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Temps de lecture estimé : 7 mn
20/07/07
Résumé:  Rolande est bien décidée à changer de vie...
Critères:  fh fhh hagé fagée couple extracon religion volupté revede humour
Auteur : Armel  (Libertin sentimental)            Envoi mini-message

Série : La brioche

Chapitre 03
Résolutions

Retour bien tardif… Pour se rafraîchir la mémoire, il faut relire les deux premiers épisodes (textes n° 10011 et 10329).






Hélène savoura sa petite vengeance durant toute la matinée. Ce ne fut pas sans un certain plaisir retenu qu’elle regarda la bonne femme s’éloigner de la boulangerie, la brioche « recette spéciale » sous le bras. Elle passa les heures comme sur un nuage. Son amabilité coutumière s’accompagna ce jour-là d’une volubilité détendue, affable, son visage rayonnant d’une lumière nouvelle. Il sembla que certaines clientes le remarquèrent, par une communauté des sens toute féminine.


Il faut dire également que ce n’était pas sa revanche seule qui l’épanouissait ainsi. Son esprit tout entier gardait le souvenir frémissant de cette étreinte brûlante dans le fournil, aux fragrances sensuelles et enivrantes, tout comme celui de son corps enlacé par ses deux amants.


Ce n’était qu’à contrecœur qu’elle avait dû s’arracher à la litière chaude de son désir, qui l’avait titillée à nouveau. Ses hommes s’étaient levés, puis préparés pour accomplir une dure journée de labeur. Malgré son bien-être manifeste, elle ressentait confusément comme un manque au fond de ses entrailles, le sentiment de n’avoir pas été totalement comblée. Ce qui se précisa en elle au fur et à mesure de la journée, ce fut la conscience d’avoir laissé partir avec la brioche ce qui l’amenait toujours, immanquablement, à l’extase quand elle s’abandonnait à ses deux amours : le distillat de leur désir se répandant dans son bas-ventre.


De toute façon, elle savait qu’elle allait rattraper cela à un moment ou à un autre…



–––oooOooo–––



Rolande était revenue de ses errances, hébétée, à une heure plutôt avancée de la nuit. Elle n’avait pas le moindre souvenir des endroits où l’avait conduite son trouble incontrôlable… Elle ne pensait plus, à cet instant. Elle ne fonctionnait plus que sur sa moelle épinière, avec des réflexes basiques et primitifs. Le regard perdu dans le vague, elle se retrouva à l’intérieur de sa maison, simplement mue par des gestes conditionnés.


Cependant, elle sembla alors émerger de sa catatonie. La sensation familière de la poignée de porte sous les doigts, l’odeur de la maison et la résonance particulière du lieu l’éveillèrent progressivement à la réalité. Et cette réalité comprima son petit cerveau, fit brûler d’un feu nouveau la conscience de ce qui s’était déroulé en si peu de temps. Ses yeux reprirent leur tonalité malsaine, avec une petite touche supplémentaire d’affolement qui se traduisait par des mouvements désordonnés des globes et un écarquillement inhabituel.


Mais la confusion n’avait pas totalement disparu. Elle la ressentit cruellement lorsqu’elle perçut les ronflements en provenance de la chambre à l’étage. Elle hésita longtemps, tiraillée par un mélange embrouillé de sentiments. Tout d’abord, la simple évocation de la violence de Georges, inconnue jusque-là, la paralysait. Elle en gardait le souvenir cuisant sur les joues.


D’un autre côté, elle réalisait combien la bestialité de ses assauts l’avait émue au tréfonds de son corps, l’avait définitivement transformée malgré elle. Elle en voulait à Georges pour cela, tout en souhaitant inconsciemment que sa fièvre lubrique le reprenne. Et c’est l’inconscient qui prit le dessus… Imperceptiblement, ses pas la menèrent vers la première marche, puis la deuxième, jusqu’à prendre pied sur le terrifiant palier.


Par l’entrebâillement, elle aperçut le halo de la lampe de chevet restée allumée. Mais au pied du lit, elle ne vit pas l’accumulation habituelle de cadavres de bouteilles, caractéristique de cet instant de la nuit. Elle inspira une grande bouffée d’air pour finalement entrer dans l’endroit à la fois espéré et redouté.


Il ne fallut pas longtemps à Georges pour s’éveiller, dès le premier craquement de plancher.


Inutile de dire que Rolande passa à la casserole toute la nuit, en long, en large et en travers, par tous les côtés…



~~:~~:~~



L’atmosphère glaciale de l’édifice contrastait avec l’intérieur bouillonnant de son corps. Par chance, l’endroit était désert. Pour rien au monde, elle n’aurait voulu remettre à plus tard ses desseins lubriques. Pourtant, malgré son inexorable résolution, sa démarche se faisait hésitante. Elle ne se dirigea pas tout de suite là où son désir la portait, mais fit d’abord quelques pas dans l’allée centrale de l’église.


Car elle se trouvait bien dans l’église.


Trop de jours, trop de nuits passées à ressasser ce conte charnel l’avaient enfin décidée à se jeter à l’eau. Elle jeta un regard un regard d’impuissance pitoyable à la silhouette du bonhomme accroché là-haut, sur sa croix, au-dessus de l’autel, comme implorant sa commisération. Elle ne pouvait pas lutter contre son instinct qui la portait maintenant vers les recoins sombres de la bâtisse.


Aucun son ne s’échappait du confessionnal en bois qui semblait porter sur lui les traces de tous les aveux sordides du petit échantillon de genre humain qui s’y était enfermé jusque-là. Petit échantillon de ce petit village de gens ordinaires, aux vies ordinaires, d’une noirceur ordinaire.


Cela ne la retint pas pour autant. Elle savait qu’il était là. Elle savait que c’était l’heure.


Elle entra.


Un froissement d’étoffe à son entrée trahit bien la présence de l’obscur objet de son désir. Elle n’avait pas besoin de le voir. Elle connaissait par cœur chaque contour de son corps, que sa concupiscence l’avait poussée à détailler chaque fois que l’occasion s’était présentée.


Ce beau et jeune curé avait pris en charge la paroisse depuis quelques mois seulement. Depuis son apparition, son désir coupable pour lui n’avait cessé de croître, de l’envahir.


Passant outre le peu de scrupules qui l’habitait, elle s’était décidée ce jour-là à passer à l’action. Oui, voilà, c’est de l’action qu’il lui fallait !


Avant de venir, elle avait passé un temps fou à se préparer, à gommer une apparente laideur qui, en réalité, n’était due qu’à la négligence. Et on peut dire qu’elle y était parvenue. Elle avait fait les frais d’une belle robe rouge sombre à ceinture qui mettait parfaitement en valeur ce qui pouvait apparaître comme les marques d’un âge certain. Dans cet écrin satiné, elles devenaient des appâts.


Néanmoins, malgré son ardeur, elle ne savait pas encore de quelle manière elle allait aborder le sujet. Dans sa tête, deux possibilités : tourner autour du pot, ou bien prendre les choses à bras le corps. L’urgence physiologique la poussa tout naturellement vers la deuxième. Plus facile à imaginer qu’à faire.



Elle réprima un pouffement.



À cet instant, elle ouvrit grand le haut de sa robe sous laquelle elle ne portait rien. Elle prit ses seins lourds à pleines mains pour les coller à la grille qui les séparait.



Elle se demanda, en voyant la mine horrifiée du curé, si elle avait choisi le vocabulaire adéquat. Cela ne dura qu’un court instant. Il se leva d’un bond, fit mine de reculer puis de sortir d’un coup. Contre tout espoir, il se retint. Il entrouvrit la porte, s’assura de l’absence d’éventuels témoins et referma. Son visage avait changé du tout au tout. Il était passé d’un blanc livide au rouge le plus vif. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour céder à la convoitise de ces magnifiques fruits mûrs qu’on lui tendait. Il s’approchait lentement.


Malgré son jeune âge, il portait la soutane. La géométrie à l’équerre qu’elle arborait combla Rolande d’aise. Elle constatait ainsi l’effet foudroyant qu’elle lui procurait, les seins dont les bouts ne finissaient pas de darder à travers la grille. Le petit religieux, que toute retenue avait déserté, ne put s’empêcher de s’en emparer à lèvres goulues. Elle poussa un sourd cri rauque sous la succion vorace…



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Rolande se redressa en sueur sur son lit, dans la lumière pâle du petit jour, encore sous l’effet de la fièvre de ses sens provoquée par son rêve. Elle souleva les draps et, en se penchant vers son entrejambe, elle aperçut les traces encore toutes fraîches laissées par les assauts répétés de Georges.


Encore une fois, elle avait joui. Malgré cela, après réflexion, elle parvenait immanquablement au même constat : ou elle continuait ainsi avec cet homme métamorphosé, mais qui lui laissait toujours le même goût amer, ou bien elle décidait de changer de vie en se laissant aller à ces penchants débridés qu’elle avait réfrénés jusque-là.


C’est l’ingratitude qui reprit le dessus. Pour se donner un semblant de bonne conscience, elle se dit que, de toute façon, si Georges apprenait l’existence du moindre amant, elle ne donnait pas cher de sa peau. Et des amants, elle comptait ne pas s’en priver !


C’est pourquoi elle décida de trouver une encaustique encore plus efficace…