève s’avance, regarde dans sa direction et menace du doigt. Elle l’a vu et le fait savoir ! Jean avec de grands gestes, abandonne les jumelles et joint les mains en signe de prière. Comprendra-t-elle qu’il demande pardon ? Oui ! Elle se déshabille devant lui, mais une fois en soutien-gorge et petite culotte, elle ferme le rideau.



N’empêche ! Elle le fait patienter une longue semaine avant de reprendre ses danses érotiques.


À Suivre