Revebebe
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Complément auteur
Retours de l'auteur après consultation des commentaires du jury
du concours « C'est la première et la dernière fois »


Appréciations du jury Voir le texte Fiche technique Fiche collection Résultats du concours


Questions posées aux auteurs par rapport aux appréciations du jury

· Pensez-vous que les jurés aient compris le sens de votre texte ?

· Pensez-vous que la critique est justifiée ?


nb : Les commentaires des jurés ont été communiqués aux auteurs avant publication des résultats, mais sans notes ni classements.



Amis lecteurs, amis jurés, amis participants,


Puisqu’on me demande de commenter les commentaires, allons-y Alonso ! (spécial dédicace à Bebel, « le Magnifique », le presque saint patron des gonziers et des gonzesses qui tapent sur leur Remington ou leur Macbook des histoires à coucher debout, parfois bien loin de leur morne quotidien et de la belle Jacqueline Bisset).


Et avec d’autant plus de plaisir que dans mon cas, ce n’était pas la première, mais sans doute la dernière fois ! Ni par lassitude, ni par dépit, mais tout simplement parce qu’il ne faut pas abuser des bonnes choses ! Ma seule crainte pour ce concours était qu’il soit aussi sinistrement désert qu’un dancing au plus fort de la vague Omicron. Du coup j’ai vite, très vite torché un petit délire, trop vite comme toujours, mais ça me permettra quoi qu’il arrive de pouvoir prétendre avoir été premier quelque part, le cachet de la poste et Charlie, Loaou et le Grand Gufti des lettres érotiques faisant foi ! (Merci et bravo à tous les trois !)


La première, la plus belle nouvelle, c’est que vous avez été 15 à faire ensuite comme moi ! Mon plus grand bonheur dans un concours est de lire ce que toutes ces caboches recouvertes d’un masque et pourtant gagnées par le virus du clavier font d’un même point de départ. 16, c’est inespéré ! Du coup, la prochaine fois, si le variant gloubi-boulga me prête vie, je postulerai plutôt à un siège au Sénat du jury, même si ça ne me rajeunira pas ! Je pourrai donc découvrir tout le champ des possibles en loge VIP et sans attendre (même si je note que Pericles est un peu déçu par le service traiteur).


Et puis l’autre, la belle, la plus réjouissante récompense, elle vaut pour moi tous les lauriers, je la dois au juré N° 3 : « je pense même que seule une femme peut avoir ces réparties tellement pointilleuses » Merci à toi, qui que tu sois (bien que j’aie une petite idée), tu n’as pas été très perspicace, mais tu m’as fait le plus beau des compliments ! Dans toutes les petites fictions que je publie ici, je m’efforce d’alterner par politesse les registres, les styles, mais aussi les genres des personnages. Alors si quand je tâche de me mettre dans la peau d’une femme, je fais illusion, c’est Byzance ! Broadway ! Alleluia !


A part ça ? Attendez, je chausse les binocles dont je dois depuis peu me munir (quand je vous dis qu’on ne rajeunit pas) et je lis le bulletin : blablabla … le thème… plutôt respecté… plutôt bien alors …blablabla… ah oui, le presse-purée dans le fion… pour Marc Dorcel, je sais pas, n’étant pas vraiment client, et c’est vrai que c’est moyennement affectueux, mais sexuel, vous trouvez, vraiment ? J'avoue que je ne pratique pas. Pour ma défense, j’y avais pensé, et j’avais justement mis un point d’honneur et un soin extrême à ce que ce long paragraphe n’use à aucun moment d’un terme directement descriptif ou sexuel, pour qu’il forme davantage une allégorie, une salutation distinguée – si, si - mais toute sincère et personnelle à tous ceux qui pratiquent le cynisme et l’abus de pouvoir, quel qu’il soit.


Je continue… Trop long, trop verbeux … on est d’accord ! Je n’ai comme trop souvent pas pris le temps de faire court ! Je continue… la fin moralisatrice… D’accord, aussi, j’ai eu la main juste un peu trop lourde ! Ah, juré 4, intéressant : « L’héroïne finalement autant cynique que les autres ne m’a pas semblée sympathique Du coup, même le morale finale tombe à plat.» Eh bien voilà une critique qui me fait presque plaisir ! C’était voulu ! Je n’ai pas pondu un texte « me too » (même si inévitablement, le sujet s’invite un peu), je n’aurais pas alors choisi le burlesque, et puis ça dépasse ma capacité de me projeter dans ce qu’ont vécu les victimes, probablement indicible et irracontable. J’ai pondu une farce sur le cynisme. Je suis parti de cette fille qui parle, me suis vite rendu compte qu’elle n’était pas si blonde qu’il n’y paraissait, ne sachant pas encore ce qu’elle dissimulait. Au milieu des épisodes grotesques, j’ai eu besoin de lui offrir un passé, des failles, avec un peu de bienveillance et de tendresse, sinon je n’aurais moi-même pas pu poursuivre cette avalanche de saloperie en direct. Mais je voulais que même la victime ne soit pas tout à fait innocente, que son arrivisme en fasse un autre pion du système.


Voilà voilà, merci à vous tous d’avoir lu, commenté, et noté, et tel l’ami Jean-Paul, je vous salue bien bas, je baise la main de la jurée N°1 en lui tendant une rose (enfin une femme dans ce noble aéropage, et ça me semble plus qu’indispensable), je saute par la fenêtre en tentant la cascade, tant que mon âge me permet de l’envisager sans que ce ne soit suicidaire, j’agrippe le patin de l’hélicoptère, et je vous souhaite à tous de recevoir bientôt l’appel de belles inspirations pour de jolies pages : « Ici Bob Sinclar, j’écoute ! Ah oui, bonjour monsieur. La routine mon général, la routine. Vous dites ? Dévoré par un requin ? Ah ! Dans une cabine téléphonique ? Oui, très bien. »