| n° 10915 | Fiche technique | 8074 caractères | 8074Temps de lecture estimé : 5 mn | 23/10/06 |
| Résumé: Quelques pas. | ||||
| Critères: ff magasin volupté fmast fgode | ||||
| Auteur : Erlinde Envoi mini-message | ||||
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Je dois avoir l’air particulièrement malin, avec ma bouche grande ouverte, mes yeux écarquillés et mon teint qui vire au cramoisi !
Élodie n’en a cure: en quelques enjambées, elle est sortie du salon de thé sans se retourner. Plantée devant la vitrine du magasin d’en face, même de dos, elle semble me provoquer. Ce qu’elle va regretter vite fait si je la rejoins avec la radiocommande réglée à fond, au dixième cran ! Je me gifle mentalement pour cette pensée idiote.
Élodie me fait un cadeau. Le choix de ne pas utiliser cette commande à distance. Ou de l’utiliser. Signifier en douceur qu’on va juste rester copines. Ou qu’on va devenir à petits pas amantes. Puisque c’est de ça qu’il s’agit.
Plus qu’à prendre ma décision. Fastoche. Je me lève à mon tour, et, la main dans la poche de mon pantalon, je rejoins Élodie.
Un petit rire m’échappe:
Mes propres mots emportent ma décision. J’ai envie qu’Élodie ne soit pas sage. Et moi non plus.
Juste le premier cran de la télécommande. Y aller doucement. Et ça a suffi pour interrompre Élodie. Elle ferme doucement les yeux. La délectation se lit sur son visage. Je coupe l’engin. Rouvrant les yeux, elle reprend :
Je me poste à côté d’elle. En remettant le vibreur en marche. Cette fois, Élodie n’a pas bronché. Elle semble contempler les vêtements exposés. Seule sa main, venue se poser sur sa jupe, au-dessus de son bas-ventre, trahit son excitation. Mon épaule contre celle d’Élodie, je fais aussi mine d’examiner les fringues. Et j’augmente un peu l’intensité. Je l’observe à la dérobée. Sa bouche s’est entrouverte. Paupières mi-closes. Souffle qui s’accélère.
Je tourne un peu la tête pour mieux profiter de cette vision. Ces lèvres… Qu’elle est excitante ! Et que je suis excitée… De mon corps, je ne sens plus que ma main sur la télécommande. Et ma poitrine. Et mon sexe. Et l’épaule d’Élodie, qui tangue au rythme de sa respiration.
Nous restons là en silence, profitant du moment. Je module doucement l’intensité du vibreur, sans aller au-delà des premiers crans du curseur. Lentement. J’imagine les vagues de plaisir, le flux et le reflux que ressent Élodie. Les sensations qui parcourent mon clitoris et mon vagin semblent onduler à l’unisson. Je crois entendre le souffle d’Élodie, profond, un peu court. J’ai l’impression que mes tétons vont percer mon chemisier. C’est bon.
Elle sourit. Nous reprenons notre promenade érotique. Lorsque nous marchons, je ne laisse subsister qu’une vibration minimale, pour ne pas gêner Élodie. Lorsque nous nous arrêtons face à un magasin, je fais reprendre au curseur de la télécommande son lent va-et-vient. À chaque vitrine, j’augmente un peu l’amplitude. Mon excitation continue d’aller et venir au même rythme. Je m’efforce de ne pas dévorer ouvertement des yeux ma compagne.
Arrivée à la cinquième vitrine, je n’en peux plus. Ma main gauche glisse dans ma poche de pantalon. Rien que ce geste provoque un éclair de plaisir. Sous le tissu, je fais glisser lentement mes doigts vers mon bas-ventre. La doublure de la poche a beau être un peu rêche, la sensation de ce frottement sur le haut de ma cuisse m’excite encore plus. L’extrémité de l’index et celle du majeur se posent enfin sur mon pubis. Juste au-dessus du clitoris. Ne rien hâter. Ma main est immobile. Je prends brièvement conscience de ma respiration, rapide et profonde à la fois. De la chaleur de mon corps sous les vêtements. De la chaleur de ces deux doigts sur mon ventre, à travers le tissu. De la main droite qui, dans l’autre poche, a lâché la radiocommande. Et qui caresse à peine ma cuisse. De mon épaule, pressée encore contre celle d’Élodie.
À travers nos paupières presque fermées, nous nous regardons du coin de l’œil. Nos bouches entrouvertes se sourient. Qu’importe. Et qu’importe ce qui nous entoure. Mes doigts quittent mon pubis. Ma main survole mon bas-ventre. Descend un peu. Recule le moment. Mes doigts sont à la hauteur de mon clitoris. Ne le touchent pas. Pas encore. Pas encore. Maintenant. Le plaisir me secoue. Dans un souffle, un "ah" presque inaudible m’échappe. Quelle douce jouissance ! Qui reflue tranquillement, alors que mes doigts continuent de peser sur moi. Puis se retirent.
Ne pas oublier Élodie. Surtout pas. Et que son plaisir soit encore meilleur que le mien. Je recommence à manipuler le variateur, de lents va-et-vient. Amplifiant le signal. Accélérant le rythme. Les yeux d’Élodie se sont fermés. Elle se tourne à demi. Je sens contre moi son sein droit qui monte et descend. Sa respiration de plus en plus rapide. Ses paupières et sa bouche se crispent. Elle jouit. Sans un son. Sa respiration s’est arrêtée un instant. Je mets progressivement fin aux vibrations. Élodie aspire l’air par saccades. Puis commence à reprendre son souffle.
Nous nous dévisageons, un peu pantelantes, mais sans aucune gêne.
Je ris:
Sa réponse me fait fondre:
Tendrement ? Euh, quoi? Qu’est-ce que… Ah, zut ! Suffit, les "euh-quoi-qu’est-ce" ! J’ai envie de la faire jouir, j’ai envie de jouir. J’ai envie que l’on jouisse côte à côte. Et plus si affinités.
Elle glousse:
Nous rebroussons donc chemin jusqu’au premier magasin. L’unique vendeuse est absorbée dans ses comptes. Comme prévu, Élodie a empilé sur un avant-bras la robe rouge, puis une autre, et ça continue. Mes opinions vestimentaires ne paraissant pas l’intéresser pour le moment, je parcours le rayon, à la recherche de la jupe portefeuille beige vue en vitrine. Je finis par la trouver, à ma taille semble-t-il.
Je pourrais aller l’essayer tout de suite, mais je préfère attendre qu’Élodie se dirige aussi vers les cabines. Histoire de l’y rejoindre, histoire de pimenter un peu son essayage…