| n° 09648 | Fiche technique | 19876 caractères | 19876Temps de lecture estimé : 11 mn | 06/09/05 |
| Résumé: L'amour au féminin est la plus belle conjugaison du verbe "faire l'amour". | ||||
| Critères: ff jeunes amour volupté massage cunnilingu | ||||
| Auteur : Kiki86 (Mon plaisir, les vraies histoires) | ||||
| DEBUT de la série | Série : ELLE - La naissance d'une colombe Chapitre 01 | Épisode suivant |
L’eau, tiède, coule sur sa peau, en parcourant chaque parcelle. Des gouttes font la course, viennent caresser ces endroits charnus qui plaisent tant aux hommes. Des gouttes ruissellent entre les méandres de ses courbes, investissant ces sillons tant convoités, allant se perdre dans ce délicat et sobre buisson.
Ses mains effleurent son corps, ne cherchant pas à troubler l’instant présent. Ses yeux se ferment, sa respiration est légère, sereine, savourant avec délectation, sans modération, le plaisir qui, doucement, lascif, vient du plus profond de son être. Son corps ondoie, voluptueusement, accompagnant ses mouvements. Ses ongles glissent sur ses seins, jouant avec les tétons, érigés, bandés, fiers et droits, affichant ouvertement leur contentement.
Une main, délicate et gracieuse, s’aventure à la découverte de ce si précieux trésor, source infinie de sa volupté. La moiteur du lieu, la chaleur qui l’entoure, le bien-être qui l’envahit, l’entraînent dans une douce torpeur. Lentement le plaisir enfle, grandit, l’emplit, la remplit, augmente, encore et encore, cherchant inexorablement à se libérer, onde de jouissance, tsunami dévastateur. Ce râle, expression de son abandon, à lui seul signifie sa capitulation.
Ses yeux s’ouvrent, son regard est loin, là où seul le plaisir règne, là où ce corps s’est donné, a succombé à l’amour.
Reprenant petit à petit ses esprits, ELLE s’éveille à la réalité et sort de la cabine de douche. ELLE se sent bien, légère, amoureuse. L’amour est une chose merveilleuse, un état de grâce permanent, transcendant, sublimant chacun.
ELLE se regarde dans le miroir, se trouve belle et ELLE a raison, ELLE l’est. D’ailleurs, son amie le lui a dit hier soir. ELLE aime l’image qui lui est renvoyée, image de cette jeune femme, narguant l’âge du haut de ses dix-huit ans. De ce corps bien formé, de ce visage radieux. ELLE passe une main dans ses cheveux blonds et ondulés, dévoilant l’oreille, pensant encore à cette soirée magique, à leurs corps se mêlant.
La rêverie prend fin et laisse enfin place à l’existence.
ELLE termine sa toilette, s’habille et quitte la salle de bain. La journée sera longue. Le soir semble être si loin pour arriver au moment de leurs retrouvailles. ELLE descend, prend son sac, sort de la maison, se dirigeant vers l’arrêt du bus. Durant tout le trajet, ELLE est assise, regardant par la vitre, mais ne voyant pas les maisons qui défilent sous ses yeux. Ne voyant pas les rues et les quartiers qui se succèdent, ne remarquant pas les personnes qui s’assoient successivement à son côté. Le bus s’arrête, c’est le terminal. Les étudiants courent, marchent, se parlent, crient, rient, chantent, ELLE, ELLE avance en silence, un sourire sur son visage, ses livres serrés sur sa poitrine.
***
La phrase la tire de ses songes. ELLE se retourne et voit Fred qui arrive à petites foulées, la rattrapant. Fred à vingt ans, il suit les mêmes études et aimerait bien pouvoir sortir avec elle. Quand il a appris que c’était dans les bras de Marie qu’ELLE avait trouvé le bonheur, il lui avait souhaité tout l’amour possible, en précisant qu’il savait être patient.
La porte de la classe se ferme juste au moment où ils arrivent. La journée se passe sans grande surprise, comme toutes les autres journées d’école. Tout compte fait, la fin de l’après-midi arrive vite. Le retour lui semble plus long que l’aller. Son cœur bat plus vite, plus fort.
***
Son cœur s’emballe, une douce chaleur l’envahit, ses joues s’empourprent.
ELLE monte les marches rapidement, se dirigeant vers sa chambre, anticipant en pensée la suite de la soirée.
***
Te préparer et te faire belle…
Oui, ELLE se fera belle pour son amante. D’abord une douche rapide. ELLE choisit des dessous en dentelle et broderie, ensemble coordonné de couleur pêche. Des bas autofixants du même ton, à large bord de dentelle, viennent compléter le tout. Une touche d’essence de vanille délicatement appliquée pour titiller les sens. Pour masquer le tout, une robe beige, aérienne, légèrement décolletée devant et ajourée dans le dos. Une touche de mascara, un soupçon de rouge sur ses lèvres, le collier que Marie lui a offert autour de son cou, la voilà parée pour faire plaisir à sa belle. Il reste encore un peu de temps, ELLE décide d’allumer la radio, la musique est douce, le texte de circonstance.
Deux femmes qui se tiennent la main
Ça n’a rien qui peut gêner la morale
Là où le doute s’installe
C’est que ce geste se fasse sous la table…
La sonnette retentit, son cœur s’accélère, son souffle devient court.
ELLE descend les marches quatre à quatre, manquant même de tomber. Marie est là, la regardant avec envie, vêtue d’un pantalon et d’un chemisier crème, ses cheveux attachés en arrière. Pas de maquillage, pas de bijoux. Elle est presque masculine ce soir. Elle lui sourit et s’approche pour lui faire la bise.
ELLE met de légers escarpins beiges et se dirige vers la porte.
Sa mère tend sa joue pour y récolter un rapide baiser.
ELLE l’a regarde, surprise, se demandant ce que signifie cette phrase.
ELLE sort tout en pensant à ce que vient de dire sa mère, Vous êtes bien ensemble… Se pourrait-il qu’elle sache ? ELLE se retourne, sachant pertinemment qu’elle est restée dans l’encadrement de la porte, attendant que la voiture soit au loin pour rentrer. Le visage qui la regarde lui sourit, un clignement d’œil, oui, elle le sait ! Un étrange sentiment l’envahit, mélange de gêne et de fierté, gênée d’être découverte, fière de sa mère.
Marie, galante, attend à la voiture, tenant la porte ouverte.
Frantz ! Rien que ça ! Marie va se ruiner ! C’est la meilleure table de la région !
***
Le dîner est magnifique, le cadre superbe, l’ambiance romantique. Le regard des hommes se posant sur ELLE, l’envie de Marie qui la dévore des yeux, les caresses discrètes, du bout des doigts sur sa main, bref tout est un régal. Le retour se fait en silence, chacune si excitée qu’elles ne veulent prononcer aucun mot de peur de rompre le charme.
La voiture s’arrête devant l’immeuble où habite son amante. Elles sortent, prennent l’ascenseur, ne se regardant pas, ne se touchant pas, frémissantes, tremblantes sous les vagues de désirs qui les assaillent, ouvrant la porte de l’appartement et s’y engouffrant rapidement. La porte se referme, alors leur amour se déchaîne.
***
Quand elles sont seules, comme elles n’ont rien à perdre
Après les mains, la peau de tout le reste
Un amour qui est secret
Même nues, elles ne pourraient le cacher
Alors, sous les yeux des autres
Dans la rue, elles le déguisent en amitié
L’une des deux dit que c’est mal agir
Et l’autre dit qu’il vaut mieux laisser dire.
Ce qu’ils en pensent ou disent ne pourrait rien y faire
Qui arrête les colombes en plein vol
À deux au ras du sol
Une femme avec une femme
Je ne veux pas les juger
Je ne veux pas jeter la première pierre
Et si, en poussant la porte
Je les trouve bouche-à-bouche dans le salon
Je n’aurais pas l’audace de tousser
Si ça me dérange, je n’ai qu’à m’en aller
Avec mes pierres, elles construiraient leur forteresse
Qui arrête les colombes en plein vol
À deux, au ras du sol
Une femme avec une femme
L’une des deux dit que c’est mal agir
Et l’autre dit qu’il vaut mieux laisser dire
Ce qu’ils en pensent ou disent ne pourrait rien y faire
Qui arrête les colombes en plein vol
À deux, au ras du sol
Une femme avec une femme
Qui arrête les colombes en plein vol
À deux, au ras du sol
Une femme avec une femme
***
Elles s’enlacent, appuyées contre la porte. Leurs mains courent sur leur corps, dégrafent, déboutonnent, ôtent tous ces vêtements qui les entravent, ne laissant que les sous-vêtements. Leurs bouches ont fusionné dans un baiser fougueux, lèvres contre lèvres, langue contre langue. Ainsi collées, telles des siamoises, elles se dirigent vers la chambre, antre sacré de leur amour, lieu de tous les délices.
***
Elles y entament un langoureux slow, sur une musique qu’elles seules entendent, s’embrassant à perdre haleine. Leurs corps se cherchent, leurs mains les explorent. Tout en continuant leur lente danse, arrivent près du lit et s’y allongent, ELLE sur le dos, s’offrant sans retenue, Marie la regardant avec envie.
Les yeux fermés, le souffle court, ELLE attend le bon vouloir de son amante et c’est avec délectation qu’ELLE accueille les caresses. Les mains, douces et chaudes, effleurent sa peau, cherchent à la faire réagir, sans vraiment toucher, provoquant chair de poule et frémissements. Les caresses se font plus appuyées et deviennent massage. Massage de ses pieds, qui lui provoque une grande sensation de bien-être, de ses cuisses, continuant à la décontracter. ELLE se retourne et se met sur le ventre. Massage de ses hanches remontant sur tout le dos jusqu’aux épaules, dégrafant au passage le soutien-gorge. C’est divin, elle respire avec lenteur, presque endormie. Jamais les garçons n’ont pris le temps de lui faire autant de bien, trop pressés qu’ils étaient de vouloir la prendre.
Une bouche remplace les mains, embrassant chaque centimètre de sa peau, la goûtant, commençant par sa nuque, ses épaules, continuant le long de sa colonne. Délicatement, on lui ôte sa culotte, ELLE lève son bassin pour faciliter la tâche et est maintenant nue. Les baisers reprennent, d’abord sur ses fesses, puis sur ses cuisses et remontent sur ses fesses. Une langue vient se joindre à ses douceurs, commençant l’exploration de son sillon, descendant lentement vers ces trésors, secrètement convoités. ELLE replie ses jambes sous elle, cambre son dos, offrande à la concupiscence, vestale sur l’autel d’Éros.
***
La bouche vient au contact de ses lèvres intimes, embrassant, bouche à « bouche » pour leur redonner vie, jouant de la langue, cherchant à séparer ses chairs. Son corps se tend, cherchant le contact, se cambrant plus. Sa respiration augmente, cette chaleur tant attendue commence à l’envahir.
La bouche continue à descendre, change de sens, un souffle sur sa toison, la langue vient de trouver le capuchon de son bourgeon encore caché. Marie commence à le titiller, à le lécher, à l’aspirer, le provoquant, attendant le moment où il se montrera pour le capturer et ne plus le lâcher. Alors qu’il se darde fièrement hors de sa protection, elle le mordille avec délicatesse puis le console en le suçant, recommençant encore et encore. Le corps au-dessus d’elle est pris de tremblement, c’est le moment qu’elle attendait pour accélérer le rythme, aspirant, suçant, léchant, encore plus fort, augmentant la pression.
Des gémissements, saccadés, emplissent la pièce, expression du plaisir. ELLE sent la jouissance la parcourir, vagues de chaleur successives enflammant ses sens. Ses muscles se bandent, son intimité, ses tétons et ses lèvres se gorgent de sang, rendant ses zones encore plus sensibles, plus érogènes, les spasmes arrivent, suivis de la jouissance, forte, grande, terrassant tout sur son passage, ne laissant plus qu’une femme repue, euphorique.
***
Marie se retire, laissant ce corps alangui se reposer. Elle termine de se dévêtir, ôtant ses dessous, allant à la cuisine chercher deux verres et une bouteille de vin. De retour dans la chambre, elle contemple le spectacle qui s’offre à elle, savourant par avance la suite de leurs ébats.
Marie s’assoit sur le lit à côté de sa belle, lui déposant un baiser léger sur la joue.
ELLE se redresse et s’assied en tailleur face à son amante, offrant par la même occasion une vue parfaite sur son intimité. Le vin est bon, elles le dégustent sans échanger de paroles, se regardant, communiquant par de simples regards, communiant, étant en osmose parfaite. La boisson faisant effet, les esprits se font plus libres, plus vagabonds. ELLE décide de se blottir dans les bras de Marie, se love contre elle. Petit à petit la bouteille se vide, la griserie laisse place à la somnolence, la somnolence à un doux sommeil. Leurs visages sont radieux, souriant, en les observant on pourrait croire qu’elles continuent à communier.
***
C’est la fraîcheur de la nuit qui réveille Marie. ELLE est toujours blottie, la tête contre ses seins. Lentement, pour ne pas la réveiller, elle se déplace et l’allonge, tirant le drap pour la couvrir. Ses mains se déplacent sur ce corps endormi, caressant ce ventre, effleurant ces seins, redescendant, longeant les cuisses, tantôt à l’extérieur, tantôt à l’intérieur, remontant vers cette intimité, cherchant du bout des doigts ces lèvres, grandes et petites.
À leur contact, les jambes s’écartent, abandonnant ainsi son puits d’amour à l’assaut des conquérants. Ceux-ci ne se font pas prier et entament une lente exploration des lieux, investissant chaque sillon, chaque méandre, se rapprochant de plus en plus, à coup de petits doigtés de cette grotte déjà suintante de plaisir.
La pénétration se fait donc dans la plus grande douceur, facilitée par l’état d’excitation. Le doigt entre et sort, tournant légèrement, chaque mouvement cherchant à provoquer le maximum de sensations. Un deuxième vient bientôt le rejoindre, augmentant la pression, allant plus rapidement, plus intensément.
Toujours endormie, ELLE pousse de petits gémissements. La bouche ouverte, ELLE respire rapidement, cherchant de l’air pour ce cœur qui bat, bat, toujours plus rapidement. Frissons, tremblements, tension grandissante, Marie guette tous ces signes, les interprétant à la perfection, augmentant la puissance de ses va-et-vient, sentant les chairs se contracter, palpiter autour de ses doigts, sentant le plaisir s’écouler.
Un étau les enserre, le souffle devient court, ELLE se raidit, prise de spasmes et se relâche tout d’un coup, libérant un flot de jouissance, inondant doigts et main. Ses joues sont roses, un filet de sueur couvre son corps.
ELLE n’a pas ouvert les yeux, ne s’est pas réveillée. Maintenant ELLE dort paisiblement d’un sommeil réparateur. Marie se blottit contre ELLE, l’embrasse et à son tour rejoint les bras de Morphée.
***
C’est la lumière qui la réveille. ELLE se sent bien. Tout son être est repu, comme si ELLE avait fait l’amour toute la nuit.
D’ailleurs, en y repensant, elle se souvient de ce rêve charnel et intense. De ce rêve où Marie lui fait l’amour. Marie qu’ELLE sent blottie contre son corps. Son bonheur est grand. Il la submerge.
Des larmes coulent le long de ses joues. ELLE est tellement heureuse, tellement amoureuse, pourquoi pleurer, si ce n’est de joie.
**********
Des larmes coulent le long de ses joues, ce matin c’est la douleur qui l’a réveillée.
Son corps lui fait mal, son corps souffre, enveloppe désincarnée, disloquée. Oui, ELLE nargue la vie du haut de ses dix-huit ans et fait un pied de nez à la mort qui n’a pas voulu d’ELLE et l’a recrachée.
Il est sept heures à la pendule murale, l’infirmière ne devrait pas tarder maintenant. Marie va entrer par cette porte, toute de blanc vêtue, tel un ange, ange de miséricorde, venant une fois de plus la soulager et la réconforter.
ELLE aime Marie, mais comment Marie pourrait-elle aimer une fille comme ELLE, infirme ?
Quelqu’un frappe à la porte et l’ouvre.