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Questions posées aux auteurs par rapport aux appréciations du jury
· Pensez-vous que les jurés aient compris le sens de votre texte ?
· Pensez-vous que la critique est justifiée ?
nb : Les commentaires des jurés ont été communiqués aux auteurs avant publication des résultats, mais sans notes ni classements.
Chaque lecteur réagit à l’histoire qu’il lit avec sa propre sensibilité. Il adhère ou pas à l’histoire imaginée par l’auteur. Mais, il suffit d’un mot pour que la magie opère. Pour jouer le jeu, sans vouloir expliquer mon texte, voici quelques remarques suite aux commentaires des jurés.
Chacun l’a bien compris, la Tour Eiffel est le fil conducteur de mon histoire, Gustave Eiffel n’apparait que dans les dires de Charles-Henri. La première et la dernière fois, c’est bien la construction de la tour, Charles-Henri le dit clairement à Lison. Cette tour est unique encore aujourd’hui, avec quelques copies de par le monde.
Une histoire d’amour peut-elle être originale ? N’est-ce pas toujours un peu la même chose. Un couple s’aime et se déchire. L’originalité vient du style et du contexte. J’ai écrit cette histoire comme un film par une succession de tableaux. Des tranches de vie, dans un décor fin XIXème abritant les amours d’une midinette et d’un jeune dandy héritier d’une famille d’industriels. Une histoire d’amour, mais aussi une étude des mœurs de l’époque.
A part les personnages et un lieu fictif, tout est exact de la maison de couture aux sociétés de Chemin de Fer, en passant par la construction de la tour, certaines personnalités, et les articles des journaux, pardon, des gazettes de l’époque.
Pour créer cette ambiance, en évitant des termes trop modernes, j’ai essayé d’employer un ton et des expressions plongeant les lecteurs cent cinquante ans en arrière.
Je commence souvent par écrire la fin, ce que retient le lecteur. Adepte des happy end, j’ai préféré celle-ci plus réaliste. Le terme du juré 6 est très juste, une fin douce-amère, mais elle n’est pas triste.
La condition des femmes n’est pas celle d’aujourd’hui. Lison l’accepte, elle est heureuse avec ses enfants et un mari qu’elle aime sincèrement. Juste la nostalgie de sa jeunesse. Charles-Henri est aussi une victime, sa mère a négocié son épouse, pour son « bien », il n’a pas eu le choix d’aimer selon son cœur. Sa femme lui a donné des enfants, mais il va au bordel chercher un peu de chaleur humaine.
Drôle de mœurs. C’était la France de la troisième République.