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n° 23760Fiche technique11427 caractères11427
1979
Temps de lecture estimé : 8 mn
20/08/26
Résumé:  Suite possible de « Dernier témoin ».
Critères:  #poétique #délire #psychologie #nonérotique #fantastique
Auteur : Charlie67            Envoi mini-message

Projet de groupe : Polar and Co
Le Miroir des Ombres

Suite possible écrite dans le cadre du jeu « Polar and Co », pour le texte de Pattie : Dernier témoin




Gabriel était dubitatif ; il ne comprenait rien. Katia, Christelle, Cybèle, une même personne et pourtant trois personnalités différentes.


Comment avancer ? il ne savait pas. Enfin il n’était pas pressé de conclure, car intuitivement il était sûr qu’il y perdrait Katia. Aussi il était bientôt temps de demander une rallonge à Valcroix. Après tout, il avait déjà bien bossé.


Que faire maintenant, il fallait bien justifier ses honoraires… Tiens, il pourrait rendre visite au docteur Klaus. Après tout, il ne le connaissait pas et même en état catatonique, il pourrait peut-être en tirer quelque chose !


Arrivé à l’hôpital, il se dirigea tout naturellement vers la réception et là il se statufia, stupéfait à la vue de la réceptionniste.



Amusée, la réceptionniste sourit et lui demanda :



La jeune femme se concentra sur l’écran de son ordinateur, puis le renseigna :



Gabriel, arrivant à l’étage indiqué, se dirigea tout naturellement vers les infirmières et l’une d’elles l’interpella :



Gabriel pénétra dans la chambre 312.


Il y vit un vieil homme qui, tel un rabbin pratiquant le shoklen se balançait en se frappant la poitrine.



Le détective se rapprocha et d’un doigt, toucha l’épaule du patient. Celui-ci leva des yeux mornes et poursuivit :



Gabriel comprit qu’il ne tirerait rien du malade. Il sortit donc de la chambre et avisant la même infirmière, il lui demanda :



Consultant son ordinateur, elle lui demanda :



Sortant de l’hôpital, il se dirigea vers la bibliothèque, dans l’espoir d’y retrouver Katia. Ne la trouvant pas, il interpella une autre employée :



Un peu sonné, Gabriel se demandait ce qui se passait. Il se dirigea ensuite et aussi vite que son tacot le lui permettait vers la demeure de Katia. Il trouva porte close et sonna ensuite chez la voisine, madame Klaus.



Bousculant légèrement la propriétaire des lieux, il se précipita vers le bureau du docteur et consulta son agenda. Rien, il n’y avait plus rien, plus aucun rendez-vous de Katia. Il n’y comprenait plus rien.


En ressortant, il marcha sur un morceau de verre qui sous son poids se brisa en quatre. Il n’y prit garde.


Une nuit de plus qu’il passera dans sa guimbarde. Après son sandwich avalé, il essaya de trouver un coin tranquille pour dormir. Son attention fut attirée par une silhouette, une allure. De cette distance, il ne pouvait discerner le visage. Il descendit donc de voiture et se dirigea vers cette personne qui ne pouvait être qu’une prostituée. Au fur et à mesure de son avancée, il en était certain, c’était Cybèle.



Conscient de sa méprise, Gabriel battit en retraite et se prépara à passer la nuit dans sa voiture. Cette nuit fut entrecoupée de cauchemars où intervenaient des Katia sous diverses formes. Le réveil fut plus que pénible et il se traîna plus qu’il ne marcha vers un « Breakfast in America » où il savait trouver le petit déjeuner copieux qu’il lui fallait. Affalé à table, il repéra sur le set-menu des « Eggs Benedict ».



Cette voix lui fit comme un électrochoc !



Le détective ne savait plus où il en était… Il voyait des Katia, des Christelle, des Cybèle partout. Devenait-il fou, avait-il des visions ? Pourtant cela semblait si réel, si normal, il ne comprenait vraiment plus. Il se rappela son rendez-vous avec le docteur Dimitri et se dirigea donc vers l’hôpital.


Une fois arrivé, on l’introduisit dans son bureau. L’hôte n’y était pas encore et Gabriel eut tout loisir pour examiner cet antre. Tout était sombre, le mobilier vieillot et la tapisserie désuète. Quelques petits tableaux attirèrent son attention. Plutôt des « sous-verre » de petits quatrains.



Le vent froisse la nuit de ses ailes sans nombre,

La lune y laisse à peine un reflet incertain ;

Je regarde passer, dans le Miroir des Ombres,

Les fantômes du temps qui me tendent la main.


Puis un autre :


Dans le Miroir des Ombres où pourrissent les nuits,

Errent des yeux sans nom que la tombe poursuit ;

Les morts y vont parler avec des bouches vides,

Et le verre retient leurs murmures livides.


Perplexe, il en regarda un troisième.


Le Miroir des Ombres boit le sang des visages,

Y grave en silence d’antiques naufrages ;

Ceux qui s’y sont penchés n’en sont jamais revenus,

Leurs reflets décharnés y demeurent suspendus.


Un bruit de porte grinça et un personnage apparut. Un peu le professeur Tournesol avec la tonsure, la barbiche et les vêtements étriqués.



Dans le Miroir des Ombres dort un second cadavre,

Qui sourit lorsque la nuit sur les vitres se cabre ;

Chaque regard jeté dans son tain noir et froid

Y laisse un peu de chair, un peu d’âme, un peu de soi.



Assis derrière son bureau, le praticien ausculta du regard Gabriel.



Gabriel en perdait son latin, il ne comprenait pas la moitié de ce que lui racontait le docteur.



Amusé, le praticien dardait un regard aigu sur l’enquêteur.