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n° 23790Fiche technique16038 caractères16038
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Temps de lecture estimé : 12 mn
06/09/26
Présentation:  Un homme frustré est interpellé par l’existence d’une aire d’autoroute bien étrange…
Résumé:  Un homme frustré sexuellement découvre l’existence d’une aire d’autoroute où d’autres hommes dans le même cas se retrouvent la nuit pour soulager leurs envies les plus inavouables.
Critères:  #psychologie #société #initiation #regret #confession #gay #bisexuel #voyeur #exhibitionniste #fellation #lieuderencontre #lieupublic hh hhh sales forêt parking voir exhib hmast intermast fellation hdanus hsodo partouze
Auteur : Blue      Envoi mini-message
Aire de la détresse

Cela fait cinq ans que je vis dans cette ville à deux cent cinquante kilomètres de ma ville natale. Ce n’est pas par plaisir que je me suis déraciné, mais par nécessité. Pour y faire mes études tout d’abord, et ensuite pour y travailler. Le poste accepté dans la région ne devait être qu’une première expérience professionnelle, mais il s’est révélé plus intéressant qu’initialement, et je me suis habitué à la région au fil des années.


Ma vie amoureuse n’est pas spécialement au beau fixe. J’ai certes rencontré quelques femmes, mais je n’ai jamais su nourrir une relation pour qu’elle soit durable. D’une part, j’ai toujours été très engagé, je dirais même trop, dans mes études et mon travail – je n’ai jamais été très attiré par les sorties étudiantes et ensuite par les afterworks, et je suis sans doute passé à côté de beaucoup d’opportunités –, et d’autre part, je ne brille objectivement ni par une personnalité brillante, ni par un humour subtil, et encore moins par un physique d’Apollon. Je suis au contraire assez banal, voire ennuyeux, objectivement… avec un petit agrément disgracieux : un surpoids de l’ordre de vingt kilos.


Si le manque d’affection de la part d’une femme est une chose, le manque de sexualité en est une autre, particulièrement dure à porter en tant qu’homme. Chaque femme que je croise dans ma vie personnelle et professionnelle passe systématiquement par une petite case de mon cerveau qui évalue consciemment ou non mon niveau d’attirance pour cette personne et me fait imaginer un hypothétique acte sexuel avec elle. Plein de questions me traversent l’esprit : est-elle plutôt du genre sage au lit ? A-t-elle un appétit sexuel important ? Que porte-t-elle sous sa jupe ? S’est-elle masturbée ce matin ? Préfère-t-elle utiliser sa main droite ? Lesquels de ses doigts fourre-t-elle en elle ? Aime-t-elle prendre un sexe dans sa bouche ? C’était quand la dernière fois ? Hier soir ? Ces mécanismes nourrissent beaucoup d’envies, mais surtout beaucoup de frustrations. Si je suis pour ma part bien incapable de faire du mal à quelqu’un, je comprends que certains hommes dénués de bienveillance, affamés sexuellement, peuvent en arriver à des actes non consentis pour avoir l’occasion de se soulager, même si je ne cautionne aucunement.


Une masturbation matinale quotidienne systématique permet de réduire sensiblement mes symptômes de manque pour la journée à venir. C’est devenu indispensable. Je prends conscience de la détresse sexuelle dans laquelle certaines personnes, majoritairement masculines, peuvent se trouver.


Aussi, j’ai déjà eu recours à des services sexuels « tarifés » auprès d’escort-girls qui m’ont offert, ou plutôt vendu, des moments d’évasion, l’illusion magnifique, bien qu’éphémère, de compter pour une femme, d’être important à ses yeux, d’être désirable. Même si certaines méritaient un César pour le réalisme de leur performance, cette illusion sonne souvent très faux à en voir leur sourire forcé ou à entendre leurs soupirs de plaisir simulés. Tout cela s’avère de bien courte durée. Le sentiment est toujours partagé entre « je ne ferai plus jamais ça » et « waouh, je viens d’avoir un rapport sexuel avec une femme absolument magnifique, je me sens bien ! ». Je reste persuadé que leur existence est plus que nécessaire. Légiférer leur permettrait sans doute de mieux les protéger des clients violents et des réseaux prostituant des femmes contre leur volonté.


Un jour, en voiture, une connaissance me désigne une aire d’autoroute en ricanant, tout en me déconseillant de m’y arrêter au vu de ce qui s’y passerait le soir, soi-disant. Curieux, je lui demande des explications.



Sans doute étais-je un peu naïf, je ne savais pas que ça existait ! Depuis ce jour, je repense à sa remarque à chaque fois que je passe devant cette aire d’autoroute. Cela m’interpelle et fait naître une curiosité malsaine en moi. Je ne peux m’empêcher de réduire un peu ma vitesse et de tourner la tête pour essayer d’y voir vaguement ce qui s’y passe. Une chose est sûre : il s’y trouve toujours beaucoup de voitures, à toute heure du jour ou de la nuit.


Un soir en particulier, je revenais d’une petite fête professionnelle ; j’avais consommé juste assez d’alcool pour me sentir détendu tout en ayant mes capacités à prendre le volant sans mettre personne en danger. L’idée de m’arrêter sur cette aire m’est passée par la tête. Il devait être 23 h 45 et j’étais étonnamment très excité à l’idée de m’y arrêter en mode agent secret en mission d’observation.


Lorsque j’ai enclenché mon clignotant pour signaler ma sortie de l’autoroute pour rejoindre cette aire, j’ai immédiatement eu le sentiment que les voitures me suivant m’avaient directement identifié comme l’un de ces hommes, un de ces détraqués sexuels, un de ces pervers, qui cherche une aire à des heures tardives pour y avoir des actes sexuels déplacés. Je guettais dans mon rétroviseur un éventuel appel de phare moqueur : « je t’ai vu, petit coquin ! », mais ce ne fut heureusement pas le cas. Déjà là, je sentais une chaleur interpellante au niveau de mon sexe.


Une fois sur l’aire, j’ai roulé très doucement à côté des voitures déjà stationnées, en observant et cherchant la meilleure place où me garer pour voir le maximum de ce qui se passe en ce lieu, tout en étant le moins visible. Peine perdue…


Il devait y avoir sept ou huit voitures ce soir-là. Soit un homme seul était au volant dans l’une ou l’autre, semblant attendre éternellement que je ne sais quoi se passe, soit il n’y avait plus personne au volant, suggérant que le ou les occupants du véhicule ne pouvaient se trouver que dans le seul autre lieu possible à cet endroit : les bosquets présents sur cette aire !


Je suis resté là, avec le cœur qui tambourinait dans ma poitrine. Un mélange de peur, d’appréhension, et étonnamment, d’une forte excitation sexuelle.


Un jour, j’ai posté une petite annonce sur un site de rencontre. Cette annonce, comme souvent, a eu très peu de succès, aucune femme n’ayant répondu. J’ai cependant eu pas mal de propositions très inattendues d’hommes qui me proposaient des relations sexuelles sans lendemain et sans « bla bla » comme ils disent. « Tu entres chez moi, je te suce, tu n’as qu’à fermer les yeux et imaginer la fille de tes rêves, tu éjacules dans ma bouche, et tu pars… Pas besoin de taper la causette, c’est juste du sexe ». Si j’ai toujours répondu par la négative à toutes ces propositions, j’avoue que… j’ai parfois pris quelques secondes à envisager de dire oui avant de me raviser avec une « auto-baffe » en prime.


Qu’est-ce qui m’arrive ? Je n’ai pourtant jamais été attiré par des hommes ! Je me sais clairement hétéro. Mais sans doute suis-je un hétéro frustré… en manque de sexe… blessé par la vie et avec un amour propre bien ébranlé, comme la majorité de ces hommes croisés en ligne, qui n’ont rien d’homo.


Bref, l’idée de croiser Jean-Claude, 65 ans, barbu, bedonnant, sentant la sueur, ne suscite pas la moindre excitation chez moi… Désolé Jean-Claude… On est tous le « Jean-Claude » de quelqu’un, comme je le suis assurément moi-même vis-à-vis de la majorité des femmes que je croise dans mon quotidien.


Et pourtant, l’excitation sexuelle est bien là. C’est sans doute le lieu qui me fait ça, l’interdit peut-être, ou le fait de savoir qu’il se passe des choses dans la pénombre, qu’il doit y avoir là-bas, dans ces fourrés, des personnes en manque de sexe en train de s’autoriser à prendre du plaisir entre elles.


Alors que je suis là depuis moins de deux minutes, une autre voiture passe à côté des voitures garées, dont la mienne. J’entraperçois le conducteur. Il regarde, curieux. Il sait lui aussi très bien pourquoi il est là… Hésitant, celui-ci réaccélère et repart finalement, insatisfait. Une deuxième voiture arrive, fait de même, mais se gare. J’observe… L’homme sort de la voiture, capuche sur la tête, verrouille sa portière et, en habitué des lieux, se dirige directement vers les bosquets. Je le perds rapidement de vue dans la pénombre, mais cela me permet de remarquer la présence d’un petit passage permettant d’entrer dans la végétation.


Quelques minutes plus tard, un homme, qui était jusqu’à présent resté cloué à son volant, se décide à sortir de sa voiture. La cigarette qu’il s’allume n’est assurément qu’un prétexte. Il marche le long des voitures garées, marque un temps d’arrêt à la fenêtre passager de chacune d’entre elles, visiblement en quête d’une éventuelle invitation de la part d’un des conducteurs.


Je ne sais pas comment tout ça fonctionne. Je ne connais ni les codes ni les usages, mais nous sommes bien tous là avec la même attente : du sexe. Je me surprends à fantasmer à l’idée qu’il s’arrête à côté de ma fenêtre, qu’il puisse ouvrir son pantalon, sortir son sexe… Alors qu’il s’approche, je me surprends à poser ma main sur la bosse de mon jeans et à me caresser. L’homme le remarque, évidemment, et s’immobilise à ma fenêtre. Il me regarde, et voilà qu’il fait de même, il se caresse.


« Merde ! Mais que suis-je en train de faire là ? Avec un mec, en plus… Merde… Putain, je suis quand même vachement excité… »


Tout en restant intouchable, dans le confort et la sécurité de ma voiture, je dégrafe alors mon pantalon, descends ma braguette, abaisse mon pantalon et affiche à cet inconnu mon sexe en érection sur lequel j’applique de lents va-et-vient. Le bout de mon gland perle déjà d’excitation. Pas de doute, il est bien là pour ça aussi, il fait de même.


Soudainement, il tente alors d’ouvrir ma portière verrouillée pour me rejoindre sans prévenir ! Mince ! Je sursaute, je ne m’y attendais pas. Que veut-il faire ? Me sucer ? Me toucher ? Se faire sucer ? Je ne suis pas sûr de vouloir ça… je ne suis pas sûr de vouloir qu’un inconnu entre dans cet espace très personnel qu’est celui de ma voiture. Je lui fais signe du doigt que je ne souhaite pas qu’il entre. Il m’observe encore quelques secondes et opère un demi-tour. Mince, j’ai peut-être loupé une occasion.


À ce stade, il n’est plus envisageable de quitter les lieux sans jouir. Je suis excité au possible. Mon sexe me fait mal tellement je bande dur, mes joues sont certainement de couleur rouge vif. Il faut à tout prix que je me soulage.


C’est alors qu’un homme que je n’avais pas encore vu sort des bosquets. Sur le moment, je réalise la possible provenance de l’expression « sortir du bois ». Il rejoint sa voiture, deux places devant la mienne, démarre et quitte les lieux.


C’est alors que l’idée de sortir et d’aller voir ce qui se passe dans ces bosquets me traverse l’esprit. Je suis parcouru d’un sacré frisson : un mélange de peur et d’excitation. C’est maintenant ou jamais !


Je sors de ma voiture, claque rapidement la porte et marche d’un pas rapide vers les bosquets pour qu’on me voie le moins longtemps possible depuis le parking. Les lumières sont de moins en moins fortes et je m’enfonce dans la pénombre. Ça y est, j’y suis, à voir les petits chemins creusés entre les végétations du bosquet, formant un petit labyrinthe sur quelques centaines de mètres carrés. Il va sans dire que les passages quotidiens sont très fréquents. Je suis surpris de tomber sur un homme qui se tient debout, là, à attendre. Je ne le distingue pas bien dans l’obscurité. Il regarde dans ma direction, ne dit rien du tout. Il passe à côté de moi.


Je fais alors le mec qui vient là pour uriner : je me tourne vers un buisson et sors mon sexe… en érection. Pas très crédible ! Il se poste à quelques mètres de moi, il regarde mon sexe, se caresse à travers son pantalon. Je pivote pour être face à lui, je me caresse également. Un autre homme passe derrière nous, il regarde, mais continue son chemin dans la pénombre. Ce bosquet grouille d’hommes… L’homme cesse de me regarder et continue son chemin, je ne suis visiblement pas à son goût. Je remets mon sexe en place dans mon pantalon et j’adopte moi aussi le comportement des hommes qui m’entourent : chacun avance dans le noir, ne dit rien, regarde, se caresse. Certains se jaugent, se rapprochent, se touchent. Des pantalons se déboutonnent, des sexes dressés se font face et des mains font des va-et-vient sur la verge de l’inconnu d’en face. Au sol, il y a ci et là des mouchoirs, des préservatifs et leurs emballages ; je trouve tout cela répugnant, certes, mais l’heure n’est pas à l’écologie. Ni au dialogue, d’ailleurs. Personne n’est là pour faire connaissance. Discuter ou savoir le prénom du mec en face n’a pas la moindre importance. On préfère même ne surtout pas savoir, ne pas avoir à parler, on préfère ne pas tout à fait admettre ce qui est en train de se passer. L’autre n’est qu’une bite qui bande, des couilles, une bouche qui suce ou un cul prêt à recevoir votre engin. On préfère ne pas risquer de le reconnaître le lendemain au supermarché du coin. Tout le monde est visiblement très gêné par la situation.


Un homme, penché, le pantalon baissé, se tient à un arbre. Un autre, derrière lui, le sodomise. Je vois son sexe et ses couilles se balancer au rythme des coups de hanches de son bourreau. Le sexe d’un inconnu se retrouve bien rapidement dans ma main. J’ai beau avoir le mien en main quotidiennement, je découvre la sensation étrange d’en manipuler un autre, dont les dimensions sont sensiblement différentes du mien, et j’avoue aimer cela. Tout en caressant aussi mon sexe d’une main, il s’aventure de l’autre à baisser mon pantalon et à explorer mon entre-fesses. Je sens ses doigts qui s’insinuent à l’entrée de mon cul. J’avoue être électrisé par ce qui est en train de se passer. Mon excitation est en fusion. Il s’agenouille alors et, tout en me pénétrant d’un doigt, m’offre une fellation mémorable, comme aucune femme ne m’en a jamais offert jusqu’alors. Je me dis sur le moment qu’il n’y a vraiment qu’un homme pour savoir exactement comment faire plaisir à un gland. Dix sur dix, vraiment, rien à dire, les sensations sont absolument magnifiques alors qu’il stimule ma prostate d’une phalange en même temps. Bientôt, je lui serre l’épaule pour lui signaler que je vais jouir, qu’il puisse se retirer à temps, mais je comprends qu’avoir mon sperme dans sa bouche est précisément ce qu’il souhaite. Il s’avère qu’il en recevra une belle quantité. Je ne peux retenir mes gémissements de plaisir et un certain nombre d’autres hommes, que je suis bien incapable de compter sur le moment, observent la scène tout en se masturbant ou se caressant les uns les autres.


Une fois les différentes paires de couilles vidées, les pantalons se referment comme des magasins un vendredi soir. Et chacun, éhonté, mais néanmoins soulagé, se précipite vers sa voiture. Quelques oiseaux de nuit retournent toutefois dans la pénombre du bosquet, déjà impatients de pouvoir vider les prochains visiteurs qui se succéderont toute la nuit.


Il n’y a aucun romantisme, aucun amour, aucune homosexualité assumée en ce lieu. Uniquement des hommes, probablement hétéros, sérieusement en manque, comme moi, qui n’ont pas trouvé d’autre solution pour compenser leur détresse sexuelle. Des pères de famille, des retraités, des veufs, des hommes mariés délaissés, des étudiants en détresse…


Je ressors du bosquet le sexe essoré jusqu’à la dernière goutte, complètement planant grâce aux endorphines provoquées par l’orgasme monumental que je viens d’avoir. Mon rationnel reprend immédiatement le dessus : je ne dois pas être vu, il faut que je parte vite d’ici. J’espère que personne n’a reconnu ma voiture, ma plaque d’immatriculation, mon visage. J’envisage même que des patrouilles de police passent probablement régulièrement ici. Combien d’hommes mariés ont-ils dû expliquer à leur femme pourquoi ils se sont retrouvés sur cette aire et, au passage, devant les tribunaux ?


Et donc, comme l’homme aperçu plus tôt, je regagne rapidement ma voiture, la tête rentrée entre mes deux épaules, et je quitte les lieux.


C’est sûr, plus jamais !


Jusqu’à la prochaine fois… moins d’une semaine plus tard.