| n° 10243 | Fiche technique | 42611 caractères | 42611Temps de lecture estimé : 24 mn | 22/03/06 |
| Résumé: Au resto, Ludo rencontre Amine, l'amant bisexuel d'Elise... | ||||
| Critères: hh fhh fbi hbi caférestau volupté intermast fellation hdanus ecriv_c | ||||
| Auteur : Lys d'Oran & Domi Dupon (2 auteurs de Revebebe se rencontrent et écrivent à 4 mains) | ||||
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Ludo, protagoniste de "Noël-Noëlle", est en voyage d’affaires à Montréal et rencontre l’interprète Élise/Lys, "La lesbienne qui aimait un homme". Ils entreprennent une fougueuse aventure qui redonne à Ludo le goût de savourer la vie. Mais Élise n’est pas le seul délice qu’offre cette ville ! Ce soir, après une dure semaine de travail, Ludo se retrouve en compagnie d’Élise, mais aussi de son amant Algérien à la sexualité ambiguë, Amine. Le repas se veut très chaud…
**************
With a little help from her friend…
Dans le taxi qui l’emmenait au resto où il devait retrouver Élise et son ami Amine, Ludo se détendit enfin. Les images de la semaine défilèrent sur son écran interne. Ça avait été dur. Le représentant de la Direction Générale du holding canadien, entouré d’un aréopage d’avocats, comptables et autres techniciens, ne lui avait pas fait de cadeau. La seule présence amie était celle d’Élise. Il bénit le hasard qui avait fait que de sa place d’honneur à la table, il avait vue en ligne droite sur la cabine.
Quand Élise travaillait, elle regardait Ludo droit dans les yeux. Il ne pouvait se permettre de se déconcentrer, mais son regard, qu’il trouvait toujours aussi canaille, lui réchauffait le cœur (et pas seulement le cœur). Elle avait tenu à interpréter en français les propos tenus en langue anglaise, pour s’assurer elle-même de la qualité du service que recevrait Ludo. Élise disait « … et il est entendu que pour les pays non membres de l’Union Européenne, les mêmes conditions s’appliqueront dans la mesure où la réglementation locale est essentiellement compatible avec celle de l’Union, sinon les dispositions du paragraphe 3.6(i) entreront en vigueur… », mais il entendait : « Je veux ton cul et je le veux ce soir. » Il (lui) répondait « … sommes d’accord avec ceci. Mais nos avocats ont déjà… », mais il pensait : « Tu le veux comment mon cul ? Tu veux y foutre ta langue ou tu veux m’engoder ? »
Lorsqu’à un moment, elle avait fait référence dans sa traduction au « degré de pénétration des pays scandinaves » et de « la poussée vers la Turquie », il avait été pris d’une érection aussi soudaine que gênante.
Cela amena un sourire sur son visage et le chauffeur se demanda quelle pensée égrillarde pouvait avoir son client, pour sourire ainsi.
Cette dernière évocation changea le cours de sa méditation. Élise lui avait manqué durant la semaine. Il avait regretté sa malheureuse proposition de chacun chez soi. Vu son état de fatigue, ils n’auraient certainement pas fait des exploits au plumard, mais sa tendresse aurait sans doute effacé son état de solitude. Enfin dans quelques instants, ils seraient ensemble. Ludo aurait préféré passer la soirée en tête à tête avec elle et reprendre leurs galipettes là où ils les avaient laissées, mais elle semblait beaucoup tenir à ce qu’il rencontre son ami Amine. Son ami Amine ?
Elle vivait chez lui quand elle venait à Montréal pour affaires. Il avait cru comprendre qu’elle y passait aussi certains week-ends sans la présence de sa douce moitié. Etait-elle aussi lesbienne avec cet autre qu’elle l’avait été avec lui ? La jalousie avait tué Ludo une première fois et il s’était juré que ce serait la dernière, mais il ne pouvait s’empêcher de se poser des questions. Le taxi s’arrêta devant la porte du resto brésilien choisi par Amine, situé dans un quartier branché un peu en retrait des zones touristiques.
Traversant la grande terrasse qui séparait la rue du resto, Ludo pouvait voir à travers les grandes baies vitrées l’intérieur chaleureux et animé. Un air de salsa revisité à la mode weight watcher parvint, assourdi, à ses oreilles. Cherchant l’origine de la zik, il découvrit une scène où un « vrai » orchestre jouait en live. Ludo entra. Il s’apprêtait à demander à l’hôtesse la table de Monsieur Amine, comme Élise le lui avait indiqué – ça promet, un Arabe qui n’utilise que son prénom ! pensa-t-il méchamment – mais il aperçut Élise, toute belle et tout de noir vêtue, qui lui faisait signe d’une table dressée pour trois bien située dans un coin intime, entre une fenêtre et un grand palmier en pot. Elle se leva avec empressement pour l’accueillir.
Elle se colla contre lui, affectueuse comme toujours et lui caressa les cheveux en lui faisant la bise. Il la prit dans ses bras, l’embrassa chaudement en humant son parfum. Ciel, qu’elle lui avait manqué ! Il se recula un peu pour la regarder mieux. Il ne savait si c’était l’éclairage, l’ambiance, ce noir très seyant avec décolleté plus stratégique qu’osé, les longues boucles d’oreilles fantaisistes qui lui balayaient presque les épaules, ou la douceur de ce corps maintenant familier contre le sien, mais il ne l’avait jamais trouvée aussi belle, aussi désirable.
Ils s’installèrent sans manière, Ludo à la gauche de la belle Élise. L’avantage de cette table ronde était que quelle que soit la place qu’Élise choisissait, elle serait forcément assise entre les deux hommes. L’autre avantage, et Ludo en fit l’expérience immédiate, était sa taille : trop facile pour son genou de frôler celui d’Élise.
A son ton, Ludo comprit tout de suite que la complicité entre Élise et son ami Algérien était fortement teintée d’amour, mais lequel exactement ? Elle avait bien dit qu’Amine était gay, mais n’avait-elle pas également affirmé être lesbienne ? Ludo était bien placé pour savoir la fiabilité de cette affirmation.
Il ne dut pas attendre longtemps pour avoir la confirmation que ces deux-là s’adoraient. Entra en coup de vent un beau grand jeune homme brun au teint légèrement olive, habillé avec soin, aux yeux rieurs et au large sourire, qui se jeta sur Élise dans une étreinte des plus enthousiastes. Ludo lut dans le regard d’Élise, dès qu’elle aperçut Amine, ce parfait bonheur que l’on n’éprouve que dans les bras d’un amant retrouvé. N’oubliant pas ses bonnes manières, Amine s’empressa de se tourner vers Ludo et de lui offrir une poignée de main franche, son autre main tapotant même amicalement l’épaule de ce dernier. Quelqu’un de tactile, manifestement, et dont la nature chaleureuse se dégageait de chaque pore.
Tout cela déboula rapidement dans un accent cosmopolite, de l’Hexagonal teinté par la côte Oranaise et même un peu par le Québec estival.
Ludo se sentit rougir. Élise aurait-elle tout raconté de leur aventure à son ami ? Sûrement pas ! Mais il y avait manifestement une telle complicité entre ces deux-là que le charmant Algérien avait peut-être tout deviné. Et pour être charmant, il l’était. Ludo comprit très vite pourquoi Élise avait tant vanté les qualités de son ami. Et beau en plus, avec un regard espiègle, à la fois pénétrant et jovial. Ludo se laissa charmer. Plus que ça, il se surprit en train de zyeuter le bel Arabe, à le toiser même, et à délaisser un peu Élise qui encore quelques secondes auparavant retenait toute son attention. Elle et Amine s’affairaient à consulter la carte et la liste des « coquetels » exotiques dont ils disaient beaucoup de bien. Ludo s’en remit à ses compagnons qui jouaient à domicile pour composer le menu. Il se laissa même convaincre de prendre un Mojito comme apéro plutôt que son single malt habituel.
L’alcool aidant, l’atmosphère fut très vite détendue et amicale. Bien que participant volontiers à la discussion, Ludo s’aperçut que son regard passant d’Élise à Amine s’attardait de plus en plus sur celui-ci. Tiré à quatre épingles, un beau visage aux traits virils et réguliers, des cheveux soyeux d’un brun doré chatoyant coupés soigneusement ; un corps parfaitement proportionné qu’on devinait facilement gracieux et bien musclé ; des mains sculptées et nettement manucurées, mains qui d’ailleurs frôlaient constamment, comme par inadvertance, le bras, la main ou la joue d’Élise, radieuse devant tant d’attentions.
Ludo dut s’avouer qu’il était un peu jaloux, mais de qui ? D’Élise, qui se faisait ainsi peloter par son ami ? Ou d’Amine, dont le simple regard émoustillait clairement la belle rousse ? Il se sentait un peu exclu. Aussi lorsque, pour s’enquérir des progrès de ses tractations commerciales, Amine se tourna vers lui, Ludo sentit un étrange remue-ménage dans son bas-ventre et soutint son regard plus longtemps que ne le voulait la simple politesse. Il répondit correctement aux questions posées par son interlocuteur, qui semblait sincèrement s’intéresser au projet en cours, mais il se rendit vite compte qu’il le faisait en prenant sa voix de séducteur. Élise s’en aperçut aussi, elle qui disait tant apprécier cette voix basse et rauque de crooner enfumé, car du coin de l’œil Ludo vit un petit sourire complice se dessiner sur ses jolies lèvres.
La serveuse livra les entrées et il se redressa sur sa chaise. De toute évidence il s’était penché si près d’Amine pendant leur conversation, qu’il avait pratiquement mit le coude dans l’assiette à pain de ce dernier. Amine, de caractère naturellement modeste bien qu’habitué à l’effet qu’il produisait chez les hommes, ne restait visiblement pas insensible au degré d’attention que lui portait Ludo. Lui aussi soutenait le regard beaucoup plus longtemps que ce qui était de mise entre hommes. Il avait cette façon bien troublante de baisser rapidement les yeux et de les rouvrir pour fixer encore Ludo, avec un sourire à la fois aimable et conspirateur. Élise observait tout ce manège d’un air amusé, voire enchanté, jubilant.
Il est clair que ces deux là sont amants, pensa Ludo. Gay, lesbienne, bisexuel (le) : de toute évidence ces étiquettes sont bien élastiques ici. Tous des touche-à-tout, manifestement ! Et pour une raison qu’il ne voulut analyser, cela l’excita.
Les plats allaient et venaient. Tous étaient vraiment excellents et Ludo remercia ses compagnons de table de lui avoir fait découvrir la cuisine brésilienne qu’il ne connaissait pas auparavant. Élise avait toujours un bon coup de fourchette, contrairement à beaucoup de femmes rondes qui sont éternellement au régime, ou qui prétendent l’être plus probablement, et cela semblait plaire à Amine autant qu’à lui. Ce dernier, malgré son corps racé, ne donnait pas sa place quand il s’agissait de manger à sa faim et il semblait bien connaître la bonne chère, à en juger par les questions bien informées qu’il adressait à Ludo sur les spécialités lyonnaises et savoyardes.
Pendant que ce dernier leur expliquait la composition d’un véritable gratin de crozets, il sentit à son grand étonnement une main virile posée sur sa cuisse. Celle-ci, s’insinuant lentement entre ses cuisses, vint frôler sa braguette, redescendit vers le genou d’une forte caresse lascive et emprisonna celui-ci dans un mâle mouvement de possession. La réaction première de fuir cette intrusion fut balayée par une érection aussi subite que violente qui tendit son mince pantalon de lin. Son regard rencontra celui d’Amine. Le message qu’il y lut ne recelait aucune ambiguïté. Dans un geste instinctif, quasi inconscient, sa jambe s’ouvrit. Son genou partit à la rencontre de celui du bel Arabe.
Forte de cette acceptation, la main remonta, massant subtilement sa cuisse, épousant les contours de chaque muscle. Parvenue à l’entrecuisse, elle exerça une tendre pression sur ses parties puis, s’enhardissant, elle vérifia de manière tactile la réalité de son érection. Ludo percevait le pouce intrus glisser le long de son membre, alors que l’annulaire et le majeur, dans un parcours analogue, titillaient ses couilles.
Ludo avait très chaud. Complètement désinhibé par l’alcool absorbé, il s’abandonnait aux caresses de plus en plus précises d’Amine, avançant même au maximum sur sa chaise pour permettre aux doigts curieux d’atteindre son entre-fesse. Il se félicitait d’avoir préféré ce pantalon à ces jeans étroits qu’il portait habituellement. La coupe, ainsi que la légèreté du tissu autorisait à la main d’Amine toutes les hardiesses. Cette main masculine qui le caressait, c’était trop.
Son excitation était encore aggravée par le spectacle qui se déroulait au-dessus de la table. Il comprenait mieux le choix de cette table à l’écart. Les grivoiseries se multipliaient et la situation dégénérait rapidement. Ludo eut une pensée émue pour la stricte et très sérieuse Élise qu’il avait côtoyée toute la semaine…
Manifestement Amine était totalement ambidextre. Sa main libre ne se contentait plus d’effleurer le corps d’Élise. Ses caresses, plus évidentes, plus appuyées ne laissaient aucune incertitude quant à la nature de leurs relations. Sa main se posait amoureusement sur la main de la voluptueuse Québécoise, longeait la saignée du bras pour langoureusement peloter un sein. Seins dont les tétons, très réceptifs, tendaient férocement la mousseline de soie du petit haut frivole.
Si le comportement en surface d’Élise semblait rester clean, une de ses mains avait pourtant disparu sous la nappe. Et tandis qu’Amine s’occupait des bijoux de famille de Ludo, elle s’occupait de ceux du même Amine. Situation très jouissive pour lu, qui reproduisait sur Ludo les caresses que lui prodiguait Élise. Ludo devinait ce qui se passait. Alors, ne voulant pas qu’Élise soit frustrée, sa main plongea sous la table. Sans nulle hésitation, sans aucune précaution oratoire, elle investit l’entrecuisse de la prétendue lesbienne. Avant même que le souffle de cette main ne l’effleure, la belle ouvrait ses cuisses offrant un accès immédiat au centre de sa féminité. Sans grande surprise, Ludo constata que les « fluides corporels » avaient traversé l’étoffe, trop frêle rempart contre l’abondante excitation d’Élise. Se mêlant au carrousel, il infligea au sexe féminin les sublimes tortures qui lui étaient imposées.
La conversation qui jusqu’à ce moment avait perduré malgré les jeux de mains, cessa. Plus d’hypocrisie ! Plus de mains sur la table non plus, d’ailleurs ! La main gauche de Ludo rejoignit la main droite d’Élise sur le pantalon d’Amine, la gauche d’Élise, la droite d’Amine sur la braguette de Ludo et enfin la gauche d’Amine, la droite de Ludo sur le mont proéminent d’Élise. Alors commença une étrange symphonie pour six mains, deux queues et un vagin. Le tout à travers des étoffes de plus en plus importunes.
La situation leur échappait quand, soudainement, Amine se retira vivement du jeu. La seconde suivante, la serveuse déposait sur la table le plateau de dessert. Amine ayant insisté pour qu’ils essaient tous les riches desserts de la maison… ils étaient riches… et variés.
A peine la jeune femme disparue, les deux amants inauguraient un nouveau jeu. Ils s’échangeaient leurs fourchettes pour goûter à toutes ces douceurs. Ils dégustaient chaque cuillerée simulant qui la fellation, qui le cunnilingus, qui une pénétration linguale, feignant la jouissance à chaque bouchée. Bien partis, ils invitèrent Ludo à partager leur délire. Ce dernier, bien chauffé par les dessous de table, se laissa convaincre sans difficulté. Après tout, se dit-il quand on se trouve à Rome ou à Montréal, on fait comme les Romains ou les Montréalais.
Élise lui tendit une cuillérée de crème brûlée aux framboises et le pria de bien la lécher. Joignant le geste à la parole, elle posa délicatement un joli petit pied déchaussé sur son sexe déjà tendu et exécuta quelques va-et-vient trop bien placés. Elle lui offrit son regard où il put lire : « Je ne t’oublie pas, bien au contraire et je te désire toi aussi ». Ludo acquiesça et lécha la cuillère argentée avec la même passion qu’il avait léché sa chatte la semaine précédente, jusqu’à ce qu’elle reluise. Toujours les yeux dans les yeux, à son tour, il lui envoya un message : « Tu vois comme je te lèche bien ! Tu vois comme tu vas jouir quand ma langue te fouillera ! » Message largement confirmé par la raideur qu’elle sentait croître sous son pied.
Quand Élise retira cuillère et pied, ce fut à Amine de lui tendre une cuillerée d’île flottante. Déjà la couleur ! Amine lui disait clairement : « Et mon foutre tu le veux ? ». La réponse de Ludo fut tout aussi claire. La délectation qu’il mit à déguster du bout de la langue la crème anglaise qui surmontait le blanc d’œuf piqua pendant une seconde la jalousie d’Élise. Elle ne savait pas si son fantasme de trio se réaliserait, mais elle était certaine que Ludo se ferait baiser par Amine. Pour confirmer son intuition, au lieu de lécher délicatement la cuillère comme il l’avait fait avec la crème brûlée, Ludo absorba la cuillère comme si elle avait été un pénis et mima un début de fellation. Après cette joute, les trois amis se calmèrent. Ils étaient dans un lieu public et devaient malgré tout conserver une certaine retenue… mais il était évident que la nuit allait être longue et pleine de surprises…
Les cafés furent commandés – bonsoir insomnie, quoiqu’ils allaient avoir besoin d’énergie. Mais avant qu’ils n’arrivent, Élise s’excusa et quitta la table pour prendre un appel sur son portable qui avait vibré discrètement. Sans doute Gisèle, qui l’appelait souvent pour régler leurs petites crises domestiques. En son absence, Ludo se sentit quelque peu gêné et sa volubilité des deux dernières heures le quitta soudainement. Il regarda Amine rapidement et se racla la gorge de façon peu naturelle. Amine devina son trouble. Jetant un coup d’oeil vers Élise dehors sur la terrasse, toujours très prise par sa conversation, il prit le taureau par les cornes.
Geste de recul de Ludo !
La serveuse servit les cafés. Amine demanda l’addition. Ludo cherchait désespérément une réponse qui ferait preuve d’un peu d’esprit, d’imagination, mais la question pendait dans l’air et il ne trouvait rien de génial. Son érection non disparue rendait la réponse évidente. Non seulement il savait depuis un moment comment la soirée allait se terminer, mais il le souhaitait ardemment. Toutefois, il ne savait pas comment répondre. Un vieux blocage ! Il prit une grande respiration, fixa Amine qu’il trouvait de plus en plus séduisant, et répondit tout simplement :
Elle rougit un peu, s’apercevant de sa présomption.
La serveuse avait apporté l’addition qu’Amine régla, malgré les protestations de Ludo.
Ils se levèrent tous les trois et sortirent dans l’air doux et parfumé. Élise planta un French kiss mémorable sur la bouche de chacun de ses amants en leur chuchotant « à tout de suite… soyez sage sans moi ! » avec un large sourire espiègle.
Elle se tourna et partit en direction de sa Camry. Sa jupe évasée, d’une élégante sobriété si l’on exceptait le petit ourlet festonné froufroutant juste au-dessus du genou, caressait admirablement ses hanches. Hanches agitées par un tangage plus marqué qu’à l’accoutumée, car, chose rare, Élise avait, pour l’occasion, chaussé des talons hauts. Les deux hommes se surprirent en train d’apprécier ce cul majestueux qui s’éloignait en dessinant des huit très évocateurs. Quand leurs regards se croisèrent, il y eut une fraction de seconde d’embarras, mais, en même de temps, tous deux se mirent à rire, ce qui élimina toute tension. Ils montèrent dans la petite voiture sport d’Amine qui les transporta vers l’est, à son loft.
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When a man loves a … man
Au grand soulagement de Ludo, la conversation dans la voiture fut des plus banales. La voiture d’Amine, de toute évidence flambant neuve, l’avait alimenté fort opportunément tout au long du trajet.
Passé le seuil de l’appartement, le Français put admirer ce beau loft industriel, tout ce qu’il y a de plus branché de nos jours au Québec. Tout était en ordre impeccable et reluisant de propreté. Amine, visiblement fier de son chez-soi, lui fit faire le tour du propriétaire, tout en s’affairant à mettre un peu de musique. Il choisit du raï/jazz très cool, créant ainsi une ambiance parfaitement assortie à ce cadre hyper-moderne, rehaussé de quelques touches orientales très personnelles qui réchauffaient agréablement ce qui aurait pu être un décor plutôt froid.
Ludo avait le choix entre le lit - il n’était pas à ce point audacieux - , un canapé de cuir foncé, élégant et sage, ou un amas de gros coussins orientaux aux teintes de rouge flamboyant et aux textures sensuelles, disposés en demi-cercle autour d’une magnifique table basse en ébène. Son premier mouvement l’amena vers le canapé, mais au point où ils en étaient après le cirque au resto, au diable la sagesse ; soyons franc, il avait envie de se caler dans les coussins auprès de ce bel Algérien, alors il s’y cala. Il le regarda trancher ses citrons verts et mesurer attentivement les alcools. Il avait vraiment un corps racé et gracieux, ainsi que de très belles mains aux mouvements précis et fermes. Il les imaginait sans peine - un frémissement étrange parcourant sa colonne vertébrale - sur son corps, délivrant avec la même aisance des caresses…
Quand Amine se retourna et se pencha pour trouver quelque chose dans un tiroir bas, Ludo put admirer son cul pour la première fois. Et quel cul ! Était-ce possible qu’il puisse tant apprécier à la fois le cul majestueux d’Élise, toute la douceur de l’archétype féminin classique, et celui d’Amine, étroit, musclé, parfaitement rebondi, et d’une fermeté ahurissante.
Réminiscence d’un passé pas si lointain : ce cul avait beau être on ne peut plus masculin, il lui rappelait cet autre cul qu’il avait tant aimé. Ce cul qu’il avait limé avec tant de passion. Ce cul qui avait détruit sa vie…
Heureuse diversion, les Martini enfin versés, Amine s’approchait de lui verres en main, non sans avoir tamisé l’éclairage.
Ludo eut du mal à soutenir ce regard intense.
Cela brisa un peu la tension dans l’air.
Il prit deux-trois gorgées de son cocktail, puissant mais excellent, et s’aperçut qu’Amine, assis en tailleur devant lui, le fixait toujours. Le sourire, omniprésent et toujours chaleureux de celui-ci, révélait maintenant quelque chose d’un peu plus flirt, plus direct… carrément sexuel. Aussi la question ne surprit pas vraiment Ludo.
Amine rit de bon cœur. Ce sourire à la fois sexy et bienveillant était irrésistible. Sur ce, il prit une longue gorgée de son cocktail, déposa son verre sur la table basse, et, sans nulle gêne, caressa le bras de Ludo, laissant sensuellement la main voguer du creux du poignet jusqu’à l’épaule. Se débarrassant de son verre, Ludo toucha à son tour l’épaule de son vit à vit (non y’a pas de faute, c’est exprès) d’abord avec une certaine raideur dans le geste. Sa main pétrit nerveusement l’étoffe du maillot de l’Arabe, qui moulait si parfaitement ses muscles saillants. Ludo découvrait un plaisir qu’il ne put dissimuler plus longtemps. Sa tension se relâcha, son mouvement se fit plus fluide. Et c’est d’une main caressante qu’il appréhenda la fermeté incroyable de ce corps viril, la courbe du biceps, le tonus des pectoraux. Sans plus attendre, Amine ôta le maillot. Ludo retint son souffle.
Jusqu’à ce jour, jamais il n’avait été ému par la beauté, la sensualité virile d’un corps masculin. Bien sûr, la plastique de Noëlle l’avait fait craquer. Mais aucune comparaison possible entre le corps gracile, divinement féminin de son amoureuse travestie et le corps d’athlète du jeune Algérien.
Autant la poitrine juvénile de Noëlle pouvait passer aisément pour celle d’une jeune fille entrant dans l’adolescence, autant celle d’Amine ne laissait aucun doute quant à la masculinité de son possesseur : pectoraux saillants puissamment sculptés, couronnés de petits tétons bruns d’un exquis relief, sous une clavicule bien dessinée, des épaules vallonnées et raffermis à merveille par toutes ces heures passées au gymnase, prolongeant un ventre à la douce texture dans l’élégant quadrillage d’abdominaux soigneusement entretenus. Un duvet noir habillait ce torse viril mais sans rien dissimuler. Même le fait qu’il était maintenant légèrement décoiffé rendait Amine encore plus séduisant.
Jusqu’à ce jour, aucun « homme » ne l’avait d’ailleurs sexuellement excité. Vautré comme il l’était sur les grand coussins, Amine ne pouvait ignorer son excitation : sa bandaison, tout à fait évidente, déformait de manière très éloquente la toile de son pantalon.
De son côté, Amine n’était pas insensible aux attraits de Ludo, ni surtout à l’effet qu’il produisait chez ce Français qu’il avait classé hétéro pur jus. Il voulait retrouver l’émotion qu’il avait ressentie au resto, quand Ludo avait placé sa main sur lui. Alors, d’un geste sûr, sans le quitter des yeux, il prit cette main et la posa sur son érection de fer, la guidant dans une caresse masturbatoire lente et sans ambiguïté.
Ludo fut parcouru d’un frisson dévastateur. Fermant les yeux, il se retrouva plusieurs années en arrière. L’ombre fugace de Noël/Noëlle traversa brièvement le loft. Toucher à nouveau le sexe d’un homme après tant d’années de sécheresse était électrisant. Déjà Ludo savait qu’il ne pourrait jamais utiliser le vocable « clitoris » pour qualifier le sexe de l’Oranais. Fort de cette constatation, Ludo évalua tactilement, avec un plaisir de plus en plus prononcé la queue toujours cachée, en jaugeant l’ampleur, la longueur et la forme avec une précision quasi scientifique. Non ! Définitivement non ! Cette raideur, cette ampleur, ce diamètre grave ! Jamais au grand jamais ne pourrait être baptisé « clito » ! La certitude qu’il allait prendre cet obélisque d’airain dans le fondement avant la fin de la nuit accentua la hardiesse de Ludo.
Amine comprit qu’il n’avait plus à gérer les caresses prodiguées par le Français. Celui-ci avait laissé tous ses blocages au vestiaire et il tripotait la queue de son mâle avec passion.
En guise de réponse, Ludo ouvrit la braguette du superbe Amine tandis que ce dernier laissait ses mains courir sur toutes les parties accessibles, ébouriffant les cheveux bouclés, papillonnant du cou au bras. Le futal « débraguetté » offrait à Ludo la vision délicieuse d’une bite emmaillotée dans un slip… négatif en volume qui dessinait totalement le membre d’Amine, en révélait les proportions élégantes, en soulignait la tension extrême. Le gland, petit (?) soldat casqué, repoussait l’étoffe légère du slip parvenant à décoller l’élastique de la peau laissant apercevoir la bordure d’un buisson brun.
Devant ce spectacle d’une totale impudeur qui le mettait dans un état pas possible, Ludo s’immobilisa. Ses yeux ne pouvaient se détacher de cette roide colonne de chair et de l’auréole humide qui ornait le slip, conséquence de leur activité au resto. Ses mains étreignaient nerveusement le pantalon ouvert qu’il oubliait de descendre. Las de ces tergiversations, l’Oranais, d’un mouvement souple, se débarrassa à la fois de son pantalon et de son slip. Le sexe démoulé apparut : circoncis, d’une teinte étonnamment foncée, d’une taille réellement imposante. Libéré de toute entrave, il se redressa fièrement. Amine s’allongea en une pose on ne peut plus aguichante: un bras nonchalamment passé derrière la tête, genou relevé, érection bien exhibée, bourses ovales et fermes, abdominaux parfaitement mis en valeur. Le tout harmonieux, des proportions idéales. Toujours statufié, Ludo contemplait cette merveille d’anatomie, le souffle coupé. Beauté si différente de celle d’Élise, mais non moins bandante, bien au contraire…
Un « Viens ici… » presque inaudible de la part d’Amine le sortit de sa rêverie. Déjà Amine s’était attaqué à ses vêtements et en moins de temps qu’il faut à une blonde pour compter jusqu’à trois, Ludo se retrouva nu comme un ver, bite au garde-à-vous. Aucune pensée d’aucune sorte ne l’agitait. Seulement profiter, communier dans un bain de sensualité, sentir son corps contre ce corps.
D’un mouvement précis et ralenti, Ludo couvrit le corps d’Amine avec le sien. Dans un geste quasiment religieux, il effleura la joue, rasée soigneusement avant la sortie au resto, mais déjà virilement rugueuse. Comme il se doit, pensa-t-il. Il y déposa ses lèvres, d’abord avec une douce hésitation, mais ce contact galvanisa Amine, qui trouva sa bouche et l’embrassa avec fougue. Leurs langues se mêlaient tout comme leurs poitrines velues se frôlaient, tandis que plus bas, leurs queues se rencontraient, butant l’une contre l’autre en un charnel jeu d’escrime.
Sous cet afflux de sensations, Ludo craignit de jouir dans l’instant, mais la main avertie d’Amine, au moment J – 1, lui serra fortement les couilles et la garde de son sexe, empêchant toute éjaculation précoce. Ludo lui en fut très reconnaissant. La situation étant devenue très chaude, ils relâchèrent un peu leur étreinte afin de reprendre leurs esprits.
Ludo, calmé, complètement libéré, s’entendit déclarer d’une voix cassée :
Ce disant, il laissa sa bouche vagabonder le long de ce corps d’homme offert à lui. Par petits baisers successifs, elle redescendit jusqu’à la lisière de la toison pubienne. Ludo laissa reposer sa joue contre le ventre musclé, coussin confortable mais ferme. Ses yeux se fixèrent sur cette hampe flamboyante que sa main droite avait déjà empoignée.
Bon d’accord, c’est sûr, c’était le modèle au-dessus de la sienne. Mais ce qui l’étonnait c’était la circoncision. En bon Français moyen, format hétéro de province, il n’avait jamais vu de bites circoncises. Faut dire qu’il n’en avait pas vu beaucoup… de bites. Surtout qu’il ne les avait jamais vraiment regardées à l’exception de celle de Noëlle. Sans prépuce, l’organe semblait plus exposé, vulnérable même. Rien qui ne coulissait, rien qui ne pouvait cacher le gland, mais sur la face pile quelques lignes en relief, dessous le frein, qu’il supposait être les cicatrices laissées par la rapide opération infligée au nouveau-né. Mais cette particularité rajoutait encore à son excitation. Cette queue… mon dieu/my god, cette queue, il en était affamé… Il la voulait…
Pesant de sa main sur le membre, il en amena l’extrémité larmoyante à la hauteur de ses lèvres avec une délicatesse en complète opposition avec cette envie primaire qu’il avait de l’engloutir. Ses lèvres épousèrent le gland dénudé tandis que, de la pointe de la langue, il en agaçait le méat entrouvert. Au passage, il récupéra les quelques précieuses gouttes qui s’en s’exhalaient.
L’Oranais, d’une main négligente, flattait la chevelure du Français. Allongé, en toute relaxation, il s’abandonnait aux caresses qui lui étaient dispensées. En homme éminemment pratique, il avait soulevé sa jambe droite pour laisser le passage à la main gauche (ça c’est juste pour ceux qui font des croquis) de Ludo. Ce dernier qui avait bien évidemment compris l’invite avait lancé sa senestre à l’assaut des boules à la peau rétractée par l’excitation.
Peu à peu, comme un cycliste, ou un joueur de foot, Ludo retrouvait des automatismes ! Même si la bite qu’il agressait n’avait rien à voir avec le quasi féminin appareil de Noëlle, surtout par la circonférence, une bite reste une bite, et une paire de couilles, une paire de couilles… Ses lèvres collées au nœud, il l’introduisait dans sa bouche, prenant bien garde à ne pas le rayer avec ses incisives. Il les laissait atteindre le sommet du gland et les refermait juste à l’arrière de celui-ci. Il en léchait alors tout le pourtour comme s’il s’était agi d’une sucette à l’anis.
Sa main droite domestiquait doucettement la hampe, jouant avec les sursauts que ses caresses buccales provoquaient. Son pouce massait doucement la grosse veine violacée qui ravitaillait la bite en oxygène. Son autre main s’occupait toujours des testicules qu’il malaxait comme on malaxe des boules chinoises. Comme cela ne lui demandait pas un effort surhumain, il avait détaché son index. Celui-ci, parti en reconnaissance, s’était introduit entre les fesses compactes et faisait des allers-retours, glissades du périnée à l’annonce de l’anus. Ce déplacement anodin entraînait pourtant d’autres manifestations tout aussi agréables.
Essayant d’atteindre l’anus, il tirait sur les couilles. Qui elles, en se déplaçant, engageaient inexorablement le nœud vers le haut. Nœud qui tapait alors contre le palais de Ludo, tentant d’échapper à sa bouche vorace. Mais il n’était pas question que Ludo le laissât lui échapper. Il resserrait alors son emprise de la main, étreignant le manche turgescent entre ses doigts nerveux. Sa bouche, elle, dans cette manœuvre, ne restait pas inactive et, pour ne pas perdre un centimètre de bite, était « contrainte » à en absorber quelques centimètres de plus.
Après quelques minutes, la main droite de Ludo se trouva libre, car la bite d’Amine enfoncée jusqu’à la garde dans sa bouche ne nécessitait plus qu’on la guide. Vu la longueur de l’engin, il avait craint de ne pas parvenir à l’engloutir. Complètement dans l’action, il ne s’était rendu compte de rien et maintenant, elle tapait sa luette à chaque pénétration.
Dégageant sa jambe droite, Amine la glissa sous le corps de son suceur le forçant à changer sa position. Ludo se retrouva ainsi le torse appuyé contre la jambe, la tête au-dessus de la bite, la main droite entre les fesses de l’autre. Pendant toute cette opération, sa bouche n’avait pas lâché sa proie. Complètement parti, la seule chose qui lui importait était de voir cette bite gicler, emplir sa bouche de foutre. Il aurait fallu une explosion atomique pour l’interrompre. Et encore !
Ouvrant largement les jambes, Amine lui fit comprendre qu’il avait envie qu’il s’occupe aussi de son cul. Index et majeur collés, Ludo massa doucement la raie ouverte, appuyant à chaque passage sur l’anus, l’égratignant gentiment du bout de l’ongle. Parfois même, l’extrême extrémité de l’index s’égarait au point d’entrouvrir une porte qui ne demandait que ça. Mais ces caresses rectales n’étaient qu’attouchements collatéraux. Pour Ludo, rien n’était important sinon cette bite qu’il violait, qui le violait. Sa bouche coulissait sur cette queue que sa salive lubrifiait abondamment.
Ses lèvres, au fur et à mesure que l’excitation de l’autre montait, se faisaient plus aériennes. Leur étreinte devenait moins pressante. Mais elles ne lâchaient toujours pas leur victime. Elles allaient s’écraser contre la toison pubienne puis remontaient quasiment jusqu’à l’extrémité du vit. Un petit baiser à la tête du nœud, puis elles replongeaient. Ludo adaptait son amoureux pilonnage aux réactions d’Amine. Celui-ci ne pouvait plus jouer au dilettante décontracté. Sa bite avait des sursauts révélateurs tandis que son corps se tendait. Ludo sentait la main qui se crispait sur son crâne. Loin de freiner son désir, cette contraction instinctive le survolta. Il allait le faire jouir. Ce vit allait cracher son foutre. Il allait s’en régaler. Il allait, il allait… Finis les calculs. Ludo ne savait même plus qui il pompait. Quelque part, il était revenu plusieurs années en arrière. Grosseur, longueur, diamètre de la bite oubliée. Même la circoncision qui l’avait fait mouiller tout à l’heure. Oublié Élise. Ce phallus dressé que sa bouche engloutissait, c’était le clito de Noëlle.
Des ondes de ce plaisir trop longtemps ignoré envahissaient son corps en vagues déferlantes. Il perçut la jouissance de Noël, mais il continua sa fellation. Etait-ce encore une fellation ? Il pompait ce dard pour en extraire la substantifique moelle. Il en voulait. Il lui en fallait encore et encore.
Source tarie. Main sur sa tête qui criait « stop ». Peu à peu, Ludo recouvra la raison. Bien sûr, que ce n’était pas Noël. Peu importe, son excitation ne tomba pas pour autant. Sa bouche remonta le long du corps d’Amine, à la recherche de ses lèvres.
(à suivre…)