| n° 23791 | Fiche technique | 7876 caractères | 7876 1415 Temps de lecture estimé : 6 mn |
07/09/26 |
Résumé: Dans leur quête de la soumission, Jules et Juline écoutent un exposé historique de Don. | ||||
Critères: #conte fh religion fsoumise hsoumis | ||||
| Auteur : benoit vitse Envoi mini-message | ||||
Lors de la séance suivante, Don Pascual fit à Jules et à Juline une conférence sur l’origine de l’érotisme.
Vous savez bien ce qu’il s’est passé, et tout le monde le sait. Mais évidemment on ne raconte pas la vraie histoire. À l’origine, il y avait Adam et Ève, c’est exact. Et Dieu les avait créés nus parce qu’Il avait ses raisons. Après la création, Il s’ennuyait un peu. Il faut Le comprendre : une hyper-activité pendant six jours et plus rien pendant des années. Alors, Il espérait se rincer l’œil du haut de sa tour de nuages. Il dit aux deux premiers nudistes : « Croissez et multipliez-vous ! » Dans les premiers temps, Dieu s’était arrangé pour qu’Adam soit stérile. Aussi Il escomptait bien se distraire avec quelques fornications pas piquées des hannetons. Mais ce fut la déception. Il convoqua les deux partenaires pour leur dire ce qu’Il pensait de leur conduite :
DIEU – Enfin, vous pouvez baiser où et quand vous voulez. Personne, à part moi, pour vous regarder ou vous faire la morale et tout ce que je vois, moi, c’est juste Adam qui fourre Ève rapido presto quand elle cueille des fraises ; en deux temps trois mouvements, c’est terminé !
ÈVE – Ah bon, j’avais même pas remarqué, moi… C’est vrai aussi que j’étais de dos…
DIEU – Je vous assure que les singes sont plus imaginatifs.
ADAM – Ah bon, j’avais même pas remarqué, moi…
DIEU – Bon, vous ne m’amusez plus. Vous allez donc quitter l’Éden pour incapacité notoire à m’égayer. Je vous envoie sur la Terre où, je l’espère, vous apprendrez à faire l’amour. D’après mes calculs, il y a au moins une bonne cinquantaine de positions abordables pour tous. Quand vous y arriverez, faites-moi signe. Vous me trouverez facilement : je suis au septième ciel.
Adam et Ève débarquèrent donc sur la Terre. Il faisait froid et ils durent se vêtir, ce qui n’améliora pas leurs performances sexuelles. Oui, ils avaient des rapports ; leur naquirent Caïn et Abel. Mais ils ne voyaient pas le rapport (surtout Ève qui était toujours de dos). Voyant le désastre, Dieu leur envoya un missionnaire pour qu’il leur montre la position dudit missionnaire. Il fit une démonstration avec Ève. Puis, pour la première fois, Ève se retrouva face à Adam et en dehors du champ de fraises.
ÈVE – Ah, alors c’était donc toi qui me…
ADAM – Qui veux-tu que ce soit ?
ÈVE – Je ne sais pas… C’était peut-être un ange qui…
ADAM – C’est ça, parle-moi du sexe des anges !
MISSIONNAIRE – Bon, c’est pas tout ça. J’ai encore de la route et pas mal d’empotés à dégrossir.
Dieu fut plus attentif à ses créatures. Il nourrissait quelques espérances sur ces deux-là et se réjouissait à l’idée d’assister à quelques belles baises. Mais voilà que Caïn tue Abel, et on comprend bien que ce fut un drame pour les parents qui se morfondirent dans la tristesse et la rancœur :
ADAM – Tu vois, ton sale gamin, tu lui as toujours tout laissé faire. On voit le résultat, pouffiasse !!!
ÈVE – C’est un garçon, alors c’était à toi de l’éduquer ! Merde alors !
Bref, il était loin le temps de l’amour libre.
Dieu se dit :
DIEU – Ce Caïn m’intéresse. Il a du tempérament. Je vais lui faire dire que s’il n’a rien à faire, il pourrait passer par Sodome, comme ça, pour voir… Ça peut ouvrir des perspectives.
Et Dieu créa la sodomie. Une étape décisive dans l’histoire de l’humanité. Avec un programme pour la première fois bisexuel. Le Grand Ordonnateur de Tout commençait à s’amuser avec toutes ces variantes. Mais il reçut un jour un message des hommes transmis par l’archange Gabriel :
DIEU – Entre Gabi, mon ange.
GABRIEL – Si je me permets de vous interrompre dans la vision d’un sodomite actif sodomisant un sodomite passif, c’est que j’ai une requête formulée par les humains.
DIEU – Voyons un peu.
GABRIEL – Vos créatures vous appellent à l’aide. Parce que la sodomie, c’est bien joli, mais…
DIEU – C’est super joli, tu veux dire !
GABRIEL – Oui, c’est super joli, si vous voulez, mais on ne peut pas faire que ça… Bref, les peuples du monde se plaignent de ce que, bien souvent, bien trop souvent, neuf mois après avoir fait l’amour, un enfant vient tout gâcher. Il y a déjà trop d’êtres humains sur Terre et en plus, un enfant, c’est sale, ça pleure, ça réclame…
DIEU – Prenez une bêche et montrez votre tête. De mon côté, discrètement, j’enverrai quelques signes dont j’ai le secret.
Gabriel, sans trop comprendre, montra sa tête accompagnée d’une bêche aux peuples du monde.
PEUPLES DU MONDE – Et alors, ça veut dire quoi ? Il ne peut pas s’exprimer comme tout le monde ?
GABRIEL – Ben non, puisque c’est Dieu.
PEUPLES DU MONDE – D’accord, mais là, on ne comprend rien.
GABRIEL – Pour tout vous dire, je n’ai pas pigé non plus.
C’est alors qu’apparut dans le ciel une étoile filante qui dessina un 6 dans l’azur. Puis une autre qui dessina un 9 dans la voûte céleste.
GABRIEL – 69 ! Voilà, j’ai compris. La tête et la bêche ! Tête-bêche ! C’est génial !
PEUPLES DU MONDE – Ah oui ! C’était pas dur ! On n’a pas trouvé, mais faut dire aussi qu’on est un peu con.
Dieu avait réussi son coup : une nouvelle position et pas de risque d’avoir un enfant. Il se frottait les mains, car cela convenait dans tous les cas de figure : homme-femme, homme-homme, femme-femme. Mais Il trouvait que cela n’allait pas assez vite. Il s’ennuyait un peu vu que les peuples n’étaient pas trop inventifs pour diversifier les positions, Il envoya son fils pour prouver que si on pouvait baiser sans enfanter, on pouvait également enfanter sans baiser. Jésus rencontra la prostituée Marie-Madeleine, on connaît la suite et ce fut un grand pas pour l’humanité.
Puis, fatigué par tant d’ingéniosité, l’Être Suprême se reposa sur un dieu indien qu’il avait rencontré un soir d’espionnage sexuel. Ce dernier lui conseilla le Kama Soutra, tout y est, lui dit-il. Maintenant il y a autant de positions que de sortes de courgettes. Et désormais certains s’envoient en l’air et atteignent parfois le septième ciel, que Dieu leur avait promis.
Voilà la véritable histoire.
JULES – Et c’est comme ça qu’est venue aussi la soumission ?
DON – Non, c’est un peu plus tard. Vous l’entendez bien : il y a eu le missionnaire, les missions. Puis ensuite, les sous-missions. C’est venu quand Dieu a dit : Humiliez-vous ! Vous n’êtes rien qu’un peu de poussière, bande de ratés ! Celui qui s’abaisse connaîtra le Royaume des Cieux. Enfin, c’est à peu près ça, qu’Il a dit. En fait, la vraie phrase c’est : « Parce que tu t’es humilié devant moi, parce que tu as déchiré tes vêtements et que tu as pleuré devant moi, moi aussi, j’ai entendu, dit l’Éternel. » Oui, sinon Il n’entend pas. Vous savez bien, on vous l’a dit et répété : Dieu voit tout ce que vous faites ! Le bien, le mal, Il voit tout. L’Éternel est voyeur, c’est là son moindre défaut. Bon, j’espère que vous avez pris des notes. On va commencer la séance pratique. Allez, on déchire ses vêtements et on pleure. Je peux aider avec des ciseaux et une badine, même si on ne badine pas avec Dieu, ajouta-t-il finement.
Jules réussit à déchirer chemise et slip grâce à ses muscles de tennisman. Juline fit appel aux ciseaux si généreusement proposés. Elle aimait sentir la lame froide du métal découpeur sur sa peau frissonnante de peur et d’aise à la fois. Elle coupa, coupa, coupa, recoupa chemisier et soutif. Puis elle introduisit l’outil tranchant dans sa culotte et elle se mit à pleurer : un shorty en microfibre, soie et dentelle… Mais sous l’œil implacable de Don (et probablement de Dieu) elle s’exécuta. Les lames touchaient avec cadence les grandes lèvres qui frémissaient de se retrouver aussi nues pendant que le ciseau mastiquait la dentelle.
Jules ne pleurait pas. Don lui demanda s’il pouvait l’aider à lui faire venir les larmes. Il se présenta face à lui avec des ciseaux menaçants dans la main droite et une badine flexible et cruelle dans la gauche. Jules désigna néanmoins la main gauche. Don lui cingla les fesses sans ménagement. Jules pleura de joie.