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Temps de lecture estimé : 19 mn
24/10/07
Résumé:  Après avoir échappé de justesse aux flics de la PAV, je parvins dans un bien curieux endroit...
Critères:  nonéro #revebebe #policier
Auteur : Gufti Shank            Envoi mini-message

Série : La traque

Chapitre 04 / 08
Le repaire secret

Résumé de l’épisode 1 : Je fus réveillé un matin par l’inspecteur Forman de la PAV, la Police des Activités Virtuelles. Il venait m’accuser de contact avec les terroristes sexuels du groupuscule Revebebe. Il me proposa de me blanchir en échange d’une infiltration de leur réseau. Je demandai un délai pour réfléchir, et mis à profit ces quelques heures pour prendre la fuite. Je décidai de tenter de contacter de mon côté Revebebe pour me placer sous leur protection. J’entrai par hasard en relation avec une dénommée Tilya qui m’apprit que j’étais surveillé, et qui se proposa de me guider dans ma quête. Mais un flic de la PAV nous retrouva bien vite et abattit Tilya tandis que je m’enfuyais. Ses dernières paroles furent à mon attention : « Courez et trouvez Fritz au Metropolis. »


Résumé de l’épisode 2 : Réfléchissant à ces paroles, qui semblaient évoquer Fritz Lang, le réalisateur du film Metropolis, j’errai au hasard des rues. Je cherchai des informations sur un endroit appelé Metropolis, mais je ne trouvai rien, si ce n’est que la PAV avait le même objectif que moi. Je trouvai refuge chez Jared, un jeune prostitué qui m’offrait ses services. Et je découvris que le hall de son immeuble était gardé par une femme-robot ; cela me ramenait encore au film Metropolis. Jared m’hébergea quelque temps, mais un communiqué de la PAV tomba sur son ordinateur central, dévoilant mon visage. Il prévint la police et essaya de me retenir, mais je parvins à l’assommer et à prendre la fuite, non sans avoir découvert le nom de la société qui commercialisait ces femmes-robots : la compagnie Mabuse. Encore un nom qui me ramenait à Fritz Lang…


Résumé de l’épisode 3 : Je finis par trouver les locaux de la Société Mabuse. Le hall d’entrée en est gardé par une autre femme-robot, semblable à celle de l’immeuble de Jared. Avec l’aide inespérée d’un des employés, je parviens à entrer, juste avant que la PAV ne retrouve ma trace ; je découvris enfin l’endroit appelé « Metropolis ». C’était en fait une sorte de musée du film. J’y cherchai dès lors une représentation de Fritz Lang, au pied de laquelle je trouvai finalement une sorte de passage secret. Je m’y engouffrai juste avant que l’inspecteur Forman ne me remarque.






Je descendais à tâtons dans l’obscurité la plus complète. Je respirais fort et tremblais de chaque membre. Je ne savais même pas où j’allais. Mais c’était ma seule chance d’espérer échapper à la PAV et à l’inspecteur Forman. Et encore. Il ne s’en faudrait sûrement pas de bien longtemps qu’il ne découvre le passage par lequel je m’étais enfui.


J’étais attentif à chaque bruit autour de moi. Mais seuls ma respiration et mes mouvements troublaient le silence. Je finis par mettre le pied sur une surface solide, qui semblait s’étendre au bas de l’échelle. Je tendis les mains d’un côté, puis d’un autre. Je devinai une sorte de couloir, que j’empruntai, toujours tâtonnant des mains et des pieds, ne voulant pas risquer de tomber dans un nouveau trou.


Un coup sourd retentit ; impossible de dire d’où il provenait. Je me revis en train de découvrir le passage à travers les décors dans le musée. C’était Forman. Il avait trouvé l’issue, à son tour. Je devais me presser, car lui prendrait sans doute bien soin d’apporter une lampe.


Et devant moi, j’aperçus soudain, comme un phare dans un océan de ténèbres, une petite diode rouge clignotante. Je m’en approchai et à la faible lumière qu’elle produisait, je pus discerner une porte métallique, agrémentée sur son côté d’un écran et d’un clavier. J’appuyai sur toutes les touches et tous les boutons qui se présentaient, dans un désordre absolu. L’écran s’alluma, diffusant sa lumière sur quelques mètres dans le petit couloir où je me trouvais.


Un nouveau coup sourd. Il fallait faire vite. Je devais ouvrir cette porte avant que Forman ne me rattrape. Mais c’était bien ma veine, voilà que je me retrouvais encore devant un ordinateur. Un message apparut, me demandant apparemment un mot de passe.


Je n’avais aucune idée d’aucun code d’aucune sorte. Je tapotai la première chose qui me vint à l’esprit : Tilya. Rien ne se produisit. Évidemment. Encore un coup sourd. Je me mis à paniquer. De grosses gouttes de sueur coulaient sur mon front et le long de mes joues. J’assénai un grand coup de poing sur le clavier, puis sur l’écran, tout en hurlant. Mais toujours rien.


Une idée stupide me vint. Je tapai : Gufti Shank, puis appuyai sur la touche de validation. La page s’effaça, une autre apparut, me demandant une clé. Je tapai mon code secret de connexion au site de Revebebe.


Cela fonctionna. Je hurlai de joie tandis qu’une lumière franche se mit à éclairer le couloir et la porte. Celle-ci, commandée par l’ordinateur, s’ouvrit dans un grand bruit, à l’instant exact où une très faible lumière me parvint également de derrière, de là où j’étais arrivé. Tout en haut de l’échelle, l’inspecteur Forman avait dû découvrir le passage.


Je jetai un coup d’œil de l’autre côté de la porte, ne vis que le couloir qui continuait, mais cette fois-ci éclairé sur toute sa longueur par de petites appliques murales qui diffusaient une lumière rouge sombre. Sans attendre davantage, je franchis la porte. Je cherchai aussitôt un moyen de la refermer, un bouton, ou un autre ordinateur, ou quelque chose à appuyer. Mais je ne trouvai rien. J’essayai de pousser la porte pour la refermer, mais elle ne bougea pas d’un centimètre.


J’entendis soudain un bruit de voix, très faible, provenant apparemment de l’échelle. C’était Forman, il avait apparemment reçu du renfort :



Tandis que je l’écoutais, la porte se mit soudain en mouvement toute seule, manquant de m’écraser. Elle se referma dans un bruit sourd. J’exultai. Mais je n’étais pas sauvé pour autant. Forman ne mettrait pas longtemps à trouver un code qui lui permettrait de passer.


Je m’avançai dans le couloir, assez vite mais prudemment. Je savais où j’étais, maintenant, j’en étais sûr. J’étais parvenu dans le repaire secret de Revebebe (ou l’un des repaires secrets…) Il me fallait maintenant trouver quelqu’un qui accepte de me guider et de me présenter au grand maître, pour être intronisé au sein du groupuscule.


Je progressai assez vite dans la lumière rouge ; mais le couloir paraissait sans fin. Quelques secondes seulement durent s’écouler, mais qui me parurent durer plusieurs minutes. Et soudain, au détour d’un petit virage du couloir, j’aperçus enfin une issue. Je courus quelques mètres encore et débouchai dans une grande salle.


J’étais légèrement en hauteur, peut-être trois ou quatre mètres au-dessus du niveau du sol de la salle. Celle-ci semblait avoir été creusé dans le roc et une fraîcheur minérale envahissait l’atmosphère ambiante. La salle était en fait immense, je n’en voyais pas le bout. Je la parcourus du regard, découvrant des dizaines d’autres passages, et remarquant, de part et d’autre d’immenses piliers de roche, toutes sortes de coins, de recoins et de divers petits meubles ou autres aménagements. J’avais l’impression d’être dans une grotte préhistorique qui aurait été réhabilitée pour accueillir des citoyens modernes.


J’en étais à chercher par quels moyens la salle était éclairée et son air renouvelé lorsque j’entendis crier :



C’était une voix de femme. Je cherchai dans toutes les directions d’où elle provenait, mais ne vis rien.



« C’est une manie… » pensai-je. Tout le monde voulait me tirer dessus. La peur commença à nouveau à s’emparer de moi. Je ne voyais pas la personne qui me parlait, je n’avais pas la moindre idée de qui ça pouvait être, et je n’avais pas la moindre idée de l’endroit par lequel elle me demandait de descendre. Je repensai soudain à l’inspecteur Forman, qui serait sans doute bientôt derrière moi.



Un petit point rouge s’alluma sur la paroi, juste sur ma droite, et se déplaça vers le bas, m’indiquant sans doute le chemin. Je regardai dans cette direction et aperçus des sortes de marches qui devaient également avoir été taillées dans la roche. Je m’en approchai.



Je m’exécutai et descendis une dizaine de très hautes marches, plutôt glissantes. À peine étais-je arrivé en bas qu’une silhouette, puis une autre, sortirent de l’ombre juste devant moi. Je sursautai et sentis aussitôt qu’on me ceinturait. Je ne cherchai pas à me débattre.



C’était une autre voix, celle d’un homme. Tous deux se trouvaient derrière moi, et je n’avais rien pu voir de leur visage. J’hésitai, mais optai assez rapidement pour la plus simple vérité :



Ils partirent tous deux d’un grand rire. Si j’avais été libre de mes mouvements et de mes opinions, j’aurais pris la mouche, mais là je m’inquiétai plutôt plus encore, jusqu’à ce que la femme me dise :



Il y eut un silence, puis l’homme me demanda :



Ils me firent me retourner ; je leur fis face et découvris un homme et une femme entre deux âges, les traits tirés, mais plutôt sûrs d’eux ; ils me dévisageaient de la même façon, cherchant sans doute à savoir si je leur mentais ou si j’étais dangereux.



J’obtempérai.



Je l’entendis s’éloigner vers les marches que j’avais descendues. La femme pressa plus fort son arme contre moi et me fit signe d’avancer. Je marchai dans la direction qu’elle m’intimait.



En guise de réponse, elle me mit un grand coup de la crosse de son arme sur le flanc. Je poussai un grognement de douleur.



Je me tus donc, et continuai d’avancer. Nous traversâmes en partie la vaste salle, passant de part et d’autre des immenses piliers, longeant de nombreux renfoncements sombres, semblables à de petites cavernes dans lesquels je devinais à chaque fois plusieurs personnes affairées. Je mourais d’envie de poser plein de questions, mais je ne m’y risquai pas.


Elle me fit finalement tourner sur ma droite et me diriger dans une sorte de grotte plus profonde et plus grande que celles que j’avais vues jusque-là. Plus éclairée, également. Plusieurs personnes étaient assemblées là, autour d’une grande table sur laquelle était étalée une vaste carte. Ils paraissaient occupés à l’observer attentivement. Je comptai six personnes, quatre hommes et deux femmes, qui tournèrent la tête vers nous lorsqu’on entra.



Personne ne répondit, évidemment.



Tous rirent, sauf un, qui me toisait d’un air sombre. Je devinai que c’était celui qui usait de mon propre nom. C’était lui, l’intrus, pas moi !



Derechef, je reçus un coup dans les côtes. Je me pliai en deux sous la douleur.



Cette femme était donc la célèbre Padoum… Je l’observai un moment, craintivement, puis regardai celui qui avait parlé. Il me fit signe d’avancer et désigna un siège, dans le fond de la salle. J’y allai et m’y assis. Tous m’observaient et celui que je tenais pour un intrus prit la parole, hargneusement :



Il s’approcha de moi et darda ses yeux vifs dans les miens, sans doute apeurés.



En une fraction de seconde, l’homme sortit de sa poche un pistolet qu’il appuya sur mon front, armant le percuteur.



Je fermai les yeux, crispé, m’attendant au pire. Je sentis des larmes couler le long de mes joues. Je tremblai en m’entendant asséner une dernière fois :



Les yeux toujours clos, je sentis un vif mouvement devant moi et je reçus soudain un grand coup de poing sur la joue, qui me fit tomber de ma chaise. Je criai de douleur.



Je rouvris les yeux. Il s’adressait à celui qui se faisait passer pour moi.



Il me fit signe de remonter m’asseoir sur la chaise. J’obtempérai. Il m’observa un instant, paraissant hésiter. Puis il reprit :



Il y eut un silence.



L’homme et la femme sortirent à toute allure. Je dévisageai ceux qui restaient. Si je comprenais bien, j’étais en présence de Revebebe en personne, ainsi que de Padoum. Qui étaient les autres, je n’en avais pas la moindre idée. Mon interrogatoire reprit :



Je répétai presque mot pour mot tout ce que j’avais dit quelques minutes avant à Padoum, insistant sur le fait que j’étais traqué par plusieurs flics de la PAV qui seraient sans doute là d’une minute à l’autre. Celui qui usait de mon identité écumait presque et se retenait pour ne pas me frapper à nouveau. L’autre femme qui restait dans la pièce s’adressa à lui :



Un bruit de pas de course nous interrompit. Six personnes entrèrent, les deux qui étaient partis chercher Pattie, accompagnés d’une femme et de trois hommes.



Un homme (un des trois qui venaient d’arriver) éternua, puis prit la parole :



Tous le regardèrent, abasourdis. Il sourit puis continua :



Il y eut un silence, puis celui qui semblait être le chef reprit la parole :



Pattie hésita quelques secondes, nous regardant tour à tour, l’usurpateur et moi, puis elle sortit d’une poche une feuille de papier et un stylo, qu’elle posa sur la table, et nous dit :



Qu’est-ce qu’elle attendait de nous ? Je ne comprenais pas. À moins qu’elle ne fût graphologue ? L’autre se plia au jeu sans dire un mot et s’avança vers la table, écrivit son nom, ou plutôt le mien, sur la feuille, puis se recula de nouveau. Pattie retourna la feuille pour que je ne puisse pas voir ce qu’avait écrit l’autre et me la désigna. Quelque chose revenait confusément à ma mémoire… J’y allai à mon tour, et, pris d’un espoir sans doute stupide, décidai d’écrire : Gufti Shan. Puis je reposai le stylo et me rassis en suppliant Pattie des yeux.


Elle consulta la feuille des deux côtés, s’attardant quelques secondes sur chacune de nos écritures, puis se tourna vers Revebebe et, confiante, lança en me pointant du doigt :



Je hurlai de soulagement et me levai pour la prendre dans mes bras.



Je me rassis. Mais l’autre, celui qui se faisait passer pour moi, se jeta soudain sur Padoum, la ceinturant d’un bras autour de son cou, et se saisissant de l’arme qu’elle tenait encore, la pointa sur sa tempe.



Celle-ci faisait d’intenses efforts pour se libérer.



Tous obtempérèrent et reculèrent vers le fond de la pièce, sauf Revebebe, qui ne paraissait pas vouloir se résigner si vite. Il pointa son arme dans la direction du faux Gufti Shank et lança d’une voix morne et résolue :



Il y eut un coup de feu, puis un autre. Je fermai les yeux et me bouchai les oreilles, horrifié. Quand je les rouvris une fraction de seconde plus tard, l’usurpateur était à terre, couché sur le dos et saignait abondamment de la tête et de la poitrine. Padoum était agenouillée à côté de lui, prostrée, choquée, immobile et couverte d’éclats de sang. Revebebe s’approcha d’elle.



Elle ne répondit rien.



Il l’aida à se remettre debout, puis alla fouiller les poches ensanglantées du cadavre.



Il se releva et vint vers moi.



Quelques secondes silencieuses s’écoulèrent ; Revebebe semblait réfléchir à la situation et à l’attitude à adopter. Un écran s’alluma soudain dans un coin de la salle ; j’y vis le visage de l’homme qui était avec Padoum quand j’étais entré dans le repaire. Il avait l’air affolé ; il cria :



L’écran s’éteignit. Revebebe se tourna vers les autres et clama :



Tous sortirent en hâte.



Il sortit ensuite, déterminé. Nous entendîmes déjà de nombreux coups de feu. J’étais inquiet et me demandai ce que je faisais là au milieu. Les flics de la PAV, sans doute l’inspecteur Forman en tête, avaient réussi à pénétrer dans le domaine sacré de Revebebe, et celui-ci et ses hommes étaient prêts à risquer leur vie pour les repousser. La voix de Pattie me sortit de ma rêverie :



Padoum alla au fond de la salle chercher d’autres armes à feu et nous en tendit chacun une. Nous sortîmes de la pièce et revînmes dans l’immense caverne. De nombreuses détonations rapprochées résonnaient tout autour de nous. J’avais peur. Pattie se mit à courir ; nous la suivîmes, Padoum et moi. Elle parcourut quelques dizaines de mètres en ligne droite avant de tourner à gauche, montant quelques marches, pour s’engager dans un autre petit couloir.


Nous débouchâmes dans une autre grotte, pas très grande, qui était remplie de postes informatiques. Assis devant l’un des ordinateurs se trouvait un homme, qui tapotait à toute allure sur le clavier. Il se tourna vers nous lorsqu’on entra ; je le reconnus, c’était celui qui avait éternué en proposant de m’interroger sur mes textes :



Il nous tendit un boîtier qu’il venait d’extraire de l’ordinateur.



Il se leva et donna le boîtier à Padoum, puis s’éloigna en sortant de sa poche une arme à feu.



On le regarda s’éloigner, puis une fois encore, ce fut Pattie qui nous secoua :



On ressortit à notre tour de la pièce, et l’on continua sur quelques mètres encore avant de bifurquer cette fois-ci dans un long couloir éclairé de rouge, semblable en tout point à celui que j’avais emprunté pour arriver ici. On parvint à une autre porte électroniquement verrouillée. Pattie tapota un code sur le clavier qui jouxtait le sas, tandis que Padoum, toujours troublée, jetait sans cesse des regards en arrière.



Je me demandai ce que je pouvais faire d’utile. Padoum, de son côté, paraissait vivement réprouver le fait de fuir :



Comme en guise de réponse, une sonnerie retentit. Padoum sortit de sa poche un télémobile qu’elle alluma. Le visage de Revebebe, couvert de sueur et de poussière, apparut sur le petit écran. On entendit dans le haut-parleur des cris et des bruits de combat, que peinait à couvrir la voix :



L’écran s’éteignit, tout net, en même temps que toutes les lumières qui nous entouraient. C’était une coupure générale, électrique et magnétique.



Pattie se précipita sur la lourde porte et tenta de l’ouvrir. Je me joignis à ses efforts et nous parvînmes à la faire pivoter.



On se retourna ; Padoum avait l’air résignée. Elle nous tendit le boîtier que lui avait donné l’homme, puis nous adressa un vague signe de main et, vérifiant le chargeur de son arme, fit demi-tour.



Elle était déjà partie. Pattie hésita un instant, mais franchit finalement la porte. Je la suivis. On se retrouva dans un couloir obscur, creusé dans la roche, semblable à celui qui m’avait amené depuis le musée de la société Mabuse. On essaya de tirer la porte derrière nous, de sorte que si le courant venait à être rétabli, les serrures électromagnétiques se referment immédiatement.


On progressa à tâtons et en silence jusqu’à ce qu’on parvienne à une sorte d’échelle que l’on escalada tant bien que mal. En haut, le passage était bloqué par une grosse plaque métallique, que Pattie ne souleva qu’avec peine. La lumière, pourtant pâle, nous éblouit lorsqu’elle nous parvint.


Nous sortîmes dans une petite pièce d’à peine deux ou trois mètres carrés, toute blanche. Pattie repositionna la plaque, bouchant et masquant le passage. Nous ouvrîmes une porte et j’eus la surprise de me retrouver face à face avec Alfred Hitchcock qui me pointait du doigt ; c’était un poster grandeur nature collé sur le mur d’un couloir. Je repensai immédiatement à la statue de cire de Fritz Lang qui m’avait permis de trouver l’entrée du repaire de Revebebe.


Mais je n’eus pas le temps de m’attarder dans la contemplation du maître réalisateur, car Pattie me tirait par le bras et m’emmenait après elle dans le couloir, sans un mot. Je me laissai guider et nous traversâmes ce qui me sembla être une maison de retraite, avant de nous retrouver finalement dans la rue.


Il faisait nuit, la rue était déserte. Je ne savais pas du tout où nous étions. Je me contentais de suivre Pattie, qui marchait à présent enfin doucement.



Elle s’arrêta, puis tourna son visage vers le mien ; elle pleurait.



Je l’observai un instant en silence. Nous étions là, deux pauvres hères dans les rues désertes de la nuit sombre, probablement seuls rescapés de l’assaut en règle qu’avait subi par ma faute le siège de Revebebe, avec à la main les dernières archives de l’organisation.




À suivre…





Thanx to Pattie.