| n° 23784 | Fiche technique | 19672 caractères | 19672 3511 Temps de lecture estimé : 15 mn |
04/09/26 |
Résumé: Je reprends contact avec un ami de lycée, quarante années plus tard... | ||||
Critères: #initiation #romantisme #rencontre #premiersémois #gay hh hdanus hsodo | ||||
| Auteur : Voros Envoi mini-message | ||||
C’était l’année de la canicule. J’avais réalisé un « exit » brillant du fonds d’investissement pour lequel je travaillais et je m’étais octroyé quelques mois de repos, dans mon ancienne ferme rénovée avec la femme qui avait décidé de me quitter trois semaines avant que je touche mon pactole. Depuis, je vivais seul, vivant au jardin, dans la piscine ou faisant de longues marches solitaires dans la forêt. Je me rendais en ville une fois par semaine, pour un concert, un resto, quelques courses, ou prendre l’avion et passer quelques jours à Londres, à Vienne, à Milan ou à la montagne, que j’adore.
À cinquante-cinq ans, je m’entretiens et suis assez sportif. Course trois fois par semaine, musculation, tennis, ski en hiver. Et natation en été, de plus en plus souvent nu. Je n’ai pas de voisins directs qui pourraient me voir et, à mon âge, je m’en fous. Un mètre quatre-vingt-seize pour quatre-vingt-quinze kilos, je suis athlétique et parfaitement en forme. J’ai appris à ne pas avoir honte d’être beau. Si les gens veulent me mater, qu’ils en profitent !
Un matin de juin, je me réveillais naturellement à cinq heures, la fenêtre ouverte sur le jardin qui lui-même donne sur le vallon, puis la forêt. Le merle venait d’entamer son chant matinal. Et je pensai à lui.
Lui, c’est Yves. Je ne l’ai pas vu depuis quarante ans. Depuis le collège. Nous avions passé six ans dans la même école primaire et j’avais développé une petite flamme, bien chaste, pour lui. Il était terriblement libre, un peu solitaire et n’avait pas l’instinct grégaire que les autres garçons de notre âge affectaient. Comme Yves était très indépendant, ils en avaient conclu qu’il était « pédé ». Je me souviens que j’avais été fou de joie en apprenant qu’il rejoindrait à la rentrée le même collège que moi, même si c’était en section scientifique alors que j’étais inscrit en latin-grec.
Dans mon lit, je le revoyais à la rentrée de nos douze ans. Un mercredi de septembre où nous avions congé, je lui avais rendu visite chez lui, à quelques kilomètres de la maison de mes parents. Sa mère m’avait ouvert la porte et m’avait invité à rejoindre Yves au jardin. Sous les rayons d’arrière-saison, il était en slip de bain rouge, les patins à roulettes aux pieds et le walkman sur les oreilles. C’était l’année où Michael Jackson venait de sortir « Beat It ». Il était blond comme les blés, sa beauté m’avait autant troublé que le volume qui emplissait son maillot. Nettement plus imposant que le mien.
Je ne sais plus combien d’années il a passées dans mon collège, mais il a disparu de ma vie. J’ai terminé ces années de collège, je suis entré à l’université, ai débuté ma carrière… Plus de trente années sont passées en un éclair et j’étais là, en boxer noir dans mes draps en lin, me touchant la queue, puis la rondelle, en cherchant, d’une main, un nom sur mon téléphone…
Yves était resté dans notre ville d’enfance et était devenu professeur dans une école professionnelle. LinkedIn me l’apprenait. Une invitation envoyée. Les jours qui suivirent me semblèrent bien longs…
Après une semaine, un message ! Un « Que deviens-tu ? » accompagné d’un petit smiley à clin d’œil. Une conversation s’engageait, résumant les quarante années écoulées depuis notre dernier contact. Comme si nous nous étions quittés la veille.
Dans les jours qui ont suivi, nous avons échangé chaque matin, sur WhatsApp maintenant. La première étape vers le couple ? Un petit message « Hello ! Comment était ta nuit ? » nous faisait progresser dans l’intimité. « Pas mal, mais je me suis réveillé vers quatre heures ». C’était délicieux et leur lecture, alors que j’étais toujours au lit, m’arrachait immanquablement une érection…
Le soir, c’était « Bonne nuit ! Fais de doux rêves ! » auquel il répondait un « t’inquiète ! ». Jusqu’au soir où un smiley m’envoya, en prime, un bisou avec un petit cœur rouge… J’en fus bouleversé et ne pus fermer l’œil qu’après m’être masturbé avec enthousiasme.
Le lendemain, alors que je prenais mon café en me baladant au jardin, avec un shorty noir pour tout vêtement, mes pensées se bousculaient. Et si…
Le cœur battant, je gagnai mon bureau et, couché sur le canapé, j’envoyai un message à mon ami.
Salut Yves ! J’espère que tu as bien dormi ! Je me disais que les vacances d’été approchent. Que dirais-tu d’un week-end au vert, dans quinze jours ? Programme ? Cuisine light et de saison, piscine, sport, jardin, balades. Repos et détox. Dis-moi ce que tu en penses.
J’osai même, après réflexion, un « Je t’embrasse » … Et hop, envoyé !!! Les minutes qui suivirent furent bien longues, et sa réponse fusa :
Top ! Comment résister à une proposition indécente ;) ? Je prends quoi ? Je me réjouis !
Fou de joie, je ne me sentais plus et, après lui avoir répondu « un shorty rouge ! », je retournai dans ma chambre pour me doigter le fion… Ensuite, deux heures de salle pour me calmer, quelques courses. Il me restait deux semaines pour tout préparer.
Le soir, je ne pus résister et appelai Yves. Depuis une dizaine de jours, nous ne parlions que par messages. Nu dans un fauteuil, je me caressais la queue distraitement, comme je le fais souvent.
Je faillis ajouter « du guerrier » mais me retins au dernier moment. J’adorais sa voix chaude et, déjà, mon gland commençait à perler.
Une fois encore, j’éprouvai quelques difficultés à m’endormir. Qu’étais-je en train de faire ? J’invitais chez moi, au milieu du village, un ami que je n’avais plus vu depuis des dizaines d’années, qui me faisait soudain fantasmer et dont je ne connaissais pas les inclinations. Et les miennes ? Jamais je n’avais connu d’expérience homosexuelle, ni a fortiori de passion amoureuse pour un homme, et je m’imaginais me réveiller dans ses bras, fenêtre ouverte sur le jardin, prendre un petit déjeuner de fruits frais, nus en sortant de la piscine, avant de nous lancer dans une longue balade à travers bois. Étais-je devenu fou ?
Le lendemain, il fut le premier à m’écrire, à six heures.
Belle journée à toi, Jean ! Le soleil brille !
Mince ! Ce message était sans doute la première chose à laquelle il avait pensé à la sonnerie de son réveil. Quel honneur ! Je lui répondis tout de suite et, dix heures plus tard exactement, je ne pus plus attendre une minute pour lui envoyer un :
Bonnes vacances !!! L’école est finie !
Une demi-heure plus tard, pas de réponse. Les deux « v » bleutés me criaient qu’il avait lu mon message. L’angoisse m’assaillit. Me suis-je fait des idées ? S’est-il moqué de moi ? Mille pensées se heurtaient et mon cœur battait à tout rompre. Je me jetai à l’eau et crawlai avec énergie, rage même, pendant une heure. À bout de souffle, je sortis la tête lourde et tentai de me plonger dans un rapport d’investissement. Épuisé, je me jetai au lit vers vingt-deux heures trente sans jeter un regard à mon smartphone. Je ne voulais pas y voir le vide qui me terrifiait. Peut-être que si…
Le matin, je m’éveillai comme chaque jour d’été aux alentours de cinq heures dans une magnifique lumière orangée, le jour éclairant déjà le jardin. Mon téléphone était resté dans mon bureau (je déteste dormir avec un appareil électronique à proximité). Un message d’Yves, à une heure vingt ce matin :
Salut Jean ! Merci pour ton message et désolé pour mon silence ! Mes collègues m’ont accaparé après nos proclamations et, de verre en verre, nous avons dîné ensemble avant de sortir en ville. Je viens de rentrer et me jette au lit. Tu dois être dans les bras de qui tu sais, fais de doux rêves ! Je t’embrasse !
Je n’en pouvais plus de joie ! « Les bras de qui tu sais », et comment !!! « Doux rêves », ce diable d’homme lisait dans mes pensées ! « Je t’embrasse », ah, si seulement !!! Je relus son message à cinq reprises, avant de constater qu’il m’avait collé une solide érection, que je calmais avec une cinquantaine de longueurs.
Une fois apaisé, je lui répondis :
À ton tour d’être dans les bras de qui tu sais ! Tu dois être beau à voir ! Repose-toi bien et profite bien de ta première journée de vacances !
À ma grande surprise, sa réponse fut cette fois immédiate :
Ce n’est pas ce que tu crois : je suis resté à l’eau et sage comme une image ! Je file chez ma mère l’aider à deux ou trois choses et je fais un peu de shopping ensuite. Bonne journée, je t’embrasse !
Nous étions réconciliés sans même nous être brouillés !
Bonne journée, mon chou ! Embrasse ta maman de ma part, je me souviens très bien d’elle ! Bisous !
***
Le jour venu, j’avais tout préparé : un ceviche de poulpe à la mangue, un espadon de Messine grillé, un chablis glacé. J’avais revêtu une chemise de lin blanc largement ouverte, et un bermuda de même ton. J’avais hésité à porter un tanga de dentelle mais je m’étais finalement dit que, pour une première fois (si première fois il devait y avoir), c’était peut-être un peu trop. Qu’allait-il penser ? Je choisis en fin de compte un boxer moulant, un peu transparent, de cette superbe marque suisse dont je suis fan.
Il était à peine seize heures lorsqu’il sonna à la porte. Mon Dieu, comme il était beau ! Ses cheveux blonds ondulés encadraient son visage illuminé par un sourire radieux. Sa petite Renault de prof était garée devant la maison. Il portait un pantalon de coton blanc et des sandales, une chemisette à manches courtes (je n’en suis pas fan et, pour tout dire, je trouve cela un peu « popu », mais cela mettait en valeur ses bras puissants dans lesquels je rêvais de me jeter). Nous nous embrassâmes à trois reprises, le troisième baiser dangereusement proche des lèvres, et je lui passai la main dans le bas du dos. J’ai l’impression, sans pouvoir le jurer, que sa main effleura mes fesses.
Yves me lança un regard indescriptible. Un mélange de provocation et de déception. C’est du moins ce qu’il me sembla. Espérait-il que je le déshabille moi-même, avant, peut-être, de lui mettre un maillot ?
Dix minutes plus tard, nous étions à l’eau, profitant des rayons et de la chaleur de cette après-midi de canicule. Je ne pouvais qu’admirer son corps ferme, aux épaules larges et bien dessinées, ses cuisses musclées et ses abdos apparents sans excès. Un corps de sportif. À ses côtés, je n’avais pas à rougir et me sentais beau. Mes hanches étroites mettaient en valeur un cul rebondi de sprinter. Et j’avais des jambes de skieur olympique. J’avais l’impression qu’Yves ne me perdait pas des yeux lorsque j’étais hors de l’eau, et j’étais aux anges.
L’apéritif qui suivit, et notre repas de grillades ensuite, furent l’occasion de confidences sur les années écoulées depuis notre séparation amicale. Depuis ses quatorze ans, Yves savait qu’il aimait les garçons. Dans les années 80, ce n’était pas facile et il avait été discret. Il avait fait des études d’enseignant et, au début, sa condition de vieux célibataire ne l’avait pas aidé. Il avait vécu dix ans avec son compagnon, plus ou moins caché. Seule sa mère l’avait soutenu. Sa vie n’avait pas été simple. À présent, il s’assumait pleinement, mais je sentais encore quelques réticences à se confier et percevais un peu d’amertume à avoir perdu du temps à se dissimuler, alors que des garçons plus jeunes pouvaient vivre aujourd’hui leur sexualité à découvert.
Je finis par lui avouer à mon tour que, depuis ma rupture, les femmes ne me manquaient absolument pas, et qu’en revanche, je me surprenais à admirer la morphologie masculine lorsque j’en avais l’occasion. J’avais fait une visite dans un sauna gay, mais je n’avais pas aimé. Le public était composé de quinquas bedonnants et/ou chauves, et de jeunes gitons maigres et efféminés. Une vraie caricature. Ceci fit rire Yves et j’adorai le regarder. Il respirait la santé, la force et la joie de vivre.
De son côté, il s’émerveillait de tout : mon jardin, mon intérieur, ma cuisine, mes vins, mes récits de voyage. Je vivais dans un confort qu’il ne soupçonnait pas, mais l’idée même de jalousie lui était étrangère.
La température avait baissé, du moins celle de l’air ambiant, et je lui proposai de regagner l’intérieur en allumant un feu dans la cheminée. Nous étions bien, les pieds nus sur le plancher de bois ou sur le canapé de tweed, la pièce éclairée uniquement par les flammes dont le reflet dansait sur son beau visage de Viking. C’est tout naturellement que sa main se posa sur ma cuisse et l’autre sur ma nuque, avant de diriger ma tête vers ses lèvres. Cette nuit-là, Yves ne dormit pas dans la chambre d’amis…
***
Le lendemain, je fus le premier à m’éveiller. Le soleil passait à peine à travers mes rideaux de lin, noyant la pièce de rayons chauds et dorés. Mon dieu grec dormait, ses cheveux blonds semés sur ce qui, hier encore, était mon oreiller. Couché sur le ventre, la jambe droite pliée à angle droit, les bras sous l’oreiller, il était magnifique ! Mon conquérant d’hier était superbe !
Comment décrire mon état ? Tout d’abord une immense fierté ! J’avais fait jouir mon mâle, je l’avais absorbé entièrement, je l’avais sucé, je lui avais donné tant de plaisir qu’il s’était endormi comme une masse. Mais il m’avait fait mal, malgré ses efforts et toute sa douceur. Lorsqu’il avait senti arriver son orgasme, il s’était déchaîné en moi et je l’y avais encouragé, tant était grand mon désir de ne pas le décevoir. Mais à quel prix ! Il m’avait pourfendu, déchiré, et j’en avais l’anus endolori.
Je me massai lentement les tissus douloureux et constatai que je m’étais littéralement vidé de lui pendant mon sommeil ! Première leçon : toujours se doucher après l’amour ! J’en serais quitte pour changer les draps pendant les ablutions de mon prince.
Je sortis du lit en silence et passai rapidement à la salle de bain pour une rapide toilette intime. Mes muqueuses anales étaient en feu ! Quand serais-je à nouveau capable d’accueillir Yves ? Car je le voulais ! Tout à mes interrogations, je m’efforçai de rester silencieux en descendant à la cuisine préparer son café, lui toaster quelques tranches de pain et lui couper deux pêches sur lesquelles je versai du yaourt grec. Ayant posé le tout sur un plateau, je me ceignis très rapidement d’un petit tablier. Me voyant en soubrette, une érection me reprit très vite et c’est ainsi qu’il me vit entrer, radieux, dans ce qui était devenu notre chambre.
Je m’efforçais de ne rien laisser paraître de mon désarroi, tant ma rondelle était en feu ! J’en aurais pleuré, de douleur, de bonheur, de fierté, que sais-je ? La tête me tournait.
Je me jetai sur lui pour l’embrasser à pleine bouche ! Comme j’étais heureux !
Blotti au creux de ses bras, j’étais juste bien. Et toujours si fier d’avoir donné à mon mâle le plaisir qu’il méritait !
Les récits « entre hommes » que je lisais depuis des semaines décrivaient toujours ce sentiment du sodomisé de « se sentir femelle ». Je n’éprouvais rien de cela ! Au contraire, je ne m’étais jamais senti aussi mâle, et ma puissante érection en était la preuve. Tout en me caressant la queue, j’introduisis un, puis deux doigts dans mon anus qui commençait à se refermer. Étonnamment, la douleur avait disparu !
Je parvins très rapidement à une puissante éjaculation et Yves n’eut pas à insister pour lécher le sperme qui maculait mon ventre et ma poitrine, tout en engloutissant son petit déjeuner. Je le laissai terminer en faisant couler un bain dans la salle d’eau adjacente, et mon amoureux vint me rejoindre rapidement. Nous devisions comme de vieux amis, nous savonnant l’un l’autre, et je crois que nous avons passé une bonne heure dans la baignoire.
Après nos ablutions, Yves me conduisit vers notre lit et me fit me coucher sur le ventre. La sensation du gel froid dans la raie me fit un bien fou et je le suppliai de me doigter, ce qu’il fit de bonne grâce. Il me massait si bien le conduit, puis la prostate, que je jouis soudainement, alors que j’avais éjaculé une heure plus tôt. Or, je n’avais qu’une demi-molle, qui ruisselait de quelques gouttes. Ça y était ! J’avais joui du cul ! Mon amant était un Dieu et couvrit mon mignon de tendres bisous avant d’introduire sa langue dans mon anus. Je fondais de bonheur et l’implorai de me sodomiser.
Il bandait lui-même comme un cerf, mais en parfait gentleman qu’il était, il refusa de me pénétrer, estimant que mes muqueuses ne le permettaient pas encore. Je m’appliquai avec d’autant plus de soin à le sucer et nous finîmes en 69, de façon pratiquement simultanée ! Pour la première fois, j’avalai la totalité de son éjaculat, et nous courûmes nous doucher avant de terminer la matinée nus au jardin, que je lui fis visiter entre deux séances de bisous.
La matinée nous avait creusé l’estomac et je lui préparai un lunch léger à base de légumes du jardin, prélude à une sieste amoureuse au cours de laquelle je m’endormis dans ses bras. C’est le jardinier qui nous réveilla vers dix-huit heures et j’eus juste le temps d’enfiler un bermuda avant de descendre au jardin lui donner mes instructions pour le lendemain.
Je n’avais plus mal. Mes lèvres anales frétillaient de désir, prêtes à s’ouvrir à mon amant. Je retournai à la chambre pour l’en informer.
Notre deuxième nuit fut magique…