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Temps de lecture estimé : 50 mn
29/08/06
Résumé:  Désolé, ce n'est pas la fin : j'ai eu quelques démélés avec l'ampleur de cette histoire. J'y complète les "vides" des amours de Jennifer.
Critères:  fh ff fbi jeunes copains grosseins amour volupté cérébral voir photofilm fmast fellation cunnilingu anulingus 69 pénétratio fdanus fsodo hdanus
Auteur : Frédichounet            Envoi mini-message

Série : La vie est une folie !

Chapitre 04 / 05
Jennifer

Normalement, vous devriez savoir comment Jennifer est tombée, successivement, amoureuse de Luc puis de Florence (chronologiquement bien sûr). Vous avez appris également, que Stéviana, une transsexuelle, était l’amour de la vie de Samuel (et réciproquement).


Jennifer. Beaucoup de choses tournent autour de ce personnage, et je trouve normal de lui laisser la parole, non ?


Je vous préviens tout de suite, et je m’en excuse : ça risque d’être long, parce qu’elle a tellement de choses à vous raconter…




*****




Ça c’est bien les mecs !

Ah ! on peut dire qu’ils m’ont laissé un sacré morceau entre les pattes ! À tel point que je ne sais par où commencer…


Et si j’essayais de raconter mes deux amours en même temps, ça pourrait être marrant, non ?







Quand j’ai rencontré Luc, cela faisait plusieurs mois que j’avais cessé toute aventure sexuelle, parce que je n’arrivais pas à tomber sur le mec qui aurait autre chose qu’un plan cul en tête (et quand je parle de la tête…) avec moi. Mais, ce n’était pas seulement ça. Je crois que je n’ai pas eu de chance… vraiment ! La première fois, enfin, MA première fois, ne s’était pas très bien passée, parce que je pense que je suis tombée sur un «prédateur». Je ne sais pas… comment vous appelez un type qui vous abandonne comme une vieille chaussette, sans même vous demander votre numéro de téléphone, ou, plus simplement, si vous avez envie de le revoir ?


«Forte» de cette première expérience, je me suis mise à la reproduire. Ben oui, je n’avais que ça, comme expérience. Et ça a été l’escalade : j’ai enchaîné les hommes, les uns après les autres. Tout ce qui m’importait, c’était de le faire sous protection, parce qu’on a beau être délurée, je n’en étais pas moins prudente… très prudente ! Je ne dis pas que je suis tombée uniquement sur ce genre de type, mais, vraiment, je n’ai pas eu de bol, parce que d’autres du même genre s’y sont ajoutés. Le genre un peu moins «pourris de l’intérieur»… mais toujours très égoïstes. Je ne dis pas, non plus, que parmi tous ces mecs, deux ou trois n’étaient pas «valables», mais maintenant, j’étais devenue une «prédatrice» moi aussi. Je n’en avais plus rien à foutre que les mecs ne me demandent pas mon numéro, c’était même moi qui refusais de le leur donner ! Ceux qui s’intéressaient un tant soit peu à moi, ont été noyés dans la masse : ils ont essuyés la «tornade Jenny» !


À l’époque, j’étais si sûre de ne rien faire de mal, que personne ne voyait rien. Pas même ma colocataire et meilleure amie, Flo. Elle ne pouvait pas le voir parce que je m’en foutais, ou que je ne voyais pas que je me détruisais. Donc, comment aurais-je pu le dire aux autres ?


Maintenant, je vous en parle et vous affirme ces vérités. Je pourrais le faire la main sur le cœur… parce que j’aime pour la première fois de ma vie… deux personnes si différentes, parce qu’il s’agit d’un homme et d’une femme : Luc et Flo. Jamais je n’avais aimé personne avant eux. Et comme j’aime, pour la première fois de ma vie, je vois maintenant la différence.


Parce que maintenant, je connais la valeur d’un être humain. Je sais que c’est une chose qui peut vous être précieuse. À l’époque, de ça, je n’en avais pas conscience !


En ce qui concerne Luc, c’est très simple : il ne s’est pas planté en face de moi avec écrit dans les yeux : «Cette nana-là, il faut que je me l’accroche à mon tableau de chasse !» et vous pouvez me faire confiance, ce regard-là, je le connais !


En fait, quand j’ai réalisé que quelqu’un me parlait, je me suis comme «réveillée»… et j’étais presque sûre de trouver ce regard chez mon interlocuteur. Sauf que lui, il ne l’avait pas. Il était sur le point de déguerpir dans la seconde, ou de carrément s’évanouir… l’un des deux ou peut-être les deux à la fois. Et ça, ça a fait la différence. Tout de suite.


Mais derrière cet «air malade», je pouvais voir l’adoration qu’il portait à ma beauté. Oh, je sais, vous vous dites : «Elle se vante… ne peut pas être aussi belle». Mais qu’est-ce que j’y peux, moi ? Parce que si je l’avais été un peu moins, je n’aurais peut-être pas traversé cet enfer… et à choisir… NON ! fi des points de suspension : j’aurais voulu être moins belle, ou carrément moche, parce que c’est sûr, je n’aurais pas connu ce sentiment pour ma propre personne !


Bref. J’espère avoir répondu aux doutes que vous aviez à ce sujet. Moi, je me pose plus de questions quant à mon changement de comportement vis-à-vis des personnes qui sont nouvellement entrées dans ma vie. Parce qu’à trop «ouvrir les yeux», j’ai presque pu lire en eux comme dans un livre ouvert. Là, vous pouvez vous dire que je me vante, parce que vous aurez raison. La vérité est qu’ils n’ont pas cherché à me cacher quoi que ce soit. Et ça a été si «facile», que j’ai littéralement «lâché les rênes» ! Plus de questions, plus de doutes, plus de moments, seule dans ma tête, à me demander si c’était grave de les décevoir, parce que je savais qu’ils me pardonneraient, si je me trompais.


Ce vendredi-là, j’ai fait la connaissance d’une autre personne : MOI !


Jusqu’ici, une seule personne connaissait (presque) la véritable Jennifer : Flo… mais, j’y reviendrai.


Luc. Je ne suis pas tombée amoureuse de lui «sur-le-champ», genre coup de foudre, mais mon degré d’attachement pour lui est monté progressivement, jusqu’à une apothéose inégalée jusqu’alors. Je peux vous le jurer sur ce que j’ai de plus cher, j’avais seulement l’intention de me confier à lui, en allant dans son «jardin secret». Mais, on y est arrivé, et c’était si… charmant, ce petit coin en dehors du monde ! Comme si vous trouviez sur terre le seul endroit où la paix règne en maîtresse absolue, un endroit où rien de mal ne peut vous arriver : exactement ce qu’il me fallait !


Je me sentais chez moi, ici, alors je me suis mise à danser et à virevolter, regardant partout à la fois. J’étais heureuse. Un sourire est né sur mon visage, et je n’y pouvais rien, parce que ça faisait si longtemps que je n’avais goûté à une joie aussi simple. J’ai voulu voir celui qui était «responsable» de ce bonheur, et quand je me suis retournée, un sourire timide, mais déjà amoureux a répondu à mon exaltation. Oui, c’est ça : je pense que c’est à ce moment précis que j’ai vu l’amour dans son regard pour la première fois.


Alors, j’ai voulu le tester, pour savoir s’il m’aimait moi… ou s’il convoitait seulement la «bombe»… pour «l’ajouter à son tableau de chasse».


Je ne vais pas vous refaire le film, juste vous dire que moi, je l’ai trouvé parfait, parce que quand vous prenez la main d’un homme pour la mettre sur votre sein, ça veut dire que la femme est prête à vous laisser plus de libertés que ça, non ? Eh bien lui, il n’a pas pétri mon sein de sa main gauche. Il ne l’a pas non plus fait descendre sur ma chatte, pour abuser de mon abandon. Tout juste si je la sentais à peine, comme s’il n’osait pas. Et quand j’ai attiré sa bouche, il a à peine répondu à mon baiser (que je lui avais imposé, je vous le rappelle), dans un premier temps. Puis, je l’ai senti s’affoler, dans ma bouche, chercher ma langue. Je le sentais mais à peine, parce que son sexe en érection pressait ma hanche. Quand j’ai repoussé sa tête, j’ai pu voir la résignation derrière l’amour, dans ses yeux : il devait être prêt à éjaculer, mais avait l’air de s’en ficher. Avec mes yeux, je lui ai dit que j’en voulais encore, ou plus. Mais il ne m’a pas donné le même baiser que moi.


Avec sa bouche, il a aimé la mienne. C’était la première fois qu’un garçon m’embrassait comme ça. Et au moment où il m’a abandonnée, j’étais en train de me demander s’il n’allait pas me faire jouir comme ça, tellement ça avait été bon.


Mais ce que je préférais c’était la façon que nous avions de «jouer», l’un avec l’autre : elle traduisait une complicité que je n’avais jamais connue jusqu’alors.


Bref, j’arrête là mon énumération, parce qu’il vous a déjà raconté ça. On va passer à la suite de notre nuit. Celle du lendemain, donc.








Quand je lui ai demandé de me guérir avec son amour, nus tous les deux dans mon lit, j’étais complètement «raide-dingue» de lui !


Par exemple, s’il m’avait dit :



Je me serai tuée, là, sur-le-champ !


Parce que, si j’avais «donné» mon corps aux hommes, jusqu’à présent, à lui, je m’étais «livrée» tout entière ! Corps et âme, sans aucune restriction.


Mais il ne m’a rien dit. Il a fait comme il l’avait affirmé, sa sincérité apparente me jetant presque dans l’évanouissement, devant la porte de mon immeuble, juste avant de me porter dans ses bras jusqu’à cette chambre. Il m’a montré que le sexe sans l’amour, ce n’était rien : le vide, de la merde… le néant. Non, même le néant évoque quelque chose dans ma tête… Le meilleur mot c’est… RIEN !


C’est lui qui m’a tuée, avec son amour… Il a tué la part de moi qui s’appelait «Jenny», et j’ai compris, à cet instant, pourquoi jamais il ne m’avait appelée comme ça. L’avenir dira que jamais il ne m’appellera ainsi.


Et on a passé une bonne partie de la nuit à se prouver, mutuellement, notre amour. On a tout fait cette nuit-là. Il m’a fait jouir avec sa bouche, et sa langue, sur, et dans mon sexe. J’ai senti chaque aspérité de sa langue, sur chaque millimètre-carré de ma chatte. Il en a fait de même avec mon anus, me rendant hystérique, me faisant partir dans un million de feux d’artifices. Je lui ai fait «subir» la même chose, ou presque. J’ai fait l’amour à sa queue avec mes lèvres, mes dents, ma langue… avec ma gorge ! Moi aussi j’ai léché son anus. J’y ai même fait pénétrer trois de mes doigts, pour lui dire que rien ne serait jamais tabou, entre nous. Et puis, je suis retournée pomper sa bite dans le velours de ma bouche, tout en pistonnant son cul avec le sexe de mes doigts. Il a joui en s’agrippant aux draps, pleurant littéralement d’extase, et j’ai bu chaque goutte de sa semence. Je lui ai «rendu» une bistouquette toute propre, bien que luisante de ma salive, parce que j’ai attendu qu’il perde toute sa superbe, avant de le relâcher… à regret.


Vautrés dans les bras l’un de l’autre, on est restés un long moment sans rien dire, à savourer notre bonheur… la tendresse… l’éternité de notre union que nous venions de nous promettre.


Il a dû penser qu’il lui faudrait un long moment avant de récupérer, parce qu’il m’a demandé :



Alors, je lui ai raconté comment j’ai connu Florence. Comment je l’ai écoutée me confier qu’elle avait fui de chez ses parents, avec seulement ce qu’elle avait sur elle comme bagage. Elle l’avait fait parce qu’elle avait peur que son père la tue, un jour où il aurait bu un verre de trop. C’était la première fois qu’un autre être humain que moi, m’avait «arrêtée», si vous voyez ce que je veux dire. Je ne pouvais pas la laisser dehors, parce que Dieu sait ce qu’il lui serait arrivé. Et puis, mis à part les coups et l’alcool, mon père n’était guère différent du sien, parce que pour lui, les gestes d’affections n’existaient pas. Oui, je sais que je suis dure avec lui, parce qu’il me permet de vivre assez confortablement en payant les factures et mes études, mais ça ne suffit pas, parce que je ne me souviens pas qu’il m’ait jamais prise dans ses bras, pour me prouver qu’il m’aimait… ma mère non plus, d’ailleurs.


Après je l’ai installée dans la chambre voisine de la mienne, et que j’ai passé quelques nuits avec elle, elle s’est révélée intelligente, sensible… marrante. Bref, elle était une bonne colocataire. Elle se sentait fautive de vivre à mes crochets, bien que je lui dise que ça n’avait pas d’importance, alors elle «payait» sa part en faisant le ménage, les courses, la cuisine. Ça ne la changeait guère de sa vie chez ses parents, parce qu’elle était comme une esclave, avant de s’enfuir.

Mais là, elle le faisait parce qu’elle l’avait choisi, et ça la rendait heureuse. Maintenant, quand je rentrais de mes cours, je trouvais un appartement nickel, et Flo derrière les fourneaux à me préparer des vrais plats, pas du surgelé ou des boîtes de conserves ! Et elle est passée du statut de «bonne coloc» à celui d’amie ainsi, mais aussi parce qu’elle, elle prenait soin de moi, n’hésitait pas à me prendre dans ses bras, lorsqu’elle voyait que je n’allais pas trop bien, à cause de mes notes parfois moyennes… ou mon manque d’affection.


Maintenant, elle allait bien. Alors je lui ai dit qu’elle pouvait ramener un garçon, si elle le voulait. Moi, je ne me gênais pas pour le faire, mais je comprenais ses réticences : avec l’exemple de son père, elle devait avoir une piètre opinion de la gent masculine. Alors, je l’ai emmenée avec moi à la «chasse aux mâles» (je vous prie de m’excuser ce terme, mais jusqu’à Luc, je n’avais fait que ça). Quelle différence cela faisait-il, que je «chasse» pour une ou pour deux ?


Je crois que le premier qu’elle a ramené, a été son «premier». Mais d’autres ont suivi et j’ai vu l’ancienne Florence revenir : quelque chose n’allait pas. Elle ne me disait rien, et moi, je ne savais pas comment le lui demander. Jamais je n’avais demandé à quelqu’un de me parler de ses malheurs, pas même elle. La seule fois où on s’était confié à moi de cette façon, c’était Flo, et elle l’avait fait sans que je ne la questionne sur quoi que ce soit.


Nos sorties en communs se sont espacées, pour finir par disparaître complètement. Cela s’est fait insidieusement, et dans ce laps de temps elle a continué à être la Flo qui était mon amie. Elle s’est trouvé un petit boulot, et a montré un sens aigu de la gestion de son maigre patrimoine, puisqu’elle parvenait à économiser sur chaque salaire, ce que moi j’étais incapable de faire. Quelques mois ont passé, et elle m’a dit vouloir acheter un ordinateur, pour laisser libre cours à son envie d’écrire. J’ai insisté pour participer à l’achat, arguant du fait que l’on vivait à deux dans cet appartement, et on est arrivé à un accord.


S’il est vrai que ces premiers récits n’étaient pas très bons, ils dégageaient une imagination que je ne lui connaissais pas. Je me disais que leur médiocrité narrative était sûrement due au fait qu’elle débutait. Cette indulgence découlait directement de l’affection que je ressentais pour elle. Mais les suivants… ah, les suivants ! Certes, ils manquaient un peu de présence masculine, ce qui ne laissait pas de m’étonner, mais ses histoires d’amour me mettaient le feu quelque part, pour être tout à fait honnête.


Et toutes ces histoires parlaient d’AMOUR… ce dont je manquais cruellement. Je ne m’en rendais pas compte, mais je crois que c’est là que la dépression s’est glissée en moi, en commençant par mon subconscient. Parce que mes soirées, je ne les ai presque plus passées à chasser, mais dès qu’elle sortait, je me jetais littéralement sur son ordi, pour dévorer ses nouvelles histoires en me branlant comme une folle furieuse. Je le faisais même sur les anciennes, celles que je connaissais par cœur !


Oui voilà, c’est ça ! Maintenant que je vous raconte ça, en même temps que je le raconte à l’amour de ma vie, je comprends pourquoi j’ai arrêté de chasser les hommes. Parce qu’avec ses récits, elle a comblé le manque d’amour qui habitait mon cœur. Je n’avais qu’à m’imaginer dans la peau d’une des héroïnes, pour y remédier. De simples mots m’ont donné plus de plaisir que tous les hommes que j’avais rencontrés jusqu’à présent, à l’aide de mes mains, de mes doigts. Ah, je peux vous dire que le fauteuil dans lequel je m’asseyais était propre de chez nickel ! Parce que je m’empressais de le récurer à fond une fois mon affaire faite, pour faire disparaître toute trace suspecte. J’en aurais pleuré de honte, de me masturber comme une démente, trois ou quatre fois de suite chaque soir où elle n’était pas là. Ma vulve ressemblait à une pèche écrasée quand je l’abandonnais, proche du mal physique.


Jamais elle ne m’a surprise. Mais moi, je la voyais maintenant rentrer très tard, traînant une odeur bizarre dans son sillage. De cela, je m’en fichais, parce que je voyais son visage. Je savais qu’elle allait pleurer encore une fois, seule dans sa chambre. Moi, j’aurais donné n’importe quoi pour qu’elle se confie à moi. Pourtant, elle devait savoir que je l’aurais consolée, comme elle l’avait si souvent fait pour moi, mais jamais elle ne l’a fait. Ça me rendait encore plus coupable de tirer du plaisir des récits qu’elle écrivait.


Et il y a eu ce fameux soir où elle m’a cédé sa place devant l’écran. Je savais maintenant, comme une experte, où aller chercher ses histoires, et il ne m’a pas fallu longtemps pour dénicher les deux nouvelles, qu’elle avait écrites pendant mon absence. J’ai ouvert la première, en ai lu quelques phrases, et me suis dit :


«Super… encore une histoire de lesbiennes !»


J’étais sincère ! ô combien sincère… mais frustrée aussi, parce que ce soir, je ne pourrais pas me branler : je savais qu’elle était derrière moi, lisant les mêmes mots que moi, par-dessus mon épaule. Et je peux vous dire qu’elle avait mis le paquet ! Je ne sais pas comment elle s’était débrouillée, mais son histoire d’amour a viré au «crade»… tout en restant romantique, me tirant des gouttes de fièvre grosses comme des noyaux de cerises, au moins ! La souris tremblait maintenant dans ma main. J’aurais tout donné pour pouvoir la lâcher !


Il fallait que je la finisse au plus vite, parce que, comme ça, j’aurais pu aller «m’éteindre» dans ma chambre. Mais elle me disait d’y aller plus lentement, parce qu’elle lisait en même temps que moi. Si je m’étais doutée qu’elle avait su dans quel état j’étais, j’aurais pu croire qu’elle se foutait de moi. Enfin, je suis arrivée au mot «Fin». J’ai attendu qu’elle me parle, et elle l’a fait :



Et moi, je ne pouvais pas lui dire ce qui me trottait dans la tête, alors j’ai répondu :



Mais je pensais :


« Et si j’te disais, ma cocotte, que j’ai fait pipi dans ma culotte, quelle serait ta réaction ?»


Je me suis empressée de refermer l’histoire, puis le dossier, et je m’apprêtais à lui souhaiter une bonne nuit, quand j’en ai remarqué un autre. Il était intitulé : «Photos Internet»… je ne savais même pas qu’on avait une connexion Internet !


Je l’ai ouvert. Des icônes portant un simple numéro étaient rangées à l’intérieur. J’ai cliqué sur la première, et une fille inconnue est apparue. Flo m’a dit :



Elle m’a pris la souris, a cliqué sur le diaporama, puis sur la pause en haut à droite de l’écran, et a ajouté :



Pourquoi ai-je senti le moelleux de son sein prendre appui sur ma nuque, à ce moment précis, alors qu’elle ne semblait pas vouloir le retirer. Ah ça… ce n’était pas fait pour calmer mon écoulement vaginal, parce que pour être tout à fait franche avec vous, ce n’était pas, précisément, du pipi qui avait coulé de ma chatte, tout à l’heure !


Jusqu’ici, les modèles étaient habillés. Je voyais passer de tout : des blanches, des blacks, des beurs, des asiatiques… des blondes, des brunes, des rousses… des avec mèches colorées, en vert, bleu, rouge… avec des piercings, sans… des vamps côtoyant des saintes-Nitouches, j’en passe et d’autres ! Je n’ai pas réalisé tout de suite qu’elles étaient de moins en moins habillées. Le modèle sur lequel je me suis arrêtée tenait ses deux seins dans la coupe de ses mains. Elle semblait les proposer, une lueur de pure salope au fond des yeux, au voyeur que j’étais devenue… je n’arrivais pas à en détacher le regard. Ses mamelles étaient énormes, surmontées de larges aréoles qui venaient, je le savais, d’être léchées par quelqu’un. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux seins de Florence… même si la poitrine de la salope paraissait moins développée que celle de mon amie.


Je savais ce qui poissait mon entrecuisse. Ce que je ne savais pas c’était qui en était responsable, mes yeux et ce qu’ils voyaient sur l’écran, ou l’évocation de la «putain de paire de doudounes» de la poupée penchée sur moi, à mater les mêmes photos que moi.


NON ! je devais repousser cette idée qui s’infiltrait dans ma tête ! Je n’étais pas lesbienne, moi !


En même temps que je formulais cette phrase dans ma tête, une autre idée s’y est engouffrée… un soupçon. Il fallait que je vérifie.



Mais elle a ajouté, très vite :



J’avais trouvé sa voix un peu triste, et en même temps, je ne comprenais pas ce qu’elle voulait dire par là. Parce qu’à moi, elle me donnait envie de la prendre dans mes bras et de la bercer… et de le faire jusqu’à la rendre heureuse. Je la trouvais si mignonne aussi. Il n’était pas possible qu’elle n’inspire ce sentiment de protection qu’à moi… si ? Parce qu’avec un corps comme le sien, et je ne parle pas uniquement de son tour de poitrine, elle pouvait rendre n’importe quel mec à moitié fou. Ajoutez à cela un visage tout en rondeur, des lèvres pulpeuses et bien ourlées, un nez légèrement retroussé et un regard fascinant, et allez-y, imaginez un peu le tableau !


Je comprenais de moins en moins ! Est-ce qu’elle n’était pas en train de me rendre dingue, moi aussi ?


Qu’est-ce qu’il avait bien pu se passer avec les garçons pour que cela la rende aussi triste ?


De toute façon, elle ne voulait pas m’en parler, et peut-être ne saurais-je jamais le fin mot de l’histoire. Alors j’ai continué à faire défiler les photos. L’excitation était totalement retombée. Tout ce qui tournait dans ma tête c’était :


«Mais vas-y, bordel… demande-lui pourquoi elle est si triste… t’es son amie, oui ou merde ?»


Mais les photos devenaient de plus en plus cochonnes, avant d’en arriver à être carrément pornographiques ! Maintenant, je voyais les doigts des modèles écarter leurs lèvres vaginales, masturber les vulves, y introduire des doigts, des godes. Leurs chattes étaient toutes luisantes de mouille. Il n’y avait plus de sainte-Nitouche, maintenant. Ne restaient plus que des femelles avides de sexe et de stupre. Elles exposaient des visages pâmés, proches de l’extase. Si ça continuait trop longtemps, je n’allais même pas avoir besoin de me toucher, pour jouir !


Je suis passée à la suivante, et un cul a envahi l’écran. Un cul en gros plan. La fille se tenait en levrette, et on pouvait voir, par-dessus les fesses, une partie du visage du modèle, mais pas ces yeux. Je savais, de toute façon, qu’elle regardait le photographe… ou moi, une lueur d’invite dans le regard. La suivante était encore pire : le photographe avait pris un peu de recul, pour avoir une vue d’ensemble. La fille avait posé sa joue au sol, et maintenant on pouvait voir son regard, toujours tourné vers le spectateur. Elle semblait se moquer de moi, mais ses yeux m’invitaient à venir la lécher là, entre ses deux fesses, qu’elle écartait complaisamment des deux mains. Il était clair que son anus avait déjà servi… à autre chose qu’à sa fonction naturelle.


J’ai serré ma vulve entre mes deux cuisses en forçant deux ou trois fois, et j’ai joui comme ça, en parvenant à réprimer, je ne sais toujours pas comment, le cri d’extase qui gonflait dans ma gorge.


Le défilement des photos a continué. À vrai dire, je commençais à être légèrement dégoûtée de l’exposition de toute cette obscénité. Et bon, les doigts et les godes avaient servi pour les chattes, il était normal, je suppose, qu’ils servent aussi pour les anus. J’en avais marre, maintenant, et j’étais sur le point d’arrêter. Combien avais-je vu de photos ? Je ne saurais le dire.


Je suis passé à la suivante et… quelque chose a cloché : on ne voyait plus de cul sur l’écran. C’était la photo en pied d’un nouveau modèle, tout habillé… MOI ! Ma bouche s’est exclamée, d’elle-même :



Sauf que ça pouvait pas être moi… parc’ que des photos comme ça, jamais j’en avais fait faire ! Cette pute m’avait volé mon visage ! Une ressemblance pareille, ça ne pouvait pas être vrai. Je ne vais pas vous les énumérer toutes, parce qu’il devait y en avoir une bonne centaine, de ce modèle-là, mais elle a fini comme les autres, les doigts et les godes plantés dans ses deux orifices. Rien ne m’avait été épargné : ni les lueurs d’invite, ni les yeux humides, non plus que les trous luisants de sécrétions… je me demandais même si sa langue réintégrait sa bouche, de temps en temps !


Je ne sais pas comment je me suis rendue dans ma chambre, cette nuit-là, jusqu’à douter lui avoir souhaité une bonne nuit. Je me rappelle juste m’être tournée et retournée, sans trouver le sommeil. De masturbation, il n’a pas été question, parce que trop de doutes tournaient dans ma tête.


Maintenant, je l’entendais presque chaque nuit, pleurer dans son lit. Le jour, je la croisais et je pouvais voir ses yeux rougis à force de pleurer. Et elle ne me parlait toujours pas.


Et Luc est arrivé. Je lui ai tout raconté, sans rien omettre. Il a gardé le silence un moment avant de me dire :



Je sentais, à son débit, qu’il commençait à s’animer… s’exciter un peu, mais il me regardait toujours aussi tendrement, alors je lui ai demandé :



Il a pris une courte pose, et a enchaîné, se forçant à nouveau au calme :



Je n’avais rien à répondre à ça, parce que rien n’était plus vrai, je le savais.



Là, j’ai éclaté de rire, parce que le double-sens de sa dernière réplique, évoquant les deux fois ou il m’avait fait l’amour, je le trouvais proprement irrésistible. Mais ma main ne pouvait résister à l’appel de son «arme». J’ai palpé ses bourses et le bas de sa verge.



Il devait être comme ça, mon regard, parce que je sentais qu’une envie de lui gonflait partout en moi. Ici, aucun vêtement ne m’empêchait d’apprécier la texture de sa queue, sa dureté, sa longueur, sa grosseur. Ses yeux se sont fermés, et je l’ai vu mordre sa lèvre inférieure.



Mais je n’en pouvais plus, déjà, et j’avais laissé ma bouche retourner le prendre en elle. Je le bénissais de me comprendre aussi facilement, et il valait mieux que je me calme, parce que j’avais peur qu’il ne résiste pas à ma chaleur. J’ai juste fait un aller-retour entre mes lèvres pour la couvrir de salive. J’étais à moitié folle de désir, quand je lui ai dit :



Il a fait «oui» de la tête, le regard parti, mais il s’est assis sur le drap et m’a regardé. Il respirait vite, et a pris ma tête entre ses deux mains pour attirer ma bouche et la prendre de la sienne. Il m’a embrassée comme il sait si bien le faire, et quand il m’a rendu l’usage de ma bouche, je n’ai pu que haleter et gémir. Ses baisers me rendaient toujours plus amoureuse de lui. J’en pleurais presque de joie maintenant… jusqu’où mon amour pour lui allait-il m’emmener ?


Je me suis mise en levrette en travers du lit, et j’ai senti, presque tout de suite, ses mains caresser le bas de mon dos en direction de mes fesses, en même temps que sa langue passait, en une autre caresse, sur toute la longueur de ma fente sexuelle, du clitoris au bout de la raie de mon cul. Je tremblais d’extase, déjà, et j’ai gémi quand je l’ai senti répéter le chemin de sa langue une nouvelle fois. Au voyage suivant, il s’est attardé sur, et dans ma chatte, avec sa bouche, et m’a fait jouir comme ça, de ses baisers, en recueillant le fruit de mon orgasme.


Tandis que je criais mon bonheur, perdue corps et bien, sa bouche a poursuivi sa course, et a embrassé mon anus. Je savais qu’il se servait de ma mouille pour préparer la pénétration. Un doigt est venu en assouplir la corolle, en tournant et en appuyant légèrement dessus, et sa langue a glissé en son intérieur, pour l’élargir gentiment. Ensuite, ses doigts et sa langue se sont relayés pour m’assouplir encore, et quand j’ai été sur le point de lui dire que j’étais prête, je n’ai pas eu à le faire, parce que je ne sentais plus sa bouche, mais l’une de ses mains sur le haut de ma croupe.


Ça a été si facile de faire passer son gland, parce que je l’attendais tellement ! Je ne l’avais pratiquement pas aidé. Je ressentais sa chaleur, et lui devait ressentir la mienne. Et par à-coups, je l’ai fait pénétrer plus avant en moi. Lui poussait aussi, de son côté, et c’était si bon de le sentir à cet endroit. Il l’avait fait avec une telle patience que je n’avais ressenti aucune douleur, au contraire. J’ai commencé les va-et-vient mais il a attiré mon corps, pour que je me redresse. J’étais maintenant à genoux sur le lit. Mon dos, cambré, collait à son torse, et il mordillait ma nuque, le lobe de mon oreille.

Quand j’ai cherché sa bouche, pour lui dire que j’aimais ce qu’il me faisait avec mes lèvres et ma langue, il a commencé à m’enculer doucement. Son mouvement n’était ni précipité ni brutal, mais puissant, profond, et lent, et doux. Je sentais sa queue, la reine de mes plaisirs, coulisser dans mon rectum, de plus en plus fort. Je criais maintenant, tandis que ses mains caressaient mon ventre, mes seins menus mais terriblement durs, les lèvres de ma chatte, mon clitoris. Oh oui, il n’était pas gauche de sa main droite, et très adroit de sa main gauche ! Sa langue aussi était douée. Il léchait ma bouche, lui faisait un vrai cunnilingus. Il gémissait, lui aussi. Il criait. Et quand j’ai senti son sperme envahir, par saccades, la cavité dans laquelle il était, j’ai explosé, moi aussi, en un milliard d’étincelles.


Le plaisir prenait naissance de partout en moi. À travers ses doigts qui pinçaient mes tétons, les autres fouillant ma vulve. Il partait de mon cul aussi, si magistralement aimé, remontait le long de ma moelle épinière, pour s’épanouir dans les deux hémisphères de mon cerveau, nos bouches buvant nos cris respectifs.


Je n’ai pas, à proprement parlé, perdu connaissance, mais j’ai senti, de très loin, qu’il m’empêchait de m’effondrer. Il m’a allongée doucement sur le côté, sa bite toujours fichée en moi, en une présence de moins en moins envahissante, comme si elle se recroquevillait pour ne plus s’imposer.


Je sais que ça va faire cliché de dire ça, mais j’m’en fous, parce que c’est la vérité : jamais je n’avais joui du cul, avant ce soir. Je SAIS que ses caresses et ses baisers n’ont été pour pas grand chose dans le plaisir que j’ai ressenti, parce qu’il découlait de sa douceur, de son amour pour moi… mais aussi de l’amour que je ressentais pour lui. Et puisqu’on en est plus à une énormité près… je savais, avant de sentir sa queue dans mon cul, qu’il me ferait jouir par là, lui !


L’épuisement a dû prendre possession de moi, parce que j’ai eu la sensation qu’un bruit m’avait réveillée. Un bras me maintenait collée contre un torse : Mon amour aussi s’était endormi, mais il m’a murmuré dans le creux de l’oreille :



J’ai prêté l’oreille au silence, mais pas trop, parce qu’il n’y avait nul besoin de le faire : elle pleurait, et ça avait l’air très grave, cette fois !


J’ai eu peur, parce que jamais la crise n’avait été aussi forte. Mais il a ajouté :



Il n’a pas répondu de suite, mais je l’ai senti frissonner contre moi.



J’ai entendu la peine dans sa voix et je me suis levée, après un rapide bisou sur ses lèvres pour y puiser du courage. J’ai fait un rapide détour par la salle de bain… pour y réparer les dégâts de cette nuit, et…


Ah ! on peut dire que le timing de cette nuit a été plutôt serré !


Florence vous a déjà raconté tout ça et pour être tout à fait franche avec vous, encore une fois, même maintenant qu’elle fait partie des deux personnes que j’aime, ça me fait mal d’évoquer notre première dispute… la nuit où je l’ai frappée !


Jamais je ne pourrai me pardonner ce geste, et cela même si elle ne semble pas m’en vouloir !


Mais je veux bien faire un effort et vous donner la totalité de notre dialogue entre Luc et moi. Est-ce que ça vous intéresse ? Parce qu’il ne s’est pas seulement déroulé devant la porte de Flo, mais s’est poursuivi dans ma chambre, tandis qu’il se rhabillait, ainsi que devant la porte d’entrée avant qu’il ne parte.


Donc…









Je me rendais compte que c’était vrai parce que j’avais essayé d’arrêter de pleurer avec ma méthode, mais elle n’avait pas fonctionné. Mais il m’a dit, en me prenant dans ses bras :



On avait pas discuté longtemps mais, de sentir et de savoir qu’il était là, en cas de coup dur, combiné au fait que je ne voulais pas que la situation m’échappe, a fait que j’ai oublié mon chagrin… même si le bruit de la gifle continuait de résonner dans ma tête. Je l’ai pris par la main et l’ai entraîné dans ma chambre. Là, il m’a dit, riant un tout petit peu, mais toujours chuchotant :



J’ai fait :



Et je me suis regardée… Je ne m’étais même pas rendue compte que les vêtements que j’avais pris avant de sortir de ma chambre n’étaient pas à moi, bien que je flotte un peu dedans. Je l’ai regardé, lui… et je me suis aperçue… qu’il était tout nu !


Bref, je les lui ai rendus, et il les a passés au fur et à mesure. Ma culotte traînait au pied de mon lit. Je l’ai enfilée, tandis qu’il continuait de s’habiller : les chaussettes, le Jeans, les chaussures. Moi, «déshabillée» d’une simple culotte, je l’ai entraîné par la main jusqu’à la porte d’entrée… mais je n’ai pas pu le laisser partir comme ça, parce que la simple vue de son sexe, même au repos, avait rallumé le désir. Je l’ai plaqué au mur, à gauche de la porte, en lui ordonnant :



Là, Je lui ai offert mes lèvres qu’il a prises. Super ! Maintenant, il ne se gênait plus pour caresser le creux de mon dos, mes fesses, et puisqu’il me comprenait si bien, il allait avoir droit à une autre sorte de traitement de faveur. Ma langue a accompagné la danse de la sienne dans nos bouches. Pendant ce temps, les doigts de mes deux mains attaquaient les boutons de sa braguette. Il a relâché ma bouche, et s’est exclamé, légèrement paniqué :



Je me suis laissée glisser le long de son corps. Agenouillée là, à ses pieds, j’ai laissé ma main fouiller à l’intérieur de son Jeans, à la recherche de ce qui m’intéressait : le bouton de son caleçon. Je l’ai défait aussi, et j’en ai extirpé, difficilement, sa queue. Gênée par sa rigidité, elle ne voulait pas sortir, la coquine ! Mais moi, quand je veux quelque chose…


Avant de faire l’amour à sa bite, je lui ai montré, avec mes yeux que je l’aimais, lui en entier… que je me contenterais de le sucer, et que ça me rendrait heureuse.


Je l’ai décalotté, ai posé une bise délicate sur son gland, puis un coup de langue, lent et râpeux. Il a gémi, alors je l’ai regardé d’un air de reproche. Il ne pouvait détacher ses yeux de mon visage.



La panique est revenue dans son regard. Je ne sais pas comment j’avais fait d’une simple onomatopée, le plus fort des mots d’amour, mais même moi, en entendant mon souffle, j’ai senti le désir gagner quelques degrés.


J’ai pris son gland entre mes lèvres et, mes yeux toujours rivés aux siens, ma bouche l’a pris en elle d’un seul trait, profondément. Totalement. Jamais je ne m’étais sentie si excitée. C’était comme si je voulais intégrer son organe si masculin dans mon corps de femme. Je savais que j’en avais besoin, comme je savais qu’il allait m’abandonner, dans quelques instants.


Déjà, je sentais les soubresauts de sa bite, dans la cavité qui trayait encore un peu plus de lui. J’en étais désespérée, parce que j’aurais voulu le garder pour toujours en moi, là, au fond de ma bouche, là où l’on fait siens tous les éléments qu’on ingère.


Il s’est rendu à mes arguments et c’était énorme, tout ce qu’il m’a donné. C’était tout ce que mon amour avait tiré de lui. Mais c’était trop peu, en même temps. J’ai tout avalé parce que jamais je ne laisserai perdre une seule goutte de son précieux jus. Son visage reflétant l’extase la plus pure, jamais je ne l’avais lâché du regard. M’eussiez-vous crevé les yeux que je l’aurais regardé quand même.


Il s’est montré très fort, dans son abandon, parce que presque aucun son n’est sorti de sa bouche. Il a gémi entre ses dents serrées, a fermé les yeux, et c’est comme ça qu’il a joui, en tremblant, le corps arqué contre ma bouche.


Après que Luc eut récupéré, il m’a embrassée en me traitant de folle. Je lui ai répondu d’un sourire et j’ai refermé la porte sur lui. Il valait mieux que je le fasse vite, parce que sinon, jamais j’allais y arriver.


Je me suis retrouvée seule… toute seule !


Le son du coup que j’avais donné à Florence, ainsi que l’image de celle-ci tenant sa joue, sont revenus hanter mon esprit. L’avaient-ils jamais quitté ? Je n’en suis pas sûre.


Maintenant, je comprenais pourquoi mon amie ne pouvait pas me parler de son problème… parce que son problème, c’était moi !


Le lendemain, j’ai eu peur de la croiser, et qu’elle me dise des mots qui m’auraient fait mal. J’ai attendu qu’elle se cloître dans sa chambre après son petit-déjeuner et j’ai fui… sans prendre le mien, sans même me doucher, tant j’avais peur. Arrivée au bar, je me suis rendu compte que je ne savais pas comment signaler ma présence à Luc. J’ai tapé de mon poing, doucement d’abord, puis de plus en plus fort. Personne n’a répondu. Je ne savais même pas où il habitait. Est-ce que les volets au-dessus de la porte appartenaient au bar ? Je n’en étais pas sûre.


J’avais besoin de le voir, et les larmes silencieuses qui coulaient de mes yeux traduisaient un désespoir qui commençait à grandir en moi. Je me suis mise à chercher un petit caillou, en me disant que ça ne coûtait rien d’essayer, mais allez trouver ça sur le trottoir ou la rue d’une ville. J’ai fouillé dans une poubelle, y ai trouvé une boîte de soda que je m’apprêtais à lancer sur les volets quand la serrure de la porte a fait du bruit.


La porte s’est ouverte sur Geneviève qui regardait derrière elle. Je me suis jetée dans ses bras et j’ai fondu en larmes. À travers mes pleurs, j’ai entendu :



C’est tout ce que j’ai pu dire. J’ai senti ses bras m’étreindre, ses mains se poser sur moi et me caresser le dos, les cheveux, tandis qu’elle me murmurait :



Mais je n’y arrivais pas. Alors, elle a repoussé ma tête. Sa bouche souriait doucement, mais ses yeux étaient tristes et pleuraient. Par-dessus le ruisseau de mes larmes, elle s’est mise à embrasser mes joues, en me murmurant des mots qui consolent. Elle m’a regardée à nouveau, et comme le chagrin n’avait pas l’air de vouloir partir, elle m’a attirée une nouvelle fois. Là, elle a posé ses lèvres sur les miennes, et m’a fait une bise, longue et très sonore. La surprise m’a arrêtée instantanément. Une bonne seconde a passé avant que je ne me dise :


« Est-ce que toutes les femmes de cette ville vont venir m’embrasser les unes après les autres» ?


Et je l’ai entendue dire :



Elle me souriait beaucoup plus franchement, maintenant. Elle se retenait carrément de rire, pour être plus précise. Mais on pouvait voir un peu de tristesse résiduelle dans ses yeux.



Et en «oubliant» de dire ce qu’on faisait Luc et moi, avant que ça n’arrive, je lui ai tout raconté, à l’intérieur du bar. Ensuite, elle a gardé le silence un moment, je dirais… trente secondes, et elle m’a demandé :



Quand je suis retournée en-bas, après ma douche, une assiette de croissants fumants attendait sur la table. Geneviève aussi m’attendait.



J’ai dévoré mes trois croissants… comme elle. Je me sentais heureuse, même si Luc me manquait. Le tourbillon des pensées envers Florence aussi, ne me gênait pas trop.



Mais réfléchissant un court instant, elle a continué, plus fermement :



Elle me tenait la main, ne me quittait pas du regard. Elle semblait vouloir lire en moi. Ses yeux n’ont pas cillé un seul instant, alors je n’ai pas pu lui mentir, parce qu’elle m’aimait, elle… comme j’aurais voulu que ma mère m’aime. Cette fois, quand les larmes ont envahi mes yeux, elle n’a pas cherché à les effacer : c’étaient des larmes de soulagement.








Quand «nos» hommes sont arrivés (bredouilles, mais hilares), il ne me restait presque plus rien à demander à Luc… une formalité…


N’empêche qu’il m’a fallu deux jours entiers, pour lui avouer ce que je ressentais pour Florence. Geneviève m’y avait aidée, mais je crois qu’il n’a pas été long à comprendre… sans qu’elle n’ait à lui «rafraîchir la mémoire». Il m’a même affirmé qu’il comprenait que ce que pourrait m’apporter Flo, lui en serait incapable.


Je me demande s’il ne savait pas, avant que Geneviève ne me le révèle, que j’aimais la femme qui partageait notre appartement… même aujourd’hui ?


Je me demande s’il ne s’en était pas douté, la première fois que je lui en ai parlé ? Vous savez, après notre premier dîner, en compagnie de Samuel.


Je n’ose pas lui poser la question…


Mais ça viendra, parce que j’ai bien retenu la leçon de Geneviève !







Je me suis mise à passer plus de temps à la maison. J’avais accepté le fait que j’aimais mon amie et je voulais le lui dire, mais j’hésitais encore. Je pensais constamment au contact de ses lèvres sur les miennes… Je pouvais presque les sentir. La nuit, c’était pire encore : nos corps, dans ce qui ressemblait à des rêves, s’affrontaient en des luttes sauvages mais amoureuses. Je vous disais que ça ressemblait à des rêves parce que je ne dormais pas, ou très peu. C’était comme des hallucinations. Je vivais ces étreintes toutes les nuits… et le jour, ce petit bout de femme m’inspirait la plus grande peur de mon existence.


On se voyait tous les jours, Luc et moi. Quelques fois, on avait fait l’amour aussi, mais ça ne ressemblait plus à ce que nous avions connu lors de notre première nuit. Il m’a dit, vendredi après-midi, alors qu’on venait de le faire encore une fois, dans sa chambre à lui, au-dessus du bar :



En même temps, j’y répondais, dans ma tête, et c’est vrai que ça avait l’air simple. Ça me rendait même une bonne part de ma joie, parce que j’avais pris la décision de le faire, là, sur-le-champ !



Je me suis rhabillée vite fait, et j’ai tenu à dire «au revoir» à l’amour de ma vie. Je l’ai plaqué au mur à côté de sa porte d’entrée :



Il a acquiescé de la tête, ses yeux dans les miens. Il savait que ce n’était pas une promesse en l’air, parce que j’avais senti la luxure revenir dans mon corps… Ça faisait presque une semaine qu’elle l’avait quitté. Avant de partir, je lui ai donné «son» baiser, point par point.







Il haletait quand je l’avais laissé. À vrai dire, je haletais aussi. Beaucoup de choses affolaient mon souffle : mon baiser m’avait été rendu par Luc et c’était bon de «retrouver» notre ancienne passion. Je respirais vite parce que je marchais vite… et la fébrilité dans laquelle m’avait jeté ce que je m’apprêtais à faire, provoquait un écoulement et un réchauffement à un certain endroit de mon anatomie.


Arrivée chez nous, je suis restée un long moment le dos contre la porte d’entrée, à reprendre mon souffle. J’avais chaud, vous pouvez pas savoir. J’avais l’impression de puer le sexe à plein nez, alors je suis allée prendre une douche. Ensuite, je me suis rendue à ma chambre, à poil, et j’ai déniché un caleçon et un t-shirt. J’m’en fichais, parce que, de toute façon j’allais les virer, ça n’allait pas traîner.


Tout ça pour vous dire que la douche ne m’avait pas calmée… loin de là ! Il s’était passé trop de temps (je dirais, trois ou quatre minutes), depuis que j’étais entrée dans celle-ci. Dans ma tête, je me suis dit :


«C’est maintenant ma cocotte… Vas-y, mais calme-toi… Ne la viole pas… Aime-la !»


J’en étais là quand j’ai ouvert sa porte et que j’ai risqué un œil dans sa direction. Elle avait une jambe sous le drap et s’apprêtait à y mettre la deuxième, quand elle a tourné la tête dans ma direction. Je ne savais pas quoi dire. Pour être honnête, son air neutre me désarçonnait un peu. Je lui aurais presque préféré une nouvelle colère, parce que là, j’y étais à peu près préparée. J’ai fait un pas, puis deux vers elle, et l’expression de son visage a changé, avant d’y afficher de la peur, puis des larmes. Je ne le voulais pas, qu’elle pleure, parce que j’espérais que ça serait joyeux, ce qu’on allait partager, alors j’ai avalé la distance très vite. J’ai pris sa main dans les miennes et je lui ai dit, en lui souriant, mes yeux dans les siens :



J’ai cru qu’elle avait compris, quand son regard a réellement regardé le mien. Je voyais son visage si beau. Les quelques taches de rousseurs sur le haut de ses joues, juste au-dessous de ses si envoûtants yeux noirs. Son petit nez mutin, frémissant pour le moment. Ses lèvres un peu trop pulpeuses, frémissantes, elles aussi. Ne voyait-elle pas que j’en avais envie, de tout ça… d’elle ?


Je ne pouvais plus me jeter sur elle, parce qu’elle pleurait toujours, alors j’ai ajouté, de ma voix la plus douce :



Mes yeux voyageaient des siens à sa bouche. Graduellement, l’amour a grandi dans son regard. Il a asséché ses larmes.



Alors je l’ai interrompue :



À ce simple mot, j’ai compris qu’elle aussi ne cessait d’y penser. Le souvenir de son baiser volé ne cessait de harceler mes pensées. Je ne m’en rendais pas compte, mais je parlais, en même temps. Je serais incapable de vous dire ce que je lui ai répondu. Tout ce que je sais, c’est que je lui ai coupé la parole quand elle a tenté de s’excuser encore une fois.


Je n’en pouvais plus… ça prenait trop de temps ! Je n’avais déjà que trop patienté !


Ses lèvres étaient dures : elles ne me laissaient pas passer. Dans un effort surhumain, j’ai décollé mes lèvres. Pourquoi ne répondait-elle pas à mon baiser ?



Elle ne répondait pas à mon baiser ! Ça me mettait au désespoir, alors, je l’ai déséquilibrée et l’ai plaquée à son lit. Dans ma tête, je me disais :


«Putain, mais tu vas m’embrasser aussi… C’est qui la gouine, de nous deux !»


Je ne voulais pas lui demander qu’elle m’embrasse aussi. Je voulais qu’elle le fasse sans que des mots l’enjoignent à le faire, alors j’ai fait une dernière tentative :



Quand j’ai pris son sein dans ma main… j’ai soudain réalisé que c’était une femme que je tenais dans mes bras… Florence : ma meilleure amie… la femme que j’aimais… Je me suis forcée à un peu plus de calme, et je l’ai suppliée :



J’avais capitulé, mais ça n’avait plus aucune importance, parce que l’expression de son visage changeait : elle me CRIAIT qu’elle m’aimait, maintenant… avec tous les éléments de son si beau visage. Bouche contre bouche, elle me l’a murmuré, dans un souffle tiède et tout doux :



Sa voix avait tremblé, à son dernier mot. Enfin, nos langues se sont trouvées et c’était si bon !


On s’est aimées toutes les deux, et puisqu’elle m’a demandé d’être douce et romantique, j’ai «oublié» l’urgence… le manque d’elle. J’ai été douce et romantique.


Vous avez déjà lu tout ça et, je vous demande pardon de vous l’infliger une seconde fois, mais il vous fallait ma version de l’histoire, n’est-ce pas ?


Vous savez tout, maintenant. Vous savez que je les aime, tous les deux.


J’y ai eu droit, à «mon» soixante-neuf, et c’est vrai qu’elle m’a laissée «gagner», dans un premier temps. Mais ensuite, elle a tiré des larmes de plaisir de moi. Elle m’a «tuée» d’amour avec son expérience de lesbienne !


J’avais goûté à ses gros seins, à sa chatte, et son anus aussi a eu droit à mes baisers, aux visites de ma langue. J’avais écarté ses fesses de mes mains, et alternativement, je lui ai fait des bisous à cet endroit, je l’ai léché longuement, j’y ai enfoncé ma langue, parce qu’il n’était pas question de tabous non plus, entre nous. Elle aussi, je l’ai enculée de mes doigts. Je l’ai fait jouir par là et je suçais son clitoris en même temps. Il était tout dur entre mes lèvres. Ces mêmes doigts qui m’avaient servis pour Luc, je les ai transformés en pénis, et elle a crié, elle aussi. Elle s’est démenée, a rué. Elle a pleuré de jouissance et j’en étais si fière… si heureuse.


C’était moi qui avait la place du dessus, et elle a compris d’elle-même que j’attendais la même chose d’elle. J’ai joui aussi, dans un milliard d’étoiles, parce que j’avais été transformée en pile à plaisir : chaque nerf de mon corps attendait les caresses, les baisers, les coups de lèche.


Après avoir repoussé mon corps inerte, alangui sur le sien, elle m’a rejointe, et j’ai senti ses lèvres déguster mon souffle. Maintenant, elle léchait mes lèvres, ma langue, et j’en faisais de même. Bien que ça fasse presque une semaine que je n’avais pas vraiment dormi, je ne ressentais pas la fatigue : je voulais rester avec elle, parce qu’il me restait une chose à faire.


Ça a été facile de lui parler de Luc, parce que je savais faire, maintenant. Je l’ai mis dans la conversation progressivement :



Elle a eu un petit rire, mais a continué :



J’ai pris sa tête dans mes mains, et sa dernière déclaration dans ma bouche. Pas une seule fois, le ton de sa voix ne m’avait fait douter de ce qu’elle disait. Moi, je lui ai dit que je l’aimais aussi… mais avec mon baiser. Ça peut vous sembler… «dégueulasse», de faire ça, mais je l’ai embrassée comme Luc me le fait : je ne connaissais pas de meilleur moyen de montrer à quelqu’un qu’on l’aime, en dehors de répéter sa déclaration indéfiniment.


Quand je l’ai sentie trembler dans mes bras, j’ai laissé mes mains abandonner ses joues. J’ai caressé ses tempes, le noir de ses cheveux, sa nuque en dessous, puis ses épaules, ses omoplates, le milieu de son dos. J’ai appuyé la caresse dans la cambrure de ses reins, et elle a poussé du bassin contre mon bas-ventre.


Elle s’est mise à gémir dans ma bouche, puis à crier. Elle décollait ses lèvres, parfois, à la recherche de son souffle, et criait de plus belle. Nos langues se caressaient langoureusement, entre nos bouches décollées. J’ai de nouveau soudé nos lèvres les unes aux autres, en empoignant sauvagement ses fesses. Elle a joui comme ça, en tremblant et en criant, là, son corps sur le mien. Je le sais parce que j’ai senti un écoulement de jus se répandre dans les poils de mon pubis.


Son corps s’est alangui contre le mien, tandis que les tremblements s’espaçaient. Ses énormes seins épousaient ma poitrine beaucoup plus menue, l’enveloppant d’une douceur et d’une moiteur divine.


Moi, je m’étais tellement concentrée à lui donner ce baiser, que je n’avais pas physiquement joui, mais le plaisir s’était exprimé à l’intérieur de ma tête. Avant que sa respiration soit tout à fait calme, elle s’est exclamée :



Elle a redressé la tête, et a regardé mes yeux. Comme elle y a lu l’amour et la joie d’être avec elle, elle n’a pas été inquiète. J’ai continué :



Elle a eu un petit rire, mais il avait l’air nerveux, parce que la surprise prédominait, dans son regard.



Le baiser suivant, elle me l’a pas vraiment volé, parce que je l’attendais. Je l’espérais, même. Mais il n’a pas duré longtemps.



Elle s’est tortillée, a rué, riant aux éclats, à tel point qu’elle serait tombée du lit, si je ne l’avais pas retenue.



Elle a marqué une pose, mais je sentais qu’elle n’avait pas fini.



J’ai posé une main sur sa bouche.



Machiavel était revenu dans ses yeux. Je voyais un peu de peur aussi : ses mots avaient dû dépasser sa pensée. Moi, je n’étais pas vraiment en colère… je dirais même que l’idée faisait son chemin…


Ma décision a été prise dans la seconde.



Elle a ouvert de grands yeux, cherchant dans les miens une trace de moquerie.



Je n’ai pas répondu, mais ai scellé ma parole d’un baiser. De Luc, il n’a plus été question pour le restant de la nuit, parce qu’on avait encore plein de choses à s’avouer. On se les est murmurées de très près, bouche contre peau… langue contre langue. Les serments faits à nos sexes, de si près qu’ils se confondaient l’un l’autre, on les a proclamés jusque fort tard dans la nuit. On a même vu l’aube poindre entre les volets.


On s’est endormi, dans les bras l’une de l’autre, repues d’amour, toutes deux, après un ultime orgasme qui nous avait jetées dans une sorte d’épuisement plein de bonheur et de douceur.







Je crois qu’ils se sont plus, tous les deux mais, pour le moment, ils continuent de se respecter et de me partager. Mais, je n’ai pas dit mon dernier mot, et je sais qu’il ne nous manque qu’une chose : l’intimité d’une soirée à trois, pour que je les amène à franchir le pas… pour le moment, ils n’osent pas.


Dans un peu moins d’un mois, ce sera l’anniversaire de Samuel.


Je ne sais pas encore que c’est là que tout, et même plus, va se déclencher…







Oui… je sais… ça devait être le dernier épisode. Mais, j’aimerais bien vous y voir, vous…

Avouez que c’est quand même bien complet comme ça, non ?


Cette fois, je vous le promets : au prochain épisode, je ne parlerai que de l’anniversaire de Samuel… et de tout ce qui va s’y dérouler…


Promis !


Fred.